QUI ES TU ?
Par Cath
De chétifs monticules de neige, se désagrégaient sous un soleil printanier.
Les allées caillouteuses reprenaient vie sous les pas des promeneurs, égayant la morosité du parc s'éveillant de la saison hivernale.
Un colonel de cour, plus empressée par une quelconque mission que par la beauté du jardin, franchit le vestibule qui menait aux différents salons.
Que de temps perdu à parcourir Versailles de long en large, les innombrables corridors sans fin, les écuries où à part le hennissement des chevaux troublait le silence.
André restait introuvable...
A quoi bon ?
Oscar secoua sa chevelure dorée comme les blés murs, pour alléger la tension de ces dernières heures, une lassitude qui ne la quittait pratiquement plus, tendait ses muscles à l'extrême.
Que ne donnerait'elle pour assouvir cette envie ?
La femme qui sommeillait depuis tant d'années, s'éveillait dans les lieux les plus incongrus.
Au détour d'un couloir, un homme et une femme tendrement enlaçés, ce soupir provenant des lèvres féminines enleva toute lucidité au Colonel.
Ce bonheur interdit... Aux yeux de tous, Oscar était un homme...
Ce secret connu du roi, et de Girodelle, qui ne distinguait en elle que son supérieur...
Son père qui la dirigeait suivant un chemin établi dans sa folie de gloire...
L'héritier des Jarjayes... Le nom des Jarjayes... Militaire de père en fils.
Elle était née femme, mais vivait en homme...
André... Que deviendrait'elle sans lui ?
Elle pouvait lui laisser cette liberté, sans pour autant l'approuver.
André, le don juan de Versailles...
Un sourire apparut sur ce visage dépourvue de toute vanité qui s'éteignit aussi vivement qu'il était apparu.
De la fenêtre entrouverte, les murmures provenant des jardins firent revenir Oscar à la réalité, elle fit un pas en avant, pour distinguait celui dont les rêves brouillaient ses nuits... Axel de Fersen...
Fersen... Qui ne voyait en elle qu'une amie ? Fersen qui aimait une autre femme...
Celle dont il devrait s'éloigner un jour...
Sur le marbre silençieux depuis que la cour s'était retiré, un battement de bottes en rompit la quiétude...
Oscar releva la tête et planta son regard furieux dans le vert émeraude.
"Pas un pour rattraper l'autre"
Un sourire béat aux lèvres, le pas nonchalant, André avançait tout guilleret.
Avec un culot n'appartenant qu'à ce faquin, un clin d'oeil ensoleilla le visage souriant.
- Ou étais tu ?, interrogea séchement Oscar, un frisson glacial courut sur l'épine dorsale de son ami.
"Amabilitée et douçeur, voiçi deux mots qui reflétent le caractère trempé de ma tendre amie."
- A ton avis, maugréa t'il.
- Dans la chambre du servante !
- Une comtesse... Une vraie merveille, ajouta rêveusement André.
- Ta charge est de me suivre, non de marivauder d'un lit à un autre.
- Je préfére cette activitée... à passer mes journées dans les écuries, à attendre le bon vouloir de Mademoiselle.
André souligna sa réponse en ployant le genou à terre, baissant la tête devant son maître.
Oscar exécrait ses révérences moqueuses.
Faisant demi tour, le colonel s'éloigna précipitamment, elle lui en voulait, pour tout ce qu'il était et ce qu'elle ne serait jamais.
André s'approcha de la fenêtre, et aperçut Marie Antoinette escorté de Fersen.
"Pauvre sotte... Il ne t'aimera jamais... Oublie le".
Abandonnant son guet, André suivit Oscar, qui lui claqua la porte au nez de son cabinet de travail, il se recula aussi sec en poussant un soupir de soulagement...
Il venait d'échapper à un superbe cocard...
Arriver au bal de la Marquise de Molant en exhibant un oeil poché... Quel triomphe !
Il finirait probablement dans son lit, si... Il ne débusquait pas une nouvelle prise.
Légèrement las, André étouffa un baillement, la Comtesse de Sedan... Quelle femme !
Combien de fois ? Une, deux, trois fois... Il s'était sauvé, avant qu'elle ne reprenne conscience.
Sur le chemin des écuries, André croisa le lieutenant de Girodelle.
Bel homme, si on écoutait les commérages... Une mise parfaite, pas un faux pli sur la veste alourdis de dorures...
Et ces boucles, dont ces dames encensaient le velouté soyeux...
Lui même n'était vêtue en tout et pour tout que d'une veste couleur...
Comment pouvait'on nommer cette teinte ?...
Terre de poussière, à la cotoyer jour après jour, elle en gardait forcément la trace et d'un pantalon usé aux genoux... Et pourtant, il charmait tous les coeurs....
Un souffle s'échappa des lèvres gonflés par les baisers...
La fortune importait peu à André, tant qu'une femme réchauffait sa peau...
- André, Oscar, vous cherchez...
- Je viens de la quitter... Elle est de mauvaise humeur, grimaça André.
- Quant à vous... La vôtre est excellente... Qui était ce cette fois ? pressa Girodelle toujours curieux du nombre de conquêtes que son ami et lui s'amusait à codifier.
- La Comtesse de Sedan...Elle m'a littéralement épuisé, ajouta t'il en s'étirant, les muscles endolories de sa folle après midi.
- Mon dos n'a pas résisté à ses griffes, renchérit Girodelle se gourmandant des extravagantes nuits passées dans ses bras.
Serez vous présent ce soir chez la Marquise...
