Choisis moi ,suite

19h07: Les temps changent

 

Cependant, malgré la douceur de ces lèvres, malgré la tendresse de cette étreinte, une partie de son cœur demeurait blessée. Il s'écarta doucement de la jeune femme, laissant glisser sa main sur la peau blanche et délicate de sa joue. Le regard triste de devoir lui faire subir le même sort que lui. Il ne pouvait changer son joug, son cœur, son corps et son âme étaient invariablement enchaîné à Oscar.

André: Je suis désolé...

Nathalie: Je comprends...

André: Merci...

Nathalie: Cela dit, si je ne peux être avec toi, je te souhaite au moins d'être heureux!

André: Je ne sais que te dire...

Nathalie: A moi, je pense que tu n'as rien à ajouter... Mais fais-moi plaisir et va le lui dire à elle! Arrête de perdre ton temps!

André: Je ne peux pas, ce n'est pas si simple!

Nathalie: Oh! Si elle te repousse, tu pourras toujours revenir dans mes bras... je me ferais un plaisir de te consoler... et si un jour tu souhaite te marier, encore une fois... Je ne suis pas contre!

 

Il la serra dans ses bras tendrement. Il l'aimait bien, beaucoup même! Elle avait été depuis qu'il la connaissait toujours là près de lui, attentive et patiente. Ah, si Oscar n'avait pas existé, il se serait sûrement laisser tenter par toutes ses propositions.

 

Oscar abandonna Fersen pour profiter de la pause pour trouver avec André un échappatoire à cette comédie. Elle passa alors dans les coulisses et les surpris enlacer. Elle ne sut pourquoi elle parti en courant, elle ne pouvait s'expliquer pourquoi elle avait mal dans la poitrine, pourquoi elle avait l'impression que son univers s'effondrait autour d'elle. Pourquoi pleurait-elle? Sa vue trouble, son empressement firent qu'elle renversa sur son passage quelques boites et autres accessoires. En entendant le bruit, André tourna la tête et la vit partir. Ses yeux oscillèrent quelques secondes entre la jeune femme dans ses bras et son Oscar.

Nathalie: Allez file! Mais ne reviens pas sans elle!

 

Il s'engagea à la poursuite de la colonelle. Oscar fuyait à travers les couloirs, elle voulait se retrouver seule, elle voulait un endroit où personne ne la verrait pour pleurer de tout son soul. Elle grimpa les marches d'escaliers quatre à quatre, elle aperçut la porte dérobé des combles et s'y engouffra. Il était à ses talons et pénétra à sa suite dans le petit escalier étroit. Il la trouva dans cette obscurité partielle. Elle était adossé à un poteau de bois dans le coin le plus reculé de la pièce. Il s'approcha lentement d'elle, comme on s'approche un animal apeuré. Elle pleurait. Pourquoi pleurait-elle? Même sans en connaître la raison, il eut envie de la consoler.

 

 

19h44: Hors du temps

 

Il arriva à quelques centimètres d'elle et l'entoura de ses bras protecteurs, il l'attira ensuite contre lui et elle nicha sa tête contre son torse. Il sentait les larmes coulées des joues de sa belle et poursuivre leurs descentes sur sa peau. Il la serrait contre lui et caressait la chevelure d'or. Il l'enveloppait de toute sa tendresse et elle passa à son tour ses bras autour de sa taille pour se presser davantage contre lui.

André (d'une voix calme et douce): Pourquoi pleures-tu mon Oscar? Je n'aime pas te voir pleurer... Pourquoi? Qui t'a fait du mal?

Oscar: Je ne sais pas...

André: Tu ne sais pas qui t'a fait du mal?

Oscar: Non, je ne sais même pas pourquoi je pleure... Je ne sais pas, je ne comprends pas...

Il lui posa un petit baiser sur la joue affectueusement.

André: Calmes-toi... je suis sûr que ce n'est pas si grave...

André (a lui-même): Je savais bien que ce diable de Fersen te ferait pleurer... Oh mon Oscar... Il n'aime que la reine... mais moi! Moi! Tu peux me demander n'importe quoi! Oh mon Oscar, plutôt mourir que de te faire pleurer.

André: Allez... raconte-moi tout...

Oscar: Je ne peux pas...

André: On s'est toujours tout dit Oscar... raconte-moi ce qui t'a chagriné

Oscar: Je ne sais pas c'est confus... C'est un cauchemar... C'est ça! Je vais me réveiller... toute cette journée n'est qu'un cauchemar.

André: Si c'est un cauchemar dis-moi ce qui te trouble ainsi, je te ferai sortir de là...

Oscar: C'est toi! C'est ta faute! Tout est de ta faute!

André: Moi???

