La fin n'est pas venue,24

Chapitre 80 :
Cerné!

 

Lorsque les yeux de la reine s'étaient perdus dans les siens, Mélodie s'était dégagée des bras de Rosalie pour s'assoire à côté d'elle. Elle tentait de reprendre une certaine constance, car elle ne savait guère comment se comporter... Que devait-elle faire face à la grande reine de France? Elle qui avait été élevé comme une roturière? Elle laissa tomber la couverture autour d'elle, découvrant sa robe de nuit tâcher de poussière... En effet, lorsqu'elle avait entendu sa mère entrer dans la maison, elle allait se mettre au lit; elle aurait d'ailleurs dû dormir déjà, mais se retrouvant pour la première fois totalement seule dans le domaine, elle n'avait guère trouvé le sommeil... Elle n'avait pas pris la peine de se changer avant de partir du domaine pour s'enfuir... Avec ses cheveux blancs et ses yeux pâles, elles ressemblaient à un fantôme pour la reine, mais en même temps, sa peau pâle là où elle n'était pas couverte de brûlure, et sa silhouette fine, lui fit penser à une poupée de porcelaine... La reine et la petite se regardaient, intensément... L'une cherchant ce qu'elle devait dire ou faire, l'autre cherchant à percer à jour cette petite fille si énigmatique...Mélodie baissa finalement les yeux, songeant qu'il était sans doute impoli d'ainsi fixer la reine, puis elle commença malgré ses craintes... On parlait tant en mal de sa majesté qu'elle ne savait pas quoi penser au début... Elle lui raconta l'arrivé d'Oscar et André au domaine, du moins ce que lui avait raconté sa mère, car elle n'avait pu le voir elle-même puisqu'ils étaient arrivé en plein jour... Elle ajouta également à la reine qu'au début, eux ne savaient pas qu'elle était là... Elle commença ensuite à lui parler du tableau qu'elle voulait faire d'Oscar et de sa rencontre avec celle-ci... Elle lui confia les mauvais moments d'Oscar, de combien elle avait trouvé difficile de ne pouvoir sortir de son lit, elle qui était si fière... Elle raconta la disparition d'André et la détresse d'Oscar à l'idée qu'il lui soit arrivé un malheur, lui apprenant par la même occasion leur histoire d'amour, très puissante... Elle lui parla des premiers jours où Oscar put sortir du lit... Pour en venir au retour de Bernard et Alain au domaine, racontant la douleur d'Oscar de ne pas voir André revenir, douleur qui, après trois jours, l'avait poussé à descendre la trouver au sous-sol... Elle lui parla de la trappe sous le plancher, où elle avait caché Oscar alors que des gardes fouillaient la maison... Elle en profita pour lui raconter la peur qu'elle avait ressentit lorsque l'un d'eux l'avait sortit de sous le lit... Elle lui raconta toute la scène, sa douleur lorsque le soleil s'était couché sur sa peau... Elle lui raconta l'intervention du colonel de Girodelle qui avait arrêté ses gardes...

La reine écoutait en silence, malgré le fait que la petite avait fait une légère pause pour rassembler ses idées... Mélodie en était venue à la conclusion que plus rien ne lui servait de cacher des choses, plus la reine en saurait, plus elle serrait apte à comprendre les évènements... Elle continua devant le silence de la reine... Elle lui parla du reste de la convalescence d'Oscar, de ce combat disputé amicalement avec Alain pour taire ses émotions... Elle lui raconta leur conversation au sous-sol, car elles avaient beaucoup parlé puisqu'Oscar demeurait avec elle à la cave au cas où les gardes reviendraient... Elle lui apprit qu'un mois s'était écoulé sans nouvelle d'André... Et que le colonel de Girodelle était revenu les visiter afin d'essayer d'obtenir de nouvelles informations... Elle lui parla du fait que sa mère avait alors appris au colonel qu'Oscar était gravement malade et qu'elle avait reçu le même pronostic d'un docteur peu avant le 13 juillet... Elle ajouta que le colonel leur avait confié s'être rendu chez ce médecin et qu'en effet, il avait confirmé cette information... Qu'elle pourrait confirmer ses dires par le colonel, mais aussi par ce docteur... La reine demeurait toujours silencieuse... Mélodie lui annonça que c'est à ce moment là qu'il leur a appris la maladie du général... Elle lui parla du départ d'Oscar, du retour d'André ramené par sa soeur, complètement amnésique... Mais du fait aussi qu'il revenait de chez monsieur de Fersen... Elle lui parla de Mérina, qui s'était rendue à Jarjayes pour prévenir les dégâts, mais qui n'avait pu empêcher Oscar d'entrer... Elle lui parla ensuite du plan... D'Alain qui jouait les coursiers entre Jarjayes et le domaine, de Mérina qui se faisait passer pour une servante, découvrant chaque jour de plus en plus de chose... Elle lui parla de l'idée de Rosalie, de se rendre à Versailles, faisant croire à sa futur union avec Girodelle, afin d'essayer de comprendre qui d'autre était derrière cette histoire...

- Et, votre majesté, ajouta-elle, son principal objectif était de réussir à se rapprocher de vous suffisamment pour voir si vous étiez au courant de toute ces manigances... Ma sœur nous a écris que le général avait enfermé son épouse dans ses appartements à son retour au domaine... Et avec la révolte qui gronde partout, nous ne savions plus sur qui nous fier... Rosalie n'a jamais eu l'intention de vous piéger, elle ne voulait que savoir si oui ou non vous étiez au courant de ce plan... Mais vous l'avez fait venir dans votre boudoir... Je sais tout, car Alain jouait toujours les coursiers d'un endroit à l'autre et ma mère me racontait tout... Et Rosalie nous a informé de ce fait... Au début, elle ne devait pas rester, juste savoir ce qu'il en était et revenir au domaine... Alain croyait à un piège de votre part... Mais elle a choisi de prendre le risque... Et il c'est avéré que vous ne saviez rien de cette histoire... Alors elle est restée...

La petite marqua alors une pause, fixant toujours la reine. Les yeux de celle-ci passaient de la petite fille à Rosalie, assise à ses côtés, cherchant à comprendre les sentiments de la reine.... Mais alors qu'à l'habitude son visage exprimait tant d'émotion, qu'il devenait un livre ouvert à qui savait regarder, cette fois-là, son visage semblait impassible, presqu'aussi dure que celui d'Oscar lorsque celle-ci s'emmurait pour ne pas montrer ses sentiments... La reine regarda finalement Mélodie, qui continua son histoire... Elle lui parla des derniers jours, du plan mis au point...

- En partant, ma mère m'a dit que quoi qu'il arrive je ne devais pas sortir de la maison, tant qu'elle ne reviendrait pas avec Mérina... Que je devais faire comme d'habitude... Mais... En me mettant au lit ce matin je n'ai pas pu trouver le sommeil... Je n'étais jamais restée seule au domaine... Alors quand quelqu'un a passé la porte ce matin... Je l'ai entendu... J'ai entendu ma mère m'appeler...

Mélodie s'arrêta pour faire une légère pause, car au souvenir de ce matin, le chagrin recommença à la ronger... Mais elle devait continuer, elle devait terminer de tout raconter... Mais c'est des sanglots dans la voix qu'elle continua...

