
Traduction:
Chapitre 1
On entendait seulement le grattement d'une écriture à la surface d'un papier rugueux. La main qui tenait cette plume tremblait légèrement. Elle crissait, de gauche à droite, en laissant des sillons d'encre sur le papier jaunâtre. L'encre, était aussi noire que cette nuit. Etait-ce, ce lieu, qui rendait les nuits si atroces ? Ou simplement parce qu'il était complètement seul face à ses craintes ? Il détestait cet endroit. C'était le genre de lieu qui gardait en ses murs de lourds secrets, témoins d'un passé, d'un présent, et surement aussi d'un futur abominable pour les gens qui y rentraient. Une légende racontait que ceux qui avaient le malheur d'y rester trop longtemps étaient perdus. Il frisonna à cette idée, balivernes... Seule la timide lumière que lui apportait l'unique bougie était sa source de réconfort. Il leva la tête. Il regarda la fenêtre. La pleine lune découpait des ombres monstrueuses sur les murs obscurs qui l'entourait. Le feuillage de l'arbre placé devant la fenêtre créait des images qui bougeaient, se balançaient, et semblaient même conspirer. Elles avaient l'air vivantes. Il savait qu'elles sentaient le moindre de ses tressaillements. La flamme de la chandelle vacilla, il retint son souffle. Si elle venait à s'éteindre, il n'était pas sûr de pouvoir la rallumer. Ses pensées s'égarèrent à la vue de cette fenêtre qui s'offrait à lui. Il l'aurait déjà franchie, si elle n'était pas condamnée par de lourds barreaux. Il rassembla son courage, et ignora les ombres. Il n'aurait pas eu peur s'il avait été entouré de bruits. Mais le silence qui l'entourait était si compact, si opaque, qu'il se demandait s'il n'avait pas perdu son ouïe. Mais non ce n'était le cas. Le bruissement de la plume continuait...
Il devait tenir. Il savait que les nouveaux comme lui avaient ce genre de poste pour « s'endurcir ». Il espérait qu'il serait vite changé de responsabilités. Les gardes de nuits s'enchainaient, et elles étaient de plus en plus effrayantes. Il ne devait pas se plaindre cependant. Ses revenus pouvait les faire survivre, sa mère et lui. Elle avait pris soin de lui pendant 17 ans. Maintenant malade, c'était son tour. Il se concentra sur sa rédaction. Il voulait un travail soigné. Ses supérieurs l'encourageaient, il fallait qu'il continue sur ce chemin. Plus il ferait du bon travail, plus vite il serait changé de poste. Il prit une autre feuille, et commença un nouveau dossier.
Cependant, il laissa sa plume à quelques centimètres de la surface de la feuille. Il tendit l'oreille, priant pour s'être trompé sur ce qu'il venait d'entendre. Son souffle s'accéléra, il sentit son cœur battre de terreur. Non pas ça. Il écouta soigneusement... Un gémissement venait de la chambre à gauche de son bureau. Un autre. Il ferma les yeux. Chaque nuit, le même refrain... Cela commençait par des plaintes, faibles mais, qui petit à petit, devenaient plus fortes, plus longues, et finissaient par se transformer en hurlements. Cris qu'il devait calmer. Les calmer, d'accord, mais comment ? Lorsqu'on voyait comment les anciens membres du personnel les traitaient, cela n'avait pas l'air bien compliqué, mais il était incapable d'infliger de tels traitements à des êtres humains. Par son jeune âge, il était effrayé par ces fous qu'il devait garder.
Il sursauta. Les premiers cris de la nuit. Il voulu noter l'heure sur le dossier de la patiente, mais il devait aller la calmer au plus vite, sinon, elle finirait par éveiller les autres, qui se mettraient à hurler aussi. Il se leva lentement, essayant vainement de rassembler son courage. Il n'était toujours pas habitué. Il parcourut lentement la distance qui le séparait de la chambre. Avec précaution, il ouvrit la porte. Les cris avaient cessés, mais pour surement mieux reprendre. Cette partie de l'asile était réservée aux cas les plus difficiles. Des personnes qui avaient perdu le contact avec la réalité, des gens brisés psychologiquement, des paranoïaques, des mythomanes...Les cauchemars que faisaient ces aliénés étaient impressionnants. Il s'approcha de sa patiente. Elle était attachée par des sangles de cuirs, aux pieds, aux mains, pour l'empêcher de faire le moindre mouvement. Il s'approcha lentement pour observer son visage. Elle était endormie. Elle cauchemardait, et vivait ses chimères comme de vraies attaques. La réalité et la fiction n'étaient plus distinctes chez elle.
Il regarda sa bouche, qui notait un cruel manque d'eau. Elle était complément déshydratée. Il avait envie de lui donner à boire, mais comment réagirait-elle ? Elle se débattrait peut être comme une furie. Même attachée, elle restait dangereuse. Rassemblant son courage, il lui souleva doucement la tête, et fit couler un peu d'eau sur ses lèvres. Elle se réveilla grâce à cette douce sensation. La réaction ne se fit pas attendre, elle bu goulument. Il ne s'était pas trompé, elle était assoiffée. Apres qu'elle eut étanché sa soif elle posa sa tête, en le regardant fixement. Il recula, savait ce qu'il allait arriver. Les réflexes habituels.
Elle commença à tirer sur les sangles qui la retenaient. Silencieusement, elle le regardait, et commençait sérieusement à s'exciter. Elle tirait de plus en plus fort, les lanières de cuirs entaillaient sa peau, le sang goutait de ses poignets. Elle se cambrait, tentait de s'échapper, mais elle savait que c'était impossible. Elle ne pouvait se défaire de ces liens. Ses yeux, devant cette réalité qu'elle ne pouvait nier, laissèrent échapper quelques larmes. En se débattant, la robe de nuit qu'elle portait avait remonté au niveau de ses cuisses. Elle cessa de bouger, et fixa son gardien d'un regard triste, désespéré. Elle ne parlait plus, seulement dans ses cauchemars.
Sachant que cette patiente n'aimait pas être découverte, il saisit avec précaution les bords de la robe et tira vers les pieds. Il savait que certaines malades, n'étaient aux mains des docteurs, que de simples jouets. Combien d'entres elles étaient malmenées ? Mais avec lui non. Il savait que les gens enfermés ici vivaient tous les jours dans des tourmentes insoupçonnables, en rajouter et profiter de leurs faiblesses, était pire que tout.
Il la regarda attentivement. Elle se rendormait progressivement. Les « traitements » qu'on leur administrait toute la journée faisaient leurs effets. Calmés, abrutis à coups de potions, voila quelle était la politique de cet établissement. A la faible lueur de la bougie, il n'arrivait pas à lui donner d'âge. Elle était jeune, sans nul doute, mais les cernes, les crevasses aux lèvres, les cheveux ternes, vieillissaient prématurément cette fille...
Il se retourna et prit un linge. Il le mouilla et l'essora, pour essuyer le sang qui avait coulé de ses blessures, faites par les sangles. Doucement, il tamponna jusqu'à que la peau soit propre. Des coupures à peine cicatrisées laissaient entendre que son internement datait de peu. Trois mois, tout au plus...
Il regarda une dernière fois si elle dormait. C'était le cas. Il sortit de la chambre, et retourna à son bureau.
Il était pensif. Il était d'un naturel sociable, et aimait parler avec les gens. Mais elle, restait sourde à toute conversation, même la plus banale. Au début, il s'était même demandé si elle n'était pas muette. On lui avait dit que non. A son arrivée, elle avait crié, hurlé pendant des jours, mais au bout d'un moment, s'était tu, et n'avait pas reparlé.
Avec un pincement au cœur de voir cette jeune fille si maltraitée, si perdue, sans que personne ne cherche à savoir ce qui la rongeait, il écrivit sur une feuille déjà bien remplie, que la patiente Oscar François de Jarjayes, s'était de nouveau réveillée, à 3h15 du matin.
Chapitre 2
6 ans plus tôt....
Oscar rentrait de Versailles, en compagnie d'André. Depuis qu'ils avaient récupérés leurs chevaux, elle n'avait pas dit un seul mot. André l'observait à la dérobée. Elle avait le visage légèrement penché, et fronçait les sourcils. Elle pleine réflexion, elle n'avait même pas remarqué l'expression d'André. Il la regardait tristement, sachant très bien ce qu'il se passait dans sa tête. Encore, et toujours Fersen.
Il était revenu des Amériques. Vivant. Enfin, vivant mais salement amoché. Un bras, une jambe cassée, et des multiples cicatrices qui lui barraient le visage. Il était seulement partit 3 ans. Rapatrié vu qu'il ne servait plus à rien (vision intérieure d'André) il revenait tailladé de tout les côtés, marques qui n'enlevaient absolument rien à son charme, voire même qui l'embellissait davantage (vision intérieure d'Oscar). Elle avait pali en voyant son cher ami dans un tel état. Elle avait soupiré en voyant la Reine lui jeter un regard tendre, qui fut, dès que Fersen eut tourné les yeux vers cette dernière, partagé de façon équivoque. André avait pali lui aussi, désespéré qu'une guerre à l'autre bout du monde n'ai pas réussit à l'éloigner définitivement de son Oscar.
Mais bon, il était vivant, c'était le principal. Même André partageait cette opinion. S'il était revenu dans un cercueil, Oscar en aurait été dévastée... Il préférait la voir mélancolique mais apaisée, que dépressive et désespérée... Qu'allait-il advenir maintenant ? Fersen et la Reine continueraient-ils leur petit jeu ? Ou bien il allait peut être, éventuellement, la remarquer enfin ?
Oscar maudissait tout en cet instant. La remarquer ? Sous son uniforme d'homme ? Il savait qu'elle était femme, mais... Il ne voyait qu'en elle un colonel chargé de la protection de la Reine, enfin de SA Reine, une confidente sur sa relation avec SA Reine, un émissaire qui portait des messages secrets à SA Reine, enfin bref, tout ne revenait toujours qu'a cette fichue Reine. Ne pouvait-il pas baisser ses yeux, et voir qu'elle aussi existait ? Comment Oscar aurait-elle pu rivaliser, ne serait ce qu'un instant avec cette femme ? Parée des plus belles robes, faites des étoffes les plus chères, ornée des plus remarquables bijoux... Même vêtue de lambeaux, Fersen l'aurait aimée...de tout son être.
Oscar était tellement concentrée sur ses tourments amoureux, qu'elle n'avait même pas vu la branche qu'elle allait prendre en pleine tête. Heureusement André, l'avait aperçu.
-OSCAR ! La branche !!!
-Quoi ?! dit-elle distraitement en tournant la tête.
PAF ! Et une branche en plein dans le nez, une.
-Aiieee !!! André ! Tu aurais pu me le dire avant !!!
-Tu n'as qu'à regarder devant toi !
Il se tu aussitôt, en voyant le regard qu'elle lui jeta. Ses yeux étincelaient de colère, le moindre mot de travers de plus, il se prendrait peut être un coup de sabre. Elle était si énervée d'avoir vu une énième fois l'amour dans les yeux de Fersen pour la Reine, que personne ne trouverait grâce à ses yeux en cet instant, pas même un enfant en bas âge. Et elle aurait préféré mourir, que d'avouer la raison de son courroux. De ce fait, cette branche tombait à point comme excuse à sa rage.
André ferma les yeux en soupirant. Elle était tellement fixée sur Fersen, qu'elle ne voyait même pas dans l'état dans lequel il se trouvait. Il ressentait exactement la même chose. Oscar ne le regardait pas, comme Fersen ne remarquait pas Oscar. Eh oui, une chaine amoureuse. Il était amoureux d'Oscar qui aimait Fersen, qui vénérait la Reine. Cupidon avait mal fait les choses, il ne devait pas être sobre lorsqu'il avait décroché ses flèches.
En rentrant à Jarjayes, elle monta dans sa chambre pour y demeurer seule. En fait, elle voulait écrire dans son carnet intime. Elle s'en était acheté un, lorsqu'elle avait commencé à éprouver cette attirance particulière pour le jeune suédois. N'ayant aucune amie pour se confier, ne voyant quasiment jamais sa mère, quand à André ... André n'aimait pas Fersen. Elle n'aurait su dire pourquoi... Quand ils en parlaient, une petite lueur étrange naissait dans ses yeux verts. Il ne laissait rien paraitre mais Oscar sentait qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas. Elle l'avait questionné sur la raison de cette animosité, mais il avait nié en bloc ses accusations, elle avait donc arrêté. André pouvait parfois se montrer têtu. Elle avait donc renoncé, et se confiait à un journal, tout simplement. Elle n'en avait parlé à personne, et le gardait soigneusement caché sous une lame défectueuse du plancher. Si son père savait qu'elle tenait des écrits intimes, il lui aurait certainement donné une correction. C'était pour les filles, ce genre de chose, et justement, elle n'était pas sensée en être une. Ce petit livre uniquement écrit de sa main était à ses yeux, une sorte de faiblesse. Mais une faiblesse qui ne faisait de tord à personne, donc, elle se défoulait allègrement de ses tourments chaque fois qu'elle en ressentait le besoin. Qu'y avait-il de mal à écrire ? Rien, elle laissait vagabonder ses pensées, ses colères, ses joies... Elle sentit que les jours prochains, son écriture serait peu être triste. Celui qu'elle aimait était revenu, mais son amour pour une autre demeurait tristement fort...
Pendant qu'Oscar écrivait, André s'occupait des cheveux. Lui-même plongé dans ses propres réflexions, il sentait...quelque chose. Un je ne sais quoi, il savait que le retour de Fersen n'allait lui apporter que des tourments. Cet homme profondément amoureux de sa Reine, mais quand même reconnu comme coureur de jupons auprès des plus belles courtisanes, n'allait apporter que des difficultés, il le savait. Oscar ... André aurait voulu lui ouvrir les yeux sur son amour impossible, comme lui-même avait fait mais... Cela ne servirait à rien. Elle devait même penser qu'il ne se doutait de rien... Il la connaissait par cœur, son attirance se voyait comme le nez au milieu de la figure... Ce sentiment de malheur à venir ne quitta plus André de la journée. Le soir, il se rassura en se disant que demain serait un autre jour...
Chapitre 3
Oscar faisait les cents pas dans sa chambre. Enervée par sa propre lâcheté, elle virevoltait, son sabre à la main, prête à zigouiller quiconque oserait poser ne serait ce qu’un seul pied dans sa chambre. Oui….non…..allez…..tu es folle……tu peux le faire…..mais non je ne peux pas le faire….
Voila ce que se disait Oscar, en boucle dans sa tête. Plusieurs semaines avaient passées depuis le retour de Fersen, et chaque fois qu’elle le croisait, même de loin, son cœur battait la chamade. Il fallait vraiment qu’elle se calme. Tôt ou tard, ses envies lui joueraient des tours. Ce matin même, elle l’avait rencontré et avait du presque fuir pour ne pas lui voler un baiser. Son esprit demeurait ferme, mais c’est son corps qui la trahissait. Les mains moites, les joues rouges, le souffle court… Elle allait finir folle à ce rythme. Une idée lui était passé alors par la tête…
Elle ne pouvait pas décemment lui avouer son amour. Elle était colonel de la Garde Royale. Elle était presque un homme. Et un « presque » homme, ne pouvait pas avouer son amour à un autre homme. C’était contre nature. Donc, il fallait que ce soit une vrai femme qui s’y colle. Elle avait un corps de femme. Un corps de femme de 24 ans qui ne demandait qu’a expérimenter les choses de la vie. Elle rougit à cette pensée. Son esprit vagabondait de plus en plus… Elle s’imaginait un Fersen torse nu… des mains sur ses hanches…. Oscar eut soudain très chaud.
C’était maintenant ou se taire à jamais. Ni son père ni sa mère n’étaient au domaine ce soir. Elle pourrait donc se déguiser en femme, et partir au bal tranquillement sans que son père ne se doute de rien. Elle allait tenter le tout pour le tout. La Reine ne serait pas au bal non plus, une aubaine.
Elle appela donc grand mère, qui arriva en se demandant ce qu’elle pouvait bien lui vouloir.
-Que veux tu ma petite ? demanda la douce vieille dame.
-HUM HUM, je veux… porter une robe….
-Comment ? Parle plus fort, je n’entends rien…
-Porter une robe
-Comment ?! Oh Oscar c’est le plus beau….
-Pas de commentaires merci ! Je veux que tu m’aide à me préparer…
L’habillage commença. Oscar, complètement étrangère aux rituels de préparation ne savait ou donner de la tête. Grand-mère lui donnait des ordres, elle obéissait au doigt et à l’œil. Elle du s’agripper à la colonne de son lit à baldaquin pour ne pas tomber en arrière lorsque grand mère lui laça son corset.
-Ahhh mais grand mère tu es folle de serrer ainsi ???
-Je sais ce que je fais !!! Que sais tu à propos de ce genre de chose ?
-Gniééé, aaarrrggghhh, que ….ça….fait….mal….grand..mère…..peux……plus ….respirer….
Oscar tentait de reprendre son souffle. Grand mère la regarda attentivement. Elle avait peut être forcé en effet. Oscar était devenue rouge comme une pivoine et suffoquait. Elle desserra les liens.
Oscar lui jeta un regard mauvais et lui demanda de poursuivre ses mauvais traitements « irrespectueux envers sa personne ». Grand mère pouffa en entendant ces paroles et la fit assoir. Elle commença à coiffer les cheveux d’Oscar. A mesure qu’elle avançait dans la réalisation de la coiffure, Oscar avait de nouveau agrippé les bords de la coiffeuse pour tenter de rester sur la chaise. Bon dieu, grand mère avait une force herculéenne. Oscar eut une pensée pour André. Il devait sacrément souffrir lorsqu’elle lui donnait des coups de louches. Elle avait toujours pensé qu’il jouait la comédie mais, apparemment pas.
Apres de maintes plaintes d’Oscar au sujet de la robe ( trop chargée !!!), des chaussures ( trop hautes !!!), du maquillage ( trop voyant !!!), et des bijoux ( trop beaux !!!), Oscar fut enfin prête.
-Et bien pas de doute, tu es bien une femme…fit remarquer Grand mère.
- ?
- Tu n’a cessé de tout critiquer, et de te plaindre, seules les femmes savent faire cela…
-Pff !
Elle sortit de la chambre, et descendit les escaliers. André la fixait d’un regard stupéfait. Elle s’arrêta. André la regardait bizarrement elle devait être ridicule. S’il riait, elle ferait demi tour. Et pleurerait. Elle n’avait pas subit les vêtements féminins pour être un monstre. Vu qu’il ne disait rien, elle décida de lui poser carrément la question.
-Bon André, ton avis.
-Heu….
Il hésitait. Il essayait de trouver les mots pour lui faire le moins de mal possible. Il tentait de trouver la phrase qu’il fallait pour qu’elle ne parte pas en courant dans sa chambre.
-Je suis ridicule, c’est ça ??? dit elle les larmes aux bords des yeux
-Non. Pas du tout, dit il en la regardant intensément.
Elle éprouva un grand soulagement. Les yeux d’André ne mentaient pas. Enfin pas pour Oscar du moins. André essayait de masquer la jalousie de la voir plus belle que jamais dans des atours féminins portés pour un homme qui n’avait que faire d’elle, et l’admiration qu’il lui vouait pour ne pas trahir ses sentiments.
Mais Oscar, ne maniait pas encore ces armes de féminités brillamment. Apres s’être littéralement vautrée sur le carrelage en trébuchant sur un pan de robe, elle monta dans le carrosse d’une façon peu commune. Elle avait attrapé le maximum de tissu qu’elle pouvait, et était rentrée dans l’attelage, avec la démarche… d’un homme. Grand mère lui rappela quelques petites choses sur les règles de bienséances, du comportement de la femme distinguée, et celui que pouvait avoir l’homme, enivré de boissons, sur une jolie jeune fille. Sur ces paroles de sagesses, Oscar ordonna au cocher de partir. Droite, et fière, c’est ainsi qu’elle se rendit, à son tout premier bal en tant que femme.
Arrivée, elle descendit du carrosse prudemment. La moindre erreur lui serait fatale… Grand mère lui avait conseillé de se détendre… Facile à dire… La fraicheur de la nuit la fit frissonner… Tan mieux, cela lui avait remit les idées en place. Elle saisit les pans de sa robe argentée, et monta les marches qui la séparaient de celui qu’elle aimait. Allait il la voir ? Allait-il la remarquer au milieu de toutes ces femmes ? Si oui, elle pourrait alors peut être espérer… Dans le cas contraire, elle saurait qu’il n’y aurait plus rien à faire…
Parvenue à l’entrée du bal, elle respira un bon coup. Trop tard pour faire demi tour, elle entra. Elle faisait très attention à sa démarche, ce qui la rendait gracieuse. Elle s’avança au milieu du beau monde, consciente que tout les regards étaient tournés vers elle. Des murmures admiratifs lui parvenait aux oreilles… Elle était donc si belle que ça ? Non, elle connaissait les courtisans, ils ne savaient que flatter. Elle jeta un coup d’œil rapide dans la salle. Pas de Fersen. Il n’était pas là. Son cœur se serra. Avant qu’elle puisse faire un pas de plus, un homme l’aborda et lui demanda une danse. Bien, vu que l’objet de son désir n’était pas là, qu’avait elle de mieux à faire ? Elle se laissa alors entrainer dans une danse. Elle virevoltait inlassablement, suscitant désir de la part des hommes, et jalousie de la part des femmes. Aucunes ne pouvaient prétendre avoir reçu autant d’invitations à danser. Une heure plus tard, elle se retira sur un balcon. Le rouge aux joue d’avoir tant dansé, ses pieds torturés d’avoir été tellement sollicités dans des chaussures qu’elle n’avait pas l’habitude de porter… Elle s’appuya sur la rambarde, et contempla la lune. Le ciel était dégagé, il faisait étonnamment clair. Il n’était pas là… Il aurait du l’être !!! Cela ne servait à rien de rester ici… Elle allait rentrer…
-Vous l’éclipsez presque…dit une voix derrière elle.
Chapitre 4
Elle frissonna. Elle aurait reconnu sa voix entre mille. Il était là, près d’elle. Son cœur cogna dans sa poitrine, elle rassembla son courage pour faire face à celui qui la hantait depuis maintenant un certain temps.
-Je parlais de la Lune… Vous éclipsez sa beauté ce soir… Puis-je savoir votre nom ? dit il en lui prenant la main pour y déposer un baiser.
Il l’avait vu entrer. Comme les autres, il avait été subjugué par cette femme, indéniablement différente des autres… Il l’avait alors regardé danser, admiré cette dame parée d’un éclat si fort… Les hommes s’étaient précipités pour quémander une danse. Il avait attendu patiemment, son tour viendrait… Hors de question qu’elle lui échappe. Seule la Reine lui avait donné une telle impression…
Voyant qu’elle ne répondait pas, il lui demanda, comme les autres une danse. Avec un petit sourire énigmatique, il lui pris la main et l’entraina au centre de la salle.
Le cœur d’Oscar battait à se rompre. Elle gardait les yeux baissés, de peur que leur couleur ne la trahisse. Elle oscillait entre le désir de crier qui elle était, et se taire, le forçant à attiser sa curiosité…
Son pieds s’accrocha à un pan de robe, elle se sentit tomber en arrière… Mais une main vigoureuse l’avait rattrapée, et Fersen l’attira contre lui. Elle pouvait sentir son souffle contre ses lèvres. D’une main, il l’invita à faire quelques pas dans les jardins. Elle consentit d’un léger hochement de tête, la fraicheur lui ferait du bien. Elle avait si chaud…
Ils marchèrent silencieusement. Il ne cessait de la regarder, ne se lassant pas de cette beauté si peu commune. Le clair de lune la faisait apparaitre comme irréelle.
Oscar, sentait ce regard sur elle. Enfin. Une attention particulière. Elle avait un creux dans le ventre. Elle ne se souvenait pas d’avoir ressentit pareille sérénité, et pareille peur.
Il ne pouvait plus attendre. Il lui pris le bras, et la fit pivoter contre lui. Elle n’avait rien fait de particulier pour attirer son attention, mais il la voulait. Les mains crispées sur ses hanches, il déglutit. Elle se tenait légèrement cambrée, seuls leurs bassins se touchaient. Il s’avança lentement, s’approchant de la bouche qui n’avait cessé de l’attirer toute la soirée. Elle se cambra légèrement. Ne voulait elle pas être embrassée ? Si, il le sentait. Son souffle court trahissait son envie, et malgré la pénombre, il distinguait deux yeux précieux qui n’attendaient que ça.
Il porta une main à son cou, qu’il laissa glisser le long de son buste. Des courbes enivrantes, qui devaient être douces comme de la soie, une fois débarrassées de cette robe.
N’y tenant plus, il fondit vers cette bouche légèrement ouverte.
Oscar reçu son premier baiser. Ses jambes fléchirent, la tête lui tournait. Il la maintenait fermement contre lui, ses mains courant le tissus pour aller se perdre dans le dos, dans la nuque, ou sur les reins. Il sentait qu’elle était conquise. Le baiser, au départ doux, se fit de plus en plus langoureux et brulant. Tout les sens étaient en éveil.
Oscar rêvait, ce n’était pas possible. Elle allait se réveiller dans son lit. Elle ne pouvait que rêver, ce n’était pas la réalité. Fersen ne pouvait l’embrasser de cette façon, si douce, si tendre, si animale…si…belle…
Il la fit basculer dans l’herbe, il la voulait. Sans ce défaire de cette étreinte, il glissa une main dans son décolleté. Cette sensation arracha à Oscar un cris. Elle haletait, son corps lui faisait comprendre qu’elle était prête. Elle sentait ses lèvres sur son cou, dieu que c’était agréable ! Ses mains caressaient sa poitrine, habituellement comprimée sous des bandes de lin. Une sensation qu’elle n’avait jamais connu… Elle se laissa aller quelques temps à ces frôlements.
Elle sentit une main remonter lentement le long de sa jambe. Elle stoppa cette main qui n’avait pas été invitée. Ils faillaient qu’ils s’arrêtent là. Elle savait pertinemment que si elle n’arrêtait pas son geste, ils finiraient par commettre l’irréparable. Bien qu’assoiffée d’une peau qui sentait divinement bon, elle n’était pas prête à perdre sa virginité comme cela, dans un jardin lors d’un bal, à un homme qui ne connaissait même pas sa véritable identité… Elle le repoussa et s'enfuie en courant, laissant un Fersen, complètement désemparé.
Il hésita à la suivre, mais quelque chose l’en empêcha. C’était de toute évidence une femme qui ne se laissait pas faire. Cela ne rendait le jeu que plus attrayant. Une femme qui résistait à son charme, c’était rare… Il baissa les yeux, un objet attira son attention. Il se pencha et le ramassa. Une boucle d’oreille. Elle avait du se décrocher lorsqu’il avait embrassé son cou. C’était sa seule piste. Il se dirigea vers le bal et scruta les invitées. Elle n’y était plus. Il commença alors quelques investigations pour connaitre l’identité de cette créature divine. Mais rien, même les courtisans qui connaissaient de fond en comble la cour ne la connaissait. C’était extrêmement fâcheux. Sans indice, il n’allait pas être facile de la retrouver. En soupirant, il glissa la boucle d’oreille dans sa poche. Sa jumelle lui manquait… Il aller retrouver sa propriétaire coute que coute pour la lui rendre…
Chapitre 5.
Oscar se réveilla fraiche comme une fleur. Les sensations qu’elle avait ressenti hier n’avait pas quitté son esprit. Il l’avait regardée…Il l’avait faite danser… Il l’avait embrassée… Il l’avait même désirée… Jamais en enfilant la robe elle n’avait imaginé que cela se passerait comme cela… Il avait été si doux…
Elle se leva en ayant l’impression d’être quelqu’un d’autre. Mais l’uniforme rouge posé sur un mannequin à côté du miroir la ramena brutalement à la réalité… Elle s’en approcha et regarda les galons qui décoraient le devant de la veste. Elle les auraient volontiers échangés pour pouvoir à nouveau être dans les bras de son cher Axel de Fersen…
Elle aperçu son reflet… Non, elle n’avait pas changé en une nuit. Elle se surprit à remonter de ses mains sa chevelure pour imiter la coiffure que grand mère lui avait faite. Pas de doute, personne n’aurait pu la reconnaitre. Jamais elle n’attachait ses cheveux. Elle fut horrifiée en regardant son cou. A droite, une marque violette. Bon sang un suçon !!! Il était bien visible… Si quelqu’un le découvrait, elle était perdue… Elle mit son uniforme à la va-vite pour voir si le col pouvait cacher ce secret fort gênant. Ouf, avec les cheveux ramenés sur la poitrine, on ne voyait absolument rien. Elle fut soulagée.
Apres avoir fait sa toilette, elle descendit prendre un solide petit déjeuner. Les émotions, ça creusait. Elle croisa André qui affichait une mine sombre. Devait elle lui confier ce qu’il s’était passé hier ? Non, surement pas… Bien trop intime…Mais une nouvelle épreuve l’attendait.
Elle allait devoir affronter Fersen… Et si il la reconnaissait ? Oscar ne savait pas ce qu’elle voulait. Apres tout, il l’avait embrassé et trouvé à son gout. Mais ce n’était pas vraiment elle hier, c’était une autre. Une femme… Digne de ce nom. Son père lui avait tracé un destin d’homme…
Elle reposa le pain qu’elle s’apprêtait à manger. Elle n’avait plus très faim tout à coup… Elle essayait de se persuader que la folie qui l’avait prise hier, était finie. Mais ce n’était pas le cas, elle en voulait plus… Elle voulait que Fersen la reprenne dans ses bras, la couvre de baisers… Elle s’était sentie libérée d’un poids énorme… Comme si quelque chose naissait en elle, une voix à suivre… Un espoir magnifique d’aimer et d’être aimée en retour… Oui, elle voulait être aimée pour ce qu’elle était … Elle voulait se présenter devant lui, droite, et lui avouer que la femme qui l’avait prise dans ses bras, c’était elle. La femme qui avait dansé avec lui, c’était elle…
Elle chassa cette idée de sa tête… Elle ne devait pas penser à ce genre de chose, de sa condition d’homme, ces rêves lui étaient impossibles, interdits…
Elle sortit de la salle à manger d’un pas lourd, et rejoignit André, qui avait fini de seller les chevaux. Bon sang, il avait l’air de mauvaise humeur… Et cela ne datait pas d’hier… Depuis quelques semaines, il ne disait plus rien… Il se contentait de lui répondre, lorsqu’elle lui posait des questions, mais rien d’autre…
Sur le chemin, elle se demanda bien ce qu’il pouvait lui arriver. Elle se sentit mal. Elle n’avait pas fait attention à son ami depuis que Fersen était réapparu… Peut être que lui aussi avait des peines ? Elle ne l’avais jamais questionné sur d’éventuels tourments d’amours… Elle se le reprocha. André était attentif sur les moindres de ses désirs… Elle lui en parlerai, peut être qu’il se sentirait soulagé… Qui avait-il d’autre pour se confier ? Personne, tout comme elle… Ils se côtoyait depuis si longtemps, ils n’avaient besoin d’autres amis… Elle félicita son père intérieurement d’avoir permis qu’André croise son chemin… Sans lui, elle ne serait jamais devenue ce qu’elle était.
Plus ils approchaient de la cour, plus le cœur d’Oscar battait. Elle laissa André et partit vers son bureaux. Elle n’avait pas envie de croiser Fersen, elle allait donc se cloitrer dans son bureaux, et s’occuper des rapports en cours. Apres avoir croisé son lieutenant, et lui avoir confié l’entrainement de la Garde, elle continua sa course.
Boum ! Elle heurta à quelque chose à l’angle d’un couloir. Elle trébucha et sentit quelqu’un lui attraper la main. Elle regarda son sauveur… Fersen. Bien sur, elle qui ne voulait pas le croiser, il fallait qu’elle tombe sur lui, et ce, dans tout les sens du terme… Elle se concentra pour garder un visage impassible.
-Oscar mon amie ! Je m’excuse, j’étais ailleurs… lui dit il en lui souriant.
-Il n’y a pas de mal, Mr de Fersen, grâce à vous je ne suis pas tombée…répondit Oscar en tentant de chasser toutes les idées qui lui venait à l’esprit lorsqu’il avait attrapé son bras.
-Ce n’est rien Colonel… Bien, je dois vous laisser, à bientôt….
-A bientôt…
Il reprit sa marche d’un air pensif. Oscar se demanda si c’était à elle qu’il réfléchissait… Pff, surement pas… La Reine sans doute…
Mais Oscar se trompait. Fersen pensait…à elle… Il ne pouvait se défaire de cette inconnue qui avait accroché son cœur… Elle était si belle !!! Il sortit de sa poche la boucle d’oreille égarée… Il ne s’en était pas séparé depuis hier. Elle était exactement comme sa propriétaire… Fine, longue, délicatement ouvragée… Un diamant, deux saphirs… Oui, c’était exactement elle… Il continuait ses recherches… Une femme blonde comme les blé, grande, fine, avec des yeux bleus, le teint ivoire… Il s’arrêta brusquement… Ne venait-il pas de croiser une femme qui correspondait exactement à cette description ? Il se retourna et observa Oscar qui marchait au loin… Bon sang, elles devaient faire la même taille cet inconnue et elle… La même couleur de cheveux… Des yeux semblables… Fersen fut fortement troublé… Oscar ?! Il l’aurait tenue dans ses bras et embrassé ?! Non… ce n’était pas possible… Mais le doute persistait… un doute énorme… Comment pouvait il vérifier ? Il ne pouvait pas lui demander directement si c’était elle… Bien, il faudrait alors trouver un stratagème pour savoir si c’était bien elle ou pas… Et si ça l’était… Il ferait ce qu’il faut pour l’embrasser une nouvelle fois…
Chapitre 6
C’est une Oscar suante, troublée et complètement déboussolée qui rentra dans son bureaux. Ses jambes ne la portaient presque plus tant l’émotion l’avait submergée lorsqu’il lui avait saisit le bras. Elle se colla contre la porte et respira un grand coup. Mais non, il ne l’avait pas reconnue…
Elle se dirigea d’un pas décidé vers son secrétaire, ou une montagne de dossiers n’avaient pas encore été examinés. Bien, comme cela, elle penserait à autre chose.
Une heure plus tard, Oscar n’avait pas lu la moindre ligne du moindre document. La plume dans la main, la joue collée sur les feuilles qu’elle était sensée lire, elle rêvait éveillée, d’un air hagard… Ses satanées mains… Qu’elles étaient douces !
Perdue dans ses pensées, elle n’avait pas entendu Girodelle rentrer dans la pièce. Il s’arrêta un instant, étonné de voir son supérieur dans une telle posture… Avachie sur la table, il ne pouvait pas voir son visage, seulement ses cheveux épars sur les multiples feuilles… Il contourna prestement le bureaux pour regarder si elle allait bien… Oscar sursauta en entendant des pas.
-Colonel, vous n’êtes pas bien ??? demanda Girodelle , inquiet
-Mais bien sur que si , pourquoi ? répondit Oscar interloquée
-Vous étiez endormie sur votre table de travail…
Girodelle était soulagé, mais il essayait de se retenir de rire… Oscar était restée longtemps dans cette position, elle avait la marque des plis des feuilles imprimées sur la joue, telles d’étranges cicatrices… Elle s’aperçu de son attitude et fronça les sourcils… Il s’arrêta net en voyant ses yeux étinceler… Il ne valait mieux pas la mètre en colère…
Depuis quelques temps, son humeur variait à la seconde.
-La chaleur sans doute… dit elle gênée. Que me voulez vous ?
-La Reine se promène dans les jardins, et souhaiterai votre compagnie.
-Bien.
Sans un mot de plus, elle se dirigea vers les jardins. La Reine sourit à son arrivée. Oscar répondit de la même manière… Fersen était là, elle devait se contenir pour ne pas s’enfuir en courant. OU était André ? Sans doute à l’écurie... Elle aurait eu au moins quelqu’un avec qui discuter pour détourner ses pensées…
La Reine marchait le longs des massifs de fleurs, s’extasiant sur les roses…
Oscar marchait derrière la Reine, s’extasiant sur Fersen… Fersen, qui semblait dans ses pensées… Il avait remarqué l’arrivée d’Oscar et il était désormais pratiquement sur de l’identité de la créature de la veille… Il ralentit le pas pour se caler à sa hauteur. Il voulait discuter avec elle, juste comme cela, pour l’observer… Les courtisant les entouraient, il était hors de question qu’il fasse allusion au bal d’hier…
-Oscar, tout à l’heure dans ma précipitation je ne vous ai même pas demandé comment vous alliez…
-Mais tout à fait bien Mr de Fersen. Et vous ?
-Mais tout à fait bien aussi. Aujourd’hui je m’extasie sur la nature… Nous avons des trésors sous nos yeux, et nous nous en rendons compte bien tard… Mais bon, il vaut mieux tard que jamais, n’êtes vous point d’ accord ?
-Bien sur, répondit Oscar perplexe. Elle se demandait bien à quoi Fersen pouvait faire allusion.( Des trésors ?! )
-Oui, on croit des choses… Mais elles peuvent changer en une seconde….repris t-il perdu dans ses pensées…
-Hum hum…
Oscar était de plus en plus démontée par l’attitude de Fersen… Mais que diable signifiait ce charabia ?!
Fersen souriait en coin. Les choses se passaient exactement comme il le voulait. Il avait marché très lentement, pour que le groupe de courtisans s’éloigne petit à petit. Oscar et lui étaient maintenant suffisamment loin pour ne pas être entendus. Oscar avait chaud, elle sentait des mèches de cheveux collées à son cou. Sans penser à la marque violette qu’elle portait, elle passa la main dans son col et souleva les mèches qui la chatouillait. S’était sans compter sur Fersen, qui avait l’œil aussi attentif que possible aux réactions d’Oscar.
Son cœur fit un bon dans sa poitrine. Une marque. Sa marque. Il avait avidement aspiré cette peau douce, si fine… Plus de doutes… La femme qui marchait à ses côtés était bel et bien la mystérieuse dame d’hier. Il était vraiment troublé par cette découverte… Mais bon, il se ressaisit rapidement. Oscar était une femme après tout, peut importe qu’elle soit colonel ou habillée en homme…
Le temps était maintenant venu de s’amuser… Il pris discrètement la boucle d’oreille dans sa main et poussa un cris d’étonnement. Sans attendre, il se baissa et dit mine de ramasser quelque chose…
-Tiens… On dirait que quelqu’un a perdu quelque chose…dit-il l’air amusé.
Oscar examina la boucle d’oreille et commença à transpirer sérieusement. Elle avait remarqué qu’elle l’avait perdu, mais c’était impossible qu’elle l’ai égaré ici même !!! Le bal d’hier n’était pas à Versailles… Une courtisane devait avoir la même paire, il n’y avait pas d’autres explications…
Fersen remarqua son trouble et pris les devants. Il ne voulait pas la braquer, il savait qu’il serait surement très difficile pour elle d’être démasquée… Elle avait mis une robe, s’était lâchée dans ses bras… Mais sous son uniforme c’était une autre personne… Cette femme forçait son admiration, jamais il n’avait rencontré pareil destin… Il se fit violence pour ne pas la prendre dans ses bras... Il ne voyait que ses lèvres… Il reprit contenance. C’était un cas très spécial, il fallait y mettre les formes. Et il se savait doué, à ce jeu là.
-Oui, c’est sans doute une courtisane qui l’a perdu… Donnez là moi Fersen, je trouverai sa propriétaire…dit Oscar d’une voix tranquille, qui se retenait de ne pas arracher la boucle d’oreille des mains de Fersen …
-Non, je sais à qui elle appartient..dit il en montrant une courtisane du doigt. Cette chère Mme de Rosbourg* portait une paire identique ce matin… Je vais lui demander si elle ne lui appartient pas… Ne vous dérangez pas Oscar…
Il partit d’un pas rapide pour rejoindre le groupe. Oscar en profita pour tourner les talons, et se cogna une nouvelle fois à quelqu’un. Bon sang qui encore ?! André.
-Oscar, ça va ? demanda t-il l’air étonné
-Ah, c’est toi… Oui ça va… Mais je ne me sens pas bien, rentrons chez nous… Peut tu aller préparer les chevaux ?
-Bien sur.
Il s’éloigna et Oscar repris le chemin de son bureaux pour donner quelques ordres à son lieutenant. Après avoir confier à Girodelle le soin de la Garde, elle sortit enfin soulagée de Versailles. La demi-journée avait été fort longue…
Oscar ne cessait de penser à cette boucle d’oreille… Impossible que Fersen fasse le rapprochement… Il fallait qu’elle pense à autre chose. André ! C’est maintenant qu’elle allait le questionner. Il était temps, il devenait de plus en plus taciturne. A ce train là, ils n’allaient plus s’adresser la parole du tout.
-Bon André, je veux que tu me dise ce qu’il ne va pas. Je sais que tu me caches des choses… dit elle en calquant son allure à la sienne.
-Mais Oscar que vas-tu chercher ? demanda t-il
-Arrête. Depuis des jours tu ne dis mots. Quel est ton problème ? Nous sommes amis, je peux tout entendre…
-Mais il n’y a absolument rien Oscar je t’assure !
André mentait. Regarder Oscar qui admirait Fersen à longueur de journées le torturait. Elle était même allée jusqu'à enfiler une robe. Il y avait de quoi faire la tête. Mais il ne pouvait lui dire ce qu’il ressentait vraiment. Il n’était peut être pas honnête, mais c’était le seul moyen de pouvoir garder un semblant de relations…
-Alors cesse de faire la tête ! Tu es désagréable…
André brulait de lui dire ce qu’il avait sur le cœur. Mais il se contint, comme toujours. Oscar se contenait elle aussi. Elle avait espéré tirer les secrets d’André pour pouvoir se confier à son tour. Elle avait décidé de garder pour elle ce qu’il s’était passé au bal pour elle, mais elle se consumait de se secret… Elle voulait avoir l’avis de quelqu’un, mais n’osait pas en parler. Pourquoi ? Après tout, il était naturel d’avoir des sentiments, elle était comme tout le monde, enfin presque comme tout le monde… Elle se sentait honteuse… Lâche, d’avoir de telles envies… Elle avait passé le plus clair de son temps à essayer de s’endurcir, mais dans cette histoire, son cœur était devenu… tendre… Et la tendresse et l’armée n’étaient pas des choses qui allaient ensembles….
Elle se confierait à son journal, encore une fois…
Avant de se coucher, elle se mit à jouer du piano… Une mélodie lente, mélancolique… Le reflet de sa propre humeur. André l’observait, comme toujours appuyé à la cheminée… Il savait pour qui étaient ses notes, il n’avait pas envie de les entendre. Doucement, il sortit de la chambre.
Oscar tourna la tête lorsque la porte se ferma. André était partit ?! Sans même lui dire bonne nuit ?! Mais que se passait-il dans sa tête ??? Elle ne savait vraiment plus quoi faire pour lui remonter le moral. Il semblait si triste… Ses yeux verts, habituellement rieurs, étaient sombres, et pensifs…
Elle s’interrompit brusquement. Elle venait d’entendre quelque chose cogner à la fenêtre. Elle écouta attentive, mais rien. Elle repris de plus belle, mais s’arrêta de nouveau. Non, elle n’était pas sourde, quelque chose avait bel et bien cogné sur les carreaux.
Elle s’avance prudemment et ouvrit la porte-fenêtre… Personne. Elle s’avança et sentit quelque chose sous son pieds. Elle regarda ce qui s’y trouvait et d’un air ahuri, ramassa ce qui avait interrompu sa session de piano. Un bout de bois. Un bout de bois sur lequel était posée une rose blanche, maintenue par un ruban de soie de la même couleur. Mais qui avait déposé cela ?! Elle scruta les environs mais ne vit rien d’autre que la nuit couleur d’encre. Elle retourna dans sa chambre et ferma la porte fenêtre, perdu dans ses pensées… On lui avait déposée une fleur… Elle n’en avait jamais reçu… Si, André lui en avait déjà offert, comme cela, mais ce n’était pas pareil… Oscar se coucha en tenant cette rose dans la main. Elle touchait les pétales du bout des doigts en se demandant qui avait bien pu lui faire un tel cadeau. Une idée lui vint à l’esprit… Non c’était impossible, pas lui… Mais elle aurait tout donné pour…
Un homme caché derrière l’arbre avait regardé sa dulcinée prendre le modeste présent qu’il lui avait lancé… Il l’avait trouvée belle, encore une fois… Elle avait ce quelque chose de pur, d’innocent, si rare chez les femmes de son âge… Il espérait que son cadeau lui avait plu, car il comptait lui en offrir d’autres…
* nom emprunté aux "petites filles modèles" Comtesse de Ségur.
Chapitre 7.
Oscar s’éveilla en sursautant. Quelque chose l’ avait piqué !!! Une bestiole sans doute. Elle se leva et retourna ses draps, pour faire passer l’envie à cette petite bête de la réveiller ainsi. Pas de bête, juste une rose. Satanées épines… Elle avait dormi avec la rose toute la nuit. Elle s’était fanée, des pétales étaient tombés. Elle la prit et la jeta dans une corbeille. Elle devenait vraiment stupide !
S’imaginer que quelqu'un avait intentionnellement déposé cette rose pour elle. C’était sans doute une blague. André peut être ? Elle repris la rose dans ses mains. Et si ce n'était pas une farce ? Si quelqu'un avait déposé cette rose vraiment pour elle ? Était elle aimée ? Oscar rougit. Son éducation de militaire lui avait épargné bien des choses que les autres jeunes filles savaient... Elle était étrangère à tout ce qui touchait à l'amour... Mais l'étreinte de Fersen lors du bal l'avait fortement impressionnée. Son corps avait réagit d'un façon bien curieuse, même insoupçonnée. Elle eut honte de se l'avouer, mais elle avait aimé. Elle espérait qu'un beau jour, elle puisse renouveler cette expérience..
Sur le chemin, André décida de faire un effort. Il tenta d'engager la conversation, mais il voyait bien qu'Oscar était une fois de plus dans ses pensées. Il soupira, et se tu, pour voir si Oscar réagissait. Non, elle n'avait pas remarqué qu'il ne disait plus rien.
En arrivant dans son bureau, décidée cette fois ci de terminer ses dossiers coûte que coûte, elle retrouva une autre surprise. Trois roses cette fois ci, enlacées par le même ruban. Elle soupira… Mais qui lui déposait des roses ??? En premier lieu, c’était quelqu'un qui savait qu’elle était femme… On n’offrait pas des roses à un homme. Bien, qui savait qu’elle était femme en réalité ? André, bien sur, mais cela ne pouvait être lui… Il s'occupait des chevaux, il n'aurait pas pu arriver avant elle et déposer ces roses… Qui d’autre ? Son lieutenant… peu plausible, mais… non pas lui… Fersen ?! Le cœur d’Oscar recommença à jouer les tambours. Mais, non, pas lui… Elle l’avait une fois de plus rencontré ce matin, et il était, une fois de plus concentré sur la Reine… Son père ?! Non, les miracles, ça n’existaient pas… Elle se surprit à rire. Comment avait-elle pu penser que son père aurait pu lui laisser une seule fleur ?! Il restait les courtisans avec qui elle avait dansé lors du bal… Si quelqu'un l’avait reconnu ? Et qu’il jouait avec elle ?
De rage, elle piétina les roses. On ne plaisantait pas avec elle. Cette histoire de roses la rendait folle. Elle commença sérieusement à regretter d’être allée à ce bal. C’était complètement idiot tout ça. Elle se dit intérieurement que cette phrase, elle avait du se le répéter au moins une vingtaine de fois par jours, ces derniers temps.
Chassant toute idée qui n’était pas en rapport avec son travail, elle examina avec attention les rapports.
Elle y passa sa journée, et fut satisfaite d’en avoir enfin fini.
En se rendant à l’écurie pour prendre son cheval, elle resta interloquée. On lui avait déposé cette fois ci, cinq roses blanches, toujours entrelacées de la même manière. Elle regarda autour d’elle. Personne. Ou était André ? Pas là... C'était d'ailleurs bizarre ...Elle jeta les fleurs à terre, juste au moment ou André arriva. Il n'avait pas vu son geste. Oscar s'en félicita intérieurement et monta prestement sur son cheval. Si André avait vu ces roses, il aurait posé des questions. Que lui répondre ? Elle même ne le savait pas...Ce petit jeu ne l’amusait plus… Mais était-ce un jeu ??? Peu importe, elle n'était pas censée recevoir des fleurs de qui que ce soit.
Les jours suivants, Oscar reçu des roses, encore et encore… Trois endroits stratégiques, le nombre de roses augmentant à chaque fois…
Cinq jours plus tard, le matin, sur son bureaux l’attendait un nombre incalculable de roses. Cependant, un petit mot, les accompagnait. Un rendez vous… Qui était pour le soir même… Pour rencontrer celui qui lui offrait ces roses… Hors de question qu’elle y aille. On ne la commandait pas, et si son pseudo admirateur n’était pas content, il n’avait qu’a venir se plaindre en face. Ou plutôt si, elle irait… Mais ne viendrait pas à l’heure… Elle allait piéger cette personne, qui qu'elle soit...
Le soir même, Oscar ne vint pas au bal donné par la Reine. Enfin, si elle était venue, mais n'avait pas paru dans la salle. On ne devait pas l'y voir. Si son « admirateur » l'y voyait et qu'il se dégonflait, elle ne saurait jamais qui c'était. Cet inconnu avait quand même réussit à piquer sa curiosité...Elle avait donc rejoint le lieu de rendez vous avec deux heures d'avance. C’était un lieu ou l’on risquait de ne pas être dérangé. Elle s’était caché un peu plus loin. Elle pourrait observer cette personne sans qu’il la voit elle-même. C’était lâche elle le savait, mais…Mais c’était comme cela point final ! Si elle le connaissait, elle lui ferait passer l’envie de la courtiser. Si elle ne le connaissait pas, ce serait pareil.
L’heure du rendez vous était arrivée. Oscar guettait. Son cœur s’accéléra… Quelqu’un approchait… Elle se cala un peu plus dans les buissons… Une silhouette avançait… Impossible de distinguer quelque chose, il était trop loin… Il s’arrêta à sa hauteur et regarda autour de lui. Oscar était sous le coup de la surprise. Lui ??? Elle ne s’en serait jamais doutée… Bon sang, quel malotru !!! Elle était sa supérieure !!! Comment osait-il la courtiser ??? Elle allait lui montrer de quel bois elle se chauffait… Mais pas tout de suite, plus tard… Elle ne laisserait pas Girodelle s’en tirer comme cela…
Il regarda encore une fois autour de lui, et tourna les talons, en direction du bal. Oscar, après avoir vérifié qu’il était assez loin, sortit de sa cachette. Elle était troublée… Girodelle l’aimait…bien, de toute évidence… Elle ne l’aurait jamais cru. Il était discret, sans aucun doute, mais le fait qu’il nourrisse ce genre de sentiments envers elle la mettait profondément mal à l’aise… Il passaient du temps ensembles… Elle serait gênée dorénavant…
Petit warning, passage qui pourraient éventuellement choquer les plus jeunes ( j'en doute, mais cas ou...)
Chapitre 8
Un homme riait sous sa cape… Son lieutenant était vraiment bien tombé !!! Il la savait rusée… Il avait prévu qu’elle vienne à l’avance, et de ce fait, était resté là quasiment toute l’après midi. Il l’avait vu arriver, et se cacher. Courageuse mais pas téméraire lorsqu’il s’agissait de rencontrer un inconnu qui de toute évidence l’aimait. Il se gronda intérieurement. Elle allait tomber de haut. Il saurait la rattraper. Il sortit doucement de sa cachette et de dirigea vers elle. Elle restait plantée là, dans ses pensées… Dans quelques instants elle serait dans ses bras…
-Il n’est pas celui qui vous envoie des roses…Oscar… dit il
Oscar se retourna. Elle n’en croyait pas ses yeux…
-Je suis désolé… Je vous fait tourner en rond…Mais pardonnez moi, vous approcher n’est pas facile…
-F-Fersen, que faites vous ici ??? Et de quoi parlez vous ??? demanda Oscar qui savait déjà la réponse.
-C’est moi qui vous ait fixé ce rendez vous…Et je savais que vous viendriez, à l’avance bien sur… Je suis donc venu aussi… Encore plus à l’avance…
Oscar fulminait elle avait été piégée… Par Fersen de surcroît… Mon dieu c’était un cauchemar…
Il s’approcha et lui tendit un petit objet… Elle reconnu sa boucle d’oreille…
-C’est à vous n’est ce pas ?
-Je ne reconnais pas ce bijoux. M’en avez vu déjà porter ? demanda elle agressivement.
-Oui, au bal de l’autre soir... dit il tranquillement.
Oscar déglutit. Il l’avait démasquée… Et il s’amusait avec elle… Elle ne le connaissait pas sous cet angle là. Elle se mordit les lèvres pour ne pas pleurer. Celui qu’elle aimait se moquait d’elle, c’en était plus qu’elle ne pouvait supporter… Elle tourna les talons et s’enfuit en courant. Fersen se rendit compte qu’elle avait mal interprété ses paroles, croyant qu’il se jouait d’elle. Il réagit au quart de tour, la rattrapa et lui pris le poignet.
-Oscar !!! Vous vous trompez, je ne me moque pas de vous…
-Vous m’avez piégée, lâchez moi ! Ce que vous faites est abject…
-Mais…
-LÂCHEZ MOI !!!
Fersen su qu’il était alors inutile de s’expliquer. Il l’enlaça fermement et déposa un baiser brulant sur ces lèvres. Lorsqu’il arriva enfin à décoller sa bouche de la sienne, il lui pris la tête entre ses mains, pour l’obliger à l’écouter… Elle était complètement perdue…
-Oscar, depuis que j’ai découvert que c’est vous que j’ai embrassé lors de ce bal, vous occupez mon esprit… C’est sans arrière pensées que je vous ai fait livrer ces roses, juste parce que vous le méritiez… Oscar pourquoi avez-vous mis une robe ? Pour moi ? Vous vous êtes lâchée dans mes bras, vous avez abandonné cette armure qui vous cache aux yeux des hommes… Je regrette de ne m’être aperçu avant de votre personne, si différente des autres… Oscar, je ne crois pas me tromper sur vos sentiments à mon égard… Sachez seulement que je les partage ma douce… Il ne tient qu’a vous désormais de décider de notre avenir… Peut m’importe votre poste, votre tenue… Je vous veux prés de moi… Maintenant dites moi… Si vous refusez, je disparaîtrait… Mais sinon… restez…
Oscar le regardait, médusée… Jamais, non, jamais elle ne s’était attendu à un tel discours… Il l’aimait…Aussi… C’était donc possible ? Une histoire commune, cela pouvait lui arriver à elle aussi ? Elle pourrait être auprès de l’homme qu’elle aimait et se sentir aimée ? Une larme s’échappa de ses yeux. Une larme que Fersen essuya délicatement… Jamais elle n’avait osé s’afficher de la sorte. Elle avait enlevé son manteau de fer, et était… de soie… Il lui caressa la joue et lui ferma doucement les yeux. Il glissa ses mains autour de sa taille et l’approcha de lui. Il l’embrassa doucement, et attendit une réaction, qui serait sa réponse… Elle lui rendit son baiser… Elle acceptait…
Rentrée chez, Oscar se laissa tomber sur son lit. Cette soirée…avait été magique… Il partageait les mêmes sentiments qu’elle… Elle s’était blottie dans ses bras, sans un mot. Il lui avait caressé les cheveux… Elle se sentait belle, femme, pour la première fois de sa vie… C’était lui qui lui avait déposé des roses, pendant presque une semaine… Roses qu’elle avait d’ailleurs piétiné… Elle lui avait avoué, il avait ri… Elle se sentait ivre, ivre d’un bonheur inespéré… Le reflet de ses yeux… Son corps contre elle…
Elle s’endormit toute habillée… Ses rêves, seraient doux cette nuit…
Si Oscar avait fait de beaux rêves, André, lui vivait dans un cauchemar quasi-permanent. Un joyeux luron faisait les yeux doux à Oscar. Son Oscar. Elle ne semblait pas l’apprécier mais … Et si elle se prenait au jeu ? Non, impossible. Ses yeux ne voyaient que Fersen, qui ne s’intéressait qu’a la Reine. Non, Oscar était encore à lui.
Elle l’avait questionné sur son bien être. Comment lui dire qu’il l’aimait ? Il n’était qu’un serviteur… Enfin, pas que, son ami aussi… Un ami qui aurait fait n’importe quoi pour elle. Même donner sa vie…
Cependant, une bien mauvaise surprise attendait André. En arrivant à la cuisine, il trouva un invité attablé en train de plaisanter avec Grand Mère. Sa grand mère… Oscar était déjà amourachée de lui, grand mère n’allait pas s’y mettre aussi ?
-André ! Quel plaisir de te voir , comment vas-tu ?
-Bien je vous remercie Fersen, et vous ?
-On ne peut mieux !!! Savez vous si Oscar est levée ?
-Je pense qu’elle ne vas pas tarder… Que lui voulez vous ? demanda t-il en essayant de paraitre courtois le plus possible.
-Eh bien, j’avais envie de galoper en sa compagnie… Nous n’avons pas le loisir de discuter à la cour…
-Je comprends… Je vais aller seller son cheval, vous pourrez partir dès qu’elle sera prête…
-Merci André…
Il se dirigea vers l’écurie en fulminant . Fersen venait maintenant à Jarjayes pour pouvoir galoper avec Oscar ! Il donna un coup de pieds rageur dans un seau qui se trouvait là. Il allait lui seller, son maudit cheval…
Oscar descendit des escalier la tête dans les nuages… Quelle ne fut pas sa surprise en voyant que son Axel l’attendait au bas des escaliers !!! Il lui souriait… Elle se surprit à rougir… Mais il fallait faire attention, personne ne devait se douter de leur relation.
-Mr de Fersen, quelle bonne surprise !
-Bonjour Oscar. J’avais envie de sortir un peu de Versailles… Que diriez vous d’aller galoper de bon matin ?
-C’est une excellente idée ! André ? Peux tu me seller mon cheval ? Lui demanda t-elle lorsqu’il rentra.
-C’est fait Oscar.
-Merci, bien, Mr de Fersen, allons y !
-Après vous…
Montés sur leurs étalons, ils partirent au grand galop. André, n’ayant pas été invité pour cette promenade matinale, tenta de se distraire en effectuant quelques taches. Mais il n’arrivait pas à oublier le regard d’Oscar. Ses yeux qu’il connaissaient tant lui renvoyaient sans cesse cette image cruelle… Elle aimait Fersen, pas lui…
Oscar galopait… Fersen était à ses côtés… Une matinée magnifique… Elle avait l’impression que tout brillait, tout était neuf… Ses yeux avaient une vision autre des choses qu’elle voyait… Il lui fit signe de s’arrêter. Ils étaient dans un bosquet d’arbres. Avant qu’elle ne puisse descendre de sa monture, il l’avait empoigné par les hanches, et l’avait posée à terre, telle une plume. Il la couvrit de baiser, elle pencha négligemment la tête pour mieux les recevoir… Puis se redressa. Elle voulait lui parler, des choses n’étaient pas réglées…
-Axel, je veux savoir quelles sont vos intentions… Par rapport à la Reine.
Il était là près d’elle, à la regarder comme la septième merveille du monde, mais elle n’oubliait pas cependant l’admiration qu’il vouait à une autre merveille. Il la regarda, sans ciller. Il avait déjà pensé à tout cela, s’était fini.
-Je n’irait plus à la cours Oscar, c’est terminé. La Reine est belle, merveilleuse, mais vous l’êtes tout autant. Je ne veux plus de rêves, je veux du concret… Avec vous c’est concret…
-Promettez le moi… Je ne veux pas souffrir… Je vous aime depuis longtemps, j’ai souffert de vous voir si amoureux… Mais je savais que c’était sincère, alors j’espère que pour…moi aussi…ça l’est… confia Oscar.
-Je vous le promet…Je vous le jure…
-Axel, si la Reine apprends notre relation, nos avenirs seront difficiles… Je doute qu’elle accepte que celui qu’elle aime et le colonel de sa Garde vivent une idylle…dit Oscar d’un ton inquiet.
-Je vous l’accorde. C’est pourquoi nous serons extrêmement prudents… Oscar, je serait amené à aller à la cours pour des obligations officielles… Si nous nous croisons, il faudra jouer la comédie…
-Je sais, et j’en suis capable… Pour la première fois de ma vie, je sens que j’ai le contrôle… Et je suis heureuse… Je ne laisserai rien se mettre en travers…
-Il ne faut pas que quelqu’un sache pour nous… Personne… L’avez-vous dit à André ? Vous êtes amis…
-Non, il ne se doute de rien… Je me tairai... Je vous ai… Je ne veux pas vous perdre…
-Je suis là Oscar, je suis là…
Il l’embrassa. Elle se blottit une fois de plus dans ses bras. Il lui semblait que rien ne pouvait l’atteindre. Elle comprenait sa souveraine, qui en était tombée amoureuse aussi… Et maintenant, il était dans ses bras. Ils prenaient un risque énorme… Si la Reine l’apprenait, ou même son père…ce serait catastrophique.
Ils s’assirent contre un arbre, et discutèrent de tout de rien. Oscar était sur son nuage, et Fersen aussi. Ils s’embrassèrent longuement avant de séparer leur routes. Il ne fallait pas éveiller de soupçons… A grand regrets, Oscar rentra chez elle. Les heures avaient été magiques....
Oscar attendait la nuit avec impatience. Elle attendait un message d’Axel. Ils communiquaient le soir, pour le lendemain. Il lançait sur son balcon un message, accompagnée d’une rose, et du bâton de bois traditionnel. Elle lui avait confié qu'elle ne le connaissait pas si romantique...
Depuis un mois, elle vivait un rêve sans limite. Elle attendait leur rendez vous avec impatience. Ils changeaient généralement… Une nuit, il avait même escaladé la façade pour pouvoir la rejoindre…
Il l’avait embrassé et allongée sur le lit. Elle avait sentit son étreinte brûlante, et son corps contre elle qui s'embrasait , une tentation d’aller pousser la porte des interdits. Elle avait eu envie elle aussi, mais la peur l’en avait empêché. L 'attirance était grande, mais si on les avaient découverts, c’en aurait été fini d’eux. Oscar voulait attendre le bon moment… Ils avaient simplement dormis enlacés, il était parti à l’aube …
Fersen avait tenu promesse, il n’avait pas remis les pieds à la cour. Oscar avait entendu la Reine s’en plaindre, et s’était sentie mal. Mais tan pis. Elle était bien trop heureuse. Ces moments qu’elle passait près de lui étaient les seuls ou elle se sentait elle-même…
Le bruit significatif du bâton la fit sursauter… Elle se précipita sur le balcon. Le message. Elle sourit en le lisant… Il lui tardait demain après midi… Elle partit se coucher, le cœur léger.
André nettoyait l’écurie. Il se sentait vide, seul. Oscar et lui ne partageaient plus rien. Elle allait seule à la cour, partait seule se promener, seule, seule, seule partout.
Mais sa mine était des plus réjouies… Était-ce son indépendance qui la rendait si souriante ? Ou alors c’était parce qu’elle se passait de sa présence ?
Il jeta un œil au box vide. Elle était encore partie dieu sait ou… Il regarda son cheval. Cela faisait longtemps qu’il n’avait galopé. André était resté cloîtré à Jarjayes pendant si longtemps… Les jours n’en finissaient pas…
Il sella son cheval. Lui aussi, pouvait galoper seul. Il se laisserait envahir par cette sensation de liberté qu’il lui avait manqué. Cela lui changerait les idées…
Oscar donna une petite tape amicale sur les doigt d’Axel. Décidément, ils s’égaraient un peu trop aujourd’hui.
-Que fait tu ? As-tu demandé la permission ? lui demanda t-elle d’un air hautain.
-Il me semblait que tu avait chaud… Reconnais-le, il fait chaud aujourd’hui…dit il en souriant
-Ce n’est pas une raison…
-Juste un bouton Oscar… Juste tes épaules… dit il en enfouissant sa tête près de son coup.
Oscar frissonna. Les premiers rendez vous avaient été difficiles. Chaque fois qu'elle s'y rendait, elle se sentait à la fois bête, stupide, et gênée. Ses sentiments l'obligeait à se mettre à nu devant lui, elle n'y était pas habituée... Elle ne voulait pas qu'il la prenne pour une oie stupide. Mais Fersen, connaissant le passé d'Oscar, y était allé progressivement, vaillant à ne surtout pas la brusquer. Elle avait alors commencé à se sentir à l'aise, et à prendre petit à petit les devants.
Elle sentait son souffle près de son oreille, et se laissait aller a des pensées peu catholiques. Elle défit le nœud de la chemise, et la laissa tomber sur les épaules. Fersen fondit sur elles et recommença sa douce torture. Il était allongé sur elle, et n’en pouvait plus. Elle s’était montré légèrement farouche sur ce terrain la, il était quelque peu frustré… Il s’était retenu, mais là…. Il allait lui communiquer l’envie… Jusqu'à qu’elle demande grâce…
Oscar ne pensait plus. Elle sentait simplement l’homme qui excitait tout ses sens. Il la caressait, inlassablement… Les cheveux, les jambes, la poitrine, tout y passait. Elle ressentait de plus en plus le creux dans son bas ventre. Il avait enlacé ses mains dans les siennes et la maintenait soumisse, plaquée dans l’herbe. Elle passa ses jambes autour de ses hanches. C’était peut être le bon moment âpres tout. Elle se décrocha de ses lèvres. Sans le quitter du regard, elle déboutonna sa chemise. Elle n'avait jamais été dans une situation aussi intime... Mais l'envie était là, et avant qu'elle ne parte... Elle passa sa main sur son torse… Il avait la peau douce. Il compris d’un regard qu’il pouvait en faire autant. Lentement, il la libéra de sa chemise et défit ses bandes de lin. Sans attendre, il se plaqua contre elle, et l’embrassa farouchement. Le contact de leur peau brûlantes étourdit Oscar. Elle répondit à ses baiser…
Du coin de l’œil, Oscar se sentit observée. D’un coup de jambe, elle écarta Fersen et pris sa chemise contre elle. Elle fut horrifiée d’être découverte avec Fersen dans cette position et surtout par cette personne.
André était là, à une cinquantaine de mètre, blanc comme un linge. Il était venu ici, simplement pour passer le temps. Il aimait cet endroit chargé de souvenirs...Un couple batifolait, il avait fait donc demi tour, gêné, discrètement pour ne pas déranger les tourtereaux, mais avait fait volte face, une chevelure blonde retenant son attention, elle lui semblait familière. Une seconde, c’ était le temps qu’il avait fallu pour comprendre de qui il s’agissait. Oscar et Fersen. La stupeur avait remplacé la gêne . Allongés, enlacés à demis nus près de l’étang ou ils avaient faillis se noyer un jour. Ils avaient survécu de justesse elle et lui, mais aujourd’hui, non, il s’était noyé. Une seconde, c’était le temps qu’avait mis le cœur d’André pour s’émietter complètement.
Oscar regarda son ami détaler . Elle respirait difficilement. Si André parlait, c’était la fin.
-Axel, je dois parler à André… Mon dieu…Il nous a vu…dit elle en se rhabillant précipitamment.
-André ne dira rien….
-Je sais mais, je dois mettre les choses au clair… J’aurais du le faire avant !
-Ne t’affoles pas… Veux tu que je lui parle ? Il comprendra j’en suis sur…
-Non, je doit le faire…
Oscar monta sur son cheval sans attendre et galopa en direction de Jarjayes.
Chapitre 9
André galopait a toute vitesse vers le château. Il ne ressentait plus rien. Une coquille vide… Oscar et Fersen. Lui, sur elle...Celle qui l’aimait, et celui qu’il détestait… Depuis quand ? Pff c’était sans importance. En une seconde , ses rêves avaient volés en éclat. Il aurait préféré mourir de la main d’Oscar que d’affronter cette vision. Sa chère Oscar, dans les bras d'un coureur de jupons...
Il dessella son cheval, lentement. Avec des gestes automatiques, il rangea le matériel à sa place habituelle.
Quelques minutes plus tard, Oscar se tenait dans l’embrasure de la porte de l’écurie. André était de dos. Elle ne savait comment aborder le sujet…
-André ? demanda t-elle doucement
-Que veux tu Oscar ? lui répondit-il le plus naturellement du monde.
-C’est au sujet de Fersen… Je suis désolée…de ne pas t’avoir mis au courant…
-C’est ta vie, Oscar.
Ouf, il réagissait plutôt bien. Oscar, rassurée, s’avança vers lui. Ses yeux s’agrandirent de stupeur lorsqu’elle vit les larmes couler des yeux d’André.
-André…André… Dis moi ce qu’il y a…je t’en prie, je sais que tu ne vas pas bien… Je ne suis pas aveugle !
-Depuis combien de temps ?
-C-Comment ?
-Avec Fersen…
-Un mois… dit elle rouge de honte.
-Hum, et dans deux il te lâchera pour sa Reine…
-Non, il m’aime André… Je le sais…dit elle d’une voix douce.
Elle fut touchée par ces paroles. André s'inquiétait pour elle... Il savait qu'elle était novice en matière d'amour, et tentait de l'éloigner pour ne pas souffrir... Il était vraiment attentionné...
Malheureusement pour Oscar, ce n'était pas du tout dans ce sens qu'André avait prononcé ces paroles...
-Si ce n’est pas la Reine, se sera une autre maîtresse…Tu sais pour ses conquêtes ?
-Mais de quoi parles tu enfin ? demanda Oscar d’une voix interloquée .
-Ma pauvre Oscar, tu dois être bien la seule à ne pas savoir combien il aime ajouter les femmes à son tableaux de chasse… dit il en riant
-Tais toi, je ne te permet pas.
Le ton d’Oscar avait monté. Elle ne laisserait pas André parler de la sorte.
-C’est pourtant la vérité… Bientôt il pourra se vanter d’avoir mis l’inaccessible Oscar François de Jarjayes dans son lit…
Clac ! Oscar le gifla de toutes ses forces. Elle ne lui permettait pas de parler comme ça. Il vacilla sous le choc. Il releva la tête et s’avança lentement. Elle recula. Ce n’était plus André. Elle se plaqua contre une cloison, et eu juste le temps de fermer les yeux. André avait levé le poings, et venait de frapper juste à coté de sa tête, contre le bois, s’explosant la main. Il avait son visage à deux centimètres du sien.
-Tu peux me croire Oscar, il te laissera…
-Ça ne te regarde pas…
Elle commençait à avoir peur, André n’était pas dans son état normal. Il respirait bruyamment, comme s'il tentait d'étouffer quelque chose....
-Si Oscar si…. Parce que je t’aime, et que je ne veux pas te voir malheureuse… Dit il doucement en lui caressant la joue.
-André, arrête…
-Tu as peur ?
-Arrête je te dis…
Sans crier gare, il la plaqua de tout son poids contre le mur. Il devenait fou d’elle, cherchait ses lèvres, qu’elle ne voulait lui donner. Il referma ses bras sur elle et fut complètement bloquée… Elle cria, mais il ne défit son étreinte pour autant. Elle décrocha un bon coup de genou bien placé, qui eu un effet plutôt efficace. Il était recroquevillé, et ne bougeait plus. Oscar était folle de rage.
-MAIS QUI ES TU POUR AGIR DE LA SORTE !!! TU N’EST RIEN COMPARE A LUI !!! RIEN TU M’ENTENDS ??? Tu n'es rien du tout...
Elle repris son souffle et ajouta froidement
-Je te congédie de mon service, je ne veux plus te voir à Jarjayes. Tu as jusqu’à’ demain pour partir. Adieu André.
Sur ce elle quitta l'écurie, laissant un André complètement détruit...
Elle le chassait. André se releva, comme anesthésié de tout sentiments. Les paroles qu'elle avait proféré tournoyaient dans sa tête...Bien, s'il n'était rien...Il se dirigea d’un pas vif vers sa chambre. Elle ne le voulait plus à ses côtés...Il pris quelques affaires, un peu d’argent, et quitta la pièce au plus vite. Il pris la direction de Paris. Il entrerai dans la première taverne qu'il trouverait, et boirait jusqu'à que mort s’en suive. Inutile de rester en vie… La sienne n'avait pas de valeur
Plusieurs heures plus tard, il sortit complément ivre d’un estaminet. Il titubait, se retenant aux murs pour ne pas tomber. Mais les litres d’alcools ingurgités eurent raison de lui. Il s’effondra sur le sol, quelques mètres plus loin.
Le lendemain, lorsqu’Oscar se réveilla, il lui fallut quelques minutes pour comprendre pourquoi elle se sentait aussi malheureuse. André. Ce qu’il s’était passé était vraiment irréel. Il l’avait découverte dans les bras de Fersen à moitié nue. Il lui avait avoué en suite qu’il l’aimait… Non… Comment avait-elle fait pour ne pas s’en apercevoir ? Cela avait du le tuer. Elle avait eu les réponses à ces questions. Oui, André tout comme elle, avait souffert silencieusement d’un amour à sens unique. C’était au moment ou Fersen était réapparu qu’il avait changé d’humeur. Seigneur qu’avait-elle fait ? Elle l’avait chassé… Il fallait qu’elle se fasse pardonner. Elle ne se maîtrisait plus hier, il lui avait dit des horreurs sous le coup de la colère et de la déception. Insinuer une telle relation avec Fersen... Elle qui était encore vierge...Elle avait répliqué, de même. « Tu n’est rien comparé à lui ». Comment cette phrase avait elle pu s’échapper de ses lèvres ? Elle l’avait rabaissé de façon minable. Le comparer à Fersen, autant lui coller une balle en plein cœur. Il était tout, au contraire. Si la relation qu’elle entretenait avec André était juste amicale, elle restait importante. Elle allait s’excuser et le garder ici. Avec le temps, peut être qu’il lui pardonnerai. Il était comme son frère… Elle ne voulait pas qu’il s’éloigne.
Elle versa quelques larmes. Elle allait le supplier de la pardonner et ce, aujourd’hui même. Elle s’habilla et descendit. Elle commença à le chercher. Il n’était pas dans la cuisine. Bien, direction les écurie. Non plus … Après avoir fouillé tout le château, elle se rendit dans sa chambre. Elle frappa légèrement. Pas de réponse. Bon, il faisait la tète… Rien d’étonnant après ce qu’il s’était passé mais, il fallait calmer le jeu. Elle rentra. Pas d’André. Elle regarda avec une peur grandissante le lit qui n’était pas défait. Elle se dirigea vers la commode. Plus de vêtements. Complètement affolée , elle couru trouver grand mère.
_Grand-mère où est André ???
-Je ne sais pas, Oscar, je ne l’ai pas vu depuis hier… Il doit être par là…
-Je l’ai cherché partout… Son cheval est toujours à l’écurie, il n’est donc pas sorti, mais…son lit n’est pas défait… Je crois qu’il n’a pas dormis ici…
Grand mère la regarda avec surprise. Où avait bien pu passer André ?
-Grand mère nous nous sommes disputés hier, et j’ai été vraiment…dure… Je lui ai dit qu’il pouvait s’en aller, que je le chassais… Mais il ne m’a pas prise au mot hein ? Il ne m’a pas écouté quand même… dit Oscar les larmes au bord des yeux.
Grand mère soupira. Il y avait longtemps qu’elle s’était aperçu des sentiments de son petit fils. Si Oscar,
l’avait vraiment chassé comme elle le disait, pas de doutes, il était vraiment parti…
-Il t’a toujours obéie Oscar… Si tu lui as dit de partir… Il n’a pas du perdre son temps… dit grand mère tristement.
Oscar partit en courant. Elle avait vraiment été odieuse. Odieuse, ingrate, sans coeur, d'une méchanceté qu'elle ne se connaissait pas... Elle s’effondra sur son lit, le corps secoué de sanglots. Elle regrettait tant sa conduite ! Lui, toujours la pour elle, et elle, le moindre mot de travers sur Fersen, et un baiser volé, elle le chassait… Elle pleura longtemps… Mais les larmes ne parvinrent pas à chasser le sentiment de honte qui l'étreignait...
Chapitre 10
André se réveilla. Il n’avait jamais eu aussi mal a la tète. Il passa la mais sur son front, quelqu'un lui avait mis une bande. Sa main aussi était bandée de linges. Mais ou était il ? Il ne se souvenait de rien... Il regarda autour de lui. Il se tenait dans une petite pièce, très simple, mais propre. Mais bon sang, pourquoi n'était-il pas dans son lit à Jarjayes ??? La lumière filtrait à la fenêtre. Il se leva péniblement, la tête lui lançait affreusement. Il sortit de la chambre . Une jeune fille était attablée en compagnie d’un jeune homme…
-Allez tout de suite vous recoucher, vous voulez perdre à nouveau connaissance ?! S’écria t-elle.
-Mais…
-Suffit, je ne veux rien entendre, dit elle en le reconduisant jusqu’au lit.
André ne comprenait rien, qui était ils ? Elle lui sourit. Le jeune homme le regardait, un sourire en coin, se tenant adossé au mur.
-Tu devrais l’écouter, l’ami, on ne discute pas les ordres de ma sœur… Je suis Alain, et la jeune fille qui t’a soigné est Diane. On t’as trouvé hier inconscient en bas. Tu t’es bien cogné je pense…
-Merci… Mais je ne vais pas vous déranger plus longtemps…
-Assis !!! dit Diane en le maintenant de force dans son lit. Il faut vraiment que vous vous reposiez. La blessure que vous avez est sérieuse. Sans repos, je ne jure plus de votre état… Allons, soyez raisonnable…
Elle lui sourit. Elle était vraiment jolie. De taille moyenne, élancée, de longs cheveux noirs…
André resta donc couché, mais il se sentait gêné.
-Quel est votre nom ? lui demanda t-elle en enlevant les bandes.
-Grandier, André Grandier.
-Savez vous que vous auriez pu mourir hier ?
-Comment ?!
-Vous ne vous souvenez de rien ???
-Non … Pas de la journée d'hier en tout cas...
-Nous vous avons trouvé mon frère et moi ivre mort, juste à côté de la taverne du coin.
-Ah...
-Et les affaires que vous aviez, sont là... Dit elle en montrant du doigt un coin de la pièce.
André ne comprenait rien. Mais que faisait il hier à Paris, avec des affaires ??? Les souvenirs revinrent. Oscar. Fersen. L'étang. L'aveu. La gifle. Et des mots, des mots terribles...
Elle le regarda avec surprise. Il était était apparemment plongé dans des pensées qui semblaient douloureuses.… Elle lui sourit gentiment . Elle regarda ses yeux verts s'embuer. Il était évident qu'il n'allait pas bien, autant physiquement que psychologiquement. Elle ressentit un élan de compassion pour ce charmant jeune homme.
-Vous allez rester ici le temps nécessaire pour que votre blessure cicatrise. Et non, peu importe votre avis, c’est comme cela…
-Tu devrais l’écouter… dit Alain. Il y a de la place ici… Nous ne sommes que deux. Notre mère est décédée il y a quelques temps. Quand à notre père, il est mort il y a plusieurs années.
Alain ne savait pas pourquoi il tenait à ce que cet inconnu reste ici. Il y avait quelque chose de brisé en lui, ils s’en étaient aperçus, Diane et lui. Diane était généreuse, elle avait été touché par ce garçon. Il savait aussi que son physique y était pour quelque chose…
-Bien, je doit partir travailler… Je te dis à plus tard l’ami…
André resta donc avec Diane, qui veilla à ses moindres désirs.
Oscar pleurait dans les bras de Fersen. Elle n’était toujours pas remise du départ d’André. Il lui caressait les cheveux. Elle était vraiment triste. Elle lui avait raconté ce qu’il s’était passé. Il n’avait pas été étonné d’entendre que André était amoureux aussi. Il aurait même trouvé étrange, dans le cas contraire. Oscar se redressa et regarda Fersen avec effroi…
-Axel…et si André cherchait à se venger ?! Il pourrait dénoncer notre relation….
Fersen réfléchit. Elle avait raison. Humilié, chassé, il, était clair qu’André ne désirait pas leur bonheur. Mais quelque chose au fond de lui disait qu’André ne pourrait jamais faire une chose pareille.
-C’est vrai… mais je ne pense pas Oscar. Je doute qu’André veuille te nuire…
-Ce que je lui ai dit est terrible… Mon dieu pourquoi ? Je suis si triste, il à toujours été là…
-Je suis sur que tu le reverra, Oscar. Laisse lui du temps…
Pour toute réponse, elle se blottit dans ses bras. Elle souhaitait vraiment revoir André, ne serait-ce qu'une minute, pour s'excuser...
Quelques jours avaient passés. André se remettait de sa blessure, grâce au bon soin de Diane. La blessure au cœur serait bien plus longue à guérir, mais la présence d'Alain et les soins de Diane l'avaient touché, il devait se battre. Il ne voulait pas se laisser mourir. Il laisserait son passé, et regarderait vers le futur. Il avait tissé une amitié très forte avec Alain, dès le début. Il avait raconté son histoire dans les grandes lignes, disant simplement que ses maîtres l’avaient chassé. Alain lui avait immédiatement proposé de rester là le temps qu’il se retrouve. Il détestait les nobles.
André avait alors commencé une nouvelle vie. Mais pour se sentir bien dans celle-ci, il devait faire quelque chose pour rompre avec son passé. Il écrivit une lettre pour Oscar, il n’avait pas eu le temps de lui dire tout ce qu’il voulait.
Oscar, pardonne moi pour ma réaction de l’autre jour. T’aimer en secret toute des années à été comme tu peux l’imaginer, une torture sans fin. Te voir dans les bras de Fersen m’a rendu fou, j’ai perdu pieds. Je te souhaite quand même d’être heureuse, tu mérites ce bonheur. Sois sans crainte, je tairai cette relation. Je n’ai pas pour ambition de faire du mal, tu as été la seule amie que j’ai eu. Je débute une nouvelle vie. Je te garderai à jamais dans mon cœur…
Adieu Oscar, prends soin de toi.
André.
Il avait écrit aussi une lettre pour grand mère. Il fut soulagé d’écrire ces mots. Ils témoignaient d’une époque révolue…
Oscar avait pleuré en lisant sa lettre. Il ne reviendrai pas, et l’absence d’informations prouvait qu’il ne voulait pas être retrouvé. Elle glissa sa lettre dans son carnet intime. Elle en avait acheté un autre … Pour elle aussi, une nouvelle vie débutait… il était temps de tourner la page…
Chapitre 11.
8 mois avaient passés...
Oscar continuait sa vie, au côté de son Suédois. Les premiers temps sans André avaient été dur, mais petit à petit, elle s’était habituée. Elle ressentait une pointe cependant quand elle pensait à lui… De temps en temps, elle allait à Paris, espérant tomber sur lui... Mais, elle n'était sure de rien, elle ne savait absolument pas où était André... Il était peut être partit à l'étranger ??? Elle se rappela que Fersen était partit en Amérique, pour ne plus voir la Reine. m André avait-il fait la même chose ? Etait-il allé loin, pour ne plus jamais pouvoir la revoir ? Oscar ne se doutait qu'elle était passé à maintes reprises devant l’immeuble ou habitait André. Elle était heureuse de son côté…mais forcée de reconnaître qu'il lui manquait affreusement. Fersen et elle continuaient leur relation cachée... Elle se sentait bien dans les bras, mais les premiers émois étaient bien loin cependant. Il lui servait plus d'un André de substitution qu'autre chose. Mais cela, Oscar n 'en avait pas conscience...
André, lui, s’était engagé dans les gardes françaises. Alain l’y avait rentrer, une amitié sincère était née. Il avait des amis, gagnait sa vie. Alain lui avait proposé d'habiter avec eux, il avait accepté. Il remerciait tout les jours dieu d’être tombés sur eux. Se retrouver complètement seul l'aurait anéanti. Diane et lui s’étaient rapprochés de façon significative. Tout deux était attirés l’un par l’autre, développant de tendres sentiments . André n’avait pas oublié Oscar, mais Diane lui offrait la perspective d’un amour serein, possible… Doucement, sans brûler les étapes, ils se rapprochaient d’un de l’autre. Il se sentait enfin considéré à sa juste valeur... Elle était attentive, contrairement à Oscar.... Alain poussait dans le même sens les jeunes gens, une fois Diane mariée, il pourrait à son tour trouver quelqu’un avec qui partager sa vie. André était son ami, il lui faisait confiance…
Oscar, fut convoquée chez la Reine. Elle laissait le soin à Girodelle de suivre la souveraine lors de ses promenades. Elle s'occupait des dossiers, et restait dans ses bureaux. Les jours ou Fersen venait, il était difficile pour eux de faire comme si de rien n'était. En restant cloîtrée, elle ne prenait aucun risque.
En marchant dans les corridors interminables, elle se demanda bien ce que la Reine lui voulait. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Savait-elle pour Fersen et elle ? Non, impossible... Ils prenaient le maximum de précautions... Ils se voyaient toujours en dehors de Versailles, dans des endroits où il ne risquaient d’être dérangés, le jour le plus souvent.
En rentrant dans la salle elle s'inclina devant la Reine. Celle ci ordonna aux deux servantes de quitter la pièce.
-Oh...vous êtes le seul à qui je puis me confier...commença Marie Antoinette, les larmes au bords des yeux. Oh Oscar, si vous saviez comme je suis malheureuse, vous qui connaissait mon secret vous devez comprendre que je n'en peux plus...
Oscar tiqua... De quel secret parlait-elle ?
-...Je suis à bout de force Oscar... S'il vous plaît, allez le voir et dites lui que je n'irai pas le voir ce soir...que je le regrette plus que tout mais cela ne se peut, le Roi veut que je reste en sa compagnie...
Le sang d'Oscar n'avait fait qu'un tour... Elle savait très bien qui représentait ce « lui ». Fersen voyait toujours la Reine. Blanche comme un linge, elle essaya vainement d'écouter la suite de la requête de la Reine, mais des pensées se bousculaient dans sa tête...
-...dites lui que ce n'est pas mauvaise volonté de ma part, dites lui combien sa compagnie est chère à mon cœur...Dites lui ces mots que mes lèvres voudraient tant pouvoir prononcer, et auquel mon devoir de Reine m'interdit seulement de penser... Oscar, je vous en supplie, dites moi que vous voulez bien faire cela pour moi... finit -elle en pleurant, le visage caché entre ses doigts.
-De grâce, relevez la tête Votre Majesté, vous savez pourtant que je ne pourrais rien vous refuser... (texte tiré du DA)
C'est ce que répondit Oscar. Elle avait prononcé ses mots comme une automate. Si son visage ne trahissait aucuns sentiments, son cœur était dévasté d'une telle sournoiserie. Il lui tardait de prendre congé de la Reine, ce qu'elle fit, après lui avoir assuré qu'elle remplirait sa mission.
Elle allait le porter ce message, oh oui... Et de suite... Son sang bouillonnait de colère, de rage... Elle n'arrivait même pas à en vouloir à la Reine... Qui était le fautif dans cette histoire ? Lui... Comment avait-il pu faire une chose pareille ? Elle ne l'aurait jamais pensé... L'amour l'avait rendue bien aveugle... Elle s'autorisa à verser quelques larmes. Juste quelques unes … Et après, elle ferait ce qu'on lui avait ordonné. Elle allait chasser ce Fersen de malheur de sa vie, et ne pleurerait plus jamais pour lui... Et dire qu'a cause de lui André était partit... Non, rectifia -telle dans sa tête. André, c'est à cause de toi...
Elle galopa sous la pluie, en direction de la demeure de Fersen. Il l'accueillit avec un sourire, surprit de sa visite, elle n'était quasiment jamais venue. Il afficha un air poli devant ses domestiques et il l'invita dans son salon privé, où ils ne seraient dérangés. Dès qu'il eut fermé la porte, il l’enlaça et l'embrassa sauvagement. Elle était trempée, elle devait avoir froid, il se devait de la réchauffer...Peut être que sa venue n'était pas un hasard... Elle s'était toujours refusée... Encore plus après qu'André fut partit... Elle avait peut être changé d'avis...
Mais il ne reçu pas le baiser de retour qu'il attendait. Oscar le fixait, ses yeux ne reflétaient... rien... aucune envie, aucune tendresse... Ce n'était pas habituel... Il devait s’être passé quelque chose...
-Mais Oscar qu'as tu ? Demanda t-il inquiet.
-Je dois transmettre un message..., répondit elle en serrant les poings.
-A moi ?!
-Oui...
-Hé bien, je t'écoute, dit-il curieux de ce fameux message.
-Bien, la Reine me demande de te dire qu'elle ne pourra venir ce soir, son époux souhaite sa compagnie. Elle me charge aussi de te dire que TA compagnie lui est chère, mais son devoir de Reine lui interdit de penser à ce genre de chose. Elle m'a confié cette mission, car JE connaissait son secret...
Fersen sentit les murs de rapprocher. Oscar savait. Il avait pensé finir sa relation avec la Reine mais non...
-Oscar...
-Tu m'avais dit que c'était fini...
-Je....
-Que tu voulais du concret...
-Mais...
-Et que j'étais ce « concret »... Tu m'as menti... Comment as tu osé ?!
Oscar avait parlé lentement, calmement. Fersen la connaissait, il était horrifié par le ton qu'elle employait. Il aurait préféré qu'elle hurle. Mais non, elle restait digne, droite, fière. Il avait en effet, recommencé à voir la Reine depuis deux mois. Il avait essayé de résister au début, mais les missives devenaient de plus en plus nombreuses, et les supplications de la Reine s'étaient transformées en ordres. Il avait donc du jouer sur deux tableaux. Il avait voulu arrêter, mais cette attirance magnétique pour Marie Antoinette l'avait de nouveau attrapé. Il n'avait pu se résigner à choisir. Oscar le jour, la Reine la nuit... Deux femmes complètement opposées qui faisaient battre son cœur jusqu'à épuisement. Mais Oscar avait compris désormais... Et il savait qu'elle n'accepterait jamais cette situation... Qui l'aurait accepté?
-Je ne veux plus vous voir Monsieur... Sachez qu'a l'instant même vous n'existez plus pour moi. Je vous offre un cœur, vous le piétinez...
-Oscar, je te jure, ce n'était pas intentionnel...
-Au revoir...Inutile de chercher à me contacter, je n'y répondrai pas...
Là dessus, elle retira la rose blanche qu'elle portait sur sa veste. Elle gardait depuis huit mois, systématiquement les roses qui accompagnaient les messages du soir. Elle les plaçaient le lendemain, sur sa veste. .. Elle arracha les pétales et les jeta par terre . Sans un mot, elle partit.
Fersen regarda les pétales tourbillonner et mourir à ses pieds. Elle était partie, définitivement. Il savait que rien ne pourrait la ramener. Il l'avait perdue. Il pris alors la décision de partir lui aussi. Il voulait rentrer chez lui, en suède, loin de ces femmes qu'il faisait souffrir...
André rentrait chez lui seul . Alain était resté à la caserne, il était de garde cette nuit. Il allait être seul avec Diane ce soir. Il songea à ces derniers mois. Il avait pensé mourir, en quittant Oscar. Mais non, c'était le contraire, une nouvelle vie avait débuté... Alain et Diane avaient été une réelle bénédiction.
Il sourit en passant la porte. Diane était encore occupée avec ses fleurs. Elle lui avait expliqué que leur père avait été apothicaire, et qu'il lui avait communiqué sa passion pour les plantes. Elle fabriquait des potions simples, à l'aide de fleur communes, qui pouvaient calmer une brûlure, faire passer un mal de tête, ou encore aider à trouver le sommeil. Elle en faisait un petit commerce, qui avait le mérite de rapporter une somme d'argent assez conséquente.
N'ayant pas de jardin, elle tentait de faire des boutures dans des petits pots, qu'elle mettait au bord des fenêtres. Elle lui avait proposé un jour, de l'accompagner pour trouver des fleurs. Il avait accepté, pensant faire une agréable balade. Mais cela avait été une torture. Elle l'avait fait marcher comme jamais, escalader des murs pour attraper des plantes grimpantes, regarder attentivement des centaines de buissons, pour voir si ils ne contenaient pas une fleur rare.... Habitué au cheval, il avait parcouru Paris de long en large, pour trouver des fleurs... Diane était extrêmement exigeante sur la marchandise...
-Diane, toujours la tête dans les fleurs ? Demanda t-il en souriant
-C'est mieux que de l'avoir dans les armes !!! Alain est de garde ?
-Oui, il rentrera demain matin.
-Hum hum. Sinon, rien d'autre ?
-Si, en fait. Nous avons appris que notre colonel allait prendre sa retraite, bientôt.
-Oh, ça n'a pas du plaire à Alain... Dieu sait qu'il n'aime pas les nobles, mais son colonel, personne n'a le droit de le critiquer...
-C'est vrai, c'est un brave homme...
Il pensait à un autre colonel. Huit mois d’éloignements n'avaient pas suffit pour chasser Oscar de son cœur. Il pensait souvent à elle. Son amour et sa douleur s'étaient calmés, loin des yeux, loin du cœur, comme le disait le proverbe, mais il savait qu'il resterait attaché à elle, pour toujours. Que faisait elle ? Était elle toujours avec Fersen ? Projetait-elle de se marier ? Tant de questions, pas de réponses. Il avait faillit aller à Jarjayes pour voir grand mère, mais il avait eu trop peur de la croiser. Elle aurait sûrement été en colère de le voir... Elle ne lui avait sans doute pas pardonné... Était-il pardonnable au moins ?
Diane, voyant qu'il rêvait, lui donna une petit tape sur la tête. Taquin, il lui attrapa le poignet et l'attira à lui. Elle était à présent assise sur ses genoux. Elle le regardait avec des yeux doux. Il n'avait pas prémédité cela, ç'avait été instinctif. Peut être aussi parce qu'elle hantait sa tête depuis un certain temps... En sa compagnie, ses douleurs et souvenirs se volatilisaient comme par magie. Elle était ce genre de femme, qui hypnotisait le regard des hommes par sa fraîcheur et sa candeur. Une démarche légère, un rire frais, des gestes tendres...Il aimait ses cheveux, ses mains, sa bouche … Elle était douce, rieuse, entêtée... Mais c'était la sœur d'Alain, il devait la respecter.
Diane sentit un revirement, il se retenait. N'avait-il pas compris depuis le temps, qu'elle était amoureuse de lui, aussi ? Elle colla un baiser sur ses lèvres. Depuis le temps qu'ils se cherchaient, attendre ne ferait que retarder ce qui allait forcément se passer un jour. Il passa les mains autour de son buste, et lui rendit son baiser. Elle le regarda et lui caressa doucement la joue. Au moment où une histoire se terminait, une autre commençait...
Chapitre 12
Après sa dernière entrevue Avec Fersen, Oscar rentra chez elle. Elle laissa son cheval et monta dans sa chambre. Elle s'assit sur le lit, perdue dans ses pensées... Complètement ébahie de sa découverte...C'était fini. Elle lui avait fait confiance... Une confiance aveugle... Elle était tombée bien bas... Il était retourné voir la Reine, et avait jouit de deux conquêtes en même temps. Elle se remémora les paroles d'André... « dans deux mois il te lâchera pour sa Reine… » Tu peux me croire Oscar, il te laissera… » lui avait-il dit...
Il s'était trompé. Déjà, il s'était passé six mois avant qu'il ne retourne voir la Reine, et de deux, c'est elle qui l'avait lâché. Mais le résultat était le même, elle était seule... Elle se recroquevilla sur son lit, et se mit à pleurer. L'émotion était trop forte. Des sanglots silencieux, longs, chargés d'une tristesse difficile à décrire. Quelque chose lui manquait... Ou plutôt quelqu'un. André. Elle l'avait chassé, il n'était plus là pour la consoler. Elle savait qu'il l'aurait fait à la perfection. Il avait toujours fait passer ses désirs avant les siens... Si elle s'était confiée plus tôt et qu'elle lui avait parlé de sa relation avec Fersen dès le début, elle était sure qu'il se serait tut, et que rien n'aurait changé. Il serait resté près d'elle, s'oubliant complètement. Il aurait fait le maximum pour lui rendre la vie plus agréable.
Comment avait-il fait toutes ces années, pour ne rien dire ? Pourquoi se rendait elle compte maintenant qu'André, avait été la plus précieuse de ses connaissances ? Ces pleurs redoublèrent à cette pensée. Elle cacha son visage dans ses mains. Elle se leurrait. André aurait souffert le martyr s'il avait été au courant... C'était donc cela cette souffrance qu'il avait ressentit quand il avait découvert son secret ? Avait-il pu la maîtriser ? Non, ça l'avait rendu fou... C'est d'ailleurs ce qui l'avait poussé à agir de la sorte... Cette sensation de trahison...Elle ressentait comme un poignard planté dans son cœur... Et c'était elle, qui avait elle-même planté le même poignard dans le cœur d 'André... Il avait bien fait de partir, elle était vraiment monstrueuse.
Elle entendit un bruit. Un message. Elle lui avait dit qu'elle n'en voulait plus !!! Elle attendit quelques minutes pour le prendre et voir ce qu'il contenait. Il lui disait qu'il repartait en Suède. Qu'il la garderait au fond de son cœur, comme la Reine. Elle n'avait pas été une passade, ni un caprice, il l'avait aimée profondément.
Oscar, brûla la feuille. Elle était soulagée cependant qu'il reparte en Suède. Ne pas le croiser à la cour rendrait les choses plus faciles. Quand à ses sentiments véritables, elle s'en fichait royalement. A cause de lui, elle avait perdu André. Non, à cause d'elle. C'était de sa faute, uniquement sa faute. Elle versa de nouveau quelque larmes. Ou était il, que faisait il ? Elle espérait qu'il était heureux. Elle avait attendu d'autre missives, au moins pour grand-mère, mais non, le silence. Un silence horrible, glacial, et insupportable.
Elle se coucha sans manger, la faim n'était pas au rendez vous... Pour passer une nuit des plus mauvaises...
Un mois avait passé. Oscar continuait sa triste vie. Fersen était parti. Elle avait perdu du poids, pleuré amèrement, mais bizarrement, c'était André qui hantait ses pensées... Il lui manquait de plus en plus. Un creux dans le ventre, la sensation d’être toujours seule, même étant entourée d'une foule de gens... Elle se sentait si perdue à Versailles, chez elle, dans ses ballades, sans lui.... Son quotidien était gris... Il était la couleur qui manquait pour rehausser sa vie... Son absence la rongeait petit à petit...
Attablée à son secrétaire, elle d’aperçu que Girodelle l'observait. Il avait été sans le savoir une bouée de sauvetage.
Pendant tout ce mois, il avait été très présent. Il s'était rendu compte que sa sublime supérieure n'allait pas bien du tout. Il ne savait pas à quoi cela était du. Peut être parce qu'elle avait congédié son valet ? Une grande amitié les unissait. Il en avait toujours été jaloux d'ailleurs. Il l'avait aimé dès le premier regard. Il se souvenait parfaitement de la jeune fille de quatorze ans qui l'avait défié, près d'un arbre. Elle l'avait battu à plate couture... Il était devenu son second, et ne s'en était jamais plaint. Il était tous les jours près d'elle, cela lui suffisait. Mais si elle avait pu se rendre compte de ses sentiments, au moins, un tout petit peu... Peut être pourrait elle lui ouvrit son cœur ? Ne serait-ce qu'un instant... Mais non, c'était juste un regard amical... Aucune lueur exceptionnelle lorsqu'elle croisait ses yeux... De l'amitié, du respect, mais pas une once d'amour...
Il l'avait invitée a dîner il y avait trois semaines, sans arrière pensées. Elle avait accepté, et ils avaient passés une fort bonne soiré. Il aimait discuter avec elle, elle était intelligente, il partageait nombre de ses points de vue. Mais elle restait si inaccessible...
-Et bien Girodelle, vous rêvez ?
-Non Colonel, ou plutôt si... Dîneriez vous avec moi ce soir ? J'ai beaucoup aimé discuter avec vous la dernière fois, de plus sur des choses qui ne portent pas sur les ragots de de la cour...
-Je vous remercie de votre invitation, mais je suis fatiguée, je rentrerais directement chez moi ce soir...Une autre fois, si vous le désirez...
-Bien sur.
-Pfff, dieu sait ce qu'on va avoir pour remplaçant... Un colonel comme lui, c'est rare, dit Alain en marmonnant.
Il étaient de garde cette nuit, avec André. Leur colonel devait partir dans un mois, et Alain n'en finissait pas de s'en plaindre.
-Ne t’inquiète pas, peut être quelqu'un de très bien...répondit André.
André n'avait pas du tout envie de parler du colonel. Il voulait aborder une question avec Alain, qui n'était pas des plus faciles à poser. Depuis un mois, Diane et lui se fréquentaient de façon plutôt intime. Mais André était quelqu'un qui avait de l'honneur. Il ne voulait pas aller plus loin avec elle sans être marié. Alain étant son protecteur, il devait lui demander sa main en premier. Alain riait sous sa cape, il avait comprit ce qui se tramait, mais attendait qu'André saute le pas.
André pris une grande respiration et se jeta à l'eau... Finit le temps ou l'amour était à sens unique. Pour une fois que c'était réciproque, il n'allait pas laisser passer cette chance d’être heureux.
-Alain, il faut qu'on parle. J'aime ta sœur, je veux l'épouser... Me donne tu sa main ? Demanda André en regardant Alain dans les yeux.
-Non. Dit Alain.
-C-Comment ???
André était interloqué. Il pensait que son ami serait très content, au contraire. Mais ce n'était pas le cas apparemment. En voyant le visage de son ami se décomposer, Alain se dit qu'il était en train de croire sérieusement à son refus.
-Mais non, idiot je blague !!! Bien sur que je te la donne !!! dit il en lui donnant une grande claque dans le dos. Mais seulement si tu me promet de bien la traiter André. Je ne plaisante pas. Je veux que ma sœur soit heureuse, c'est très important. Tu ne le sais peut être pas, mais elle a été fragile, après la mort de notre père. Elle l'est toujours. Promet moi d’être bon avec elle. Sinon tu le regretteras...
-Tu doutes de moi ?
-Non, c'était juste pour les formalités.
-Je ferait de mon mieux pour la rendre heureuse, je te le promets.
Ils s’étreignirent. Alain était soulagé de marier sa sœur à un homme tel qu'André. Doux, honnête, attentionné. Il valait mieux. Sinon, il l'apprendrait à ses dépens.
-Oscar vous n'y pensez pas ! Quitter la Garde Royale ?! Avec tout le chemin que vous avez fait ??? C'est de la folie... dit le Général.
Oscar gardait la tête baissée. Elle avait essayé, mais c'était au dessus de ses forces. Il fallait qu'elle s'éloigne de la cour, elle ne supportait plus de s'y rendre. La Reine la faisait convoquer de plus en plus souvent pour pouvoir lui confier ses malheurs, Fersen lui manquait. Elle n'en pouvait plus d'écouter ses jérémiades. Qui l'écoutait à elle ?! Personne. Elle était plus dame de compagnie qu'autre chose en ce moment. Il ne manquait plus que la robe, et la coiffure.
Elle avait donc décidé de quitter la garde Royale, et avait déjà donné sa démission. On lui avait proposé un poste qui se libérait dans les gardes Françaises, elle avait accepté. Elle annonçait à son père sa décision, celui ci, n'était pas vraiment d'accord...
-Père, il faut que je parte de la cour, j'étouffe …
-Si André avait été là, il aurait été de mon avis....
Oscar regarda son père, les yeux flamboyants . Lorsqu'il avait su qu'elle l'avait congédié, il avait clairement dit sa façon de penser. Il était attaché à André, même s'il n'était qu'un serviteur. Il n'aimait pas que sa fille ne soit plus accompagnée. Il savait aussi qu'Oscar ne l'avait pas congédié pour qu'il puisse simplement vivre sa vie comme elle le prétendait.. Il y avait eu autre chose, mais il n'avait jamais eu le fin mot de l'histoire...
-Oscar, reprit-il, mais que pensez vous trouver dans les gardes françaises ? Ce ne sont que des roturiers...
-Et alors père ?
-Oscar, cessez de jouer la comédie... Je sais que vous ,n'allez pas bien. Parlez moi, qu'est ce qu'il ne va pas ?
-Mais père que dites vous ? Je vais très bien...
-Oscar, je me dis que peut être, il est temps d’arrêter votre carrière. J'ai été égoïste, je le sais. Mais il est encore temps de vous marier, et de fonder une famille. Si c'est votre envie, j'y consent.
Oscar regarda son père avec les yeux grand ouvert. Mais qu'est ce qu'il lui prenait ?!
Il prenait tout simplement au Général une inquiétude grandissante . Il voyait sa fille décliner de jours en jours. Il avait cherché à parler, mais elle se refusait à toute confidence... De plus, André étant partit, elle était plus seule que jamais. Il tenait à elle. Il l'avait élevée en homme, mais cela avait été une bêtise. Il se rendait compte peu à peu que la vie qui lui avait faite mener, ne la rendait pas heureuse, au contraire. Il pouvait encore rectifier le tir.
-Alors Oscar qu'en dites vous ? Voulez vous un époux ? Vous avez sans doutes rêvé de ce bonheur, je le sais... Je ferais ce qu'il faut pour que vous soyez comblée...
-Père, dans ce cas, acceptez ma décision de quitter la cour, et de rentrer dans les gardes. Je ne veux pas me marier... Vous m'avez élevée en homme... C'est ce que je veux.
-Bien, mon enfant, puisque c'est votre décision... Vous avez mon accord. Mais si un jour il vous prend l'envie de cesser cette comédie, dites le moi. Vous avez 25 ans, vous êtes jeunes, vous êtes belle, vous pouvez être heureuse auprès d'un homme.
-Je vous remercie père...
Elle quitta précipitamment le bureau. Elle était vraiment surprise qu'il lui propose de se marier. Se marier avec qui d'abord ?! Son père avait perdu la raison, pour lui parler mariage, il n'y avait pas d'autres explications...
Mais encore, une fois, un tournant dans sa vie. Dans une semaine, elle prendrait le commandement des gardes Françaises.
Chapitre 13.
André venait de faire sa demande. Diane, pour toute réponse, lui sauta dans ses bras. Son cœur cognait dans sa poitrine, bon sang, il était heureux. Il allait épouser une jeune fille ravissante, intelligente, avec qui il pourrait fonder un foyer. Il rêvait d'avoir des enfants.
Il fut décidé qu'ils se marieraient dans 3 mois. Ils prendraient alors un appartement à eux. André espérait pouvoir la combler avec un jardin, si minuscule soit-il. Diane sans fleurs, c'était Diane sans souffle. De plus, ces potions commençaient à être très demandées... Ils arriveraient à vivre convenablement. Alain, lui resterait ici. Cet appartement leur appartenait, seul bien qu'ils avaient.
-Tu vas pouvoir amener des jolies demoiselles maintenant ! Taquina Diane en regardant son frère.
Une ombre passa dans les yeux d'Alain. Diane eut un sourire narquois. André ria. Il était susceptible quelques fois...
-Je te signale, chère sœur, que j'avais rencontré deux jeunes filles...mais qui se sont enfuie en courant...
-Et bien ce n'étaient pas les bonnes !!! s'exclama André en lui versant un verre de vin.
-Apparemment pas... répondit Alain le regard au loin.
-André, je veux que ta grand-mère soit présente, le jour de notre mariage. C'est important.
André regarda sa future épouse. Elle lui ébouriffa les cheveux, qu'elle venait de lui couper. Pour lui aussi c'était important, mais il devrait alors lui écrire, lui dire ce qu'il faisait... Il ne voulait pas qu'Oscar soit au courant de sa vie. Grand-mère s'empresserait de lui dire. Ils avaient trois mois devant eux... Il avait le temps d'y penser...
-Bien sur Diane, j'écrirai à grand-mère pour lui annoncer la grande nouvelle. Je suis sur qu'elle va t'adorer.
Diane lui adressa un sourire radieux. Ils continuèrent de parler sur le mariage... Diane et André ne pouvaient s’empêcher de se regarder. Oui, ils seraient heureux, cela ne faisait aucun doutes. Alain était soulagé. Il pourrait enfin rencontrer peut être quelqu'un. Il repensa à la phrase que André avait prononcé... « Et bien ce n'étaient pas les bonnes !!! ». Si, elles auraient fait de bonnes épouses... Mais la vie en avait décidé autrement...
Une semaine plus tard, Oscar enfilait son tout nouvel uniforme des gardes françaises. Il était bleu. Elle était un peu stressée de recommencer un nouveau poste, les Gardes étaient connues pour leur dureté. Ceux qui la composait n'étaient pas réputés pour être des tendres. Mais Oscar, s'en fichait, elle saurait bien les mater, si ils lui donnait du fil à retordre.
La semaine de coupure lui avait fait du bien. Elle avait eu la visite de son ex-lieutenant, qui l'avait distraite. Elle allait le regretter... Un des seul parmi tout ces courtisans. Ils avaient ferraillé, galopés dîné ensemble... C'était quelqu'un d'agréable, de discret... Oui, il allait lui manquer, mais ils se reverraient bientôt, lui avait il dit.
Lorsqu’elle arriva dans ses quartiers, son nouveau lieutenant se présenta, et lui indiqua que ses soldats l'attendaient pour un premier passage en revue.
Il la mena vers l'esplanade, et donna l'ordre au soldats de commencer.
Oscar observa sa nouvelle garde. Ils étaient bien différents de ceux de la Garde Royale, il n'y avait aucun doute la dessus. Si les Gardes Royaux étaient plutôt fins, ceux ci étaient taillés comme des rocs. Un jeune homme au loin attira son attention. Il lui semblait qu'elle le connaissait. Mais le mouvement des soldats l’empêchait de pouvoir regarder attentivement. Elle abandonna son examen.
André se concentrait un maximum pour ne pas faire de faux pas. Celle qui lui avait brisé le cœur se tenait là, à quelques mètres. Mais que faisait elle ici bon sang ? Elle était venue pour le torturer une nouvelle fois ? Il avait essayé de la chasser de son cœur. Il pensait même avoir réussit, en demandant Diane en mariage... Mais c'était comme s'il n'y avait rien eu, les sentiments venaient de remonter à la surface. Sa volonté de la chasser de son cœur venait de se briser. Il la trouva plus belle que jamais...Elle semblait le regarder. Il inclina le visage. Elle ne devait pas le reconnaître avec les cheveux courts...
Après la revue, Oscar retourna à son bureau. Elle voulait étudier le dossier de chacun de ses soldats. Elle lu pendant plusieurs heures. Au bout d'un moment, elle eut envie d’arrêter. Le jours déclinait, elle voulait rentrer chez elle. Elle entendait les soldats qui n'étaient pas de garde rentrer à leur domicile en riant. Elle soupira. Il ne lui restait que deux dossiers. Il lui faudrait un quart d'heure pour les lires, cela ne la tuerait pas.
Son cœur s’arrêta lorsqu'elle vit le nom d'André Grandier. Elle n'en croyait pas ses yeux... André...Il faisait parti de sa compagnie...
Elle parcouru avidement le dossier. Il s'était engagé 8 mois plus tôt. Peu après l'avoir chassé . Le fichier tremblait dans ses mains. Des émotions l’assaillaient de toute part. Elle se calma. Elle était colonel de son unité, il était là... Il n'avait pas mis des milliers de lieux entre lui et elle, il était là, depuis tout ce temps, à Paris. Une pensée lui traversa l'esprit. Et s'il démissionnait ? Peut être qu'il ne voudrait pas servir sous ses ordres ? Il fallait en être sure. Maintenant. Elle voulait savoir. Elle lui demanderait. Si il ne voulait pas d'elle comme colonel, elle s'en irait. Elle lui avait déjà assez fait de mal comme cela.
Elle appela son lieutenant, et lui demanda de faire venir dans son bureau, le soldat André Grandier.
Chapitre 14
André était négligemment allongé sur son lit. Il attendait son tour de garde. Mais la vue d'Oscar l'avait salement chamboulé. Quand s'apercevrait elle de sa présence ? Voudrait elle de lui dans sa compagnie ? La dernière fois qu'il l'avait vue, il avait essayé de l'embrasser de force, et quasiment brutalisé. Il était sur qu'elle ne lui avait pardonné. Il se souvenait parfaitement du ton glacial qu'elle avait employé en lui demandant de partir, ainsi que son regard méprisant. Mais que faisait elle ici ? Il aurait payé cher pour le savoir. Elle avait du donner sa démission à la cour pour pourvoir vivre son idylle plus facilement, loin de la Reine...
Il ferma les yeux, se laissant emporter par des songes... Il ne voyait que ses cheveux voler au vent, son teint, si pur, sa stature, si droite et digne, son rire, ses doigts qui parcouraient un clavier...
Il s'interdit d'aller plus loin, il ne devait pas penser à ça. Diane. C'était à elle, qu'il devait penser... Elle était son avenir...son soleil... Oscar n'était qu'un rêve inaccessible.
Le lieutenant entra dans le dortoir et demanda à André de le suivre. Celui le suivit sans rechigner. Ce n'est que lorsqu'il compris ou il l'amenait qu'il commença à s’inquiéter... Oscar savait qu'il était là, et voulais lui parler...
-Le colonel souhaite vous voir...
-Bien...
Il entra.
Oscar se demandait si elle n'avait pas commis une erreur en le faisant demander. Et si il ne voulait pas lui parler ? Elle serait incapable de lui imposer son autorité comme pour d'autre soldats... Elle se leva et tenta de se calmer. L'avoir en face depuis tout ce temps la stressait au plus haut point. Les mains moites, le souffle court... Elle se souvint que la dernière fois qu'ils s'étaient vu, elle l'avait chassé, et lui avait dit qu'il n'était « rien »...
Comment allait elle le recevoir ? Assise à son bureau ? Non trop formel. Ce n'était pas en tant que Colonel qu'elle voulait le voir mais en tant qu'amie, enfin si l'on pouvait dire cela comme ça. Non elle allait se mettre debout, face à la fenêtre, donc de dos à la porte. Non plus... C'était lâche... Elle avait si peur de son regard... Elle allait l'attendre, debout, près de son bureau...
A peine fut elle placée que le lieutenant toqua, ouvrit la porte et laissa entrer André.
Il entra et la fixa, ne sachant que faire. Elle même ne savait quoi dire... Deux cœurs tambourinaient dans deux poitrines différentes. Oscar sentait la sueur perler à son visage, exactement comme André.
Tous deux avaient les mêmes craintes, la peur de voir la colère dans les yeux de l'autre...
Oscar détailla André. Il avait changé... Des cheveux qui lui arrivaient aux cou, une musculature bien plus développée... Elle constata qu'elle le trouvait... beau. Elle rougit en se faisant cette réflexion.
André détaillait Oscar lui aussi. Toujours aussi belle, mais il y avait quelque chose de changé... des cernes, et elle avait maigri.... Que lui avait fait Fersen ?! Ce n'était pas la Oscar de ses souvenirs... Avant qu'il ne parte, elle était radieuse.
Oscar prit une grande inspiration et parla la première. C'était elle qui l'avait fait venir après tout.
-Bonjour... André...
-Bonjour Oscar.
Oscar cherchait désespérément quelque chose à dire. Elle en avait des choses à dire, mais elle ne savait par quoi commencer.
-Tu as l'air en forme... dit elle en reprenant contenance.
-Je vous remercie... Vous aussi.
Oscar tiqua. Depuis quand André la vouvoyait ???
-André, tu peux me tutoyer...Nous nous connaissons depuis longtemps...dit elle gênée .
-....Vous êtes mon supérieur colonel, il serait malséant que je vous tutoie.
-Je comprends.
Oscar n'en pouvait plus. Elle n'avait qu'une envie, c'était de se jeter dans les bras de son ami. Il fallait qu'elle obtienne son pardon, même si elle devait le supplier à genoux. Jamais elle ne s'était pardonné ces paroles. Elle sentit les larmes qui remontaient dans sa gorge. Il allait la rejeter... Mais tan pis...
Elle s'avança lentement, jusqu'à qu'elle soit assez proche de lui.
-André, dit elle les yeux pleins de larmes, pardonne moi...
André la regarda avec surprise... Pardonner...quoi ?
-Pardonne moi de t'avoir chassé André... Si tu savais combien je m'en veux... J'ai regretté à l'instant d'avoir fait cela, mais le lendemain, quand je suis venue te voir, tu était déjà parti... Je regrette tant... Je ..je...
Elle finit par pleurer. Voir André lui avait déclenché une sensation intense. Elle se rendait compte de que loin de lui, elle était devenue l'ombre d'elle même... Elle ne pouvait taire ses sanglots.
André, complètement interloqué par cet aveu, ne savait que faire.
-Oscar...calme toi, tu n'as rien à te reprocher... C'est moi qui ai mal agit...
Elle le regarda à son tour...
-Ne t’inquiète pas, dit il, c'est du passé... J'ai commencé une nouvelle vie... Je suis heureux, tu n'as pas à t'en faire... et je suis heureux de te retrouver également...
-Je suis contente que tu me dise ça... Moi aussi je suis heureuse de te revoir...
-J'ai été jaloux de Fersen... Je sais que tu était amoureuse... Mais c'est terminé maintenant. Tu était radieuse de bonheur...l'est tu toujours ?
-Oui, oui, nous sommes toujours heureux...
Oscar se mordit la lèvre... Pourquoi venait elle de mentir de la sorte ?
-Mais c'est compliqué...ajouta-elle précipitamment. Tu sais, il est reparti pendant quelques temps...
-Je comprends...
-Tu reviendras à Jarjayes ? Tu manques à Grand-mère...
-Bien sur, je viendrais dès que je pourrais. Oscar, je dois y aller, c'est l'heure de mon tour de garde...
-Bien sur, à demain...
-A demain..
Il sortit en fermant doucement la porte. Il avait les larmes au bord des yeux . Ainsi donc, elle était toujours avec Fersen... Pas étonnant... Il avait eu un minuscule espoir en la voyant s'approcher... Mais à quoi s'attendait-il ? A ce qu'elle tombe dans ses bras ? On était donc revenu au point de départ ? Elle ne l'avais jamais aimé comme lui, pourquoi est ce que cela aurait changé ? Elle s'était approché certes, mais dans le sens ou il l'entendait, c'était juste pour s'excuser. Il n'avait pas parlé de Diane. Il savait pourquoi... S'il lui disait, c'est comme s'il lui disait qu'il ne l'aimait plus. Et c'était faux. Il l’aimait encore, elle était comme un tatouage, imprimée à jamais dans sa peau. Il faudrait tôt ou tard lui avouer la présence de Diane dans sa vie. Il n'avait pas le droit de la cacher aux yeux d'Oscar, ce n'était pas honnête. Il le ferait... S'ils pouvaient développer des relations courtoises à nouveau, ce serait bien. Il avait trop besoin de ce travail... Il commença son tour de garde... C'est à Diane, qu'il devait penser, et à personne d'autre...
Alain le rattrapa. Il avait remarqué que son ami avait été dans le bureau du nouveau colonel. Cela avait piqué sa curiosité. André n'avait pas de raisons particulière d’être convoqué...
-Oh ! Hé André ! Dit il en arrivant à sa hauteur.
-Hum ?
-Que te voulais le colonel ? Demanda-t-il.
-Rien de spécial.
-Arrête, il t'a pas fait venir pour rien dans son bureau...
André hésitait à confier à Alain qu'Oscar avait été son maître. Il lui avait raconté qu'il l'avait chassé, et Alain, même sans le connaître, le détestait pour ça. Témoin de la détresse d'André les premiers jours qui avaient suivit son renvoi, il avait imaginé un noble détestable, arrogant, bref, paré de tout les défauts du monde.
André savait qu'il s'était forgé d'une idée complètement fausse, et il ne pouvait dire la vérité. S'il le faisait, Alain serait peut être plus compréhensif, mais pour cela, il fallait avouer la véritable nature d'Oscar, il n'y tenait pas vraiment. Tout d'abord, parce qu'il savait que son ami ne serait pas content d'apprendre qu'il étaient commandés par une femme, et ensuite, parce que la rumeur s'étalerait comme une traînée de poudre... Le fait qu'Oscar soit une femme aiguiseraient les fantasmes des soldats. IL tenta de trouver une histoire proche de la vérité, sans trahir Oscar.
-Alain, c'est mon ancien maître...
-Quoi ? Lui ? C'est lui qui t'as chassé ??? Ce blondinet ???
-Alain, je ne t'ai jamais raconté toute l'histoire...
-Comment ça ?
-Il m'a chassé parce qu'un jour, je l'ai brutalisé... Il m'a fait une réflexion, et je n'ai pas aimé. Je l'ai frappé.
-Je vois, mais qu'est ce qu'il t'a fait comme réflexion ?
-Ça, c'est entre lui et moi. Il m'a convoqué dans son bureau pour mettre les choses au clair. Il s'est excusé pour son attitude, j'en ai fait autant. Tu sais, nous avons été élevés ensembles... Son père m'a donné la même éducation... Il m' accueillit lorsque mes parents sont mort, et m'a fait camarade de son fils...C'est un peu comme un frère...
-Un frère qui t'a chassé...
-On a nos tords tous les deux.
-Bien, c'est toi qui vois...dit Alain perplexe.
-Mais ne le répète pas aux autres, s'il te plaît... Et ne le déteste pas sans le connaître.
-Ça va... Mais tu as de la chance, les autres semblent l'apprécier...
-C'est quelqu'un de juste, de droit....
-Si tu le dis...
Il continuèrent à parler. Alain se dit alors qu'il attendrait de voir de ses propres yeux comment le nouveau colonel de débrouillerait...
Oscar était soulagée... André ne lui en voulait pas ! Il n'avait décidément pas changé, toujours le cœur pur. Elle espérait vivement renouer avec son ami d'enfance, comme avant … Mais elle se souvint qu'elle lui avait dit qu'elle était toujours avec Fersen. Pourquoi ??? Fersen représentait un mur, qui les sépareraient... Elle voulaient se rapprocher de lui... Il faudrait vite rattraper ce mensonge...
Elle se dirigea vers l'écurie pour prendre son cheval. Elle allait rentrer, et annoncer la bonne nouvelle à grand-mère. Celle ci n'avait jamais reparlé d'André lorsqu'elle avait vu la réaction d'Oscar quand elle avait comprit qu'il était parti. André, était devenu un sujet tabou.
Grand-mère l'accueillit sur le pas de la porte. Elle attendait sa petite Oscar, anxieuse de savoir comment s'était passé sa première journée à la caserne. Après avoir mangé un morceau, Oscar annonça à grand-mère qu'elle savait ou était André.
-Comment ??? dit grand-mère les larmes au bord des yeux, tu sais ou est mon petit ?
-Oui grand-mère, dit Oscar en souriant, il est à la caserne, il s'est engagé...quand...
Elle ne put finir sa phrase. Grand-mère enchaîna la conversation pour ne pas laisser le temps à Oscar de se remémorer ce triste souvenir.
-Et il va bien mon André ??? Comment est-il ? Ou vit il ?
-Oui, il va bien, il a changé aussi... Quand à te dire ou il vit, ça je ne sais pas, nous n'avons pas eu le temps de discuter longtemps... De toute façon, il va revenir ici, pour te voir grand mère. Tu lui as manqué j'en suis sure.
-Oh j’espère !!! Il va revenir vivre ici alors ?
-Heu...
Oscar s'interrompit. Elle ne lui avait pas proposé de revenir pour s'installer. Elle était vraiment bête ! Elle aurait du le faire...
-Je ne lui ai pas demandé grand-mère si... si il voulait revenir habiter ici.
-Oh... En tout cas je suis contente, je me faisait tellement de soucis pour lui...
Sur ce, elle repartit dans la cuisine, le cœur en paix.
-Moi aussi grand-mère, moi aussi, dit Oscar doucement quand elle fut partie.
Chapitre 15
Oscar reprenait vie peu à peu. Ses nouveaux soldats lui obéissaient parfaitement, elle retrouvait doucement une complicité avec André. Leurs rapports n'étaient plus les mêmes mais, il y avait une entente cordiale. Oscar retrouvait peu à peu celui qui l'avait accompagnée partout jadis. Elle était heureuse, mais ne pouvait s’empêcher d' avoir un petit pincement au cœur cependant. Bien que compagnon, il semblait émettre certaines réserves. Il n'était pas le André d'autrefois... C'était un André poli, attentif, courtois, mais parfois lointain. Oscar n'avait toujours pas avoué que Fersen était partit...
Elle aurait tellement voulu que leur relation redevienne celle qu'ils avaient avant... Mais elle ne pouvait s’empêcher de se reprocher de l'avoir chassé, et elle comprenait qu'il garde ses distances. C'était viscéral, chaque fois qu'elle y pensait, l'envie de pleurer la prenait. Avec le temps, les choses reprendraient leurs places ….
Malheureusement pour André, le temps n'arrangeait rien. Il tentait vainement se s'accrocher à l'idée que Diane était la femme de sa vie. Il savait qu'il se mentait, mais, le retour d'Oscar avait inévitablement changé les choses. Loin d'Oscar, Diane l'avait charmé, attendri...Mais à côté de sa blonde, elle ne faisait malheureusement pas le poids. Il en venait presque a envier une autre querelle avec Oscar, pour qu'elle s'éloigne. Mais leur complicité revenait, elle n'était pas prête de partir... Bon sang, allait-il souffrir comme cela longtemps ? Il s'était juré d'épouser Diane. Il n'avait pas mis Oscar au courant. Il ne savait comment lui annoncer cela, le mariage approchait à grand pas. Dans un mois, il serait marié.
Il sortit de l'appartement. Il fallait reprendre les choses en mains, coûte que coûte. Il allait à Jarjayes, voir grand-mère, qui lui avait fait passé un mot par Oscar. Dans cette missive fort courte, elle le traitait de tout les noms, et le sommait de venir à Jarjayes sur le champs. Il ne voulait pas emmener Diane. En fait, il ne voulait surtout pas que les deux femmes se rencontrent. Il soupira. Il aimait Diane pourtant, mais... c'était tout simplement deux femmes, complètement différentes. L'une était blonde, l'autre était brune. Des yeux bleus, des yeux marrons. Un caractère de feu, un caractère d'eau. Une avait une passion pour les armes, l'autre avait une passion pour les fleurs. Comment avait il pu tomber amoureux de deux femmes tellement opposées?
En arrivant à Jarjayes, il entra dans la demeure qui avait été jadis la sienne. Oscar lui avait proposé la veille, en lui remettant la missive de grand mere, de revenir habiter à Jarjayes, espérant qu'avec la proximité, les choses reviendraient dans l'ordre plus vite. Mais André avait naturellement refusé. Il regarda l'escalier. Oscar descendait de celui ci la toute première fois qu'il l'avait vu, alors qu'il avait huit ans. Il s'en souvenait comme si c'était la veille. Cette fillette de 7 ans avait chamboulé à jamais son cœur en un instant...Il parcouru lentement le chemin qui le séparait de sa grand-mère. Il savait ou elle se trouvait, la cuisine, forcément.
Lorsqu'il entra, elle le regarda, les larmes aux yeux. Elle se précipita sur lui, le serrant de toute ses forces dans ces bras.
-Chenapan, ou étais passé ???
-Grand mère... dit il tranquillement.
-Oh ! Ne te moque pas de moi !!! Tu aurais au moins pu envoyer d'autres lettres !!!
-Grand-mère...
-Mais non ! Rien du tout !!!
-Grand mère, calme toi, cela n'a pas été facile, tu sais...
Elle détourna les yeux. Cette séparation n'avait été facile pour personne.
-Bien, maintenant que je te tiens, je veux tout savoir, dit elle en l'obligeant à s'assoir sur une chaise.
Il lui raconta alors comment il avait rencontré Alain et Diane ( il cacha l'épisode de la beuverie, une louche traînait dans les parages…) et comment ceux ci l'avait aidé. Il raconta ensuite son entrée dans les gardes françaises, et enfin l'arrivée d'Oscar.
-Et bien André, cela en fait des choses... Il faudra que tu me présentes tes amis...
-Bien sur grand-mère... Et je ne t'ai pas dit...Je.... Je vais me marier …
Ca y est, il l'avait dit ! C'était enfin sortit. Grand-mère le regarda, les yeux brillants de larmes . Son petit fils bien aimé allait se marier, c'était un jour exceptionnel. Elle lui posa une foule de question sur sa fiancée, son mariage... Une heure après, grand-mère avait exigé de faire la robe de la mariée, décidé le menu du repas de mariage, de lui coudre son costume...
André, l'écoutait à peine. Il l'avait dit à grand-mère, Oscar finirait par le savoir. Il avait fait exprès, sachant très bien que grand-mère s'empresserait de raconter à Oscar tout ce qu'il était prévu pour ce mariage... De cette façon, il n'aurait pas à le faire lui-même. Il savait que c'était de la lâcheté, mais il n'avait pas le courage de le dire à Oscar.
Pendant que Grand-mère organisait le mariage du siècle, Oscar, attablée à son secrétaire, examinait les demandes de permission de ses soldats. Bon sang, elle n'en revenait pas, elle avait une vingtaine de demande , toutes pour le même jour, dans environs un mois. Que pouvait-il bien avoir ce jours là ? Elle fut interrompue par un coup frappé sur la porte.
-Entrez !
-Excusez moi mon colonel, dit un soldat en lui tendant une feuille.
-Bien qu'est ce que c'est ?
-Une demande pour un jour de permission...
-Encore !!!
Oscar regarda la date du jour de la demande... Encore, et toujours ce fameux jour !!!
-Bien, soldat, dites moi ce qu'il se passe ce jour là!!! Si cela continue, il ne me restera plus personne dans la caserne !!!
-Colonel, c'est pour le mariage d'André...
-C-Comment ???
-Vous n'étiez pas au courant ? André se marie avec Diane, la sœur d'Alain.... Et il a bien de la chance...dit il pour lui même.
-Si, bien sur que si ! J'avais oublié … Vous pouvez disposer...
Le soldat se retira. Oscar était plus que troublée... La tête lui tournait...André allait se marier, jurer fidélité à une femme... C'était impossible... Et pourtant si, il ne l'aimait plus...
C'est dans un sursaut de lucidité qu'elle se rendit compte enfin de la profondeur de ses propres sentiments. Elle l'aimait. Cela ne pouvait être que de l'amour, vu la douleur qu'elle ressentait. Elle pleura sur ces maudites demandes de permissions.
Il lui semblait que tout ce qu'elle avait reconstruit au cours des derniers mois s'écroulait. André n'était pas à elle, loin de là... Il appartenait à une autre femme. Elle la maudit.
Une tristesse sans précédant envahit Oscar. Ne pourraient ils jamais s'aimer au même moment ? D'abord lui, mais pas elle, ensuite elle, mais sans lui. Mais elle n'avait pas le droit de gâcher le bonheur d'André... Quoique...celui-ci n'était pas encore marié... Oscar sentit son sang bouillonner dans ses veines... Elle ne supportait pas l'idée qu'il ait pu lui cacher ce satané mariage...
Chapitre 16
En rentrant, elle le trouva toujours attablé, en train de discuter avec grand-mère. Lorsqu'elle la vit, celle ci lui annonça sans attendre la bonne nouvelle...
-Oh te rends tu comptes ma petite Oscar ? Mon petit va se marier...
André aurait voulu disparaître dans un trou. Il ne pensait pas qu'il serait encore là quand elle dirait cela à Oscar... Il la regarda fixement.
-Je sais grand-mère... Félicitation André...dit elle en bloquant toutes les idées qui lui venaient à l'esprit pour se défouler de sa colère.
-Merci Oscar...
Comment le savait-elle ? Quelqu'un de la caserne lui avait dit sans doute... Ou pire, elle avait rencontré Diane, et celle ci lui avait dit. « Impossible, elle ne se connaissent pas, » se rassura André.
L’atmosphère avait changé. André ne savait plus où se mettre. Oscar s'était assise en face de lui et le ne le quittait pas du regard. L'ambiance était devenue lourde, chargée de colère. Grand-mère s'en aperçu et quitta précipitamment la pièce... Cela allait dégénérer, et elle préférait se tenir loin des problèmes de ses petits enfants chéris...
La tristesse avait fait place à la colère... Oscar regardait André d'un œil noir. Il lui avait caché qu'il se mariait... Elle pensait qu'ils étaient redevenus amis mais non... Elle voulait lui faire mal, comme il l'avait blessée...
-Tu n'as pas perdu de temps dis moi ! Dit elle avec dédain.
-C'est à dire ? Demanda André sur la défensive.
-Et bien, il n'y a pas un an que tu as rencontré cette jeune fille... Et tu te maries... Ça fait peu...
-Cela fait neuf mois que l'on se connaît, c'est amplement suffisant...dit il lentement.
-Hum je vois... Tu aurais pu me mettre au courant, pourquoi ne l'as tu pas fait ?
-J'allais le faire...
-Bien sur... En tout cas, moi qui m’inquiétait après que tu sois parti... Je vois qu'une jeune fille a pansé ton cœur... dit elle avec ironie.
-C'est le cas .
-OU alors, tu ne m'aimais pas vraiment...
-Je ne vois pas le rapport...
-Tu es bien aveugle...
-C'est toi qui dit cela ?
- Je constate que tu es retombé amoureux bien vite...
-Ca a de l'importance ?
-Bien sur !
-Et pourquoi ?
-Parce que...
-Répond Oscar ! Pourquoi c'est important ?
-Ta déclaration n'était pas sincère !!! dit elle en s'énervant.
-Elle l'était, mais que crois tu ??? dit il de même
-Certainement pas !!! Tu n'étais pas sincère !!! dit elle en se levant.
André, offusqué, se leva de sa chaise et frappa de rage ses deux poings sur la table.
-Comment peut tu dire ça ??? Que crois tu que j'ai ressentit lorsque je t'ai vu nue sous lui!!!
-Je n'étais pas nue !!! cria t-elle en rougissant.
-Mais quelle différence ça fait ??? Tu ne m'avais rien dit, rien du tout !!! Pourquoi ??? Tu ne me faisait pas confiance ??? dit il en s'approchant de plus en plus, Ou c'était parce que tu savait très bien que tu me ferais du mal ???
-Comment aurais-je pu savoir ??? Tu ne disais rien !!!
-Crois tu que j'avais envie de faire la conversation quand je te voyais perdue dans tes pensées, qui n'étaient dirigées que vers lui ???
-Tu aurais pu me le dire avant !!!
-Mais pourquoi faire ??? Je savais très bien que ce n'était pas réciproque !!!
Voyant que la conversation tournait en rond, André saisit le bras d'Oscar et s'approcha d'elle. Les doutes d' Oscar sur ses sentiments l'avaient fortement mit en colère... Elle osait douter de son attachement... Alors qu'il n'avait jamais vécu que pour elle... Qu'il était parti, s'était effacé, avait survécu à une douleur qu'il n'avait jamais pensé pouvoir faire taire... Et là, elle jugeait son amour, se permettait d'insinuer qu'il ne l'avait aimée sincèrement... C'est à ce moment là qu'André comprit qu'il y avait autre chose derrière la colère d'Oscar. Mais quoi ? Pourquoi employait elle ce ton ? Pourquoi critiquait elle ce mariage, qui aurait du la réjouir, en tant qu'amie, de le voir heureux ? Il allait lui poser la question... Elle qui était si habile dans les sous-entendus, il voulait voir si elle l'était, lorsque on lui posait des questions directes....
-Cela te dérange Oscar que je me marie ??? dit il doucement en plongeant son regard dans le sien.
-............oui........... dit elle en soutenant son regard.
Oscar jouait le tout pour le tout. En se rendant compte qu'elle était sur le point de le perdre définitivement, elle saisissait se dernière chance. Cet homme représentait tant de choses à ses yeux, il n'était pas question qu'une autre femme prenne sa place. Même si elle avait été un peu lente à reconnaître qu'elle était amoureuse, ce n'était pas une raison pour le laisser s'en aller...S'il se mariait c'était la fin. Elle ne voulait pas. L'expression d'André changea. Il la regardait tristement. Elle l'aimait, il le voyait dans ses yeux. Et lui, il devait s'unir pour la vie dans un mois...
-Ne te maries pas André, chuchota t-elle.
-Pourquoi ?
-S'il te plaît...
-Dis le...Dis moi pourquoi tu ne veux pas que je me marie...
-Parce que...parce que...je....t'aime....dit elle sans ciller.
André n'avait pas lâché son bras. Il sentait que son cœur une fois de plus éclatait, sous ces aveux qu'il avait toujours espéré entendre. Mais il restait un problème...
-Et Fersen ?
-J'ai mentit...je ne sais pas pourquoi... je l'ai quitté, un mois avant que nous nous retrouvions... c'est toi que j'aime André... Tu n'as pas quitté mes pensées depuis que tu es parti... Ne te maries pas, je suis là... Et je t'aime ...
Elle s'accrocha à lui et l’embrassa. Le retenir, à toux prix... Peu importe les conséquences...Une étreinte désespérée, et passionnée...Un baiser humide, tant les larmes coulaient. Oscar se pendit au cou d'André. Elle ne voulait pas que leurs lèvres se séparent. Elle mettait dans son baiser, tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui. Elle n'avait jamais embrassé de la sorte. Fersen, lui avait fait découvrir des sensations jusque là inconnues... Mais celles qu'André déclenchaient, étaient cent fois plus fortes, cent fois plus intenses..Il la maintenait contre lui, avec force, et tendresse, un rêve devenait réalité... Rien n'avaient d'importance, on aurait pu les voir, les surprendre, qu'ils auraient continué. Un corps à corps ardent, qui continuait, inlassablement.
André vivait pleinement son rêve, mais chaque songe a une fin... Il desserra son étreinte. Oscar le regarda. Le feux au joues par l'émotion, les lèvres rougies par un baiser torride, elle attendait une réaction, un sourire, n'importe quoi qui lui ferait penser qu'André renonçait à son mariage.
André ne pouvait détacher les yeux de celle qu'il aimait par dessus tout. Il pouvait compter chaque larmes accrochées à ses cils. Il voyait ses prunelles, d'un bleu limpide, refléter l'espoir de l'avoir à ses côtés.
-André...André...Tu ne vas pas me laisser... ? Demanda elle.
-Oscar, je suis fiancé...J'ai donné ma parole...dit il en regardant ailleurs.
-Retire là... pour moi André.....je t'en prie, ne te maries pas...
-Il va bien falloir pourtant...
-Non... maries toi avec moi...dit elle en s’accrochant à André.
-Oscar, tu sais bien que ce n'est pas possible... Je ne suis pas noble... Notre relation n'a aucun avenir...
Oscar le lâcha. Elle reculait, lentement, en fixant André d'un air qui ne trompait personne.
-Tu l'aimes plus que moi...C'est ça ?
-Oui.
Oscar sous cet aveux, partit en courant. André ne fit rien, pour la retenir...
Warning lemon !!! Passage pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes.
Chapitre 17.
Il ne restait qu'une semaine avant le mariage. André sentait un étau se resserrer autours de lui. Ils n'avaient pas reparlés, depuis qu'il échangé ce baiser. Oscar se contentait d’ordonner, il exécutait. Elle évitait son regard, et mettait le plus de distance entre elle et lui.
Il avait mentit. Non, il n'aimait pas Diane plus qu'Oscar. Mais pour le bien d'eux mêmes, il devait l'éloigner de lui. Il voulait renoncer à Oscar. Diane ne méritait pas qu'on la quitte le veille de son mariage. Il ne voulait pas commencer cette union dans l'infidélité. De plus, Oscar et lui ne pourraient jamais être ensembles. Un roturier, une noble. Impossible. Son père ne l'aurait jamais accepté. Oscar méritait quelqu'un de son rang, qui saurait lui faire vivre un train de vie meilleur. Comme pour accélérer son propre malheur et s'interdire de faire machine arrière, il avait pris les devants, et avait déménagé. André avait fait de Diane une femme heureuse. Ils avaient trouvé un appartement au rez de chaussé, donnant sur une cour, proche de la caserne. Ce n'était pas un jardin à proprement parler, mais elle avait été ravie de constater qu'il y avait des coins avec de la terre.
Il avait présenté Diane à grand-mère, et celle ci était tombée sous le charme. Elle n'avait cessé de raconter des anecdotes d'André étant enfant, tout en prenant les mesures de Diane.
Il fut fort soulagé lorsqu'elle repartit chez les Jarjayes.
-Ta grand-mère mère est adorable, dit Diane en lui donnant un baiser.
-Mum oui, c'est vrai...dit il aux maints coups de louches qu'il avait reçu...
-Je suis si heureuse André !!! Je remercie le ciel que ton maître t'ai chassé... S'il ne l'avait pas fait, nous ne nous serions jamais rencontrés...
Il ne trouva rien à dire. Oui, si Oscar ne l'avait pas chassé, il n'aurait pas rencontré Diane. Et il ne serait pas en train de vivre un cauchemar. Il devait épouser une femme, qu'il aimait, et renoncer à une autre femme, que jamais il ne parviendrait à oublier.
L'air sombre, il s'assit et regarda Diane recommencer de nouvelles boutures. Sa passion était vraiment sans limites...
Le lendemain, Oscar était tournée vers la fenêtre. Elle suivait des yeux une silhouette qu'elle connaissait bien sortir de la caserne, après son jours de travail. Il allait la rejoindre. Ce soir, il serait dans ses bras. Oscar ravala ses larmes. Il était de plus en plus dur pour elle de croiser André tout les jours. Tous les jours, elle croisait ce regard qu'elle connaissait tant. Ce vert, la faisait frissonner au plus profond d'elle même. Elle pensait inlassablement, au jours fatal ou elle lui avait ordonné de quitter Jarjayes. Au jour ou elle avait décidé de porter une robe. Fersen...il avait été une erreur monumentale... Elle avait fait de bien mauvais choix.
Elle rentra, tout en sachant ce qu'il attendait chez elle. Rien. Le néant. Ses soirées étaient aussi tristes que les jours de pluies. La veille, grand-mère lui avait dépeint Diane en long, en large et en travers. Elle ne tarissait pas d'éloges à son sujet, ce qui rendait Oscar fort agressive.
Elle tira sur les rênes pour stopper son cheval. Elle avait envie de s'étourdir, de ne plus penser à rien. Elle fit demi tour et repassa devant la caserne. Il y avait une taverne, un peu plus loin. Elle irait et s’enivrerait.
André était assis dans un coin sombre. Seul, en compagnie d'une choppe de bière. Il n'avait pas envie de rentrer. Diane était avec grand-mère, et mettait au point les derniers préparatifs du mariage. Elle avait déjà du repartir à Jarjayes, mais il n'avait pas envie de rentrer tout de suite...Ils seraient une trentaine. André n'avait pas invité Oscar. Il avait longuement hésité sur le fait d'inviter Le général et sa femme, mais puisqu'Oscar ne l'était pas, inutile de les convier. Cela paraîtrait étrange.
Il vida d'un trait le contenu de son verre. Il soupira. Il repensait au baiser qu'Oscar lui avait donné... Elle l'aimait...Il regarda d'un œil distrait un homme entrer dans la taverne. Son cœur fit un bond. Oscar. Il recula dans le coin le plus sombre. Il ne voulait pas être vu.
Oscar s'assit au comptoir et commanda un cognac. Elle aimait la sensation de ce liquide brûlant. Elle fit tournoyer le liquide dans le verre, absorbée dans ses pensées... André qui allait se marier. Elle ne pensait à rien d'autre. Juste cette idée, qui revenait dans sa tête, pour la narguer. Elle commanda un autre verre. Puis un autre. A fur et à mesure qu'elle buvait, elle sentait que son corps se décontractait, et que ses pensées étaient de plus en plus confuses. C'était cela qu'elle voulait, ne plus penser.
Au bout d'un moment, elle tourna la tête. Elle se sentait observée depuis un petit moment. Elle ria. Il avait beau essayer de se cacher, elle l'avait reconnu. Elle le fixa un long moment. Enhardie par l'alcool, elle se pencha pour dire quelques mots au patron. Celui ci fouilla dessous le bar, et lui tendit une clé.
Sans arrêter de fixer André, elle traversa la salle et pris les escalier tortueux qui menaient à l'étage.
André soutint son regard, il avait compris. Il attendit quelques minutes, puis décida de monter. La porte de la chambre était légèrement entretaillée.
Oscar était de dos, et regardait par la fenêtre, la tête légèrement penchée. André entra, ferma la porte, et s’appuya contre celle ci.
Il attendait. Quoi ? Il ne savait pas mais il attendait.
Oscar sentit son cœur s'emballer. Il l'avait rejointe.
-Alors, ton mariage est prêt ? Demanda doucement Oscar.
-Oui... Mais c'est de cela dont tu veux parler ?
-Pourquoi pas... Après tout, c'est un événement important pour toi, je me trompe ?
-...............................
-Tu ne réponds pas ?
-Oscar...
-Sais tu que je suis en train de mourir à petit feux ? dit elle d'une voix franche.
André ferma les yeux.
-Bon sang, c'est fou ce que tu peux être égoïste...répondit-il.
Elle tourna vivement la tête.
-Et moi, repris t-il, que crois tu que je vie ? Un bonheur sans limite ??? Je vais me marier avec une femme que j’aime, certes, mais c'est à ce moment qu'une autre, que j'ai aimé, que j'aime, et que j'aimerai le reste de ma vie décide de m'avouer aussi ses sentiments... Est ce que cette personne s'est mis à ma place, une seule fois ? Jusqu'à que nous nous retrouvions, je t'avais chassé de mon cœur...Enfin, c'est ce que je pensais... Tu es arrivée au Gardes... Et là j'ai su que je m'était leurré, jamais je n'avais réussi... Je venais de faire ma demande en mariage, j’étais heureux, et là, tu reviens, et c'est à ce moment là que tu découvres les tiens...A t-elle pensé à moi une seule fois ? Comment je me sens coupable ? Oscar, je pense sans cesse à toi... Mais je me suis engagé auprès de Diane...
-André...
-Oscar, je suis désolé. Mais je vais me marier. J'ai fait une promesse à Diane. Oscar, je ne peux la rompre...Diane ne le mérite pas... M'aimerais-tu si, je n'avais pas d'honneur ? Et même si je le faisait, que ferions nous ? Nous vivrions notre amour, caché ? Nous nous enfuirions ? A tu pensé à tout cela ? Notre amour serait difficile.... Je suis sur que tu trouveras mieux...
Oscar baissa les yeux. Elle comprenait parfaitement ce qu'André voulais dire . Il lui disait en termes déviés, qu'il épousait Diane, simplement parce qu'il l'avait promis. Mais qu'il continuerait à l'aimer toute sa vie. Son cœur oscillait entre deux femme, une faisant pencher un peu plus la balance, elle. Elle compris aussi ce que Fersen avait enduré, entre elle et la Reine.
Elle leva les yeux vers André. Il semblait se retenir, pour ne pas la rejoindre. Elle allait tenter le diable une dernière fois, une toute dernière fois, et laisserait André se marier, et n'interviendrait plus... Il avait droit au bonheur plus que quiconque... Mais avant... Elle voulait goûter un petit peu à ce bonheur...aussi...
-Approche André.
Il s’exécuta. Il était maintenant près d'elle, l'épaule appuyée contre la vitre.
-Je t'aime André. Je sais que je ..l'ai compris trop tard... Je ne veux pas m'interposer...Tu es fiancé, tu vas te marier... Mais, tu ne l'es pas encore... André, je veux passer la nuit avec toi... sois à moi, jusqu'au lever du jour...
-Oscar !!! dit André, qui ne s'attendait vraiment pas à cela.
-André, je veux que tu sois le premier... Prends moi dans tes bras avant elle... Je ne te demande que ça....dit elle, les joues roses.
-Oscar …
-Je ne veux pas te pousser à l'adultère... Alors réfléchit-y... Tu as six jours... dit elle en faisant un pas vers la porte.
Elle n'eut pas le temps d'aller bien loin, il lui saisit le bras. Son cœur battait, la proposition qu'elle venait de lui faire était déplacée, mais si tentante... Elle se donnait à lui... Comment pourrait-il résister à cette proposition ? Lui qui en avait tant rêve... Elle était habile... Il n'était pas encore marié... Il n'était que fiancé... Avec un pincement au cœur en passant à la douce Diane, il embrassa Oscar. Une seule nuit...
Doucement, très doucement, savourant cet instant comme si c'était le dernier, leurs lèvres s’effleuraient à peine. André caressait de ses lèvres celles d'Oscar, prenant soin d'oublier les remords qui l'entouraient... Pendant longtemps, ils restèrent dans cette position. La main enfouie dans les cheveux d'Oscar, l'autre posée sur sa hanche,André était dans un rêve complet, et avait oublié le reste du monde...
Oscar aussi se délectait de ce moment, le premier, et le seul qu'elle aurait à ses cotés. Elle mis une légère pression dans ses baisers. La réaction de se fit pas attendre, il la souleva doucement et la plaqua contre la fenêtre dans un bruit sourd. Les joues d'une jeune fille qui passait dans la rue s’empourprèrent lorsqu'elle vit au dessus d'elle ce couple qui ne cessait de s'embrasser. Elle hâta sa marche sous le coup de la gêne.
André, lentement se dirigea vers le lit. Il posa délicatement Oscar, qui eu un sourire taquin. Elle leva la tête, et souffla la bougie qui se trouvait sur le chevet. Ils furent plongés dans le noir. IL ne restait plus que les sensations...
André tâtonna pour retrouver la veste qu'il rêvait d'enlever. Un a un il déboutonna le veston. Oscar se redressa, et l 'enleva, avant de s'attaquer à celle d'André. Après qu'il en fut débarrassé, il s'allongea sur elle. Il l'embrassait, inlassablement. Il lui faisait milles caresses. Aucun bruits n’emmenait de la chambre, seul des bruits de frôlements de tissus. Les gestes se firent de plus en plus précis. André voulait sa peau contre la sienne, il ne pouvait plus attendre. Oscar se laissait faire, prise dans des envies de plus en plus violentes...Doucement, il redressa son buste, saisit de par et d'autre les pan de chemises, et la fit lentement remonter au dessus de sa tête, en prenant soin d’effleurer la peau de ses mains. Oscar frissonna à ce contact. Elle sentit deux mains dans son dos descendre sur ses hanches. Le contact était si léger, si contrôlé, qu'il en était presque frustrant .
Ils étaient à présents assis, faces à faces, jambes entremêlées...Il la caressait du bout des doigts, découvrait ce corps si souvent imaginé. L'obscurité les berçaient, leur donnait confiance. Elle était comme un mur, qui garderait leur secret... Il remonta lentement ses mains la courbe de son dos, et rencontra un contact rugueux. Il défit lentement les bandes, et passa les deux mains sur sa menue poitrine, qui arracha un soupir à sa belle. Front contre front, ils découvraient, cherchaient,touchaient le corps de l'autre, avec un désir grandissant. Il la remit en position allongée, et tenta de percevoir ce buste rien qu'avec ses lèvres. Elle passait ses mains dans les cheveux de son amant, doucement, les yeux clos, en enroulant par ci par là, une boucle, autour des ses doigts .
Ses baisers la rendait folle, elle ne pouvait plus attendre. Elle guida elle même ses mains sur le laçage qui retenait le bas de sa tenue. Comprenant l'urgence, il sourit en lui faisant glisser sa culotte le longs de ses jambes. Il enleva lentement la sienne, rompant ainsi le contact. Oscar essayait de distinguer ou il se trouvait mais sans succès. Elle le localisa lorsqu'elle sentit deux mains remonter le long de ses jambes. Elle s’arrêtèrent sur ses hanches, et doucement, il déplaça sa cuisse, et glissa doucement ses lèvres sur sa féminité. Elle se cambra sous les sensation jusqu'alors inconnues. Le désir montait, elle le voulait en elle. Impatiente, elle l'attrapa par les épaules et le força à remonter vers son visage. Il colla ses lèvres aux siennes en comprenant son désir. Elle enlace entremêla ses jambes aux siennes, et le pria de faire d'elle une femme prestement. Ne voulant surtout pas désobéir à un ordre, il s’enfonça alors en elle, lentement. Elle ne ressentit aucune douleur, des années d'équitation ayant déjà rompu la fine membrane.
Ils s'essoufflèrent aux mouvements de va et viens de plus en plus rythmés. Elle le voulais collé à elle, les bras fortement enlacés autour de son cou, et ne jamais défaire cette étreinte. Dans un ultime spasme de plaisir, il s’effondra sur elle, les mains enfouies dans ses cheveux. Elle resta agrippée à lui, priant pour que ce moment ne finisse jamais...
Quelques minutes plus tard il voulu rallumer la bougie .
-Que fais-tu ? Demanda Oscar
-Je veux te voir...
Il sourit en regardant Oscar. Il ne put étouffer un rire lorsqu'il croisa son regard. Les cheveux en bataille, le corps entier rougis par les caresses, elle était si différente du colonel... Elle eut la même réaction en voyant les traces d'ongles qu'elle avait laissé sur ses épaules.
-Tu es belle ...dit il en l'embrassant de nouveau.
Les corps s’embrasèrent encore un fois, et il firent l'amour encore une fois. Le jour n'était pas encore levé...
Chapitre 18.
Oscar se rhabilla. Elle soupira. C'était terminé. Elle jeta un regard, à André qui finissait de remettre sa veste. Elle s'approcha et l’enlaça, le visage collé à son dos. Elle voulait fixer les moindres détails de ce corps qui appartiendrait à une autre. Elle ne put s’empêcher de verser quelques larmes.
-Oscar...
-André...il n'y a vraiment aucune solution ?
-.......................................
-Non, je sais pardon...
-Ne t'excuse pas... Tu n'as pas à t'excuser...
-Si... Je suis si bête... de t'avoir chassé.... Si tu étais resté... Tu serais peut être à moi...
Il lui prit le visage pour l'obliger à le regarder.
-Oscar, je serais toujours à toi... Même loin... A toi.... Je ne cesserais de t'aimer...
-Moi aussi... Nous nous aimerons de loin alors....
Elle sourit douloureusement, l'embrassa, et sortit précipitamment de la chambre. Elle régla la note, et sortit de la taverne. Elle récupéra son cheval, et parti au grand galop en direction de Jarjayes.
André sortit quelques minutes plus tard, et se hâta se rejoindre son domicile, sachant que Diane, devait se demander ou il était passé.
Ni André, ni Oscar, n'avaient remarqué l'homme qui était resté devant la taverne toute la nuit, guettant la chambre des deux amants. L'air sombre, il repartit.
En rentrant, André s’arrêta devant la porte. Il n'était pas fier de ce qu'il venait de faire, mais se jura de ne jamais recommencer. Il rentra.
Diane était assise, et leva des yeux rougis par des larmes sur son fiancé. Elle se précipita sur lui et l’enlaça. André, comprenant qu'elle avait passé sa nuit à l'attendre, passa une main dans ses cheveux pour la rassurer. Il s'était engagé avec elle... Il lui l'embrassa fiévreusement, tentant vainement de chasser l'image d'Oscar qui s'emparait de sa tête...
-Où était tu passé ? J'ai eu si peur... dit-elle les larmes aux yeux
-Pardonne moi, je suis resté à la taverne plus longtemps que prévu...
-J'ai pensé qu'il t'était arrivé quelque chose...
-Je suis désolé...
Elle se blottit contre lui en souriant, soulagée qu'il aille bien. André ne souriait pas, lui. Il se sentait coupable de lui avoir fait passé une nuit blanche, surtout en pensant comment il avait occupé la sienne...
Le jour J était enfin arrivé. La cérémonie se passait dans une petite église, et la fête dans une salle, non loin de là. André n'avait pas revu Oscar, celle ci ayant pris quelques jours de congé, pour ne pas croiser André...Grand-mère avait amené deux servantes de Jajayes pour faire le service et cuisiner. Ils ne seraient qu'une trentaine, le mariage serait fort simple.
Diane était aux anges. Elle avait revêtu la robe que grand-mère lui avait faite. Elle était divinement belle.
Elle avait respecté la tradition dans l'espoir d'avoir un mariage heureux... La robe était neuve, le collier qu'elle portait avait appartenu à sa mère, elle avait emprunté des boucles d'oreilles, et sa jarretière était bleue.
André, en tenu de marié attendait à l'autel. Alain son témoin, faisait des allées et venues entre la mariée et son futur époux. Il devait conduire Diane à l’autel, mais, apparemment, les femmes n'étaient pas prêtes...
La cérémonie débuta. Ce fut avec une émotion certaine, qu'André regarda Diane, au bras d'Alain remonter l'allée. Elle était radieuse.
En disant oui, André tira un trait définitif sur son passé. Au revoir, Oscar. Non Adieu...
C'était terminé, il n'avait plus droit à l'erreur.
Oscar n'avait pu s’empêcher de venir, en faisant attention que personne ne la remarque. Elle avait attendu que tout le monde soit rentré, elle avait reconnu bon nombre de ses soldats. Elle avait vu, caché derrière un arbre, Alain s'avancer avec la future mariée vers l'entrée de l'église. Elle s'était mise au fond de l'église, derrière un pilier, prenant soin que personne ne la voit, et surtout pas André. Les invités étaient peu nombreux, ils étaient principalement placés sur les premiers rangs. Elle pleurait silencieusement, en voyant celui qu'elle aimait, promettre à une autre femme la fidélité, la protection, l'amour pour toute une vie. Elle s'en alla discrètement, après qu'André eut dit « oui », mot qui lui transperça le cœur.
Le reste de la journée se passa dans la bonne humeur. Les amis, les voisins, félicitèrent le jeune couple en leur souhaitant le plus de bonheur possible. André souriait. Ce sourire était une façade, qui masquait des sentiments contradictoires qui faisaient tempêtes dans son cœur, dans sa tête... Il avait envie de partir, de rester, il ne savait plus. Depuis la nuit passée avec Oscar, elle s'était complètement enlisée dans son esprit, comme une musique qui ne s’arrêtait jamais.
Il regarda le visage de son épouse et sourit. Elle était jeune, belle, tendre... Que pouvait-il rêver de mieux ? Nombres de ses collèges étaient tombés amoureux d'elle... Et elle l'avait choisit lui... Il aurait du se sentir fier, mais ce n'était pas le cas... Il se sentait coupable, au contraire, d'avoir une si jolie épouse, et que ses pensées soit dirigées vers une autre.
Il se résigna. Il savait qu'en continuant de voir Oscar, ses sentiments demeureraient intacts, et il souffrirait... Il devrait être fort pour ne pas résister à la tentation.
Oscar retournait chez elle, le cœur gros... Au pas, perchée sur son cheval blanc, sa tête qui ballottait, elle n'arrivait même plus à pleurer. Qu'allait-il advenir maintenant ? Elle allait continuer sa carrière, c'est tout. Devoir affronter André, tout les jours, cacher ses sentiments, pour ne pas se dévoiler aux yeux des autres... Croiser André, commander André, parler à André...
André qui était désormais marié. Elle n'avait pu voir celle qui lui volait son amour, le voile la recouvrant entièrement... Et elle ne le voulait pas. Ne pas connaître le visage de cette jeune fille lui donnait l'impression qu'elle n'existait pas...
Elle avait peur, peur de ce qu'elle pourrait tenter de faire dans une folie amoureuse... Peur de briser la vie d'une jeune fille à qui elle volerait son mari, peur de faire du mal à André en le tentant...
Elle avait peur pour elle...
Au même moment, chez les Jarjayes, le Général était dans une colère noire...
-QUI A OSE ??? QUEL EST LETTRE INFÂME QUI A OSE SEN PRENDRE A MON ENFANT ??? ET A MOI PAR LA MÊME OCCASION ???
Vlan ! Le Général, d'un geste de la main envoya valser la moitié de ce qui se trouvait sur son bureau. Sa femme se cala un peu plus contre le mur, essayant de se protéger de la tempête. Elle avait déjà vu son mari en colère, mais à ce stade là, jamais. Il était blanc de rage, et hurlait en s'en casser la voix...
-QUEL EST LE GUEUX QUI MA TRAHI ??? SI JE LE RETROUVE … JE LUI FERAIT RAVALER LA LETTRE QU'IL A ÉCRIT !!! A L'AIDE DE MON ÉPÉE !!!!
A bout, il s’effondra dans un fauteuil, la tête entre les mains. Sa femme s'approcha doucement, et posa timidement la main sur son épaule. Il leva les yeux vers elle. La colère avait disparu, l'impuissance se lisait dans ses yeux. Elle le regarda d'un air triste. Il lui pris la main, conscient de la chaleur qu'elle lui apportait. Il était dévasté par ce qu'il venait d'apprendre, et abattu par la décision qu'il devait choisir.
-Jamais elle ne l'acceptera...dit il, complètement dérouté.
-Oscar n'a jamais failli à ses missions...dit elle doucement.
-Elle ne le supportera pas... De plus, ce n'est pas une mission...
-Il lui faudra du temps, certes, mais nous seront là... De plus, rien ne nous y oblige...
-Qu'ai-je fait ?
-...................................
-Par mon entêtement j'ai causé sa perte, et j'ai souillé notre honneur...
-Quelqu'un nous a trahi... Ce n'est pas de votre faute...
Le Général jeta un coup d’œil sur la missive qui avait excité sa colère... Cette lettre venait du Roi. Il venait d'apprendre, par un courrier anonyme, la véritable nature d'Oscar. Bien que clément sur ce mensonge, il sommait à Oscar d’interrompre sa carrière. Il louait ses qualités de militaires, qui avaient de nombreuses fois fait échouer beaucoup de plans obscurs, et reconnaissait la valeur d'Oscar, quelque soit sa nature. Mais la rumeur s'était étalée grâce à quelques oreilles fort attentives, et la réputation d'Oscar, était passée de légendaire, à risible. Les courtisans, gavés d'un scandale délicieusement inouï, ne manquaient pas de rire de ce colonel, femme. La Reine, profondément attachée à Oscar, voulait à tout prix faire taire les mauvaises langues, et demandait au Général de trouver un époux à Oscar, seul moyen de rétablir un équilibre...
Chapitre 19
Le Général était dévasté. Sa réputation venait de prendre un coup, il devait laver cet affront en donnant sa fille à un prétendant. Il savait qu'elle refuserait, la conversation qu'ils avaient eu quelques temps plus tôt lui avait prouvé qu'Oscar ne désirait pas se marier.
Il l'avait forcé à devenir homme. Elle s'était pliée, de toute ses forces, pour gagner l'affection et la fierté d'un père qui n'avait pas lésiné sur les gifles pour se faire respecter, ou obéir. Il l'avait privée de ses sœurs, et lui avait donné un compagnon, André. Elle avait atteint par son acharnement un poste convoité, et prestigieux.
Elle l'avait quitté, il ne savait pour quelle raison, et avait rejoint les gardes françaises. Il avait vu ces derniers mois sa fille devenir sombre, triste, sans en savoir la raison. Mais depuis qu'elle avait pris le nouveau poste, elle avait retrouvé André et s'était nettement améliorée.
Le Général passa une main sur son visage. Qui avait bien pu la trahir ? Certains connaissaient son secret, mais il avait une totale confiance en eux. Non, quelqu'un avait découvert sa vrai nature, et avait du vouloir se venger, pour quelques motifs...
Sa femme ne disait rien. Elle savait que sa fille, se serait jamais d'accord. Elle ne l'avait pas élevée, mais elle avait souvent, lorsque sa fille était petite, consolé cet enfant de la sévérité de son père sans qu'il le sache. Mais la tendre complicité était loin maintenant, les années avaient passées, et Oscar ne pleurait plus depuis longtemps à cause de son père...
Elle ne supportait pas l'idée que son extraordinaire de fille soit exposée aux moqueries de ces courtisans...
Ils allaient donc devoir lui trouver un mari... Mais qui serait en mesure d'accepter une créature comme Oscar, habituée à vivre libre, à ferrailler, à galoper ?
La comtesse brisa le silence.
-Il nous faut d'abord parler de ceci à Oscar mon ami... Nous nous devons de lui trouver un mari digne d'elle. Il est hors de question que notre fille souffre un mariage arrangé avec un homme qui s'amuserait avec elle.
-Vous avez raison, madame, mais un tel homme existe ? Y a t-il un homme capable de prendre soin d'elle, de l'aimer, sans qu'elle change ?
-Nous n'en savons rien... Peut être qu'Oscar se pliera après tout... Peut être qu'elle sera soulagée de devoir ne plus mentir...
-Si je tenais celui qui a écrit cette lettre...
Le Général s’interrompit, et se dirigea vers la balustrade. Oscar venait de rentrer. Il regarda sa femme. Elle lui fit un signe de tête.
-Oscar ! Montez mon enfant, ,nous avons à vous parler...dit le Général.
Il comptait sur le soutient de sa femme pour faire entendre raison à Oscar. Celle ci le regarda étonnée, et monta les marches. En arrivant dans le bureau, elle regarda avec surprise le désordre qui régnait. Il la fit asseoir, et s'assit à son tour aux côtés de sa femme.
-Oscar, mon enfant... Je ne sais comment vous annoncer la nouvelle que je viens d'apprendre.
-Père, vous êtes bien pale... Qu'avez vous appris ? Demanda Oscar en fronçant les sourcils.
-J'ai reçu une lettre du Roi, Oscar. Il vous somme de stopper votre carrière militaire.
Oscar était stupéfaite. Le Roi ne voulais plus qu'elle travaille ? Pourquoi ?!
-Oscar, on vous a trahi. Une lettre anonyme à été adressée au Roi, ainsi qu'à la Reine. Dans cette lettre infâme, on dénonce votre véritable nature... Tout le monde à la cour sait que vous êtes une femme.
Oscar resta interdite, elle voulu dire quelque chose, mais les mots ne voulaient sortir. Au bout d'un moment, elle réussit enfin à parler.
-Qui a osé ? Dit elle en sentant la colère monter.
-Nous n'en savons rien. Sans doutes un ennemi . Vous êtes, par ma faute, la risée de Versailles mon enfant. La Reine souhaite vous marier.
-QUOI ???
-Ne vous emportez pas... Ce n'est pas une si mauvaise idée finalement... Vous pourrez vivre votre vie de femme ! Dit il d'un ton léger.
-Mais père... Me voyez vous mariée ??? Vous m'avez élevée en homme, je ne sais rien de la vie d'une femme !!! J'ai 25 ans , bientôt 26, je ne veux pas me marier.
-Nous vous trouverons un époux qui saura vous combler, et accepter votre différence...
-Mais je ne veux pas d'un époux !!! Je préfère rester seule!!!
-Oscar vous n'avez pas le choix...
Il avait dit cela d'une voix nette. Il savait qu'elle avait raison, mais c'était le seul moyen de laver leur nom. Oscar était sidérée... On voulait, on devait la marier... Elle était devenue celle dont on se moquait... Cette journée n'allait rien lui épargner...
-Père, dit elle en se reprenant, je vais à la cour de ce pas examiner cette lettre.
-Oscar... OSCAR !!!
Mais Oscar avait déjà franchi la porte, et se dirigeait vers l'entrée... Son sang bouillonnait de milles questions... Qui avait bien pu la trahir de la sorte ?
Une fois arrivée à Versailles, elle se dirigea d'un pas vif vers son ancien bureau pour trouver Girodelle, afin qu'il lui arrange une audience avec la Reine.
Après avoir frappé, elle entra dans le bureau. Il se précipita sur elle.
-Oscar ! Mais que faites vous ici ?
-Bonjour Girodelle. Je viens vous voir afin que vous m'arrangiez une audience avec la Reine. J'ai besoin de lui parler.
-Oscar... Je suis désolé de ce qui vous arrive. Ce que l'on vous fait subir n'a pas de nom.
-Merci Girodelle, mais je ne compte pas m’apitoyer sur mon sort. Je veux voir la lettre en question. L'avez vous vue ?
-Je vous avoue que non. Mais que cherchez vous ? Elle est anonyme...
-Je ne sais pas, mais je veux voir ce qui m'a trahi...
-Je comprends. Elle est en possession de la Reine.
-Pouvez vous me conduire à elle ?
-Je vous conduit a ses appartements, elle est seule, en ce moment.
En marchant, Oscar se demanda bien comment elle allait pouvoir formuler sa requête. Elle attendit patiemment qu'un valet l'annonce, et entra. Girodelle lui fit un hochement de tête pour l'encourager.
La Reine était assise, Oscar s'inclina devant elle.
-Votre majesté merci de me recevoir... Je voudrais tout d'abord...
-Ne dites rien mon amie, ne vous excusez pas. Peut m'importe ce que vous êtes. Je n'oublie pas tout ce que vous avez fait pour moi... C'est peut être à cause de votre nature, que j'ai toujours eu confiance en vous, dit elle d'une voix douce.
Oscar sentit une vague de remords l'envahir. Sa souveraine se montrait d'une telle clémence ! Et elle, elle avait séduit son amant... Elle chassa ces pensées, c'était fini avec lui.
-Ma Reine, je vous remercie d'une telle bienveillance. Je suis venue dans l'espoir d'obtenir la permission de pouvoir continuer ma carrière...
-Hélas Oscar, cela n'est pas possible. J'en suis désolée, c'est la décision du Roi. C'est aussi pour votre sécurité. Votre nature a été dévoilée aux yeux de tous par je ne sais quelles mauvaises langues. Je ne veux pas que vous restiez dans un milieu d'hommes.
-Bien, vos désirs sont des ordres. Mais le mariage est-il nécessaire ?
-Oui Oscar... Mais vous avez l'air contrariée ??? Pourquoi ?
-Votre Altesse, je ne suis faite pour ce genre de vie...
-Vous dites des sottises.... Je suis sure que vous ferez une formidable épouse. De toute façon, un bal est prévu en votre honneur, dans deux jours... Vos prétendants pourront faire mieux connaissance avec vous.
-Me permettez vous de faire mes adieux à mes hommes demain, à la caserne ?
-Bien sur... Je comprends que vous soyez perdue, mais vous verrez, vous vous habituerez vite...
-Je vous remercie de toutes ces bontés Majesté... Mais j'ai une dernière requête...
-Laquelle Oscar ? Demanda la Reine en souriant.
-Je voudrais examiner cette lettre... Je voudrais découvrir celui qui m'a trahie. ..
-Je comprends Oscar, hélas, dit elle en se levant, je doute que vous trouviez qui a écrit cette missive, mais puisque vous y tenez...
Elle lui tendit la lettre. Oscar l'examina. Il n'y avait qu'une seule phrase. « Oscar François de Jarjayes est une femme ». L'écriture était grossière, Oscar ne l'avait jamais vu, et il n'y avait rien d'autre qui puisse indiquer d’où cette lettre provenait. L'encre utilisée était noire, classique.
-Votre Majesté, comment est arrivée cette lettre ? Avec le courrier habituel ou l'a t-on déposé ici, à votre insu par exemple ?
-Non, elle est arrivée avec le courrier. Oscar, je crains que vous ne puissiez retrouver son auteur...
-Je vous remercie Majesté...Dit Oscar en rendant la lettre. Elle s'inclina, et pris le chemin du retour.
-Oscar ! L'interpella la Reine, nous comptons sur vous pour le bal...
-Bien sur votre Majesté...souffla Oscar .
Sur ce elle partit sans attendre. Sur le chemin des écuries, elle ne cessa d' entendre rires et sifflements moqueur sur son passage. Elle garda la tête haute, ils verraient ce qu'ils verraient.
Sortie de Versailles, elle laissa libre cour à ces larmes. Cette journée avait été la journée la plus éprouvante de toute sa vie. André s'était uni pour la vie à une autre, on l'avait dénoncée, elle devait se marier, on se moquait d'elle et enfin, elle devait stopper sa carrière. Stopper sa carrière ? Elle ne verrait même plus André. Elle s'était dit que continuer à la voir serait frustrant, mais ne plus le voir du tout serait horrible...
Lorsque elle rentra, son père chercha à lui parler, mais elle se confina dans sa chambre. Elle ne voulait voir personne, n'entendre personne, elle voulait simplement rester seule.
Dans deux jours elle devrait assister au bal en tant que femme, pour rencontrer ses prétendants...
Et demain faire ses adieux à ses hommes...
Elle se mit a jouer du piano, la musique, adoucissait les peines, disait-on...
Chapitre 20
André regardait Diane, qui dormait paisiblement. La nuit de noce s'était bien passée, elle avait été comblée par la douceur de son mari.
Il se tourna de l'autre côté et pensa à Oscar. Comment allait-elle ? Il repensa à tous ces mensonges... Elle lui avait mentit sur sa relation avec Fersen, et lorsqu'ils s'étaient retrouvés, elle lui avait mentit une nouvelle fois, en prétendant qu'ils continuaient cette relation... S'il elle avait parlé plus tôt, peut être que...
Il secoua la tête. Il était décidé plus que jamais à fermer son cœur à Oscar, mais il savait que pour le faire, il devait s'éloigner d'elle.
Pourquoi ne pas partir après tout ? Il pourrait recommencer une nouvelle vie... A la campagne, loin de Paris...
Cette idée avait germé depuis un moment dans son esprit, mais il ne pouvait se résigner à s'en aller. Cela signifiait aussi quitter son travail, grand-mère, Alain...
Il allait attendre de voir comment se passaient les choses avec Oscar. Elle ne voulait pas briser son couple, elle le lui avait fait comprendre, lors de cette fameuse nuit dans la taverne... La plus belle nuit de sa vie...
Mais, même si elle ne le voulait pas, pourrait-il résister à cette femme qui envoûtait son esprit, jour et nuit ?
Il se leva et s'habilla, l'heure du travail approchait. Il allait être en avance, mais tan pis, il avait besoin de sortir de cet appartement. Il déposa un baiser sur le front de Diane et sortit.
Il marcha, lentement, perdu dans ses pensées. Il s’arrêta net en entendant un bruit de sabot. Oscar était juste devant lui et le regardait tristement.
Oscar se dit qu'elle devait la vérité à André. Elle descendit de son cheval et s'approcha de lui.
-André, il faut que je te parle... viens... dit elle en le menant vers les écuries.
L'endroit était désert, et André s'occupa du cheval d'Oscar. Elle le regardait faire. Elle ne savait pas par où commencer. Que dire ?
-Qu'as tu a me dire ? Demanda-t-il
-André...c'est mon dernier jours dans la caserne. C'est terminé pour moi.
-Est ce cause de moi ? Je peux partir... Je suis conscients que nous croiser tout les jours sera difficile, même insupportable. J'ai épousé une jeune fille ravissante hier, mais mes pensées sont sans cesses dirigées vers toi Oscar. C'est pour toi que je respire... Mais reste, c'est moi qui vais partir...
-André...
Cette déclaration avait fait monter les larmes. Oscar sentait que tout s'écroulait autour d'elle, une fois de plus... Elle était là en face d'André, et son nouveau statut d'homme marié l’empêchait de l'embrasser... Elle ne voulait pas le séduire, elle savait très bien que si elle allait vers lui, il céderait, et s'en voudrait. Elle voulait pouvoir se regarder dans un miroir. Elle pris une inspiration.
-André... Je ne pars pas à cause de toi... On m'a dénoncé... Le Roi à reçu une lettre anonyme, qui révèle ma véritable nature... Je doit arrêter l'armée. Et... Et..
-Quoi Oscar ?
-Je doit me marier.
Il la regarda intensément. Elle aussi, allait appartenir à quelqu'un d'autre...
-Tu y est obligée ?
-Oui...
-Qui fait ça ??? Dit André tremblant de colère.
-Je ne sais pas... Quelqu'un qui ne me veut pas du bien...
-Tu n'a aucune piste ?
-Non... Mais peut importe, le mal est fait...
-Pourquoi te marier ?
-Pour laver l'affront...
Elle tentait de ravaler ses larmes, mais n'y parvenait pas. Se marier... La seule personne qui aurait pu la combler se tenait devant elle. Aucun homme se trouverait grâce à ses yeux, sauf lui. André la prit dans ses bras. Il enfouit sa main dans ses cheveux, et lui embrassa le front. Il la serra fort, pendant une éternité... Elle ne voulait pas le quitter... Elle savait qu'une fois partie, loin de lui, elle mourrait... Elle l'aimait si fort ! Pourquoi la vie s'acharnait elle comme cela ? N'avait elle pas le droit au bonheur ? Et lui ? Non plus ? N'avaient-ils pas le droit d’être heureux ensembles ? Était ce cela leur destin, s'aimer de loin ?
-André, peut importe ce qu'il va advenir... Je m'en moque maintenant... Sache que je n'aimerais que toi... Pardonne-moi, j'aurais du m'en rendre compte plus tôt... murmura t-elle.
-Chut, tais toi... Je t'aime aussi... J'ai honte de prononcer ces mots, j'ai honte... J'ai une femme... Mais je ne peux faire machine arrière... Pardonne moi....
-Nous ne nous reverrons plus... c'est peut être mieux ainsi.... Nous aurions souffert...
Elle desserra leur étreinte. Elle l'embrassa, et lui dit adieu.
Il la regarda partir, une nouvelle fois.
Deux heure plus tard, c'était une Oscar digne, droite et fière qui annonçait à ses soldats sa véritable nature. Les soldats la regardaient, ébahis par cette révélation. Il la fixaient, impressionnés par cette femme qui exprimait de manière sans détour sa véritable identité, et la raison de son départ.
Il firent en son honneur une revue parfaite, et regardèrent leur colonel s'en aller, sur son cheval blanc. Tous avaient été impressionnés par ce colonel hors-normes.
André ne la quitta pas des yeux. Il s'abreuvait de son visage, qui ne laissait paraître aucune émotions, sinon la fierté. Oscar dans toute sa splendeur. Son cœur était sur le point d'exploser, il ne voulait pas la laisser partir.
Alain regardait lui aussi Oscar. Ainsi c'était une femme... Il jeta un regard en coin à André. Il semblait triste... Alain se dit qu'il était temps de mettre les choses au clair...
-André ! Vu que nous ne sommes pas de garde, que dirais tu d'aller boire un coup ? Ta femme ne t'en tiendra pas rigueur !!! lui dit il en lui donnant une tape dans le dos.
-Oui, comme tu veux... répondit André, les yeux toujours fixés sur Oscar.
-Et bé !!! Aller, viens !!!
Il l'attrapa par le bras et l’entraîna dans la direction de la taverne. Arrivés, ils prirent une table et commandèrent à boire.
Alain regardait André, qui n'avait pas l'air dans son assiette.
-Alors comme cela, ton ancien maître est une femme ?
André s'attendait à cette question. Il avait mentit à Alain, il n'était pas sur que celui ci apprécie.
-Oui.
-Pourquoi me l'as tu caché ?
-C'est son secret. Je n'ai pas à le faire à sa place.
-Et donc tu l'as frappée ? C'est bien ce que tu m'as dit ? Quand tu m'a raconté pourquoi elle t'avait chassé. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne te vois pas frapper une femme.
-Ce n'est pas vraiment une femme. Elle a été élevée comme un homme. La première fois que je l'ai vue, elle m'a donné une épée pour se battre, j'avais 8 ans, et elle 7. Je croyais avoir un garçon en face. Tu n'a jamais vu que c'était une femme...
-C'est vrai. En plus, elle doit être belle, en robe...
-................................................................
-Tu caches bien ton jeu.
-De quoi parles tu ? Dit André en fixant sa choppe.
-De l'amour qui vous uni.
Il regarda Alain. Celui le fixait, et attendait une réaction.
-Tu es amoureux d'elle avoue, dit Alain d'une voix neutre.
-Je l'ai été, mais j'ai rencontré ta sœur..., avoua André.
-Tu es sur ?
-Oui, répondit celui ci fermement.
-Je ne te crois pas.
-Que veux tu que je te dise ?
-Il ne s'est rien passé avec elle ?
-Crois tu que c'est une femme qu'on met facilement dans son lit ?
-..................................................
-Ce n'est pas ce genre de femme.
-Je vois... Et là ? Elle va faire quoi maintenant qu'elle a quitté les Gardes ?
-Se marier.
-Avec qui ?
-Je ne sais pas... Un noble.
-Tu vas quitter ma sœur ?
Alain voulait savoir . Il était sur qu'André ne disait pas la vérité. S'il abandonnait sa sœur, il s'en mordrait les doigts.
-Non, je l'ai épousé hier je te rappelles... Et pourquoi je la quitterai d'abord ?
-Tu aimes cette femme...
-C'est un rêve... Diane est la réalité, c'est pour cela que je l'ai épousée. Je l'aime. Je te le jure.
-Tu vas continuer à la rendre heureuse ?
-Oui, elle le mérite. Oscar va s'éloigner, vivre sa vie... C'est mieux...
-Tu ne vas pas chercher à la revoir ?
-Non.
-Bien... André, je vais te croire... Je sais que tu n'es pas fourbe... Mais fait attention...
-Tu n'as rien à craindre pour Diane. Je ne le laisserait pas... Et je ne verrait plus Oscar...
-Bien.
Ils finirent leur choppe en silence. Alain avait compris André. Il souffrait d'un amour impossible. Il restait perplexe. Si il rendait Diane heureuse, et qu'il était honnête, peu importe les sentiments qu'il vouait à Oscar...
Chapitre 21.
Oscar était sur le point de faire une crise de nerfs. Ces derniers jours avaient été atroces, ce soir avait lieu le bal en son honneur. Elle était même allée jusqu'à supplier son père de lui laisser plus de temps. Il n'avait pu lui accorder cette faveur, le bal était donné par le Roi et la Reine. Si elle ne paraissait pas, ce serait un véritable affront pour leurs Majestés. Il était assis, et buvait un verre pour chasser la tristesse. Voir sa fille bien aimée dans cet état lui était insupportable. Elle devait vraiment être désespérée... Jamais elle n'aurait agit de la sorte avant...
Elle avait pleuré, supplié... Elle qui avait enduré nombres d épreuves … Aller au bal en tenue féminine la mettait dans tout ses états.
La Comtesse regardait la domestique s'occuper des cheveux de sa fille. Oscar avait le regard dans le vide, et ne répondait même plus, lorsqu'on lui posait des questions. Elle avait fini par se laissait faire... Une poupée, voici ce qu'elle était devenue... Le colonel avait rendu les armes...
Oscar vécu cette soirée, dans un brouillard. Elle ne se souvenait même plus d'avoir descendu les marches de l'escalier, d’être montée dans le carrosse en compagnie de ses parents... Elle pris conscience soudain, lorsqu’elle aperçu les nombreux courtisans autour d'elle . Elle s'avança vers la le couple Royal, et fit une profonde révérence. Elle avait les larmes aux tellement elle se sentait malheureuse d'être ainsi observée, telle une bête de foire.
Les courtisans la regardaient. Les hommes étaient ébahis par la beauté de cet ancien colonel, et les femmes jalouses de cette femme, qui autrefois avait été homme.
La Reine et le Roi la regardaient, perdu d'admiration. Ils cherchaient vainement le colonel. Aucune trace de lui. A la place il y avait une jeune fille magnifique. La Reine tenta d'imaginer le colonel qui avait si souvent été à ses côtés. Devant cette jeune fille resplendissante, elle se demandait réellement si le son ancien colonel et cette jeune femme étaient la même et unique personne. Mais si, c'était le cas...
Le Général était soulagé. Il avait eut peur que sa fille fasse un scandale. Il était soulagé, certes, mais pas heureux pour autant. La lueur qui brillait dans les yeux de sa fille s'était éteinte, au moment ou elle avait passé une robe. Il regrettait, d'avoir fait de sa fille un homme. Et il regrettait aussi de devoir lui imposer une nouvelle épreuve, peut être la plus dure qu'elle n'ai jamais eu a endurer. Il espérait secrètement que sa fille ne reçoive aucune demande en mariage. Elle pourrait rester libre, et reprendrait peut être goût à la vie... Mais, elle était si belle, que cela serait impossible. Il avait peur de confier son diamant à un homme qui ne saurait pas en apprécier l'éclat. Il regardait les courtisans, la tête heute. Eux qui s'étaient moqués d'elle, ils en restait bouche bée.
Un jeune homme s'approcha d'Oscar, et demanda une danse. Elle inclina la tête, pour toute réponse. Il l’entraîna alors au milieu de la salle, et la fit tournoyer, les yeux fixés sur cette femme incroyable. Oscar avait à peine levé les yeux. Son regard était vide, elle se laissait faire, se laisser courtiser, sans rien dire. Son cavalier aurait pu l'enlever qu'elle n'aurait rien vu. Elle n'avait même pas daigné regarder son cavalier. Elle se contentait de danser, avec ceux qui lui demandaient un menuet, ou autre, mais ne disait rien. La tête baissée, le visage triste, ce n'était plus Oscar.
Sa mère l’observait, attristée de voir ce que sa fille était devenue. Une jeune fille qui faisait tourner la tête des hommes, mais qui n'y trouvait aucune joie, aucune victoire personnelle. Non, au contraire, c'était la pire des humiliations pour elle. Elle regarda avec colère, les hommes qui se pressaient pour obtenir une danse. Parmi eux, des ducs, des comtes, des marquis... Tous se pavanaient, sur de leurs charmes. Mais aucun ne pourraient jamais la satisfaire en tant que mari...
Oscar, après avoir dansé longtemps, fit une pause. Elle partit sur un balcon, elle avait chaud. Elle eut soudainement envie de se promener dans les jardins. Elle pris donc les escaliers, et commença sa marche. Combien de fois les avaient-elle arpenté en tant que colonel? Les chaussures lui faisaient mal, elle s'assit sur le rebord d'une fontaine.
Elle pensait à André. Elle avait espéré un instant qu'il l’amène, loin, très loin de ce cauchemar, mais non... Le cœur battant, elle tourna vivement la tête, quelqu'un l'observait.
-Girodelle ! Dit elle en posant une main sur son cœur.
-Pardonnez moi Oscar, je ne voulais pas vous effrayer...
Oscar sourit, pour la première fois depuis longtemps... La vue de quelqu'un de confiance lui faisait du bien ...
-Vous devez me trouver ridicule … Moi Oscar François de Jarjayes, dans une robe à dentelles... dit elle en riant.
-C'est un crime en effet... Mais je dois avouer, que, cela vous sied.
Elle le regarda tristement. Ses larmes montaient, encore une fois...
-Oscar, que vous arrive t-il ? Dit-il en prenant sa main.
-Rien, je me comporte en femme, c'est tout... Depuis qu'on me l'a demandé je le fais... Et des larmes coulent sans arrêt...
-Devoir vous marier vous inquiète ?
_Ce n'est même pas de l’inquiétude... Je ne veux pas tout simplement... Je n'ai jamais porté que des vêtements d'hommes... Je hais ces robes, elles n'apportent que du malheur...
-Oscar...
-Je vais devoir en porter désormais le reste de ma vie... Voyez vous ? Je pleure... Jamais vous ne m'auriez vu pleurer avant... Mais je suis si lasse... Je n'ai plus de raisons de me battre pour les retenir...
-Oscar, votre vie n'est pas finie... Vous pouvez etre heureuse auprès d'un homme... Cela vous est peut etre inconnu mais pourquoi ne pas essayer ?
-Rester assise dans une maison, aller au bal, sourire, non, cela ne me comblera pas... Je mourrais... Si ce n'est déjà fait...
-Je ne peux tolérer ces paroles Oscar... Vous qui etes si combative, un mariage vous ferait peur ?
-Non...si... Si je pouvais épouser un homme qui me laisse libre hélas, je ne pense que cela soit possible.
-Ca l'est. Je le sais.
Elle le regarda en riant. Girodelle faisait donc partit de ses personnes qui pensent que tout chose à sa solution ?
-Vous êtes bien sur de vous... Peut être connaissez vous alors un homme, qui accepterai que sa femme ne porte pas de robe, qui ferraille, qui parte faire de longues chevauchées seule, ou même qui...
Elle marqua un temps d’arrêt, se demandant si la fin de sa phrase n'était pas déplacée... Elle osa.
-..... qui se refuse à son mari ?
Girodelle la regarda. Cette femme ne voulait pas devenir un jouet. Lui non plus, ne voulait pas qu'elle le devienne. Lui aussi, osa.
-Oui j'en connais un, Oscar... Moi. Je ne vous aimerais pas dans un rôle d'épouse invisible. Je ne vous aimerait pas, si vous n'étiez pas telle que vous êtes... dit il en lui faisant un baisemain.
Chapitre 22
Oscar se leva précipitamment. Le souffle court, elle regardait Girodelle comme si elle ne l'avait jamais vu …
-Que voulez vous dire Girodelle ? Vous n’êtes pas...
-Si Oscar, dit il en se levant à son tour. Si je vous aime. Est ce un crime ?
-Mais, mais...
Oscar n'en revenait pas. L'homme qui avait été son lieutenant, était amoureux d'elle... Lui aussi, avait caché ses sentiments... Depuis quinze ans qu’elle le connaissait, jamais elle ne s'en était aperçue... Était elle aveugle , ou étaient-ce ces hommes qui cachaient très bien leurs amours ?
-Oscar, je vous aime depuis le premier jour... Depuis que vous m'avez battu, dans ce duel, près de ce cerisier en fleur... Pardonnez moi... Je vous choque... Mais, maintenant que vous êtes sur le point de vous marier... Je ne peux qu’espérer...
Il se mit à genou, lui pris la main, et la regarda dans les yeux. Oscar, sidérée par cette attitude, se laissa faire...
-Ma demande est folle je le sais...Il serait plus convenable de passer par Mr votre père Oscar, d'abord mais... Je veux vous épousez... Laissez moi vous protéger de ceux qui vous veulent seulement pour votre beauté... Je vous veux pour tout... Je vous laisserais vivre comme vous le voulez... Si porter des robes vous offense, alors vous porterez ce que bon vous semblera... Je n'exige rien de vous, ce mariage, est simplement fait pour vous redonner vie... Je ne veux voir cette flamme dans vos yeux s'éteindre... Je veux vous voir galoper, ferrailler, je veux vous voir faire ce qu'il vous plaît. Jamais je ne pourrais vous placer dans une cage dorée... Je vous aime pour ce que vous êtes... Je n'attends rien, si ce n'est la fidélité, et peut être, un jour, un peu d'amour... Mais l'amitié me suffit, je ne saurait vous forcer à quoi que ce soit...
Oscar restait interdite par ces paroles... Il l'aimait de façon démesurée, cela sautait aux yeux...
Il se releva, et attendit une réponse. Oscar ne savait que dire, elle commençait à se lasser sérieusement des éventements qui s’enchaînaient. Tout lui tombait dessus, son cerveaux n'arrivait même plus à analyser correctement les informations qu'elle recevait...
-Girodelle, je ne peux vous donner une réponse... Je suis désolée... Tout s’enchaîne à une vitesse incroyable, il y a encore 4 jours, je pensais finir mes jours en tant que colonel... Ne m'en veuillez pas...
-Je ne vous en veux pas Oscar... Comment le pourrais-je ? Mais je vous demande de réfléchir...
-Je le ferais... Au revoir.
Elle le laissa et retourna au bal, perdue dans ses pensées... Il l'aimait lui aussi... Elle avait pensé, dans sa jeunesse, lors de des premiers émois avec Fersen, qu'elle ne serait jamais aimée... Qui pourrait bien aimer une femme habillée en homme ? A coté des demoiselles parées de dentelles, et de diamants... Non, elle avait pensé que cela ne pourrait jamais lui arriver... Et pourtant, André l'était, Girodelle aussi... Fersen aussi, malgré son revirement pour la Reine, n'avait jamais porté attention, a ses tenues, lors de leur rendez vous...
Elle rentra dans le bal, et chercha ses parents des yeux. Son père la cherchait aussi, et il se dirigea vers elle lorsqu'il la vit.
-Oscar, mon enfant, il n'est pas décent de quitter le bal...
-Pardonnez moi père, je voulais respirer un peu d'air frais.
Le Général la regarda attentivement. Il scruta son visage, cherchant des traces de larmes. Oui, il vit que des larmes avaient coulées. Sa fille avait l'air fatigué.
-Vous êtes épuisée mon enfant. Nous allons rentrer. Attendez moi ici, je vais chercher votre mère.
Elle le regarda s'éloigner. Oui elle était fatiguée... lasse, de tout cela...
Après qu'ils furent rentrés, la Comtesse congédia la domestique qui voulu déshabiller Oscar. Elle voulait le faire elle même, afin de recueillir les impressions de sa fille.
-Mère, dit Oscar en protestant, je peux le faire moi même...
-Vous n'y êtes pas habituée, ma fille, laissez, cela ne me dérange pas...
-Comme vous voulez....
-Comment vous sentez vous ? Demanda doucement la Comtesse en délaçant doucement le corset.
-Fatiguée mère.
-Je parlais du bal... Cela ne vous a pas plu, n'est ce pas ?
-Oui. J'ai détesté mère... Ne m'en veuillez pas... Je me plie, c'est un ordre du Roi... Je n'ai pas le choix...
-Non, vous n'avez pas le choix... Mais vous avez le choix, par contre, de choisir votre époux... Et cela est déjà un énorme avantage...
-Vous le pensez vraiment ?
-Bien sur Oscar... Nous n'accorderons votre main qu'a celui que vous aurez choisit.
-Et si je ne choisit personne ?
La Comtesse arrêta son geste, et regarda sa fille. Oscar la défiait. Ils y avaient pensé, avec son mari, qu'Oscar, pensant gagner du temps, chercherait à éloigner les prétendants. Mais le nom des Jarjayes était en jeu, et Oscar ne pouvait se permettre d'attendre des années avant de se marier.
-C'est alors nous qui vous choisirons votre époux. Oscar, écoutez moi avec attention, dit elle avec douceur, vous avez la chance, et je dis bien la chance, de pouvoir choisir vous même votre époux. Cette faveur n'est accordée qu'a peu de femmes. Rappelez vous madame de Polignac et sa fille Charlotte. Cette pauvre enfant, de désespoir, s'est jetée du haut du toit... On a voulu la marier de force avec ce duc... Un homme qui aurait pu être son père, voire son grand-père... Pour vos sœurs, nous avons choisit, des jeunes gens qu'elles appréciaient, mais qu'elles n'aimaient pas. Elles sont heureuses, mais, je sais qu'elles auraient choisit d'autres maris, si nous les avions autorisé a faire elle mêmes leurs choix. Alors prenez votre temps, mais sans y passer des années... C'est dans votre intérêt...
Elle déposa un baiser sur le front de sa fille, et sortit de la chambre.
Oscar médita ces paroles. Sa mère avait raison, choisir son époux était une chance. Elle pensa à Girodelle... Il lui avait avoué son amour, et lui avait promis qu'il la laisserait libre... Cette idée lui trottait dans la tête... Rester libre... Il lui avait dit qu'il n'attendait que la fidélité et un peu de tendresse... Un mariage d'amitié, en somme. Il lui avait fait une forte impression... Elle se coucha, et s'endormit rapidement. Les paroles de sa mère, l'avaient tout de même apaisée. Ils ne la marierait pas à n’importe qui, c'était déjà cela de gagné.
-Je n'en reviens pas !!! Dit Diane en servant son petit déjeuner à André. Votre colonel était donc une femme ???
-Et oui...
André avait raconté à Diane ce qui arrivait à Oscar. Diane ne se doutait pas qu'Oscar était son ancien maître. Alain et lui s'était mit d'accord pour lui cacher. Alain savait que cela chamboulerait Diane, de savoir qu'André était commandé par celui qui l'avait chassé.
Mais il s'était permit de lui raconter la véritable nature d'Oscar, comme si lui même venait de l'apprendre. Diane était pour le moins sidérée...
-Et elle a servit toute sa vie dans l'armée ???
-Apparemment...
-Et bien... C'est bizarre... Mais bon... Et donc si je récapitule, elle doit se marier maintenant.
-Oui, répondit André en levant les yeux.
Cette nouvelle l'avait ébranlé. Oscar qui avait été trahie par quelqu'un, le couple royal qui l'obligeait à se marier... Il ne l'avait pas revue depuis qu'elle avait quitté la caserne. Il avait promis à Alain de ne pas le faire... Il en avait envie pourtant... Il voulait savoir comment elle allait, comment elle supportait cette nouvelle épreuve. Il eut une idée... Il pouvait lui écrire ... En lui écrivant, il ne faisait de mal à personne... Et ne trahirait pas sa promesse. Simplement pour savoir... Simplement pour la rassurer, pour qu'elle sache qu'il pensait à elle, qu'il ne l'oubliait pas...Comment l'oublier ? Comment aurait-il pu l'oublier un seul instant ?
Mais il ne savait pas... Cette lettre lui ferait peut être du mal... Lui rappeler qu'il l'aimait, avant un éventuel mariage qu'elle ne désirait pas, n'était peut être pas une bonne idée... Il allait essayer...
Il regarda Diane se préparer pour aller faire le marché. Elle lui proposa de venir, il refusa en prétextant vouloir écrire à grand mère. Elle sourit, l'embrassa, et partit.
Il pris alors une feuille, et commença une lettre destinée à Oscar... Il la scella, et pris une autre feuille, destinée à grand-mère, cette fois ci... Il lui demandait de faire passer cette lettre discrètement à Oscar. Il mit la première dans la seconde, et cacheta le tout. Il partit l'envoyer...
Chapitre 23.
Pendant qu'André envoyait sa double lettre, Oscar chevauchait dans les verts pâturages. Deux jours avaient passés depuis le bal, et la demeure des Jarjayes était assaillie par une foule de prétendants, venus faire leur demande au Général.
Oscar était censée être présente, en tenue de femme, mais elle n'avait pu supporter cette épreuve. La veille, elle s'y était pliée, et avait du converser avec des hommes qui la regardait avec des regards concupiscents, et chargés de sous entendus. Son père avait été satisfait de sa conduite, mais aujourd'hui, elle comptait bien fausser compagnie à ces hommes. Elle n'avait été attirée par aucun d'eux. Pas un seul, n'avait accroché son attention, ne serait ce par un minuscule détail . En fait, ils la dégoutaient presque...
Elle fit une halte près d'un lac. Il faudrait bien qu'elle se décide, un jours ou l'autre .
En fait si, quelqu'un avait attiré son attention... Elle repensait sans cesse à la proposition de Girodelle. Il la laisserait faire ce qu'elle voudrait... Il était clair, qu'elle avait de la chance de ce côté là. Elle avait retourné cela dans sa tête pendant des heures. Elle refusait de se laisser abattre. Cela faisait cinq jours qu'André s'était marié, mais cela lui paraissait un éternité. Préoccupée par ses propres problèmes, Oscar n'y avait pas beaucoup pensé. Elle avait passé ses quatre derniers jours dans un flou total, mais cette chevauchée avait eut le mérite de lui remettre les idées en place. André était marié, il allait suivre le cours de sa vie... Il aurait des enfants, sa femme, son travail. Malgré sa douleur en repensant à cet homme qu'elle aimait tant, elle était contente qu'il n'ai pas renoncé à son mariage. S'il l'avait fait, elle aurait du le quitter pour devoir prendre un époux par obligation, ils n'en auraient été que plus malheureux. Leurs chemins s'étaient séparés définitivement...
Mais il fallait qu'elle se marie à son tour... Girodelle et sa proposition ne quittaient plus sa tête.
Prise d'une soudaine impulsion, elle repris son cheval, et se dirigea vers Paris. Elle voulait en avoir le cœur net. Elle se rendit chez Girodelle. Elle voulait discuter avec lui. En restant objective, il fallait avouer que c'était un bon parti. Ils se connaissaient, avaient travaillé ensemble... Il était plutôt séduisant... Poli, courtois, discret... Oscar reconnaissait ses qualités... Elle comptait bien lui faire comprendre ce qu'elle attendait de ce mariage. S'il était d'accord avec ses conditions, elle l'épouserait... Elle voulait en finir au plus vite.
Arrivée devant sa demeure, elle sonna. Un domestique lui ouvrit, et regarda attentivement la femme vêtue d'une culotte et d'une chemise demander à parler à Monsieur de Girodelle. Il la laissa entrer, et partit prévenir son maître.
Girodelle était assis dans un fauteuil, et contemplait le feu qui brûlait dans la cheminée. Il pensait à la femme qu'il aimait... Il était près à faire ce qu'elle voulait, simplement pour l'avoir à ses côtés... Son vœux fut exaucé... Son domestique entra, et lui annonça qu'une certaine Oscar François de Jarjayes désirait le voir...
Son cœur s'emballa, il lui dit de la faire entrer au plus vite... Était elle venue donner sa réponse ?
Oscar rentra et se surprit à rougir. Elle était venue parler mariage en tenue d'équitation. Elle se dit que Girodelle ne s'en formaliserait pas.
-Bonjour Oscar, dit Girodelle en tentant de calmer les battements de son cœur.
Elle était là, dans son salon. Elle n'était jamais venue encore...
-Bonjour Girodelle.
Oscar, une fois de plus, ne savait comment aborder le sujet. Elle se reprit, elle voulait etre franche.
-Je suis venue... par rapport à la proposition que vous m'avez faite, l'autre jour... dit elle lentement.
Il lui fit signe de s'assoir, et remplit un verre de vin qu'il lui tendit.
-Je vous écoute Oscar... murmura t-il en s'asseyant face à elle.
-Je veux savoir exactement ce que vous attendez de moi, si je vous épouse, dit elle d'un ton neutre.
-Oscar, je... Je sais que vous ne nourrissez pas les mêmes sentiments que moi. Je vous veux à mes côtés... Mais je veux avant tout que vous soyez heureuse, même loin de moi... Je vous aime Oscar... Bien sur dans l'idéal, je souhaiterais que nous formions un couple, en tant...qu'amants mais, je ne saurait vous forcer en quoi que ce soit... Je vous veux libre, avant tout.
-Libre ? Si je vous épouse Girodelle, je ne peux vous garantir mes sentiments... , répondit -elle en asseyant de ne pas relever la remarque du "couple en tant qu'amants" .Je ne veux pas vous mentir. Alors, je vais vous exposer comment je vois ce mariage. Tout d'abord, on me force à faire quelque chose que je ne désire pas... Je n'ai jamais souhaité me marier, et endosser la parure de la parfaite épouse... Ce que je ne serais jamais sans doute... Mais, si vous souhaitez m'épouser selon mes conditions, j'accepte votre demande.
Elle le regardait dans les yeux. Elle voulait être directe, elle ne voulait pas lui cacher la moindre chose par rapport à ses désirs.
-Quel sont vos conditions ?
-Je ne veux pas porter de robes. Je ne veux continuer de pouvoir galoper, ferrailler, aller ou bon me semble, sans que quelqu'un m'accompagne. Et si ce mariage à lieu... Il se peut que...je ne veuille jamais... le consommer... C'est un mariage d'amitié que je vous propose Girodelle, rien d'autre...
-Vous...ne voulez donc pas d'enfants ?
Oscar resta interdite. Des enfants ?! Elle n'y avait même pas songé... Des enfants... Elle ne se voyait pas du tout mère... Mais... Il est vrai qu'elle s'était posé de nombreuses questions sur la maternité... Elle réfléchit avant de répondre.
-En voulez vous ? Demanda t-elle.
-Je mentirais en disant que non...
-Je ne peux me permettre de vous faire une promesse dans ce cas là. Je ne sais pas si j'en veux...
-Je comprends que cela soit difficile pour vous Oscar... On vous a fait homme... Vous êtes forcée de redevenir femme, je comprends vos condition. Vous ne voulez pas devenir un objet... Alors...j'accepte vos souhaits... mais je vous demande aussi quelques choses...
-Je vous écoute...
-Vous attendez de moi que je vous laisse la liberté... Je ne ne vous enfermerais que pour une seule chose... Si vous m'épousez, je ne saurait tolérer une quelconque infidélité... C'est la seule chose que je vous demande. La fidélité, même si notre mariage reste blanc. Je vous demande aussi de réfléchir pour un enfant. Je ne vous cache pas le désir d'avoir un héritier. Mais comme je vous l'ai dit, je ne vous forcerait en rien.
-J'accepte la fidélité. Je réfléchirais pour un héritier. Girodelle, j'accepte votre demande. Je serais votre femme...
Elle avait prononcé ces mots doucement, en plongeant le regard dans le sien. Il se leva le cœur battant, et se mit à genou. Il lui pris doucement la main, y déposa un baiser, qu'il laissa durer quelques secondes.
-Vous faites de moi un homme heureux, Oscar...
Oscar ne répondit rien, car elle ne savait si elle était heureuse, à ce moment là. Sa main lui picotait, elle avait envie de la retirer au plus vite de la sienne...Elle pris congé, après lui avoir demandé de finaliser cette demande auprès de son père. Elle n'en parlerait pas avant qu'il ai fait une demande officielle. Elle repartit sans attendre dans son domaine, ou son père l'attendait, plutôt furieux.
-OSCAR !!! hurla t-il en guise de bienvenue
-Père ?
-Ou étiez vous passée ?! Et qu'est ce que c'est que cette tenue !!! Vous n’êtes plus un homme !!!
Oscar sentit la colère la gagner. Après tout ce qu'on lui demandait, elle n'avait même pas le droit de partir faire une promenade à cheval ?!
-Pere, je suis partie faire une promenade... Il est inutile de vous mettre dans cet état...
Le Général fronça les sourcils. Il s'était montré compréhensif par rapport aux humeurs de sa fille ces derniers jours, mais il n'allait pas lui laisser faire ses quatre volontés.
-Oscar, vous vous devez être présente pour vos prétendants. Ne pensez pas échapper à ce mariage, il est essentiel pour notre honneur...
-Je le sais père... Et je vous donne ma parole de me marier sous peu. Mais en attendant, laissez moi faire ce que je désire...
Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, et monta dans sa chambre.
Le lendemain, ce fut grand-mère qui vint la réveiller. Oscar trouva ce comportement étrange, d'habitude, elle se réveillait seule. De plus, elle battait froid à grand-mère, qui s'était vraiment montrée enthousiaste pour ce maudit mariage. Elle savait qu'elle ne s'entendrait pas avec elle à ce sujet.
-As tu bien dormi Oscar ? Lui demanda t-elle gentiment.
-Oui grand-mère...répondit elle avec méfiance.
-Tu auras encore de la visite aujourd'hui, il faut te préparer...
-Inutile grand-mère...
-Mais Oscar, si tu ne viens pas, ton père ne sera pas content...
-Au contraire, grand-mère, ne le dit à personne, mais j'ai choisit mon futur époux....
-Oh ! Qui est ce ??? demanda grand-mère à la fois fort étonnée, et fort intriguée par l'identité de cet homme.
-Tu le sauras en tant voulu...
Grand-mère était contente...Mais elle devait remettre une missive à Oscar, de la part d'André. Elle hésitait... Que contenait cette lettre ? Etait-il bien décent de la part de son petit fils d'écrire à une noble qui était sur le point de se marier ?
A contrecœur, elle lui donna la lettre. Après tout, il avaient grandis ensembles...
Étonnée, Oscar ouvrit la lettre quand elle fut partie. Son cœur cogna dans sa poitrine lorsqu'elle reconnu l'écriture d'André. Les larmes aux yeux, elle lu attentivement sa missive. Elle poussa un soupir de soulagement. Cette lettre était, à ses yeux, une véritable bouffée d'air frais... Il pensait à elle, s’inquiétait pour elle... Il l'aimait, encore... Oscar avait douté de l'amour d'André lorsqu'elle l'avait vu pour la dernière fois, face à face. Elle pensait qu'il allait rapidement l'oublier, dans les bras de cette mariée gracile. Mais non, cette lettre lui prouvait le contraire... Il voulait savoir comment elle allait, comment son mariage se préparait, si elle avait trouvé quelqu'un qui pourrait la rendre heureuse... Il lui demandait aussi de ne pas répondre à cette missive, si elle lui faisait du mal. Lui faire du mal ? Comment ces mots d'amour de l'homme qu'elle aimait pourraient lui faire le moindre mal??? Au contraire, c'était ce genre de chose qui pourrait la faire tenir, parmi cette vague. Elle se leva précipitamment, et commença à écrire une réponse. Il l'aimait, rien d'autre n'avait d'importance à ses yeux. Si, par des simples lettres, elle pouvait tenir, alors elle en abuserait. Elle lui écrivit une longue lettre, en lui expliquant tout, de son mariage arrangé avec Girodelle, à sa soif de lettre de sa part. Elle voulait qu'il lui écrive, elle ne supporterait pas longtemps d’être privée de ses nouvelles. Elle lui dit aussi qu'elle l'aimait...
Elle envoya la lettre aussitôt écrite par messager. Ne connaissant pas son adresse personnelle, elle l'envoya à la caserne. C'est à ce moment là que choisit Girodelle pour apparaitre. Elle ne savait pas qu'il était chez elle. En le voyant, elle s'assombrit. Dire qu'elle avait dit qu'elle l'épouserait... Il vint à sa rencontre, et lui fit un baisemain. Ses yeux brillaient.
-Mon amie, je viens de faire ma demande auprès de votre père. Êtes vous sure de votre décision ?
Oscar hésita. Elle n'était sure de rien ces derniers jours. Elle pensa à André. Que n'aurait elle donné pour qu'il soit à la place de Girodelle !
Mais elle avait dit oui à sa demande. Pourrait elle la refuser maintenant ? La refuser pour épouser qui ? Non, il lui avait promis qu'elle serait libre. Il lui avait simplement demandé la fidélité, et de réfléchir pour un héritier. Elle ne trouverait pas mieux.
-Oui Girodelle... Mais n'oubliez pas qu'elles sont mes conditions...
-Je ne les oublies pas... Mais, nous sommes désormais fiancés...Appelez moi Victor, je vous prie.
-Bien... Victor... Je dois vous laisser... Mon père doit me chercher …
-Certes... Au revoir Oscar... A bientôt.
Il la regarda s'éloigner. Elle allait devenir son épouse... Il l'avait tant espéré ! Mais elle n'avait pas de sentiments pour lui... Il se contenterait de ce qu'elle voudrait bien lui donner... Elle avait été claire. Mais il ne pouvait s’empêcher d’espérer que ses sentiments à son égard changent... Elle était si belle... Si vive... Il n'aurait supporté de la voir malheureuse.
Oscar monta voir son père. Régénérée par la lettre d'André, elle avait maintenant l'espoir se son soutient, et elle voyait les choses moins en noir. Elle allait le surprendre. Mais savoir qu'elle contrôlait encore ses choix lui faisaient du bien. Peut être la forçait-on à se marier, mais elle avait au moins choisit quelqu'un qui ne lui imposerait rien. Cela était vital.
Elle frappa dans le bureau, et entra. Son père était assis.
-Ma fille, asseyez vous. Je viens de recevoir une énième demande pour votre main. C'est le comte de..
-Girodelle, je sais. Termina Oscar.
Son père la regarda surpris. Comment savait-elle ?
-Il m'avait déjà fait une demande père. J'accepte.
-Comment ??? demanda le Général abasourdi par l'accord de sa fille. Vous acceptez Oscar ?
-Oui. Qui me connaît comme lui ? Il m'a promis de me laisser libre.
-Avez vous des sentiments pour cet homme ?
-...........................
Oscar regarda son père avec des yeux flamboyants. Il osait lui demandait si elle l'aimait... Non, son cœur n'appartenait qu'a une seule personne. Elle avait donné tout à André, même sa virginité. Et depuis quand lui demandait-on son avis ?
-Vous ne répondez pas ?
-Père, on me demande de me marier, pas d'aimer. Vous me proposez un époux, je l'accepte. Que vous faut-il de plus ?
-Rien mon enfant. Si vous êtes sure...
-Je le suis...
-Bien, maintenant parlons de la cérémonie... Vous allez être comblée... Nous allons faire les choses en grand....
Oscar regarda son père effrayée... Des choses en grand ?! Mais il n'allait pas bien du tout... Elle ne voulait pas d'une grande cérémonie... Elle décida de détruire les rêves de son père, avant qu'il ne s'emballe.
-Père... Je ne veux pas d'un grand mariage, s'il vous plaît. Je veux quelque chose de simple....
-Mais Oscar, il faut... Les courtisans se moqueront de vous si vous n'avez pas un mariage digne de ce nom...
-Père, dit Oscar en tentant de ne pas s'emporter, vous dites vouloir mon bonheur... Alors pourquoi chaque fois que je dis quelque chose, suis-je contredite ? Je veux me marier simplement... Si vous ne m'accordez pas ce que je veux, je renoncerais à ce mariage...
Son père la regardait, interdit. Voilà qu'elle se mettait à faire des caprices !!!
-Bien, alors que voulez vous ? Demanda le Général, apparemment fatigué de l'ardeur de sa fille.
-Bien, je veux un mariage simple. Limitez la liste des invités à la famille proche, et les amis les plus fidèles. Je ne veux autour de moi pour ce jour, hum, important, que ceux qui seront heureux pour moi, et non ceux qui voudront voir le mariage du colonel et de son lieutenant. Ce mariage fera jaser les courtisans, ainsi, je ne veux pas leur donner une seule miette. Oubliez la traditionnelle église, je vaux me marier à Jarjayes...De plus, je veux que cela soit vite fait. Je veux me marier, d'ici, hum.... deux semaines. Je n'ai pas été élevée dans la tradition... Alors continuons sur ce chemin là...
-Deux semaines !!! Oscar vous n'y pensez pas...
-Si père, deux semaines.
Oscar s'amusait de voir son père être autant chamboulé. Jamais elle n'aurait cru qu'il puisse se faire autant de soucis pour ses noces.
Son père se renfrogna. Ce n'était pas un caprice... Elle refusait de se plier aux traditions... Bien, il allait la satisfaire...
-Mon enfant, vous avez raison... Je vais de ce pas donner les premiers ordres pour votre mariage, dit il en se levant. Vous aurez la cérémonie que vous voulez, vous vous marierez dans deux semaines, comme vous le voulez. De plus, plus vite vous serez mariée, plus vite vous nous donnerez un héritier...
Sur ces mots, il quitta la pièce, laissant Oscar abasourdie. Un héritier !!! Lui aussi s'y mettait. Bon sang, elle n'allait jamais être tranquille... Elle n'avait jamais rien demandé... Elle venait de se faire prendre à son propre jeu. Elle ne pensait pas que son père céderait à ses suppliques. Il l'avait éduqué sévèrement, ne laissant rien passer, et maintenant, l'écoutait... Était-ce pour ce faire pardonner ? Fatiguée moralement, elle pris le chemin de sa chambre. Elle s'assit, défit la lame de son plancher, et attrapa la lettre qu'elle avait reçu le matin même. Elle la relue, jusqu'à connaître par cœur son contenu...
Chapitre 24
C'était un André heureux, qui lisait la lettre reçue cet après midi. Il passa un doigt sur l'écriture fine, penchée... Elle l'aimait, et voulait ses lettres... Que le malheur qui la rongeait, à l'idée de ne plus le voir serait estompé par cette correspondance. Il poussa un soupir de soulagement. Ils s'aimeraient dans l'écriture... Il lu avec attention le reste de la lettre. Elle allait épouser Girodelle, en simple ami. Cette partie ne lui plaisait pas vraiment... Lui aussi était marié, mais ce n'était pas tant le mariage, c'était plutôt le marié... Que savait-il de Girodelle ? Rien, un homme discret, peu être un peu trop. Elle lui disait qu'il la laisserait libre. Finalement, peut être que Girodelle était le bon pour Oscar ? Il la connaissait... Il était à la fois content et jaloux... Elle resterait cette femme incroyable, mais serait avec lui... Il se releva et mit la lettre au fond de sa poche. L'heure était venue de rentrer.
Sur le chemin, il pensa à un endroit ou cacher ses lettres. Il voulait les conserver, mais il ne fallait pas que Diane tombe dessus... Elle serait dévastée d'apprendre qu'une autre femme habitait son cœur... Il chercherait un endroit sur, lorsqu'elle ne serait pas là...
En rentrant, il la trouva attablée, l'air triste. Il fronça les sourcils, cela ne lui ressemblait pas...
-Diane qu'as tu ?
-Oh André... Je me fait du soucis... Tout augmente en ce moment... J'ai bien peur que ta solde ne suffise pas à nous faire tenir...
-C'est donc ça...
André s’assit à côté d'elle. Il était vrai que tout avait augmenté. Le prix du pain, de la viande, des légumes. Le loyer avait augmenté aussi. André cherchait une solution au problème... Mais il n'en trouvait pas... Il aurait pu prendre un travail en plus, mais quand ? Celui qu'il avait déjà lui prenait beaucoup de temps...
-André, je vais me placer... Je vais trouver un travail comme domestique.
-Diane, non. Nous en avons déjà parlé... Je ne veux pas que tu travailles....
-Mais André, nous n'avons pas le choix ! Et puis...cela m'occupera... Je t'attends tout les jours, quand le ménage et les courses sont faites, je m'ennuie...
-Mais, tes plantes ? Ta passion ? Tu n'auras plus de temps pour cela...
-Mais si, ne t’inquiète pas... Je trouverais toujours du temps pour ce que j'aime, dit elle en l'embrassant.
-Bien...
Des le lendemain, elle partit à la recherche d'un emploi . André en profita pour répondre à Oscar, et chercher une cachette idéale, pour ses précieuses missives. Il se sentait malgré tout coupable. Ce n'était que du papier, mais ces lignes trahissaient ses véritables sentiments... Après une heure de recherches minutieuses, il trouva la cachette idéale. Il avait constaté un défaut dans l'armoire, elle semblait avoir un double fond. Une heure à bricoler, il pu enfin retirer une planche. Il y avait effectivement un double fond, peu profond, suffisant pour cacher les lettres. Il y déposa la toute première, et replaça la lame de bois. Diane ne découvrirait rien...Content de sa trouvaille, mais également gêné de devoir recourir à ce genre de choses, il se leva, vérifia une dernière fois, et se prépara pour sortir... Il quitta l’appartement, il avait promis de rendre visite à son beau frère, qui voulait lui présenter sa nouvelle conquête...
-JE NE VEUX PAS DE CE TISSU GRAND MÈRE !!!! tonna Oscar pour la énième fois.
Une semaine, c'est ce qu'il restait avant le mariage. Grand-mère tentait de faire choisir à Oscar le tissu de sa robe de mariée. Elle avait choisit les tissus les plus affreux aux yeux d'Oscar. Elle avait beau crier qu'elle voulait une robe simple, grand-mère n'en faisait qu'a sa tête.
Elle avait passé une semaine épouvantable. Elle avait voulu un mariage rapide, elle était servie. Sans cesse sollicitée pour donner son avis pour des choses qu'elle méprisait, elle n'avait même pas eu le temps de faire une promenade à cheval... De plus, Victor venait souvent la voir. Elle n'était pas contre ses visites, mais, vu qu'il étaient sur le point de se marier dans une semaine, elle n'en voyait pas l'utilité. Il lui avait dit de faire ce que bon lui semblait pour le mariage, lui importait seul son bonheur. Elle était touchée par toutes ces marques d'affections, mais ne pouvait y répondre. Elle se sentait aussi coupable... Il l'aimait, elle non, ce qui rendait les choses étranges... Il lui avait assuré que son amitié lui suffirait, mais serait-il heureux ? Elle ne voulait pas le rendre malheureux... C'était un ami après tout... Il y avait longtemps qu'ils se connaissaient...
Tirée de sa rêverie par grand-mère, qui lui présentait un autre tissu, elle souffla, et regarda attentivement les rouleaux qui s'étalaient devant elle. Elle finit par choisir de la soie blanche. Grand-mère commença à prendre tout de suite les mesures d'Oscar, une semaine pour faire la robe de mariée de sa petite, ce n'était pas de trop.
Après cette séance de torture, Oscar voulu retrouver la quiétude de sa chambre. Elle s'approcha de son secrétaire, et tira une lettre d'un livre laissé là. Une lettre d'André. Elle la décacheta, et commença à lire. A la fin de sa lecture, elle versa quelques larmes. Elle les essuya tout de suite. Décidément, elle pleurait beaucoup trop ces temps-ci. Elle pressa la missive sur son cœur. Les lire lui redonnait, comme un souffle de vie. Elle se laissait bercer par ces phrases, douces, tendre, et sensuelles. Elle ne rêvait que d'une chose, qu'il soit là, près d'elle. Mais elle savait bien que c'était impossible. Elle rangea la lettre au milieu des autres.
Trois jours avant son mariage, Oscar fit un malaise. Son père mettait cela sur le compte de la fatigue et de la pression du mariage, mais il insista cependant qu'elle voit le docteur Lassonne. Elle refusa tout net, presque lassée de cette tendresse que son père lui vouait... Depuis qu'elle avait été trahie, son père ne voyait plus l'homme qu'il avait élevé, mais une femme, douillette et fragile, ce qu'Oscar n'était pas bien évidemment.
-Père, je vous en prie ce n'est rien... C'est juste de la fatigue. Avouez que cette maison est devenue une maison de fous ! Dit elle en se massant les tempes
Le Général ne fit aucun commentaire, car elle avait en effet raison. Le mariage se passerait à Jarjayes. Les sœurs d'Oscar étaient arrivées avec maris, enfants, domestiques et assiégeaient tous la maison, rendant les habitants habituels légèrement stressés par ce remue ménage. Oscar était de plus en plus nerveuse . L'espoir de continuer sa libre vie et ses occupations d'homme, elle avait repris du poil de la bête, la tristesse était partie, mais le mariage l’inquiétait quand même... Cependant, la présence de tout ce monde l’empêchait de réfléchir continuellement... Oscar reconnu que ses sœurs avaient fait du bon travail. En tout, une vingtaine d'enfants, de 4 à 20 ans .
La demeure, habituellement calme, et tranquille, s'était transformée en champs de bataille, disputes, et jeux en tout genre. Mais une seule personne haute comme trois pommes avait le don d'échauffer Oscar en deux secondes top chronos...
-LOULOU !!! hurla t-elle lorsqu'elle vit sa nièce essayer de rentrer dans sa chambre.
-Ma chère tante... Je veux voir votre chambre... s'il vous plaaaaiiiiiit !!!!
-IL N EN EST PAS QUESTION !!! HORTENSE !!! VIENS CHERCHER TA FILLE !!!
-Voila, voilà, je suis là Oscar dit Hortense en prenant le bras de sa fille, Loulou, va jouer dehors...NON CA SUFFIT LOULOU, ON OBEIT AUX ADULTES !!! Viens Oscar nous allons prendre le thé...
-Oui... Mais avant.... Ah !!!
Oscar venait de butter sur une épée en bois qui traînait par là.
-Mathieu ! Heu Jean ! Heu Léon !!! heu Paul !!! arhhh toi là bas !!! Cria Oscar en pointant un de ses neveux du doigt, viens ramasser cette épée !!!
-C'est Jacques, ma chère sœur... dit Camille, la plus jeune des sœurs avant Oscar, en attrapant le bras de celle ci.
-Peut importe le nom de ce chenapan... Ne peuvent-ils pas ranger leurs jouets ??? J'ai failli me rompre le cou...Mais pourquoi avez vous fait tant d'enfants avec tant de noms différents ???
-C'est pour les différencier, ma chère sœur !!!
-Vous auriez du vous contenter d'un seul !!! Camille !!! Tu en a eu six !!! J’espère que tu vas t’arrêter là, sinon les réunions de familles seront intenables !!!
Elle l'amena dans le salon ou étaient toutes ses autres sœurs, qui buvaient le thé.
-Et bien Oscar, je pense que lorsque tu auras des enfants, tu seras plus clémente, du moins je l'espère !!! dit Marie
-Hum hum...
-Ton futur mari à l'air charmant ! S'exclama Hortense
- …...............................................( prends le si tu veux!!!)
-Oh oui !!! Il t'aime, cela crève les yeux...
Oscar écoutait ses sœurs parler avec enthousiasme de son futur mari. Elle aurait bien aimé le partager, mais cela était encore un peu tôt... Elle regarda attentivement chacune de ses sœurs. Elles avaient été mariées avec des hommes qu'elles n'aimaient pas. Il y avait de la tendresse, lorsqu'elles parlaient de leur mari, mais pas d'amour. Pourtant, elles n'avaient pas l'air malheureuses... Était-ce un masque, qu'elles affichaient ? Ou étaient-elles sincères ? Serait-elle comme elles, dans peu de temps ? Parlerait-elle de Victor, en souriant ? Elle en doutait sérieusement, on ne lui avait pas appris à minauder en susurrant des mensonges cachée derrière un éventail, comme une courtisane digne de ce nom...
Même si celui ci lui avait promis un mariage d'amitié, il n'en restait pas moins qu'il était amoureux d'elle. Essayerait-il par tout les moyens de la rendre amoureuse ? Lorsqu'il venait, il se montrait poli, courtois, même tendre...Ce qui la rendait mal à l'aise, elle devait le reconnaître. Que se passerait-il dans l'intimité ?
Elle ne préféra pas y penser. Elle avait prévenu Girodelle que le mariage ne serait peut être jamais consommé. C'était comme cela et pas autrement...
Chapitre 25
Deux semaine, jours pour jours après que Girodelle eut officiellement demandé la main d'Oscar, vint l'heure de la noce.
Oscar était seule dans sa chambre Sa mère venait de la quitter, ainsi que ses soeurs, pour aller s'installer dans le jardin. Elle se regardait dans un miroir. La robe blanche, le bouquet, le voile, elle était la parfaite petite mariée. Elle ne pouvait détacher ses yeux de ce qu'elle voyait. Cette personne, n'était pas Oscar François de Jarjayes. Cette constatation lui fit monter les larmes aux yeux. Qu'aurait dit André, en la voyant dans cette tenue ? Elle était certaine qu'il l'aurait préférée en uniforme...
Elle plaqua une main sur sa bouche, pour étouffer les bruits de ses sanglots. Elle n'arrivait même plus à respirer. Dans une heure, elle serait Oscar François de Girodelle... Elle s'effondra, forcée de reconnaître qu'elle allait bel et bien se marier. Elle n'avait pas encore saisit le sérieux de la situation... Les préparatifs lui avaient semblé être un jeux, la robe de mariée aussi... Mais là elle savait que ce n'en était plus un. Elle se releva tant bien que mal et tenta de se calmer en buvant un peu d'eau. Il ne lui tardait qu'une chose, que cela se finisse...
On frappa à sa porte. Il était l'heure. Elle se dirigea d'un pas digne, vers la porte qu'elle devait franchir. Elle jeta malgré elle un coup d’œil vers la porte opposée, celle qui donnait sur le balcon... Non, il lui avait promis, elle serait libre. Elle pris une grande inspiration, et ouvrit la porte. Elle descendit les escalier.
Son père l'attendait en bas. Il était ému de voir sa fille dans cette tenue. Elle était si belle sa fille. Il en était tellement fier... son fils, sa fille, peut importe, son enfant... Il était admiratif devant elle...
Elle lui pris le bras, et son esprit s'en fuit dans le brouillard... Comme une automate, elle remontait l'allée... Trois de ses nièces jetaient des pétales de roses sur son chemin...
Son père la déposa devant l'autel, la regarda, et la laissa à côté de son nouveau protecteur. Oscar monta fébrilement les marches du petit kiosque, et fixa le prêtre. Son esprit était vide. Il faisait une de ces chaleurs sous ce voile ! Lorsque le prêtre lui posa la question cruciale, elle répondit oui. Jusqu'au dernier moment, elle avait été tenté de dire non...
Dans ce brouillard de plus en plus opaque, elle passa l'anneau à la main de son mari. Ce geste lui paru presque déplacé. Elle avait l'impression de trahir André. Depuis qu'elle avait passé la nuit avec lui elle se considérait comme sa femme. Mais lui aussi, était marié... Ce n'était pas grave, tant qu'il l'aimait, elle saurait tout surmonter. Tout.
Lorsqu'il souleva le voile, elle le regarda. Il était là devant elle, et elle, n'avait qu'une envie, pleurer, encore une fois. Il déposa un baiser sur sa joue et lui sourit. Elle se força à sourire, de même. On y était, elle était mariée...
Le reste de la journée se passa sans encombres. Elle dansa avec son mari, remercia les personnes présentes, joua la comédie d'une jeune fille heureuse. Son père était heureux de voir sa fille sourire, et semblait apprécier son nouveau gendre. Les beaux parents furent aimables, le charme de leur nouvelle belle fille les avait conquit.
Vers la fin de la soirée, Oscar se retira dans la demeure quelques minutes, pour retrouver ses esprits. Il lui semblait que c'était quelqu'un d'autre, qui contrôlait son corps, sa voix... Elle se voyait agir, mais ne pouvait intervenir, comme une automate, qui été réglée à l'avance, et qui n'avait aucun contrôle sur ses propres gestes... Elle monta dans sa chambre se rafraîchir. Elle fut attirée par une lettre déposée sur son lit. Décontenancée, elle l'ouvrit. Et re-pleura. André lui disait qu'il l'avait trouvé magnifique... Juste une phrase, pas de signature au cas ou quelqu'un découvrirait cette lettre...
André repris le chemin de Paris le cœur lourd. Il l'avait vue... André ignorait qu'elle avait fait la même chose le jours de son mariage. Il s'était tenu loin, personne ne l'avait remarqué. Une déesse, voilà ce que Girodelle avait épousé. André espérait qu'il saurait en prendre soin...
Le soir, une calèche vint chercher les nouveaux époux. Oscar monta fébrilement. Elle redoutait cette nuit... Qu'allait-il chercher à faire ??? Il valait mieux pour ses attributs masculins qu'il se tienne tranquille. S'il voulait un héritier, il en aurait besoin. Lorsqu'ils furent partis, il lui prit la main.
-Comment vous sentez vous Oscar ?
-Bien Victor, mais fatiguée, cette journée a été bien longue...
-Je sais. Vous pourrez vous reposer lorsque nous serons arrivés. J’espère que vous apprécierez vos appartements. Ils ont été redécorés, j’espère que cela vous plaira...
-Merci Victor, je vous en faites pas, je ne suis pas difficile...
Arrivé devant l'imposante bâtisse, Oscar considéra sa nouvelle maison. Il lui ferait bizarre d'habiter ici, en plein Paris. Jarjayes, situé dans la campagne, était un havre de paix... Victor l'aida à descendre, et une fois arrivé au pas de la porte, il la souleva, et passa le pas de sa demeure son épouse dans les bras. Il la déposa, et esquissa un sourire.
-Que voulez vous, je suis un peu superstitieux... Mais venez, dit il en offrant son bras.
Oscar, à contrecœur, mais sans le montrer, posa la main sur lui. Il la conduisit à l'étage, et ouvrit une porte.
-Vos appartements, dit il en la faisant entrer.
Elle regarda attentivement sa nouvelle chambre. Elle était spacieuse, et décorée avec goût. Deux salles étaient attenantes, l'une d'eau, l'autre était un boudoir, qui pouvait faire office de bureau, de bibliothèque, ou de salon privé.
-Merci Victor, cela me convient très bien, dit elle en regardant par la fenêtre.
-Bien, je vais donc me retirer, et vous souhaiter une bonne nuit.
Il s'approcha, et lui déposa un baiser sur la joue. Il avait très bien compris que la nuit de noce était d'ores et déjà annulée... Ne lui avait elle pas dit que le mariage ne serait peu être jamais consommé ? Elle sourit, satisfaite du comportement de son mari. Il se retira de la chambre, la laissant seule. Elle sonna une domestique. Une jeune fille entra et inclina la tête.
-Bonsoir madame...
-Bonsoir, pouvez vous m'aider pour la robe s'il vous plaît ? Demanda Oscar
-Bien sur Madame.
Elle dénoua la robe, qui tomba sur le sol dans un bruissement. Elle s'attaqua au corsage, et Oscar pu enfin respirer à son aise. Elle la congédia, en lui disant que cela suffisait. Oscar fouilla dans une commode. Il y avait quelques vêtements, elle pris une chemise de nuit, qu'elle enfila, et se coucha. Elle resta longtemps éveillée. Le sommeil ne venait pas alors qu'elle se sentait épuisée... Elle regarda l'anneau d'or... Elle était mariée...Mariée.... Ce mot si banal, la dégoûtait presque... Ce mot était sensé représenter de la joie, du bonheur, mais chaque fois qu'il avait été utilisé, elle avait pleuré. Elle repensa à la lettre d'André... Son cher André... Il l'avait trouvée belle.... Magnifique...
-Merci André...Il n'y a que toi....que toi, murmura t-elle en s'endormant au petit matin.
Chapitre 28
Ce fut un rayon de soleil qui illumina le regard de Victor lorsqu’il apprit l’heureuse nouvelle.
-Oscar, dit il en se précipitant sur elle, Oscar, je suis si heureux... Vous ne savez à quel point... Je vous chéris, vous, et notre enfant...
Lorsqu'elle entendit cela, Oscar reçu comme un coup de poing dans le ventre. Non, se dit elle, notre enfant, à André et à moi... Elle regarda le visage de son époux. Il semblait aux anges. Chaque trait de son visage était illuminé par une totale félicité.
Elle tenta de se contrôler. Cet enfant, elle l'avait pourtant décidé depuis le début, était celui de Victor. Mais elle était vraiment effondrée de ne pouvoir partager ce secret avec André... Il fallait qu'elle tienne, dans l’intérêt de tout le monde. Dans un immense effort, elle pris la main de son mari assis à côté d'elle, et la posa sur son ventre. Son visage s'éclaira un peu plus. De son autre main, il l'attira vers lui, et l'embrassa. Il était heureux, cela se voyait.
Oscar se dit alors que cela était un juste retour de chose... voilà un mois qu'elle était mariée, et pas une fois, il ne lui avait reproché ses tenues, ou quoi que ce soit... Il l'avait promis de la laisser libre, il tenait parole, sans sourciller...
Elle se défit doucement de son étreinte, et invita le docteur Lassonne a parler.
-Bien Oscar, je viendrais faire une visite tout les mois pour contrôler. N'oubliez pas de vous ménager, c'est important. Si vous avez des questions, ou un quelconque problème, faite moi appeler, ou passez me voir, c'est entendu ? Bien, je vous revois donc dans un mois. Bonne journée.
Le docteur pris congé en laissant Oscar et Victor seul. Celui ci ne pouvait détacher ses yeux du ventre de sa femme.
-Pensez vous que ce sera un garçon ? Demanda t-il sans lever les yeux.
Oscar soupira. Qu'en savait-elle ? Et si c'était une fille, l'élèverait-il en garçon lui aussi ???
-Je n'en sais rien Victor, mais sans vouloir mettre un terme à vos rêves, je dois vous rappeler que ma mère n'a pas eu de garçons... Mais mes sœurs oui !!! dit elle en croisant son regard affolé.
-De toute façon, si c'est une fille, cela ne posera pas de problèmes. Nous auront un garçon plus tard ! Ajouta-il en souriant.
Oscar se renfrogna. Elle n'était pas une machine à enfants !!! Elle en aurait d'autres si elle le désirait...
Pendant que la grossesse d'Oscar était annoncée à toute la famille, André qui rentrait chez lui, saisit au vol un enfant qui passait par là...
-Et bien Maxime ? Tu fuis ta mère peut être ?
L'enfant ria, et dit que non . Mais une jeune femme sortit, et se précipita vers lui.
-Maxime ! N’embête pas monsieur Grandier !!! s'exclama t-elle
-Il ne m'importune pas... Soyez sans crainte, mais appelez moi André, nous sommes voisin après tout...
-Bien André, et moi je suis Rosalie... Mais je crois que vous avez déjà rencontré mon mari ? L'autre jour, pendant que nous emménagions...
-Oui, nous avons discuté quelques instants...
-Bien, merci d'avoir attrapé mon chenapan... Allez Maxime, c'est l'heure du bain... Et a bientôt ! Dit Rosalie.
-A bientôt !
Il regarda un instant en riant sa voisine traîner par le bras son petit garçon qui criait haut et fort ne pas vouloir de bain. Il rentra ensuite chez lui, Diane lui sauta dans les bras, à peine eut-il franchit la porte. Elle avait enfin trouvé une place de domestique, après de longues recherches, chez une vieille dame, veuve.
-En fait, c'est plus un poste de dame de compagnie que domestique. Son fils a été ferme sur ce point là, je dois être très attentive à cette dame, et exaucer le moindre de ces souhaits.
-Et bien, je vois que cela te rend heureuse...
-Je suis sure d’être une bonne dame de compagnie. Cette femme en a besoin... De plus son fils est très généreux.
-L'as-tu vu ? Cette vieille dame...
-Non, mais son fils m'a dit qu'elle était un peu brusque parfois. Elle ne supporte pas d’être assistée. La peur de vieillir, sans doute... Je vais essayer de gagner sa confiance, dit-elle d'un air joyeux.
-Ce travail est peu être fait pour toi en somme. Tu aimes rendre service aux gens... Tu es attentive.
-Oui, c'est vrai... De plus, la maison de cette dame n'est pas très loin... Je gagnerait du temps pour mes autres taches.
-Quel est son nom déjà ?
-C'est la comtesse de Gerdcalloi. Ils viennent du sud de la France. Le Comte désire se marier, et désire se rapprocher de la cour.
-Je comprends. Je me disait que ce nom ne me disait rien... Ils viennent donc d'arriver...
-Oh ! C'est vrai que tu as connu la cour lorsque tu étais encore chez ton maître...dit elle les yeux brillant de curiosité.
André se renfrogna. Elle aimait lui poser des questions sur la cour, et les gens qui habitaient Versailles. De sa condition de roturière, la noblesse la faisait rêver, comme toute les jeunes filles... André n'avait pas envie d'en parler, cela lui faisait penser à Oscar... Il lui rappela qu'Alain venait dîner pour lui présenter sa nouvelle compagne. Elle sursauta, l'heure du dîner n'était pas loin.
-Mais tu l'as déjà vue toi non ? Demanda t-elle tout en préparant le repas.
-Oui, et Alain à l'air d'y tenir... Je dirais même qu'il a l'air amoureux... C'est drôle d’ailleurs, de le voir si attentif aux désir d'une demoiselle... Et les rares fois ou je l'ai vue, j'ai compris que c'était une femme, de caractère.
-Oh, mon très cher frère les aime comme cela ! C'est une brute au cœur tendre...
-Oui tu as raison...
Une heure plus tard, Alain arriva avec Laure, une ravissante jeune fille de 22 ans. Les hôtes firent donc plus amples connaissance avec l'élue du cœur d'Alain, qui semblait très attentif à ce que sa chère Diane pensait de cette dernière. Avec soulagement, il vit que sa sœur, était enchantée par sa peut être prochaine belle sœur...
-Faites attention, Rosalie, s'il vous plaît en serrant le corset... Le docteur m'a autorisé à en porter mais peu serrés. Ah, si je pouvais m'en passer...
-Madame trouve t-elle assez serré ? Demanda la timide domestique.
-Oui, c'est assez...
Cela faisait maintenant trois mois qu'Oscar était enceinte. Deux mois, pour la version officielle. Le docteur lui avait donné son accord pour le corset. Oscar avait peu à peu pris des formes, mais très légèrement. Les haches s'étaient arrondies, ainsi que le ventre. Ce soir, Victor avait réuni ses parents, ainsi que ses beaux parents pour dîner. Oscar faisait donc l'effort de passer une robe, sachant que sa belle mère, bien que charmante à son égard, était plutôt du côté des épouses modèles, que des épouses hors-normes... Oscar ne voulait pas la froisser. Elle savait que son mari tenait à sa mère, et elle ne voulait pas qu'il s'attire des critiques à cause d'elle.
-Madame veut elle la robe de velours rouge, ou celle de soie turquoise ? Demanda Rosalie en présentant les deux robes.
-Et bien... commença Oscar en considérant les deux robes.
Elle n'y entendait rien... rien, rien, rien aux toilettes de femmes. La dernière robe qu'elle avait passé remontait à un deux semaines, lorsqu’elle avait accompagné son mari à un bal d'une grande importance à Versailles. Ce jours là, elle n'avait pu choisir... Elle en avait laissé le soin à sa domestique... Sa présence avait été remarquée à la cour, et tout le monde lui avait complimenté sa toilette, même la Reine .
-Et bien je ne sais pas, vous me connaissez à force Rosalie, n'est ce pas ? Donc, c'est vous qui allez choisir, encore une fois... dit elle en souriant.
Rosalie rougit en sachant ce que Oscar voulait dire. C'était une sorte de compliment, que de lui laisser opter pour la robe.
-Dans ce cas prenez la bleue... Elle fera ressortir vos yeux... dit elle en devenant cramoisie.
Oscar ria, et passa la robe. Sans savoir pourquoi, cette jeune fille la faisait rire. Très effacée, Oscar avait du la pousser à parler. Elle s'ennuyait lorsqu'elle n'allait pas à Jarjayes, et ne voulais pas aller à la cour. Enfermée entre quatre murs en partie à cause de sa grossesse, elle avait trouvée en cette jeune fille, quelqu'un avec qui converser. Déjà mère, elle lui avait demandé des conseils, sur les enfants, sur la grossesse... Parfois, c'était Rosalie qui s'était permise de poser des questions sur sa vie de colonel à la cours. Elle était tellement impressionnée par cette femme, qui portait des vêtement d'hommes... Qui semblait faire tout ce qui lui plaisait...
-Bien, je me range donc à votre goût, sans doute plus sur que le mien... dit Oscar en enfilant la robe.
Par timidité et par gène d’être complimentée, Rosalie chassa de sa main une de ses mèches blonde qui s'était échappée de son bonnet. Elle finit par lacer la robe, et s'occupa de la coiffure de sa maîtresse.
-Vous avez de si beaux cheveux...dit elle en passant un peigne dans la chevelure d'Oscar.
-Mais vous aussi vous avez l'air, d'avoir de beaux cheveux, mais vous vous obstinez à les cacher sous ce bonnet. Montrez les moi ! Dit soudainement Oscar
-Oh non ! Madame, c'est la tenue réglementaire... dit Rosalie en rougissant.
-Je vous taquine... Mais un jour, je réussirais à voir cette chevelure dans son intégralité... dit Oscar en souriant.
La domestique sourit, et continua la coiffure. Quelqu'un toqua.
-Entrez ! Dit Oscar
-Ma chère, êtes vous prête ? Demanda Victor.
-Oui, nous en avons bientôt fini.
-Bien, je vous attends dans le salon, nos parents respectifs ne vont bientôt tarder.
-Très bien, à tout de suite Victor...
La domestique finit sa coiffure, et Oscar descendit. Victor vint à sa rencontre, et lui fit un baisemain.
-Vous etes radieuse Oscar.
-Merci Victor, dit Oscar en souriant.
Depuis que le médecin avait annoncé sa grossesse, elle se sentait plus sereine. Les petites attentions de son mari lui faisait plaisir. Elle avait besoin de son soutient. Le voir aussi heureux, effaçait la culpabilité qui la tenaillait à longueur de journée. Elle était sure qu'il ferait un bon père. Avec tristesse, elle songea à André... Lui aussi aurait fait un bon père...
Les parents et beaux parents arrivèrent enfin. Oscar ne cessa de recevoir d'éloge sur sa beauté. Sa mère lui avait porté un ouvrage de tapisserie.
-Ma fille, vos journées doivent etre bien longues... Peut etre cela vous plairait-il de broder ?
-Mère je vous remercie, mais...vous savez que je n'y entends rien à ce genre de chose...
-Mais vous apprendrez ma chère, dit Victor en souriant. Vous pourrez broder le linge de notre futur héritier...
Oscar resta plus que perplexe. Broder, elle ? Non, il ne fallait pas exagérer...
-Certes, répondit-elle, mais j'avoue qu'il me tarde de reprendre certaines de mes activités... Il y à un temps fou que je n'ai pas galopé...
-Dès que cet enfant sera né, nous en ferons une ensemble, dit il en souriant.
-Ma fille, avez vous songé au prénom de votre fils ? Demanda le Général.
-Père, peut etre est-il encore tôt pour cela...
-Du tout ! Un prénom est important...
-Mais père, avez vous envisagé la possibilité que cela soit une fille ?
-Mon enfant... Il faut que cela soit un garçon... Comment continuer la tradition sinon ? Dit il en riant.
Oscar ne répondit rien et détourna les yeux. La tradition ? Et bien elle ferait comme lui. Elle transformerait sa fille en homme, et au bout d'un certain temps, lui ordonnerait de redevenir femme, et la forcerait à se marier. Voilà. La tradition.
Le Général s'aperçut que sa fille avait changé d'humeur. Il ria de la voir ainsi.
-Oscar, déridez vous voyons... Mais pour en revenir au sujets des prénoms... Pourquoi pas le prénom d'un de ses grand-pères ? Dit il en regardant le père du Victor qui acquiesça, ravi de cette idée.
-Oui, cela serait une bonne idée, en effet, ajouta Victor.
-Il lui faut un nom correct, il fera carrière dans les armes cet enfant. Il ne peut en etre autrement... dit le Général.
-Cet enfant fera ce qu'il voudra.
Oscar avait parlé, d'une voix nette et claire. Elle ne supporterait pas qu'on prenne les décisions à sa place. Elle comptait bien élever cet enfant elle même, avec l'aide de Victor, mais elle ne tenait pas à ce que son père, et son beau père, viennent s'en mêler. Cet enfant n'était pas encore né, qu'il subissait déjà la pression des deux grand-peres.
-Oscar ! Il doit prendre le même chemin que vous... Et que son père. Nous protégeons les rois depuis des générations, il n'est pas question que cela change...
Oscar sentit l'énervement monter en elle, aussi, tenta -elle de se contrôler.
-Mais père...
-Il n'y a pas de mais, Oscar. Cet enfant fera carrière dans les armes, un point c'est tout. De plus, je suis sure que votre mari partage mon opinion.
-Bien sur...
Oscar regarda son mari furieuse. Il lui jeta un coup d’œil, et bougea nerveusement sur son siège. Oscar n'y croyait pas, le seul par qui elle pensait être soutenue, l'avait lâchement abandonnée... Elle était sur le point de se lever de table quand sa mère changea de sujet.
-Oscar ! Savez vous que monsieur de Fersen est revenu en France ? Il m'a demandé de vos nouvelles l'autre jours... Et a été ravi de votre nouvelle situation...
Oscar était sur le point de pleurer de rage. Voilà que sa propre mère se mettait à parler de Fersen... Ainsi donc il était revenu... Son éloignement n'avait pas tenu bien longtemps... Un peu plus d'un an... Oscar pris une profonde respiration avant de répondre.
-Et bien, en voilà une nouvelle... Je... excusez moi, je me retire un instant...
Oscar se leva péniblement de table, mais sentit ses jambes trop faibles pour la soutenir. Victor réagit sur le champ, et passa un bras dans son dos pour la soutenir. Si elle n'avait pas eu la tête qui tournait autant, elle aurait chassé le bras de son traître de mari.
-Oscar, vous étés bien pale, je vous raccompagne dans votre chambre.
-Oui, je me sens lasse tout à coup...
-Cela doit être votre état, chère belle fille, dit la belle mère .
-Je suis désolée, veuillez m'excuser, mais je passerait le reste de la soirée dans mes appartements....
-Faites ma fille, prenez soin de vous et de votre enfant, dit le Général
Victor aida Oscar à regagner sa chambre.
-Oscar, qu'avez vous ? Vous avez l'air contrariée...
-Nous en discuterons demain, Victor. Dit elle d'une voix éteinte.
-Mais...
-Demain, Victor, s'il vous plaît...
Elle n'avait pas la force de lui crier dessus. Comprenant qu'elle ne lâcherait rien, il l'embrassa, et la laissa seule.
Oscar sonna la domestique. Rosalie entra, et lui demanda ce qu'elle voulait.
-Préparez moi un bain chaud, s'il vous plait... demanda Oscar.
-Bien madame...
-Rosalie attendez ! Vous avez un problème ?
-Non, madame !
-Mais si je le vois bien... Oh ! J'ai compris... Envoyez moi quelqu'un d'autre pour préparer mon bain. Je sais que vous brûlez de retrouver vos enfants... dit elle en souriant.
-Je vous remercie Madame, mais je vais vous préparer votre bain. Mon mari s'en occupe... Cela ne va pas me prendre longtemps, je vous assure.
-Bien, faites comme bon vous semble, dit Oscar en fermant les yeux.
Après qu'elle fut déshabillée, Oscar se plongea dans un bain chaud. Elle sentit ses muscles se décontracter. Elle se laissa emporter par les vapeurs parfumées... Elle avait détesté cette soirée. Son père lui avait toujours mit une pression pour sa carrière de militaire, et maintenant, c'était pour sa carrière de mère... Il ne changerait donc jamais ?
Et Fersen qui était revenu... Cela l'avait surprise, mais pas plus que cela... Elle se fichait de le revoir. Après son histoire avec André, elle avait comprit ce qu'il avait du endurer, amoureux de deux femmes... Son retour ne la dérangeait pas, elle n'allait pratiquement plus à la cour. ..
Au bout d'un moment elle se leva et se sécha. Elle se mit au lit et ouvrit le tiroir de son chevet, et retira un de ses carnets logé dans le double fond. Elle commença à se défouler de toute les personnes qui l'avaient irrité ce soir. Tout d'abord sa mère, et son stupide ouvrage de tapisserie, sans parler du retour de Fersen. Ensuite son père, qui considérait presque son petit fils comme son propre fils. Et finalement son mari, trop lâche en face du Général pour la soutenir. Ce soir là aucune personne, ne trouva grâce aux yeux d'Oscar.
Chapitre 29
-Vous avez l'air fatiguée Oscar, vous êtes souffrante ? Demanda Victor, le lendemain au petit déjeuner.
-J'attends un enfant, Victor, ce n'est pas de tout repos ! Répondit Oscar d'une voix cassante.
-Je sais ma chérie . Peut être pourrions nous faire quelque chose qui vous ferait plaisir aujourd'hui ?
-Non merci.
-Oscar, je ne veux pas vous froisser, mais vous commencez à devenir désagréable...
-Je ne vois pas pourquoi je serais agréable face à vous !!!
-Mais qu'ai-je fait ?!
-Hier, lorsque mon père vous a demandé votre avis sur l'avenir de notre enfant vous l'avez soutenu !!!
-Mais n'ai-je pas le droit ???
-Non ! Je vous signale que je suis sa mère, et que je le laisserais libre de ses choix. S'il n'a pas envie de faire carrière, il ne le fera pas !!! S'il préfère être peintre, il sera peintre !!! C'est ainsi !
-Peintre ?!
-Oui parfaitement peintre !!!
-Mais Oscar...
-Non ! Je serais intransigeante sur l'avenir de notre enfant !!!
-Oscar...
-Ne vous en déplaise, mais c'est ainsi !!!
-Oscar...
-Merci Victor, mais je sais comment je me nomme !
-Oscar...
-Bonne journée !
Sur ce, elle se leva et regagna sa chambre, furieuse. Elle avait mal dormi par rapport à la soirée d'hier.
Victor resta assis, perdu dans ses pensées. Sa femme venait de le mettre K.O. Mais le problème, c'est qu'il n'avait même pas eu le temps de s'expliquer.
Lentement, il se dirigea vers la chambre de sa femme, et toqua. Aucune réponse. Il rentra doucement, et vit que la porte fenêtre était ouverte. Oscar était assise sur un fauteuil sur le balcon, et essayait de broder. Il la regarda faire un moment, un sourire aux lèvres.
Oscar se concentrait sur cet ouvrage pour ne penser à rien d'autre... Elle était décidément nulle en broderie, et de rage, elle jeta l'ouvrage par terre. En voyant ce qu'elle venait de faire, elle se mit à pleurer. Victor approcha doucement et s'accroupit a coté d'elle.
-Oscar...
-Non ! Je ne veux pas forcer mon enfant à quoi que ce soit !!! dit elle à travers ses sanglots.
-Oscar, je n'ai dit cela hier que pour faire plaisir à votre père... Je ne pensais pas que vous le prendriez mal, je me serais abstenu dans ce cas là... Je me fiche de savoir ce que deviendra cet enfant, encore faut-il qu'il vienne au monde...
Il passa une main sur son ventre. Rassurer son épouse était primordial. Oscar le regarda.
-Vous le pensez vraiment ?
-Bien sur... Oscar voyons...
-Pardon...je m'emporte... Je n'y puis rien, je n'arrive pas à me contrôler... Les nerfs...
-Ne vous en faites pas...
Il se leva et l'attira contre lui. Oscar se reposa un instant sur son épaule.
-Que diriez vous de finir votre déjeuner ? Vous avez besoin de manger...
-Oui, très bien, dit elle en souriant.
Les mois avaient défilés.
Au bout de 5 mois de grossesse, Oscar avait finalement avoué à André son état. Elle avait décalé d'un mois, pour qu'il ne puisse se douter de rien, comme les autres. Il avait serré les dents en apprenant la nouvelle, sa chère Oscar attendait un enfant de son mari... Leur correspondance s'était espacée... Oscar avait compris qu'André souffrait... Dans l'espoir de continuer, Oscar lui avait écrit une lettre d'amour enflammée, en insistant sur le fait qu'elle n'éprouvait aucun sentiment pour son mari, qu'il était toujours, et serait, le seul à habiter son cœur. Cette déclaration avait réchauffé le cœur d'André, et la correspondance avait repris de plus belle.
Il savait très bien qu'Oscar, après avoir été mariée, vivrait une vie d'épouse, ce qui incluait des enfants. Il était terriblement jaloux de Girodelle... Il l'avait donc touchée... Elle elle attendait un enfant de lui... Mais avait-il le droit de lui faire le moindre reproche? Il vivait la même chose avec Diane...
Au bout de neuf mois de grossesse, Oscar, n'en pouvait plus. Cependant, elle ne pouvait le montrer... Elle était devenue irritable, stressée, et mélancolique. Son bébé la fatiguait énormément. C'est enfin qu'arrivèrent les contractions. Le médecin fut appelé, et s'occupa d'Oscar.
Victor arpentait le couloir de long en large. Le médecin avait refusé sa présence dans la chambre. Seule Rosalie était présente. Il fermait les yeux à chaque cris qu'il entendait. Si Oscar criait de cette manière, cela devait être plutôt douloureux... De plus, l'enfant était en avance, ce qui l'inquiétait encore plus...
Il avait envoyé un messager aux parents d'Oscar, qui s'étaient dépêchés de venir. Le Général, attendait patiemment assis sur un fauteuil, la tête soutenue par une main, et fermait les yeux. La mère d'Oscar et grand-mère, dès qu'elles était arrivées, était allées au près d'Oscar.
Ce fut après quelques heures d'une souffrance intense, qu'Oscar donna vie à son premier enfant. Rosalie le prit, lui fit sa première toilette avec l'aide de grand-mère qui était déjà hypnotisée par ce bout de chou, l'enveloppa dans un linge, et le mit dans les bras de sa mère.
Oscar, en recevant cet enfant, ne dit rien. Elle ne pouvait exprimer ce qu'elle ressentait. Elle contempla la petite fille. Sa fille. La fille d'André. Qu'elle était belle ! Oscar ne pouvait détacher les yeux de cet ange qui promettait d’être blond, comme elle. Elle comprit à présent pourquoi sa sœur Camille avait eu six enfants...
Sa mère la regardait, attendrie, et heureuse que sa fille connaisse le bonheur de la maternité. Elle avait longtemps pensé qu'Oscar terminerait sa vie sans jamais avoir connu cette quiétude. Elle lisait dans les yeux de sa fille une sérénité qu'elle n'avait jamais vu. Cela la rassura. Elle avait eu beaucoup d’inquiétudes, au sujet de ce mariage forcé, mais il semblait fonctionner...
Le docteur laissa entrer enfin Victor, ainsi que le Général. Il s'assit doucement sur le lit, et contempla sa fille.
-Oscar, je n'ai jamais reçu de plus beau cadeau...dit-il avec émotion.
-Moi non plus... dit elle sans détacher les yeux de son précieux bébé.
-Oscar, puis-je ? Demanda Victor en tendant les bras.
-Bien sur, tenez...
Elle passa l'enfant dans les bras de son mari. Il tenait cet enfant tendrement... Il était au summum de la félicité...
Oscar s'assit dans son lit péniblement... Dieu qu'elle avait mal ! Cet enfant, même fille, lui ressemblait déjà pour sa douceur légendaire... Elle regarda son père.
-Et bien père ? Vous ne dites rien ?
-Ce n'est pas un garçon... dit-il déçu
Rien n'aurait pu gâcher la joie d'Oscar en ce moment précis, pas même la mine boudeuse de son père.
-Ce sera pour la prochaine fois espérons, reprit-il en soupirant.
Il se pencha néanmoins sur l'enfant que portait son beau fils. Il n'y fit rien paraître, mais cette enfant lui rappelait sa fille quand elle était née... Il espérait que sa petite fille serait dotée de la même personnalité... Il sourit, imperceptiblement.
-Bien, Victor, il lui faut un nom à cet enfant... Nous ne sous sommes toujours pas décidé. Que pensez vous de Élise ?
Victor contempla l'enfant, et sourit.
-Mais oui !!! C'est Élise, notre fille ! Dieu qu'elle est belle... Elle sera aussi belle que vous, c'est sur...
-Oh oui il n'y a pas le moindre doute ...dit en grand-mère les yeux brillants, en tendant les bras pour pouvoir porter le bébé à son tour .
Elise, passa donc de mains en mains pour finir dans les bras de son grand père, qui ne pouvait que ce laisser attendrir par cette petite poupée.
Oscar sourit, mais elle se sentait faible. Le docteur lui demanda de rester couchée, il ne fallait pas laisser la fatigue s'installer, elle devait se consacrer uniquement au repos. Elle pris une dernière fois son enfant dans les bras, l'embrassa, puis le rendit à son mari qui l’amena dans la chambre d'enfant, suivit de près par son beau père. Oscar fut embrassée par sa mère et grand-mère, qui s'en allèrent à leur tour pour la laisser se reposer. Rosalie lui avait préparé un bain, elle s'y plongea immédiatement. Après avoir barboté un quart d'heure, elle ne put résister à la tentation d'aller revoir sa fille. Lorsqu'elle entra dans la chambre d'enfant, elle contempla Élise qui dormait à poing fermés. Elle déposa un baiser sur la joue de sa fille, et sortit doucement de la chambre. Elle regagna la sienne, Rosalie lui avait apporté à manger. Elle picora dans son assiette, avant de plonger dans un sommeil profond, et serein.
Une semaine plus tard, Oscar veillait sa Élise , qui dormait profondément. Elle était encore fatiguée de son accouchement. Si elle avait été euphorique les premiers jours, ce n'était plus le cas. Sans savoir pourquoi, elle était triste. Elle était anxieuse, et restait en permanence près de sa fille. Tout en restant les yeux rivés vers elle, elle buvait une tasse de thé bien fort, préparé par Rosalie. Celle ci revint dans la chambre pour poser les linges propres. Le comportement de sa maîtresse commençait à l’inquiéter, mais elle n'osait pas lui en parler. Pourtant, en regardant le visage d'Oscar, elle laissa sa timidité de côté, et parla.
-Madame, vous devriez aller vous reposer... Vous avez l'air éreintée...
-Mais que dites vous Rosalie ? Je vais parfaitement bien...
-Madame je me permet d'insister, le vais la veiller le temps que vous dormiez une heure ou deux.
-Je... Mais..Si elle pleure, il faut que je sois là...
-Madame, je suis là, si elle pleure, je la prendrais dans mes bras. Votre mari est à côté, il est très attentif lui aussi... Cessez de vous inquiétez, je sais ce que vous ressentez...
-Oui ? J'ai l'impression que si je m'éloigne, il va arriver quelque chose, avoua Oscar.
-Mais que voulez vous qu'il arrive ? Elle dort à poings fermés... Madame, je me permets d'insister. Je sais ce que cela fait... Vous n'allez pas être une mère indigne sous prétexte que vous vous éloignez une heure...
Oscar se mordit la lèvre, ne sachant que faire. Finalement, elle accepta la proposition de Rosalie, et partit se reposer dans sa chambre. A peine eut elle fermé les yeux, qu'elle s'endormit.
Quelques temps plus tard, elle fut réveillée par les cris de sa fille. Le cœur battant , à demie endormie, elle se précipita dans la chambre. Victor était assis sur un fauteuil, le bébé dans les bras.
-Dieu merci, vous l'avez calmée, j'ai eu peur... dit elle en regardant son enfant.
Il leva les yeux vers elle étonné.
-Mais Oscar, de quoi parlez vous ?
-Et bien des pleurs d’Élise, je les ai entendu jusque dans ma chambre...
-Mais, Oscar, Élise n'a pas pleuré...dit il en la regardant attentivement.
Oscar se redressa et le regarda à son tour.
-Mais que dites vous là ? Je sais qu'elle a pleuré, pourquoi le niez vous ??? dit elle d'un ton cassant.
Il ne répondit rien. Oscar s'en alla dans sa chambre, contrariée du comportement de son mari. Elle avait entendu son enfant pleurer, elle savait ce qu'elle disait !
Victor se redressa, posa l'enfant dans le berceau, et regarda la porte qu'Oscar venait de refermer. Elle avait du rêver... Depuis qu'elle était allée se reposer, l'enfant, n'avait pas émit un seul son...
Chapitre 30
Six mois avaient passé. Rien n'avait changé, Oscar continuait sa correspondance avec André, sa fille avait grandit... Ses cheveux avaient légèrement foncés, et ses yeux, à la naissance bleus, avaient prit une teintes bleu-vert clair. Oscar pensait à André lorsqu'elle regardait ces yeux. Ils n'étaient pas tout à fait de la même couleur, mais il y avait une ressemblance. Elle avait d’ailleurs fortement frémis en entendant son mari rire en se demandant ou sa fille avait bien pu tirer cette couleur d'yeux. Mais son bonheur de père l'avait tellement aveuglé qu'il avait remarqué des ressemblances avec sa fille et lui même. Oscar avait approuvé, fébrile, tentant de cacher l'émotion de honte qui la submergeait... Elle se sentait de plus en plus mal, et tentait de le cacher. Cela était difficile, son mari la scrutait souvent, et Rosalie, était bien trop attentive pour ne pas le remarquer.
Oscar venait de coucher sa fille. Elle appela Rosalie et lui demanda de la veiller, elle voulait sortir chercher un présent qu'elle avait commandé pour l'anniversaire de son mari. Elle avait acheté un tableau, qu'elle avait trouvé chez un peintre qu'elle ne connaissait pas. En entrant dans la boutique, le premier tableau qu'elle avait vu l'avait fortement frappée. Il était plutôt petit, mais représentait une femme tenant un enfant. Elle avait été troublée par la ressemblance qu'il y avait entre cette femme et elle. Son mari lui avait déjà demandé de se faire peindre avec sa fille, mais elle avait refusé, pensant remettre cela à plus tard, lorsque Élise aurait atteint deux, ou trois ans. Mais ce tableau ressemblait tellement à Oscar et à sa fille qu'elle l'avait fait mettre de côté. Il plairait à son mari, et elle n'aurait pas à poser pendant des heures. C'était un véritable coup de chance.
Après avoir récupéré le petit tableau, elle rentra chez elle et le cacha dans sa chambre. Elle ne voulait pas que son mari tombe dessus... Elle finit par le cacher dans un endroit ou personne ne le verrait. Contente de cet emplacement, elle alla voir sa fille. Élise gazouillait dans son berceau, Rosalie ne la quittait pas des yeux, tout en pliant son linge. Oscar la regarda en souriant, mais fut frappée par l'expression de cette dernière. Rosalie avait l'air inquiet, ce n'était pas dans ses habitudes.
-Rosalie, vous avez l'air inquiète ??? Y a t-il quelque chose à voir avec Élise ? C'est-il passé quelque chose en mon absence ??? demanda vivement Oscar.
-Non madame !!! dit Rosalie en la regardant étonnée. Votre fille va parfaitement bien...
-Mais alors pourquoi cet air ???
-Mais il n'y a rien madame je vous assure...dit Rosalie en fuyant son regard.
-Rosalie, vous ne sortirez pas de cette pièce tant que vous ne m'aurez pas dit ce qui ne va pas...
-Madame, je ne veux pas vous embêtez avec cela, ce n'est rien qui ne vaille la peine d’être dit.
Oscar, voyant que la jeune femme ne céderait pas, lui demanda une énième fois de se confier.
-Et bien, c'est que mon enfant est malade madame, ce matin je l'ai quitté, il avait de la fièvre...dit Rosalie les yeux baissés.
-Il est donc seul chez vous ??? Ne m'avez vous pas dit que votre mari travaillait ???
-Non, il n'est pas seul... J'ai une voisine qui s'en occupe. Elle ne travaillait pas aujourd'hui, elle m'a très gentiment rendu service...
-Je vois, c'est donc cela qui vous inquiète... Je comprends Rosalie. Je vous demande simplement que vous me prépariez du thé, et puis vous partirez auprès de votre enfant .
-Mais madame ! Je vous assure que cela ira, je peux terminer mon service ! Mme Grandier adore les enfants... Je m’inquiète sans doute pour rien, la fièvre n'était pas élevée...
Mais Oscar la regardait le souffle coupé...Que venait-elle de dire ?!
-Excusez moi Rosalie, mais quel est le nom que vous avez prononcé?demanda elle, fébrile.
-Grandier, Diane Grandier...Pourquoi ? Répondit elle étonnée par l'air qu'avait prit Oscar.
-Oh, il me semble, que...j'avais, un soldat, jadis, au Gardes, qui portait le même nom...souffla Oscar, essayant désespérément d'adopter une expression aussi neutre que possible …
-Mais vous parlez d'André !!! Il n'y à pas de doute !!! Il travaille à la caserne, cela doit être lui ! Dit Rosalie, enthousiasmée de partager une de ses connaissance avec sa maîtresse. C'est mon voisin ! Un couple charmant...
-Oh, je ne le connais pas plus que cela, je ne suis pas restée longtemps à la caserne...
-Je comprends. Dit Rosalie, en hochant la tête.
-Bien Rosalie, le thé s'il vous plaît, et partez ensuite...
-Mais...
-Rosalie, je vous assure que je peux me passer de vous... Votre enfant à sûrement besoin de vous...
-Bien, madame.
-Rosalie ! Interpella Oscar avant que celle ci ne passe la porte. Je compte sur votre discrétion par rapport à vos voisins... Je ne voudrais pas que ce qui se passe chez moi soit raconté à des gens, surtout lorsqu'il s'agit de mes anciens soldats, je vous demande de ne pas révéler que vous travaillez pour moi... A moins que cela ne soit déjà fait ? Demanda t-elle sévèrement.
-Non madame... Je ne suis pas proche d'eux... Nous sommes voisins tout simplement, croyez que je vous respecte trop pour raconter quoi que ce soit... On m'a appris à ne pas parler de ceux qui m'emploient... Je ne dirais rien, vous pouvez en être convaincue...dit elle avec ferveur.
-Alors c'est parfait...dit Oscar en stoppant Rosalie, emportée par son discours. Que cela continue, continua t-elle en lui faisant signe de partir.
Dès que la porte fut fermée, Oscar s'écroula dans un fauteuil. Parmi les milliers de domestiques qu'il y avait sur Paris, elle était tombée sur celle qui habitait à côté d'André... La respiration saccadée, les mains qui tremblaient, elle essaya de calmer les sentiments qui l'animaient... Un couple charmant...charmant... Ces mots résonnaient dans les oreilles d'Oscar comme un gong interminable. Charmant...
Elle entendit des pas, et prit un livre qui traînait par la pour ne pas montrer son visage. Rosalie revenait avec le thé, le posa à côté d'Oscar, et se retira, pour aller rejoindre son fils.
Oscar, à bout, pleura. De toute son âme. Rosalie venait de lui rappeler que son André partageait son quotidien avec une femme. Dans leur correspondance, jamais ils ne parlaient de leurs conjoints . D'un accord mutuel qui n'avait jamais été évoqué, ils ne parlaient que d'eux. Eux, et leur amour. Même Oscar ne parlait pas de sa fille. Enfin de leur fille. Elle savait qu'André avait été secoué de savoir qu'elle avait un enfant de son mari... S'il savait...
Mais le fait de ne pas partager leurs histoires de couple avait donné l'impression à Oscar qu'André, était simplement loin, seul... Mais ce n'était pas le cas... Il était proche, et accompagné...D'une femme, qui avait le loisir de le regarder avec admiration, de toucher sa peau, de lui susurrer à l'oreille des mots tendre... Tout ce qu'Oscar n'avait pas le droit de faire...
Dans une tentative pour oublier son chagrin, Oscar laissa le thé et alla se servir une dose de cognac, dans sa chambre. Elle avala le verre d'un trait, ce qui lui remit les idées en place. Elle se sentit revigorée... Mais pas apaisée pour autant. Elle se mit à pleurer... Des sanglots forts qui secouaient sa poitrine, sans qu'elle puisse se contrôler... Mais elle s’arrêta, elle venait d'entendre des cris... Sa fille aussi pleurait. Elle se précipita dans sa chambre, et prit l'enfant qui pleurait de plus en plus fort. Des cris perçant qui déchiraient le cœur d'Oscar.
Elle la cala dans ses bras, et commença à la bercer tout en marchant doucement. Rien à faire, les cris continuaient de plus belle. Elle la changea de position, et la mit la tête près de son coup, sans s’arrêter de marcher. Elle passait sa main dans le dos de sa fille, espérant vainement que les caresses la calmer. Cela ne suffisait apparemment pas. Pendant un quart d'heure, elle tenta tout ce qu'elle pouvait, mais forcée de reconnaître qu'elle n'y arrivait pas. Elle commandait à trembler, d’énervement, de peur, de stress. Dans un moment d'égarement, lassée d'entendre ses cris perçants, elle la secoua légèrement.
-Oscar ! Mais que faites vous???demanda Victor qui venait à l'instant d'entrer dans la pièce
Oscar se retourna et se rendit compte du geste qu'elle venait d'avoir.
-Je n'arrive pas à la calmer.... Je...Je ….dit elle tandis qu'il lui prenait l'enfant des bras.
-Il n'est pas nécessaire de la secouer comme cela ! C'est un nourrisson, Élise est fragile ! Dit il sévèrement.
Oscar regardait ailleurs, se tordait les mains. Horrifiée par ce qu'elle venait de faire, et d'avoir été vue par son mari faire une faute, elle retourna dans sa chambre. Elle s'assit et cacha le visage de ses mains. Elle faisait de petits mouvements, le corps balançant d'avant en arrière.... Elle pleurait silencieusement … Mère indigne, qui n'arrivait même pas à calmer son enfant. .. Victor la rejoint, après qu’Élise se soit endormie.
-Mais Oscar, qu'avez vous, que vous a t-il prit.... dit il en s'agenouillant auprès d'elle.
-Je suis une mauvaise mère...
-Mais non, voyons, ne dites pas cela, je crois que vous ne savez plus ou vous en êtes... Oscar, je veux que vous vous reposiez. Laissez Rosalie s'en occuper... Pourquoi ne partir en promenade ? Une chevauchée nous ferait du bien. Vous n’êtes pratiquement pas sortie depuis la naissance d’Élise...
-Je n'arrive même pas à la calmer...dit Oscar qui n'avait pas écouté son mari.
-Oscar...Oscar ! Regardez moi ! Vous allez vous reposer, me suis-je bien fait comprendre ? Dit il en la regardant avec tendresse.
Oscar acquiesça. Il l'embrassa, et repartit auprès de sa fille.
Oscar calma son chagrin, et se dit qu'il lui fallait des conseils. Grand-mère. Cela tombait très bien. Elle était seule à Jarjayes, ses parents étaient partis en Normandie. Elle allait s'y rendre, et lui demander de lui apprendre à comprendre sa fille. Elle devait se l'avouer, même si elle l'aimait plus que tout, elle ne savait pas s'y prendre avec elle. Elle avait beau y mettre tout son cœur, cela ne marchait pas. Elle demanda à ce qu'on lui selle son cheval.
André pris le chemin de Jarjayes. Il voulait échapper à l'ambiance de la maison. Aller voir grand mère lui ferait une petite coupure. De plus cela faisait une éternité qu'il ne l'avait pas vu. Il avait pensé qu'il pourrait éventuellement rencontrer Oscar, mais il en doutait... Diane était quelque peu déprimée ces temps ci, il avait beau essayer de la rassurer, celle ci restait triste. Il l'avait laissée en compagnie de sa voisine, peut être avait elle besoin d’être rassurée par une femme. Il n'y entendait rien à ce genre de choses. Le problème était que Diane, mariée depuis maintenant plus d'un an, n'était toujours pas tombée enceinte. Elle désirait des enfants, mais chaque mois, ses cycles revenaient, prenant un malin plaisir de lui rappeler que l'heure d'un nourrisson n'était pas encore arrivée. André l'avait soutenu comme il le pouvait, mais il semblait qu'aujourd'hui, il ne pourrait rien faire pour la consoler. Avant d'arriver à Jarjayes, il bifurqua. Il avait trouvé une idée qui pourrait rendre le sourire à sa femme...
Oscar talonna sa monture pour aller plus vite. Elle galopait, les cheveux au vents, grisée par cette sensation de liberté extrême. Cela lui rappelait les nombreuses chevauchées qu'elle avait fait avec André, jadis... Son mari et elle était partis galoper, après qu'Oscar eut été assez remise de son accouchement, mais, elle n'avait pas trouvé cette sensation de liberté tant recherchée... Ou était-ce par ce qu'il était avec elle ??? Elle ne voyait qu'André dans sa tête... Encore plus qu'après Rosalie lui avait raconté qu'il était son voisin. Cela lui avait fait tellement mal... Et cette femme, qui était à ses côtés, était qualifiée de gentille voisine...
André descendit de sa monture et attacha son cheval. Il contempla cet endroit qu'il n'avait pas vu depuis longtemps... La dernière fois qu'il y avait mis les pieds, c’était lorsqu'il avait découvert Oscar et Fersen... Mais ce temps là était loin désormais... Tout avait changé... Il regarda attentivement autour de lui... Il sourit, c' était bien ce qu'il pensait... L'endroit regorgeait de fleurs... Il regarda attentivement autour de lui... Il y avait des plantes que Diane ne pourrait trouver en ville, c'était certain. Il ne connaissait pas ce qu'il cueillait mais il cueillait quand même. Il espérait que cela pourrait réchauffer le cœur de sa femme...
Il s’arrêta au bord de l'étang, une fleur particulière avait attiré son attention... Au bord de l'eau, un buisson de roses sauvages... Une seule rose était encore intacte... Il tendit la main, mais arrêta son geste... Non, cette fleur resterait là... Elle ne pouvait être donnée à Diane... Elle était pour Oscar cette fleur...
Oscar continuait sa chevauchée... Elle s’arrêta soudain. Elle avait une folle envie d'aller à l'étang... Pourquoi ? Elle n'y était pas allée depuis longtemps... Mais elle bifurqua quand même... Elle avait désirait y aller, sans en savoir la raison, peut importe de toute manière... Elle avait toute la journée pour aller voir grand-mère... Seulement quelques minutes, pour aller voir cet endroit qu'elle aimait tant... Lorsqu'elle arriva, elle constata qu'un cheval était attaché à la branche d'un arbre... Elle était contrariée... Il y avait donc quelqu'un... Elle voulait être seule... Elle regarda autour d'elle pour voir qui osait venir ici. C'était son endroit avec André, il n'était à personne d'autre … Son cœur s’arrêta en voyant une silhouette familière au loin...
Chapitre 31
André contemplait toujours cette rose quand il se sentit observé. Il se retourna, pour voir qui était cet importun. Il trembla quand il vit de qui il s'agissait. Oscar. Droite, sur son cheval blanc, elle était plus belle que jamais.
Oscar regardait André. Son cœur battait la chamade, était-ce lui qui l'avait attirée ici ? Que devait elle faire ? Elle avait envie de rester, mais savait au plus profond d'elle que c'était un énorme risque, elle pourrait bien faillir à sa promesse...
Ils se regardaient. Ne sachant que faire. Devaient-ils s'éloigner l'un de l'autre ? Partis, loin, très loin, pour résister à la tentation ? Il y avait plus d'un an qu'ils ne s'étaient pas vus... Une année qui avait été plutôt difficile, surtout pour Oscar...
André fit le premier pas. Lentement, très lentement, il posa les fleurs qu'il tenait à la main, et parcourut la distance qui le séparait de celle qui malgré elle, lui faisait oublier la réalité, et transformait son univers en rêve.
Oscar le voyant approcher, ne se posa plus de questions. Elle descendit lentement de son cheval, et fit quelques pas, hésitants, dans sa direction. Elle ne voyait que son regard, ses yeux, son visage. Le visage qui ornait ses rêves, les yeux qui la faisaient rougir, les lèvres qui la faisait frémir... Rêvait-elle ?
Arrivé devant elle, André leva doucement la main pour la porter à son visage. Il lui caressa la joue, il voulait être sur que cette peau de porcelaine qu'il connaissait si bien n'était pas une hallucination... Non, elle ne l'était pas. Il sentait sa peau, chaude, contre la paume de sa main.
Elle ferma les yeux et serra cette même main dans la sienne. Elle s'égarait en pensées... Elle ne tenait plus... Elle sentait les sanglots remonter en elle... Il était là, celui que les aléas de la vie avait éloigné d'elle. Son oxygène, sa raison de vivre... Elle sentait, tout comme lui au même instant, la flamme d'un amour contenu rejaillir.
Le moment magique se brisa... D'un même mouvement, comme si d'obscures forces les poussaient, il tombèrent dans les bras de l'autre, et s'étreignirent à se couper le souffle. Le cou enfoui dans celui de l’être aimé, les sensations, le désir ne se fit pas attendre... André captura les lèvres tant désirées pour ne plus les lâcher. Un baiser torride, sensuel, désespéré, qui n'était connu qu'avec cette personne unique . Oscar sentait son cœur s'affoler, elle n'y croyait même pas tant elle était heureuse de se retrouver dans ses bras... Le fait d’être enlacée de cette manière lui faisait un bien fou, elle se sentait revivre... Seul André, pouvait lui donner autant de vie...
Moins de deux secondes plus tard, ils avaient basculé dans l'herbe. Oscar sentait le corps d'André sur elle, les soucis de la matinée étaient bien loin à présent... Ses mains se perdaient dans ses cheveux, son cou, son dos, ses fesses...
Elle se cambrait, sous l'effet su désir, lui tentait de se contrôler pour ne pas arracher ses vêtement d'un seul coup...
Inlassablement, des baisers, des caresses, des regards... Au moment ou André commença à ouvrir sa chemise pour être encore plus proche d'elle, elle eut un sursaut de lucidité et stoppa son geste...
-Mon amour, non...non... On ne peut pas faire ça, nous sommes mariés... C'est de la folie...dit elle en haletant
-Je m'en fiche, il n'y a que toi que j'aime...Oscar, Oscar, si tu savais comme je souffre loin de toi...
-Je souffre aussi....Mais arrête, je t'en pris.... Dit elle en se redressant, au prix d'un immense effort.
Il s'était redressé aussi, et la regardait tristement. Mais pour Oscar la raison n'était même pas le mariage. Elle se souvenait de sa grossesse, les mensonges, la nuit qu'elle avait été obligée de passer avec son mari, la douleur de cet acte forcé, ses pleurs continuels... Le plaisir qu'elle ressentirait en faisait l'amour avec André ne valait pas toute ces heures de souffrance... Elle avait juste besoin de le sentir près d'elle...
-André pardonne-moi mais je ne peux pas... Je voudrais, mais ce n'est pas possible...
-Je comprends...dit-il en soupirant.
Lui même était marié, et il avait juré la fidélité...Elle se leva, et lui tendit la main. Il la prit, se leva à son tour, et Oscar le guida jusqu'à l'arbre. Elle n'allait pas se satisfaire de ce moment volé. Elle le voulait pour elle pour le reste de la journée. Elle lui fit signe de s’asseoir, et lorsqu'il fut adossé à l'arbre, s'assit à son tour pour se blottir dans ses bras.
-Je n'ai besoin que de tes bras...André... si tu savais à quel point tu m'as manqué...
-Tu m'as manqué aussi... Heureusement que je reçois tes lettres... C'est elles qui me font vivre...
-Oui moi aussi...
La tête contre son épaule, ils se fixaient, ne pouvant détacher le regard. Pas de mots, juste quelques baisers maîtrises, doux, de légères caresse. Pourtant, si Oscar avait un visage radieux, ce n'était pas le cas d'André. Il fut le premier à parler.
-Oscar qu'y a t-il ? Demanda t-il d'une voix grave.
-Mais rien...dit elle en fuyant son regard.
-Je te connais comme personne.... Dis moi ce qui ne va pas … Ce n'est pas tout les jours que nous avons le loisir de parler librement … Confies toi à moi mon amour, je t'en prie... Tu as les yeux rouges...Pourquoi ?
-Parce que j'ai pleuré, avoua t-elle au bout d'un moment.
-Pourquoi ?
-Je... ne ...sais pas m'y prendre avec ma fille... André, je suis une mauvaise mère...dit elle en refoulant ses larmes.
André resta interdit devant ces paroles. Oscar ne lui avait parlé de sa fille que lorsqu'elle avait accouché, mais n'y avait plus jamais fait allusion par la suite. C'était étrange de l'entendre parler de sa fille de vive voix, surtout pour entendre dire qu'elle était une mauvaise mère...
-Je suis sur que non...
-Si, si.... Je n'arrive pas à comprendre comment lui faire arrêter ses pleurs... Les autres y arrivent...Moi pas...
-C'est parce que tu es novice, tu vas comprendre, il ne peut en être autrement...
Oscar se contrôla de toute ses forces. Elle était en train de dire qu'elle était une mauvaise mère, et lui la consolait. Bon sang, il ne savait même pas que l'enfant dont elle n'arrivait pas à s'occuper était le sien... Elle avait tellement envie de lui dire que sa fille avait hérité de ses yeux... Elle blottit sa tête contre le torse d'André et se mit à pleurer. Elle aurait donné tout ce qu'elle possédait pour élever sa fille auprès de son père... Si Victor s'en occupait impeccablement, Oscar savait qu'auprès d'André, elle aurait été bien plus sereine, et plus confiante...André l'entoura de ses bras et la serra contre lui. Jamais, il ne l'avait vu dans un tel état, jamais, même lorsqu'elle avait été trahie, même lorsqu'il lui avait annoncé qu'il se mariait... Jamais, jamais, jamais...
Mais Oscar avait cessé ses sanglots. La tristesse avait curieusement fait place à la ...rage... Ce sentiment prit le dessus quand Oscar se souvint pourquoi les choses avaient pris cette tournure...
-C'est de ta faute tout ça... dit elle durement.
-Quoi ?!
-C'est de ta faute !!!! dit elle en se relevant d'un coup.
Elle se dirigea d'un pas rageur vers son cheval, elle voulait mettre le plus de distance entre lui et elle. Mais André avait bondit, il lui attrapa le bras. Il ne comprenait pas en quoi c'était sa faute si elle ne savait pas s'occuper de son enfant.
-Pourquoi est ce de ma faute Oscar ??? demanda-t-il en la tenant fermement.
-Laisse moi, je ne veux plus te voir, ni te parler...dit elle en se débattant.
-NON ! De quoi m'accuses tu ??? Oscar !!!
Elle avait beau se débattre comme une furie, il ne la lâchait pas.
-SI TU NE L AVAIS PAS EPOUSE , NOUS AURIONS PU NOUS AIMER, MAIS NON !!! TU AS EPOUSE CETTE FEMME !!! NE VIENS PAS TE PLAINDRE !!!!
-QUI SE PLAINT ??? CEST TOI OSCAR !!! MAIS CALME TOI !!! JE LAI RENCONTRE PARCE QUE TU MAS CHASSE JE TE RAPPELE !!!
-C EST ABJECT CE QUE TU FAIS !!! ME LE RAPPELER CEST IGNOBLE !!! LACHE MOI !!!
André, énervé au plus haut point par ses attitudes contraire, la lâcha, après avoir jeté un coup d’œil derrière elle. Il lâcha son bras pile au bon moment, elle tirai de toute ses forces vers elle, et emportée par son élan, elle tomba... dans l'étang.
Elle se releva en prenant une grande inspiration. Si la température de l'air était douce, l'eau ne l'était pas... Humiliée et comprenant son attitude ridicule, elle sortit de l'eau en grelottant mais en ayant les idées plus claires.
André s'approcha d'elle, lui défit sa chemise, et lui mit sa veste sur les épaules. Il la pris dans ses bras et la berça.
-Pardonne moi André...Je ne sais pas pourquoi j'ai dit cela... De plus tu as raison c'est ma faute... dit-elle en s'accrochant à son cou.
-Il ne sert à rien de parler des erreurs du passé. Elles sont là , on ne le changera pas...
-Je sais plus ou j'en suis... André, je suis perdue, je ne sais plus... je sais pas... je...
-Chut....chut... chut... ça va aller, dit il en l'embrassant. Prend du recul, va te refaire une santé ailleurs, sort de chez toi... Je ne t'ai jamais vu aussi pale. Tu as la chance d'avoir un enfant... Je donnerais tout pour en avoir un... Prends soin de toi Oscar, c'est vital, tu es mère, ton enfant à besoin de toi...
-Oui, oui d'accord...
C'est tout ce qu'avait pu dire Oscar... Il voulait des enfants... Elle sentait sa tristesse de ne pas en avoir... Mais qui l'attendait chez elle ? Sa fille... Un enfant crée par leur amour. Elle se contrôla pour que les mots qui auraient pu lui redonner le sourire se s'échappent pas... Si elle avouait que son enfant était de lui, il voudrait faire certainement valoir ses droits... Et il aurait raison... Mais cela déclencherait sûrement une véritable tempête... Garder le silence.... coûte que coûte...
Il l’amena au soleil pour qu'elle sèche rapidement. Enlacés, il ne dirent plus un mot. Mais le jours déclinait, et ils se devaient de regagner leurs foyer respectifs. Oscar remit sa chemise, et fit quelques pas vers son cheval.
-Oscar ! Attends...dit André
Elle le regarda aller à l'endroit ou elle l'avait vu en arrivant. Elle le vit se baisser, se contorsionner, et ramasser quelque chose. Il reprit les fleurs qu'il avait cueillit avant son arrivée.
-Ces fleurs sont pour Diane... Elle aime les fleurs.... Mais celle ci, je ne pourrais lui donner... Elle est pour toi...
Il lui tendit la rose qu'il venait de cueillir. Elle la prit délicatement, comme s'il s'agissait d'un précieux trésor.
-Merci André...Je vais la garder... dit elle attendrie.
-Regarde autour de toi, tu n'en trouveras pas elle est unique... comme toi....
Elle lui sourit, et l'embrassa. Une dernière étreinte avant de se quitter.
-Merci, André, merci. Je t'aime... Tu m'écris vite ? Tes lettres me donnent de la force...
-Oui. Je t'aime aussi Oscar. Je t'aime...
Elle lui caressa la joue, et se retourna, pour monter sur son cheval. Un dernier coup d’œil, et elle repartit au galop.
André resta là, et la regarda s'éloigner. Cette Oscar n'était décidément pas celle qu'il avait connu... Son mariage l'avait changée... Il n'avait toujours pas comprit pourquoi elle s'était mise en colère si soudainement... Et ses pleurs... Elle ne pleurait quasiment jamais avant...
Après quelques instant de réflexions, il rentra chez lui. Il espérait que Diane serait moins morose. Il constata avec soulagement que c'était le cas. Lorsqu'il lui offrit les fleurs, elle sauta de joie.
-Oh André, merci.... Je vais pouvoir faire d'autres potions avec celles-ci, dit elle en montrant une branche ou se trouvait une jolie fleur violette en forme de trompette. Et tu m'as aussi rapporté des baies ???
-Bè, je n'y connais rien... Tu sais ce que c'est ? Sinon tu peux les jeter...dit-il l'air penaud.
-Mais non... Ne t’inquiètes pas c'est parfait. Cela fera plaisir à Madame Rose...
-Rose ?!
-Oui c'est le prénom de la Comtesse...
-Hum, je vois... Son fils a trouvé une épouse ?
-Mum, j'ai déjà vu des parents avec une jeune fille, mais je ne sais s'il y a mariage dans l'air.... dit elle en arrangeant les fleurs dans un vase.
-Au fait, en parlant de mariage, celui d'Alain approche...
-Ah oui, c'est vrai que mon cher frère se marie....
André passa le reste de la soirée à l'écouter. Elle parlait du mariage de son frère avec enthousiasme... Il espérait qu'Alain, serait au moins satisfait du sien...
Chapitre 32
Oscar rentra chez elle, en proie à des sentiments contraires. Elle avait revu André... Elle avait faillit à sa promesse... Son mari avait exigé la fidélité, elle avait embrassé un autre homme... Elle soupira longuement... Elle se sentait, une fois de plus, perdue, fébrile, nerveuse... Pourquoi l'était t-elle autant ? Avant elle était calme...Il lui arrivait de perdre son sang-froid, mais pas comme cela... Même André l'avait trouvée changée...
Il avait raison... Elle devait reprendre sa vie, il lui semblait que tout allait de travers... Oui, il fallait qu'elle s'éloigne un peu de ces habitudes... Elle allait proposer des congés à son mari...Partir, avec sa fille, dans un endroit calme, serein... Oui, c'était une bonne solution...
Quelques jours plus tard, arriva l'anniversaire de Victor. En se levant, elle pris une première tasse de thé avant de faire sa toilette. Rosalie, fidèle au poste lui avait préparé un bain. Elle s'en délecta avant de passer une robe. Elle savait qu'il aimait la voir en robe, et puisque c'était son anniversaire, elle allait lui faire plaisir. Il avait eu la délicatesse de ne pas reparler de l'incident avec Élise. Elle en avait été soulagée, et reconnaissante. Le fait qu'il ne lui reproche rien comptait à ses yeux.
Lorsqu'elle fut enfin prête, elle chercha le tableau. Elle se dirigea vers la commode ou elle l'avait glissée. Elle poussa le meuble. Il était lourd, elle ne put le bouger de quelques centimètres. Elle passa sa main dans l'ouverture et chercha à taton le tableau. Rien. Elle se baissa un peu plus. Toujours rien. Commençant à s'irriter, elle regarda en penchant la tête. Il n'y avait rien, absolument rien... Seule Rosalie s'occupait de sa chambre, l'avait elle trouvé et déplacé ??? Ou l'avait elle volé ??? Oscar chassa cette idée de sa tête. Rosalie était bien trop honnête pour commettre un tel acte. Mais elle voulait cependant s'en assurer. Elle partit à la recherche de Rosalie dans la maison. Point de Rosalie... Au bout de dix minutes, elle commença sérieusement à perdre patience...
-Rosalie ???? Ou êtes vous ???? scanda Oscar
-Ici madame... dit Rosalie en sortant de la chambre d’Élise .
Oscar se sentit ridicule. La chambre d'enfant évidemment... Seul endroit ou elle n'avait pas cherché...
-Heu, bien, suivez moi...
En arrivant dans la chambre, elle ferma la porte.
-Rosalie, j'ai un souci. Il se trouve que j'avais caché un tableau dans ma chambre pour l'anniversaire de Victor. Hors, je ne le retrouve plus. Et vous et moi sommes pratiquement les seules à venir ici... Ma question est, l'avez vous trouvé et rangé autre part ?
-Non madame... Je n'ai pas trouvé de tableau...répondit Rosalie.
-Rosalie ! S'il vous plaît ! Ma patience à des limites... Je l'avait glissé entre le mur et cette commode, il n'y est plus !!!
Rosalie, tremblante, se sentant accusée, s'approcha timidement de la commode pour regarder à son tour. Elle plongea la main et retira...le tableau...
-Mais ! Mais il n'y était pas j'en suis sure.... dit faiblement Oscar qui ne savait plus où se mettre...
-Madame , il était caché dans l'ombre...Vous ne l'avez pas vu...dit timidement Rosalie, au bord des larmes.
-Oh Rosalie... Je vous ai accusée...J'en suis désolée...dit Oscar en se confondant en excuses....
-Ce n'est rien Madame... Je vous assure...
-Mais j'ai pourtant regardé...
-Cela arrive... Madame, votre mari vous attends pour le petit déjeuner.
-Oui j'y vais...
Elle descendit, honteuse, son tableau dans les bras. Comment avait elle pu ne pas le voir ? Perdue dans ses pensées, elle rata une marche. Son talon céda sous sous la pression, elle perdit l'équilibre. Dans un faible cri lié à la surprise, elle dégringola l'escalier. Un domestique qui passait par là se précipita sur elle.
-Madame vous allez bien ??? demanda-il inquiet
-Oui, oui ce n'est rien... dit elle en se relevant.
Elle regarda le talon de sa chaussure. Elle pesta intérieurement contre ces chaussures féminines. Cela ne serait jamais arrivé avec des bottes. Elle enleva l'autre, et remonta s'en mettre une autre paire.
-Madame va bien ??? demanda Rosalie qui avait assisté à la chute.
-Oui, oui Rosalie, ne vous inquiétez pas, répondit Oscar en souriant, se sentant toujours coupable contre la jeune fille qu'elle avait accusé.
-Oh, j'ai eu peur...dit elle en posant une main contre son cœur.
Oscar lui sourit, et changea de chaussures. Elle se sentait tout de même un peu chamboulée... sonnée... Elle descendit en faisant extrêmement attention... Et souhaita un joyeux anniversaire à son mari en lui tendant le tableau.
Il le déballa et resta stupéfait.
-Oscar, vous vous êtes faite peindre ? Vous me l'aviez caché !!! dit-il ravi.
-Non, j'ai trouvé ce tableau chez un peintre que je ne connaissais pas, avoua t-elle en souriant. Il est vrai que j'ai été frappé par la ressemblance entre cette femme et moi... Comme vous vouliez un tableau d’Élise et moi, j'ai trouvé que c 'était un bon compromis... En attendant que je pose vraiment...
-Vous avez eu raison de le prendre, on dirait que c'est vous... Merci Oscar, je suis très touché de ce présent...
-Mais de rien.
Ils finirent de déjeuner en silence. Oscar sentait le regard de son mari glisser sur elle, et elle était mal à l'aise. Qu'avait-il à la regarder comme cela ?
-Oscar, que diriez vous de faire quelques pas avec moi dans le jardin ?
-Je voulais m'occuper d’Élise, mais, pourquoi pas ? Dit elle en souriant.
Il lui donna son bras, et partirent dans le petit jardin. Il était loin d’être grand comme celui de Jarjayes, mais il était décoré avec goût. Au bout d'un moment, Victor s’arrêta et regarda Oscar.
-Ma chère j'ai une requête... dit-il en posant les mains sur ses hanches.
-Oui laquelle ? Demanda Oscar de plus en plus mal à l'aise.
-Je voudrais un autre enfant Oscar. Je voudrais un garçon.
Oscar se raidit. Elle ne s'était pas attendue à une telle demande... Elle sentit son cœur s'emballer de peur... Non...non...non....pas d'enfants....Elle n'en voulais pas... Elle avait tellement de mal à s'occuper de sa fille, si on devait en rajouter un... Son mari la regardait, les yeux plein d'espoir... Elle commençait sérieusement à manquer d'air... Ne pouvait-on la laisser tranquille ? Il lui demandait une nouvelle épreuve, une nouvelle grossesse, un nouvel accouchement... Elle ne s'était toujours pas sortie de cette mélancolie avait suivit la naissance de sa fille... Les pensées se bousculaient dans la tête d'Oscar, par flashs... Hier encore, André la tenait dans ces bras... Il l'aimait... Elle aussi.... Victor, la touchait, en ce moment même... Il avait les mains sur ces hanches... Elle détestait qu'il la touche de cette façon... Non, elle n'aimait pas du tout... Pourquoi la touchait-il ainsi ?!
-Non... souffla Oscar le regard vide.
-Comment ? Demanda son mari, surprit par sa réponse.
-Non non non NON !!!! hurla t-elle en s'enfuyant.
Elle monta dans sa chambre et se ferma à clé. Le souffle saccadé, elle se replia dans un coin de la chambre. Elle pris la tête entre ses mains et commença un mouvement qu'elle commençait à faire de plus en plus souvent, lorsqu'elle n'arrivait plus à penser correctement. Elle se balançait d'avant en arrière, doucement, en murmurant des paroles qu'elle seule pouvait entendre. Elle sursauta lorsqu’elle entendit frapper.
Victor tentait d'entrer dans sa chambre. La réaction d'Oscar l'avait fortement impressionnée... Pourquoi avait elle réagit de la sorte ? Ne pouvaient-ils pas en discuter calmement ? Pourquoi s'était elle enfuie ? Il n'allait pas la forcer ! Il la respectait, ne voulait que son bonheur.
-Oscar ! Cria t-il à travers la porte, ouvrez moi !!! Oscar ?
-Allez vous en !!! Je ne veux pas vous voir !!! hurla Oscar en guise de réponse.
-Oscar nous devons parler !!! Votre comportement m’inquiète ! Ouvrez moi je vous en supplie !!!
-Partez !!! je veux être seule !!! parvint-elle à dire à travers ses sanglots.
Victor se figea. Elle pleurait. Il secoua la porte plus fort. L'humeur de son épouse l’inquiétait au plus haut point... Hier, elle secouait Élise comme une vulgaire poupée, aujourd'hui elle réagissait étrangement... Mais que se passait-il dans sa tête ?!
Il décida d'entrer quand même. Il n'allait pas la laisser dans cet état... Il passa par une petite porte dérobée par laquelle entraient les domestiques pour accéder à la salle d'eau. Lorsqu'elle le vit arriver, elle se redressa, le visage empreint de terreur... Elle se sentait comme un animal pris au piège... Elle regarda autour d'elle, à la recherche d'une sortie de secours.
Son mari la regarda, il ne comprenait vraiment pas son état... Qu'avait-elle à la regarder de la sorte ?! Il n'allait pas lui faire de mal ! Il se dirigea vers elle d'un pas vif. Erreur fatale, chose qu'il n'aurait jamais du faire.
Oscar en le voyant arriver, s'affola complètement... Son esprit embrumé lui faisait penser des choses affreuses. Il voulait un enfant... Il allait la prendre par la force... voilà ce que pensait Oscar, en pleine crise de paranoïa...
Elle se jeta sur le lit, elle n'avait pas d'autre solution pour lui échapper. Le recoin ou elle s'était réfugié ne lui permettait que cette option. Elle tomba , ses pieds avaient accrochés les pans de sa robe.
Victor, la voyant s’empêtrer de plus en plus dans sa robe, lui pris le poignet pour l'aider à se remettre d'aplomb. Il posa un genou sur le lit pour prendre appuis. Il la surplombait désormais. Seconde erreur.
-Lâchez moi....lâchez moi...murmura Oscar qui tournait la tête pour ne pas voir celle de son mari.
-Mais Oscar, j'essaie de vous aider... Laisser vous faire !!! dit il en fronçant les sourcils.
-NON !!!! NOOOONNNNNNN !!!! VOUS NE ME PRENDREZ PAS PAR LA FORCE !!! dit-elle en lui décrochant un coup de pied dans le ventre.
Il tomba à terre, le souffle coupé. Après quelques instants, il se releva péniblement, et sortit de la chambre sans la regarder, le dos voûté. Oscar le regardait, une lueur étrange dans les yeux. Elle se releva lentement, et pleura de rage. Il avait essayé d'abuser d'elle ! Elle s'effondra, le corps secoué de sanglots...
Chapitre 33
Cet incident fut le début d'une longue liste, qui ne devait jamais finir... Oscar, après de maintes explications de Victor, avait reconnu qu'elle avait paniqué. Elle avait avoué succomber à une angoisse extrême. Il l'avait rassurée, comme il pouvait, sur son respect, et lui rappela la promesse qu'il lui avait faite, celle de ne jamais la forcer. Il l'avait doucement prise dans ses bras, et Oscar avait alors craqué. Elle avait pleuré, avoué se sentir faible, perdue, déprimée, et impuissante, surtout face à ses frayeurs.
Il lui avait alors demandé de se faire examiner par le médecin. Le diagnostic était sans appel. Oscar manifestait un trouble évident. Ses réaction étaient excentriques, son raisonnement erroné, et elle faisait une fixation sur son rôle de mère. Le docteur Lassonne s'était entretenu longtemps avec elle, seul, et en avait déduit que l'enfant qu'elle avait eu l'avait profondément bouleversée. Il l'avait rassurée, l'avait invitée à s'occuper de son enfant avec l'aide de quelqu'un, et surtout, d'oublier le mensonge qu'elle avait proféré, qu'elle portait sur ses épaules à longueur de journées. Il lui avait aussi demandé de reprendre ses activités, qu'elle avait abandonné, Élise prenant tout son temps.
Après cet entretien, Oscar décida de suivre ses conseils, mais celui d'André était resté dans sa tête... Elle proposa donc à son mari de partir loin de paris, en insistant sur le fait qu'elle en avait besoin pour se ressourcer. Il accepta avec joie, et il partirent un mois, en Normandie.
Ils passèrent ce mois dans un calme relatif. Oscar, faisait de longues promenades à cheval sur la plage, elle jouait avec sa fille, et se forçait à discuter avec son mari. Mais, elle sentait tout au fond d'elle que le malheur la guettait, tapis dans l'ombre... Il allait revenir, surgir et ne plus la quitter... Elle n'arrivait pas à se débarrasser de cette impression. Au fur et à mesure que la date du retours à Paris approchait, Oscar faisait de plus en plus de cauchemars... Des cauchemars qui la faisaient pleurer, hurler, transpirer. Elle rêvait sans cesse... Elle rêvait que son mari découvrait son secret... Que André lui aussi découvrait qu’Élise était sa fille. Elle voyait dans son sommeil, le déshonneur, par ses mensonge, la solitude d’être abandonnée de ceux qu'elle avait trahi... Une fois réveillée elle allait précipitamment auprès de sa fille. Elle avait tellement peur qu'on lui enlève...C'est peut être ce qui se passerait, si on découvrait le subterfuge...Elle la prenait doucement dans ses bras, et la collait à elle, cela lui faisait du bien.... Elle pouvait rester des heures à la tenir... Sa seule source de chaleur...
Hélas, ce qui inquiétait tant Oscar arriva, et ils durent repartir pour Paris. Dès qu'elle fut de retour, elle se sentit fébrile. Nerveuse. Apeurée. De plus en plus perdue...
Oscar se leva tard. Elle avait une fois de plus mal dormit. Elle chassa de sa tête les bribes de son rêve. Il avait été particulièrement saisissant. Elle se leva, et nota avec un faible sourire que Rosalie lui avait monté son petit déjeuner. Son mari était sans doute déjà partit vu l'heure...
Elle était contente de retrouver Rosalie. Lors de son mois passé en Normandie, elle lui avait donné congé. Elle avait voulu essayer de passer ce mois entier avec sa fille sans son aide. Elle avait réussit. Bien sur, Victor était quasiment toujours à ses côtés mais quand même...
-Merci Rosalie, dit Oscar en souriant à la jeune fille qui lui annonça que son bain était prêt.
-Mais de rien Madame...dit elle en souriant à son tour.
-Comment c'est passé votre mois de congé ? Vous avez dû bien profiter de vos enfants ?
-Oui Madame... Mais j'ai aussi déménagé. Notre habita devenait un peu exigu.
Cette seule phrase suffit à ébranler Oscar. Rosalie, voisine d'André... Elle n'habitait plus à côté de ce « couple charmant », expression qu'Oscar n'avait jamais pu oublier...
-Oh je vois... Bien, pouvez vous aller jeter un œil sur Élise ? Elle est sur le point de se réveiller...
-Bien sur Madame.
Oscar se leva et contempla la fenêtre. Elle ferma les yeux... Elle se demandait si elle n'allait pas retourner se coucher... Elle avait peu dormi, de plus le voyage de retour l'avait fatiguée. Mais elle avait des choses à faire. Elle voulait aller à Jarjayes inviter ses parents pour l'anniversaire d’Élise, qui devait avoir lieu dans quelques jours, et …. récupérer les lettres d'André. Elle n'en avait pas eu depuis plus d'un mois, coincée en Normandie. Elle lui en avait adressé une pour lui expliquer que pendant un temps, il n'en recevrait pas mais, cette absence de nouvelles commençait à lui peser .
Elle fit seller son cheval, et partit après avoir embrassé sa fille. Elle fut heureuse, de retrouver grand-mère. Juste avant son départ en Normandie, elle lui avait demandé des conseils pour sa fille, et ils avaient porté leurs fruits. Elle l'avait rassurée, comprise, aidée... Grand-mère avait sentit le désespoir d'Oscar, et avait eu les paroles qu'il fallait. Elle lui demanda les lettres d'André. Grand-mère soupira en les lui donnant. Elle s'abstint de tout commentaire.
Oscar rejoignit ensuite ses parents qui furent ravi de la voir. Ils se savaient rien des tourments qu'elle avait enduré, et elle ne voulait surtout pas qu'ils sachent. Montrer ses faiblesses à ses parents, était impensable pour Oscar... surtout face à son père...
-Ma fille ! Quelle surprise de vous voir...Dit la Comtesse en l'embrassant.
-Mère, je me suis déplacée pour vous inviter à l'anniversaire d’Élise...
-Et bien ! Déjà un an.... Oh, cela fait drôle... Elle a tellement grandit ! Soupira la comtesse attendrie.
-Oui, c'est vrai, répondit Oscar songeuse...
-Oscar, à quand un héritier ? Demanda le Général en souriant.
A ce seul mot, Oscar se crispa. Non, il ne pouvait pas lui avoir dit cela...
-Père, vous avez dit ? Demanda t-elle fébrile.
-Et bien, un garçon ! Quand comptez vous en avoir ?
Oscar attendit un moment avant de répondre.
-Jamais. Je ne vais pas faire des enfants pour vous faire plaisir. C'est hors de question.
Elle avait parlé avec une voix glaciale, les yeux rivés sur son père. Celui ci la fixait en retour, éberlué par son attitude. Jamais il ne l'avait entendu parler comme ça. Elle poursuivit son monologue.
-Avoir un fils ? Je n'en veux pas, je ne suis pas à vos ordres, ni à ceux de mon mari. Élise est la seule enfant que j'aurais. Si cela ne vous convient pas ça m'est égal. Vous m'avez forcée à être un homme. Vous m'avez ensuite forcée à redevenir femme, et à me marier. Vous voulez désormais me forcer à faire un fils. Je ne le tolérerais pas....
Une voix sourde, chargée de menace... Elle regardait son père avec un air meurtrier. Elle enfonçait ses ongles de colère dans le bois de son fauteuil. Elle écumait de rage, et se retenait pour ne pas bondir sur celui qui lui demandait encore un enfant. Encore un fils.
Ses parents la fixaient, incrédules. Le Général avait dit cela, pour faire la conversation. Il ne se serait jamais attendu à une telle réaction...
Oscar se leva, et toisa de toute sa hauteur ses parents.
-Je retire mon invitation. Élise passera son premier anniversaire seulement en compagnie de ses parents. Vous n’êtes plus invités.
-Mais Oscar, demanda sa mère, que vous arrive t-il mon enfant ? Oscar !!!
Mais Oscar avait déjà franchit la porte du salon, et prenait le chemin du retour. Au triple galop, elle laissa couler ses larmes. Elle ne supportait plus qu'on exige d'elle quoi que ce soit...
Arrivée chez elle, elle croisa Victor.
-Alors mon amie, vos parents sont ils libres ?
-J'ai bien peur que non, Victor.
-Oscar ? Il s'est passé quelque chose.... Je le vois, vous n'avez pas l'air bien...
-J'ai retiré mon invitation, et je vous serais grès de ne pas m'en demander la raison.
-Mais Oscar...
-Je me retire dans ma chambre, je suis fatiguée.
Il la regarda monter dans les escalier, inquiet. Elle recommençait à avoir des sautes d'humeur... Elle en avait eu en Normandie, mais le pire étaient ses cauchemars... Il avait tenté de la faire parler, mais elle se refusait à toute confidences... Il passa une main sur son visage, et se dirigea vers son bureau... Il se servit un verre d'alcool, et s'appuya contre la fenêtre. Rosalie promenait Élise dans ses bras dehors. Heureusement que cette domestique s'en occupait bien. Il l'avait bien remarqué en Normandie. Oscar était fébrile avec cet enfant, et il ignorait pourquoi... C'est comme si elle en avait presque peur. Il y avait de l'amour, un amour fou, même, mais... Elle restait en retrait, comme si elle allait lui faire du mal...
Et Oscar s'était disputée avec ses parents maintenant... Il ne voyait que cela, pourquoi aurait elle retiré cette invitation sinon ? Victor, devait se l'avouer, il commençait à se poser des questions... Il se demandait si sa femme ne devenait pas … légèrement folle... Non, cela n'était pas possible... Elle avait un passage à vide, sa vie avait été chamboulée... Peut être auraient-ils du attendre avant d'avoir cet enfant... Peut être n'avait elle pas été prête. Mais Élise grandissait de plus en plus, et avec le temps , il serait de moins en moins nécessaire de veiller sur elle en permanence. Elle deviendrait autonome, et Oscar pourrait souffler. Du moins, c'est ce qu'il espérait.
Pendant que son mari était plongé dans ses réflexions, Oscar ouvrait précipitamment une à une les lettres d'André. Elle en lisait une, vite, puis passait à la suivante... Une fois qu'elle eu finit, elle les rangea dans sa cachette. Elle était soulagée, son André l'aimait toujours... Mais il lui avait confié encore une fois son désespoir d'être père... Rien de tel pour se sentir coupable.... Élise allait avoir un an, et grandissait, avec un père qui n'était pas le sien... Une pensée lui vint à l'esprit... Si André venait à apprendre que sa fille était en réalité la sienne, comment le prendrait-il ? Supporterait-il que Victor passe pour le père légitime de cet enfant ? Oscar trembla... Elle n'était pas sure de sa compréhension... Il se sentirait trahi, sans aucun doute...
Quelques jours plus tard, Élise fêtait sa première année. Victor avait convaincu Oscar de convier sa famille, et au bout de quelques heures, elle avait accepté à condition qu'on ne lui parle plus d'enfants.
La petite fête s'était bien passée, et personne n'avait fait allusion à un éventuel petit frère pour Élise, au grand soulagement d'Oscar.
Malheureusement, pour Oscar, une journée plutôt sereine ne parviendrait pas à calmer définitivement son état...
Chapitre 34
Deux ans et demi plus tard...
André se leva. Il resta assis sur son lit, un petit moment, la tête entre les mains. Abattu. Inquiet. Déboussolé. Perdu. Quelque chose le travaillait. Oscar. Il lui semblait qu'il ne l'avait pas vu depuis de nombreuses années. Il secoua la tête, et fit un rapide calcul mental. Deux ans et demi. La dernière fois qu'il l'avait vu, c'était à l'étang... Douce après midi, il avait pu serré cette femme merveilleuse dans ses bras... Mais elle lui avait paru fragile ce jours là, changée... Mais ce n'était rien, comparé à maintenant. Si avant, il attendait ses lettres avec impatience, ce n'était plus le cas... Il redoutait presque leur venu. Il avait peur, chaque fois, qu'il ouvrait la missive, peur de tout abandonner, de succomber à ses promesses pour la rejoindre. Son état s'était considérablement aggravé... Par ces écrits, il voyait à quel point Oscar était sur le fil, prête à tomber. Une funambule sur une fine corde, ne sachant plus quoi faire... Sans personne pour la rattraper...Mais lui était prêt... Si elle tombait, il ferait ce qu'il faut pour la rattraper...
Elle lui avait dit, jadis, qu'elle n'arrivait pas à comprendre sa fille. Mais là, c'était elle même qu'elle ne comprenait plus. Ses lettres étaient de plus en plus étrange, il ne comprenait pas toujours ce qu'elle voulait dire... Des phrases, décousues de sens... Des propos erronés... Elle lui expliquait ses cauchemars, récurrents, ceux ou on lui enlevait sa fille... Des souvenirs d'eux, qui n'évoquaient rien, aux yeux d'André ... Des absences, en permanence...Sa fatigue, constante... La folie s'était emparée d'Oscar...
André, alerté par la tournure qu'avait pris ses lettres, l'avait alors supplié de rentrer à Jarjayes, auprès de grand-mère, et de ses parents. Elle l'avait écouté. Elle était resté un mois à Jarjayes, avec sa fille. Son mari était venu aussi. Mais cela n'avait rien changé...
Il n'avait pas tenu, il était allé voir grand-mère, pour lui demander son avis. A peine avait-il parlé d'Oscar qu'elle avait fondu en larmes. Jamais de sa mémoire d'homme, il ne l'avait vu comme cela... Grand-mère s'était agrippé à lui en pleurant, l'état d'Oscar s'aggravant de jours en jours. Il avait réussit à la calmer un peu, et elle lui avait raconté.
Raconté comment Oscar pouvait rester assise des heures durant, le regard fixé sur un objet. Comment elle se réveillait en pleine nuit en hurlant. Comment elle s'énervait, dès qu'elle subissait une petite contrariété. Comment la jeune fille qu'elle avait été, avait fait place, à une femme que personne ne reconnaissait...
André ne savait pas quoi faire... Il avait une envie, celle de voir Oscar, pour juger lui même de son état... Elle était mal, très mal, tout le prouvait...
Il se leva de son lit, et commença à écrire une lettre. Tan pis pour la fidélité, tan pis pour les promesses... Il fallait qu'il la voit, en avoir le coeur net... Oscar, la femme qui hantait ses pensées, en permanence... La femme qu'il aimait le plus au monde...
Oscar, fut fort étonnée de la visite de grand-mère... Mais elle en fut contente... De plus en plus sur le fil, voir celle qui l'avait élevée ne pouvait que lui faire du bien... Elle était dans un bon jour... Triste, tourmentée, mais calme.
Elle serra de toutes ses forces sa vieille nourrice dans ces bras. Elle la fit entrer dans son salon privé, et demanda à une domestique de de monter du thé. Elles s'assirent dans un canapé, côte à côte, et regardèrent un instant Élise, du haut de ses trois ans et demi jouer avec une poupée sur le tapis. Le tableau était frai, attendrissant. Ce genre de chose appaisait Oscar, la rendait, pendant un instant, plus sereine...
