La fin n'est pas venue,fin

Chapitre 84 :
Sentence


Ils passèrent tous la nuit dans leurs cellules respectives... Oscar et André discutèrent de l'arrivée de la comptesse, qui s'était avérée la grande surprise de la journée... Mais leur espoir face au verdict final était bien faible malgré eux... Ils savaient que la reine ferait des pressions sur son époux tant qu'à la sentence et que cela ne jouerait certes pas en leur faveur vu la mort de Fersen... Ils passèrent la nuit collé l'un à l'autre, comme si cette nuit serait la dernière ensemble, et s'endormirent finalement... Alain et Girodelle parlèrent aussi des évènements... Alain songeait que Girodelle avait plus de chance de s'en sortir puisqu'il n'avait, outre cachée la vérité, rien fait et qu'il éviterait peut-être la mort pour nombreux services rendus ainsi que dû à son rang... Mais ce dernier était beaucoup plus pessimiste... Son rang n'y changerait rien, il avait trahis leurs majestés... De leur côté Rosalie et les deux petites gardaient plutôt le silence... Mérina n'était plus la même; elle avait du sang sur les mains... Pas au sens propre, mais au figuré... Elle avait enlevé la vie... Et elle avait tout perdue... Elles finirent par s'endormir l'une contre l'autre...

Le roi et la reine se retirèrent chacun de leur côté, afin de mettre de l'ordre dans les idées... Le roi seul prendrait la décision finale, mais dans cette affaire, il jugea qu'il écouterait l'avis de sa femme, car elle avait été abusé plus que lui et y avait été mêlée... Ils se consulteraient donc à l'aube le lendemain...

La nuit avançait, et pourtant la reine de France n'arrivait guère à trouver le sommeil...Elle ne savait plus où donner de la tête, ni quoi penser de toute cette comédie... Certes, la veille l'arrivée de Louise de Jarjayes avait confirmé certaine parcelle de l'histoire... Il n'y avait pas à douter quant au rôle du général de Jarjayes dans cette histoire, mais ce rôle confirmait malheureusement l'implication de Fersen... Son cher Fersen... Il lui avait joué dans le dos... Qu'importait si ce n'était que pour taire les rumeurs à leur égard en épousant Oscar... Il lui avait mentis... Nombreuses étaient les fois où elle avait parler d'Oscar, qu'elle s'inquiétait malgré ses agissements, car elle avait toujours beaucoup aimé son colonel... Pas d'amour charnelle, mais d'une amitié terriblement forte... Elle avait eu le cœur brisé lorsqu'Oscar lui avait fait ses adieux... C'est à ce moment qu'elle avait commencé à se questionner sur ses agissements en tant que reine de France... Mais... Malgré cela... Elle n'avait pas tout compris alors... Et si maintenant elle avait compris certaines erreurs par sa visite à Paris, elle n'était plus sûre de vouloir changer quoi que ce soit... Après tout n'était-elle pas la reine de France? Pourtant elle doutait sérieusement...

Tournant en rond dans ses appartements, elle tomba par hasard sur la petite poupée qu'avait achetée Rosalie à cette petite fille, Mélissa... Celle qui lui ressemblait à ce qu'elle avait dit en riant; Rosalie la lui avait laissé pour qu'elle n'oublie pas... Certes jamais elle n'oublierait le visage de cette petite fille... Elle avait tant d'espoir face à elle... Que décider? Que faire... Elle songea qu'autrefois elle aurait été dégoûtée de cet amassie de chiffon, mais ce soir-là elle le regardait autrement...