- Je suis montée... Et je l'ai trouvé étendue... Elle était couverte de poussière... Et... Du sang... Beaucoup de sang... Je... J'étais pétrifiée... Et... Elle a étendue la main... Pour que je la rejoigne... Je... Je m'y suis précipité... Elle avait une clé dans la main... Elle... Elle m'a dit... Qu'ils avaient échoué... Que... Que le général et... Fersen... Étaient venu avec... Des gardes... Et qu'ils avaient fait feu... Elle... Elle m'a dit... Qu'elle avait eu du mal... À revenir me donner cette clé... Pour que je... Libère André... Parce que... Elle a dit... Qu'il ne fallait pas... Que le général lui fasse du mal... Que... Qu'Oscar ne le supporterait pas... Et que je devrais être forte... Et... Et...
- Sa va Mélodie arrête maintenant... coupa Rosalie en passant un bras autour d'elle, des larmes aux yeux elle-même.
- Elle est morte maintenant... Et... Elle... Veut que... Que je termine... Ce qu'elle a commencé... Mais... Comment... Ma maman est partie... Elle ne reviendra jamais... Je...

Malgré toute sa bonne volonté, Mélodie s'était remise à pleurer à chaude larme, songeant qu'elle n'avait jamais été aussi seule et perdue... Elle n'avait jamais eu à affronter le monde, alors encore moins la reine en personne... Elle songea que tout allait échouer à cause d'elle, parce qu'elle avait débarqué devant elle... Elle se serra contre Rosalie...

La reine était, étrangement, demeurée impassible devant les dires de la petite fille... Autant plus tôt dans la journée avait-elle été attendris par Mélissa, autant cette fois-là elle demeurait de glace devant cette enfant en larme... Car la lame des couteaux qu'on lui avait planté dans le dos de toute part semblait l'avoir refroidis grandement... Le silence s'installa dans le carrosse... Ils arrivèrent finalement à Versailles... Le soleil commençait à se coucher à l'horizon, le temps se refroidissait rapidement... Girodelle vint ouvrir la porte du carrosse et aida la reine à descendre... Celle-ci sortit et avança de quelques pas, laissant sortir Rosalie, qui tenait Mélodie dans ses bras, tapis sous sa couverture... Quelques gardes se tenaient dans la cour, effectuant leur ronde de routine... La reine s'avança vers l'un d'eux, et annonça d'une voix forte :

- Gardes! Mettez le colonel de Girodelle, Rosalie Lamoriel et cette... Enfant aux arrêts!

Rosalie regarda Girodelle, stupéfaite... Mais déjà les gardes présents entouraient le trio... On pouvait lire de l'incompréhension sur leur visage, de devoir arrêter leur supérieur... Mais on ne discutait pas un ordre de la reine...

* * *

La scène sembla s'être figée dans la forêt... Instinctivement, Oscar s'était placé devant André telle un bouclier, pour le protéger, enfin, se mettre entre lui et son père... Comme si elle pourrait changer quoi que ce soit à ce qui allait suivre... Elle regarda rapidement les alentours, cherchant une brèche, hélas... Ils y avaient des gardes partout autour d'eux, pointant leur arme sur le trio... Le cœur d'Oscar battait la chamade dans sa poitrine... Qu'allaient-ils faire maintenant? Elle ne pouvait se permettre de le perdre, pas alors qu'ils venaient à peine de se retrouver... André pour sa part pensait exactement la même chose... Un court instant il remarqua la position défensive qu'abhorrait Oscar, lui rappelant la colonel qu'elle était... Il posa une main sur son épaule, signifiant qu'il ne la laisserait pas non plus... Pour sa part, Alain ne savait plus trop ce qu'il devait faire... En l'occurrence, rien pour le moment... Décidément le ciel leur tombait sur la tête! Le général regarda sa fille d'un œil mauvais...

- Comment avez-vous réussis à vous enfuir? Fit-il.
- Qu'est-ce que ça change?
- Je veux savoir qui châtier pour cette trahison...
- Personne... Je me suis enfuis un point c'est tout... Vous m'avez appris la débrouillardise!
- Je croyais pourtant avoir été clair Oscar! Ainsi, vous avez choisi de le sacrifier... fit-il en pointant André...
- Ne vous avisez jamais de toucher à un seul de ses cheveux... fit-elle en bombant le torse, comme si ainsi elle le protégerait entièrement.
- Sinon quoi Oscar? Qu'allez-vous faire? Tirer votre épée? N'oubliez pas que je suis celui qui vous a tous appris... Qui plus est, les gardes ici présent tireront si vous tentez quoi que ce soit!

Oscar ne répondit rien... Il avait raison pourtant, ils étaient pris au piège... Totalement... Comment pourrait-elle se sortir de là? Elle savait que son père risquait de tirer sur André quoi qu'elle fasse... Il avait un sombre dessein en tête... Et André n'en faisait pas partie... Sauf pour la faire chanter... Elle devait gagner du temps et jouer là-dessus oui... André cherchait une parade pour s'échapper de ce mauvais pas... Il savait que le général ne tirerait pas sur sa fille, puisqu'il avait un plan dont elle faisait partie... Mais... Sur lui? Possiblement... C'est pourquoi il demeura derrière elle... Ce n'était pas de la peur... Mais le moment n'était pas à jouer les matcho... Il fallait trouver un moyen de gagner du temps...

- Bien... Éloignez-vous de ce valet de ferme Oscar! Fit le général.
- Non! Je refuse... Vous allez tirer sur lui...
- Les gardes dans votre dos le feront si vous ne vous éloignez pas de lui...
- Ils pourraient m'atteindre... Et aux dernières nouvelles, vous avez besoin de moi en vie si vous voulez votre héritier!
- Qui...
- Qu'importe, je sais tout! Vous souhaitez que je donne naissance à un fils et vous vouliez ensuite me faire disparaître...
- Quoi? Balbuta André, qui n'était pas au courant de cette partie du plan.
- Et cela ne me surprend guère de vous... Je me demandais d'ailleurs pourquoi vous ne m'aviez tout simplement pas tué à mon retour au domaine... Vous avez pourtant déjà failli le faire... Mais si vous souhaitez un hériter qui portera votre nom, il faut qu'il soit dans la ligné des Jarjayes, que tout se fasse en bon éduforme... Alors vous avez besoin de moi en vie... Et je mourai aussi si vous le tuez...
- C'est un risque que je suis prêt à courir...
- Et je vous dis que je ne vivrai pas si André meurt... Vous entendez? Si vous le tuez, je le rejoindrai quitte à me donner la mort moi-même!
- Oscar tu...
- Tais-toi André... C'est terminé! Mon père a tracé un nouveau chemin pour moi... Et je le suivrai... Je le suivrai s'il te laisse t'en aller...
- Non je préfère mourir que de...commença-t-il.
- Comme c'est touchant, fit Fersen, ironique.
- Fermez-là Fersen si vous tenez à votre deuxième œil! Fit Oscar rouge de rage.
- C'est moi qui tiens l'arme... Vous n'êtes pas en position de...ajouta Fersen!
- La dernière fois non plus je n'étais pas en position de vous défier et je l'ai fait quand même! Je suis la plus forte Fersen... Vous n'êtes rien de rien...
- Je ne vous permet pas de...
- Vous me faite pitié! Accepter un tel marché pour mieux couvrir votre liaison avec la reine! Vous n'avez aucun honneur!
- Je vais tirer Oscar si vous ne...
- Silence tous les deux, coupa la général.
- Mais je m'en fiche Fersen... Je suis encore la plus forte, je décide des choses! Car si je meurs tout votre beau plan tombe en ruine et des témoins vous dénonceront... Vous perdrez alors tout... Et vous aussi père! Hurla-t-elle.
- Il suffit Oscar vous poussez le bouchon trop loin!
- Oscar je t'en pris calme-toi ou ils nous tueront tous les deux... supplia André dans un murmure.
- Non je ne me tairai pas cette fois père! Je me suis tu toute ma vie... Cette fois j'exige quelque chose en échange de mon sacrifice... La vie d'André contre la mienne!
- Il suffit Oscar je...

