Prologue
C'était dans un temps anciens, un temps sanglant, un temps de barbarie, un temps de révolution... Le colonel Oscar François de Jarjayes, commandant d'une compagnie de garde Française, était sur le pied de guerre. En effet, les troubles étaient lancés, la révolution ne saurait être empêchée... C'était le 13 Juillet 1789... Au petit matin, le colonel ainsi que son ami d'enfance, André Grandier, avait rejoins leur compagnie pour l'affrontement. Mais Oscar avait des choses à leur révéler... Elle leur avoua qu'elle ne se résoudrait jamais à tirer sur le peuple, mais aussi qu'elle était une femme. Du même coup, elle avoua également aimer André et remettre sa vie entre ses mains... Tant de pensées avaient alors traversées l'esprit de la jeune femme. On avait toujours refoulé au plus profond de son âme, son cœur de femme, l'élevant comme un garçon, comme un homme, comme un soldat. Elle s'était bercée d'illusion dans ce théâtre qu'elle avait dû jouer depuis sa plus tendre enfance, croyant qu'au final, elle avait l'âme d'un homme... Mais son amour pour André avait été plus fort que toute cette mascarade... Sous la lune de la veille, ses dernières barrières avaient fondues comme neige au soleil alors qu'André lui disait en face combien lui l'aimait. Elle le savait certes depuis un bon moment, mais elle ne s'avouait pas que ces sentiments étaient réciproques, elle croyait qu'elle avait aimé Fersen et que cet amour avec son meilleur ami était impossible, mais pourtant... Pourtant elle s'était enfin avouée sous les étoiles de Juillet qu'envers et contre tous elle aimait André, et qu'elle souhaitait en finir avec cette triste comédie qu'était sa vie jusque là... Elle ne se sentait plus la force de continuer tous ces combats, elle voulait juste être elle... Elle... Oscar de Jarjayes, une femme portant un nom d'homme, mais belle et bien une femme... Et même si pour cela elle devait affronter monde et marée elle y était prête, même pour connaître une seule journée en tant que femme auprès de l'homme qu'elle aimait... Oh oui elle y était prête... Hélas... Les paroles des hommes de sa compagnie terminèrent de faire voler en éclat ses rêves les plus fous d'avenir... Elle céda finalement à leur supplique de mener leur compagnie au combat... Elle renvoya au plus profond de son esprit ses rêves d'avenir amoureux, pour redevenir cet homme qu'on avait fait d'elle, cet homme qui était le commandant des gardes françaises... Son seul réconfort était de savoir qu'André serait à ses côtés...
Elle avait bravé les armées alliées du roi, elle avait fait affront au peuple de Paris afin de leur prouver sa fidélité, elle avait porté la première attaque contre les armées alliées... Elle avait perdu beaucoup d'homme au combat. Des cinquante il n'en restait qu'une poignée, dont elle et André... Son André qu'avait guidé Alain puisqu'il avait finalement perdu la vu de son dernier œil... C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée sous ce pont, cachée, traquée comme un animal sauvage... Ses hommes avaient besoins de repos... Et elle aussi... Une mise au point s'imposait, car rien ne semblait plus aller. Elle s'était assise dans les marches menant à leur cachette, quelque peu en retrait de ses hommes pour réfléchir...