- Nous nous y verrons, dit André, en accolant une tape amicale à Victor.
**************
Le visage dissimulé par un masque blanc, la Marquise de Molant, accueillait ses invités, d'un baiser anodin sur la joue.
Se penchant pour prendre deux coupes de champagne, la courbe de sa poitrine avantageuse se découvrit, inondant André d'un désir intense.
La marquise en tendit une à son amant, et but une gorgée de la sienne.
La confusion l'envahissait à chacune de ses apparitions lui enlevant toute ressources...
Le détaillant de haut en bas, s'attardant l'espace d'un bref instant sur l'étroitesse de ses hanches...
Il était plus séduisant que jamais...
Ce costume noir... ce bandeau sur ce vert incendiaire le rendait plus insolent....
- Mon ami, vous vous faites désirer..., bruissa la marquise en s'empourprant,
André venait de lui pinçer le bas du dos.
Ce geste que tout gentilhomme aurait réservé pour un lieu plus propice, convenait tout à fait à ce gredin.
- André, mes convives..., soupira t'elle.
- Constance, je vous laisse à vos obligations... Puisque ma présence vous importune, ajouta André en la gratifiant d'un baise main.
Sans plus attendre, il s'éloigna, souriant de sa tirade... Elles lui étaient toutes aliénés,
André se permettait toutes les folies à l'encontre de cette noblesse décadente...
Dans le lit de ces gourgandines, il n'était plus un roturier... Mais celui qui cocufiait Versailles...
- André, l'appela t'elle... Non... Ne me laissez pas seule, s'amanda la Marquise dans un murmure larmoyant.
- Si je puis vous être utile, s'enquit obligeamment Girodelle.
- Victor... Comment fait'il pour être si désobligeant ?...
Plus il m'échappe, plus je le veux, chuchota t'elle à son ami.
- Il est ainsi... Un jour l'amour le prendra par surprise... Vous découvrirez un homme nouveau...
- Malheureusement, je ne serai pas cette mortelle, se désenchanta la marquise...
Girodelle offrit son bras, que Constance accepta avec élégance, elle était de ces femmes qui oubliait vite... Victor de Girodelle était un homme agréablement bienfait de sa personne, des muscles saillants, et un regard à faire chavirer le coeur le plus dur.
La Marquise entama une danse avec son cavalier, quand elle se figea dans la figure principale...
Plus aucun muscle ne se mouvait sur le faciès d'André, si immobile qu'il en paraissait statufié...
A part sa pomme d'adam qui se déplacait au rythme d'une respiration saccadée.
Le regard fixait sur la jeune femme qui se tenait sous la voute de l'entrée.
Vêtue d'une simple robe blanche, le jupon évasée frôlait le sol à chacun de ses pas, une ceinture bleu lavande enserrait la taille svelte, d'une extrême fragilité...
Cette jeune inconnue était ravissante dans la sobriété de sa mise....
Un masque d'un blanc cassé, paré d'une plume bleu, couvrait les traits de son visage.
Ses cheveux blonds retenu en un chignon souple, encadrait par deux mèches libres un visage d'une finesse délicate.
Girodelle ébaucha un sourire... Ainsi elle était venue....
Quelle folie venait'elle de commettre ? De toute évidence, André ignorait qui était l'angélique.
Méprisant les regards de ces hommes qui se rassasier à sa vue, se manifestant de façon peu équivoque, par des sourires voraces et des oeillades enflammées.
Oscar s'affermit et avança le menton fier, la gorge dégagée de toute parures.
La démarche légèrement raide et masculine, le talon osa une figure étourdi et s'enchevêtra dans l'ourlet de la robe.
Peste soi, maugréa t'elle. Oscar s'extirpa, attrapa le jupon, et le contint fermement.
Observant les multiples physionomies d'un regard discret...
Oscar étouffa un soupir, Fersen ne se trouvait nulle part...
Un homme se dressa devant elle, interrompant sa quête.
- Ne cherchez plus... Vous venez de me trouver, sussura t'il, d'une voix satiné.
Les obsidiennes bleux croisèrent le vert absinthe... André... Qui manifestement ne l'avait pas distinguer...
Un sourire malicieux s'éclairçit sur les lèvres rosés. Un jeu s'annonçait...
- Qui vous permet de le supposer ?
- Ne suis je pas le plus bel homme de la soirée... Restez à mes côtés et vous découvrirez que je ne vous ais point menti...
Le chevalier noir vole au secours de la veuve et de l'orpheline...
- Je ne suis ni veuve ni orpheline, le taquina Oscar gloussant d'un rire de gorge, imitant les courtisanes qui encombraient Versailles.
"André le chevalier noir, était'il idiot ? Cette soirée promettait d'être cocasse."
- Vous ne m'avez point laissé finir... Les demoiselles en détresse sont ma préseance, murmura t'il en s'approchant dangereusement du minois d'une blancheur d'albâtre.
Il vit un sourire apparaître sur ce visage dénué d'artifices, cette candide le captivait par sa simplicité...
Une femme d'une beauté étourdissante... André ne distinguait que le bas de son visage, mais son masque au lieu de la voiler, la rendait plus insaisissable, il n'éprouvait pas le désir de lui dérober... Elle n'était pas un de ces agréments, dont on s'entourait pour éblouir, mais un joyau à chérir...
Il découvrirait bien assez tôt qui était cette charmante ensorceleuse.
Si Oscar était présente, elle le chambrerait... Pourquoi refusait'elle de l'accompagner ?
Il la protégerait si un homme, se permettait un geste disgracieux.