Soudainement un coup de feu retentis!

Chapitre 81 :
Retour à Versailles


Le coup de feu avait retendit, semblant venir de nulle part! Oscar s'était retournée vivement et serrée contre André, comme si elle voulait le protéger... Un cri... Et un autre coup de feu... Les bras d'André s'étaient refermés sur elle fermement... Elle s'attendait à succomber... Mais pourtant aucune douleur ne vint... Seule la peur lui tenaillait les entrailles... Cette peur de le perdre à jamais, qu'il ne s'écroule dans ses bras... Mais il la serrait toujours... D'autres cris... Des bruits de courses... Oscar reprit contact avec la réalité et se dégagea des bras d'André pour regarder autour d'elle... Son père se tenait le bras droit de la main gauche... Du sang coulait... Il avait reçu une balle et il avait poussé ce cri... Et dans l'herbe à ses côtés... Le corps d'Axel de Fersen... Du sang coulait en marre partout autour de lui, il ne bougeait plus... Deux gardes s'étaient précipités vers lui... Les autres étaient en position et cherchait la provenance de ces tirs... Un autre coup retendit dans le silence de la forêt... Personne ne tomba... Cela pris quelques secondes avant que tous réalisent que ce nouveau coup de feu avait atteint le corps de Fersen, ratant les deux gardes de justesse... Un buisson bougea...

- Ça c'est pour ma mère...

C'était la silhouette d'une jeune fille qui se dessina, arme pointée vers le général... Elle tenait l'arme d'un garde... Sa robe était tâchée de sang sombre... Deux entailles distinctes sur les manches de sa robe laissait paraître des coups d'épée... Une autre sur sa joue où du sang avait séché... Et dans ses yeux, une rage folle, une rage meurtrière... Personne n'osait bouger, la jeune fille avançait toujours doucement, semblant presque possédée... Puis elle s'immobilisa...

- Mérina... murmura Oscar à mi voix...

André, qui n'avait pas desserré son étreinte encore, serra Oscar encore plus fermement... À cet instant même il avait presque plus peur de cette fille de 12 ans que du général... La scène semblait à nouveau figer... Les gardes ne savaient plus s'ils devaient ouvrir le feu sur celle qui avait abattu leur commandant ou se tenir à carreau puisqu'elle pointait son arme sur le général de Jarjayes... Ce dernier, une main serrée là où la balle lui avait atteint le bras, fixa la petite, d'un œil mauvais...

- Petite peste! Fit-il.
- Prenez garde général... Si c'est lui qui a tiré, c'est vous qui avez armé son bras... Si je tire je ne vous raterai pas cette fois...
- Si tu tires les gardes te tueront ainsi qu'Oscar et André... Et l'autre traître...
- Je n'ai plus rien à perdre... Par votre faute j'ai perdu ma mère! Vous m'en avez privé... Vous ne méritez pas de vivre...
- Tu regretteras ce que tu viens de faire...
- Mon seul regret est de ne pas vous avoir simplement empoisonné en vous portant votre repas...
- Tu aurais dû y penser avant...
- J'avais trop de respect pour la vie... Avant... Plus maintenant...
- Pense bien aux conséquences de...
- Ne me faite pas la morale je ne suis pas aussi raisonnable qu'Oscar!

Les deux semblaient se défier du regard... Et Mérina appuya sur la gâchette... Hélas le coup ne partit pas... Elle n'avait plus de balle... Cela pris quelques secondes au général pour comprendre... En un éclair deux gardes se précipitèrent sur elle pour la neutraliser... Elle n'avait pas vu venir le coup... Elle croyait ainsi venger la mort de sa mère, en tuant les auteurs de ce meurtre... Le général la regarda un œil triomphant...

- Débarrassez-vous d'elle... fit-il.
- Nous ne pouvons pas... commença un garde.
- J'ai dit : débarrassez-vous en!
- Elle serra juger par le roi... On nous interdit de rendre justice nous-même vous devriez le savoir...
- Je me fiche de...
- Voila les belles valeurs que vous m'avez inculquée père... trancha Oscar.

Le général se tourna alors vers sa fille, l'œil encore plus mauvais... Oscar le regarda avec défi, malgré l'effroi qu'elle éprouvait au fond d'elle-même.

- Laissez les gardes faire ce qu'ils doivent... C'est terminé maintenant... fit-elle.
- Pardon?
- Vous m'avez entendu... La comédie a assez durée... C'est à la justice du roi de trancher désormais... Vous avez perdu...
- Jamais!
- Si c'est terminé!

Elle se dégagea ensuite doucement des bras d'André, sans mouvements brusques... Les gardes la pointèrent à nouveau. Elle leva les mains, et doucement, en répétant que c'était terminé, elle posa la main sur la garde de son épée, la tirant de son fourreau doucement, d'un geste lent qui ne semblait guère menaçant... Puis elle laissa son épée tomber sur le sol, fixant toujours son père...

- Vous avez perdu père! Je ne sais pas ce que vous avez raconté à ses gardes... Mais... Je sais que c'est faux.
- Nous leur avons dit ce qu'ils devaient savoir, ils n'ont pas à poser de question!
- Ni a obéir à un traître de la couronne!
- Je ne vous permets pas!
- Silence! Intervint un capitaine.
- Non vous silence je suis le plus haut gradé ici présent et...
- Général vous n'êtes pas notre commandant... Et cette histoire me pus au nez, de quelle trahison parle le colonel? Fit le capitaine.
- Vous me devez respect capitaine...
- Pas si vous avez trahis la couronne... Nous sommes fidèle à leurs majestés... Colonel de quoi parlez-vous?
- Il me semble que vous avez ordre de me ramener à sa majesté, morte ou vive, ainsi qu'André Grandier et Alain de Soisson non?
- Si... Mais où est le lien avec le général?
- Sachez qu'il me retient depuis quelques jours chez-lui, dans le dos de leur majesté... Les ordres étaient pourtant de me livrer si on me capturait non?
- Si...
- Alors livrez-moi, je me rends c'est terminé maintenant! Fit-elle en posant un genou à terre. Et par la même occasion, arrêtez ce traître et menez-le à leur majesté afin qu'il explique sa conduite!
- Je n'ai pas à...
- Silence général! Vous êtes aussi en état d'arrêt... fit le capitaine...
- Mais c'est...
- Nous userons de force s'il le faut sachez-le! Il me tarde d'en finir avec cette histoire!

