la fin n'est pas venue,suite9

Chapitre 16: Attendre des nouvelles...


Une semaine s'écoula... Une très longue semaine... La température était morne, grise, mouilleuse, triste... Il y avait en effet eu une tempête une semaine plus tôt... La tempête avait duré une nuit complète et une bonne partie de la journée suivante... Quelques plants du jardin de dame Ariane avaient été déracinée, des branches d'arbres avaient été arrachées par le vent et jonchaient le sol du domaine... Il fallu près de 3 jours aux habitants du domaine pour tout nettoyer et remettre en ordre... Trois jours où ils purent cesser de penser aux trois disparus... Tous, sauf une personne...

Dans sa chambre, Oscar se rongeait les sangs littéralement... La nuit de la tempête, Mélodie était venue la rejoindre, mais elle n'avait pas continué son tableau... La tempête était forte, menaçante... Elle s'était glissée sous les couvertures près d'Oscar et ainsi serré l'une contre l'autre, elles avaient regardé les éclairs traversés le ciel... L'une malgré elle effrayé par la rage de la nature, l'autre imaginant son amour pris dehors dans cette tempête...

Toutes les autres nuits après celle-là, Mélodie revint visiter Oscar pour lui tenir compagnie et même l'aider avec des exercices pour renforcir ses jambes... La petite n'avait pas le coeur de continuer le portrait devant la détresse d'Oscar... Alors elle lui changea les idées... Et ce toutes les nuits... Malgré sa bonne volonté, Oscar était dévastée par l'inquiétude qui la rongeait et les seuls moments où elle se sentait apaisé étaient lorsque la petite venait la voir... Elle se trouvait de plus en plus sentimentale... Et cela lui faisait mal de croire que c'était cette sensibilité nouvelle qui augmentait son inquiétude... Mais en même temps, elle savait que même par le passé elle aurait été aussi inquiète pour André... Car elle savait maintenant qu'elle l'avait toujours aimé autant.

Tous les jours se fut la même routine. Au petit matin, Oscar exécutait les exercices que venait lui faire faire dame Ariane, puis elle mangeait et faisait une sieste en après-midi pour être plus en forme lors des visites de sa petite rose... Elle refaisait ensuite d'autres exercices avant le repas du soir, puis elle passait la soirée à lire les écrits de Mérina en attendant sa petite rose... C'était toujours pareil...

Sauf deux jours plus tôt... Devant l'obstination de la jeune femme, dame Ariane lui avait fait fabriqué deux béquilles pour soutenir son poids... Elle avait donc commencé à la faire marcher dans sa chambre, ce qui redonnait confiance à la jeune femme... La seule chose que dame Ariane lui demanda fut de ne pas les utiliser toute seule, car elle risquait de tomber et de se blesser... Et cette fois Oscar avait compris que si elle se blessait elle retarderait l'échéance pour rien... Mais même après deux jours seulement, dame Ariane constata une grande amélioration de l'état de la jeune femme... Elle songea malgré elle que le désespoir de la situation la poussait à se dépasser encore plus pour recouvrer son autonomie complète... Et Oscar n'avait que ce but en tête...

Ce jour-là, Oscar avait supplié dame Ariane de la faire sortir de sa chambre... Devant le visage si suppliant de la jeune femme, dame Ariane y consentit finalement... Appuyée sur ses béquilles, Oscar suivit dame Ariane dans le couloir de l'étage supérieur jusqu'à l'escalier. S'armant de courage et de prudence, elle les descendit une à une, doucement, sous l'oeil effrayé de Rosalie qui craignait qu'elle ne tombe jusqu'en bas et ne se rompe le cou... Mais dame Ariane avait confiance en sa protégée... Et Oscar se fit très prudente... Elle descendit finalement jusqu'à la cuisine. Elle s'asseya à la table et pour la première fois depuis longtemps, elle mangea avec dame Ariane et Rosalie. Elle était vraiment fatiguée de son effort, mais enfin elle voyait une lumière au bout de ce cauchemar... Elle s'était forgée un masque de résignation et même de fausse joie devant elles, même si à l'intérieur le feu bouillait...

