Fic :Choisis moi !

 

Choisis-moi !

 

 



Il y a bien des jours comme ça où les catastrophes se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a bien des jours comme ça où l'on se demande pourquoi? Pourquoi aujourd'hui? Elle restait blotti dans cette douce chaleur... après tout, ça aurait pu se terminer plus mal au vu de comment la journée avait débuté?



Cette fameuse journée! Ce fichu 14 février 1778! Elle s'en souviendrait encore longtemps! Pourtant comment aurait-elle pu se douter que les choses tourneraient ainsi? Tout avait l'air comme d'habitude ou presque... ses parents étaient parti à Arras passer quelques jours que tous les deux et elle avait donc décidé de rejoindre les cuisines pour prendre son petit déjeuner avec Grand-mère et André comme à chaque fois qu'elle était seule au domaine.



7h00: L'air du temps


A ce moment, sa journée s'annonçaient encore belle. Elle était même encore d'excellente humeur car le ciel de février d'habitude si maussade et gris avait pour une fois adopté la teinte bleu de ces ciels sans nuage et le soleil, bien que timide, perçait de ces rayons après ce long et terrible hiver qui lui avait semblé interminable. Tout avait vraiment l'air d'aller pour le mieux jusqu'à qu'elle chute lamentablement dans les escaliers. Elle avait dévalé plusieurs marches sur son postérieur déclenchant une hilarité irrépressible chez son ami de toujours. Elle se souvenait, c'était exactement à ce moment précis que commença sa longue et inexorable suite de réaction en chaîne.


Elle avait vu André trempé de la tête au pied, ses vêtements lui collant à la peau, le moulant outrageusement, accompagné d'une jeune servante tout aussi trempé que lui qui riait telle une bécasse. N'avait-elle aucune pudeur pour exhiber de la sorte les formes de sa gorge? Focalisé comme elle l'était, Oscar avait malencontreusement raté une marche sous la surprise quand cette dévergondée sauta au cou du jeune palefrenier pour lui voler un baiser. André, trop occupé à observer sa jeune maitresse perdre l'équilibre, ne réalisa même pas le mouvement que fit la servante pour fondre sur ses lèvres et ce ne fut que lorsque celle-ci sans la moindre gêne se coula contre lui qu'il eut enfin la présence d'esprit de la repousser.


Puis la chute! Une mémorable chute! Une chute d'un comique sans nul autre pareil! Oscar, le visage grimaçant à chaque choc qu'amortissait son postérieur, bras et jambes brinquebalants tel un pantin désarticulé. Il ne put s'en empêcher, un rire furieux, un rire puissant, un rire despotique sorti du fond de sa gorge. Elle le fusilla du regard et il sut qu'il allait être bon pour essuyer sa colère tout le reste de la journée. Pourtant qui aurait bien pu réfréner un tel rire en voyant le trop sérieux colonel de Jarjayes dans son uniforme impeccable subir une telle situation, avec pour aggraver les choses l'expression de son visage tout à fait désopilante et une posture à l'arrivée encore plus cocasse que tout ce qui avait précédé. Vraiment, même avec la meilleure volonté du monde, personne mais vraiment personne n'aurait pu retenir cette hilarité. Il souriait encore en avançant vers elle pour l'aider à se redresser.


Elle était encore complètement avachit sur les marches avec le cul au dessus de la tête, une jambe pliée et l'autre étalée, les bras en croix. Il lui tendit la main, mais elle refusa l'aide. Furieuse, elle était furieuse! Le fessier encore douloureux, elle se releva comme si elle ne s'était pas fait mal. De toute façon, elle avait bien plus mal à son orgueil qu'à n'importe qu'elle autre partie de son anatomie. Le regard glacial, les dents serrées, elle invectiva son insolent camarade qui avait osé se moquer.

Oscar: Tu n'as donc rien de mieux à faire que de rire???

André: Oh Oscar, calme-toi! Je ne voulais pas t'offenser...

Oscar: Ohhh! Mais tu ne m'as pas offensé mon cher, mais je constate par contre que de bon matin tu ne semble pas très occupé... Sans doute évites-tu soigneusement Grand-mère pour ne pas l'aider!

André: Pas du tout! Je reviens d'ailleurs du lavoir...

Oscar: Ou tu as plongé tout habillé! Hahaha! Ne sais-tu pas qu'il est plus aisé d'ôter ses vêtements pour les laver!

André: Parce que tu es une professionnelle de la lessive maintenant? Je ne t'ai pourtant jamais vu de ma vie accomplir cette tâche!

Oscar: Grrr... Je n'ai pas besoin de le faire pour savoir comment ça marche!

André: Tu as raison! Mais vois-tu... dans le cas présent, je te vois bien mal placé pour en parler car je gage que tu serais bien incapable de faire ne serait-ce que la moitié de ce que je fais chaque jour!

Oscar: Je n'ai rien à te prouver!

André: Mais j'en suis certain mon maitre!



7h10: Temps de crise


Il l'abandonna et se dirigea vers la cuisine avec à sa suite la petite servante qui elle espérait bien lui rappeler qu'aujourd'hui était un jour particulier pour tous les amoureux.

L'odeur des bons petits pains que préparaient Grand-mère embaumait déjà jusqu'à l'autre bout du couloir. Plus elle avançait et plus son appétit s'ouvrait. Elle sourit mauvaise en imaginant André se prenant des coups de louche par Grand-mère pour son excès de gourmandise. Pour une fois, elle ne le plaindrait pas et elle se réjouirait même de son mauvais traitement.


A croire que ses pensées mesquines devaient être puni, car sa malchance continua dès qu'elle atteignit la cuisine. En passant la porte, elle aperçut Grand-mère en train de déshabiller son chenapan de petit-fils et toutes les domestiques alentours le regard rivé sur lui.

Grand-mère: Enlève-moi ça tout de suite petit chenapan! Tu vas attraper la mort mouillé comme tu es avec ce froid!... Mais que t'es-t-il arrivé pour que tu finisse trempé comme ça?


André, la tête coincée dans la chemise que la vieille femme lui extirpait, essayait de lui répondre en se tordant dans tous les sens pour l'aider à lui ôter le vêtement.