Le général rageait intérieurement, sentant qu'il allait effectivement perdre... Mais ce qui l'enragea le plus fut de voir sa fille gagner sur lui! Alain n'avait posé aucun geste, n'avait rien fait s'aurait été inutile! Il savait très bien que s'il tentait de fuir, on lui tirerait dessus... Mais André était subjugué... Oscar? Son Oscar baisser ainsi les bras? Se rendre alors qu'ils s'étaient tant battus? Non... Elle devait avoir autre chose en tête... Ou alors avait-elle réellement abandonné? Il songea à Mélodie qui était partie rejoindre Rosalie et Girodelle... Il espéra qu'elle les trouve à temps et que la reine comprenne l'intégralité de la situation... En attendant, il regarda sa belle Oscar, un genou à terre, tête baissé, un peu comme ce jour où elle aurait donné sa vie en échange de la sienne... Des gardes prirent le général et lui lièrent les mains dans le dos, d'autres prirent André, puis Alain... Mérina... Et enfin Oscar. Lorsqu'elle se releva, le capitaine la regarda droit dans les yeux...

- Sachez colonel que si vous tentez quoi que ce soit pour fuir, nous ouvrirons le feu. Sa majesté a été bien claire sur le mort ou vif!
- Je comprends capitaine, et je souhaite que vous fassiez votre devoir tel que je vous l'ai appris...
- Vous...
- Oui je me souviens de vous... Je n'oublie guère le visage de mes hommes... C'est pourquoi je sais que vous appliquerez les ordres... C'est ce que je vous ai appris...

Le capitaine fit un signe de tête à son ancien commandant et pris en charge l'attroupement... Il allait faire nuit lorsqu'ils atteignirent enfin la route, là où le général et Fersen avaient laissé le carrosse la veille... Les gardes y firent monter leurs captifs et prirent leur propre chevaux, attaché là également... Ils étaient assez nombreux... Personne ne sortirait vivant de ce carrosse le cas échéant... Et tous le savaient... Enfin seuls, ils se regardèrent tous... Tous sauf Mérina qui semblait avoir le regard dans la vague... Le général était celui qui avait le regard le plus mauvais... Surtout que sa fille le fixait avec défi...

- Comment se sortir de là maintenant? Lança finalement Alain.
- Nous ne sortirons pas Alain... fit Oscar.
- Quoi?
- Je vous l'ai dit... C'est terminé... Ce sont leurs majestés qui trancheront...
- Mais...
- Il n'y a aucun mais Alain... Tout est terminé...
- Je vous ai élevé plus combative il me semble... narga le général.
- Détrompez-vous père... Vous avez élevé un parfait petit soldat qui répond aux ordres en courbant l'échine...

Le silence se fit alors dans le carrosse... Et en signe de défi supplémentaire, Oscar s'adossa contre André, collant sa tête sur son torse... Et André colla sa tête sur la sienne... Oscar regarda son père avec une lueur de défi dans les yeux... Le général jura de venger cet affront... Il avait déjà tout calculé...

* * *

Les gardes avaient conduis Girodelle, Rosalie et Mélodie vers le sous-sol... On les enferma dans une même petite cellule... Comme le soleil allait se coucher et qu'il ne pouvait passer par la petite fenêtre parsemée de barreaux horizontaux et verticaux, Rosalie déposa Mélodie à côté d'elle, sur la petite couchette de paille. Girodelle pour sa part commençait déjà à tourner en rond devant la porte fermé à clé... Aucun des deux ne savaient que dire... Leur plan avait échoué, la reine savait tout maintenant, hors celle-ci n'était guère en mesure de savoir si c'était vrai ou non... Girodelle savait qu'elle croyait avoir été manipulé par eux, la visite dans un quartier pauvre de Paris pour l'attendrir, les révélations de Rosalie... Tous portait à croire que c'était eux les menteurs et non pas Fersen... Il savait qu'elle risquait de pencher pour son beau suédois... Que tout risquait d'être terminée...

- Tout est ma faute...

Girodelle regarda alors la petite fille assise sur la couchette... Si la reine ne l'avait pas été, lui était attendri à sa vue... Comment ne pas vouloir protéger cette petite rose de la nuit... C'était ainsi qu'Oscar la nommait il lui sembla, enfin à ce qu'on lui avait raconté... Il songea que la reine avait du croire à un nouveau subterfuge... Rosalie serra la petite contre elle, sans savoir quoi dire... Elle ne put s'empêcher de songer qu'en effet, tout aurait bien marché si Mélodie n'était pas arrivé, mais en même temps comment l'en blâmer? On avait tiré sur sa mère... Elle était effrayée... Ce fut finalement Girodelle qui posa un genou à terre pour être à la hauteur de la petite... Il posa une main sous son menton, la forçant à lever la tête pour le regarder droit dans les yeux...

- Non Mélodie... Personne ne t'accuse d'avoir accouru vers nous pour trouver de l'aide... Ce sont les gardes qui ont tirés sur ta mère... Ce sont les évènements qui t'ont poussés à nous rejoindre... Tu ne pouvais savoir que tu trouverais la reine avec nous... Personne ne dit que c'est ta faute... D'accord...
- ...
- Mais dit-moi... Pourquoi es-tu venue seule? Ne devais-tu pas libérer André?
- Je l'ai fait... Mais des gardes nous poursuivaient... Et... Il m'a dit de venir vous prévenir... Qu'ils allaient distraire les gardes... Pour que je vous rejoigne... Il a dit que vous étiez notre dernier... Rempart je crois...
- Je vois... Et les autres où sont-ils?
- Je ne sais pas... Personne d'autre n'est revenu...
- Alors prions pour qu'ils ne se fassent pas prendre... Mélodie... Je te promets que nous sortirons d'ici...
- Comment?
- Je ne sais pas... Prions pour que la reine finisse par nous croire ou que la vérité lui saute au visage... Ou alors que Bernard et les autres nous fassent sortir d'ici... Il ne laissera certainement pas sa femme ici sans rien faire...
- Bernard... murmura alors Rosalie...

Il y avait un moment qu'elle ne l'avait pas vu... Et elle ne savait même pas où il se trouvait...Elle souhaita de tout son cœur qu'il ne lui arrive rien...

- Garde espoir Mélodie d'accord? Ajouta Girodelle...
- D'accord... fini par répondre la fillette.