- Tu sais que j'ai cru faire une crise cardiaque en te voyant en haut de l'escalier, fit Rosalie. J'ai eu si peur que tu ne tombes.
- Allons Rosalie, je suis plus habile que cela tout de même, fit Oscar.
- Mais il y a peu tu ne marchais pas encore...
- Mais elle est tenace, fit dame Ariane. Et terriblement entêtée.
- Vous avez raison dame Ariane, fit Oscar.
- Je savais bien que le colonel de Jarjayes pouvait se sortir de n'importe quel épreuve...
- Mais je crois que celle-ci fut le summum de mon parcours...
- En effet... Vous avez si vite remonté la pente, c'est à peine croyable...
- Je suis si contente que tout commence à s'arranger, fit Rosalie.
- Oui... Moi aussi, fit Oscar.
- Dame Ariane! cria alors une voix d'homme.
- Oui Simon?
- Au bout du chemin... Messieurs Alain et Bernard...
- Quoi? faillirent s'étrangler les trois femmes.
- Ils arrivent...

Dame Ariane se leva et se précipita dehors, Rosalie sur les talons. Oscar se leva également, mais malgré elle plus lentement... Il n'avait pas parlé d'André... Mais peut-être était-il plus loin... Elle prit les béquilles et avança vers la porte. Lorsqu'elle fut sur le perron, elle vit dame Ariane et Rosalie qui couraient vers les silhouettes d'Alain et de Bernard au bout du chemin de terre qui menait au domaine... Rosalie se jeta dans les bras de son mari en pleurant alors que dame Ariane serra Alain contre elle... Mais Oscar avait beau regardé derrière eux... Il n'y avait aucune trace d'André... Ni de Mérina d'ailleurs... Oscar se questionnait, mais malgré elle un poignard sembla traverser son coeur encore fragile, car il n'était pas avec eux... Elle secoua par contre la tête pour conserver sa contenance... Elle ne devait pas se montrer aussi faible, aussi... femme?... devant eux... Alain avait tout de même servit sous ses ordres... Et elle était fière... Elle les attendit dont. Arrivé près du perron, Alain lui fit un grand signe de la main.

- Et bien colonel je suis heureux de vous voir aussi en forme! fit-il.
- Je suis heureuse de vous voir sain et sauf Alain...
- Et moi d'être rentré...

Elle remarqua alors que Bernard avait un bandage plutôt sommaire sur la tête.

- Vous aller bien Bernard? demanda-t-elle.
- Oui ça va, c'est une longue histoire que je vous raconterai volontiers, mais devant un bon repas, fit-il.
- Bien sûre...

Oscar se recula pour les laisser entrer. Rosalie ne lâchait pas Bernard d'une semelle... Oscar songea jalousement qu'elle n'aurait pas lâché André non plus... Elle aurait tant voulu que ce soit lui qui arrive avec eux... Mais non... Elle demeura sur le perron de la maison, les yeux perdus vers l'horizon avec le faible espoir de le voir arriver à la traîne... Une main se posa alors sur son bras la faisant sursauter.

- Il n'est pas avec eux, fit la voix douce de dame Ariane.

Oscar ne répondit pas... Elle entra simplement dans la maison lentement. Elle alla s'assoire à la table de la cuisine avec les autres. On avait servit un bon repas chaud aux deux rescapés et ceux-ci semblaient vraiment heureux d'être revenu, mais malgré elle, égoïstement, Oscar ne put se résoudre à être heureuse de les voir. Elle les écouta simplement.