André: Charlotte avait perdu un vêtement dans la rivière et était en train de le chercher... Quand je l'ai vu tombé, je suis juste allé l'aider à le récupérer et à se relever...


BADABOUM! Quand il sorti enfin la tête de sa prison de tissu, il vit Oscar affalée sur une soubrette contre la table de la cuisine, lèvre contre lèvre...

Ce rire encore, toujours ce rire violent, ce rire incontrôlable... Ce n'était pas sa faute, rien qu'à voir leurs visages, rouge de honte pour Oscar et rosé d'émotion pour la jeune fille, il ne put le réprimer. Il était bien le seul avec Grand-mère à savoir que leur jeune maitre était une femme et aux joues roses de la domestique, il devina qu'elle n'était pas du tout indifférente au trop séduisant colonel de Jarjayes.

Oscar se redressa libérant ainsi la jeune demoiselle qui avait adoré comment son maitre s'était montré entreprenant avec elle. Était-ce sa manière de lui signifier qu'il l'avait choisi pour être sa valentine?

Oscar (à la jeune fille): Excusez-moi mademoiselle!


Grand-mère sermonna la domestique qui essuyait le sol à l'entrée.

Grand-mère: Voyons ma fille! Fais attention! Oscar aurait pu se tuer à trébucher de la sorte sur ton balai que tu laisses trainer ainsi!! Que t'arrive-t-il pour être soudainement si tête en l'air?


La jeune fille vira au cramoisie. Ce qu'il lui arrivait...eh bien... Pouvait-elle dire à la gouvernante qu'elle avait manqué de s'évanouir dès que le petit-fils de celle-ci était entrée dans la pièce la chemise trempée? Elle fut sauvé par l'intervention d'Oscar qui détourna l'attention de la vieille nourrice sur André qui riait encore.

Oscar: ANDRE GRANDIER PREND TON EPEE!!! DANS LA COUR TOUT DE SUITE ON VA REGLER CA ENTRE HOMME!


Elle sorti aussi sec fulminant que son ami se moque encore d'elle. André la suivit en pouffant malgré lui. La situation lui avait semblé si burlesque avec cette jeune fille qui affichait tous les signes des grandes amoureuses... Ah si elle savait qu'elle était amoureuse d'une femme! C'était plus fort que lui, cette journée était décidément trop drôle!

Grand-mère: Change-toi avant d'y aller! Tu va attraper froid!

André (encore en train de rire): ça va aller... ça ne va pas durer longtemps, je ne tiendrai pas trois minutes devant Oscar si je n'arrête pas de rire! Hahahaha

Oscar s'échauffait déjà lançant son bras de gauche à droite dans de grands mouvements amples. André la rejoignit et le regard chargé de défi, elle le toisa.

Oscar: EN GARDE!!!!


Toutes les servantes avaient suivit les deux escrimeurs, d'abord parce que leurs combats étaient toujours de véritables spectacles, et puis, ils étaient tout de même sacrément beaux à regarder tous les deux. Surtout celui qui ne portait pas de chemise et dont le pantalon mouillé épousait parfaitement la forme de ses cuisses musclés et de son adorable fessier. Elles s'étaient toutes postées en première loge pour admirer leurs chers amours. Ah si seulement l'un des deux pouvaient s'intéresser un peu à elles... A croire qu'ils étaient de l'autre bord pour leur être si indifférent malgré toutes leurs manigances. Ce matin encore, Charlotte avait fait exprès de se jeter dans l'eau pour qu'il la rejoigne et la prenne dans ses bras. Elle l'avait ensuite embrassé mais avec son stupide maitre qui était tombé, il n'y avait pas prêté attention trop occupé à aider son jeune seigneur.


Oscar fonçait déjà sur son compagnon d'arme, rapide et violente. D'un bond, il évita la lame de justesse qui passa à quelques millimètres de la peau de son ventre. Il la regarda inquiet, elle était vraiment en colère et elle ne plaisantait pas. Il avait vraiment intérêt à se concentrer s'il ne voulait pas qu'elle le découpe en morceau. Elle relançait d'autres attaques, incisives, brutales, d'autres attaques toutes plus rageuses les unes que les autres. Il évitait, paraît, feintait. Très vite, il arrêta de rire pour entrer complètement dans le combat. Des échanges de plus en plus puissants et techniques se succédaient. Le bruit du métal, qui s'entrechoquait, formait une étrange mélodie qui couvrait les chants d'amour des oiseaux.


Les spectatrices regardaient admiratives les deux épéistes. Leur jeune maitre, d'une élégance sans égale, qui maniait l'épée comme si elle faisait partie intégrante de lui-même et le beau valet, robuste, sensuel... et ce corps... ce corps tellement viril... ce corps où les muscles saillants roulaient sous la peau à chacun de ses mouvements. Elles retenaient leurs souffles à chacune des dangereuses attaques, applaudissaient quant par une parade ingénieuse l'un ou l'autre esquivait. Mais le temps des rêveries devait se terminer. Grand-mère passa la tête par la fenêtre et hurla d'une voix tonitruante à toutes les jeunes filles qui gloussaient et bavaient littéralement devant les bretteurs.

Grand-mère: CE N'EST PAS BIENTÔT FINI???


La voix fit trembler toute l'assistance et André qui était un peu moins concentré qu'Oscar se retrouva désarmé dans la seconde. Oscar jubilait et ne manqua pas de le faire savoir à son adversaire. Elle riait d'avoir profiter de l'intervention de sa nourrice pour clore de façon si royal leur duel. André plissa les paupières en la dévisageant et fonça sur elle à main nue pour la surprendre. Ils décollèrent tous les deux quand leur corps entrèrent en contact et ils allèrent s'écraser tous les deux dans l'eau trop fraiche de la fontaine.


Il était complètement allongé sur elle, imbriqué aurait même été un terme plus juste pour qualifier la position qu'ils avaient, la tête immergée nichée dans son cou, le torse collé au sien, les hanches et son... calé entre ses cuisses. Pour la deuxième fois de la matinée, les joues d'Oscar se colorèrent, cette proximité de leur corps et cette posture était troublante. André émergea des flots, le visage dégoulinant, les gouttes d'eau tombant de ses mèches folles, glissant sur l'arrête de son nez droit, s'égarant sur ses lèvres généreuses. Pourquoi le regardait-elle ainsi? Et lui? Que voulait dire ce regard?