*Oh mon Dieu... Que vais-je faire... Pourquoi les hommes sont-ils aussi violents, aussi cruels, aussi barbares? Je ne comprends pas... Est-ce ma nature de femme qui se réveille aux horreurs que ma facette d'homme ignorait littéralement? Pourquoi faut-il que nous nous battions ainsi pour notre salut, pour notre liberté, pour notre sauvegarde, pour notre amour? Oh André... Pourquoi t'ai-je dont entraîné dans cette bataille avec moi? Pourquoi? Pourquoi ai-je dont laissé ma nature d'homme reprendre le dessus sur la femme qui naissait en moi? Elle au moins t'aurait empêché d'ainsi te jeter dans la gueule du loup... Oh seigneur... Je ne sais plus que faire... Oh André nous aurions dû nous enfuir hier soir sous les diamants du ciel qui on vu notre amitié devenir amour... Que vais-je faire... *
La jeune femme resta longuement ainsi assise, les yeux clos, à réfléchir...Ce furent les paroles d'Alain qui la ramenèrent vers la réalité, réveillant instantanément sa nature d'homme. Ils quittèrent cet abri provisoire pour se rendre chez Bernard et Rosalie, mais hélas, ils se frappèrent le nez sur le destin... Oscar ne vit que trop tard le garde étranger posté au dessus de l'escalier... Elle tira, mais il tira le premier... Et lorsqu'elle se retourna, elle sentit son cœur faire trois tours dans sa poitrine, car du sang perlait de la poitrine d'André... Une rage guerrière, une fureur amère la summergea. Tout fut tenté pour sauver André, tout... À cheval ils bravèrent les légions ennemies pour rejoindre le peuple de Paris entassé derrière des barricades... Une fois de plus, l'espoir les unissant, tout fut tenté... Une fois de plus Oscar sentit l'homme en elle s'effacer pour laisser place à la femme éplorée qui grondait dans son cœur... Elle ne rêvait plus que d'une chose, épouser André et partir loin de tout ce massacre... Mais alors que le soleil commençait à mourir à l'horizon, les yeux d'André se figèrent dans une larme, dans un dernier aveu pour son aimé Oscar... Le désespoir envahissa la jeune femme, une douleur meurtrière sembla lui traverser le cœur, son âme sembla se fendre en millions de parcelles de poussière... C'était terminé... Avec lui sa vie s'était envolée, ses rêves effacés... On plaça André dans une chapelle non loin de là... Oscar n'arrivait pas à se résoudre à l'abandonner là, mais elle n'arrivait guère non plus à regarder ses traits figés dans la mort... C'est pourquoi elle était restée à l'entrer de la chapelle, des larmes sur le visage, mais plus aucun sanglot n'arrivait à franchir ses lèvres, son corps épuisé, son esprit, anéantis... Alain vint lui porter une cape pour la réchauffer, et elle lui avoua sa faiblesse... Elle voulu lui laissé le commandement de ses hommes, mais il s'y refusa et dans un beau discours, tentant de faire renaître l'homme en elle et s'effacer la femme... Mais Oscar n'avait plus la force de continuer... Non seulement son âme ne voulait plus, mais son corps ne lui obéissait plus également... Le grand mal la rongeait plus violemment que par le passé, plus de sang sortaient de ses lèvres, sa vie s'en allait beaucoup plus rapidement qu'elle ne l'aurait dû... Elle quitta la chapelle dans un dernier moment de détresse... La jeune femme passa la nuit à errer dans les rues de Paris sous la pluie qui avait commencé à tomber... Aux petites heures du matin elle n'arrivait plus à faire un pas... Elle s'écroula dans une ruelle, adressant ses pensées à André...
* Oh comme la vie est injuste. Pourquoi se dire je t'aime si c'est pour être séparé par le destin et ainsi ne jamais se serrer pour l'éternité? Destin si cruel, je t'aime mon amour et maintenant que je l'ai hurlé tu m'as abandonnés, car la vie à moi t'a arraché. D'une balle tu fus transpercé, mais c'est mon cœur qui c'est déchiré alors que dans un dernier soupir tu m'as regardé avant de finalement t'effacer. La nuit est triste, le ciel pleure ta perte et en moi se meure mon cœur. La pluie se mélange aux larmes sur mon visage, traçant des sillons salés qui jamais ne pourront s'effacer. Pourquoi vivre si c'est pour ainsi mourir? La vie nous promet l'amour et le bonheur, mais ce ne sont que chimères et mensonges puisque la vie t'a repris, le ciel rappelé à lui. Et moi je demeure, seule dans les rues assombries, à chercher qui