- Et bien voila, commença Alain. Lorsqu'ils nous ont attaqués, nous avons réussi à sortir dans la confusion générale. Je ne suis normalement pas contre une petite baston, mais là c'était beaucoup trop dangereux... Nous avons fuit vers la forêt où nous nous sommes séparés afin de leur rendre la tâche difficile... Ils ont dû se séparer pour nous chercher... Nous nous étions dit que nous nous retrouverions tous ici par nos propres moyens, car c'était trop risqué de nous rejoindre au village... Personnellement, j'ai couru dans les bois une bonne partie de la nuit avant de trouver refuge dans une coulé bien camouflé... Ils sont passé si souvent près de moi sans me voir c'était trop drôle...Décidément les gardes royaux sont nuls... Sans vouloir vous offenser colonel...
- Pas de mal... fit-elle simplement.
- Bien... La vérité c'est qu'ils ont cessés de me courir après quand l'orage a éclaté. Alors j'ai commencé à rentré ici...
- Et il est tombé sur moi...fit Bernard. J'avais réussi à semer les gardes royaux assez facilement, mais durant l'orage, une branche m'est tombée sur la tête. J'ai eu beaucoup de chance qu'Alain tombe sur moi peu après...
- Ça oui on peut le dire que tu as eu beaucoup de chance... Je l'ai transporté longtemps avant de finalement trouver une petite grotte où j'ai pu nous réfugier... C'est là que Mérina nous a retrouvé il y a 3 jours. Elle a su mieux soigner Bernard que moi il faut l'avouer dame Ariane, votre fille sera aussi douée que vous plus tard.
- Merci, elle l'est déjà, fit la jeune femme en rougissant malgré elle.
- Elle nous a demandé si nous avions vu André, mais malheureusement non... Nous pensions qu'il était rentré ici le plus vite possible pour venir retrouver le colonel...
- André est intelligent, fit-elle pour sa défense, il sait que des gardes aurait pu le suivre et me trouver. Tous les gardes royaux savent que là où est André, Oscar de Jarjayes n'est jamais bien loin.

Elle avait parlé d'une voix neutre, sans émotion, une voix qui surpris Rosalie, mais qui rappela le colonel qu'elle était à Alain.

- C'est bien raisonné, fit Alain. Mais il y a une semaine maintenant je me demande où il est...
- J'espère qu'ils ne l'ont pas eu, fit Bernard.
- Non... On l'Aurait su au village si tel avait été le cas, fit dame Ariane, et Rosalie et moi y allons chaque jour à tour de rôle et on parle encore que la garde recherche André Grandier afin de capturer le colonel de Jarjayes... Alors ils ne l'ont certes pas eu...
- Mais où a-t-il pu passé? fit Alain malgré lui, tournant le couteau dans la plaie d'Oscar.
- J'espère qu'il ne lui est rien arrivé... fit Bernard.

Cette fois Oscar n'y tenait plus. Elle frappa ses mains sur la table et se leva, soutenant son poids sur la table en même temps. Elle les regardait avec, malgré elle, des larmes aux coins des yeux, mais son regard était dur et froid.

- Il va bien vous m'entendez! Vous n'écoutez pas? Ils ne l'ont pas capturé et il est assez intelligent pour ne pas les conduire à moi. André va bien! Il n'a rien, il va bien vous m'entendez!!! cria-t-elle.

Le silence se fut dans la cuisine. Ils n'avaient jamais vu Oscar aussi émotive. Aussi dure oui, aussi froide, oui... Mais aussi émotive... Non... Jamais... Personne ne su quoi répondre... La scène semblait figée... Les bras d'Oscar tremblaient sur la table à force de soutenir son poids... Dame Ariane vint finalement se poster derrière elle. Elle ramassa les béquilles et les plaça sous les bras d'Oscar...

- Venez... Il vaut mieux remonter à votre chambre... fit-elle doucement.

La jeune femme ne répondit pas. Elle s'appuya finalement sur les morceaux de bois qui lui permettaient de se déplacer et après avoir jeté un regard noir sur les deux hommes, suivit finalement son hôte vers sa chambre. Alain, Bernard et Rosalie suivirent son ascension des yeux, pétrifiés... Ils la regardèrent monter à sa chambre... Lorsqu'elle eu disparue derrière le haut de l'escalier, Alain regarda Bernard, puis Rosalie.