Il se redressa au plus vite avant que ce contact électrisant ne déforme son pantalon mouillé malgré la fraîcheur. Il se releva passant une main dans sa chevelure brune pour chasser l'excès d'eau qui y demeurait. Toutes les jeunes femmes restèrent pétrifié sous ce tableau. Éros! Ce jeune homme était le digne représentant d'Éros sur terre. Oscar, elle-même, avait les yeux rivés sur lui. Depuis quand son ami d'enfance avait-il acquis un tel physique charpenté? Des épaules larges, des pectoraux dessinés, un ventre plat, des hanches étroites... Qu'était donc ce renflement là? Quand ils étaient petits, cela ne lui avait pas sembler si grand... Comment se faisait-il qu'il ait tant changé tandis qu'elle était resté tellement la même? Enfin presque, quelques formes par ci par là, mais rien d'aussi impressionnant comme André. Il ressemblait vraiment à un homme! Depuis quand? Il était troublé, plus qu'il n'aurait dû. Il était conscient qu'elle le regardait et qu'il devait adopter une attitude plus en accord avec son rôle « d'ami ». Aussi, naturellement il lui offrit un sourire espiègle comme lorsqu'ils étaient enfants et proclama fièrement qu'il avait gagné.

Il savait que sa dernière manœuvre allait lui couter cher, mais elle était préférable au fait que ses sentiments ne soient démasqués. Elle était à nouveau prête à repartir au combat. Il ne la connaissait que trop bien, il savait exactement comment piqué au vif son adorable Oscar pour la détourner de toutes questions embarrassantes. Néanmoins, il décida de désamorcer le conflit entre eux en lui tendant la main pour l'aider à se relever.

André: Allez... sortons de là avant que Grand-mère ne vienne nous chercher! La journée a si bien commencé ça serait dommage qu'elle tourne au drame... non?


Oscar grommela à voix basse quelques mots peu gracieux. Une journée bien commencée? Elle se demandait bien pour qui. Car pour le moment, elle avait l'impression de se débattre en plein cauchemar. Elle attrapa la main que lui tendait André, mais au lieu de se relever, elle le tira le faisant ainsi basculer à nouveau dans l'eau de la fontaine. Elle explosa de rire de son mauvais coup et se décida enfin à sortir de l'eau.

Oscar: C'est moi qui ait gagné!


Peste! Petite peste! Il lui aurait bien réglé son compte, mais il savait que toute riposte conduirait forcément à une vengeance et donc à envenimer la situation. Il se contenta de la foudroyer de son regard perçant tout en serrant les dents. Puis, une seconde après, la regardant dégoulinante avancer vers le château, il rit de bon cœur en voyant l'état dans lequel il l'avait mise.


Une jeune femme qui avait échappé à la vigilance de la vieille gouvernante approcha de lui pour lui apporter une serviette. Il lui sourit aimablement, ce qui eu le don de faire fondre la demoiselle qui était tombé follement amoureuse de lui depuis le premier jour où elle était arrivée dans ce château. Depuis le premier jour, elle inventait tous les moyens possible et inimaginable pour l'approcher ou pour lui être agréable.

André: Merci Nathalie! Tu es vraiment adorable avec moi!


Puis, ne ratant aucune occasion de le toucher, elle l'aida à se sécher. Savait-il que d'être si proche la rendait complètement dingue? Que lui fallait-il pour se rendre compte qu'elle existait? Elle laissait ses yeux glisser sur ce corps désirable en tout point. Elle se mordait la lèvre inférieure en se l'imaginant rien que pour elle. Contrairement à tous les autres membres du personnel de Jarjayes, elle avait deviné que son tendre amour nourrissait une affection pour cet « Oscar » censé être un homme. Car on ne la lui faisait pas... elle savait bien que le « fils » du Général n'était pas un homme... les hommes, elle savait les reconnaître entre mille. Même si pour l'instant, le seul homme qui l'intéressait était justement sous ses doigts.



8h17: Le temps presse


André et Oscar avaient rejoint leur chambre respective pour enfiler des vêtements secs. Oscar en redescendant les marches priait pour que le reste de sa journée se passe mieux. André quant à lui finissait son petit déjeuner tout en subissant les remontrances de sa Grand-mère pour avoir causé par son fou rire un tel désordre.


Oscar s'assit en face de lui à table et commença à manger en silence lui signifiant ainsi sa mauvaise humeur. Comme toujours aussi affable, il tenta de la décrisper en lançant la conversation sur un sujet léger.

André: Alors quel sera notre programme pour la Saint-Valentin? Tu penses que Marie-Antoinette va finalement jouer sa pièce en l'honneur de l'amour ce soir?

Oscar (taciturne): Hélas, il y a de grande chance...

André: Vraiment, je me demande pourquoi elle s'obstine chaque année à monter ce genre d'évènement. Il faudrait qu'elle se fasse une raison et qu'elle cesse de se prendre pour un metteur en scène!

Oscar: Tu as décidé de retourner le couteau dans la plaie?

André: Non je voulais juste parler...


Charlotte venait de finir de nettoyer le salon, elle rangeait ses seaux pour rejoindre la cuisine et pouvoir enfin lui parler. Depuis le duel, la gouvernante n'avait pas lâché les petites soubrettes en leur ajoutant toutes les cinq minutes une nouvelle corvée et elle désespérait de pouvoir inviter ce soir son bel André. Elle voyait l'heure avancer et se disait bien qu'il risquait de partir d'un moment à l'autre avec le maitre pour Versailles. Cependant, Nathalie qui avait eu la même idée, remarqua que sa concurrente avait terminé sa tâche. Elle tira alors sur le tapis, ce qui décala le seau que la malheureuse Charlotte se prit dans le pied. Pour la deuxième fois de la journée, elle se retrouva trempé et pire, elle devait recommencer son nettoyage. Nathalie passa innocemment près de sa rivale et la devança en cuisine.