Elle se remise à penser à la petite fille enfermée en bas... Cette petite fille blessée par le soleil, qui avait perdue sa mère, des mains de Fersen... Le regard pâle embué de larme de l'enfant ne quittait pas sa mémoire bien qu'elle tenta en vain de fermer son cœur... Soudainement prise d'un élan qu'elle ne comprit pas, elle prit une chandelle et quitta ses appartements... Elle arpenta les couloirs silencieusement, évitant des gardes qui effectuaient leur ronde habituelle... Elle se rendit au sous bassement, là où était retenus les prisonniers... Les gardes qui en gardaient l'entrée lui suggérèrent de remonter dans ses appartements, que ce n'était pas un endroit pour la reine, mais elle les fit taire leur rappelant qu'ils n'étaient que de simple soldat... Marie-Antoinette descendit finalement, silencieusement... Elle regarda par la fenêtre grillée de la première porte et aperçu le colonel de Girodelle ainsi qu'Alain étendu sur des couchettes, endormis... Elle passa à la porte suivante... Elle regarda longuement à l'intérieur malgré elle... Oscar et André étaient étendus sur une même couchette, serré l'un contre l'autre... Elle regarda le bras protecteur d'André serrer Oscar, sa main posée à la hauteur de son ventre... Elle regarda son ancien colonel endormie près de cet homme... Son visage semblait paisible malgré tout... Elle songea qu'Oscar avait beaucoup changé depuis la dernière fois où elle l'avait vu... Elle était passée du fier militaire à cette femme semblant fragile, cherchant la protection de l'homme qu'elle aimait... Elle ne put s'empêcher de penser à Fersen...

Elle fut tirée de ses pensées lorsqu'une douce mélodie arriva à ses oreilles... Elle changea de côté de couloir et se posta à la fenêtre de la porte de la cellule... Elle aperçue Rosalie étendue avec celle nommé Mérina sur un lit, endormit, et la petite Mélodie juchée debout sur l'autre couchette, semblant regarder dehors, fredonnant cette douce berceuse... Ses mains serraient les barreaux, une légère brise jouait avec ses cheveux blancs qui semblaient presque briller sous les rayons de lune...

- Hey, que fais-tu petite? Fit la reine.

Mélodie sursauta et lâcha sa prise, se laissant tomber sur la couchette. La petite fille, qui ressemblait d'avantage à un fantôme à cet instant songea la reine, mais a un fantôme apeuré, regarda vers la porte. Elle reconnue le visage de la reine de France illuminé par la flamme d'une chandelle, qui regardait par la fenêtre... Mélodie se leva, curieuse de la voir là, et approcha de la porte... Elle prit un petit banc posé dans un coin et le posa devant la porte avant de grimper dessus pour être à la hauteur de la petite fenêtre... Marie-Antoinette scruta les yeux inquisiteurs de la petite un instant.

- Que faisais-tu près de la fenêtre? Demanda-t-elle encore.
- Je... Regardais la lune...
- Tu arrives à la voir de là?
- Si... Elle est haute ce soir...
- Pourquoi ne dors-tu pas?
- Je n'ai pas sommeil... Normalement... Je dors le jour... La nuit j'ai du mal à fermer les yeux totalement... Et puis-je savoir ce que sa majesté fait à la porte d'une cellule...
- Ce... Je ne trouve pas le sommeil non plus...
- Vous vous posez trop de question?
- Pardon?
- Ma mère disait toujours que le sommeil n'arrive jamais quand on se pose trop de question... Alors si vous ne dormez pas, c'est que vous vous posez des questions j'imagine?
- Peut-être en effet... Rien n'est facile tu sais petite...
- Je sais... Maman disait toujours que la vie n'était qu'une succession d'épreuve et de pourquoi...
- Elle disait beaucoup de chose ta mère...
- Oui... Beaucoup... Elle avait toujours réponses à tout...
- À oui à tout?
- Oui... Même quand elle ne savait pas vraiment, elle répondait une de ses belles affirmations, comme que toute chose a sa raison d'arriver... Même les plus triste...
- Comme la mort?
- Comme la mort oui...

Les yeux de la petite s'embuèrent malgré elle...