Il ne laisserait quiconque toucher à sa petite soeur...
Oscar fit un pas de côté, contourna le rempart qui se dressait devant elle, telle le colosse de Rhodes.
André attrapa son bras, et l'entraîna dans le tourbillon d'un menuet.
Oscar s'écarta, mais le chevalier noir ressera son étreinte, l'enfermant dans des bras vigoureux.
- Laissez vous aller... Profitez de l'instant... Voyez... André désigna du menton, la foule de oisifs, qui murmurait derrière l'écran des éventails.
Ces dames prendraient votre place, vous délaissant la leur...
Cet éloge n'était pas un mensonge... Loin de là.
Sans fausse pudeur, ces gourgandines foudroyaient Oscar d'un regard de glace, la privant de mots.
Une agréable chaleur s'insinuait à travers l'épaisseur des tissus, Oscar oublia les courtisanes pour revenir vers son ami...
Depuis quand ne le regardait'elle plus, où était passé le gringalet qui courrait dans les champs, les poches pleines d'un bric à brac ?
Des bouts de ficelles, des morceaux de gâteaux pour satisfaire la gourmandise d'Oscar.
Des muscles robustes se dessinait sous les mains graciles de la jouvencelle, son étreinte dégageait la saveur de la puissance...
Ses membres s'engourdissaient sous un tourment dont elle ignorait le nom.
Un frisson la fit frémir... André était proche... Trop proche...
- Vous aussi... Vous le ressentez, souffla André.
Vous êtes celle qui m'était destinée de tout temps...
Ses lèvres pleines et fondantes devait détenir un secret... Pour annihiler toute forçe en elle...
Un secret... Qu'Oscar désirait goûter.
Elle s'empourpra à cette pensée, Oscar leva légèrement le visage, ses yeux... la subjuguer.
Un aimant n'aurait pû la soustraire à cet envoûtement, Oscar devait s'en préserver, mais elle ne le voulait pas.
Que lui arrivait'il ?
Façe à Fersen, elle n'avait connu de trouble si fascinant.
- Je veux m'étourdir de vos baisers... Le voulez vous aussi, sonda André.
Lui qui conquérait, supplier pour assouvir ce tourment.
Oscar hocha la tête, ses lèvres hypnotisaient par celles d'André, n'arrivaient plus à émettre le moindre son.
André lui prit la main, elle suivait... Une forçe inconnue s'emparait d'elle.
Elle devait refuser... Elle ne le pouvait pas... Une impulsion souveraine dominait.
Il était impossible que tous deux ressentent ce sentiment... André était son frère.
Franchissant la porte vitrée conduisant sur la terrasse, suivie par sa compagne, André déroba Oscar aux regards inquisiteurs, la dissimulant dans un recoin sombre, à l'abri de la lumière des chandelles.
Sans attendre, André l'enlaça, épousa ses lèvres.
Elles étaient plus douçes que la soie, fondantes comme le miel, André s'en abreuvait à perdre haleine.
Un affamé, non de victuailles... Un affamé de baisers de cette femme, de ces lèvres...
Un sortilège venait de prendre possession de son corps...
Il était impensable qu'il ne puisse s'en détacher... Serait'il amoureux ?
Serait cela aimer ?... Non, l'amour n'était qu'utopie... Il n'aimerait jamais.
André relacha son étreinte et sauta le parapet, aussi vite que le permettait ses jambes, il courait, fuyait...
Il ne pouvait aimer... L'amour n'attirait que désagréments... Oscar se brûlait les ailes pour Fersen, sa mère s'était laissée mourir de chagrin au décès de son père.
Essouflé, André s'arrêta... Courbé en deux, il prit appui sur le tronc d'un arbre, haletant de sa course folle.
Derrière lui, il ne voyait plus qu'un point lumineux... Derrière lui, elle était là...
Elle était seule sur la terrasse, illuminer par les rayons de la lune... Si, elle l'avait suivie...
Elle pouvait s'égarer, André revint sur ses pas.
En approchant, il entendit des plaintes... Des cris de femme.
Escaladant le muret, André trouva Fersen, dévorant goûlument un sein mis à nu...
Sa victime, frappait de toutes ses forçes, il assiégieait..., s'obstinait sur elle.
Le scélèrat !
Ce désir envahissant lui donna l'énergie, Fersen valsa à terre, il n'eût le temps de reprendre contenance qu'André le chevaucha.... le couvrant de coups de poings.
Une envie de meurtre s'emparait de lui... Fersen allait expier sa faute...
Oscar rajusta sa robe, et se hâta jusqu'aux deux hommes, elle apposa une main sur l'épaule d'André.
- Laissez le... Vous allez le tuer, s'écria Oscar.
- Mérite t'il autre chose, interrogea André ivre de rage.
Tout son être respirait la fureur, il soufflait si fort qu'Oscar prit peur. Elle se dressa devant André.
Ce regard bleu, irradiant de peur arrêta le poing vengeur, André se releva, s'appuya sur l'estomac, soutirant une dernière plainte à Fersen.
Les laçets arrachés, la robe ouverte, les épaules frissonnantes, André caressa la joue blanchâtre et couvrit la jeune ingénue de sa cape.
La soulevant dans les airs, André lui fit traverser les salons.
- Pardonnez moi... Tout est ma faute... Je n'aurais dû vous laisser seule, murmura André.
Je vais vous reconduire.
- C'est inutile... Mon carrosse m'attend.
- Je ne vous laisserais que dans la sécurité de votre voiture.
Vous a t'il fait mal ?, s'enquit André.
