Chapitre 20: Que faire maintenant...
Dame Ariane avait laissé sa fille au bout soin d'Oscar afin d'aller remettre de l'ordre dans la maison... Mais également en son âme... Elle n'avait pas toujours fait les meilleurs choix dans sa vie... Et elle se questionnait aujourd'hui sur plusieurs d'entre eux... Elle avait mal jugé Oscar et sans doute les autres également... Du moins au sujet de sa fille... Elle s'en voulait un peu de ne pas avoir su leur faire entièrement confiance... Elle les avait pourtant hébergé sous son toit tout en connaissant les problèmes qui seraient à venir, les risques qu'elle faisait courir à sa famille déjà si fragile... Elle admirait tellement cette femme qui s'était ainsi battue contre toute attente, cachant et sacrifiant jusqu'à sa nature la plus profonde... Non seulement la nature de son corps... Mais la nature de son âme... La nature de son coeur... Elle aurait dû savoir qu'elle ne jugerait pas sa petite fille si fragile, si vulnérable... Mais en même temps, c'était la réaction de sa petite fille qui lui avait fait doutée, qui lui avait fait peur... Elle n'avait jamais émis le désir de rencontrer les étrangers qu'elle hébergeait, sauf le colonel de Jarjayes... Elle avait eu si peur de se trompé et qu'Oscar ne la rejette et que sa fille en ai le coeur brisée, qu'elle souffre... Au fond tout ce qu'elle désirait était le bonheur et la sécurité de sa famille... Il lui faudrait remédier à la situation... Elle savait bien qu'en vieillissant, sa petite Mélodie émettrait le souhait de rencontrer d'autre gens... Mais elle ne croyait pas que ce serait aussi tôt...
En remontant à la cuisine, elle avait soupiré en constatant l'état de sa maison. La table et les chaises avaient été renversées, de la vaisselle jonchait le parquet en morceaux... La jeune femme soupira et regarda à l'extérieur sans même jeter un seul regard aux autres pièces qui devaient être dans le même état... Elle vit Rosalie assise sur le perron dans la chaise berçante qu'avait occupé Oscar plus tôt dans la journée... Elle sortie pour la rejoindre. La jeune femme regardait l'horizon avec des larmes silencieuses sur son visage. Dame Ariane posa une main sur son épaule...
- Ils vont bien Rosalie ne t'inquiète pas... fit-elle doucement. Le colonel de Girodelle a bien dit que ses gardes n'avaient pas réussi à les suivre...
- Je sais...
- Rien ne sert de te morfondre ainsi... Ils vont devenir doué à ce petit jeu si cela continue ainsi...
- Oui sans doute...Ils doivent attendre d'être certains que tous soit calme pour revenir...
- Oui sûrement...
- Allons... Je vais commencer à ranger à l'intérieur...
- Je vais t'aider...
Dame Ariane souria à son amie et la regarda se lever. En effet, Rosalie avait besoin d'étourdir ses pensées en attendant le retour de son mari... C'est dans un silence de communion qu'elles rangèrent la cuisine... Chacune à ruminer ses propres pensés... Chacune à ses démons... Chacune avec des peurs bien différentes... Chacune respectant le silence de l'autre...
* * *
Il faisait tellement noir... Il faisait froid... Il sentait que ses vêtements étaient trempés... Il sentait qu'il était étendu sur un sol humide... Il sentait qu'il faisait froid... Mais il n'y avait que des ténèbres autour de lui, que du noir... Où était-il? Depuis combien de temps étaient-ils étendus sur cette terre humide et froide comme la mort? Depuis combien de temps courait-il comme un déchaîné... Et où l'avait dont mené ses pas? Il ne savait plus rien... Il ne comprenait plus rien... Il ne voyait plus rien... Mais il ne pensait qu'à une chose... Qu'il avait laissé quelqu'un de très cher à son coeur loin derrière lui... Quelqu'un... C'était une femme... Son amour... Sa lumière... Sa vie... Mais plus de nom... Plus de visage... Plus d'image... Plus de souvenir... Plus rien... Qui était cet être cher à qui il pensait tant en son coeur? Comment s'appelait-elle? De quoi avait-elle l'air? Pourquoi ne voyait-il dont que du noir, était-ce la nuit? Non... C'était une noirceure encore plus profonde que les ténèbres de la nuit... Une noirceur glaciale sans aucune lumière... C'était seulement du noir... Pourquoi aucune image? Pourquoi aucun visage dans sa mémoire... Mais le plus troublant en son âme était cette question qui lui brûlait les lèvres... Cette question pourtant si simple auquelle il ne pouvait pas répondre... Son ignorance lui fit peur... Le jeune homme commença à paniquer...Qui était-il?...