- Désolée...
- Ne le soyez pas votre majesté... Je... Je questionnais la lune pour comprendre la raison de sa perte... Parce que... C'est ce qu'elle m'a appris à faire... Trouver la raison des choses pour les comprendre... Et pouvoir avancer... Mais... Je n'ai pas encore trouvé la raison... Je... Elle me manque...
- Tu sais, la mienne aussi est morte...
- Ha oui? Vous avez dû être triste?
- Oui... Comme toi...
- Beaucoup trop de gens meurent... Maman disait que c'était parce que leur tâche sur terre était finie... Que leur route se terminait et qu'ils s'en allaient vivre dans un autre monde, par delà la lune...
- Tu y crois?
- Oui... Sinon c'est trop triste...
- Ho... Tu as raison... Mélodie... Pourquoi ta mère a-t-elle choisi d'aider le colonel Oscar et son ami?
- Elle a dit que c'était son tour de l'aider à se relever, pour payer sa dette...
- Sa dette?
- Oui... Ma mère a rencontré le colonel alors qu'il était capitaine des gardes... Elle m'a raconté qu'à l'époque, vous veniez d'arriver en France... Et ses parents l'ont emmené à la cour et elle est tombée en se présentant au capitaine et Oscar l'a aidé à se relever...
- À la cour? Tu veux dire que ta mère était...
- De naissance noble oui...
- Mais comment...
- Maman n'aimait pas venir à la cour... Lorsque ses parents sont morts dans l'incendie de leur domaine, elle est restée avec sa grand-mère là où nous vivions... Elle a renoncé à son titre de noblesse...
- Donc tu aurais pu...
- Oui... Vous savez majesté, maman disait qu'il ne faut jamais se fier aux apparences... Parfois les plus beau trésor se retrouve sous des aillons et de la poussière...

La reine ne répondit pas... Elle se jura de vérifier cette affirmation, à savoir si cette Ariane était vraiment d'origine noble... Mais... En même temps, au fond, qu'est-ce que cela changeait vraiment à l'histoire? Elle ne savait pas plus où elle en était qu'à son arrivé... Cette petite était bien étrange...

- Je suis désolée, je n'ai pas à vous faire la morale... fit Mélodie en baissant la tête.
- Sa va... Je... Vais remonter je crois...
- Ce serait plus sage oui... Et majesté... Questionnez la lune, peut-être vous indiquera-t-elle le chemin à suivre?
- Peut-être... Tu devrais dormir tu sais petite...
- Peut-être... Mais la nuit est mon jour à moi, mon univers...

La reine souria à demi et repartit... Elle était encore plus troublée des paroles de cette enfant... Plus encore qu'à la suite de ce procès... Arrivé à l'étage de ses appartements, elle ne put s'empêcher de passer par les chambres de ses propres enfants... Les trouvant endormi, elle les contempla longuement... Et si c'était ses enfants qui s'étaient retrouvé dans la rue, sans elle ni le roi? Et si c'était eux qui s'étaient retrouvé orphelin? C'est le coeur lourd qu'elle retourna à sa chambre, où elle s'asseya à sa fenêtre pour contempler la lune...

* * *

Le temps était finalement venu de prononcer le verdict... Comme la veille, Oscar, André, Girodelle, Alain, Rosalie, Mérina, Mélodie et le général se trouvaient à genou devant l'estrade, les mains liées dans le dos... La comtesse de Jarjayes étaient également présente, mais debout dans un carreau à part, entourée de garde...Le roi et la reine était assis sur l'estrade et le président d'assemblé ouvrit la séance, réexpliquant à l'assistance les chefs d'accusations de chacun...

- Bien, je laisse dont la parole à sa majesté Louis XVI... fit-il finalement.

Le roi se leva.

- Général de Jarjayes, levez-vous...

Le général obtempéra...

- Suite à la séance d'hier, nous vous déclarons coupable de tous les chefs d'accusation retenue contre vous...