- Sans vous, j'étais perdue, ajouta Oscar dans un murmure de peur et de soulagement.
- Vous reverrais je ?
- Je quitte la France dès demain.
- Reviendrez vous....
- Je ne sais, se déroba Oscar.
Tout était confus, Oscar n'avait jamais pensé à André, comme un homme fait de chair et de sang.
Quelle serait son attitude, quand il leverait le voile ?
Oscar devait oublier... Oublier qu'il était bon d'être dans ses bras...
Oublier la sensation de ses lèvres sur les siennes...
Son frère...
André était son frère, se répétait Oscar, sans grande conviction.
- Je peux marcher, dit Oscar en se serrant plus fort sur ce torse, hûmant son parfum, une odeur de pomme.
Oscar sourit à cette évocation, le panier de Grand mère se vidait à vue d'oeil.
- Ne me privez pas du peu de temps, qu'il nous reste, dit André en la fixant d'un regard insaisissable.
Quelle est votre voiture ?
- Celle çi.
Un carrosse sans armoiries attendait, le cocher descendit de son siège.
- Que vous est'il arrivée ? Etes vous blessée ?, s'enquit'il.
- Un malaise... Rien de plus, répondit Oscar.
Un valet ouvrit la porte du coche, où André la déposa aussi délicatement qu'une poupée sur le point de se briser.
Il prit la couverture qui se trouvait sous la banquette et enveloppa Oscar.
- Prenez soin de vous.
- Embrassez moi, chuchota Oscar.
Ce fût un baiser si doux, si léger, qu'Oscar crût l'avoir rêvé, André descendit du carrosse, en la regardant une dernière fois.
Le carrosse s'ébranla, Oscar caressa ses lèvres d'un doigt rêveur... C'était merveilleusement bon...
En resserant la couverture de laine rugueuse, la jeune femme sentit sa peau brûlait, elle baissa le regard pour découvrir une longue griffure qui courait de l'épaule à son sein...
Ce sein que Fersen avait touché... Oscar y porta la main...
Si André avait touché cette rondeur, aurait'elle ressenti ce dégout ?
Fersen...
Etait'il possible que ce soit l'homme qu'elle croisait à Versailles ?
Son haleine empestait l'alcool, Fersen s'était jeté sur elle, implorant son pardon...
Dégraphant sa robe, se précipitant sur son sein comme un enfant affamé, ne cessant de marmonner un,
ma reine suppliant...
Puisant dans le colonel, Oscar tenta une retraite, mais Fersen l'accula contre un mur, lui empêchant tout mouvements.
André...
André... Le chevalier noir... Fermant les yeux... De nouveau, Oscar contemplait son visage, ses lèvres qui épousaient si bien les siennes... Comme si... De tout temps, c'était lui...
N'avait'il pas prononcé les mêmes mots ?...
André qui cultivait les maîtresses, comme d'autres cultivaient les fleurs...
Sa mère l'a comparait à une rose... En était'elle une ?...
Que cherchait André ?... Une nouvelle proie ?...
Son cocher s'arrêta devant les grilles de Jarjayes, Oscar se glissa dans la cour intérieure, se dissimulant derrière les bosquets d'aubépines, elle entra par la porte de service, et entrevit Grand mère qui attendait son retour.
- Oscar !, s'écria t'elle en aperçevant sa robe ouverte...
Un homme t'a pris de forçe... Tu oublieras, ajouta Grand mère, en l'enserrant dans ses bras.
Elle carressait ses cheveux, espérant apporter un peu de réconfort à cette pauvre enfant qui vivait dans la peau d'un homme. Cette partie d'homme dont Oscar ignorait tout, venait d'en découvrir, le rameau le plus ignoble.
- Je ne veux pas oublier, protesta Oscar.
Grand mère, desserra son étreinte, et fixa sa petite.
- Tu étais consentante, s'exclama t'elle horrifiée.
- Non... Je ne veux pas oublier celui qui es venu à mon aide.
- Tu es sûre que tout va bien... Va te coucher... Je viens de mettre une brique chaude dans ton lit.
- Si mon père l'apprenait, s'effraya Oscar.
- Et bien... Il se passera de la sienne.
- Lui aussi, s'étonna Oscar.
- C'est notre secret...
- A la vie, à la mort, répondit Oscar, en souriant.
************
Un nouvel homme était né...
André ne se discernait plus, depuis sa rencontre avec cette jeune femme....
Toutes ces nuits à rêver d'elle...
Qui était'elle ?... Une comtesse étrangère...
André ignorait jusqu'à son prénom... Avec nonchalance, il avait posé nombre de questions, s'enquèrant auprès des serviteurs, de la Marquise et de Girodelle...
Girodelle avait éluder sa demande, sans toutefois apporter de réponse...
Une inconnue... La femme qui emplissait son coeur demeurerait un songe...
André tenta de l'extraire... Sans y réussir, il ne restait plus que la capitulation.
André esquivait les oeillades, les billets doux, il ne rêvait que de cette beauté aux cheveux d'or...
Il était là, de nouveau dans ces rêveries, quand, il fût secoué si fortement, qu'il chancela.
- André... André, vas tu te réveiller... Tu dors debout... Que t'arrives t'il ?, demanda Oscar,
Cela fait plus d'une heure que je te cherche partout... De quelle couche sort tu ?
Oscar venait de passer les dernières nuits à se griser de ces instants passés dans les bras d'André...
Pendant que lui avait, selon toute vraisemblance repris ses vieilles habitudes, sortant d'une chambre pour en rejoindre une autre.
