Chapitre 41 à 45

 

Chap 41 : le poison des mots

 

Les mois passèrent et le ventre d’Oscar s’arrondissait. Elle ne sortait presque plus tant elle se trouvait énorme. Le moindre mouvement la fatiguait, elle s’ennuyait ne pouvant plus chevaucher, ferrailler ou toutes les autres activités qu’elle affectionnait tant. Elle restait des heures à regarder par la fenêtre que Victor revienne. Par contre dès qu’il rentrait, il ne s’occupait que d’elle lui faisant oublier la longue attente. Il s’émerveillait à chaque mouvement qu’il pouvait sentir. Il s’endormait parfois éreinté de sa journée la main posée sur le ventre bombé de sa femme. Il avait construit pour elle un temple, fait d’amour et de tendresse, au milieu duquel elle se laissait bercer. C’est vraiment pendant sa grossesse qu’elle comprit qu’elle s’était attachée à sa présence, qu’elle aimait être avec lui, qu’il lui manquait finalement plus qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Il était devenu, sa famille, son ami, son amant… pouvait-elle dire son amour ?

 

En tout cas, elle était encore dans le brouillon de ses sentiments quand elle rencontra pour la première fois la belle Joséphine. Cela faisait plusieurs mois qu’elle n’était pas venue à Versailles. Mais, la veille Victor lui avait appris que la mère de Marie Antoinette venait de mourir. Oscar voulant apporter un peu de réconfort à sa souveraine avait pour une fois décidé de quitter le domaine pour se rendre au palais.

 

Sa grossesse approchait son terme et son ventre trop lourd l’encombrait. Même si elle aimait sentir grandir cette vie dans son corps, elle avait hâte d’être libérée. Tout son corps avait changé tellement vite ces derniers mois qu’elle ne se reconnaissait plus. Elle qui avait toujours été si menue découvrait chaque matin dans le miroir ses seins gonflés, son ventre proéminent et ses hanches arrondies. Elle n’arrivait pas à ce faire à ce reflet et pour la première fois de sa vie Oscar de Jarjayes se préoccupait de son apparence en tant que femme.

Une servante vint aider Oscar à enfiler une robe de grossesse dans son état elle avait du renoncer depuis longtemps au pantalon et surtout à se vêtir seule. Elle jaugea son image et fut partagée entre son bonheur de mère et la déception face à son aspect.

 

Elle avançait dans les allées du jardin vers le petit Trianon en gardant la tête droite. Pourtant, elle serrait les dents se sentant obèse. Les regards se tournaient sur son passage et de légers murmures s’élevaient dans son sillon. En d’autres époques, elle n’aurait pas prêtée attention à ce bruit sourd mais aujourd’hui elle avait l’impression de recevoir des balles à chaque coup d’œil, à chaque son. Elle souffrait à ces murmures incessants, ces murmures criminels, ces murmures violents à ses oreilles. Elle inspira lentement pour dissiper son désarroi et reprendre courage. Elle resterait digne ! Elle resterait fière face à ces vautours !

Ce qu’elle ne savait pas, c’est que ces murmures étaient loin d’être des médisances comme les courtisans ont l’habitude de répandre. Des souffles d’admirations suivaient les pas de cette femme si belle, de cette aura de douceur qu’avait développée la maternité chez elle. Tous s’extasiaient sauf la belle Joséphine qui enrageait face à cette catin qui séduisait les hommes avec ses airs d’innocentes, cette garce qui lui avait volé son amant. Elle eu alors son idée pour se venger de cet homme qui s’était refusé à elle. Elle les détruirait !

 

Oscar ne ressorti que plusieurs heures plus tard du petit Trianon où elle s’était fait recevoir par sa Reine. Elle avait du la réconforter et essuyer ses larmes. Elle était bien trop émotive ces derniers temps et cette entrevue l’avait fortement affectée. Elle se sentait tendu et son ventre se contractait accompagné des spasmes de douleur. Elle aurait dû rentrer directement, mais elle se força encore un peu à aller rendre visiter à son époux à son bureau. Joséphine qui la guettait comprit immédiatement où elle se dirigeait et se réjouit de cette aubaine. Elle attrapa une de ses amies et la mis dans la confidence de son plan. Elles allèrent ensuite rapidement rejoindre la cour non loin des casernes, devançant de peu Oscar qui était obligé de ralentir sa marche à cause de ses douleurs.

 

Quand Oscar passa au niveau des deux femmes, elle surprit une conversation qui la figea sur place.

Joséphine : Oh mais quel amant ce Victor, insatiable, sensuel… j’ai hâte de convenir de notre prochain rendez-vous !

Femme : Ne craint-il pas de se faire démasquer par son épouse à vous voir si régulièrement ?