* * *

Le carrosse arriva à Versailles peu avant le lever du soleil... Les gardes firent descendre leurs captifs, les conduisant vers les cellules; il n'était pas question de faire réveiller la reine immédiatement... Elle serait terrassée d'apprendre la mort du suédois... Ils seraient ‘'reçu'' en temps et en heure... Le capitaine qui avait pris le commandement des gardes par substitution ne comprenait plus rien à cette histoire à dormir debout... D'abord, il avait cru comprendre entre les branches que le colonel de Jarjayes, celui qui l'avait formé à son entré dans la garde, celui qu'il avait tant admiré, n'était nul autre qu'une femme... Il avait cru comprendre un accord entre le compte de Fersen et le général de Jarjayes, il n'était même plus sur de savoir qui étaient les véritables traîtres dans toute cette affaire... Il avait décidément besoin de sommeil... Ils furent enfermés dans des cellules doubles... Le général, qui ne semblait pas être du même camp, fut enfermé seul, restait les quatre autre... Peut-être par soucis de respect pour son ancien supérieur ou à cause de toutes les horreurs qu'il avait entendu, il consentit à mettre Oscar et André ensemble, et Alain avec Mérina... D'un regard, Oscar le remercia de cette attention... Elle avait tellement envie de se retrouver seule avec André... Même dans une prison... Être juste... Seule à seul avec lui... On détacha leur lien et referma la porte derrière eux... Oscar se jeta dans les bras d'André, callant sa tête au creux de son épaule... André referma ses bras sur elle, malgré la situation il était si heureux de la retrouver... Ils demeurèrent un long moment ainsi... Très long... Mais André brisa finalement le silence...

- Oscar... Mais que t'a-t-il pris? Je ne comprends pas... Pourquoi t'être rendu?
- Parce qu'il aurait été inutile d'essayer de fuir... André... Ils auraient ouvert le feu... J'ai formé la plupart de ses hommes... Ils auraient ouvert le feu... Sans hésiter... Et mon père aurait gagné...
- Mais nous ne sommes guère plus avancé maintenant...
- Possible oui... Mais le fait que j'ai été inconsciente longtemps et qu'ensuite mon père m'ai tenue prisonnière explique parfaitement pourquoi je ne me suis pas rendu plus tôt...
- Tu ne te serais pas rendu de toute façon Oscar...
- Mais eux l'ignorent en réalité... Je peux jouer cette carte... Je peux toujours tenter de plaider la maladie pour mon comportement passé qui sait si sa marchera... Mon père y croyait... Et qui sait si Rosalie et Girodelle n'auront pas réussis a rallié sa majesté à nous?
- Justement nous n'en savons rien... Nous sommes arrivés trop vite...
- Je sais... Mais que pouvais-je faire d'autre André? C'était la seule solution... Pour que tout finisse enfin André...
- Que tout finisse?
- Toute cette histoire.... Je... J'en ai assez... Je n'en peux plus... Je suis épuisée...
- Tu... Tu crois que la maladie...
- Non... Mais les derniers évènements... Toute cette histoire... Ces malheurs... André...

Oscar se dégagea quelque peu pour le regarder au fond des yeux... Des larmes perlaient dans les siens... Elle ne savait pas par où commencer... Si elle devait tout lui dire... Il valait mieux qu'il l'apprenne d'elle... Mais il allait tant souffrir... Elle posa une main sur sa joue, la caressant doucement... Comme si elle avait peur qu'il ne s'efface, qu'il ne soit que le fruit de son imagination...

- Oscar... Tu me caches des choses... fit André.
- Tu vois...

Elle gloussa légèrement malgré elle, cette douce chaleur qui l'envahissait...

- C'est pour cette raison que je t'aime tant André... Tu devines tout de moi... Tu me connais par cœur... Tu...
- Que me caches-tu Oscar? Dit-moi... De quel malheur parles-tu?
- André... Si j'ai pu m'enfuir... C'est grâce à grand-mère... Elle a crocheté la serrure de ma chambre...
- Grand-mère? Crocheter une serrure?
- Je sais... Inusité... Mais... Ce n'est pas l'important... Ho mon amour... Comment te dire...
- Me dire quoi?... Parle Oscar...
- Comment te dire que... C'était trop dur pour elle... Toute cette histoire...
- Que...
- Elle... Elle est partie André...
- Non...

André se laissa tomber à genou et Oscar se laissa glisser avec lui malgré elle... Elle serra fermement ses bras autour de lui, passant une main dans ses cheveux, versant des larmes silencieuses avec lui... Ils pleurèrent... Longuement l'un contre l'autre... La perte de celle qui les avait élevé ensemble, qui avait été plus qu'une mère pour eux deux en un sens... Leur confidente... Leur amie... Leur protectrice... Celle qui leur apportait la tendresse dont ils étaient privés... Oscar lui raconta ce qu'il c'était passé au domaine... Elle raconta tout... L'inquiétude de grand-mère à cause de tous ses évènements... Elle parla de Fersen... De sa tentative... Son œil crevé aussi... Le temps passa... Ils pleurèrent l'un contre l'autre les malheurs qui leur étaient arrivés... La perte de grand-mère... Et cet espoir si mince de pouvoir quitter ce monde d'horreur pour couler des jours heureux ensemble...

Le jour s'était levé... André avait fini par s'adosser au mur de la prison, Oscar assise entre ses jambes, la tête collé sur son épaule, son menton à lui sur ses boucles d'or... Ils avaient tant pleuré, tant parlé ensemble... Partageant leur peine, mais savourant la douce présence de l'autre... Après un temps, Oscar se lança finalement...

- André... Tu sais... Si je... Je me suis rendu... Il y a une autre raison... fit-elle.
- Laquelle?
- Je ne peux plus me battre...
- Je comprends ma chérie... Le manque d'entraînement et...
- Non... Non André... Si ce n'était que cela ce serait si simple...
- Alors qu'est-ce...
- Je... En quelque sorte... J'ai fais une promesse silencieuse à grand-mère...
- Quelle promesse Oscar?
- De... Le protéger...
- Le... Qui?

Oscar ne savait guère comment le lui annoncer... Elle s'imaginait ce moment tellement différent... Elle avait peur qu'il ne veule pas, qu'il s'offusque ou qu'importe... Qu'il n'accepte pas... Aussi c'était-elle imaginé le lui annoncer au calme, alors qu'ils planifieraient leur avenir... Mais... Si tout tournait mal... C'était peut-être la dernière fois qu'elle le verrait...Et il devait savoir... Elle prit alors sa main dans la sienne et la posa sur son ventre...

- Lui...
- Lui? Je...

Mais d'un mouvement lent la jeune femme caressait son ventre, comme elle avait pris l'habitude de le faire, mais cette fois elle guidait la main d‘André...

- Ou elle... ajouta-t-elle...
- Quoi tu... Tu veux dire que...
- Oui... J'attends un enfant André... Aussi incroyable que cela puisse être dans notre situation... J'attends un enfant de toi André Grandier...

Elle avait alors levé la tête pour voir son visage... Des larmes perlaient aux coins de ses yeux; il était subjugué, sous le choc... Un tas de question déferlaient dans son esprit... Et en même temps... Il en avait tellement rêvé... Depuis si longtemps... Devant son silence, Oscar baissa la tête; blessée...

- Je sais que... Ce n'est pas le meilleur moment... Mais... Je voulais que tu saches si jamais...
- Non chut.... Ne termine pas cette phrase...
- Mais c'est une possibilité...
- Je... Je comprends mieux maintenant... Pourquoi tu as refusé de risquer le combat...
- Je... Sa me torture l'esprit du matin au soir André... Je n'ai... Jamais vraiment songé à cela... Je...
- Je sais... Je sais... Nous y penserons ensemble... Un jour à la fois... Oscar... Mon Oscar je...