Toutes ces belles paroles n'étaient faites que pour l'étourdir... André l'avait oublié...
Son inconnue n'était plus qu'un vague souvenir, dans cette ribambelle de flagorneuse.
Suis je condamner à souffrir ?
Fersen... n'était qu'une passion subite, absurde...
Mais André, je fondais dans ses bras, je vivais... J'ai découvert l'amour dans ses yeux.
Oscar retint un sanglot... Jamais, je ne lui dirais...
- Tu t'égares, les servantes, les courtisanes font partie du passé... J'aime et je n'aimerais plus qu'une seule femme... Je ne vis que pour le bonheur de la revoir.
Haussant un sourcil étonné... Serait ce elle ?
Son coeur s'enflamma, les jambes tremblantes d'émotion, Oscar dût prendre appui sur la poutre de soutenement pour éviter de sombrer...
Oscar voulait... Non, elle devait savoir.
- Qui est'elle ?, demanda Oscar dans un murmure.
Cette peur qu'il en aime une autre la faisait suffoquer.
- Je l'ignore... André leva la tête, et déclina ce rêve qui prenait forme devant ses yeux.
Une ceinture lavande venait égayer une simple robe blanche... un masque cachait son visage, une beauté que l'on ne rencontre qu'une fois dans toute une vie...
A chaque pas, ce n'était plus une femme, mais un ange... Se mouvant d'une légéretée céleste...
Ses yeux aussi bleu que la mer brillait comme un jour de tempête...
Ses cheveux blonds comme l'ébène me faisait penser à... A toi...
Cette dernière reflexion le fit revenir à la réalité.
André baissa le regard, Oscar... Oscar aux yeux bleus, aux cheveux blonds...
Oscar était une femme...
Son imagination lui jouait des tours, Oscar refusait de porter des habits féminins...
La lumière aveuglante du soleil devait vrillait sa vue, André prit une mèche d'Oscar entre ses doigts, et...
Ils brillaient du même or, André mit son autre main devant son nez, cette ressemblance était troublante...
NON, il déraisonnait, la folie le guettait...
L'amour était un sentiment pernicieux, qui vous éblouissait...
André laissa son pouce glisser sur la pulpe des lèvres, elles étaient plus rêches, que celles qu'il avait embrasser... C'était une autre...
Pourtant, son coeur s'était mis à battre à tout rompre à son contact.
- Pourquoi me cherchais tu... Petite soeur ?... T'ennuyais tu ?, demanda André en réleguant ses idées absurdes au fin fond de son coeur.
- La Reine nous demande de la rejoindre dans son boudoir... Elle erre comme une âme en peine depuis le départ de Fersen, ajouta faiblement Oscar, désarçonnée par le geste d'André.
Venait'il de découvrir que c'était elle la mystérieuse inconnue ?
Il venait de réalisait qu'il n'aimait qu'une chimère...
A la lumière du jour, elle devenait quelconque.
- FERSEN... Grand bien lui fasse, si il n'avait eu le bon sens de s'éloigner... Je peux t'assurer que je lui réservais un sort bien peu enviable.
- N'est'il pas ton ami ?, interrogea Oscar.
- Mon ami... Lui... A d'autres... Il s'est jeté sur la femme que j'aime.... Comme une bête...
Une bête assoiffée de sang.
- Tu... tu... aimes... cette femme, bredouilla Oscar... Il ne l'avait pas reçonnu...
- Oui... Un jour, je la retrouverai... Elle me reviendra, dit André en finissant de donner son avoine à son cheval. Il posa sa fourche, et se tourna vers Oscar.
La bouche entrouverte, plus aucune étincelle ne brillait dans son regard...
- Oscar... La reine nous attend... Oscar, insista une deuxième fois André devant son inertie.
Oscar cligna des yeux... Non... Ce n'était pas une fantaisie.... André l'aimait...
Mais était ce elle ou l'inconnue ?
- Oscar, renouvela André. Es tu souffrante ?... C'est Fersen... Je suis désolé.
- Fersen... Je me moque de Fersen... Fersen n'est qu'un imbécile.
Oscar s'éloigna d'un pas hâlant, forçant André à courir pour se mettre à sa hauteur.
Elle n'aimait plus Fersen...
Etait ce une manoeuvre pour le détourner d'une question plus pressante ?
Oscar se tourna vers lui... Elle souriait comme cela ne lui était plus arrivée depuis longtemps...
Depuis qu'elle s'était entiché de ce suédois.
De Breuil les intercepta devant les appartements de la Reine.
- Suivez moi, dit'il simplement, en passant devant eux.
- Sa Majesté la Reine nous attend, l'interrompit Oscar, en interrogeant du regard son ami de toujours...
Que cherchait'il ?
- La convocation provient de Louis XVI... Tactique militaire ajouta t'il devant l'étonnement du Colonel et de...
Pour quelles raisons le roi demandait l'aide de ce valet ? Ha, l'amour...
A la Saint Valentin, les hommes, devenaient fous, inventant un je ne sais quoi pour éblouir leurs dulcinées, sur une grimace, un sourire éclaira ce visage grossier...
Combien de pieds de Camélias venait'il de planter ?... Il soupira... Dieu, qu'il était sot...
Louis XVI, les mains derrière le dos marchait de long en large...
Fouettant le parquet d'un pas sonore, accentuant l'usure des années.
De la fenêtre, il contempla Marie Antoinette suivie de sa cour, longeant les allées du jardins, elle souriait, mais ses épaules basses le désespérait.
- Votre Majesté... Le Colonel de Jarjayes, annonça un domestique.