- Ma foie je ne l'ai jamais vu aussi furax contre nous, même la fois où nous ne sommes pas aller à la revue...
- Qu'est-ce qu'elle a mangé aujourd'hui? demanda Bernard.
- Elle est beaucoup trop... Émotive... fit Alain.
- En effet...
- J'oublie toujours qu'au fond c'est une femme...
- Ho et puis taisez-vous dont! fit Rosalie. Justement vous savez comment elle est... Elle a peur pour André et elle n'a pas pu aller le chercher elle-même... Savez-vous ce que nous avons enduré durant votre absence? Le savez vous? Nous nous sommes rongé les sangs voila!

La jeune femme était maintenant en colère devant leur légèreté purement masculine. Elle se leva de table.

- Finalement les hommes sont tous pareils vous ne comprendrez jamais ce que c'est que de resté derrière à attendre de savoir si vous êtes mort ou vivant... Qui plus est Oscar a plutôt l'habitude de se jeter tête baissé dans les combats, pas de rester en dernière ligne alors ayez un peu de compassion pour nous, pauvre femme resté au foyer pendant que vous vous baladiez dans les bois!

Elle les quitta finalement là-dessus... Elle était heureuse de les savoir en vie, surtout Bernard, mais elle était aussi très peinée pour Oscar... Les deux hommes se regardèrent.

- Décidément je ne comprendrai jamais les femmes, fit Alain.
- Ha tait-toi je crois qu'on en a assez fait comme ça...
- Tu ne vas pas t'y mettre...
- Alain... C'est vrai ce que dit Rosalie... Elles nous ont attendu pendant une semaine, sans nouvelle... Alors que nous les savions en sécurité ici... Elles ont souffert... Et elle n'a pas tors, le colonel de Jarjayes n'a pas l'habitude de rester derrière à s'inquiéter comme les autres femmes... Et nous sommes rentré, mais sans nouvelle d'André...
- C'est vrai... Ta femme a raison nous sommes de stupides hommes.
- J'ai appris que ma femme a toujours raison vois-tu.

Les deux hommes éclatèrent de rire malgré eux. La fatigue des derniers évènements...

Oscar était montée jusqu'à sa chambre en silence. Elle avait tenté de se maîtriser, mais malgré elle elle avait fini par craqué... Où pouvait bien être André... Malgré elle, elle entendit Rosalie crier après les deux hommes abasourdit en bas... Elle pensa que c'était bien fait pour eux... Mais en avoir eu l'énergie elle les aurait frappé... Dame Ariane la suivait en silence. Elle l'aida à reprendre place dans son lit et rangea les béquilles le long du mur. Elle revint ensuite à côté du lit.

- Ça va aller Oscar? demanda-t-elle.
- Oui... fit-elle simplement.
- Vous êtes sûre?
- Oui... Non... Je ne sais plus...
- Il reviendra Oscar... Je crois ce que vous dites... André est intelligent, il ne prendra pas le risque d'entraîner les gardes vers vous... Et Mérina connaît ses bois comme sa poche... Elle a su retrouver Bernard et Alain, elle retrouvera André... Ayez confiance...
- Vous avez autant confiance en elle?
- Si... Comme votre père vous faisait confiance... Vous n'aviez que 14 ans quand vous êtes devenue capitaine des gardes royaux... Vous deviez être aussi débrouillarde qu'elle à son âge...
- Peut-être... Il y a longtemps... J'ai oublié...
- Soyez tranquille... Et Rosalie a raison, les hommes sont des idiots.
- Possible...
- Je vous laisse vous reposer... Au besoin appeler et je viendrai...

Oscar fit oui de la tête, mais posta son regard vers la fenêtre. Dame Ariane la quitta finalement. Elle se rendit à la chambre de Rosalie pour discuter avec elle, car au fils du temps, une grande amitié les liait maintenant... Oscar elle fixait la forêt au loin par la fenêtre... Elle se glissa finalement jusqu'à celle-ci et l'ouvrit. Une vague de vent caressa ses cheveux et son visage, une brise fraîche... Déjà les feuilles des arbres commençaient à changer de couleur, l'air sentait l'automne et des pommes commençaient à pousser dans le verger... Déjà Septembre... Oscar avait malgré elle du mal à assimiler qu'elle avait perdu un mois de sa vie dans un état second, puis plusieurs jours, presqu'un autre mois couchée dans se lit... Au début cela lui paru moins pénible avec André avec elle... Elle connaissait l'amour depuis si peu de temps... Pourquoi le lui enlever déjà... Elle se mise à pleurer malgré elle...