Des murmures s'élevèrent dans l'assistance, certains incrédules, d'autres contents de cette fin... Le général serrait les dents...

- Vous avez abusé de tous vos privilèges, avez élevé votre fille au dessus de sa condition, mentis à vos proches et par la même occasion à la reine et moi-même et vous avez retenu une fugitive chez-vous sans nous la livrer... Vous êtes condamné... À la guillotine...

Le général s'emporta alors, l'assistance fut prise de surprise... Le président d'assemblé fit emmener le général en cellule par les gardes, disant que la date de sa mise à mort serrait décidé plus tard... Il menaça de faire évacuer la salle... Lorsque le silence revint enfin, le roi fit avancer la comtesse de Jarjayes.

- Madame, après de lourdes discussions, la reine et moi-même en sommes venus à la conclusion que vous avez été une victime dans cette histoire... Et bien que vous aillez laissé la fugitive s'échapper, nous vous pardonnons votre faute pour vous être immédiatement rendu à Versailles afin d'éclairer toute cette comédie... Vous êtes libre, mais un prochain faux pas de votre part nous mettrait dans l'obligation d'appliquer la même sentence qu'à votre époux.

De nouveaux murmures furent entendus dans la salle, Oscar fixa sa mère avec un sourire malgré elle... Au moins une d'entre eux tous serraient épargné... Elle était soulagée... La comtesse fit une révérence et retourna s'assoire, attendant la fin de cette histoire... Ses inquiétudes allaient vers sa fille...

- Colonel de Girodelle, levez-vous... continua le roi.

Le colonel se leva, tête baissée.

- Colonel, depuis des années vous avez servis sous nos ordres sans jamais faillir... Par contre, vous vous êtes rendu coupable en aidant madame de Lamoriel, enfin, madame Châtelets, à approcher la reine et à monter ce plan. Vous avez omis de parler de l'endroit où était retenue Oscar François de Jarjayes et de cette comédie... Vous serez donc relâché, mais démis de vos fonctions en tant que colonel des gardes royaux pour cette trahison...

Nouveaux murmures, le colonel acquiesta la sentence. On le détacha et il rejoignit la comtesse de Jarjayes... Il n'arrivait pas à croire que sa vie était épargnée...

- Colonel Oscar de... Enfin Madame de Jarjayes, levez-vous... fit le roi.

Oscar se releva, malgré elle avec un peu de difficulté... Elle garda la tête baissée, attendant l'annonce de la sentence...

- Vous êtes accusée d'avoir trahis vos souverains, d'avoir mené le peuple à la révolte et de vous être enfuis... Nous vous déclarons innocente sur le fait d'avoir désertée puisque ce fut pour cause de maladie et d'enfermement par votre père si vous n'avez pu revenir... L'accusation attrayant à la prise de la bastille est également levée... Cependant, vu les circonstances, rien ne nous dit que vous seriez réellement revenu vous rendre si cela n'avait été de votre état de santé... Le fait est que vous avez vous-même avouée avoir défié des armées alliées... Vous êtes donc coupable de trahison...

La foule s'emporta encore, certains furieux que deux chefs d'accusation soient relevés, d'autres qu'elle soit accusée coupable... Une fois de plus on menaça d'évacuer la salle... À la surprise de tous, la reine se leva pour prendre place à côté de son époux...

- Oscar, commença-t-elle, je suis terriblement déçue de vos agissements sachez-le... Je vous estimais beaucoup lorsque vous étiez à mon service et vous m'avez trahis... Pour cela... Votre sentence sera la suivante : vous êtes destitué de vos fonctions ainsi que de vos titres... Désormais vous ne faites plus partie de la noblesse française...

Des exclamations de surprises, mais aussi de déception se firent entendre dans la salle, certains étaient mécontents, d'autre trouvait que cela avait du sens... On redemanda le silence...

- Je vous chasse également de la France, vous serez, ainsi que tous les autres qui ont participé à cette histoire c'est-à-dire, André Grandier, Alain de Soisson, Bernard Châtelets s'il réapparaît, Rosalie Châtelets, Mérina et Mélodie de Larochel, exilé aux Amériques... Un bateau partira cet après-midi avec vous tous... Sachez que si vous remettez les pieds en France, vous serez condamné à la mort... Telle est ma décision...

Oscar releva la tête, des larmes sur les joues malgré elle... Car si pour plusieurs nobles elle n'avait que ce qu'elle méritait, elle comprenait autrement cette sentence... Elle savait que la reine avait finalement choisi de la sauver, de lui permettre ainsi de vivre sa vie... Elle lui rendait son entière liberté...

Lorsqu'arriva finalement l'après-midi, ils furent tous escortés au bateau qui les emmènerait vers ce nouveau monde... Plusieurs étaient venus assister à ce départ... Bernard Châtelets les avait alors rejoins pour ce départ, ayant eu vent de cette sentence... Plusieurs autres allaient effectuer la traversé jusqu'en Amériques... Lorsque la nuit tomba, le bateau était déjà loin sur les flots... Oscar se tenait à l'arrière de celui-ci, une cape sur les épaules la protégeant du froid, fixant au loin la terre de France qui disparaissait à vu d'œil... André la retrouva, perdue dans ses pensées... Il passa ses bras autour d'elle et la serra fermement, caressant son ventre avec amour...

- Tu vas prendre froid tu sais, fit André.
- Possible... Mais... Laisse-moi réaliser que tout est enfin terminé...
- La France va te manquer? Tu regrettes?
- Non... André... La reine m'a redonné mon entière liberté... Elle a abolis les barrières entre nous... Elle m'a libéré de mes chaînes... En nous exilant là où plus personnes ne pourra nous faire de mal... Là où nous serons libre... André... J'essais de réaliser c'est tout...
- Es-tu heureuse?

Oscar se retourna dans ses bras pour le regarder droit dans les yeux... Elle passa ses bras autour de son cou et posa son front contre le sien...

- Jamais de ma vie je n'ai été aussi heureuse... Une nouvelle vie s'offre à nous... C'est comme... Un rêve... Comme si le colonel de Jarjayes était mort là-bas... Et que la femme que je suis grâce à toi avait vu le jour... André... Réalises-tu... Enfin nous sommes réunis... Enfin nous pourrons vivre ensemble, sans se cacher, sans contraintes, sans fuite... Et... Nous allons avoir un enfant...
- Oui... Oui je réalise Oscar... Mon Oscar...
- Et nous serons une famille... Je ne suis plus toute jeune tu sais... Cet enfant sera peut-être le seul que je porterai... Mais nous serons une famille avec Mélodie et Mérina...

André souria en la regardant... Dire qu'à peine quelques mois plus tôt elle ne parlait que de plan de bataille et de guerre, et qu'aujourd'hui elle parlait d'une famille... Ils passaient de colonel et soldat, à un couple parents de 2 jeunes orphelines et d'un enfant à venir... Comme la vie était étrange...

André se dégagea quelque peu et posa un genou à terre, souriant. Oscar fronça les sourcils...

- André que...
- Chose promis chose dû mon Oscar... Je te demande humblement, Oscar François de Jarjayes... Je n'ai rien d'autre que mon amour à t'offrir... Mais... Veux-tu devenir ma femme?

Oscar souria, transporté d'une vague de joie et de surprise...

- André... Tu es fou tu sais...
- Fou d'amour oui... Oscar... Deviens ma femme...
- Oui...

André se releva et l'embrassa passionnément... Certes il n'y aura jamais de véritable cérémonie, mais cette demande sous les étoiles venait de les unir à jamais...

 

Épilogue


La jeune femme assise sur un fauteuil de cuir noir referma le livre qu'elle tenait à la main. Ses longs cheveux bruns chocolat lui tombaient sur les épaules, ses yeux verts fatigués d'avoir tant lu parcouru les visages assis devant elle à même le sol...