Il caressa son ventre machinalement malgré lui... Il n'y avait pas vraiment de signe encore, mais il la croyait... Il la connaissait trop bien pour savoir qu'elle n'inventerait pas de telles histoires... Et malgré la gravité du moment, il se laissa aller à être un temps soit peu heureux... Un court moment...

- Je t'aime tant... Et je suis si heureux Oscar... Mon amour...

Oscar releva la tête et le fixa à nouveau... Un sourire sembla illuminer son visage l'espace d'un instant... Plus rien ne comptait vraiment, seule cette nouvelle enfin partagée... La jeune femme se tourna pour être face à lui et ils s'embrassèrent, amoureusement, passionnément, oubliant encore un peu le monde autour d'eux... Tout ce mal... Toute cette douleur... Partageant ce court moment d'amour et de bonheur ensemble... Ils en avaient besoin après toutes ces épreuves...

Chapitre 82 :
Brutale vérité


Le jour venait de se lever sur Versailles... La reine tournait en rond dans ses appartements... Elle ne savait plus où donner de la tête... Qui croire à présent? Qui disait vrai? Rosalie et Girodelle c'étaient joués d'elle... Selon leur dire le général de Jarjayes aussi... Et Fersen... Son cher Fersen... Comment cela pouvait-il être possible? Elle ne pouvait s'imaginer que son amant puisse ainsi lui jouer dans le dos... Cela ne pouvait s'avérer être vrai... Et pourtant... Cette petite fille... Mentait-elle seulement, guidée par les mensonges tissés d'Oscar, André, Rosalie, Girodelle... L'avaient-ils manipulé pour qu'elle joue cette triste comédie? Ou était-ce réel que tout cela... Elle n'arrivait plus à mettre de l'ordre dans ses idées... À premier abord, assise dans le carrosse, elle s'était refermée songeant qu'on venait de la tromper, d'abuser d'elle... Elle avait crue à une pièce montée... Mais... Plus la petite parlait, plus elle semblait atteindre son cœur... Son cœur de mère peut-être... Lorsqu'elle parla de la mort de sa mère, elle avait ressentis de la sympathie, de la tristesse... Mais elle n'était plus sûre de rien... Il lui fallait mettre de l'ordre dans ses idées, regarder chaque carte, chaque version de l'histoire... Elle devait d'abord confronter Fersen afin d'obtenir des réponses... Bien qu'elle songea que si tout était vrai il nierait certainement en bloc... Il fallait le forcer à tout lui avouer... Comment savoir s'il lui mentait... Elle se rappela les dire de la petite; un docteur... Il lui fallait rencontrer ce médecin... Il pourrait la renseigner sur l'état du général de Jarjayes, ainsi que sur la supposée maladie d'Oscar... Oui ce serait là un bon début... Elle y songea longtemps alors que ses soubrettes l'habillaient... Puis elle fit demander un de ses gardes, qu'elle envoya quérir le médecin de famille des Jarjayes... Qu'il remue ciel et terre ou tous les cabinets de médecins en ville s'il le fallait, il lui fallait cet homme... Marie-Antoinette était déterminé à mettre de la lumière sur cette histoire... Mais lorsque le capitaine des gardes suisses, homme en second de Fersen, demanda une audience, son estomac se noua... Sans savoir pourquoi, elle pressentait que quelque chose n'allait plus... Aussi le reçu-t-elle afin de taire ce mauvais sentiment... De toute façon, elle songea qu'elle ferait mieux d'aussi rencontrer les gardes sous le commandement de Fersen pour obtenir leur version, car Mélodie avait bien dit que c'était eux qui avaient tiré sur sa mère... Elle finirait bien par découvrir toute la vérité... Le capitaine entra et s'inclina devant la souveraine... Celle-ci garda sa prestance.

- Relevez-vous capitaine... fit-elle. Qu'est-ce qui vous amène à me demander audience aussi tôt le matin?

Le capitaine se releva, mais ne répondit pas immédiatement... Par où commencer? Quoi lui dire? Lui-même ne savait plus quoi penser de tout ce foutoir...

- Et bien parlez capitaine...
- Majesté... Je viens vous informer d'une mission que l'on nous a confiée avant hier soir...
- Une mission? En quoi cela me concerne-t-il?
- Vous avez demandé à être informé de tous ce qui attrait à l'affaire du colonel de Jarjayes...
- Le colonel Oscar dites-vous? Parlez capitaine!
- Notre commandant nous a donné ordre de le suivre pour un entretient assez inusité dans la forêt, en pleine nuit...
- Un entretient?
- Oui... Il disait avoir obtenu des informations de source sûr, lui promettant le traître André Grandier vivant...
- André? Le valet du colonel?
- En effet... Nous avions pour ordre de demeurer tapis dans la forêt, durant cet entretient, pour en assurer un bon déroulement... Le commandant ne nous a rien dit de plus... Et nous l'avons suivis...
- Vous dites donc que Fersen aurait eu des informations sur André et qu'il ne m'en aurait pas informé?
- Oui majesté...
- Je vois... Continuez...
- Nous avons suivis le carrosse du général de Jarjayes, qui faisait visiblement partie de cet entretient lui aussi... Ce qui m'a paru suspect c'est que lorsqu'ils sont descendus du carrosse, il y avait une jeune fille ligotée avec eux... Ils l'ont traîné dans la forêt jusqu'à une clairière... Le commandant a alors allumé un feu et une femme est arrivée peu après... Ils ont eu un entretient assez, étrange je dois l'admettre, sur un échange entre la jeune fille, qui je fini par le comprendre s'avérait être la fille de la dame et le traître... Je ne croyais pas que le commandant s'abaisserait aussi bas; enlevé une enfant...
- Vous n'êtes pas en position de juger capitaine...
- Veuillez me pardonner votre majesté... Donc l'échange se fit... Mais cela s'avéra être un piège.... L'homme n'était pas André Grandier...
- Ho... Donc tout cela pour rien...
- Pas exactement, laissez-moi continuer... Au signal du commandant nous avons chargé et les avons pourchassé dans la forêt... Nous avons subis des pertes, et eux aussi, notamment la femme responsable de cet échange...
- Ho...

La reine songea alors à la fillette qui les avait rejoint la veille... Elle avait parlé de la mort de sa mère, elle su alors au moins que cette partie de l'histoire était vraie...

- Continuez capitaine...
- Nous les avons pourchassé toute la nuit, pour débouché au domaine de la femme en début de matinée... Nous avons alors repéré le véritable André Grandier... Et nous l'avons pris en chasse... Nous l'avons vu se jeter en bas d'une colline assez à pic pour s'échapper, alors nous avons décidé de lui tendre un piège plus loin, en bas... Nous avons rejoins le commandant et le général de Jarjayes et c'est là que nous les avons retrouvé... André Grandier, Alain de Soisson, et le colonel Oscar de Jarjayes...
- Le colonel? Vous avez vu le colonel?

La reine repensa alors aux dires de Mélodie, au fait qu'Oscar serrait supposément prisonnière au domaine de son père... Cette partie de l'histoire semblait donc fausse... Retour à la case départ, tous se mélangeaient encore dans sa tête...

