Chap 8 : Va, vis et deviens !
André avait embraqué sur un bateau au Havre en partance pour les Amériques, La seule chose qu’il se disait, était que sa vie ne valait plus rien sans elle… que la mort serait sa délivrance…
A : mourir pour la liberté mon pauvre André, voilà enfin quelque chose où tu seras utile !
Ca faisait des semaines que son navire fendait les flots sans l’ombre d’une terre à l’horizon, il n’arrêtait pas de penser à elle, se déchirant le cœur et l’âme par la douleur invisible de son absence. Il lui écrivait mentalement des milliers de lettres lui contant les méandres de ses sentiments, les tourments de ses jours. Il l’imaginait à ses côtés, souriait en fermant les yeux quand il redessinait les contours du visage adoré…
Mais bien vite, le calme de courte durée de la traversée fut remplacé pa la réalité implacable des combats. Dés leurs arrivées, les nouvelles recrues furent envoyer au front pour remplacer les morts que l’on entassait dans des fausses communes pour éviter les épidémies ; André fut affecté à la 15e compagnie sous la direction du Comte de Maussant.
Rien de toute les missions qu’il avait vécu avec Oscar n’aurait pu le préparer aux visions d’horreur dont il était le témoin. L’Homme dans toute sa cruauté, laissait libre court à sa violence sur les champs de bataille… Toute trace d’humanité avait disparu de ces guerriers. La règle était simple Tuez ou Mourrez !
Il fut rapidement envoyé au front, soldat de première ligne comme les autres roturiers ayant gonflés les rangs de l’armée d’indépendance, il avait néanmoins l’avantage d’avoir reçu une éducation militaire très pointu, il avait la rage du désespoir, la passion d’un homme qui n’a rien à perdre… Il imaginait Oscar pendant ses combats et elle lui donnait son courage, sa Force… Il voulait qu’elle soit fière de lui, jamais il n’aurait reculé ! Il s’élançait au devant du danger et les balles ne le touchaient pas… comme si son ange le protégeait de la mort. Il se sentait invincible.
Au premier assaut, les officiers et ses camarades le prirent pour un fou…
Officier s’adressant au Comte de Maussant : celui la ne fera pas long feu !!! Mais au moins il nous débarrassera de quelques ennemis avant de trépasser…hahaha
CM : Je ne sais pas s’il tombera rapidement, Mais quelques choses d’étrange se dégagent de ce garçon.
Mais André revenait systématiquement de toutes les attaques… Invincible! Peu à peu la compagnie toute entière fini par le croire, car comment un homme quasi suicidaire qui s’élançait ainsi au devant du danger revenait indemne. Il attira l’attention du Comte qui se mit à l’observer plus particulièrement, à remarquer l’exceptionnel talent militaire de cette nouvelle recrue.
Il le convoqua au retour d’un combat dans son campement.
A : André Grandier au rapport
CM : Repos soldat !
André attendait patiemment, pendant que le Comte lui tournait autour, le détaillant des pieds à la tête.
CM : Grandier, comment se fait-il que vous connaissiez si bien le maniement des armes ?
A : J’ai été le compagnon d’arme d’un colonel, j’ai donc appris à ses côtés le maniement de différentes armes.
CM : Un colonel dites-vous ? quel est son nom ? Sans doute est-ce un de mes amis ?
A : Le colonel de Jarjaye
CM : Vous avez été le compagnon d’arme du fils du Général de Jarjayes ???
A : Oui mon colonel !
CM : Il est réputé pour être la plus fine lame du royaume et un fin stratège militaire… et vous avez reçu la même éducation que lui ?
A : Nous avons grandi ensemble
CM : intéressant, voyez Grandier nous manquons d’officier de qualité dans cette guerre. Nos troupes étant quasi exclusivement composées de volontaires… Vous serez donc mon aide de camp
A : sauf votre respect mon colonel… je souhaite rester au front
Le comte sembla s’étouffer sous l’annonce. Comment ? Un soldat voulait rester en première ligne…n’avait-il donc pas peur de la mort ?
CM : Votre demande est bien étrange… je ne connais aucun de vos camarades qui souhaiterais rester sous le feu des balles passé la première journée… et vous en redemandez ?
A : Oui mon colonel… je suis venu pour me battre ! Offrir mon sang
CM : Etes-vous si presser de mourir Grandier ?
A :…
Le comte dévisagea à nouveau André, cette absence de réponse… essayait-il de mourir ?
CM : Je regrette de risquer de perdre un élément tel que vous, mais j’accède à votre demande. Cependant, si vous survivez et si vous changez d’avis faites le moi savoir. J’aimerai de plus que vous me rejoigniez ici en dehors des combats pour étudier les stratégies ou préparer l’entrainement des troupes.
A : Oui mon colonel
CM : Vous pouvez disposez !