- Ha... Faites les entrer...
André derrière Oscar et de Breuil disparaissait complètement derrière les larges épaules du Duc.
- Votre Majesté, veuillez pardonner ce retard... Une question d'intendance nous...
- Aucune importance, Colonel... Où est André ?... Je ne le distingue pas...
Louis XVI se dandinait d'un pied sur l'autre, cherchant le compagnon d'Oscar.
- Je suis là, dit une voix lointaine.
De Breuil s'écarta...
- Approchez... J'ai besoin de vous... Voyez notre reine... Son ancienne patrie...
Sa mère lui manque... Depuis une semaine, la mélancolie s'est emparée de son sourire....
Pour la Saint Valentin... Je vais donner un bal masqué... C'est la toute dernière mode...
Le saviez vous Colonel ?, interrogea Louis XVI.
- Je..., commença Oscar avant d'être interrompu par le roi.
- De Breuil, vérifiez que les portes et les fenêtres soient fermées... André, vous entrez dans une ère nouvelle... Vous allez nous préparer des masques roses et bleus... En forme de coeur...
Qu'en dites vous ?... Très bien... Des violons... Colonel, votre mission... Des fleurs...
Pour vous Monsieur de Breuil... Ais je fait un oubli ?, demanda le roi devant l'ébahissement générale.
- Les invitations, osa André.
- Pardieu... Que deviendrais je sans vous ? Voilà votre mission... André oubliez les masques, Monsieur le Duc... Les fleurs et les masques vont occupaient vos soirées...
- Mais... mais, bégaiyait'il...
- Y verriez vous une objection, dit obligeamment le roi dans un sourire.
- Non...
- Vous demanderez l'aide de Monsieur de Girodelle... Il est habile de ses mains, si l'on en croit les rumeurs.
Les dames de la cour louengent ses talents.
Ne pouvant se contenir, André poussa un soupir d'hilarité.
- André, souffrez vous d'une quelconque affection, demanda Louis XVI.
- C'est une mission qui convient au Lieutenant de Girodelle... renchérit'il en retenant un fou rire.
- Bien... Mes amis vous pouvez disposer... Je compte sur votre discrétion.
André ferma la porte derrière eux.
De Breuil maugréait... Des masques... Des masques en forme de coeur...
Quelle idée saugrenue !, n'arrêtait'il de marmonner en prenant la direction de ses appartements.
- Monsieur le duc, interpella Oscar... Venez vous d'oublier votre promesse ?
- Mêlez vous de ce qui vous regarde, rugit'il.
Dans sa hâte à fuir, il se cogna le front sur une des colonnes de marbre.
Les deux amis s'esclaffèrent d'un rire sonore, augmentant la mauvaise humeur du duc.
De Breuil leur jeta un regard furieux, et quitta le petit salon.
- Girodelle et de Breuil en tête à tête confectionnant des masques, je voudrais être une petite souris, dit malicieusement André.
- Notre roi est amoureux... Que donnerais tu pour revoir cette femme ? demanda
Oscar en essuyant une poussière imaginaire sur son uniforme.
- Le peu que j'ai... Quelques chemises, agrémentés de pantalons viellissant...
Des objets sans valeur..., répondit piteusement André.
- Et ce collier que tu portes.
- Ce médaillon, répondit André en dégageant les plis de sa chemise.
Il renferme la bague de fiançailles de ma mère... Il est pour elle... Oscar j'ai fait la promesse de ne pas me marier... Si un jour, je la retrouve... Je l'épouse, murmura t'il à lui même.
- Elle est noble André...
- Comment le sais tu ? interrogea André. De quelle façon Oscar l'avait'elle découvert ?
Crénom de dieu, elle venait de se trahir.
- Tu es le seul roturier à être accepté dans les salons, ajouta Oscar en s'enfonçant les ongles dans la paume de la main.
- Tu a raison, répondit André, en lui envoyant un coup de poing dans l'épaule comme un camarade de chambré.
Dans l'antichambre du roi, André se torturait, son inconnue et Oscar ne cessait de se surperposer...
Cette ressemblance était déconcertante, son sang avait bouilli comme de la lave en fusion, en effleurant les lèvres d'Oscar.
Mais Oscar, était un homme, se battait comme un homme, vivait en homme.
Et si... André pouffa à cette idée, il avait plus urgent à faire, les invitations du roi ne pouvaient attendre, André s'y attela aussitôt, en n'oubliant pas d'en mettre une de côté.
Qui irait le reçonnaitre ?... Peut être qu'il y retrouverait son inconnue ?
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Le soir du bal, André frappa à la chambre d'Oscar pour la découvrir devant son piano.
Il venait de revêtir son costume de chevalier noir, Oscar jeta un oeil glouton vers les lèvres fermes, et revint aussi sec sur sa partition...
Pour un baiser, elle failli oublier qu'André ne voyait en elle que sa petite soeur.
- Oscar, tu n'es pas habillée... Nous sommes attendus...
- J'ai prévenu que j'étais souffrante....
Posant la main sur son front, André adopta un pli soucieux...
- Es tu fièvreuse ?
- Je suis fatiguée, supporter ces padassins ce soir, est plus que je ne peux accepter.
Tu m'en veux... Si je reste içi.
- Non, attends mon retour, je te raconterai tout... Repose toi
A Versailles, André refusa le port du masque de circonstance, le ton montait entre lui et de Breuil, déclenchant la curiosité des invités.
L'appétit grandissant des fouineurs, obligea le duc à cédait.