- Oh André où es-tu mon amour? Je t'en supplies reviens-moi... André...

Elle éclata en sanglot à ses paroles... Il y avait une semaine qu'elle avait su retenir ses larmes, les camoufler au fin fond de son corps, mais là s'en était trop... Elle avait désespérément besoin de lui...

Chapitre 17: Tapis dans le noir...


Trois autres jours passèrent comme avait passé la dernière semaine... Ils furent longs, pénibles, tristes, déconcertant pour Oscar. Malgré elle, elle évitait Bernard et Alain le plus possible, car leur présence lui rappelait sans cesse que c'était eux qui avaient entraîné André au village ce soir-là et que lui seul n'était pas encore rentré... Où était-il? Et si Mérina ne l'avait pas trouvé? Et s'il était blessé? Et seul? Et s'il était mort? La jeune femme n'arrivait qu'à songer au pire... Pour s'étourdir, elle se concentrait sur la rééducation de ses jambes malgré les protestations de dame Ariane qui trouvait qu'elle voulait aller beaucoup trop vite... Mais Oscar, bien qu'en peut de temps, arrivait très bien à se déplacer seule avec le soutient de ses béquilles. Elle répétait sans cesse à dame Ariane qu'elle n'était pas folle, qu'elle savait qu'il était beaucoup trop tôt pour marcher sans aide matériel et qu'elle ne voulait pas risquer de se blesser inutilement et ainsi retarder l'échéance de sa libération... Elle savait que son équilibre était encore précaire et que la fatigue s'accumulait rapidement dans ses jambes... Mais au moins elle pouvait enfin quitter sa chambre...

C'était l'après-midi... La plupart des occupants de la maison étaient occupés à l'extérieur dans les jardins ou le verger à cueillir les pommes qui se faisaient nombreuses cette année là. Oscar était assise dans une chaise berçante sur le perron de la maison et les regardait s'affairer au loin. Le soleil plombait bien que l'on fusse en Septembre et elle accueillait volontiers sa chaleur sur son visage comme une douce caresse... Mais il y avait des nuages dans son coeur et de la pluie derrière le ciel de ses yeux... Elle ne pouvait s'empêcher de regarder, par delà le verger, le chemin qui avait ramené Alain et Bernard au domaine... Elle ne pouvait s'empêcher d'espérer plus que tout qu'André y apparaisse, comme dans ses plus beaux rêves, comme le prince charmant qui revient toujours dans les contes de fée... Soudainement, à cette pensée, elle se trouva idiote... Un conte de fée? Et puis quoi encore? Elle se leva finalement pour rentrer dans la maison vide. Son coeur était lourd, son âme lassée de toute cette attente sans fin... Elle voulait que cela cesse, elle voulait arrêter de souffrir une bonne fois pour toute... À quoi bon revenir pour lui s'il la quittait? Elle ne le supporterait pas... Elle n'arriverait jamais à vivre dans ce monde sans lui... Ce lourd sentiment de solitude, de lassitude, d'abandon... Elle ne le supporterait jamais... Elle ne savait plus quoi faire pour occuper son esprit, pour apaiser son âme... C'est alors qu'une porte attira son attention... C'était le placard de la salle à manger... Mais elle savait que Mélodie lui avait dit que l'accès du sous-sol se faisait par cet endroit camouflé... Elle avait besoin de se changer les idées... Et bien que le fait de trouver du réconfort auprès d'une fillette de 8 ans lui faisait étrange, il n'y avait qu'avec cette petite fille qu'elle arrivait vraiment à dédramatiser la situation... Elle décida de descendre, espérant que sa petite compagne ne dormirait pas...