Après cet échange, André ne revint pas sur sa décision et resta au front et il survivait à chaque massacre. Il se dressait parfois à lui seul quand ses compagnons étaient tombé, il avançait toujours porter par la force de son amour qu’il essayait de taire. La guerre le modela, l’endurci… il était en train de devenir un guerrier de légende. Ses camarades le nommaient « André l’invincible » ou « André le lion ». Ils l’admiraient pour son courage sans faille, sa rapidité, sa technique qu’il améliorait à chaque confrontation. Il était devenu un symbole pour sa compagnie, il accumulait les médailles et les décorations. Mais André était d’un naturel humble et ne cherchait pas les éloges. Il préférait la plupart du temps s’isoler sur une colline alentour et se faire oublier un moment, il ne laissait plus transparaitre ses émotions, et c’est seulement dans son refuge de solitude qu’il laissait courir ses pensées vers elle.
A : Je voudrai que tu sois fière de moi, peut être me verrais tu alors ?
Cette motivation nouvelle le rendit encore plus fort, il s’entrainait sans relâche pour devenir le meilleur, éviter les coups, anticiper les attaques. Bien qu’André ait refusé de devenir l’aide de camp du colonel, il devint son plus précieux conseiller et un véritable chef de guerre sur le terrain. Il protégeait ses camarades, montrait l’exemple par son courage, ses ennemis le craignaient avant même de le combattre.
« Jamais on avait vu un tel feu animer les pupilles d’un homme, le diable à armer son bras et personne ne peut le tuer ! » disait t’on dans les camps opposés.
La 15e compagnie était en pleins cœur du conflit, mais ne faiblissait pas. André avait trouvé une utilité à sa vie… cette guerre !
Le Comte de Maussant était fière de cet homme, il enviait son courage et sa détermination, il admirait ses qualités techniques et physiques qu’il ne cessait de développer ; Il était son Achille, invincible ! Il apprit à l’aimer comme le fils qu’il n’avait jamais eu…
Un jour, des bombardements surprises se mirent à pleuvoir sur le camp… Les anglais les avaient pris à revers en éliminant l’intégralité de la 11e compagnie qui contrôlait le passage arrière. Les hommes se regroupèrent et foncèrent à l’assaut
« Tuez ou Mourrez ! »
Le combat fit rage de nombreuses heures, les hommes gisaient bras arrachés, entrailles à terre. Le sol était gorgé de sang, mais l’abandon était impossible !
André haranguait les troupes : « Tuez ou Mourrez pour la liberté ! »
Il se battait et comme à chaque fois, elle lui donnait la force de survivre …
« Je te reverrais ! Je ne peux pas mourir sans t’avoir revu une dernière fois » se disait-il en pensant à elle.
Mu de par la puissance de son amour, il repoussait, enchainait, abattait. Il est étrange comme au milieu de la boucherie qu’est la guerre… le guerrier invincible soit porté par la grandeur de son amour, comme en transe aucune douleur ne l’atteignait… jusqu’à la fin de l’assaut il ne réalisa pas le sang qui coulait de ses côtes. Il continuait à se battre tel un titan, brutal comme une bête, impitoyable soldat ! Il se battit jusqu’à la réédition. Sa troupe bien que minoritaire les ont exterminé. Au retour au campement, ils virent les dégâts, les blessés, les morts…
Il se dirigea vers l’infirmerie pour refermer sa plaie… c’est à ce moment qu’il vit le Comte allongé sur un lit, le sang de son front et par la commissure des lèvres.
Il héla André d’un geste. Celui-ci vint le rejoindre, touché que son Colonel, son Mentor soit grièvement blessé.
A : Excusez-moi mon colonel, je n’ai pas su vous protéger
CM : André !... André ! Écoute moi… veux tu être mon fils ?
A : Pardon ???
CM : Je n’ai pas eu de fils et j’aurais aimé qu’il soit comme toi… je veux te donner mon nom
A : Mais, je ne peux accepter, et votre fille ? Votre unique fille, c’est à elle que tout reviens
CM : épouse là ou trouve lui un bon mari… je te fais confiance… j’ai préparé tout les documents dans mon bureau, je voulais t’en parler dans les prochains jours… je crois qu’aujourd’hui sera la bon (il toussa en crachant du sang)… André, toi seul sera mon digne héritier, je sais que tu n’a plus de parents, laisse-moi être ton père au moins les derniers instant de ma vie… j’aurais voulu te connaître avant, j’aurais voulu conter les exploits de mon fils avec fierté ! André ! Soit mon fils, je t’en prie ! Prends ma suite ! Seul toi peux reprendre le commandement de cette compagnie ! Tu es le seul en qui je crois !
André tenait la main de cet homme qu’il respectait, de cet homme qui l’aimait comme un fils, lui l’orphelin.
A : Je vous remercie de votre bonté et je serais fière de vous nommé père
Le comte lui sourit et comme si son corps n’avait survécu que pour entendre cette réponse il expira.
Dans les jours qui suivirent, André signa les documents et devint le comte André de Maussant commandant de la 15e compagnie. Il continua les exploits et son ascension fulgurante dans la hiérarchie militaire. Les combats faisaient rages, la mort rodait, mais rien n’aurait pu l’arrêter.
A suivre...
1. 19/12/2010
contente que ça te plaise!
2. 17/12/2010
Trop trop bien!! <3