La danse à quatre temps (12)

 

 Comment trouver les mots pour te dire

 

Oscar était encore assise sur l’herbe, les yeux dans le vague… Perdue dans son désespoir. Elle n’entendit pas s’approcher son lieutenant venu comme chaque jours lui apporter les nouvelles. Il s’arrêta à quelques mètres d’elle et la fixa un moment avant de lui signaler sa présence.

Gi : Oscar… Vous allez bien ?

O : …

Elle sorti de ses pensées et vit son lieutenant en face d’elle. Elle essaya de faire bonne figure et de se recomposer un visage.

O : Oui très bien … et vous-même ?

Il réduisit la distance qui les séparait, elle se leva et rassembla ses dernières énergies pour ne pas laisser voir ces faiblesses.

Gi : Vous n’allez pas bien… je le sais Oscar… n’essayez pas de me le cacher… je le vois, je le sens… Que s’est-il passé ?

O : Ne vous en faites pas …

 

Elle avait les yeux vides… plus une once de vie ne semblait animer les pupilles de son cher colonel. Lui qui connaissait les éclairs qu’elle envoyait dans ses colères, la mer déchainée du bleu de ses yeux à chacune de ses passions, le froid glacial soufflé face à ceux qui se dressait contre elle… et là, plus rien ! Il la dévisagea un moment

 

Gi : Ne me dites pas cela Oscar… quelque chose de grave a dû vous arriver ! Dites-moi oscar… Je peux tout entendre… Laissez-moi vous aider…

Elle tourna la tête et s’apprêta à partir quand il la retint par le bras

Gi : Dites-moi s’il vous plaît…

O : Personne ne peut m’aider ! Plus rien n’a d’importance maintenant… Ma vie ne sert plus à rien…

Gi : Pourquoi Oscar ? Que se passe-t-il ? Bien sûr que votre vie à de l’importance… tant de gens compte sur vous… toute votre compagnie tient à vous, je tiens à vous… vous n’imaginez pas comme votre vie est importante pour tout le monde…

O : ça ne sert à rien, je ne reprendrai plus mes fonctions ! C’est fini… tout est fini !

Gi : Comment ? N’écoutez pas les médecins Oscar… Vous leur avez déjà tellement montré que pour vous tout était possible... Ne vous en faites pas… vous redeviendrez comme avant !

O : Il n’est pas questions des médecins, ou de moi… c’est mon père… Il ne veut plus que je sois soldat… et pourtant c’est la seule chose que je sais faire, la seule chose que je suis.

Gi : Il veut que vous arrêtiez votre carrière militaire hors que leurs majestés vous ont promu général… mais c’est impossible !

O : Le plus drôle est qu’il veuille que je redevienne sa « Fille » et que je me marie… Vous m’imaginez moi en gentille épouse docile ? Je ne sais déjà pas être une femme, je ne peux être une femme alors me marier… mais quelle mouche le pique !

Gi (surpris) : Il veut vous marier ?!?

O : Vous voyez bien le ridicule de la situation ! hahaha… Moi en mariée !!! hahaha

Gi. : …

Il inclina la tête baissant légèrement les yeux comme s’il avait peur des représailles pour la remarque qu’il allait formuler.

Gi : Je ne vois aucun ridicule à vous imaginer en mariée

 

Elle cessa de rire comme si elle avait reçu une gifle, elle le regarda… elle remarqua l’air inquiet et sérieux du lieutenant. Il leva ses yeux sur elle, s’arma de tout son courage pour s’agenouiller devant elle et lui saisir la main.

 

Gi : Oscar ! Vous ne pouvez imaginer à quel point je vous aime… depuis notre première rencontre, je suis votre humble serviteur… Oscar ! Vous êtes celle que j’attendais, celle que j’attendrai… jusqu’à la fin des temps je vous aimerai…

Gi : Je n’aurais jamais assez de mots pour décrire la puissance de mes sentiments pour vous… chaque seconde loin de vous est mon enfer, quand un seul de vos sourires suffit à panser toutes les plaies de mon cœur ! Oscar, je vous aime telle que vous êtes, cet amour me ronge comme un monstre affamé depuis tant d’année qu’il ne laisse rien de moi… Je ne vis que par vos souffles, ma lumière est votre beauté, votre indifférence est le poison qui me brule les veines… Oscar ne voyez vous pas comme depuis toujours je vous appartiens ?

O : Mais…

Gi : Oscar, non ne me rejeter pas ! Oscar ! vous que je chérie plus que ma vie ! … permettez moi d’osez demander votre main à votre père… Je vous aime tant !

O :…

O : Vous m’aimez ???... Depuis… Euh… Non ! ce n’est pas possible… Non !

 

Elle se retourna sèchement libérant ainsi son bras que le lieutenant lui tenait

 

O : Victor… partez s’il vous plait ! N’ajoutez pas un mot… je vous en prie… partez !

 

Le lieutenant se releva, tendit une main vers sa belle et suspendit son geste. Il l’a regarda une dernière fois avant de s’en aller.

 

Ses yeux suivirent le cavalier qui quittait la propriété. Son cœur avait subit plus de coups qu’il ne pouvait en supporter. Elle voulait pleurer pour se soulager, mais elle était même à bout de force pour verser d’autres larmes. Dans un état second, elle rejoint la demeure familiale, donna quelques ordres et monta dans sa chambre. Quelques minutes après, elle passa à la cuisine voir sa tendre gouvernante.

O : Grand-mère, je pars quelques temps à Arras, ne t’en fais pas pour moi

GM : Oscar… mais que se passe-t-il ? Pourquoi cet air affligé ma petite ??? Oscar, pourquoi pars-tu ?

O : J’ai besoin de prendre l’air

Oscar embrassa Grand-mère et sorti rejoindre sa calèche.

 

A suivre...

 

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