Joséphine : Oh non ! Elle ne vient jamais, il a donc le champ libre ! Imaginez, mon pauvre colonel est obligé de supporter sa femme hors qu’elle est grosse comme une barrique ! Croyez-moi qu’il préfère mes bras !

 

Oscar n’en entendit pas davantage et s’enfuit en courant comme elle le pouvait. Pourquoi ne pouvait-elle pas courir plus vite ? Pourquoi avait-elle mal dans la poitrine ? Elle s’engouffra dans son carrosse et partie. Elle ne voulait pas rentrer chez elle. Elle ne pouvait pas rentrer et le revoir ! Elle donna l’ordre d’aller à Paris. Elle irait chez Rosalie, après tout il ne savait pas où elle habitait.

 

Le cahot de la route fut terrible pour Oscar, chaque secousse lui était pénible, mais ce n’était rien comparé à la douleur qui lui broyait le cœur. Pourquoi ? Pourquoi lui avait-il menti ? Pourquoi jouait-il cette comédie ? Pourquoi l’avait il trahi ? Pourquoi ??? Le cocher s’inquiétait de l’état de sa maitresse qui était entré bouleversée dans la voiture. Il ne cessait de prêter l’oreille vers l’habitacle.

Puis les spasmes devinrent plus fort, plus régulier… ils lui arrachèrent un premier cri qui alerta immédiatement le cocher. Il s’arrêta nette et accouru voir sa maitresse. Oscar se tenait le ventre, les yeux baignés de larmes. Elle serrait les dents à chaque contraction.

Cocher : Madame calmez-vous, il faut respirer…. Calmez-vous !!! Je vous ramène au domaine !

Oscar : NNNNOOOOOOOOOONNNNNNNN !

Elle venait de crier de colère et de douleur car elle parla au même moment qu’une autre contraction. Ce cri alerta deux soldats qui étaient posté non loin de là. Ils accoururent pour porter secours à la personne qui avait hurlée. Ils découvrirent une Oscar tordue sous les élancements refusant d’aller chez elle.

 

Soldat 1: Hey ! j’la reconnais… c’est pas la même personne qui va toujours boire des verres avec Alain ??

Soldat 2 : Non c’est un gars qui est avec lui

Soldat 1 : Non non ! j’suis sûr !!!! va le chercher il doit pas être loin !

 

Alain arriva quelques minutes après. Il aurait voulu l’ignorer, ne pas être affecté. Mais il ne pouvait pas. Dès que son camarades lui a dit qu’elle criait de douleur, il courut à en perdre haleine pour la rejoindre.

Alain : Oscar ! Oscar ! C’est moi ! Est-ce que ça va ?

Oscar : Bien sûr que ….(douleur) …..NNNNOOOONNNN !

Cocher : Monsieur, si vous connaissez cette jeune personne, faites-lui entendre raison, il faut que je la ramène chez elle… mais elle s’y refuse !

Oscar : (douleur) JAAMMMAIIIISSSS !

Alain : Oscar soit raisonnable ! je pense que tu es sur le point d’accoucher

Elle agrippa Alain par le col et l’attira de sa force décuplé par la douleur.

Oscar (serrant les dents): Je n’y retournerai pas tu entends… Jamais !

Alain : Pourquoi ? Il faut que tu y ailles

Oscar : Plutôt mourir ! Je le hais !... Il m’a menti, trahi, trompé… je le (douleur) HAAIIIS !

Alain : Bon je vais t’amener chez moi, ma mère saura quoi faire….

 

Il est vrai que ce n’était pas loin et que ça évitait à Oscar un autre trajet pénible. Il indiqua le chemin au cocher et monta dans la voiture à ses côtés. Il lui prit la main pour la soutenir, chose qu’il regretta amèrement tant elle la serra fort.

Alain : AAAHHH Arrête tu vas me casser les doigts !

 

Alain la porta dans les escaliers en colimaçon qui menait au petit appartement parisien qu’occupait sa famille. Il l’installa sur le lit et alerta sa mère et sa sœur pour l’aider.

Oscar : appel le docteur Lassonne s’il te plait.

 

Alain descendit voir le cocher et lui demanda d’appeler le docteur Lassonne. Il y parti sur-le-champ.

Alain : Oscar ! Le médecin va venir… courage !

Oscar : Merci Alain… Merci de m’aider même si je suis noble.

Alain : Ne dit pas de bêtises ! Noble ou pas je ne peux pas te laisser comme ça tu es mon amie!

Oscar : J’ai vraiment cru qu’on ne l’était plus…

Alain (tout doux): J’étais en colère parce que je me sentais seul sans toi… mais la colère ça passe !

Oscar : Merci… Tu m’as manqué !