Oscar: Oui toi! Tu es là, tu embrasse les jolies jeunes femmes, tu te mets à nu et maintenant tu vas m'abandonner!

André: Je ne vais pas t'abandonner Oscar... Je ne peux pas t'abandonner!

Oscar: Si, je t'ai vu... tu vas partir avec elle, tu es amoureux! J'en suis sûr!

André: Oscar, la seule personne que j'aime c'est toi!

Oscar:...?

 

Ils étaient tous les deux hors du temps, hors du monde, hors de tout. Juste les yeux dans les yeux et cet ultime aveu qui venait de se perdre. Cet ultime aveu qui résonnait dans sa tête et lui faisait tambouriner le cœur. Que venait-il de dire? Qu'il l'aimait??? Il n'avait pas le droit de lui dire cela. Il n'avait pas le droit d'être ainsi devant elle, entier, dans toute sa sincérité. Il n'avait pas le droit de briser aujourd'hui tout le confort de leur amitié.

Ami! Ami! Etait-il son ami? Plus elle se plongeait dans ses prunelles impénétrables comme des forêts sauvages, plus elle le regardait en cette seconde irréelle et moins elle se disait qu'elle l'avait regardé comme un ami aujourd'hui. En fait c'était exactement ce qui avait gâché sa journée depuis le levé du soleil. Elle avait réalisé depuis qu'elle l'avait aperçut du haut des marches, qu'il était devenu un homme et qu'elle le regardait comme une femme. Son univers volait en éclat, ses croyances étaient balayés et devant elle s'étalait à perte de vue des doutes, des peurs et l'incertitude dévastatrice.

 

20h08: Depuis la nuit des temps

 

Comme comprenant de façon muette la tempête qui agitait le regard azur de son unique amour, il posa un baiser sur son front pour la rassurer. Il était le vent qui balayait tout, mais il faisait de ses bras une forteresse pour la protéger. Il avait brisé par son aveu toutes ces années de mensonges, mais dans son regard il lui offrait la vérité. A cette seconde tout bascula, tout bascula autour d'eux.

André: Si seulement j'avais ne serait-ce que la moitié de ta perfection, je te dirais alors tout ce que mon cœur tait depuis tant d'année... Mais je ne suis personne, ni un roi, ni un chevalier... Je ne suis que ton ombre fidèle, celui qui suivra chacun de tes pas et qui t'aime en silence.

Oscar: André...

André: Oscar... laisse-moi finir... Aujourd'hui laisse-toi te dire à quel point... laisse-moi te montrer O combien... Oscar, si tu savais... Je ne suis qu'un homme... je n'ai presque rien à t'offrir et pourtant je mets à tes pieds mon amour infini et éternel. Il y a tellement de chose que nous ne pourront jamais comprendre. Il y a tellement d'obstacle. Mais rien ne me semble insurmontable si je suis avec toi. Je t'aime autant qu'il est possible d'aimer. Non je t'aime même au delà... depuis la nuit des temps, je t'aime!

 

Il lui prit la main et baisa respectueusement ses doigts. Elle frissonna tant le contact de ses lèvres furent douce. Il plongea ensuite son regard dans le sien, le visage sérieux, le cœur affolé.

André: Oscar... Avec toi, j'ai l'impression d'être immortel quand tu es prêt de moi, d'être le plus riche des hommes quand tu m'offre un sourire, d'être invincible quand tu me regarde... Je t'aime aujourd'hui, demain et jusqu'à la fin des temps... Peu importe ce qu'il adviendra de moi... Peu importe où je serai, je sais que je t'aimerai toujours de plus en plus... comme si on m'avait jeté un sort, condamné volontaire au joug de ton amour... j'ai fait le vœu de lier mon destin au tien et jusqu'à mon dernier souffle je ne vivrai que pour toi!... Oscar je ne pourrai même pas imaginer survivre sans toi... Je ne pourrai pas vivre loin de toi... Je ne t'abandonnerai jamais et même la mort ne nous séparera pas!

 

Oscar pleurait d'entendre ces mots. Elle ne comprenait pas tout ce qui se passait dans son corps et dans son cœur. Cependant, elle savait, elle l'avait toujours su. André! Elle aimait André! Il était l'un à l'autre bien plus que des frères et sœurs. Il était son âme sœur, l'autre moitié d'elle-même. Elle l'avait deviné quand elle l'avait vu en embrasser une autre. Sans lui, elle était incomplète. Sans elle, il n'était que l'ombre de lui. Leurs deux vies comme un pacte scellé étaient voué l'une à l'autre. Dans cette vérité absolue, elle ne trembla pas, elle ne douta pas quand il lui prit le menton entre ses doigts et qu'il lui souleva le visage. Leurs lèvres s'appelaient. Leurs lèvres le savaient. Ils étaient l'un à l'autre! « Je t'aime » s'échappa comme dans un souffle, ainsi elle lui livrait elle-aussi son cœur.