- Profitez en, tant que vous êtes dans les grâces de sa Majesté, rossa de Breuil en fulminant.
- Monsieur le Duc, vos masques ainsi que votre décoration, sont à votre image... Grotesque, ajouta André en souriant.
- Comment osez vous ? rétorqua le duc.
- Monsieur le Duc, la soirée est en l'honneur de notre Reine... Des gentilhommes ne saurait saboter la joie du roi, ajouta inopinément Girodelle en lançant un oeil complice à André.
- Je vous offre mes plus humbles excuses, répondit le chevalier noir, esquissant une révérence.
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- Monsieur le Duc, nous vous attendons.
- Je les accepte... pour ce soir seulement.
André prit congès de ces compagnons d'infortune, et se lança à la recherche de celle qui emprisonnait son coeur.
Il détailla chaque visage, chaque sourire, André avisa les recoins les plus éloignés, les portes dérobées sans dénicher son inconnue.
La Marquise de Molant requérit une danse qu'il accepta, pour oublier, la désolation qui lui broyait le coeur...
Dans une figure lâche, où la cavalière s'échappait de son emprise, André ne vit pas la marquise lui tendre les bras, il venait d'aperçevoir celle qu'il... aimait.
L'esquisse de ses souvenirs... revêtue de sa robe blanche, son masque, surmonté de sa plume bleue...
Elle aussi refusait de ressembler à cet essaim avec ces masques d'un goût douteux.
Un sourire lui échappa, une femme d'une trempe peu commune... Sinon, lui aurait'elle plu autant ?
André dirigea ses pas vers elle.
- Ne cherchez plus... Vous venez de me trouver, murmura t'il de nouveau.
- Qui vous permet de le supposer ?, répétant elle aussi les mêmes mots.
Son inconnue ne l'avait pas oublié...
Sentant ses muscles se tendre sous le regard azur, André enserra sa taille étroite dans une pression aérienne.
Les yeux dans les yeux virvoltant au son des violons, seuls au monde, le bruit, la foule s'effaçait, les portant dans un autre univers.
Un murmure les fît revenir au moment présent.
Leurs Majestés paraissaient, la reine splendide respirait la joie de vivre, arborant un collier de pierres précieuses, des diamants, des saphirs s'enroulaient autour du cou gracile...
Un cadeau du roi.
Marie Antoinette, vêtue d'une robe de mousseline rose, agrémentés de nombreux rubans et de dentelles,
des broderies de fils d'or ornaient les plis des jupons, un tulle blanc s'échappait de chaque poignet, une coiffe faite de boucles et de perles.
La Reine saluait chaque convive d'une parole et d'un sourire.
Marie Antoinette s'arrêta devant André et Oscar...
- Mes amis... Merçi... Cette fête en mon honneur, la joie de vous conter parmi nous...
Je ne pouvais espérer plus grand bonheur... André... Me réserverez vous une danse ?, interrogea une souveraine mutine.
- Je... je ne veux pas m'octroyer un plaisir qui m'est interdit, bredouilla t'il confus.
- Je vous comprends... Je ne voudrais pas vous soustraire à votre si belle amie.
Ne la laissez pas vous échapper, ajouta la reine en s'écartant de ses amis.
Marie Antoinette venait'elle de la reçonnaitre, Oscar ne pouvait plus retarder de révéler cette dérobade.
- Me feriez vous visiter les jardins ? Ils sont parait'il superbe à la lumière de la lune.
- Comme il vous plaira, ajouta André sans laisser paraitre aucune émotion.
André avança son bras, qu'elle prit sans ajouter un mot.
Ils marchaient lentement, s'imprégnant de l'air ambiant, pour un mois de Février, il faisait doux.
André invita Oscar à prendre du repos sur un banc de pierre.
Elle s'y installa dans un murmure de soie, suivie d'André...
Il restait silençieux, portant son regard loin devant lui.
Oscar n'avait plus le choix.
- André, l'interrompit'elle dans sa comtenplation.
- Oui, murmura t'il, en la fixant d'un regard de braise, bouillonnant de désir.
- Je vous... aime... Et vous ?... J'ai peur d'entendre votre réponse.... Mais je ne veux plus me taire.
- Oui, répondit'il à nouveau, sans ajouter d'autre mot.
- Embrassez moi, demanda Oscar dans un souffle convulsif.
André posa ses lèvres sur les siennes, goûtant sa saveur, s'imprégnant de sa texture, il délaissa sa bouche, pour enfouir sa tête dans son épaule.
- Je vous aime... Je vous aime... Je vous aime... ne cessait de répéter André.
- Je... je dois... vous révéler mon... secret... Je tremble à l'idée que vous ne m'en vouliez quand je... vous... aurais tout... révéler.
André se redressa, et la fixa, une mer tumultueuse se consumer dans les yeux verts...
- Je ne veux que votre amour... Le reste n'a aucune importance.
- Si j'étais une criminelle, s'enquit Oscar en ébauchant un sourire qui ressemblait plus à une grimace tant elle craignait sa réaction.
- Je m'en moque... Criminelle... Voleuse... La seule chose que je n'accepterais...
Que vous apparteniez à un autre, répondit amèrement André.
- Vous êtes unique... En aimer un autre m'est impossible, ajouta Oscar en tremblant.
- Seriez vous prête à fuir votre famille... Si je vous le demandais.
Oscar hocha la tête.
- Ce soir ? surenchérit André...
Un roturier dont la seule offrande est un amour infini... pour une inconnue.
- Votre coeur est noble, répondit Oscar en posant une main gantée dessus.