Alain : Alors que se passe-t-il ? Pourquoi ne veux-tu plus rentrer chez toi ?

Oscar : Je le hais !... Il m’a manipulé… Il s’est moqué de moi… Il m’a trompé…(douleur)…AAARRGGHHH !... J’ai entendu sa maitresse parler de leur rendez-vous ! Si tu savais comme il s’est joué de moi !

Alain : Le salaud ! Si je le tiens je vais lui faire payer !!!

 

Le docteur arriva peu de temps après et pris le relais auprès d’Oscar. Alain alla attendre anxieux dans la pièce voisine, sa sœur venant régulièrement lui donner des nouvelles de son amie qu’il entendait souffrir.

Pendant ce temps, le cocher avait foncé à toute allure à la caserne des gardes royales après avoir prévenu le médecin. Il se fit accompagner par un soldat jusqu’au bureau de son maître.

Girodelle (sévère) : Je n’aime pas beaucoup être dérangé pendant que je travaille, alors soyez bref !

Cocher : Il s’agit de Madame… Elle va accoucher !

Girodelle : Je rentre sur le champ !

Il se leva et se dirigea vers la porte sans même ranger ses documents.

Cocher : Elle n’est pas au château Monsieur…

Girodelle : Comment ?? Où est-elle ?

Cocher : A Paris !

Girodelle : Que fait-elle à Paris ? Pourquoi ne l’avez-vous pas ramené au domaine ?

Cocher : Elle s’y est refusée ! Un de ses amis l’a rejoint et l’a amené chez lui !

Girodelle : Elle avait un galant qui l’attendait ?

Cocher : Non Monsieur, le hasard !

Girodelle : Il faut que je retrouve ma femme. Où l’avez-vous emmené ?

Cocher : 26 faubourg du Temple, chez un dénommé Alain

Girodelle : Encore cet Alain ! S’il l’a touche… Je le tue !

 

 

 

 

Chap 42 : Combat de coq

 

Le Comte de Girodelle se précipita aux écuries et enfourcha son cheval. Il galopa à bride abattu jusqu’à l’adresse indiqué par son cocher. Il arriva au bas de l’immeuble insalubre et n’eut pas à questionner le voisinage pour découvrir dans quel appartement se cachait sa femme tant sa voix était forte. « Mon dieu, quel organe ! Mais pour une fois il m’est utile ! » se dit le comte. Il grimpa les escaliers quatre à quatre et frappa à la porte. Ce fut Alain qui alla lui ouvrir. Il l’accueilli d’un poing dans la figure qui le fit chuter dans les escaliers. Le comte n’eut à peine le temps de se relever qu’Alain avait déjà bondit sur lui et lui assénait d’autres coups !

Alain : Espèce de Salaud ! Je vais te faire passer le goût de te moquer d’elle !

 

Vlan ! Alain lui envoya une droite qui l’éjecta contre le mur et il était prêt à lui exploser le crâne dessus. Le Comte était sonné par cet accueil quelque peu violent et interpréta ce geste comme la colère d’un amant ! Son sentiment de jalousie s’intensifia à lui faire perdre la tête, à lui faire oublier la douleur des coups, à lui redonner sa force. Il s’écarta juste à temps pour échapper au poing qui lui arrivait en pleine face. Il fonça sur Alain et tous les deux s’écroulèrent sur les marches. Enragé de colère, il le frappa encore et encore. Alain n’était pas du genre à se laisser faire, mais il fallait qu’il se dégage d’abord car le comte le bloquait totalement.

Girodelle : Je vais t’apprendre faquin ce qu’il en coûte de toucher à ma femme !

 

Alain le repoussa énergiquement pour enfin se dégager et avoir une meilleur prise dans se corps à corps.

Alain : Je ne l’ai pas touché… Mais tu ne la mérite pas salaud !

 

Une énorme droite percuta la mâchoire du comte et lui fendit la lèvre.

Alain : Tiens ! ça c’est pour avoir osé la tromper !

 

Victor se rua sur Alain et commença à l’étrangler. Alain se débattait pour desserrer l’étau de ses doigts.

Girodelle : JE..NE..L’AI.. PAS.. TROMPE ! …JAMAIS !!!

 

Alain lui envoya un coup qui le fit lâcher prise et dégringoler quelques autres marches !

Alain : Menteur ! Elle a surpris ta maitresse qui parlait de vos petits rendez-vous ! T’es démasqué ordure !

Girodelle : Ma maitresse ??? Mais je n’ai pas de maitresse !!!! J’AIME MA FEMME !

 

Oscar poussa un cri de douleur qui transperça les murs du petit appartement.

Girodelle : Laisse-moi passer ! Il faut que je la voie !

Alain : Elle veut pas te voir ! Dégage !

 

Girodelle dégaina son épée.