je suis, car sans toi je ne suis plus. Je t'aime depuis toujours, mais j'avais voilé mon cœur de femme croyant qu'il n'était que faiblesse et lâcheté, alors que mon amour ignoré aura toujours été ma seule force, ma seule arme contre ce monde cruel. Oh mon amour reviens-moi... Demain se jouera mon destin, car l'air n'atteint plus mes poumons, mon cœur refuse de battre autrement que pour toi. Garde-moi une place à côté de ton étoile, car si je ne puis t'aimer dans la vie, c'est dans la mort que je te prendrai pour l'éternité. Demain serra ma dernière guerre, ma bataille finale, mon épée de Damotlèsse... Je t'aime mon amour, attends moi, notre amour pourra renaître et vivre alors que nos corps dormiront enlacé pour l'éternité. Je t'aime, attends-moi...*
Elle fut réveillée au petit matin par les voix du peuple qui se rendaient à la bastille. Elle se leva péniblement, croyant apercevoir André à l'entrer de la ruelle, mais ce n'était qu'Alain qui l'avait finalement retrouvé... Sans détour elle lui jeta au visage ce qu'elle ressentait, qu'elle sentait son cœur oppressé dans sa poitrine, pour finalement finir en larme dans ses bras. Elle rejoignit finalement sa compagnie pour la prise de la bastille... Ils firent feu avec les canons... Un oiseau traversa le ciel... Puis une terrible douleur... Elle s'écroula au sol, on lui avait tiré dessus... Alain et quelques autres l'emmenèrent plus loin du champ de bataille, mais elle les supplia de la laisser à terre, car elle ne supportait plus la douleur... Elle était lasse... Elle somma ses soldats d'aller terminer ce qu'ils avaient commencé... Rosalie épongeait son visage... Au loin elle entendit la clameur de la foule qui avait remporté une grande victoire... Puis plus rien, plus un mot, plus un bruit... C'était le silence... Elle ne voyait plus rien outre le visage d'André dans les cieux... Elle sentit son corps se tordre une dernière fois de douleur, puis se fut le noir...Elle ne ressentait plus rien...
Un effet de lourdeur se fit sentir dans tout son corps, une sensation désagréable, comme si tout son corps pesait plus de dix tonnes... Elle était lasse... Elle avait chaud... Et elle avait froid en même temps... Elle pouvait sentir qu'on lui passait une serviette humide sur le visage, mais elle ne comprenait guère pourquoi... Et il faisait si noir... Pourtant, peu à peu, elle pouvait entrevoir de la lumière frapper ses paupières closes... Elle fit un effort surhumain afin de les ouvrir... Tout était embrouillé autour d'elle... Elle y voyait à peine... Elle vit une silhouette penchée sur elle, mais ne la reconnu pas... Elle entendit des mots, mais elle n'en saisi aucunement le sens... Elle referma les yeux et les rouvris plusieurs fois afin d'accommoder sa vision trouble. Elle tourna la tête vers cette personne penchée au dessus d'elle... Peu à peu elle entendit sa voix sans encore en comprendre les mots... Elle connaissait cette voix... C'était une voix de femme... Mais elle ne reconnaissait guère laquelle... Elle commença ensuite à entendre des mots...
- Oscar... Oh Oscar je t'en pris répond moi... Oscar...
Enfin l'image devint plus claire...Elle reconnu Rosalie...
- Ro... murmura-t-elle avant d'être prise d'une quinte de toux.
- Oh Oscar, le ciel soit loué tu es vivante...
- Où...?
- Non Oscar je t'en pris ne parle pas, tu vas te fatiguer pour rien. Tu es en sécurité ici, on s'occupe de toi...
- On...?
- Oui... Moi, Bernard, Alain, notre hôte et...
- Oscar!!! Cria une voix.
La jeune femme crue mourir une fois de plus en voyant dans l'embrassure de la porte, la silhouette d'André... Non, impossible... Elle devait une fois de plus divaguer...
Elle regarda la silhouette s'approcher du lit où elle reposait, ne croyant guère à ce nouveau fantôme...
- Oh Oscar mon Dieu tu vas bien! Nous t'avons cru perdue!
- An... André? Murmura-t-elle.
Le jeune homme s'agenouilla près du lit et pris sa main dans la sienne... Sa main... La jeune Oscar n'oublierait jamais plus la caresse des mains de cet homme... Elle reconnaîtrait ses mains parmis des centaines... Ses yeux s'emplirent de larmes, embrouillant sa vue, jusqu'à ce que finalement, elle ne voit plus rien... Que du noir, que des ténèbres...
Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à laisser un commentaire.