 

 

20h31: Le temps de l'amour

 

Il voulait prendre son temps, la découvrir patiemment. Il attendait son premier baiser depuis des années et voulait que ça soit magique. Il voulait garder l'empreinte de ses lèvres dans son cœur comme si tout ceci n'était qu'un rêve. Il voulait rendre ce moment parfait, parfait comme l'était son amour pour elle.

 

Délicatement, il lui frôla les lèvres. Elles étaient douce comme les pétales d'une rose. Il déposa ensuite dans un mouvement léger les siennes, les imprimant tendrement contre elle. Il était difficile de savoir lequel des deux était le plus chaviré par ce contact. Elle se serra encore plus contre son corps et appuya davantage sa bouche. Ils mêlaient leur souffle et bien vite André glissa une langue conquérante qui ne rencontra aucune résistance. Au contraire, instinctivement elle l'accueilli, naturellement, elle participa au baiser. Sans brusquerie, il devenait de plus en plus entreprenant. Ils s'embrassaient avec fougue et elle se sentait fondre contre lui. Il la retint de son bras et elle s'agrippa à son épaule solide. Ces lèvres envoutantes, ces lèvres magnétiques allaient lui faire perdre la tête sous les émotions qu'elles créaient en elle. Elles étaient si douces et si fermes en même temps et cette langue, joueuse, curieuse, enivrante.

 

Il laissait parfois s'enfuir un soupir de désir, son corps le brulait, son sang était devenu une lave ardente qui partait de son coeur pour s'insinuer dans chaque parcelle de son être. Il l'aimait à en devenir fou. Il l'aimait à se damner l'éternité entière rien que pour l'embrasser. Elle était pantelante contre lui, complètement abandonnée... déjà vaincu par la force de cet amour surpuissant qu'elle s'avouait enfin. Elle s'offrait sans la moindre retenue, en toute confiance, en toute sincérité... à lui! Le seul homme qui la comprenait, qui la soutenait, qui l'aimait. Ils se laissaient emporter par les vagues d'émotions destructrices qui effaçaient dans cette douceur et cette passion toutes ces années de silence, le monde où ils s'étaient cachés. Ils étaient là, l'un avec l'autre, créant ce nouvel univers, inventant le temps d'un baiser un monde parfait, leur amour.

 

Elle sentait sous ses doigts la peau velouté et chaude de son torse, elle parcourait de ses mains ce corps qu'elle avait cru connaître et pourtant qu'elle découvrait pour la première fois. Sous son passage des millions de micro-décharges incendiaient tout son corps, attisant le désir, exacerbant la tension. Son esprit ravagé par ses sens se laissait attirer par la tentation, par le besoin d'elle. Il l'aimait et avait envie de l'aimer encore plus. Mais par respect pour son amour, pour elle, il décida d'attendre et d'être raisonnable. Il s'arracha à ses bras usant d'une violence extrême contre lui-même pour se contrôler. Il respirait lourdement pour essayer de se calmer, les yeux clos pour se concentrer. Elle le dévisagea interdite, ne comprenant pas vraiment pourquoi il avait cessé de l'embrasser. Elle voulait encore retrouver ses lèvres. Elle s'approcha et effleura sa joue, il eut alors un frisson qui le parcourut tout entier.

André (la voix troublée de désir): Laisse-moi une seconde pour me remettre... Je ne suis qu'un homme Oscar... un homme qui t'aime et qui veut t'aimer...

Oscar (tout aussi troublé que lui... mais tellement innocente): Aime-moi...

 

Il ouvrit ses paupières la capturant ainsi dans son regard hypnotique. Un charme animal, un pouvoir oculte se cachait au fond de ces émeraudes. Elle laissa glisser son regard de ses yeux perçant l'âme à ses lèvres charnues, désirables... ses lèvres humides et rougis par les baisers... ses lèvres qui laissaient s'échapper un souffle torturé du combat qu'il menait avec lui-même pour ne pas lui faire l'amour dans l'instant.

Elle dériva ensuite sur son cou large et sensuel, son cou où les pulsations chaotiques de son coeur malmenaient de façon si érotique les veines, appelant ainsi par leurs mouvements violents à être apaiser par des baisers tendres. Ses yeux butèrent ensuite sur sa clavicule avant de suivre le dessin parfait de son torse, longeant les sillons creusés par ses muscles saillants, découvrant avidement de ses yeux amoureux ce corps mystérieux. Elle fut surprise en arrivant à sa taille et en voyant son modeste pagne soulevé par un renflement inconnu jusqu'alors. Ses joues se colorèrent comprenant qu'il s'agissait de ce qui la séparait du monde des hommes et que ce détail qu'elle avait toujours considéré comme anodin bien que n'en ayant jamais vu, lui semblait soudain comme étrangement grand, dressé fièrement, suggérant à travers le tissu une importance qu'elle ne s'était même jamais douté.