Girodelle : Tu veux me la prendre ? Il faudra d’abord me tuer ! Moi vivant, je ne laisserai personne me la prendre !

 

Alain dégaina lui aussi son arme.

Alain : Te tuer ? avec plaisir !

 

Les lames s’entrechoquèrent dans un vacarme métallique. Les duellistes étaient d’un excellent niveau tous les deux. Ils savaient tous les deux évolués sur un terrain accidenté et se battait avec rage. La haine et la colère les portaient au-delà d’eux-mêmes. Attaques, feintes, parades s’enchaînaient dans une rapidité et une dextérité exceptionnelle.

Girodelle : Depuis quand êtes vous ensemble ?

Alain : Tu crois qu’on est amant ? C’est trop drôle ! T’invente des histoires pour te justifier maintenant !... On n’est pas amant ! Oscar c’est quelqu’un de bien ELLE !

 

Le comte savait au fond de lui que sa femme ne l’avait pas trompé. Il n’y avait qu’un homme qu’il aurait pu craindre et il était déjà mort. Il n’insista pas davantage sur ce sujet auprès d’Alain. La seule chose qu’il voulait c’était allé clamer son innocence à son épouse et assister à la naissance de son enfant.

 

 

Le comte profita d’un léger déséquilibre d’Alain pour le faire tomber et s’écrouler dans les marches quelques mètres plus bas. Victor en profita pour courir rejoindre sa femme. Il pénétra dans le petit appartement.

Girodelle : J’arrive mon amour !

 

Alain le stoppa nette en le plaquant au sol. Il lui mit sa lame sous la gorge.

Alain : Comment ose tu l’appeler « mon Amour » ? Chien ! Comment oses-tu après ce que tu as fait ?

 

Le Comte de Girodelle le regarda droit dans les yeux, il était calme, clair, sincère !

Girodelle : J’aime ma femme et jamais ! Jamais je ne la tromperai ! JAMAIS !! J’AIME MA FEMME ! Mais toi ? Si tu la veux… soit prêt à me tuer maintenant ! Je mourrai sans aucun regret de lui avoir offert ma vie !

 

 

 

 

Chap 43 : Mon enfant !

 

 

 

Alain le cru. Il su que cet homme ne l’avait pas trompé. Il n’avait qu’à le regarder… Il savait ! Il était néanmoins tenté de découper en rondelle le bouclé qui avait épousé son Oscar. Mais, son stupide code de l’honneur l’en empêcha. Il s’insurgea contre lui-même d’avoir de tel principe…

Alain : Va la rejoindre ! Mais si un jour tu lui fais du mal… Je te tuerai !

 

Le comte se releva sans rien ajouter de plus et se précipita dans la chambre où sa femme se trouvait.

Girodelle : Oscar !

Oscar : va-t-en ! Je ne veux plus te voir… je (contraction)… TEE HAAAIIISS !!!!

 

Il se jeta sur sa main pour la prendre dans la sienne.

Girodelle : Je t’aime ! Je t’aime Oscar ! Je te jure que je n’ai rien fais ! Alain m’a dit que tu pense que je t’ai trompé mais c’est faux ! Je t’aime ! Je ne ferai jamais rien de la sorte.

Oscar : Ah ! Tu peux me mentir ! je l’ai … (contraction) VVUUU AARRRGGHH !

Médecin : Respirez Oscar ! Respirez !... Monsieur, vous ne pouvez pas discuter plus tard ?

Girodelle : Non !

Oscar : DEHORS Girodelle ! Je ne veux plus te voir… jamais !

Girodelle : Qu’as-tu vu Oscar ?

Oscar (en colère): Cette femme… Ta maitresse !

Girodelle (calme) : Je n’ai pas de maitresse ! Tu peux demander à tous mes hommes, à tout le monde ! Je n’ai plus de maitresse depuis que tu as accepté ma demande en mariage. J’ai mis fin à toutes mes aventures et je n’ai plus que toi dans ma vie ! Tu es la seule, l’unique…ma femme !

Oscar : Tu te joue de moi depuis le début ! Comment pourrais-je te croire ? Je l’ai vu cette superbe blonde parler de vos rendez-vous dès que je ne suis pas là.

 

Le comte eu un flash et se souvint de son altercation avec Joséphine. Ça ne pouvait être qu’elle ! C’était d’ailleurs bien son genre de monter un coup comme celui-ci. Oscar le voyant ne pas répondre cru qu’il était démasqué.

 

Oscar : Ah ! En voilà la preuve ! ton si.. (contraction).. LLEENNCE !