- Oui votre majesté... Je tiens d'ailleurs à vous informer qu'ils sont tous les trois présentement en cellule sous clé...
- Comment dites-vous? Vous les avez eu?
- Disons plutôt que le colonel c'est rendu...
- Oscar? Se rendre? Cela ne lui ressemble pas...
- Je sais, mais il s'avère que cette fois elle a baissé les bras...
- Vous voulez dire, elle... Vous saviez?
- Je ne l'ai appris qu'hier à cause de ses paroles...
- Qu'elles paroles?
- Elle a parlé d'un plan entre le général et le commandant...
- Fersen? Un plan?

Et voila sa recommençait... La reine sentait qu'elle était aspirée dans un tourbillon d'informations soudainement...

- Je l'ai découvert lorsqu'elle a dit que le général aurait besoin d'elle pour obtenir un héritier, que le général souhaitait qu'elle enfante un garçon... J'ai compris entre les branches qu'elle était femme... Et je crois que le plan du général était de la marier au compte de Fersen afin qu'elle donne naissance à un fils, pour que la ligné des Jarjayes ne s'éteigne pas avec elle...
- Mais c'est absurde! Il ne porterait pas le nom de Jarjayes...
- Il faut croire que c'est plus compliqué que cela; le colonel a d'ailleurs parlé du fait de la faire disparaître après la naissance de ce dit garçon...
- Quoi?
- C'est la stricte vérité majesté... Je dois dire que toute cette histoire n'est pas nette, mais vous pourrez interroger les principaux intéressés puisque le général est également en cellule...
- Et Fersen? Vous l'avez aussi mis sous clé?
- Non... Hélas votre majesté... Vous ne pourrez guère l'interroger...
- Comment? Aurait-il fuit? Lâche!
- Non majesté... Juste que... Il y a eu un... Incident si on peut dire...
- Un incident...
- Il s'avère que la jeune fille qui a servit à conclure l'échange premier... A débarqué et voulu venger la mort de sa mère...
- Mais... Mais... Vous voulez dire que... Non c'est...
- Hélas... Majesté... Le commandant a été tué...

La reine sembla se figée totalement... Fersen? Son Fersen? D'abord on lui annonçait qu'il lui jouait dans le dos, et maintenant... Qu'il était mort? Non... Impossible... Ce qui restait de son coeur se brisa littéralement dans sa poitrine... Des larmes coulèrent sur ses joues... Le capitaine baissa la tête... Tous soupçonnaient les liens qui unissaient la reine au suédois... Il venait d'en avoir confirmation...

- Laissez-moi! Fit la reine.

Le capitaine s'inclina, il ne servait à rien de discuter avec elle... Il savait que cela se terminerait ainsi, voila pourquoi il avait raconté le reste de l'histoire avant d'annoncer la mort du suédois... Et maintenant? Il lui fallait sans l'ombre d'un doute avertir le roi de la situation...

* * *


Oscar et André avaient fini par s'endormir l'un contre l'autre, sur une des petite couchette de paille... Tous ces évènements, tous ces bouleversements, toutes ses émotions avaient eu raison d'eux... Ils étaient exténués... André se réveilla le premier, serrant le corps encore endormi d'Oscar contre lui. Il n'arrivait pas à croire qu'enfin il la tenait dans ses bras, mais en quelles circonstances? Comme la vie lui parue cruelle... Comme il aurait aimé revenir en arrière... S'il en avait le pouvoir, il reviendrait dans le temps et choisirait de s'enfuir avec elle au lieu de rester avec les gardes françaises pour participer à cette révolution... Égoïstement il aurait fuit avec elle... Pour vivre enfin leur amour... Pour connaître enfin le bonheur qu'on leur refusait sans cesse... Il glissa une main jusqu'à son ventre doucement, songeant à cet enfant qui verrait le jour dans un monde bien sombre, bien cruel... Ils n'avaient jamais abordé le sujet ensemble, elle n'était pas prête encore... Tout était encore si nouveau entre eux, mais surtout pour elle... Laisser tomber ce statut d'homme pour vivre son amour auprès de lui, acceptant enfin sa nature de femme... Et elle avait encore du mal à le faire, il le savait, mais voila qu'elle se retrouvait enceinte, à devoir assumer cette nature pleinement désormais... Il songea au moment où elle avait dû le découvrir... Il la connaissait par cœur son Oscar, il savait qu'elle avait dû être effrayée, qu'elle avait dû se poser milles et une question... Il la connaissait... Et il souffrait de ne pas avoir été à ses côtés pour la rassurer, pour en être heureux avec elle... Et maintenant, que leur réserverait leur avenir? Il doutait de pouvoir sortir en vie de cette prison, il doutait des choix de la reine, surtout après la mort de Fersen... Déjà ils auraient eu du mal à la convaincre de les laisser partir, mais maintenant que Fersen n'était plus, c'était peine perdue... Il songea qu'il serait sans doute envoyé au gibet... Ainsi qu'Oscar une fois l'enfant venu au monde... Il songea à la tristesse de cette fin malgré lui... Tout semblait perdu...

Il fut tiré de ces pensées par un bruit de clé dans la serrure...

- Oscar, murmura-t-il à son oreille...
- Hum...
- Oscar, quelqu'un vient réveille-toi...
- Hein?

Oscar ouvrit les yeux, mélangés, mais dès que la porte s'ouvrit elle reprit contact avec la triste réalité qu'était la leur... C'était le capitaine qui les avait conduit là... Oscar se leva, mais fut prise de vertige malgré elle...

- Ho non... Pas maintenant... fit-elle en posant une main sur son ventre...

Elle avala de travers... Le capitaine la regarda blêmir quelque peu...

- Tout va bien colonel? Demanda-t-il...
- Si...Enfin... Je...

Elle se retourna et se pencha dans un coin, n'évacuant qu'un liquide plutôt jaunâtre... Elle n'avait rien mangé la veille vu les évènements... Elle n'avait donc rien dans l'estomac... Mais celui-ci se révulsait malgré tout... André posa une main dans son dos et le capitaine les regarda, un peu décontenancé...

- Tout va bien colonel? Fit-il lorsqu'elle se releva enfin, s'essuyant la bouche de la manche de sa robe.

André, prévenant, l'aida à se rassoire sur la couchette.