L'escalier était, en effet, caché derrière une porte qui était elle-même caché derrière un rideau. Oscar prit soins de tout refermer derrière elle et se mise à descendre... Mais il faisait noir, aussi dû-t-elle se résoudre à s'assoire dans les marches pour descendre sans risquer de tomber puisqu'elle ne voyait rien... Plus elle descendait et plus elle voyait une faible lueur au loin, dans tout ce noir... Lorsqu'elle toucha le sol elle se réappuya sur ses béquilles et avança vers cette lumière... Elle dû tourner le coin d'un couloir pour apercevoir une grande pièce éclairée par quelques chandelles. Elle vit un lit sur le mur du fond, couvert d'un baldaquin rose... Il avait été fait... Il y avait une table de bois avec trois chaises, une grande bibliothèque emplis de plusieurs livres, un âtre dans lequel on pouvait faire un feu, quelques fauteuils devant celui-ci... Oscar s'imagina facilement les deux petites assises devant le feu avec leur mère, comme une famille normale... Et au milieu de la pièce il y avait le chevalet de sa petite rose... D'ailleurs, en regardant plus attentivement sur les mûrs, elle découvrit plusieurs peintures... Elle ne put s'empêcher de croire que ce ne pouvait être l'oeuvre de la petite... Les détails, les couleurs, tout était si beau, si vrai... Il y en avait une représentant dame Ariane et Mérina assise sur l'herbe, faisant un pique-nique... Elle remarqua aussi que Mélodie avait été peinte derrière un arbre, sous un gros nuage noir... Comme si le soleil brillait au dessus de sa mère et sa soeur, mais qu'elle devait resté dans l'ombre... Elle trouva cela bien triste... Mais les détails représentés sur cette peinture... Le visage de dame Ariane, les vêtements tout était représentatif... Oscar fut soudainement très curieuse de voir son portrait, car la petite refusait de le lui montrer tant qu'il ne serait pas fini... Elle chercha d'ailleurs la petite fille des yeux...

- Mélodie? Appela-t-elle enfin.
- Ha!!! C'est vous! fit alors la voix de la petite.
- Oui c'est moi...

En s'approchant, elle vit la petite sortir d'un coin d'ombre. Elle était encore en chemise de nuit.

- J'ai eu peur vous savez... Je n'ai pas reconnu les pas de ma mère ou de ma soeur dans l'escalier... fit-elle.
- Tu peux reconnaître les gens selon le bruit de leur pas? se surpris Oscar.
- Oui! Et comme je sais que ma, disons cachette, peut être découverte n'importe quand... Je me cache lorsque j'entends des pas inconnu... C'est la première fois que cela arrive par contre...
- Tu m'avais dit où était la porte...
- Je sais, mais je ne croyais pas que vous viendriez puisque maman ne sait pas que vous connaissez mon existence...
- Il serait peut-être temps de le lui dire...
- Oh non... J'aime ce petit secret vous savez. Et puis elle finira bien par le découvrir alors pour le moment je trouve cela drôle.
- Si tu le dis... Je ne te réveille pas au moins...
- Oh non j'étais en train de terminer votre portrait... Les dernières retouches...
- Je pourrai peut-être finir par le voir alors...
- Peut-être si vous êtes sage.
- Hey!!! fit Oscar faussement indignée.

La petite éclata de rire et Oscar fit pareil. Elle compris pourquoi elle se sentait apaiser avec la petite... Sa façon infantile de voir la vie, d'agir, lui changeait totalement les idées... Car malgré sa grande maturité, la petite n'avait encore que 8 ans de vie... Elle avait encore des manières d'enfants et cela aidait Oscar à s'adoucir et ainsi oublier ses soucis...

- Mais si je voulais vous le montrer ce soir, mais puisque vous êtes là... Laissez-moi quelques minutes pour mettre la touche finale et je vous le montre...
- Entendu.

Heureuse, la petite alla se poster derrière son chevalet, prit son pinceau et son petit air concentré qui faisait tant rire Oscar, puis elle sembla s'appliquer un petit moment...

- Voilà... J'ai fini... fit-elle.

Oscar s'avança vers la petite et se posta à ses côtés... Malgré elle, elle fut stupéfaite en regardant le portrait qu'avait fait la petite... Elle l'avait représenté debout un milieu d'un champ quelque peu de profile, ses cheveux flottant au vent, une rose blanche à la main qu'elle semblait sentir, les yeux fermés pour en apprécier le parfum... Elle l'avait peinte portant le haut de son uniforme de la garde française, mais au lieu du pantalon, elle avait peint une longue jupe blanche qui flottait aussi au vent, son épée à sa ceinture... Sur cette image, elle avait l'air paisible, sereine même... Elle contempla la peinture abasourdie alors que la petite parla...

- J'ai voulu représenter vos contrastes... Le fait que vous soyez autant homme que femme au fond de vous... Que vous soyez droite et fière comme un homme, mais que votre coeur soit aussi doux et aimant que celui d'une femme... Ma mère m'avait montré votre uniforme, mais j'ai peins une jupe blanche pour représenté la légèreté que vous voulez tant caché, votre pureté d'âme... C'est ainsi que je vous vois...

Oscar ne parlait pas... Après s'être vu sur le portrait de l'autre peintre, vêtu tel Mars sur son cheval... Elle ne s'était jamais vue de cette façon... Et elle ne put s'empêcher de penser qu'André devait aussi la voir ainsi... Mi-homme, mi-femme... Droite, mais douce... Elle prenait un peu plus conscience de sa propre nature...

- Je comprendrai que vous ne l'aimiez pas vous savez, fit la petite...
- Oh non Mélodie c'est... C'est magnifique... Vraiment... C'est juste que... Je ne me suis jamais vu ainsi...
- C'est ma vision... Je vous vois comme tel... Libre...
- Je suis certaine qu'André l'adorerait... Qu'il partagerait... Ta vision...
- Vous croyez?
- Oui...
- Alors vous aimez?
- Oui...

Elle ne pouvait détaché son regard de l'image que lui renvoyait se portrait, l'image de sa double nature révélée... Sa double nature qu'elle devrait maintenant assumer au bras d'André... Oh André... Son coeur se serra en pensant cela... Elle avait peur de ne pas passer sa vie à son bras... Mais elle fut sortie de sa torpeur par du bruit venant d'en haut.

- Qu'est-ce qui se passe? demanda Mélodie apeurée.
- Je ne sais pas...

Elles entendaient des bruits de pas très lourds à l'étage supérieur, des bruits d'objet qui tombe sur le sol ainsi que des voix étouffée... Des brides de mots comme: non pas ici...

- Ce n'est pas normal! fit la petite. Venez!

Elle entraîna Oscar par le bras, et bien que la jeune femme eu du mal à la suivre, elle le fit tout de même... Mélodie l'entraîna vers l'ombre d'où elle était sortie à son arrivé.

- Descendez! fit-elle.

Oscar regarda plus attentivement et vit une petite échelle qui descendait dans un trou, pas très profond, pas très grand, juste assez pour cacher quelque chose, ou quelqu'un.

- Vite! insista la petite.

Elles entendirent alors une voix plus forte!

- Il y a une porte cachée ici!

Oscar ne compris pas tout, mais jeta les béquilles dans le trou et descendit l'échelle. Elle cru que la petite la suivrait, mais lorsque tout fut noir, elle compris que sa compagne avait refermé une trappe sur elle pour la cacher. Elle termina sa descente et s'asseya au fond du trou, son coeur battant la chamade, comme s'il allait sortir de sa poitrine. Elle entendit alors une autre voix.

- Il n'y a personne ici, mais cette pièce est bizzard!
- Fouillez partout et ouvrez-moi ces rideaux qu'on y voit quelques choses!
- Non pas les fenêtres je vous en pris!
- Tait-toi femme!

Oscar avait reconnu la voix de dame Ariane, paniquée, mais elle ne connaissait pas les autres voix. Malgré elle, son coeur se mit à battre plus vite... Elle aurait tout donné pour pouvoir se défendre contre ces hommes... Mais qui étaient-ils? Que voulaient-ils ?...

 

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