Girodelle : Non c’est un piège d’une ancienne maitresse en colère ! Je te jure ! Je t’aime ! Depuis quand accuse-tu sans avoir mené l’enquête ? Tu peux chercher je suis innocent ! Crois-tu que si j’avais une maitresse j’aurais passé toutes mes nuits à tes côtés ? Crois-tu qu’on puisse entretenir des relations avec une femme sans en garder des traces sur le corps ? Sans que tu t’en sois rendu compte, toi a qui je me dévoile sans la moindre pudeur ?... Je t’aime Oscar ! Je t’ai offert mon corps et ma vie… mais si tu n’en veux plus, tue-moi ! Car je ne saurais qu’en faire sans toi !

 

Il lui mit son épée dans les mains et plaça de lui-même la lame contre sa gorge. Elle le regarda

Dans le fond des yeux et lâcha l’arme. Il lui embrassa la main en la regardant avec amour.

Oscar : Je te crois…

Girodelle : Je t’aime Oscar ! Je t’aime et je ne te ferais jamais de mal !

 

Oscar eu une contraction plus forte que les autres, elle lui broya la main en hurlant.

Oscar : JE TEE HHHAAAAIIISSS….. Reste !

 

Médecin : ça approche ! … Monsieur pouvez-vous sortir maintenant ?

Girodelle : Non ! Je reste !

Médecin : Comme vous voulez monsieur, mais il n’est pas courant que les pères restent.

Girodelle : Je reste !

Il garda dans sa paume la main de sa femme.

 

Le travail dura encore de nombreuses heures. Oscar endurait des spasmes de plus en plus violents et rapprochés. Elle suait à grosses gouttes, criait, broyait la main de son époux, l’injuriait. Tous les noms d’oiseau y passèrent. Le médecin souriait doucement en observant la scène. Il se disait que c’était un peu pour ça que les pères n’assistaient pas aux accouchements. Victor ne fut pas épargné par la force herculéenne de sa douce épouse à chaque nouvelle contraction. Mais il ne cessait de l’encourager pendant qu’elle le rabrouait. La mère d’Alain et sa sœur avait préparé le nécessaire comme le médecin leur avait demandé. Oscar se demandait si elle avait un jour eu aussi mal qu’en ce moment. Au moins qu’en elle s’était brisé les os, elle avait fait un coma pour affronter la douleur. Mais là, elle devait rester éveillée et pousser en plus !

 

Oscar : Il va sortir le Bougre ! AAARRRGGHHH

Girodelle: Courage Oscar!

Oscar: Diable de Fripon!!!! AAARRRGGGH… C’est ta faute!!! JE TE HAIS !!!! AARRRGGGHH !!!

Médecin : Je vois la tête ! Poussez Madame !

 

Quelques minutes après, la délivrance ! Oscar laissa retomber sa tête sur l’oreiller, elle était essoufflé, épuisée mais heureuse. Elle avait passé toute la nuit à mener sa plus belle bataille et au petit matin elle eu sa plus merveilleuse victoire : Son fils !

 

La mère d’Alain le nettoya, pendant que le médecin prodiguait les derniers soins à Oscar. Girodelle était ému. Il regardait amoureusement sa magnifique guerrière en lui embrassant la main. Puis Madame de Soisson déposa le bébé dans les bras d’Oscar. Elle sourit tout en pleurant en voyant la petite frimousse de son fils. Elle l’aimait déjà et elle savait que désormais elle l’aimerait plus que tout ! Il était à elle, sa chair, son sang… Elle resta un long moment à le bercer avant de remarquer que son époux les fixait tendrement. Elle ne voulait pas le lâcher mais en regardant le visage épanoui du père, elle le lui passa dans les bras.

Oscar : Je te présente mon fils ! André Alexandre de Jarjayes !

 

Il eut un choc en entendant le prénom, ce fut comme si elle avait finalement enfoncé une épée dans son cœur. Que pouvait-il dire ? Ne lui avait-il pas promis qu’elle aurait tous les droits sur leur premier fils. Puis il regarda l’enfant, son enfant et lui sourit. Il le berçait doucement en embrassant sa petite tête.

Girodelle : Il est beau notre fils ! Jarjayes ou Girodelle, c’est notre sang et je l’aime.

 

Il profita ensuite qu’Oscar se soit endormi pour prendre à nouveau son fils et le présenter à Alain qui n’avait toujours pas eu le droit d’entrer.

 

Girodelle : Je vous présente mon fils !

Alain regarda l’enfant avec un sourire, il était le portrait craché d’Oscar avec ses petites boucles blondes et son joli minois.

Girodelle : Merci Alain !

Alain : De quoi ?

Girodelle : De m’avoir cru ! D’avoir tout fait pour protéger Oscar !

Alain : Je l’ai fait pour elle !

Girodelle : Je voudrais faire quelques choses pour vous… ça vous dirait d’entrée dans les gardes royales ? Je crois que vous êtes noble de sang ?