- Si si... Qui a-t-il? Fit-elle pour changer de sujet.
- Êtes-vous souffrante?
- Non sa va je vous dit... Allez droit au but capitaine... Ne vous ai-je pas enseigné à vous mêlé de ce qui vous regarde?
- Heu.... Si... Enfin... Je venais vous informer que je venais de mettre la reine au courant de toute la situation...
- Ho... De tout?
- Si... J'ai terminé par l'annonce du meurtre du commandant...
- Elle doit être dans tous ses états...
- En effet, elle c'est enfermée dans ses appartements... J'ai également mit sa majesté le roi au courrant.
- Je vois... Mais encore...
- Il dit qu'il organisera donc votre procès pour demain matin, il veut en finir au plus vite avec cette histoire... Vous comparaîtrez ainsi que le général de Jarjayes, le colonel de Girodelle et...
- Girodelle?
- Vous ne le saviez pas? Il paraîtrait qu'il a emmené la reine dans les rues de Paris, incognito avec Rosalie Lamoriel... Ils ont été mis aux arrêts hier, mais personne ne sait vraiment pourquoi outre sa majesté... Le plus étrange c'est cette fillette enfermée avec eux...
- Ho mon Dieu... Mélodie... fit André.
- J'espère qu'ils vont bien... fit Oscar.
- Si ne vous inquiétez pas... Permission de parler librement colonel...
- Allons capitaine nous sommes vos captifs à présent, et je ne suis plus votre colonel...
- Sauf votre respect, j'ai du mal à m'y faire... Le fait est que j'aimerais beaucoup comprendre toute cette histoire... Vos actions contre le peuple, cette histoire sur la maladie de monsieur votre père, l'implication de Fersen dans votre enfermement, cette histoire d'héritier, pourquoi le colonel est mêlé à tout cela... Je ne vous demande pas de m'expliquer, tout sera mit au clair lors de ce procès... Mais je vous admirais lorsque vous étiez mon supérieur, et je dois admettre que même après je vous admirais encore... Et je tenais à vous faire savoir colonel, que j'ai du mal à croire que vous ayez commis tout ce dont on vous accuse... Si je peux faire quoi que ce soit pour vous, sans me compromettre bien sur...
- Cela va de soi capitaine...
- N'hésitez pas...
- Il y a bien une chose... Faite transférer la jeune fille qui a tiré sur Fersen dans la même cellule que sa sœur...
- Hum... Pour...
- Elles sont jeunes capitaine, et en ce moment, elles doivent avoir besoin l'une de l'autre... C'est tout ce que je peux demander sans vous compromettre... Sans quoi je vous demanderais bien la clé pour sortir d'ici, fit-elle avec un demi-sourire.
- Bien... Vous avez mon soutient colonel...
- Merci capitaine...

Le soldat se retira alors, laissant Oscar et André seul...

- C'est un brave type ce capitaine, remarqua André.
- En effet... Il était très prometteur et je dois admettre qu'il est devenu ce que j'attendais d'un bon soldat...
- Oui... Tu vas bien?
- Oui... Ne t'inquiète pas...
- Tu crois que... La maladie...
- Non André... Ne me parle plus de...
- Mais elle pourrait revenir...
- Je sais... Mais cette fois c'est ça faute à lui... Ou à elle... fit-elle en riant doucement.
- Hein?
- Tu n'as jamais entendu parler des nausées matinales? Je t'assure que c'est insupportable par moment... fit-elle en riant.

André la serra contre lui... Il l'admirait tant à cet instant... Ils étaient là, enfermé.... Condamné... Et elle tentait de détendre l'atmosphère comme si tout était normal... Il admira son courage... Sa force... Il tenta d'en puiser un peu en la serrant dans ses bras fortement...

* * *

La capitaine tenu sa parole... Il amena Mérina vers la cellule de Rosalie et Girodelle... Lorsqu'il entra avec la jeune fille, les deux le regardèrent surpris... Que faisait-elle là... Mais Mélodie se jeta contre sa sœur... Les deux petites s'écroulèrent sur le sol, serrée l'une contre l'autre, en larme...

- Capitaine, comment est-elle... commença Girodelle.
- Elle a assassiné le compte de Fersen!
- Quoi? S'exclamèrent les deux.
- Il a tué... Ma mère...
- Mon Dieu... fit Rosalie.
- Elle a été prise de même qu'Alain de Soisson, André Grandier et le colonel de Jarjayes...
- Ho non... soupira le colonel.
- Hélas oui... Je vous annonce d'ailleurs que votre procès débutera demain... En attendant le colonel m'a présenté la requête de réunir les deux sœurs...
- Cela va de soi, fit Girodelle.
- Aussi colonel de Girodelle vous demanderais-je de me suivre s'il-vous-plait... Il n'y a pas de place pour vous quatre ici...
- Je vois... Je vous suis...

Il regarda Rosalie, et celle-ci répondit par un simple signe de tête, après quoi elle s'agenouilla sur le sol, serrant les deux petites dans ses bras... Ce spectacle fit mal au cœur au deux militaires... Mais ils sortirent... Girodelle fut mit avec Alain et chacun raconta à l'autre son histoire... Tout semblait pour le pire... Comment est-ce que tout cela se terminerait?... Ils n'avaient que peu d'espoir au final...

 

Chapitre 83 :
Le procès

La journée se passa sans réel changement... Oscar et André la passèrent étendu l'un près de l'autre sur la couchette, élaborant des plans d'avenir comme s'ils allaient partir d'un jour à l'autre, tentant d'oublier leur situation et leur mince chance de s'en sortir, Girodelle et Alain parlaient plutôt stratégie pour le lendemain alors que Rosalie tentait de réconforter les deux petites devenues si fragile suite aux derniers évènements... Tant qu'à la reine, celle-ci demeura enfermée dans ses appartements, refusant de voir qui que ce soi... Même lorsque le garde chargé de ramener le médecin de famille des Jarjayes revint, triomphant de sa mission avec le docteur Lassone, elle refusa d'ouvrir la porte... Par contre, le capitaine se chargea d'interroger ce médecin sur l'état du général après l'avoir entretenu de la situation, lui demandant de venir témoigner le lendemain pour le procès... Toutes les cartes devaient être mises sur table... Le capitaine demanda finalement à chacun d'écrire un rapport sur la situation, qu'il remettrait au président d'assemblé le lendemain...

Dans ses appartements, la reine s'était laissée tomber sur son lit, en pleurs... Elle pleurait l'effondrement de son univers tout entier depuis le matin... Elle ne voulait voir personne, car personne ne pouvait l'éclairer dans son éparpillement de pensée... Elle pleurait la perte du seul homme qu'elle avait vraiment aimé, elle pleurait son manque de discernement face à tous les malheurs qui arrivaient, elle pleurait sa triste solitude que personne ne pourrait jamais comprendre dans les circonstances... Elle pleurait son impuissance, sa douleur, la perte de son amour... Elle se sentait brisée de l'intérieur... Elle tentait de calmer ses sanglots afin de retrouver sa rationalité... Hélas... La douleur était beaucoup trop vive... Comment faire désormais pour affronter la vie si elle ne pouvait plus le voir? Comment faire pour savoir ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas? Comment faire pour trancher le lendemain... Elle ne savait plus...

À nouveau on frappa à la porte de ses appartements...

- Votre majesté... Permettez-moi d'entrer... Je vous en pris...

Cette voix lui était familière... Cette voix... Oui... Enfin une partie de réponse à ses prières...

Elle se dirigea vers la porte et l'ouvrit, laissant entrer cette personne qui représentait peut-être ses derniers espoirs de compréhension... Les courtisans attroupés devant l'entrer ne comprirent pas pourquoi elle lui ouvrait à elle... Alors que certain tentait en vains depuis le matin...

* * *

Le lendemain arriva finalement... On vint chercher tous les prisonniers assez tôt pour les mener, poings liés dans leur dos, vers la salle d'audience... Plusieurs courtisans étaient présents dans la salle... Mais aucun visage ami hélas... Déjà certains se délectaient du spectacle, d'autre souhaitait la peine de mort des traîtres... Mais des acclamations se firent entendre lorsqu'on fit entrer le général e

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire