Une St Valentin...

 

Une Saint-Valentin inoubliable

Par Mya

 

 

Février, mois de l'amitié, Février, mois des amours célébrés, Février, mois des coeurs vénérés. Dans les rues, dans les maisons, dans les casernes, dans les châteaux, partout on anticipait cette fête merveilleuse qu'est la Saint-Valentin... Fête des amoureux, fête des amours heureux, fête des coeurs valeureux. Les yeux des jeunes filles brillaient de milles étoiles alors qu'elles rêvaient toutes de recevoir un signe de l'élu de leur coeur, les lèvres des femmes souriaient en resongeant aux souvenirs de leur Saint-Valentin passé, les coeurs des femmes plus âgées battaient juste de regarder ce spectacle merveilleux. Partout on célébrait l'amour... Et pourtant... Février, mois des délaissés, Février, mois des amours inavoués, Février mois des coeurs brisés. Dans les ruelles, dans les taudits, dans les tavernes, dans les citadelles, partout quelqu'un sentait son coeur étouffer dans un étau de peine. Fêtes des malheureux, fête des amours miséreux, fête des coeurs désireux. Les yeux des garçons devenaient brûmeux sans la chance d'approcher l'élu de leur coeur, les lèvres des hommes tremblaient en resongeant aux souvenirs de leur Saint-Valentin bavoués, les coeurs des hommes d'âge mûrs se faisait emplis de dégoût juste de regarder ce spectacle scandaleux. Tant de contradiction, tant de divergeance à l'évocation de cette fête. Même si la masse vivait l'excitation et la joie, quelques-un ne vivaient que dégoût et tristesse. C'est dans ce monde contradictoire qu'évoluait un homme d'un peu plus de 30 ans... Et cet homme ne faisait guère partit de la masse de réjouis... Cet homme était de ceux qui passait le quatorze février à l'abris des regards, là où seul son ombre était témoin de ces tourments amoureux. Un peu plus de 20 ans c'était écoulé alors qu'elle était entré dans sa vie. Tel le soleil qui se levait après chaque nuit, elle était la seule lumière à renaître parmis ses ténèbres... En sa présence il était en vie, en son absence il n'était que cendre. Elle enflammait son être, consummait son âme, torturait son coeur... Il l'aimait jusqu'à la frontière de la folie, il l'aimait sans jamais entrevoir l'espoir qu'un jour elle l'aimerait en retour... Il avait l'habitude de ruminer son amour en silence, il avait l'habitude de faire taire son coeur emplis d'insistance. Mais peu avant la mi février, il ne pouvait s'empêcher d'être torturé lorsqu'il voyait tout près de lui tous les yeux des autres illuminer... Alors que les émeraudes qu'il possédait, ne brillait que de chagrin sans fin.

 

Hélas toutes ses années de silence et de solitude, toutes ces années de tourmentes et d'amertumes où il avait pu à sa guise épancher ses larmes de solitude, allait prendre fin ce soir là à cause de sa trop grande servitude. Cette fleur qu'il chérissait depuis la sortie de l'enfance, cette rose qu'il aimait depuis la fin de l'adolescence, était devenue sa commandante et le laissait désormais sans défense. Que n'aurait-il pas fait pour lui plaire, même si cela signifiait obéir et se taire? Il aurait donné son âme, juste pour obtenir un sourire de cette femme... Alors il allait obéir à sa demande et plus tard en payer l'amende...

 

L'homme venait de terminer sa ronde de garde, il était déjà revenu devant la caserne par mégarde. Il lui avait promis, elle lui avait sourit... Même s'il n'avait pas compris, comment son ami s'y était pris, pour lui faire accepter, d'organiser une soirée masquée. Elle qui pourtant détestait les danses, qu'est-ce qui avait fait pencher la balance? Il n'avait pas compris, mais elle lui avait sourit... Alors il lui avait dit que oui, il serait là parmi ses amis, pour faire danser les fleurs invitées, malgré son coeur si tourmenté. Il leva les yeux vers le ciel, priant que sa peine ne masque pas ses prunelles, puis il entra priant l'ange Gabriel, de lui fournir la force essentielle.

 

Le soir avait fini par arriver, déjà dans le réfectoire s'entassait les invités. Les soldats tous bien mit pour une fois, regardait les jeunes femmes arriver tout en émoie. Près de la porte elle était là, droite et fière telle une statue maya. Sa chevelure dorée cascadait en beauté, pas une seule ne pourrait plus qu'elle briller, pour lui qui savait si bien regarder. De son visage ne paraissait que son sourire, le reste de sa beauté étant masqué selon les règles à suivre. Il échappa malgré lui un soupir, songeant que lui seul de par ses souvenirs, connaissait la nature qu'elle ne voudrait jamais trahir. Alors de loin il la comtemplait, pendant que dans la salle commençait le ballet. L'un des hommes de sa compagnie, vint le rejoindre un peu ébahi. Il n'avait de cesse de se demander, pourquoi son ami refusait de s'amuser. L'homme ne pouvait lui répondre, il préférait encore se morfondre. Ne s'avouant pas facilement vaincu, son ami lui présenta une nouvelle venue, lui rappelant en même temps qu'il avait promi à son aimée, que les jeunes fleurs il ferait danser... Alors il prit entre ses doigts sa main, et l'entraina dans ce ballet sans fin. Bien qu'il fut un peu perdu dans ses pensées, il ne put s'empêcher de remarquer, que comme elle ses cheveux étaient de blé. Que son regard était de mer, le ramenant à ses chimères, le faisant trembler de tout son être. Elle respecta son silence, elle continua la danse. Il perdura dans son mutisme, alors qu'elle l'entraînait sur la piste. Le temps fila, la danse perdura, le silence demeura... Jusqu'à ce qu'elle porte ses lèvres à son oreille, qu'il frôle sa chevelure couleur soleil.

 

- N'as-tu dont pas compris, malgré mon masque qui je suis?

 

L'homme ne comprit pas tout le sens, de cette phrase plus qu'étrange. Il jeta un oeil vers l'entrée, là où se trouvait son amour convoité... Droite et fière, belle et altière, elle était là solitaire. Et pourtant en ramenant son regard interrogeur, dans les prunelles de mer emplis de peur... Il se demanda si la folie ne l'avait pas prit... Jusqu'à ce qu'elle murmure de sa voix si pure: "C'est Rosalie près du mur..." L'homme ne put rien ajouter, pas une seule phrase prononcer... Était-ce dont possible, c'était si peu crédible... Une main sur sa joue, elle posa d'un geste doux. Un sourire illuminant son visage, impossible cela ne pouvait être qu'un mirage... Et pourtant au fond de ses yeux, il ne voyait plus que brûler le feu... Le feu du même désir, qu'il épprouvait jusqu'à en mourir... Ses doigts entre les siens, elle enlaça comme il convient. Quelques pas elle amorça, hors de la salle elle l'emmena... Hypnotisé il la suivi, elle tenait la clé de sa vie... En silence elle parcouru les couloirs, alors qu'il n'arrivait guère encore à y croire... Dans ses appartements elle s'engouffra, en silence la porte elle ferma... Figé son corps tremblant, il la regardait intensément, alors qu'elle enlevait son masque doucement. Pas un mot, s'aurait été de trop... Elle s'approcha seulement, l'enlaça tendrement. Le désir au fond des yeux, au fond du coeur ce même feu... Alors que se suspendit le temps, elle posa ses lèvres sur les siennes amoureusement, ses mains caressant son cou tendrement. Plus rien n'était important, plus rien au delà de ce moment, où enfin elle lui avouait, d'un baiser qu'elle aussi l'aimait. Pour la première fois la Saint-Valentin, cette fête qu'il avait haïs sans fin, prenait tout son sens, son amertume devinant évanescence.

 

FIN

 

 


Commentaires (2)

1. 02/05/2011

SUPER !

2. 01/03/2011

BRAVO!

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