Leux deux coeurs battaient à l'unisson.
André effleura ses lèvres, Oscar l'écarta légèrement.
- Je vais tout vous dire... M'en voudrez vous, ? demanda t'elle anxieusement.
- Dites... Je jugerai.
- Je ne suis pas étrangère... En fait, je demeure tout près d'içi...
André ne parlait pas, l'écoutait sans la quitter du regard, prononçant des mots d'amour silençieux.
- Nous nous connaissons depuis... longtemps, ajouta t'elle en sentant que sa forçe la quittait.
- Je sais, chuchota André... Je sais tout...
Nous avons été élévés comme frère et soeur, nous avons tout appris ensemble...
L'amitié, les entrainements à l'épée, les blagues que nous faisions à notre vieux précepteur...
Nous le faisions courir dans les couloirs...
Pauvre homme qui suffoquait sous l'effort... Nous étions de véritables démons...
- André ! interrompit Oscar, ne sachant que dire de plus.
André mit deux doigts sur ses lèvres lui intimant le silence.
- Nous avons tout appris, l'amitié, la complicité entre frère et soeur... Et aujourd'hui...
Aujourd'hui... L'amour nous a conquis... Me suis je abusait ?
- Tu m'a reçonnu, s'enquit Oscar.
- Mon coeur ne cessait de le crier... Je t'aime...
- M'en veux tu ?, demanda craintivement Oscar.
- Non...
- Je t'aime... Je t'aime... Je t'aime, s'écria Oscar en se jetant à son cou.
Elle baisa ses lèvres, son cou, écartant sa chemise pour embrasser son torse.
- Hum... Humm..., les interrompit un toussotement.
André se redressa pour trouver Girodelle derrière eux, souriant.
- Que voulez vous ?, interrogea froidement André.
- Vous donner ceçi.
Victor lui tendit une clé, lourde et large qui claquait contre l'anneau.
- Je serai absent jusqu'à... demain soir, dit Girodelle, il s'éloigna de plusieurs pas, avant de prononçer ces derniers mots.
- Oscar... Vous êtes la plus belle fleur de ce jardin... Soyez heureux...
- Il sait...
- Oscar... Nous ne sommes pas obligés de nous servir de cette clef, dit André en ouvrant la main.
- Je ne veux plus attendre... Apprends moi à t'aimer....
- Ma Valentine, ajouta t'il en l'embrassant. Viens...
Aux écuries, André s'étonna de ne pas trouver de carrosse.
- J'ai renvoyé mon cocher... Je ne voulais pas rentrer sans toi... Tu m'invites sur ton cheval, s'enhardit Oscar.
L'attente devenait insupportable, elle désirait découvrir ce torse qu'elle avait juste entraperçu, se perdre dans ses vallons et ses collines.
André sella sa monture, mit un pied dans l'étrier et chevaucha son étalon avant d'aider Oscar à le rejoindre.
André la hissa, la laissa glisser contre son torse, Oscar s'y reposa, la sentant frissonner, André s'enquit.
- Tu a froid...
- Un peu.
André ouvrit les pans de sa cape, pour la couvrir, une douce chaleur envahit Oscar, dans un soupir, elle laissa sa tête trouver sa place sur l'épaule corpulente.
La monture trouva son rythme, tenu par une main légère, elle adopta le trot.
Les étoiles brillaient dans le ciel obscurci par la nuit, quelques taches blanches de fleurs de printemps s'éparpillaient dans les fourrés et le long des arbres.
Une nuit faîte pour s'aimer.
Des chandeliers brillaient à travers les vitres du château des Girodelles,
André descendit de son cheval et ouvrit la porte, ce qu'il découvrit le surpris...
Des pétales de roses disséminés, s'ouvrait devant eux, les guidant jusqu'à l'étage.
Oscar hôta ses chaussures pour fouler ce parterre, André arrêta son élan.
- Attends.
Ouvrant son médaillon, André, prit la main d'Oscar pour y déposer ses lèvres.
- Je n'ai ni fortune, ni bien terrestre... Je ne possède que cette bague... Et toi, si tu acceptes de devenir ma femme, murmura André en reprenant son souffle entre chaque mot.
- Acceptes tu d'épouser une femme qui se bat comme un homme ?
- Je n'en veux pas d'autre, répondit'il en glissant l'anneau à son doigt.
Une bague en argent, avec une pierre rose minuscule...
Mais une pure merveille pour Oscar.
- Montre moi, où vont les pétales, demanda Oscar.
Ils gravirent l'escalier de marbre pieds nus, foulant les corolles de fleurs à chaque pas, s'embrassant entre deux marches.
Dans l'âtre, un feu rougeoyant éclairait la chambre, où un lit imposant, constellé de pétales de roses blanches, les attendait.
André referma la porte sur ce qui allait devenir leur futur...
FIN
1. 21/04/2011
Merçi floeliteflo, devant un com aussi gentil je suis toute étourdie.
C'est vraiment très sympa, merçi encore.
2. 20/04/2011
BRAVO ! BRAVO ! du grand art où comment creer une autre petite histoire sur le thème de leur déclaration d'amour magnifique. C'est tellement bien écris que j'étais à fond du début à la fin, j'avais eu la même envie de tuer Fersen qu'André et j'ai versé ma larme
et levé les yeux au ciel lors des "je t'aime" tellement c'était beau, franchement encore BRAVO !
3. 02/03/2011
J'ai été découverte, merçi
4. 01/03/2011
Franchement,et sans méchanceté aucune,il me semblait bien que c'était Cath!!Bien aimé comme d'hab!