 

Il la regarda pendant qu'elle menait son étude. Elle était si pure et si innocente comme une enfant. Elle était née enfin à la féminité et les signes d'émois qu'elle affichait pour lui était les plus beau cadeau du monde. Ces yeux bleux pleins d'étoiles étaient le plus beau des ciels, ces lèvres roses et humide ressemblaient à des pétales baignés de rosées, ces joues légèrement teintée lui donnaient cette apparente fragilité qui le faisait complètement chavirer. Il déglutit péniblement en rassemblant ainsi tout son courage.

André (troublé): Il faudrait mieux que nous redescendions... avant que je ne devienne fou...

 

Il lui prit la main doucement et l'emmena avec lui vers la porte. Il se ressassait en boucle dans sa tête d'être sérieux, de s'enfuir d'ici avant de commettre l'irréparable, de lui laisser le temps... Elle le suivait docilement, elle l'aurait suivit jusqu'au bout du monde s'il le lui avait demandé. Elle ne voulait plus le quitter... jamais! Ils arrivèrent devant la porte et découvrir que celle-ci ne pouvait s'ouvrir que de l'extérieur. André ferma les yeux et serra les mâchoires pour chercher au fond de lui toutes les brides de conscience qui lui restaient pour ne pas abuser d'elle. Elle sourit devant la porte fermé et le prit dans ses bras en venant déjà chercher ses lèvres.

Oscar: C'est le destin! Aimes-moi!

 

Il y a bien des jours comme ça où les catastrophes se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a bien des jours comme ça où l'on se demande pourquoi? Pourquoi aujourd'hui? Elle restait blotti dans cette douce chaleur... après tout, ça aurait pu se terminer plus mal au vu de comment la journée avait débuté? Aujourd'hui, ils s'étaient avoués leur amour... Aujourd'hui, ils s'étaient aimés passionnément... Aujourd'hui était le commencement de tout!

 

 

20h55 Temps composés

 

Marie-Antoinette était affolée, le spectacle devait commencé et aucune trace d'André. Elle avait beau avoir demandé à tout le monde et personne ne savait où il était. Elle croisa alors le lieutenant de Girodelle.

MA: Lieutenant! N'auriez-vous pas vu Oscar?

Girodelle: Ma foi, non, pas depuis un moment!

MA: Ah quel dommage! Il aurait surement pu me dire où se trouvait son valet!

 

Girodelle sourit en entendant les propos de la reine.

Girodelle (à lui-même): Il a finalement trouvé un moyen de se faire pardonner... Ah comme je l'envie! Mais bon tant qu'elle est heureuse c'est l'essentiel!

 

La reine se retourna vers le lieutenant, elle eut une idée en le détaillant. Il n'était pas mal, il pourrait faire l'affaire pour le spectacle.

MA: Oh lieutenant! Je me disais...

Girodelle (à lui-même):... je n'aime pas du tout ce regard et encore moins quand elle a des idées...

MA: Ne pourriez-vous pas le remplacer ce soir?

Girodelle (à lui-même): c'est ce que je pensais... une idée géniale encore! Mais où va-telle chercher tout ça??? Hummm?? Mais qui vois-je donc arriver... Mon sauveur!

Girodelle: Je m'excuse votre Majesté, ça aurait été avec grand plaisir que d'accèder à votre demande... mais Oscar n'étant pas là, j'ai la charge de la sécurité! … Cependant, je vois Monsieur de Fersen qui arrive vers nous et je gage par avance qu'il sera ravi de satisfaire vos moindres désirs.

 

Il salua avec déférence la reine et parti continuer sa ronde. Fersen qui arrivait innocemment avec un bouquet de fleur pour sa reine ne sut comment échapper au drame de dernière minute qui lui tomba dessus. Comment refuser à son amour qui vous demande les yeux implorants d'être son sauveur? Comment ne pas lui offrir une Saint-Valentin inoubliable en lui faisant don de son corps?

En moins de temps qu'il ne prit pour lui répondre affirmativement dans un couplet fleurit, il se retrouva en pagne sur scène entouré de nymphes. Heureusement pour lui qu'il avait assisté avec sa reine au répétition pour savoir à peu près ce qu'il fallait faire. Que ne ferait-on pas par amour?

Fersen (à lui-même): Oohh ma reine! OOOhhh ma reine!!! Que ne ferais-je pour vous!

 

Fin

 

 

 

 


Commentaires (1)

1. 09/05/2011

franchement bien pour une fic en 2 partie seulement c'est du beau boulot !

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