* * *
Le soir commençait à tomber sur la France alors qu'apparurent enfin au bout du chemin de terre, les silhouettes d'Alain et de Bernard... Rosalie sauta au cou de son mari une nouvelle fois et dame Ariane ne put s'empêcher de serrer Alain contre elle... Au fils du temps elle s'était beaucoup attachée à eux tous... Elle avait appris à les connaître, à voir au fond de leur âme leur honnêteté, leur bonté, leur justice... Elle les appréciait vraiment... Bien qu'épuisé par leur course folle dans les bois, les deux hommes donnèrent un coup de main aux deux jeunes femmes pour remettre de l'ordre dans la maison... Les autres occupants de la maison, au désarois de dame Ariane, avaient quitté le domaine, prétexant que l'endroit était devenu trop risqué pour eux... Elle ne les avait guère retenu, elle avait compris leur logique, mais elle les trouva malgré elle, lâche... Mais elle comprenait... Ne restait dont au domaine que Dame Ariane, Rosalie, Alain et Bernard, assis devant l'âtre du salon où brûlait un feu, et Oscar et Mélodie, endormie au sous-sol l'une contre l'autre... Au salon, la discussion allait bon train malgré tout...
- Je n'en revient pas, fit alors Alain. Se sont vraiment des lâches ceux-là pourquoi partir. Dire que nous aurions bien besoin de leur aide la prochaine fois afin de protéger Oscar...
- Il faut les comprendre Alain, fit Ariane. Ils ont peur c'est normal... Qui sait ce que ferait les gardes s'ils découvraient que nous cachions Oscar ici réellement.
- Elle a raison, soutenu Bernard... Il est vrai que c'est risqué, surtout avec l'avertissement de Girodelle...
- Mais je ne sais pas comment le prendre cet avertissement, fit Ariane.
- Il veut sans doute dire de prendre garde, que si vraiment vous cachiez Oscar votre châtiment serait impitoyable, fit Alain.
- Peut-être...
- Ou alors il voulait juste nous dire de faire attention, qu'ils reviendraient et de bien cacher Oscar, fit Rosalie.
- Nha... Pourquoi dirait-il cela? fit Alain.
- Et bien... André m'a raconté que le compte de Girodelle avait demandé la main d'Oscar à son père, fit-elle.
- Quoi?!? firent les autres.
- Mais elle était considéré comme un homme à cause de son père, ajouta Alain.
- Je sais, mais il y a eu un temps où le général de Jarjayes aurait voulu qu'elle redevienne femme et la marier, expliqua Rosalie. André m'a aussi confié que le compte de Girodelle était vraiment amoureux d'elle.
- Vous croyez qu'il ne veut pas vraiment la retrouver? demanda Ariane.
- Je ne sais pas, fit Rosalie.
- Mais pusiqu'Oscar aime André... Elle a dû refusé, réfléxionna Bernard.
- Exact, elle l'a un peu envoyé sur les roses à ce qu'il parait... fit Rosalie.
- Alors peut-être veut-il se vanger de cet affront, fit Alain.
- Peut-être qui sait vraiment, fit Rosalie.
- Sa devient assez dramatique tout cela, soupira Ariane.
- En effet, l'amoureux transi et résigné qui veut se vanger, fit Bernard.
- C'est digne d'un roman pour femme, fit Alain.
- Très drôle, fit Rosalie. Mais il est vrai que c'est une possibilité.
- Et ils reviendront sans doute ici un jour où l'autre... fit Alain. Ils partiront à la recherche d'information à Arras et quand ils se seront rendu compte que leur meilleure piste était ici, ils reviendront c'est certains...