Alain : Moi chez les poudrés ??? … Ah non je préfère la misère ! Merci !

 

***************

 

Quelques jours plus tard, le Comte de Girodelle croisa la belle Joséphine dans un couloir du palais. Il l’attira dans un coin plus calme.

 

Girodelle : Avouez ! C’est vous qui avez fomenté un plan pour dresser ma femme contre moi ?

Joséphine : Je ne vois pas de quoi vous parlez mon ami !

Girodelle (menaçant): Je vous préviens n’intervenez plus jamais dans mes relations avec ma famille.

 

Il parti sans ajouter un mot. Elle sourit car elle savait que les graines de la jalousie sont des graines coriaces qu’il est aisé de raviver.

 

 

 

Chap 44 : Un souvenir lointain

 

A peine plus d’un an et demi s’était écoulés depuis la naissance de son petit André Alexandre de Jarjayes. Le comte n’avait pas perdu de temps puisque Oscar accouchait cette fois d’une petite fille, Anne Sophie de Girodelle. Ils étaient heureux et rien n’était venu entacher leur bonheur. Oscar avait le cœur rempli de cet amour maternel inconditionnel et passionné. Elle consacrait tout son temps à ses enfants. Le comte était un père exemplaire, un père comme elle eu rêvé avoir. Toujours tendre, toujours attentionné, il aimait ses enfants sans distinction. André était son fils, même s’il ne portait pas son nom et sa fille était sa petite princesse. Oscar adorait rester les regarder tous les trois, le cœur attendrit et l’esprit en paix.

 

Victor avait annoncé la venue au monde de sa fille et la reine avait émis le souhait qu’Oscar vienne enfin lui rendre visite pour qu’elle voie enfin les petits. C’est sur cette demande royale qu’Oscar vint avec sa petite fille d’à peine 3 mois et son fils de presque deux ans au Trianon. Elle avait également convenu avec Victor d’aborder le sujet du retour de sa majesté au palais, car la colère grondait de plus en plus fortement auprès des nobles.

 

Reine : Oh Oscar ! Cela me fait tellement plaisir de vous revoir mon amie ! Que vos visites se font rares !

Oscar : Veuillez excuser ma longue absence majesté, mais ma situation ne me permettait pas de me déplacer ces derniers temps !

Reine : Oh oui je comprends, mais alors voilà ces merveilleux enfants qui éclairent la vie de mon cher colonel. Ils sont adorables ! Comme ils vous ressemblent !

Oscar : Merci majesté !

Elles discutaient depuis un moment. Oscar n’avait pas le courage de troubler la paix de sa reine qui semblait enfin heureuse après toutes ces années de tourmentes. Elle ne comprenait que trop bien la félicité d’être mère et ce bonheur auquel elle s’accrochait. La reine la plongea malgré elle dans ses souvenirs bien lointains, elle raviva sans le savoir la douleur de son amour perdu quand elle évoqua les troupes américaines.

 

Reine : Oh Oscar on m’a dit que les troupes de Monsieur de Lafayette regagnaient la France... ainsi que Monsieur de Fersen. Oh Oscar ! C’est à peine si je me souviens de son départ. Tant d’eau à couler sous les ponts… Songé à cette chose étrange, le courant de la vie nous a entraînés si loin l’un de l’autre et voici maintenant qu’il nous rapproche une fois de plus. (DA ep 22)

 

La reine était rêveuse en songeant au retour du comte tandis qu’Oscar était attristé de penser que son cher André ne reviendrait jamais de cette maudite guerre.

 

Sur le chemin du retour, son carrosse se fit arrêter par un pauvre soldat blessé de retour des Amériques qui venait porter à la famille d’un de ses compagnons les affaires du dit défunt. Oscar eu le cœur serré en pensant que l’un d’entres eux aurait pu apporter à Grand-mère les dernières affaires de son petit-fils. Elle l’invita à prendre place dans sa voiture et le conduisit à l’endroit qu’il recherchait. Elle fut troublé tout le trajet et son fils se blottit contre elle pour un câlin en sentant sa peine. Elle caressa la petite tête blonde et accompagna son geste d’un « André mon amour ». Elle l’appelait toujours ainsi comme si ces mots étaient indissociables dans sa bouche.

 

En arrivant au domaine, les deux petits s’étaient endormis. Elle porta Anne Sophie pendant que le cocher portait André Alexandre. Le comte vint à leur rencontre et pris des bras du cocher son cher fils. Ils allèrent les coucher. Le comte regarda ses enfants dormir et pris la main d’Oscar.

Girodelle (murmurant) : Vous m’avez manqué !

 

Oscar lui sourit. Il la pris dans ses bras et la serra tendrement.