Elle pu se féliciter d'être arrivé à temps, car le beau palefrenier quittait justement la table au moment où elle entrait. Il lui rentra dedans tant leur synchronisation était parfaite.

Oscar observa du coin de l'œil la scène, les joues roses de la jeune femme, les yeux brillants, les mains presque « innocemment » posées sur le torse de son ami. Que pouvait-elle bien lui raconter pour qu'il lui sourit ainsi? Oscar recracha son chocolat de surprise quand elle le vit posé un délicat baisé sur la joue de la jeune femme. Il se retourna vers son amie d'enfance intrigué. Elle sourit bêtement.

Oscar: J'ai avalé de travers...

André: Prends ton temps, nous ne sommes pas si en retard... je file préparer les chevaux!

Nathalie: Me permets-tu te t'accompagner un peu?

André (souriant): Bien sûr si tu veux!



8h52: Le temps des fleurs


Nathalie sautillait de joie intérieurement, elle le dévorait du regard et lui pauvre inconscient ne se rendait compte de rien. Dès qu'ils furent seuls dans l'écurie, elle se dit que c'était le moment idéal avant qu'il ne parte pour l'inviter à passer la soirée avec elle. Elle était posté juste derrière lui admirant son dos sculpté, devinant malgré le tissu la musculature développé de cet Apollon. Elle attendait patiemment qu'il soulève la selle de son cheval. Elle scruta son visage quand il découvrit le petit paquet et la rose coincée derrière.

André: Mais qu'est ce que...?

Nathalie: Juste une petite chose de rien du tout que je voulais t'offrir...

André: Quoi? Euh?... Mais... pourquoi??

Nathalie: Je ne sais pas... juste pour te montrer que je t'apprécie...

André: Tu m'apprécie??

Nathalie: J'aurais même envie de dire plus que ça... mais accepte plutôt mon cadeau...


Il s'attarda d'abord sur la rose d'un rouge éclatant, il resta quelques secondes humant le parfum entêtant de cette fleur tout en fixant la demoiselle. Puis, il lui offrit un sourire, un sourire qui la transperça de bonheur. Devant lui, elle était immobile, un peu intimidé... mais dans sa tête, elle faisait des bonds dans tous les sens. Elle pensa que ce jeune homme aimait vraiment la provocation à la regarder ainsi et à lui sourire, pour moins que ça elle était prête à le violer dans la seconde et à l'épouser de force s'il le fallait! Il ouvrit ensuite le paquet découvrant un petit pendentif qu'il prit entre ses doigts.

André: Je ne sais que te dire... Merci!


Elle lui prit la petite chaine des mains et l'attacha autour de son cou. Ses mains le frôlaient et elle se laissait enivrer par l'odeur de sa peau. Il se pencha pour embrasser sur la joue la jeune femme, mais elle ne voulait pas d'un chaste baiser. Elle tourna la tête à la dernière seconde et captura ses lèvres. Il eut alors droit à un baiser passionné comme jamais il n'y eut droit avant. C'est que la petite Nathalie savait ce qu'elle voulait. Après tout ne dit-on pas qu'on a qu'une seule chance de faire une première bonne impression, d'autant plus qu'il était loin d'être désagréable d'embrasser ce jeune homme. Elle mit tout son cœur dans ce baiser. Oh qu'elle aimait ses lèvres, elle en avait rêvé des nuits entière! Combien de fois n'avait-elle pas écouté un traitre mot de ce qu'il lui disait tant elle était obnubilé par cette bouche, sensuelle, généreuse, réelle aphrodisiaque à elle seule. Il était l'égérie parfaite de l'amour, la fête de la Saint-Valentin n'avait-elle pas été crée que pour lui rendre hommage?



9h04: En temps de guerre


Plus elle l'embrassait et plus il se laissait faire. Elle avait d'abord commencé timidement à lui caresser les joues, puis à glisser ses mains sur son cou. Elle s'accrochait à lui pour ne pas tomber, ses jambes étant devenu du coton. La sentant presque défaillir, il l'avait retenu en la serrant de son bras et elle cru alors que son cœur allait exploser d'avoir son corps ainsi collé au sien. Cupidon était venu! Le bonheur! Elle était sur un nuage... et l'orage éclata!

Oscar: BORDEL DE FOUTREDIEU... ESPECE DE DON JUAN DE LA PISSOTIERE!!! TU N'AS PAS QUE CA A FAIRE QUE DE CONTER FLEURETTE DANS LES ECURIES???


Nathalie la foudroya du regard. Encore « Elle »! Cette satané courge blonde n'avait-elle donc rien de mieux à faire dans un moment pareil plutôt que de les déranger? André voyant Oscar à la porte réalisa dans quelle posture elle l'avait trouvé. Il relâcha aussitôt la demoiselle et demeura aussi immobile et froid qu'un cadavre. La jeune femme manqua de perdre l'équilibre quand le bras robuste la libéra. Diable qu'elle détestait cette idiote! Cette Oscar était un véritable iceberg! La seconde d'avant il était brûlant et sensuel... et paff! Nunuche arrive et il se transforme en pantin indifférent!

Nathalie (a elle-même): T'as de la chance de bien savoir manier l'épée ma mignonne... sinon je t'aurais provoqué en duel!!! (bah quoi??? Amoureuse mais pas suicidaire non plus! )


André penaud baissait les yeux comme s'il avait commis la pire des bêtises. Il s'excusa sommairement auprès de la jolie servante et se retourna seller les chevaux. Nathalie plissant les yeux toisa la colonelle. Elle n'abandonnerai pas si facilement! Avant de quitter l'écurie, elle se pencha vers André qui fixa les attache aux chevaux et lui murmura discrètement quelques mots.

André (murmurant): Je ne pourrais pas... je... je... je m'excuse!

Nathalie (murmurant): Je t'attendrais au cas où tu changerais d'avis...


Oscar la regarda partir, elle avait la mâchoire tellement serré qu'elle aurait pu se briser les dents. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle enrageait d'avoir vu cette trop jolie servante collée aux lèvres de son ami.



10h23: Un temps de retard


Cela faisait bien trente minute qu'Oscar était arrivée au château et toujours pas la moindre trace de son lieutenant. Elle avançait le pas rapide dans les couloirs de Versailles, les poings crispés, le regard orageux. Ah! Il avait bien choisit son jour celui-la pour arriver en retard! De tous les jours de l'année, il fallait que ça tombe aujourd'hui! Ainsi donc lui aussi l'abandonnait et se liguait à la folie générale pour faire de sa vie un enfer. En retournant vers son bureau, elle l'aperçut sortant d'un salon. Visiblement, il ne l'avait pas vu. Le jeune homme hâtait le pas en se dirigeant vers le bureau de son supérieur tout en terminant d'attacher sa veste d'officier et en redonnant un peu de discipline à sa chevelure bouclé.

Oscar (à elle-même): Alors on joue à cache-cache Girodelle?


De l'autre bout du couloir, elle appela de sa voix de bronze le lieutenant qui se statufia comme s'il était pris en flagrant délit d'un crime horrible. Il se retourna lentement, la vit approcher et soupira. Son colonel était encore de méchante humeur, il allait en prendre pour son grade.

Oscar: Alors Girodelle? On se permet d'arriver en retard?

Girodelle: Humm, en fait...

Oscar: Et d'avoir de surcroit une mise débraillé!


Le jeune homme rougit jusqu'à la pointe de ses boucles soyeuses. Il tenta discrètement de fermer les derniers boutons de sa veste. Oscar s'approcha et d'un geste sec tira sur le col de la chemise dévoilant ainsi quelques traces de rouge à lèvre mal effacées sur la peau de son cou.

Oscar: Vous vous amusiez sans doute?

Girodelle (reprenant son aplomb): Voyons mon colonel... C'est la Saint-Valentin! On ne peut rien refuser à une femme en ce jour, surtout quand elle vous offre de l'amour!

Oscar: De l'amour? Et telle est votre justification?

Girodelle: N'est-elle pas la meilleure raison qui soit pour justifier toutes les folies des hommes?

Oscar: Baliverne! Allez diriger l'exercice! Le jour où l'amour sera une raison suffisante, c'est que j'aurais perdu la raison!

Girodelle: Alors je vous souhaite folie et déraison, car quelle est le goût de la vie sans un peu de passion?

Oscar: FILEZ!


Il n'essaya pas d'étayer davantage sa réponse. Rien ne servait de parler à une jeune pucelle, surtout quand celle-ci était votre chef et qu'elle affichait une colère non dissimulée. Il lui jeta un dernier regard avant de partir. Quelle dommage! Il lui aurait volontiers montrer quelques aspects du bonheur d'aimer... Une si jolie bouche! Oh oui! Il lui aurait de bonnes graces démontré que l'amour est la plus exquise des folies.



10h48: Temps à l'orage


André cherchait Oscar depuis presque trois quart d'heure quand il aperçut le lieutenant dans la cour.

André: Dites-moi Girodelle, n'auriez-vous pas vu Oscar ce matin?

Girodelle: Si et d'ailleurs, je me demande bien ce que vous lui avez fait pour qu'elle soit d'aussi mauvaise humeur!

André: Moi? Mais je ne lui ai rien fait!

Girodelle: Ne faites pas l'innocent... il n'y a que vous qui puissiez nous la mettre dans cet état là!

André: Elle est belliqueuse depuis le réveil...

Girodelle: Arrhh! Offrez lui des fleurs pour vous faire pardonner, même si vous ne savez pas quoi!

André: Des fleurs pour Oscar???

Girodelle: Ah oui c'est vrai! Offrez-lui une épée ou un poignard!

André: Bonne idée! Elle sera ravie de l'essayer sur moi!

Girodelle: En tout cas faites quelques choses car je la vois arriver et l'orage gronde encore plus fort semble-t-il!... Bon, je vous abandonne à votre affaire. Faites vous pardonner!


André tourna la tête pour suivre le regard de l'officier. Il ne mentait pas, Oscar avait l'air déchainé. André soupira en pensant qu'il lui aurait fallu une bonne guerre pour qu'elle se défoule. Aujourd'hui c'était la saint-Valentin, le jour de l'amour, et sa bien-aimé avait déclaré la guerre au ciel, à la terre et puis surtout à lui...


En arrivant à leur niveau, Girodelle s'empressa de se mêler à ses hommes pour superviser l'exercice, abandonnant ainsi André aux griffes de la belle mais non moins terrifiante colonelle. Oscar jeta un coup d'œil courroucé à son lieutenant, puis se concentra à nouveau sur son ami d'enfance.

Oscar: Tu en as mis du temps pour attacher les chevaux! Sans doute t'étais-tu encore oublié à folâtrer dans quelques bottes de foin!

André: Je te cherchais... Mais bon... je suppose que tu t'es battu à voir l'état de tes vêtements...

Oscar: Ne m'en parle pas des hystériques!!! Les courtisanes sont vraiment démoniaques!

André: Pardon?

Oscar: Ces folles m'ont tendus un piège pour m'embrasser de force!!! Aahh Si elles avaient été des hommes, je les aurais pourfendu pour moins que ça!

André: Elles s'y sont mises à plusieurs?

Oscar: Faut croire à la théorie de la conspiration! J'aurais mieux fait de me faire remplacer aujourd'hui!... Saint-Valentin! Saint-Valentin! Je vous le jure... une Saint-Valentin inoubliable!!! Je me demande ce qui va encore bien pouvoir m'arriver de pire pour me gâcher la journée!

André: Le spectacle de la reine...?

Oscar: Aarrrgh! Ne me parles pas de malheur! Allez! Viens on a du travail avec cette stupide représentation!


André emboita le pas à Oscar. Il essayait de se faire discret car sa belle était bien trop dangereuse quand elle arborait cette mine sévère. La meilleure solution était de se faire oublier et d'attendre que le calme revienne.



16h02: Le temps des braves


Oscar venait de terminer les plans pour la sécurité autour des bâtiments pendant le spectacle de la reine. Elle quitta donc son bureau pour faire une ronde et prendre les compte rendu des différents soldats. André attendait depuis plusieurs heures assis dans le couloir. Il était à moitié somnolent quand elle ouvrit la porte et qu'elle surprit deux jeunes soubrettes à l'angle du couloir dévisageant son ami et gloussant comme deux dindes. Elle les trouvait pathétique! Toute cette euphorie! Toute cette comédie pour cette stupide fête! Pourquoi tous les gens se laissaient-ils ainsi emporter? Fête de l'amour romantique? Elle avait plutôt l'impression avec toute cette débauche d'être de retour dans la Grèce antique où l'on célébrait l'amour physique. Était-ce les premiers rayons du soleil qui perçaient enfin ce ciel hivernal qui les rendaient ainsi? Elle ne pouvait nier qu'elle trouvait touchant les gestes qu'avaient ses parents ce jour là, les bouquets de roses qui louaient l'amour ou les billets doux surpris entre deux amoureux. Mais tout ceci n'était pas pour elle. Tout ceci n'était que fadaise, car la médiocrité de l'homme corrompait cet amour dans la chair.

Elle toisa les jeunes femmes qui s'éclipsèrent aussitôt, puis sans même attendre son ami, elle parti. Il dut se dépêcher de se lever pour la suivre. Il remarqua aisément que son humeur ne s'était que très peu adoucit et qu'il était donc préférable de ne faire aucun commentaire.


En approchant des appartements royaux, Oscar se retrouva immédiatement assailli par plusieurs courtisanes qui attendaient toutes son passage pour la croiser. Ainsi, dès que le bel officier apparut, elles se ruèrent sur elle faisant-fi des bonnes manières et de toutes discrétions. Oscar cru bien d'ailleurs un moment être entré en plein champ de bataille tant ces dames mettaient de l'ardeur dans leur bousculade pour évincer les autres prétendantes. André l'extirpa de la mêlée faisant rempart de son corps et écartant les furies que rien ne semblaient pouvoir arrêter. Oscar avait l'impression que chaque année allait de mal en pies, que plus elle leurs était indifférente et plus elles s'acharnaient pour essayer de la séduire.


Ce ne fut qu'après avoir joué des coudes que l'officier et son valet réussirent à atteindre les appartements royaux. Marie Antoinette comme toujours rayonnante en ce jour d'amour riait entouré de sa suite. Tous s'amusaient dans cette ambiance légère, lançant joyeusement des pétales de roses sur les jeunes femmes célibataires. Le jeu, semble-il, consistait comme au temps ancien à choisir par le sort l'amour de sa vie. Tantôt une femme, tantôt un homme tournait et se retournait les yeux bandés avançant à tâtons jusqu'à saisir quelqu'un et lui offrir alors une rose rouge comme l'amour.


Fersen, le premier, remarqua l'arrivée de l'officier et vint le saluer. Oscar ne pouvait s'empêcher de poser un regard tendre sur lui, un regard qui n'échappa pas à son ami de toujours. André demeurait statique et muet, scrutant chaque détail, chaque infime réaction. Il se lacérait le cœur en comprenant qu'elle aimait ce Don Juan Suédois, comprenant qu'elle ne le verrait jamais lui son ombre fidèle comme un homme. Marie Antoinette les rejoignit pimpante, un bandeau à la main.

MA: A votre tour Oscar!! Choisissez votre Valentine!

Oscar: Majesté, je ne suis là que pour veiller à votre sécurité... Permettez-moi de refuser de participer au jeu...

MA: Non non non! Oscar! S'il vous plait! C'est follement amusant et cela ne vous engage en rien... Votre heureuse élu ne le sera que le temps du jeu!!! Et qui sait peut-être que le destin vous ouvrira enfin les yeux sur votre véritable amour...


Marie Antoinette accompagna ses mots de grands battements de cils et pressa chaleureusement la main du bel officier.

Fersen: Voyons Oscar, cela ne vous prendra qu'une minute pour faire plaisir à notre reine! J'y ai moi-même joué! Ce n'est pas si terrible pour un brave tel que vous!

Oscar: Soit, puisque vous insistez tant, je me plierai à votre volonté majesté...


Marie Antoinette banda elle-même les yeux d'Oscar et joyeusement la fit tourner. Toutes les dames autour se mirent à piailler pour essayer d'attirer l'attention du trop charmant colonel.

Courtisanes: Choisissez-moi! Choisissez-moi!


Oscar tournait, tournait et avait complètement perdu le sens de l'orientation. Elle se mit ensuite à avancer d'un pas hésitant, maudissant encore d'avoir encore céder aux caprices de sa souveraine. Elle espérait au moins que la dame choisi ne l'importunerait pas trop. Elle s'était d'avance promis de jouer à ce jeu et de s'enfuir directement après pour reprendre des activités plus « normale ». Elle tâtonnait, oscillant de gauche à droite, déclenchant ainsi des soupirs chez toutes les dames se trouvant non loin des mains gracieuses du beau colonel qui se détournait en dernière seconde. André dans son coin à l'écart se mit à rêver, rêver d'une autre vie, rêver qu'elle l'aimasse au moins un peu. Il avait clos les paupières se désintéressant complètement de cette nouvelle animation. Il ne savait que trop bien comment réagirait l'heureuse élue. Devrait-il intervenir pour empêcher la dame de couvrir de baiser son Oscar? Il sourit en y imaginant la scène et se mit à penser « Choisis-moi! ».


Il fut sorti de sa rêverie par un choc. Oscar venait de lui atterrir dans les bras. Tout aussi surpris l'un que l'autre de cette accrochage imprévu. Oscar souleva son bandeau découvrant ainsi le « choix du destin ». Il la regardait avec des grands yeux ouvert, il ne s'attendait tellement pas à ce que son souhait se réalise. Elle se redressa promptement, les joues en feux de s'être retrouvé dans les bras de son meilleur ami devant du monde, quelle étrange farce que ce jeu pour la pousser ainsi sur André.

MA: Oh Oscar! Mauvais joueur!!! Je suis sûr que vous l'avez fait exprès pour ne pas avoir à choisir une dame!

Oscar: Vous m'avez percé à jour madame! Ces jeux ne sont pas pour moi et les rixes qu'elles induisent par le caractère hasardeux encore moins. Permettez que je me retire reprendre mes fonctions!

MA: Oscar, vous n'allez pas nous quitter si vite! J'ai justement besoin de vous!

Oscar: De moi? Que puis-je faire pour vous?

MA: J'ai besoin de vous pour ma pièce!

Oscar: Je regrette de ne pouvoir accéder à votre demande Majesté mais ma présence est requise pour superviser la sécurité ce soir.

MA: Mais il me manque quelqu'un pour jouer le rôle de Lupercus! Comment allons-nous faire??

Courtisane: Peut-être que le Colonel pourrait avoir l'amabilité de nous laisser son valet!

Oscar: André?!? Mais... Euh...

MA: Excellente idée!!! Il sera parfait pour le rôle, j'en suis sûr! Vous êtes d'accord colonel??

Oscar: C'est à dire que j'ai besoin d'André pour...

MA: Oscar! Essayez-vous de me dire que vous refusez de m'aider?

Oscar: Non Majesté... Ce n'est pas ça... mais...

MA: Tant mieux!


Marie Antoinette se retourna aussi sec vers André.

MA: Je suis ravie que nous ayons trouvé cette solution... vous serez parfait dans ce rôle!

André: Mais euh...

MA: totototo! Suivez-nous! Vous verrez votre rôle est simple mais fondamentale!


Oscar regarda son ami d'enfance ce faire enlever par une bande de vieille godiche surexcitée. Elle le plaignait un peu, mais d'un autre côté n'avait-il pas amener la guigne sur eux en parlant de malheur pour la représentation de la reine? Elle l'abandonna alors à son sort, se disant qu'elle essayerait de le secourir un peu plus tard en inventant une excuse. En attendant, il devrait se résoudre à subir cette petite corvée, car Marie Antoinette semblait bien décidé à réquisitionner quelqu'un.



17h36: Le temps des rois


Oscar revint une demi-heure plus tard. Elle espérait que la reine ait changé d'avis et qu'elle puisse ainsi libérer son ami de ce triste sort. Dans la grande salle du petit Trianon avait été monté une estrade pour le spectacle, Oscar s'approcha essayant d'apercevoir son ami entre toutes les jupes de ces dames qui se pressaient de gauche à droite pour satisfaire les caprices de leur souveraine. Pas la moindre trace d'André. Elle avança ensuite dans les coulisses, plusieurs jeunes demoiselle vêtue de robes vaporeuses étaient attroupés derrière les grands rideaux. Elles tournaient, dansaient et se pressaient contre un homme... presque nu! Elle se décrocha presque la mâchoire en réalisant que l'homme dévêtu au milieu de cette horde de femme n'était autre que son André!

Oscar: André?!


Il se retourna vers elle, un peu gêné de sa tenue. Qu'allait-elle imaginer surtout avec toutes ses femmes qui ne voulaient pas le lâcher?

Oscar: Mais que fais-tu???? Habilles-toi! C'est indécent!!!


Marie-Antoinette qui passait par là entendit les propos d'Oscar.

MA: Oh Oscar! Enfin, vous voilà!! Vous allez pouvoir nous aider!

Oscar: Moi?... (gloups! elle craignait déjà le pire... devrait-elle, elle-aussi se déshabiller?)

MA: Oui vous! André refuse de sortir de là! Faites lui entendre raison!

Oscar: Majesté c'est compréhensible qu'il refuse de sortir... il est nu!

MA: Mais non, ne voyez vous pas qu'il porte des peaux de chèvre?

Oscar: C'est indécent... ce n'est qu'un pagne!

MA: Ohhh mais c'est pour son rôle! Croyez-vous que Lupercus, le dieu de la fertilité, est couvert comme un moine?

Oscar: Lupercus... rien que ça!

MA: Oscar, n'avez-vous pas lu le thème de cette année? La Saint-Valentin dans la Rome Antique! Il est parfait pour le rôle, ses cheveux bruns donne un côté très sauvage pour symboliser la part animale, il a un côté doux et protecteur et il a un physique tout à fait approprié pour représenter le dieu de la fécondité...

Oscar: Certes... mais... euh...


Voyant qu'Oscar était tout aussi difficile à convaincre que son ami, la reine décida de se passer de son aide.

MA: Mes demoiselles! Allons! Tous en place!!! André vous-aussi!


André fut obligé de se plier à cette comédie. Dieu qu'il se sentait mal à l'aise, il avait l'impression que tous les yeux étaient rivés sur lui. Il avançait sur la grande estrade et tout autour de lui déambulaient gracieusement de belles jeunes femmes. Les robes vaporeuses se soulevaient à chaque petits sauts. Elle tournoyaient tout autour de lui comme autrefois les femmes des villages venaient demander la bénédiction de ce dieu pour l'enfantement. L'une après l'autre, elle glissait contre lui, posait une main sur le torse musclé ou le long de son dos, suivant de leur doigt les lignes parfaites de ce corps si viril.


Il n'avait pas totalement tord quand il se sentait observé, toutes les femmes présentent arrêtèrent immédiatement leur tâches quand il apparut sur scène. L'œil rempli de convoitise, elles détaillaient ce jeune Apollon qui dévoilait sous leur regard un corps si... si électrisant. Oscar, elle-même, ne put s'empêcher d'être comme toutes les autres irrémédiablement attirée par cette apparition, son cou si fort, ses épaules robuste, les muscles de ses pectoraux et de son ventre saillants. Tout en lui suggérait sensualité et force. Tout en lui inspirait le désir! Oscar dû rapidement cesser sa contemplation, car Fersen vint la rejoindre.

Fersen: Je pense que ce spectacle va être une grande réussite!

Oscar (balbutiante): Ou-Oui...euh

Fersen: André se débrouille vraiment bien, il est parfait pour le rôle et toutes les autres actrices sont ravies d'avoir eu un aussi charmant remplaçant! Vous n'imaginez pas la panique tout à l'heure quand nous avons appris que le principal acteur était blessé et qu'il ne pouvait pas jouer. Personnellement, je trouve même André encore mieux que le gringalet initial.


Elle avait le feu aux joues, il est clair qu'André n'avait rien d'un gringalet. Mais que lui prenait-il de le regarder ainsi? Elle le connaissait depuis toujours... il était son meilleur ami... Et qu'était cette chaleur qui semblait s'être diffusé dans tout son corps quand elle l'avait vu « presque » nu? André la fixait le regard sombre et l'âme en peine. Il avait cherché son regard pour se rassurer, pour avoir son soutien dans son humiliation, et que voyait-il? Elle, les joues roses, avec Fersen! Que ne pouvait-il pas la mettre dans un tel émoi! Lui était condamné à être un invisible, peu importait les circonstances. Même sous les feux de la rampe, même au centre d'une estrade, il n'était personne pour elle... Il eut le cœur lourd à cette constatation, le cœur qui saigna encore de son amour sans retour.



18h24: Le temps des cerises


Nathalie ayant terminé ses corvées à Jarjayes avait décidé de rejoindre André à Versailles. Toujours pleines de ressources, elle avait réussi à convaincre le garde à l'entrée qu'elle était une nouvelle soubrette remplaçante, cousine de la sœur de l'oncle de celle de Madame de Polignac. Elle avait sorti ce nom un peu au hasard se souvenant avoir entendu André le prononcer une fois. Le garde la regarda un peu suspicieux, mais l'air détaché qu'elle afficha fini de le convaincre. Du coup, elle se glissa à l'intérieur du château et commença ses recherches.


Sans trop de peine, elle trouva les écuries. Cela dit, elle n'avait pas eu besoin de beaucoup de jugeote pour découvrir cette endroits, vu qu'il lui avait suffit de suivre un palefrenier qui menait justement la monture de son maitre là-bas. Elle longea tous les box en espérant y trouver André, mais elle ne tomba que nez à nez avec un vieux monsieur.

Paul: Salut ma jolie, moi je m'appelle Paul! Tu me cherchais?

Nathalie: Paul!? Vous connaissez André, le valet du colonel de Jarjayes...

Paul: Bien sûr, c'est une gentil garçon, toujours serviable


Au louange que faisait cet inconnu sur son André, Nathalie eut le cœur qui se gonfla de fierté. Il était donc tout aussi gentil en dehors de Jarjayes... ce garçon était décidément un ange! Les yeux pleins d'étoile, elle questionna Paul pour savoir où se trouvait son cher amour. Après un entretien court mais fort efficace, elle se dirigea vers le Trianon. Le vieux Paul ne put s'empêcher de lorgner sur la silhouette gracile qui s'éloignait et d'envier André pour tous les cœurs qu'il trainait derrière lui sans le savoir. Quoique cette petite avait l'air assez dégourdi, peut-être arriverait-elle à le dévergonder un peu...


En arrivant aux abords du Trianon, Nathalie remarqua la sécurité qui entourait le bâtiment. Elle se dit qu'aucun attaquant ne pourrait percer ces défenses. Elle soupira se voyant déjà contrainte à rebrousser chemin ou à attendre qu'il sorte du petit château quand elle aperçut la carriole du fleuriste. Discrètement, elle s'approcha et s'empara de plusieurs bouquets. Complètement camouflés par les fleurs, elle suivit d'autres domestiques jusqu'aux portes réservés aux laquais. Les gardes près des portes ne prêtèrent pas la moindre attention à elle, trop habitué à voir ces va et viens incessants de fleurs et de victuailles dans ces jours de fêtes.


Dès qu'elle fut à l'intérieur, elle abandonna son chargement et parti à la recherche de son amour. En étant entrée par la porte de derrière, elle fut en première loge pour le voir quitter la scène. Elle crut qu'elle allait défaillir en le voyait apparaître devant elle, le torse huilé mettant en valeur le dessin remarquable de son anatomie, le regard mi-triste, mi-coléreux qui renforçait l'aspect hypnotique de ses yeux. Seulement à sa suite jaillirent une douzaine de jeunes femmes qui se précipitèrent sur lui.

Nathalie (à elle-même): Mais c'est quoi ces dindes qui se prennent pour des cygnes et qui se permettent de tourner autour de mon André?


En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, Nathalie arriva à la rescousse du pauvre jeune homme qui ne savait plus par quel bout commencer pour s'écarter de ces demoiselles qui lui témoignaient un intérêt certain. Elle se faufila au milieu de la mêlée et enlaça le jeune homme. Puis proclama haut et fort: « Poussez-vous! C'est mon Valentin! ». Devant l'autorité de la petite demoiselle qui était solidement accroché au cou d'André, les autres battirent en retraite réalisant que cet Apollon n'était pas disponible. André eut un soupir de soulagement quand enfin, il put respirer.

André: Merci... quelle idée formidable de leur dire ça! Elles y ont cru!

Nathalie (à elle-même): moi aussi j'y ai cru!

André: Mais que fais-tu ici? Comment as-tu réussi à entrer?

Nathalie: Ce que l'amour peut faire, l'amour ose le tenter... (Shakespeare, Roméo & Juliette)


Il lui sourit tendrement en entendant cette réponse si touchante.

André: Nathalie, je ne veux pas te faire de peine, mais...

Nathalie: Tu as quelqu'un dans ta vie...

André: Exactement!...enfin en quelques sortes...

Nathalie: Et cette personne c'est Oscar de Jarjayes qui te crie dessus et t'ignore?

André: Euh?...

Nathalie: Il ne faut pas être devin pour deviner qu'elle est une femme et que tu la dévore des yeux...

André: Ne le dis à personne...

Nathalie: Elle t'ignore... Mais je suis là moi!!! Regarde-moi!


Elle lui attrapa le menton pour plonger dans son regard.

Nathalie (d'une voix douce): Je suis là moi, alors pourquoi attendre...

Instinctivement, il se laissa embrasser, attiré par ces petites lèvres aussi rouge que des cerises qui s'offraient à lui.


Suite ici

 

 


Commentaires (5)

1. 14/02/2011

Merci pour la suite ;) j'avais pas vu le lien!

2. 14/02/2011

J'essais de remedier azu probleme ,ça vient de Words

3. 14/02/2011

Pour la lire, j'ai fait un copier coller.

4. 14/02/2011

moi aussi jarrive pas à lire l'image m'apparait trop petite... :(

5. 14/02/2011

Lona j'ai beaucoup de mal à lire cette fic.
Tu devrais peu-être la mettre en téléchargement.

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