- Il nous faut trouver une manière d'agir, fit Bernard.
- Espérons que d'ici là Oscar sera en mesure de se défendre... fit Rosalie.
- Et qu'André soit de retour, ajouta Ariane. Même si elle se bat... Je sais qu'elle n'est pas la même sans lui...
- C'est vrai...
- Ciel comme la situation a changé depuis la caserne, soupira Alain. C'était moins compliqué lorsqu'elle se comportait comme un homme.
- Alain! fit Rosalie.
- Mais c'est vrai. Elle était droite, fière, énergique. Elle savait ce qu'elle faisait rien ne semblait la troubler!
- Semblait... Voila bien ce que tu as dit, rien ne SEMBLAIT la troubler... Tu sais Alain, Oscar a toujours eu ses sentiments de femme en elle c'est ce qui a fait d'elle le colonel qu'elle était... Mais elle a toujours aimé André...
- Et bien j'aimerais réavoir cette colonel en face de moi qui taisait ces sentiments plutôt que de voir cette femme qui semble n'attendre que le retour de son amant...
- Assez! fit Ariane sèchement.
L'atmosphère commençait à se refroidir... Il est vrai que la fatigue jouait pour beaucoup, mais aussi l'inquiétude qui les rongeait tous et chacun... Mais dame Ariane voulait faire cesser ces hostilités avant que quelques choses de vraiment regrettable ne soit dit.
- Je n'aurais qu'une chose à dire... Si la situation déplait à quelqu'un qu'il s'en aille maintenant! fit-elle. Je sais combien la situation est troublante, dangeureuse pour nous tous... Mais nous sommes tous au courant des risques et ils nous faut composer avec ce que nous offre la vie alors que ceux qui ne sont pas prêts à accepter la situation s'en aille ou se taise à jamais!
Le silence demeura encore quelque peu. Alain baissa la tête quelque peu... Il réalisa qu'il s'était laissé emporté... Mais il était si peu habitué encore de voir Oscar aussi, comment dire, vulnérable? Cela le troubalit... Et ces courses à travers les bois commençaient à le lasser... Mais il n'abandonnerait pas... Ces gens étaient devenus la seule famille qu'il lui restait... Dame Ariane reprit alors son calme.
- Je comprends votre point de vu Alain... Il est vrai que le colonel de Jarjayes avait l'habitude de faire taire ses sentiments... Mais ce n'est pas que cela... Oscar doit composé avec sa perte d'autonomie... Même si elle est temporaire... Il est difficile pour elle de concevoir qu'elle n'est plus en mesure de se défendre par elle-même, d'admettre qu'elle a besoin d 'aide pour se déplacer, de composer avec la faiblesse de son corps et les risques que la maladie ne revienne... Il n'y a pas que l'absence d'André qui lui fasse du mal...
- Je sais vous avez raison... Je suis désolé, fit-il.
- La prochaine fois réfléchissez avant de parler... Et cela vaut pour tout le monde... Nous devons nous tenir serré si nous voulons passer au travers cette épreuve, tous ensemble...
Les quatre acquiestèrent de la tête, en silence. Mais, dans la cuisine, quelqu'un avait tout entendu... Une larme avait roulé sur le visage d'Oscar en les entendant parler ainsi... La jeune femme s'était réveillée un peu plus tôt et, voyant la petite fille toujours endormi près d'elle, avait décidé de monté voir où en était les autres... Et elle avait tout entendu de la conversation... Mais ce qui lui faisait le plus mal n'était pas les paroles d'Alain, non... Mais bien leur véracité... Elle n'acceptait pas sa situation, pour cela dame Ariane avait raison... Elle n'acceptait pas qu'André soit porté disparu... Elle n'acceptait pas d'être devenu aussi faible... Mais pourtant... Elle devait composé avec ce sentiment d'impuissance, elle l'avait compris, seul le temps remettrait les choses en place... Mais cette douleur dans son coeur était si insoutenable... Si déchirante... Elle rebroussa chemin malgré elle pour retourner au sous-sol...
Chapitre 21: Réveiller le colonel qui sommeil...
Une autre semaine s'écoula... Une semaine longue... Une semaine où la pluie ne cessa de tomber à chaque jour, comme si le ciel pleurait autant que le coeur d'Oscar... La jeune femme avait longuement ruminé les paroles d'Alain dans sa tête, mais elle ne leur avait guère dit qu'elle les avait entendu parler d'elle ainsi... Elle avait préféré ravaler son chagrin afin qu'ils puissent quelques peu oublier la femme qui se faisait de plus en plus présente... Et pour se faire oublier elle avait réussi... Depuis l'attaque, elle n'avait pas quitté le sous-sol... Après avoir discuté avec dame Ariane, elles en étaient venus à la solution qu'il était plus sage que la jeune femme demeure dans l'ombre sous la menace d'une prochaine attaque possible des gardes... Alors elle ne quitta pas l'univers de sa petite rose de l'ombre... Elle en vint même, malgré elle, à adopter une partie de sa routine... Elle dormait une partie de la journée avec elle et se levait un peu avant le coucher du soleil en même temps que la petite et passait la nuit avec elle... La présence de sa petite rose était le seul baume sur son coeur, son seul réconfort, même si, contradictoirement, elle lui rappelait aussi sa nature de femme... Mais si elle avait toujours le colonel de Jarjayes en son coeur, elle n'avait plus la force de continuer cette comédie en permanance... Pas sans lui... Pas sans André... Où était-il dont passé? Plus de deux semaines s'étaient écoulés depuis sa disparition... Deux semaines longues de son absence... Deux semaines à ne pas entendre son rire... À ne pas sentir ses bras autour d'elle... À ne pas sentir ses lèvres se poser sur les siennes... Son amour, si doux soit-il dans ses bras, était terriblement douloureux en son absence...
* * *
Il avait peur... Il avait froid... Il était seul... Il était perdu... Il avait fini par se relever et à marcher à taton... Il remarqua qu'il était entouré d'arbre... Il devait être dans les bois... Mais quel bois? Et pourquoi? Comment en était-il arrivé là? Et pourquoi son coeur souffrait-il autant de cette absence... De l'absence de cette inconnue à ses côtés... Aucune image ne lui venait en tête seulement... Un vague souvenir d'un parfum... Un parfum si doux... Qui le faisait rêver chaque fois qu'il était près d'elle... Mais ce parfum aussi doux soit-il ne lui disait guère plus qui était cette femme pour qui son coeur s'emballait autant... Et si ce n'était que pure fantaisie? Il ne se souvenait de rien... Alors cette impression... Et si c'était son imagination qui lui jouait des tours? Et si cette femme n'existait pas? Alors il s'accrochait à un espoir illusoire... À quelques chimères juste pour ne pas sombrer dans la folie... Non... Ce parfum... Il se concentra sur ce parfum tout en continuant d'avancer à taton... Il ne savait rien... Il ne voyait rien... Il ne sentait que la pluie sur son corps... Jusqu'à ce qu'une main ne se pose sur son épaule pour le tirer vers l'arrière.
- Bien c'est pas trop tôt enfin!
Qui l'interpellait dont ainsi...
* * *
Oscar s'était réveillé au milieu de l'après-midi cette journée là... Elle avait, une fois de plus, fait un cauchemard... Elle avait rêvé que les gardes avaient finalement toruvé André et qu'il avait été exécuté parce qu'il avait refusé de la trahir... Ce cauchemar lui fit terriblement mal... Car elle savait que si jamais les gardes l'attrapaient vraiment jamais il ne la trahirait... Et qu'il serait alors sans doute tué... Cette pensée lui fit mal... Terriblement mal... Elle regarda la petite Mélodie encore endormie à côté d'elle... Doucement, elle sortit du lit qu'elle partageait avec sa jeune amie depuis la dernière semaine... Elle fit tout son possible pour ne pas la réveiller... Elle se changea et alla s'assoire devant l'âtre où brûlait les reste du feu qu'elle avait allumé au petit matin avant de dormir...
* Oh mon amour... Où es-tu dont... Je commence à devenir folle à t'attendre ici, à tourner comme un lion en cage... Tu me manques tellement... Oh mon André si tu ne reviens pas bientôt je vais craquer... Je ne sais plus quoi faire... J'ai besoin de toi André... Désespérément besoin de toi... Mon Dieu... Alain a tellement raison... Que suis-je dont en train de devenir? Une de ces pleurnicheuses de la cour sans cervelle? Oh non... Seigneur j'ai beaucoup trop de temps pour réfléchir depuis que je suis ici j'ai besoin de changer d'air, de m'occuper... Aller Oscar il ne faut plus réfléchir...*
Sur ces pensées, elle se leva. En se rendant vers l'escalier, elle apperçu son uniforme que dame Ariane avait rangé dans un coin... Elle s'approcha et pris le haut dans ses mains, caressant du bout des doigts son insigne.
* Oh où es-tu dont fier colonel de Jarjayes que j'étais? Où t'es-tu enfuis? Es-tu mort lorsque j'ai laissé naître mon amour? T'es-tu enfui? Comme je voudrais redevenir toi... Si fier... Si tranchant... Je souhaiterais parfois que mon coeur ne redevienne aussi tranchant que la lame que mon père m'a obligé de porter depuis toute petite... Oh André je t'aime... Mais je dois me battre... Je dois taire mon coeur et redevenir celle que mon père a faite de moi... Je dois redevenir le colonel Oscar François de Jarjayes! *
À ses pensées, elle prit son épée qui traînait là et monta l'escalier pour la première fois de la semaine. Il n'y avait personne dans la cuisine, aussi se dirigea-t-elle vers le perron, se doutant de les trouver dans le verger ou le jardin, car nous étions à la fin Septembre et il fallait récolter ce qui risquerait de gelé avec l'hiver qui s'en venait doucement... Il avait cessé de pleuvoir, mais la terre était humide et le ciel couvert d'épais nuage. Elle s'arrêta sur le perron, droite, fière...
Dans le jardin, les quatre occupants de la maison cessèrent malgré eux leur besogne. Tous furent surpris non seulement de voir Oscar sortir, mais se tenir aussi droite et fière sur le pas de la porte, son épée dans une main, sans ses soutients de bois...
- Wha... Le colonel de Jarjayes est de retour, fit Alain faiblement.
- Oscar... fit dame Ariane. Avez-vous besoin de quelque chose?
- Si.. d'Alain! fit-elle fermement.
- De moi? fit ce dernier.
- Oui! Va chercher ton épée, j'ai besoin de m'entraîner! fit-elle le plus sérieusement du monde.
- Il est encore trop tôt Oscar, fit dame Ariane.
- Non assez! J'ai été assez raisonnable depuis mon réveil j'ai besoin de me dégourdir alors Alain sa vient, tu vas la chercher cette épée ou tu m'affrontes à main nu!
- Heu.. J'y vais ne vous fâchez pas!
Alain couru vers la maison, encore surpris malgré lui. Rosalie et Bernard semblait figé. Dame Ariane s'avança vers elle.
- Oscar il est trop tôt... Vos jambes...
- Il y a bien 3 jours que je marche correctement... Dans votre dos bien sûre...
- Je vois... Mais c'est très tôt...
- Écoutez dame Ariane. Je vous remercie de votre attention... Mais je vais bien; j'ai besoin de dégourdir mes bras... Il ne faut pas perdre de temps les gardes pourraient revenir n'importe quand! Je dois être en mesure de me défendre alors laissez-moi m'entraîner!
- Très bien... Un petit entraînement alors, mais faites attention...
Oscar ne répondit pas à sa remarque. Elle descendit les marches avec grace, avec assurance et alla se poster dans l'herbe plus loin. Malgré eux, Rosalie et Bernard ne pouvait détacher leur regard de la jeune femme... Rosalie avait l'impression de retrouver l'Oscar qu'elle avait toujours connu... Alain ressortit finalement de la maison avec son épée et vint se poster devant son ancien commandant.
- C'est quand vous voulez! fit-il avec un sourire.
- Alors allons-y...
Oscar sortit son épée de son fourreau et le jeta dans l'herbe. Alain l'imita. Il était plutôt content de la revoir avec cette lueur de détermination dans les yeux, mais il n'était pas idiot... Il ne voulait pas la blesser non plus. Elle chargea la première et il esquiva... Le combat fut engagé. Pour le moment, Alain se contentait de bloquer les coups de la jeune femme... Mais celle-ci n'était pas dupe.
- Tu vas te décider ou je dois t'entailler pour que tu m'attaques! cria-t-elle.
- Si c'est ce que vous voulez, madame est servie...
Il commença donc à l'attaquer... Rosalie, Bernard et dame Ariane regardait le combat, et une autre personne également de l'embrassure de la porte. N'ayant pas trouvé son amie à son réveil, Mélodie s'était inquiétée. Elle était monté à l'étage prudament et en voyant les épais nuages, elle s'était permis de sortir sur le perron. Elle regarda la jeune femme engagée dans ce combat à l'épée comme si sa vie en dépendait. Oscar, quoi que plutôt rouillé, se débrouillait assez bien... Mais Alain fini par la désarmer et elle tomba sur le sol.
- Assez pour aujourd'hui! fit Alain. Aujourd'hui c'est moi qui gagne, mais bientôt je ne doute pas que vous m'aurez!
Oscar ne répondit pas, elle était épuisé malgré tout. Cet effort avait été grand, mais elle se sentait bien. Essouflée, elle se laissa tomber sur le dos en fixant le ciel... Tous la regardèrent en silence.
* Enfin... Je commence à me reconnaître... Tu n'étais donc qu'endormis... Maintenant calme cette tempête d'émotions que déferle cette femme en mon coeur... André... Sans toi je refuse d'être une femme... Et si je ne suis pas une femme, je suis le colonel Oscar François de Jarjayes...*
- Oscar vous allez prendre froid, fit soudainement dame Ariane.
La jeune femme souria et se releva d'elle-même. Elle ramassa son épée et souria à Alain.
- Merci Alain... Vous avez gagner en effet, mais je finirai par avoir le dessus bientôt... Croyez-moi!
- Pour ça je vous fait confiance!
Elle lui souria et il répondit à son sourire. Elle figea par contre en voyant Mélodie dans l'embrassure de la porte, qui applaudissait joyeusement. Dame Ariane remarqua alors la présence de sa fille.
- Mélodie! Que fais-tu là.
- Bravo Oscar vraiment c'était très impressionannt comme combat, fit-elle simplement.
- Mélodie je te parle! fit la mère.
- Ha maman il ne fait pas soleil...
- Rentre dans la maison...
- Bon d'accord...
La petite, résignée, entra. Oscar avait sourit malgré elle à la petite, mais elle tourna son regard vers Alain et les autres. Ils semblaient surpris, mais pas autant qu'elle ne l'avait d'abort cru...
- Ils connaissaient maintenant son existance, expliqua dame Ariane, mais ils ne l'avaient pas vu encore... J'aurais voulu la leur présenter autrement, mais apparament elle est à l'âge de la désobéissance...
Oscar souria et s'avança vers son hôte.
- C'est une charmante petite fille, fit-elle simplement. Très curieuse certes, un peu désobéissante, mais comment lui résister.
- Pour sa elle a le don de tous nous charmer avec ses grand yeux! fit dame Ariane en riant légèrement.
- Pour sa oui! Je vais aller la rejoindre maintenant, excusez-moi.
- Oui... Et changer de vêtements pour ne pas prendre froid.
- À vos ordre commandant, fit Oscar en riant.
Dame Ariane ne répondit pas, mais souria à sa remarque. Elle était heureuse de revoir un peu de bonne humeur sur le visage de sa chère colonel de Jarjayes... Alain rejoignit les autres.
- Et bien elle est pas mal en forme pour une revenante, fit-il en riant.
- Alain! protesta Rosalie.
- Bha quoi c'est vrai, j'ai eu du mal à la battre en réalité... Elle est aussi féroce que dans mes souvenirs...
- C'est sa façon de combattre sa rage d'attendre, fit dame Ariane.
À cette phrase, Alain cessa de rire et le silence s'installa, car tous savaient au fond, qu'elle avait raison...
A suivre...
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