Girodelle : Qui as-t-il ? Tu semble triste ce soir…

Oscar : Non… Je suis juste fatiguée.

Girodelle : Dommage ! J’avais pensé que puisque les enfants dormaient je pouvais t’avoir pour moi tout seul.

 

Elle lui sourit encore sans ajouter mot.

Girodelle : Allez viens ! Allons prendre un bon verre de vin au salon… ça nous détendra !

 

Elle se laissa entraîner vers le salon. En effet, ce soir elle avait besoin de s’étourdir un peu. Ils parlèrent un peu. Elle lui raconta son entretien avec la reine et son manque de courage pour lui demander de quitter le Trianon. Mais elle omit volontairement de parler du retour des troupes Américaines. Il senti quelle lui cachait quelque chose mais il connaissait que trop bien ce regard vague qu’elle avait parfois. Il ne chercha pas à en savoir davantage car il s’était promis depuis le premier jour de leur mariage de lui laisser ses silences pour se réfugier. Il s’installa à côté d’elle et posa un baiser discret sur le front. Elle avait besoin de douceur et il avait comprit. Elle posa sa tête sur son torse et se laissa bercer par le rythme calme des bruits de son cœur.

 

Girodelle : Ma chère que penserai tu d’aller visiter tes parents dans quelques jours ? J’ai entendu dire que le général était rentré de voyage ces jours-ci, il sera ravi de voir son petit-fils !

Oscar (lui sourit) : Je pense que tu as une excellente idée, j’en avais très envie ces derniers jours.

Girodelle : Bien j’enverrai donc un message pour les prévenir de notre venues, je vais essayer de m’arranger pour rester avec vous un jour ou deux.

 

 

 

 

Chap 45 : Un bateau pour la France

 

 

A l’avant d’un bateau sur l’océan atlantique un homme se dressait regardant l’horizon comme s’il pouvait voir au-delà. Là-bas, après cette ligne imaginaire, la France, le pays de sa naissance, il le devinait presque. Il n’était plus qu’à un jour de navigation. Il était immobile depuis un long moment perdu dans ses souvenirs. Bien sûr, il avait vécu la guerre, mille fois il avait vu la mort dans les yeux, mille fois comme un diable il l’avait semé. Et chaque parcelle de lui se souvient encore des horreurs dont il fut le témoin, acteur malgré lui. Bien sûr les années étaient passées, il avait essayé de l’oublier dans d’autres bras, sur une autre terre. Mais rien n’avait réussi à l’effacer. Il y avait cru, il avait voulu se convaincre. Un moment, il s’était vu guéri le cœur en paix, les mains couvertes de sang. Au cœur des batailles, il avait pensé sacrifier sa vie à la liberté, à ses hommes. Mais, elle ne le quittait pas, elle était son rêve au milieu du cauchemar qu’il vécu pendant ses 5 années d’exil. Il ne pouvait se mentir, il l’aimerait jusqu’à sa mort.

 

Un homme le regardait, il l’avait vu tellement souvent s’isoler et rester immobile des heures durant, il l’avait vu tellement souvent s’enfermer dans le silence. Il connaissait cet homme depuis le premier jour où il avait fraîchement débarqué sur le champ de bataille. Avec les épreuves, ils étaient devenus amis. Avec les années, il s’était un peu confier. Malgré les mots restaient les silences, le mystère. Il s’approcha de son ami, celui-ci habitué à être sur ses gardes se retourna brusquement.

Jean Baptiste : Et bien André ! Je vois que même sur une barque en partance vers la maison tu ne perds pas les bonnes habitudes. Hein Général ! hahaha

André : Comment les perdre quand elles sont devenues instinct ?

Jean Baptiste : Ah ! Oublie tout ça ! Oublie les horreurs ! Nous sommes en vie et nous rentrons ! Nous rentrons ensemble Général !

André : Cesse de m’appeler Général alors si la guerre est finie !

Jean Baptiste : Pour moi, tu seras toujours mon Général… Guerre ou pas Guerre… Je t’ai vu braver la mort et la regarder en face…Je t’ai vu avoir un indéfectible courage pour nous sauver comme un fou allant à sa rencontre… Je t’ai vu revenir vivant !... Pour moi, tu seras toujours mon chef !

André : Affronte la mort sans ne jamais baisser les yeux et elle t’évitera ! C’est à partir du moment où tu baisse ta garde qu’elle te fauchera !

Jean Baptiste : Tu es incroyable toi ! hahaha ! J’aurais essayé de faire ce que t’a fait, ça ferait longtemps que je serais mort !

André : Ne parlons plus de tout cela… Tu voulais me voir ?

Jean Baptiste : Je te voyais tout seul et je me suis dit que j’allais venir te causer un brin !