- C'est ainsi que ce termine l'histoire, fit-elle.

Les trois adolescents assis devant elle se regardèrent tous, surpris, sans savoir quoi dire vraiment... Âgé de 17, 14 et 12 ans, les deux garçons et la jeune fille se fixaient, puis fixèrent leur mère.

- Mais... Maman, commença le plus vieux.
- Oui Cédric?
- Comment se fait-il qu'il n'y aucune trace du colonel de Jarjayes dans les livres d'histoires?
- Suite à tous ces évènements, sa trace à comme qui dirait été effacé... La révolution en France a continuée et le roi et la reine furent finalement renversé par le peuple et condamné à la mort... Mais certains passages ont été modifiés... Comme ce procès et l'histoire d'Oscar...
- Mais pourquoi? Demanda Mérédith, la jeune fille de 14 ans.
- Je n'y étais pas ma chérie, je ne saurais le dire avec certitude...
- Mais alors comment tu sais que tout ce qui est écrit dans ce livre est vrai? Demanda Cédric, soupçonneux.
- Parce qu'il a été écrit par Mérina et gardé jalousement par nos familles plusieurs années...
- Mais comment? Demanda Samuel, le cadet.
- Bon vous voulez la fin de l'histoire j'imagine?
- Oui!!!!!
- Très bien... Ils sont débarqués au pays peu avant la naissance de leur fils, Louis François Grandier. Au début rien ne fut facile, à l'époque le Québec n'était pas comme aujourd'hui... D'ailleurs il fut séparé en haut et bas canada en 1791... Mais je ne vous compterai pas toute l'histoire du Québec quand même... Oscar et André se sont établis avec Mérina et Mélodie, qu'ils ont élevés comme leur propre fille, Rosalie et Bernard près d'eux et Alain également...
- Est-ce qu'Alain a fini par trouvé l'amour maman? Demanda Mérédith.
- Hélas non ma chérie... Son cœur n'a jamais guéris...
- Ho... C'est triste...
- Disons plutôt qu'il est resté fidèle à Ariane? Bien... Le temps a passé et Mérina a repris l'écriture pour oublier tout ce qui était arrivé en France... Le meurtre de Fersen, la mort de sa mère... Elle a tout écrit afin que les descendants d'Oscar et André sachent ce qu'il c'était vraiment passé... Comme elle l'avait fait pour Oscar en France... Mérina ne c'est jamais totalement remise de ces évènements, elle ne c'est jamais marié et est décédée assez jeune... Elle a par contre appris l'art des herbes transmises par sa mère à sa sœur, qui s'y est consacrée sa vie durant...
- Haaaaa c'est là que tu trouves tes remèdes de grand-mère alors, fit Samuel.
- Hey oui, je vous l'ai dit c'est un héritage familial... Oscar et André n'ont pas eu d'autres enfants, mais je peux vous dire qu'ils ont vécus longtemps, et heureux... Ils sont morts dans leur sommeil dans un âge assez avancé à ce qui est écrit dans les mémoires de la famille...
- Hooooo.... Alors au fond cela se termine bien pour eux... fit Mérédith.
- Oui ma puce, cela se fini bien...
- Pas comme sur le DVD alors...

La jeune femme ria ainsi que son époux, assis sur le sofa près d'elle.

- Non pas sur le DVD... J'ai été très surprise lorsque j'ai découvert cette série... On dirait bien que les documents écrits par Mérina ont été retrouvé et tourné en fiction... Ce qui est bien en un sens... Mais il leur aura manqué la fin, que nous sommes les seuls à connaître...
- Alors on ne peut pas dire aux autres que tout est vrai? Fit Samuel.
- Non mon chéri, on ne vous croirait pas... L'important est que vous le sachiez, pour comprendre les origines de notre famille...
- Je comprends maintenant pourquoi tu as toujours insisté pour nous faire écouter ce dessin animé, dit Cédric.
- C'est pour cela... Vous pourrez d'ailleurs l'écouter durant mon absence...

Les mines réjouies des adolescents, redevinrent tristes...

- Pourquoi dois-tu partir maman? demanda Mérédith.
- Parce que tel est mon chemin... Le sang de mon ancêtre coule dans mes veines et me pousse à y aller...
- Mais pourquoi tu ne restes pas travaillé à l'hôpital? Demanda Samuel.
- Parce que je suis poussée à partir mon chéri... Mais je reviendrai... Dans 6 mois... En attendant, j'ai retranscrit touts les récits de Mérina sur mon ordinateur, votre père vous montrera... Vous pourrez découvrir les mémoires de notre famille en entier, puisque leur descendant on eux aussi écrit leur histoire et que je les ai copié, les pages se fragilisant avec l'âge... Tout est conservé dans un coffre-fort... Vous verrez que plusieurs on suivit ma voie... Comme Cédric souhaite le faire sans savoir pourquoi... C'est notre destin...

La jeune femme serra ses jeunes dans ses bras, puis elle se dirigea vers son époux, qu'elle serra avec amour... Celui-ci lui murmura à l'oreille...

- Tu t'ai toujours pris pour le colonel Oscar de Jarjayes non...
- J'aime plutôt à penser qu'elle m'accompagne... Je t'aime... Prends soin d'eux...
- Reviens moi en vie...

La jeune femme lui souria et se dirigea vers l'entrée, prenant son sac à dos pleins à craquer, et fit un salut militaire.

- Capitaine Mya Grandier prête à partir! Fit-elle.

Les trois adolescents, collé à leur père, firent leur salut comme ils avaient prit l'habitude de le faire chaque fois que leur mère partait à l'entraînement... Mais cette fois, la guerre était bien réelle... Ils la regardèrent partir, sachant très bien qu'un long moment passerait avant qu'elle ne repasse la porte...

Quelque part derrière la lune...

Une femme blonde et un homme brun regardaient la scène de loin, de très loin, serrer l'un contre l'autre... D'autres de leurs descendants regardaient également, mais le couple était en retrait...

- Tout à fait toi celle-là, fit alors André.
- Vraiment... Tu sais André... Le monde change et pourtant, nous revivons à travers eux constamment...
- Oui... Elle a mon physique, mais ton caractère orageux...
- Ho elle a aussi ton entêtement non?
- Disons un peu... Et son fil qui projette de rejoindre également l'armée...
- Comme le feront probablement leurs enfants et les enfants de leurs enfants...
- Notre héritage coule dans leur veine...

Le couple enlacé s'en alla doucement, souriant, réintégrant leur éternité après avoir réécouté pour la énième fois leur histoire...

FIN

 

Commentaires (3)

1. 23/05/2010

Mon "Lady Oscar-Bonanza"vient d'être publié(chap.1)(COWBOY PAT)...Si tu as l'occas'de le lire ton avis est le bienvenue!(je crois que je suis encre plus dingue)

2. 22/05/2010

Oui j'ai de drôle d'idée parfois lolllll; la fin était décidé d'avance, d'où le passage dans les premiers chapitre des histoires qu'écrivaient Mérina ^^ Ya peut-être juste une québécoise pour avoir l'Esprit aussi tordu lollllll contente que tu ai aimé ^^ (Bha vi parce que Mya c'est le diminutif de Marina )

3. 21/05/2010

Wow!!Drôle de ccl!!Bravo en tout cas...J'ai eu peur en voyant"exil en Amérique"...Heureusement leurs descendants ne vivaient pas dans un Ranch...SVP,ne piquez pas mes idéesLOL!!En espèrant que le début de mon Lady Oscar-Bonanza sera bientôt ici!!Bye et bravo à l'auteur!!

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