André : Tu veux causer ? Tu dois bien t’ennuyer à bord… qu’y a-t-il ? La mer est trop calme ? Tu cherche de l’action ?

Jean Baptiste : Oula ne parles pas de l’état de la mer avant que l’on soit arrivé !

André : Tu es bien trop superstitieux ! Mais je pense que nous aurons un grain tout à l’heure ! De quoi veux-tu parler ?

Jean Baptiste : De choses joyeuses ! De notre retour ! De nos projets !

André : Moi je n’ai que deux choses à faire. Revoir quelqu’un et m’occuper de la fille de mon père adoptif !

Jean Baptiste : Toujours cette mystérieuse femme ? T’en démords pas dis donc !

André : En fait, je pense que je ne suis resté en vie tout ce temps que pour la revoir…

Jean Baptiste : Et que dois tu faire pour ta sœur adoptive ?

André : Je dois régler les affaires de son père et la protéger jusqu’à son mariage.

Jean Baptiste : Tu vas lui choisir son mari ?

André : Je ne vais rien faire du tout ! Qui suis-je pour lui imposer mon choix ?

Jean Baptiste : Dommage, j’aurai bien voulu être ton frère !

André : Tu l’es déjà ! Mais tu ne rentreras dans la famille que si elle te choisi ! hahaha

 

La pluie commença à tomber.

 

Jean Baptiste : Ah André comme j’aimerai parfois que tu arrête de faire ta Cassandre et que tes prédictions cessent d’être exactes ! Voilà ton grain qui arrive !

 

Ils rentrèrent à leur cabine s’abriter. Le vent soufflait si fort qu’une des voiles s’arracha. Tous les matelots courraient sur le pont, en essayant d’abaisser au plus vite les autres voiles avant de les perdre. Le bateau était secoué par des vagues gigantesques. André demanda à ses hommes des volontaires pour aider les marins à manœuvrer le bateau, tous le suivirent.

Dehors un combat d’un autre type se jouait. Ils s’accrochaient à ce qu’ils pouvaient tant le navire tanguait, balancé violemment de gauche à droite par la mer déchaîné. Les caisses glissaient d’un bord à l’autre. Un des mâts se brisa avant qu’on ait pu enlever la voile sous une vague qui avait recouvert le vaisseau. Il s’écrasa sur le pont causant de nombreux dégâts. Les militaires soulevèrent le mât pour dégager les blessés coincé en dessous. Les cris, les ordres fusaient de toutes parts. Il fallait aller vite mais la dernière voile encore debout ne pouvait être baissé. La corde avait lâché et était allé se coincer à plusieurs mètres de hauteur. André s’était précipité. Il grimpa en quelques gestes rapides et agiles en haut du mât. Il sorti son couteau qu’il portait à sa ceinture et libéra la corde de son attache. La grande voile s’écroula quelques mètres plus bas et les marins essayaient déjà de la ranger. André entama alors un mouvement de descente quand une autre vague retourna le navire et lui fit lâcher prise. Il se retrouva emporter par les flots et senti son corps s’écraser contre le bois dur d’une rambarde. Il s’y accrocha avant que les flots ne se retirent et ne l’emportent plus loin. Il n’allait pas mourir aujourd’hui ! Pas quand il était si prêt de son but ! Ce bateau arriverait à destination ! Il aida ses hommes à renforcer les liens qui maintenaient des planches arrachées par la précédente vague. Il couru de bord en bord réparer les dégâts causé ça et là. Il fallait tenir !

Un éclair zébra le ciel, puis quelques secondes après on entendit son grondement lourd. Les rafales de vent et de pluie ne s’atténuaient pas. La mer voulait les dévorer. Elle ouvrait grand ses mâchoires et se refermait sur eux. Le bateau résistait autant qu’il le pouvait malgré le cahot qu’il subissait. Un autre éclair ! Celui-ci s’abatis sur la proue embrasant immédiatement les planches de bois. Tous les hommes du navire allèrent combattre les flammes avant qu’elles n’avancent jusqu’aux réserves de poudres et de munitions que l’armée alliée ramenait dans ses cales. Ils furent aidés sur cette tâche par la pluie mais surtout par une autre vague énorme qui s’écrasa produisant le craquement sourd et caractéristique du bois qui explose. Jean Baptiste se fit emporter, André glissa pour le rejoindre. Ils passèrent tous les deux par-dessus bord.

 

 

A suivre...

 

Commentaires (1)

1. 04/05/2011

JE LE SAVAIS ! André est de retour après avoir vu la mort de près, après l'avoir cotoyée, il est de retour mais quel retour le pauvre une tempête et le voilà emporté avec son ami accroche toi ! tu dois revenir vivant ! FICHTRE le suspense est à son comble AAAARRRGGGHHHH !!!!!

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