Grand-mère pris une inspiration. Tan pis, elle devait le dire. Cela faisait un moment qu'elle voulait en parler avec Oscar, elle voulait savoir la vérité... Mais elle n'avait pas trouvé le moment opportun. Elle s'assura tout de même qu'elle soient complètement seules. Si jamais quelqu'un venait à entendre cette conversation...
-Cet enfant est belle comme tout, dit grand-mère, attendrie. Elle a ses yeux...
-Comment grand-mère ? Dit Oscar en tremblant.
-Les yeux de son père... de son vrai père, dit elle en chuchotant.
Oscar resta interdite et fut secouée de violent tremblements. Grand-mère savait... Celle ci lui prit immédiatement la main pour la rassurer, devant la crise imminente.
-Ma chérie tranquillise toi... Je ne dirais rien...
-Oh grand-mère.... grand-mère....dit Oscar en posant la tête sur les genoux de la vieille dame.
-Chut... Pensais-tu pouvoir me le cacher longtemps ? Ne crois tu pas que je connais mon petit fils ? Et que je serais incapable de reconnaître mon arrière petite fille ?
-Pardon...pardon grand-mère...dit Oscar en pleurant. Mais je peux t'expliquer... je t'en pris laisse moi parler... C'est la première fois que je peux me décharger de ce secret... Je.. Je... n'en suis pas fière...grand-mère....
Grand-mère caressait les cheveux d'Oscar, doucement. Cela faisait un petit moment, qu'elle se doutait de quelque chose. Mais en voyant Élise, aujourd'hui, elle avait su. Su que cet enfant n'avait pas été engendré par son mari légitime... Elle laissa Oscar parler, et l'écouta jusqu'au bout.
-.... A ce moment là, je n'étais même pas fiancée grand-mère... Quand le docteur me l'a dit, j'ai paniqué... J'ai donc fait ce que j'avais à faire, pour que Victor crois que cet enfant venait de lui... J'ai eu si mal grand mère.... si mal... mais avais-je le choix ? Non... je ne pouvais dire la vérité... Élise est la fille de Victor... C'est ainsi... Si tu savais ce que ça m'a coûté... Je sais qu'André n'a toujours pas d'enfant, et qu'il en rêve... Je me sens tellement coupable, ce secret me ronge grand-mère... Je pensais que cela passerait... Mais non, cette culpabilité me suit partout, en permanence... Si tu savais combien André me manque... Il est mon souffle...sans lui je m'étouffe... J'en viens parfois à haïr Victor, même si je sais qu'il n'a rien fait de mal... Oh grand-mère, je suis si malheureuse... J'ai l'impression que le malheur me guette... qu'il ne me laissera jamais en paix...
Sa voix se brisa. Grand mère essuya ses propres larmes. Elle avait tout comprit... Ils s'étaient aimés, mais André s'était engagé... Conscient que leur histoire n'avait pas d'avenir de leur différence de condition, il avait épousé Diane... Oscar avait été trahie, et avait épousé Girodelle. André et elle s'étaient aimés à travers des lettres, de façon platonique... Mais Oscar avait découvert sa grossesse, juste après le mariage... Elle avait donc fait passer cet enfant pour celui de son mari, consciente de l'enjeu.
Grand-mère avait fermé les yeux sous ces aveux, horrifiée par ce qu'Oscar avait du endurer. Elle comprenait à présent, l'état de sa petite fille adorée. Elle avait laissé sa santé mentale, par ce mensonge... L'arrivée de l'enfant n'avait rien arrangé... Privée de celui qui la faisait respirer... Soumise à une pression, celle de devenir mère, et épouse ... Ignare de choses que les jeunes filles savaient dès leur plus jeune age...Elle avait sombré, dans une dépression qui s'était transformé, petit à petit, en véritable démence... Oscar elle même en était consciente...
-Chut....chut...chut.... souffla grand-mère. Oscar, ma chérie... Tu dois te battre, pour Élise...
-Je sais grand-mère, mais je n'y arrive plus... je voudrais tant qu'André soit au courant...oh grand-mère, je me sens faible... j'ai peur...
-Tu vas y arriver... Regarde ta fille... Elle a besoin de toi....
Oscar se releva et regarda grand-mère. Elle hocha la tête. Oui elle devait se battre. Oui, elle allait ce battre contre ce fléau qui gagnait, chaque jours, un peu plus de terrain.
Grand-mère lui sourit, et changea de sujet.
-Au fait Oscar, ou est cette jeune fille dont tu me vantes les mérites à chaque fois ?
-Oh, tu parles de Rosalie... Elle est en congé aujourd'hui... Heureusement que je l'ai à mes côtés... Elle seule arrive à me faire avaler quelque chose quand je n'ai pas faim... Tu t'entendrais bien avec elle... Elle est si gentille, je sens qu'elle ne me juge pas...
-Je ne te juge pas Oscar....
-Merci grand-mère,souffla Oscar en esquissant un sourire.
-Je suis contente qu'il y ait auprès de toi une jeune fille qui puisse te soutenir... Je vais devoir y aller Oscar. Mais avant, tiens... dit elle en lui tendant une lettre. André...m'a précisé que c'était urgent... Je savais... que.... vous vous aimiez... S'il avait été noble... soupira t-elle.
-Il est la personne la plus noble que je connaisse grand-mère... C'est lui qui me fait tenir, malgré tout...
Grand-mère la regarda un bon moment avant d'ajouter...
-Alors continuez....
Elle s'en alla, après avoir embrassé Oscar, ainsi qu’Élise, qui n'avait pas quitté sa poupée.
Oscar ouvrit la lettre, son cœur fit un bon. André voulait la voir. Vite. Pourquoi ? Oscar se sentit fébrile... Voir André...Le voir... Il y avait si longtemps... Oui, oui elle le voulait... Elle le verrait. Il lui donnait rendez vous dans deux semaines, à l'étang.
Deux semaines.... Oscar se surprit à sourire... Elle se sentait plus légère....Elle regarda sa fille, se leva et la pris dans ses bras. Elle respira longtemps son odeur. Des petits bisous dans le petit cou blanc. Élise ria. Oscar ria à son tour... Ce petit rayon de soleil illuminait ses ténèbres, de plus en plus noir... Une présence indispensable, pour survivre. Une présence qui lui rappelait chaque jours, la nuit la plus belle de sa vie...
Chapitre 35
Le jour tant attendu était arrivé... Il avait représenté au yeux d'Oscar, un espoir sublime, de combattre... André, son André, son amour, son souffle, sa vie... Mais elle se sentait quand même lasse... Elle souffla un grand coup. Dans quelques heures, elle verrait André.
Elle alla chercher sa fille pour qu'elle partage son déjeuner. Son mari vint la voir, comme chaque matin, et l'embrassa. Il embrassa aussi Élise, qui était bien plus concentrée par le repas qu'elle donnait à sa poupée, que par l'affection de son père. Il sourit, haussa les épaules, et s'attaqua à son assiette.
-Oscar, je ne rentrerais que demain matin... Rosalie reste ici cette nuit n'est ce pas ? Demanda t-il l'air de rien.
-Oui, en effet Victor, répondit Oscar sur un ton glacial.
Elle savait pertinemment qu'il ne voulait pas qu’Élise soit seule avec elle... Elle avait eu des crises violentes, des jours ou elle n'avait pas quitté son fauteuil, des jours où elle avait perdu des objets, mais jamais, elle n'avait fait de mal à sa fille... Au contraire, elle s'en éloignait lorsqu'elle sentait un changement d'humeur...
Ils finirent de déjeuner en silence, le froid avait rompu l'ambiance... Rosalie vint chercher Élise pour la faire promener, tandis qu’Oscar partit enfin retrouver son chez et tendre... Elle se sentait si bien ! Mais si mal... au fond tout au fond, cela n'allait pas... Les vieux démons ne demandaient qu'a sortir...
André attendait, assis au bord de l'étang. Il se tordait les doigts, passait sa main dans ses cheveux, transpirait... Il devait prendre une décision, et vite. Allait il oser ? Allait il avoir le courage de faire cela ?
Il se retourna en entendant des bruits de sabot. Oscar arrivait. Il se leva et marcha d'un pas rapide dans sa direction. Elle sauta de son cheval, et se dirigea en courant, vers ces bras tendus...
Elle sauta dans ses bras. Il la serrait si fort qu'elle en avait le vertige. Elle avait passé les mains dans son dos, et lui agrippait sa chemise, si fort, qu'elle menaçait de se déchirer...
Puis vint le baiser. Il pressa ses lèvres avec force sur les siennes. Elle était là dans ses bras, enfin, depuis tout ce temps... Jamais ils n'avaient passé une période aussi longue sans se voir...
Il desserra son étreinte et la regarda attentivement. La peau pale, maladive. Des cernes marquées. Des yeux qui avaient perdu leur éclats, éclat dont il s'était abreuvé pendant maintes années. Des cheveux ternes, fins, qui eux aussi avaient perdu leur brillance . La taille fine, bien trop fine. L'apparence d'Oscar avait si changé, qu'il n'arrivait même pas à parler. Son état mental avait débordé sur son état physique. Elle était toujours belle, mais ce n'était plus qu'une ombre.
André regardait Oscar, qui s'était métamorphosée, en seulement deux ans et demi. La boule au ventre. Tout à l'heure, il ne savait pas. Mais maintenant, il savait... Il avait pris sa décision...
-Oscar... Oscar... Mon amour... dit il en la regardant.
-Je suis là, dit elle en lui caressant la joue. Je suis là...
Il pris une inspiration. Trop tard. Il l'avait vue, il ne pouvait faire machine arrière.
-Oscar, si j'ai voulu te voir, c'était pour en avoir le cœur net. Je le vois, à présent, et je ne peux plus supporter l'idée que tu sombres dans la folie... Oscar, c'est de ma faute tout cela... J'ai voulu tenir mes engagements auprès de Diane, mais, je me rends compte maintenant que c'était de la folie de m'éloigner de toi... Je le vois, tu ne vas pas bien... Je ne peux pas te laisser comme cela... Je ne peux pas... Alors je vais t'emmener... Loin... Loin... Nous allons vivre ensemble, nous allons nous aimer comme nous aurions du le faire il y a des années... Oscar, je vais quitter Diane. Elle est forte, je le sais, je serait honnête avec elle... Je ne veux pas mentir... Pas pour cela en tout cas. Elle ne comprendra pas, et sera malheureuse, mais, si je dois en choisir une, c'est toi... Oscar, le veux tu ? Veux tu que nous partions tout les deux ???
Oscar le regardait, le cœur battant. Il lui proposait de fuir... mais...
-André, j'ai une fille... Je … je ne peux pas la laisser...
-Alors emmène la... Partons tous les trois.... Oscar....
-Je, je sais pas...je sais pas... c'est de la folie...souffla Oscar, désemparée par ce qu'il venait de lui proposer.
-Je sais, je sais, mais je..je ne peux plus... te voir comme cela, te savoir comme cela...c'est impossible pour moi tu comprends ? C'est impossible !!!
Une véritable passion animait André... Peut importe les conséquences... Il ne voulait pas qu'elle reste dans cet état. Celle qu'il aimait dépérissait, et personne ne semblait s'en soucier assez pour arrêter ce cercle infernal. Alors tan pis pour les autres...Oscar hagarde, réfléchissait à toute allure... Il lui proposait de partir... Avec sa fille... Non, avec leur fille !!! Mais avait-elle le droit au moins ? Avait-elle le droit de l'arracher au père qu'elle avait toujours connu ? Ce père, qui avait toujours été présent ? Elle n'aimait pas Victor, elle ne l'avait jamais aimé. Même pas une once de tendresse. Une amitié, simplement. En lui prenant sa fille, elle le tuerait. Il mourrai, si elle fuyait avec l'enfant qu'il aimait le plus au monde...
Elle regarda André, le visage rivé sur elle, attendant une réponse le souffle court... Voulait-elle partir au moins ? Oui. Oui, elle n'avait jamais rêve que de ce moment, ou André lui dirait qu'il l’amenait... Elle s'imagina un instant dans une nouvelle vie. Lui et elle. Elle ressentit un sentiment de plénitude... La tête lui tournait, tellement ce tableau lui faisait envie...
-Oui André. Oui, je veux partir avec toi. Mais pas pour le moment. Je vais dire la vérité à Victor moi aussi. Il le faut... Mais il faut trouver une solution... Je ne peux pas arracher Élise, sans faire attention à lui tu comprends ? Il faut faire les choses dans l'ordre. Je vais...demander le divorce. Oui, je vais le faire André, dit elle avec ferveur. Nous conviendrons d'une solution pour Élise... André nous allons répandre le mal autour de nous tu le sais ??? Si nous fuyons...
-J'EN AI ASSEZ !
Il avait crié. Il ne supportait plus la vie qu'il menait, loin d'elle... Il ne supportait plus de la voir si mal...
-Oscar, dit il en reprenant son calme, je sais que nous ferons du mal autour de nous mais... mais je n'en peux plus tu comprends ? T'es tu regardée ??? Tu n'est plus qu'une ombre ! Je ne sais même pas comment tes parents ont fait pour ne pas vouloir te sortir de cet état...
-Il ont tenté...mais je... suis fo...
-Tais toi, je ne veux rien entendre. Je sais qui tu es, je sais de quoi tu es capable, et je sais que tout les deux nous allons réussir à te rendre la santé, celle que tu as toujours eu... Je vais faire la même chose... Je vais divorcer, et je ferais de toi ma femme... C'est toi ou personne, je pense que nous nous sommes suffisamment sacrifiés... Le veux tu Oscar ?
Pour toute réponse, elle l'embrassa. Avec retenue cependant. Elle ne voulait pas craquer. Ils avaient divorcer, et se marier. Ils auraient tout le temps de s'aimer...
Ils s'assirent près de leur arbre, et Oscar se blottit dans les bras qui lui avaient tant manqués... Elle succomba à sa fatigue, et s'endormit. Un sommeil profond, serein, dans les bras de celui qui allait la sauver. Il la regarda, et s'allongea tout doucement. Il resserra son étreinte autour d'elle, elle frissonnait. Bientôt, elle n'aurait plus froid...
Chapitre 37
Oscar se réveilla en hurlant. Deux mains vigoureuses la plaquèrent sur le lit, pour l’empêcher de bouger.
-Oscar ! Calmez vous !!! Oscar !!! cria Victor.
Oscar, en entendant sa voix s'apaisa. Un instant, le temps qu'elle se souvienne. L'image d’Élise inerte sur le canapé lui revint en mémoire.
-Élise !!! Non !!!J'ai tué mon enfant !!! s'écria t-elle
-Oscar, calmez vous, non, Élise est vivante, elle va très bien...dit son mari d'un ton neutre.
-Oui ??? Où est elle, je veux la voir...., supplia Oscar qui n'en croyait pas ses oreilles.
-Non ! Nous devons parler avant...
Il la regarda fixement. Oscar n'avait pas envie de parler ! Elle voulait s'assurer que sa fille allait bien. Son cœur battait à se rompre d'angoisse, il fallait qu'elle voit sa fille respirer... Elle rabattit les couvertures, et voulu sortit de son lit, mais Victor lui serrait le poignet, comme pour l’empêcher de bouger.
-Mais de quoi voulez vous qu'on parle ?! Ce n'est vraiment pas le moment !!! Laissez moi, je veux aller au chevet de ma fille ! Dit elle en tentant de se dégager.
-Élise dort. Elle s'est tout de même cassé le bras en tombant dans l'escalier. Rosalie la veille. Vous rendez vous compte que votre inattention aurait pu lui coûter la vie ???
Il avait parlé sur un ton dur, qu'elle ne lui connaissait pas. Il était fâché par sa négligence. Elle ne pouvait que le comprendre, elle même se dégouttait.
-Je suis désolée Victor, je me suis assoupie...dit elle en fondant en larmes. Ça n'arrivera plus...Je le promet....
-Je vous crois.
Il se leva et commença a faire les cent pas dans la chambre.
-Je vous crois parce que je ne veux plus que vous approchiez Élise. Je vous le défends. Oscar, vous n'allez pas bien, et cela dure depuis sa naissance. Votre état empire. Vous êtes un danger pour vous et les autres. Je me vois dans l'obligation de vous interdire l'accès à la chambre de notre fille. Le temps que vous alliez mieux...
-Vous m'interdisez de voir ma fille ? Mais de quel droit ??? dit elle en se levant.
-Je ne veux pas que vous l'approchiez est-ce clair ??? répondit-il en haussant le ton.
-Je vous défends de me parler sur ce ton !!! Si je veux passer du temps auprès de ma fille, cela ne vous regarde pas. !!!
Elle se dirigea d'un pas vif vers la porte, mais son mari avait tout prévu. Il se précipita sur elle, lui attrapa le poignet, et la remit de force sur le lit. Oscar se débattait en hurlant, et tenta mainte fois de passer cette porte, mais sans succès. Il finit par la gifler. Elle s’arrêta immédiatement, outrée par le geste qu'il venait d'avoir. Lentement il recula vers la porte.
-Je suis désolée Oscar, mais c'est pour votre bien.
La dessus, il sortit. Oscar entendit le bruit d'une serrure qu'on verrouille. Elle se précipita sur la porte et tira de toutes ses forces. Elle était enfermée... Elle fit le tour de toutes les issues possible, mais il n'en avait oublié aucunes. Voyant qu'il n'y avait aucune solution, Oscar, se mit à hurler de rage.
Quelques heures plus tard, Victor se rendit chez ses beaux parents. Il avait prit sa décision. Il n'en pouvait plus. Il respira un grand coup, et demanda à voir le Général de Jarjayes.
Celui ci le reçu avec étonnement. Il l'amena dans son bureau, et lui demanda la raison de sa visite.
Après s’être assit dans un fauteuil, il parla avec une certaine appréhension. Il doutait fort que ce qu'il avait à dire plairait au Général. Il voulait tout de même son appuis. S'il ne l'avait pas, tant pis, il ferait sans...
-Alors Victor quelle sont les nouvelles ?
-Je ne viens pas parler de nouvelles Général, mais de l'état d'Oscar.
Le Général déglutit.
-Et bien, parlez...dit il d'une voix éteinte.
-Ce matin Oscar a eu des hallucinations. Elle a prétendu que sa domestique avait mit de l'eau croupie dans sa bassine. Hors, il n'y avait que de l'eau claire.... Ce n'est pas la première fois, qu'elle confond les choses... Mais il y a pire... Elle s'est endormie, et a laissé Élise sans surveillance. Elle est tombée dans les escaliers. Dieu merci, elle n'a qu'un bras cassé, cela aurait pu être pire. C'est ce que l'on m'a raconté lorsque je suis rentré de la cour. Oscar s'était évanouie, elle a cru que son enfant était morte. Depuis, je l'ai interdit de voir sa fille...
-Mon dieu... Mais vous ne pouvez lui faire cela !!! s'exclama le Général indigné.
-Comprenez moi. Oscar est un danger, pour Élise, et même pour elle. Vous l'avez vu à l’œuvre. Vous l'avez vu agir, lorsqu'elle a passé un mois ici.
-Mais, Oscar est fragile, mais, je suis sur que ce n'est qu'une passade....
-Une passade qui dure depuis trois ans... Reconnaissez le, Oscar n'a plus toute sa tête... J'ai décidé... de ...la mettre dans... un institut spécialisé... dit Victor lentement.
-Comment?! Mais vous n’êtes pas sérieux !!! s'écria le Général .
-Si.
-Savez vous comment doit-on procéder pour enfermer une personne ??? Il nous faut l'accord du Roi !!! Et vous savez ce qui va en découler ??? Lorsque vous en aurez référé au ministre, celui ci ouvrira une enquête !!! Des questions seront alors posée au gens qui l'entourent en permanence !!! Vous, vos domestiques, nous !!! Une fois que le lieutenant aura rendu son dossier, vous pourrez alors savoir si Oscar pourra être enfermée ou pas !!! Votre réputation, notre réputation sera salie ! Elle l'a été suffisamment lorsqu'un gueux a trahi Oscar. De plus je ne tolérerai pas que ma fille aille dans un de ces établissements. C'est hors de question. Je comprends que vous ayez peur pour Élise. C'est ma faute si elle est dans cet état. Oscar, n'était pas faite, pour une vie d'épouse, et de mère...Dans ce cas, si vous voulez éloigner Oscar, ramenez la ici. Nous en prendrons soin...
Le Général regardait son gendre avec instance. Il ne pouvait supporter l'idée que sa fille, soit une fois de plus déshonorée. De plus, l'envoyer chez les aliénés... Il n'en était pas question.
-En prendre soin ?! Mais que croyez vous ??? Que je l'ai délaissée ??? Je n'ai jamais voulu que son bonheur !!! s'écria Victor.
-Je ne vous blâme pas. Oscar n'est pas bien, mais...
-Oscar est folle.
Il avait parlé d'une voix nette, et claire. Son père ne voulait pas voir la vérité en face. Il y avait longtemps qu'Oscar ne se comportait plus comme une personne saine d'esprit. Elle perdait contact avec la réalité. L'incident de ce matin en était la preuve. S'il n'y avait eu que celui la encore, mais, malheureusement, ce n'avait pas été le seul...
-Pitié ne dites pas ça...murmura le Général en enfouissant les mains dans son visage.
-J'ai pris la liberté de contacter un établissement, à 30 lieux de Paris. J'explique dans cette lettre l'état d'Oscar, je leur demande, de l'accepter sans ordre du Roi, de façon officieuse, moyennant une somme généreuse. C'est la seule façon de protéger Oscar. Personne ne sera au courant de son état. Elle en sortira lorsqu'elle sera mieux.
-Pensez vous que cela l'aidera ?! Vous ne pensez pas qu'elle serait mieux, entourée de gens qui l'aiment, plutôt que d'inconnus ?!
-Avez vous trouvé une amélioration lors de son séjour ici ? Général, vous ne savez même pas ce que cela me coûte... Je le ferais avec ou sans votre accord...
Sa voix se brisa. Il s'était levé, et avait posé une main sur le mur, le dos voûté. Le Général l'observa un moment, le cœur serré. Il souffrait, cela se voyait...
-Vous êtes son mari... Si vous pensez que son état peut s'améliorer... céda le Général. Mais si son état ne s'améliore pas, j'exige que vous la fassiez sortir. Je n'accepterais jamais qu'elle y passe sa vie entière.
-Évidemment. Je ne vous demande de rien dire autour de vous. Personne ne doit être au courant. Vous savez comment les langues se délient vite...
-Bien sur... Nous n'auront qu'a dire qu'Oscar est partie pour sa santé, dans je ne sais quel coin reculé...
-Oui c'est une bonne idée.
Ils continuèrent de parler encore quelques temps. Au bout d'un moment, Victor pris congé, après avoir assuré à son beau père qu'il le préviendrait pour la suite des événements... Lorsqu'il fut partit, le Général se retira dans sa chambre, las, et triste de toute cette histoire.
Lorsque Victor rentra chez lui, un silence de mort régnait. Il monta doucement les escaliers, et alla voir sa fille. Elle pleurait, à cause de la douleur de son bras. Rosalie avait vainement essayé de la calmer, mais elle réclamait sa mère.
Victor l 'apaisa, et elle finit par s'endormir. Il alla voir ensuite comment allait Oscar. Rosalie lui avait confié qu'elle avait hurlé pendant un moment, mais qu'elle s'était calmée. Il déverrouilla la porte et entra lentement. Elle était allongée sur le lit, dans le noir, recroquevillée sur elle même.
Il s'assit doucement à ses côtés, et regarda si elle dormait. Ce n'était pas le cas, elle avait les yeux grand ouvert.
-Oscar...murmura t-il en posant une main sur son épaule.
-Laissez moi, dit elle en chassant la main de son époux.
-Oscar comprenez moi... Vous ne pouvez voir Élise dans cet état...
-.......................................................................................
-Bien, vous ne dites rien, je comprends votre colère.
-Non, vous ne comprenez rien. Vous n'avez jamais rien comprit....
-Mais que dois-je comprendre ?
-Rien, laissez moi voir ma fille.
-Non, pas ce soir, demain peut être.
-Qui êtes vous pour me dire cela ?
-Je suis son père. Et je suis votre mari.
-.....................................................................
-A demain Oscar, reposez vous.
Il quitta la chambre, et verrouilla une fois de plus la porte. Oscar se tourna une fois qu'il fut partit. Les larmes aux yeux, elle pris la dernière lettre d'André, qui parlait de leurs projets de départs. Elle étouffa un sanglot. Elle devait renoncer, jusqu'à que les choses s'arrangent...
Chapitre 38
-Oh mon chéri !!! Je suis si heureuse, tu ne peux pas savoir !!! dit Diane en lui sautant au cou.
André la serra contre lui, automatiquement. Le visage livide, le souffle court, elle venait de lui annoncer la plus mauvaise nouvelle de sa vie...
Diane avait finit par tomber enceinte. Après des années, elle attendait enfin un enfant. André vivait un véritable cauchemar. Lorsqu'il avait décidé de la quitter, c'était en parti parce que justement, ils n'avaient pas eu d'enfants. Il n'aurait pas pu l'abandonner sans cela. Mais jusqu'alors, ils n'en avait pas... Le fait de la quitter aurait été monstrueux, mais sans enfants, cela était plus facile. Il n'aurait pas déchiré une famille, et sa conscience aurait été moindre...
Il avait finit par se l'avouer, le jour où il avait prit la décision de fuir avec Oscar. Il n'aimait plus Diane. L'avait-il aimé au moins ? N'avait-il pas confondu attirance et amour ? Le fait qu'elle le remarque, qu'elle l'aime, sans conditions, à sa juste valeur, n'avait-il pas joué un rôle important ? Il se sentait mal. Des mensonges, sa vie n'était faite que de cela. Et désormais un enfant... Il en avait voulu, oui, vraiment, pour que sa vie soit moins monotone... Une vie qui avait fini par être terne. Les première années avaient été plutôt douce, mais la correspondance d'Oscar de plus en plus inquiétante, l'avait éloignée de Diane... Il avait fait des efforts, mais le cœur n'y était plus. Il l'avait rendue heureuse... Mais … Lui ne l'avait jamais vraiment été...
-Tu ne dis rien ? Demanda Diane en le regardant.
-Heu si ! Si c'est merveilleux ! Je suis très heureux !!! dit il en l'embrassant.
Elle se blottit dans ses bras. André l'écouta, tout faisant taire le hurlement qu'il avait envie de pousser. Il n'était plus question, de quitter Diane. Il devait faire une croix sur ses plans. La vie s'acharnait, encore une fois.
Victor ouvrit la lettre qu'il venait de recevoir. Il s'en doutait. L'asile acceptait Oscar. La contribution financière, si généreuse, tenait lieu de preuve de la folie d'Oscar. L'ordre du roi, face à une telle somme, devenait inutile... Il l'avait présentée comme Oscar de Jarjayes, il ne voulait pas tacher le nom des Girodelle de honte. De toute manière, personne ne la connaîtrait.
Il se demanda si c'était la bonne solution... Mais avait-il au autre choix ? Cela faisait 3 mois qu’Élise était tombée dans les escaliers. Son intention d'éloigner Oscar d'elle n'avait pas faibli. Oscar passait désormais la journée dans sa chambre, et pouvait visiter sa fille uniquement lorsque son mari rentrait. Elle avait hurlé, brisé tout ce qu'elle pouvait trouver, pleuré, supplié, pour faire revenir son mari sur sa décision, mais en vain. Celui ci était resté inflexible.
Elle avait sombré dans la tristesse... Vidée d'une énergie qui avait faibli au fil du temps, elle attendait toute la journée, ce petit moment ou elle pouvait voir son ange. Elle souffrait le martyr... Elle n'avait plus le droit de sortir de la maison, et ne recevait donc plus de lettres d'André. Elle avait cependant écrit à grand-mère. Elle était venue lui rendre visite, et lui avait apporté la lettre d'André. Il lui disait qu'il ne pouvait plus fuir, comme il lui avait promis. Elle avait lâché la lettre et avait pleuré. Pouvait elle lui en vouloir ? Elle était coincé de son côté de toute façon. La situation était devenue intenable. Dans une ultime lettre, elle avait demandé à André d'interrompre leur correspondance. Définitivement. Elle lui demandait de se consacrer à son enfant à naître, et lui promettait de s'en sortir de son côté. Elle le ferait pour lui... Redevenir la femme qu'elle avait été. Elle le suppliait de l'oublier, la souffrance qu'ils avaient endurés tout les deux éloignés n'avaient que trop duré. Se consacrer à leurs conjoins respectifs, à leurs enfants, à leurs vie, sans jamais se revoir. Leur projets d'évasion l'avait fait rêvée, réconfortée, mais il fallait se confronter à la réalité, jamais, ils ne pourraient être heureux, s'ils abandonnaient leurs enfants. Elle lui demandait de ne plus s’inquiéter pour elle, de prendre soin de son épouse. D’être heureux, c'est tout ce qu'elle lui souhaitait. Elle vivrait avec les souvenirs qu'elle avait, cela lui suffirait... Elle lui demandait de ne pas répondre à cette lettre de rupture, elle le suppliait de respecter ses vœux... Dans un ultime effort, elle scella la lettre, et l'envoya. André, ne faisait plus partit de sa vie, c'était terminé...
Elle avait promit de redevenir elle même, et elle tenait parole. Et cela marchait. Même si elle souffrait, elle affichait une conduite irréprochable. Depuis deux mois, rien de notable ne s'était passé. Mais Oscar ignorait, que son mari avait définitivement scellé son destin.
Deux mois plus tard, l'accord entre le directeur de l'asile, et Victor avait été finalisé. Il avait tenu le Général au courant. Il lui avait demandé d’être présent lorsqu'ils viendraient chercher Oscar. Le Général, avait refusé tout net. Il refusait d’être mêlé à cette histoire, qu'il n'assumait pas. Mais Victor avait insisté sur le fait qu'il serait le seul capable de rassurer Oscar, le moment venu. Il accepta donc.
Le Général bu un dernier verre d'alcool. Cela lui donnerait du courage. Il devait aller chez sa fille, ce soir. En toute discrétion, une calèche, venant de l'asile, viendrait la chercher. Il n'avait rien dit à personne, la honte l’empêchait de parler. Sa femme, et grand-mère se seraient opposées, sans nul doute à ce triste projet.
Il monta dans la calèche, il était nerveux. Il se sentait tel un père indigne qu'il était. La main posée sur le genoux il bougeait ses doigts, nerveusement. Le visage en sueur, il se demandait s'il allait supporter le spectacle. Oscar ne serait jamais d'accord... Elle ne se laisserait pas faire, c'était certain...
Arrivé devant la demeure des Girodelle, il constata que la calèche était déjà arrivée. Quatre hommes attendaient. Il entra dans la demeure silencieuse. Girodelle était assis, et comme lui, buvait un verre.
-Ou est Oscar ? Demanda le Général.
-Dans sa chambre... dit il d'un air absent
-Tout cela est vraiment nécessaire ?! Demanda le Général, nous pouvons encore faire machine arrière.
Il avait parlé d'un ton presque suppliant. Victor ne le regardait pas, il fixait un point opposé...
-Oscar va souffrir le martyr éloignée de sa fille en avez vous conscience ?! Je ne sais si elle va le supporter....
-Elle va guérir... dit lentement Victor. De plus, j'ai obtenu la promesse qu'elle soit traitée le mieux possible. Si... elle ne va pas mieux, elle reviendra... je vous l'ai promis...
-Bien. Répondit le Général, voyant que son gendre resterait inflexible...
Victor appela les hommes qui attendait dehors. Ils se postèrent dans l'entrée. Habitués à agir de la sorte, il n'affichaient pas d'air particulier. C'était leur travail tout simplement...
Victor monta lentement les marches. Il frappa à la porte d'Oscar. Celle ci était en train de pleurer, silencieusement. Elle pensait à André, dont elle n'avait pas de nouvelles.
Elle lui dit d'entrer. Victor s’avança, la mine grave.
-Oscar, pourriez vous me suivre s'il vous plaît ? Demanda t-il doucement.
-Pourquoi ? Répondit-elle surprise.
-Votre...père...est ici....dit il en regardant ailleurs.
-Mon père ?!
Oscar fronça les sourcils. Son père venait lui rendre visite à cette heure tardive ?! Elle pensa soudainement à grand-mère... Elle l'avait trouvé fatiguée la dernière fois qu'elle était venue... Était il arrivé quelque chose ?!
Elle se leva précipitamment, et dévala l'escalier. Elle se précipita sur son père.
-Père que faites vous ici ?! Est-il arrivé quelque chose ? Demanda t-elle avec angoisse
-Non, non, mon enfant rassurez vous, tout va bien, dit il en souriant.
-Mais, que faites vous ici dans ce cas là ? Demanda-elle d'un air méfiant.
-Et bien... Je, je...
Le Général ne trouvait pas les mots. Que pouvait-il bien lui dire ? Qu'elle allait etre enfermée dans un asile, et qu'il venait lui dire au revoir ?!
Il regarda son gendre, placé derrière Oscar. Celle ci surprit son regard, et sentit un malaise. Elle se tourna vers son mari.
-Que se passe t-il Victor ? Demanda-elle d'une voix dure.
-Oscar... Il est temps que des professionnels s'occupent de vous. Vous êtes vous même consciente de votre état... Nous avons pris la décision, de vous éloigner quelque temps, pour que vous puissiez guérir...
-C-Comment ? Pour guérir...souffla t-elle.
Elle ne comprenait pas ce que son mari voulait dire.
-Oscar, repris t-il sachez que cela est pour votre bien, uniquement pour votre bien... dit il en s'approchant doucement.
Elle fit un pas en arrière, par réflexe. Elle regarda les quatre hommes qu'elle n'avait pas encore remarqué...
-Qui sont ces gens ??? questionna t-elle d'un air de plus en plus méfiant.
-Ce sont eux qui vont vous conduire une maison de repos...
-Une maison de repos ??? Mais vous plaisantez je suppose dit elle d'un air menaçant.
-Non, Oscar.
Il fit un signe aux hommes. Deux s'approchèrent et prirent Oscar par les bras. La réaction fut immédiate.
-Mais lâchez moi !!! Je ne vais nulle part !!! Victor !!! Mais que faites vous ???
-Oscar, je vous promets que vous allez guérir... J'en suis sur...
-Vous allez me faire enfermer ??? cria t-elle outrée
-Pour votre bien... Oscar, soyez raisonnable et laissez vous faire dit Victor d'une voix apaisante.
Mais Oscar avait compris... Assommée par la nouvelle, elle était restée immobile... Elle se débattit brusquement. Les hommes habitués à ce genre de comportement, tentèrent de lui faire entendre raison. Mais la colère était montée, et s'exprimait sans aucune retenue...
-LÂCHEZ MOI !!!! LÂCHEZ MOI !!! hurla Oscar, à bout
Elle avait beau se débattre, elle n'arrivait pas à s'extirper de ses gardes.
-PÈRE JE VOUS EN SUPPLIE !!!! PÈRE VOUS NE POUVEZ ME FAIRE CELA !!!! VICTOR , M’ÉLOIGNEZ PAS D’ÉLISE, LOIN D'ELLE JE MOURRAI !!! PITIÉ PITIÉ...
Sa voix se brisa. Les larmes inondaient son visage, elle venait d’être trahie, encore une fois, mais par des gens, en qui elle avait confiance...Son père la regardait, le visage déformé par la tristesse... Il détourna la tête, pour ne pas affronter son regard... Les yeux bleu qu'il croisait, allaient le faire changer d'avis...Victor, le visage en sueur, ne disait rien. Que dire devant cette scène insupportable ?! Il comprenait sa haine, sa tristesse, son désarrois...
Un des hommes resté en retrait, se présenta devant elle. Il tenait une chemise de coton, épaisse, avec des manches anormalement longues. Elle fut forcée de passer cette chemise. Il croisa les deux bras sur la poitrine, et noua les manches dans le dos. Oscar, emprisonnée dans une vulgaire chemise, se laissa tomber sur les genoux, le souffle court. Elle s'était débattue avec toute l'énergie qu'il lui restait.
Échevelée, elle redressa la tête et fixa les deux hommes, qui l'avaient condamnée...
-Vous me le paierez... Je vous jure que vous me le paierez....dit elle à voix basse, mais parfaitement audible.
Sur ce, les hommes l’emmenèrent dans le carrosse.
Chapitre 40.
André recommanda un autre verre. Le patron de la taverne le regarda avec un drôle d'air. Il lui resservit une dose de cognac. André ne voulait plus penser. Il voulait... mourir... tout simplement. Sa vie avait toujours été compliquée, mais là, il n'en pouvait vraiment plus...
Trois mois plus tôt, il avait reçu la lettre d'Oscar. Celle qui lui demandait de tout arrêter. Un coup de poignard, voilà ce qu'il avait reçu. Mais il avait comprit... Il n'avait pas le choix de toute façon. Il s'était alors occupé de Diane, enceinte. Mais à croire qu'il avait le malheur incrusté dans la peau...
Celle ci venait de faire une fausse couche. Ce matin, lorsqu’il était partit, elle s'était déja plainte de douleurs. Il lui avait demandé de prendre sa journée, elle ne devait pas faire d'efforts. Elle lui avait alors promit de se ménager. En revenant le soir, il l'avait trouvée en pleurs, allongée dans le lit. Elle lui avait alors dit qu'une fois partit, elle avait sentit des douleurs, dans son bas ventre. Des douleurs de plus en plus violentes, l’empêchant de se rendre au travail. Elle avait demandé à son voisin d'aller chercher un médecin. Le verdict était tombé, tranchant, Diane avait perdu son enfant... André avait prévenu Alain et sa femme, qui avaient accouru tout de suite. Alain avait entraîné André dans une taverne, pour parler, tandis que Laure était resté près de Diane.
Il avait mit dans cet enfant l'espoir d'une vie meilleure, d'un nouveau départ. Un nouveau départ qui venait de mourir...
Alain regarda en coin André, qui était de plus en plus ivre. Il soupira. Son ami devenait de plus en plus triste... Chacun subissait sa peine sur cette terre à un moment donné. Alain, lui avait déjà eut son lot.
-Allez André... Ne t'en fait pas, ça ira ! Dit-il en lui donnant une claque dans le dos. Diane est forte, bien plus forte que tu ne le penses... Vous aurez d'autres enfants... Ça va marcher....
André ne trouva rien à répondre. Qu'est ce qui pouvait marcher ? Qu'est ce qui avait marché pour lui ? Rien. Il avait définitivement perdu Oscar, et il n'aurait jamais d'enfants... La vie était cruelle, elle ne lui avait rien épargnée... Il pensa à Oscar... Désireux d'avoir de ses nouvelles, il était allé voir grand-mère. Celle ci lui avait dit qu'Oscar était partie se reposer avec ses beaux parents, dans le sud de la France.
André était repartit, avec ces maigres informations... Il lui semblait porter un poids sur les épaules, en permanence... Diane l'avait accueillit en souriant... Il l'avait écouté parler de leur futur enfant... Elle avait réussit à lui remonter un peu le moral. Mais elle ne savait rien, des tourments intérieurs qu'il endurait...
Oscar pensait à André. Les pensées étaient la seule chose qu'ils n'avaient pu lui prendre. Elle pensait à ses mains. Ses mains, à la fois douces et puissantes. Sa bouche. Sa bouche rieuse et envoûtante. Ses yeux. Ses yeux dans lesquels elle s'était perdue amoureusement. Ses bras. Ses bras qui l'avaient entourée d'un amour qu'elle avait sentit si fort... C'était la nuit, et comme d'habitude, elle se sentait oppressée, de toute part. Elle se forçait alors à penser à André, ce qui la rassurait...
Elle poussa un cris. Une crampe, lui remontait dans la jambe. La douleur lui fit monter les larmes aux yeux. Elle avait beau tenter de bouger, elle ne voulait pas passer. La porte s'ouvrit.
Elle regarda le jeune homme, qui était une fois de plus de garde de nuit. Il arriva près d'elle, et commença a lui parler doucement, pour essayer de la calmer.
Mais ce n'était pas une crise qu'elle faisait, c'était une crampe, qui lui faisait terriblement mal. Elle s'était enfermée dans un mutisme volontaire lorsqu'elle avait été amenée ici, mais là il lui était impossible de garder le silence.
-Détachez moi je vous en supplie, demanda t-elle les dents serrées, à cause de la douleur.
-Je suis désolé, c'est impossible...
Il avait parlé avec une voix douce, et la regardait tristement. Il avait l'air sincèrement désolée pour elle.
-J'ai une crampe, s'il vous plaît, juste la jambe droite...s'il vous plaît... , supplia t-elle
Il semblait hésiter. Il constata qu'elle semblait ne pas jouer la comédie... Il avait des ordres stricts, il ne devait en aucuns cas les détacher... Mais juste la jambe... Que risquait-il ? Elle ne s’échapperait pas...
Il défit la boucle qui retenait la sangle . Oscar poussa un soupir de soulagement, elle pu enfin plier la jambe. La douleur s'en allait petit à petit...
-Merci, souffla t-elle.
-De rien. Votre crampe est passée ? Il faut que je vous rattache, je n'ai pas le droit normalement... dit-il sur un ton d'excuse.
-Bien...
Oscar obtempéra. De toute façon, elle ne pourrait rien faire avec une jambe détachée ! Elle regarda attentivement le jeune homme. Il lui rappelait André. Il avait la même douceur dans les yeux. Mais au lieux d’être verts, ils étaient bleu. Un bleu profond, calme. Il avait les cheveux court, brun aussi.
-Vous me rappelez quelqu'un...que j'ai bien connu...dit elle sans réfléchir.
Elle se tu aussitôt. Pourquoi diable avait-elle dit cela ?!
-Qui ? Demanda-t-il en souriant.
Il était surprit. Il avait essayé de parler avec elle, mais elle ne lui avait jamais répondu. Il se demandait pourquoi elle était là... Elle n'avait pas l'air dangereux. Les autres lui avaient assuré que si mais... Il ne savait pas pourquoi cette femme l’obsédait autant. Ce n'était pas une attirance, mais c’était comme si elle avait un secret, que personne ne connaissait... Et lui avait toujours été curieux... Il allait donc percer ce mystère, qui entourait cette femme...
-Personne, dit-elle en détournant la tête.
-Je vous ai froissée ? Pardon, dit il humblement.
Oscar tourna la tête dans sa direction. Elle avait été sèche, et c'est lui qui s'excusait...
-Non, c'est moi... Vous me faites penser à celui qui m'est le plus cher au monde... dit elle tristement.
-Votre mari ? Demanda-t-il timidement.
-Non... Mon mari m'a fait enfermer ici... Je le hais, dit elle en pleurant.
-Ne vous inquiétez pas, il... va … vous faire sortir sans doutes !
Il ne savait pas quoi dire. Elle pleurait à présent. Des larmes qui témoignaient d'un vif chagrin. Il voulait savoir... Il avait réussit à la faire parler, il voulait continuer à connaître cette femme... Que faisait elle ici ? Elle était différente des autres... Les autres n'avaient pas un comportement rationnel... Il était vrai qu'elle hurlait pendant ses cauchemars, et semblait perdue, mais qui ne le serait pas dans un tel endroit ?
-Non... Il veut m'éloigner de ma fille chérie... Ma petite Élise...
-Vous avez une fille ? Elle a quel age ? Demanda t-il
-Bientôt quatre ans... dit elle attendrie, en pensant à sa petite fille. Je rêve qu'on me l'enlève, que je ne la vois plus jamais...
-Vous la reverrez, dit il d'un ton encourageant.
-J'en doute... Je suis ici, et je vais sûrement y rester... Je ...ne ….veux pas....
Elle s'était remise à pleurer. Il s'approcha, et lui caressa lentement les cheveux.
-Dormez, lui conseilla t-il, vous irez mieux demain...
Il se dirigea vers la porte.
-Attendez ! Dit Oscar. Dites moi quel est votre prénom... jeune homme...
-Je m'appele Mathieu, dit il en souriant.
-Merci...Mathieu...
Il lui sourit et sortit de la chambre. Oscar ne savait pas pourquoi, mais il lui semblait que la clé de son plan d'évasion, portait désormais le prénom de Mathieu...
Oscar fit peut à peu connaissance avec Mathieu. Le jeune homme, sans en avoir conscience, lui était devenu indispensable. Oscar se sentait en confiance avec lui, contrairement aux autres, qui ne la regardaient même pas. Elle avait apprécié qu'il s’intéresse à elle...Voila maintenant un mois qu'ils discutaient longuement la nuit. Oscar ne faisait presque plus de cauchemars, mais il venait toutes ses nuits de gardes discuter avec elle. Il était censé lui faire prendre une dose de potion lorsqu'elle se réveillait. Mais chaque fois, elle était calme, il avait donc ignoré cet ordre.
Elle avait apprit qu'il vivait avec sa mère, seul. Il n'avait jamais connu son père. Sa mère était malade, il subvenait seul à leurs besoins. Mais elle venait de mourir, et son compagnon de nuit était triste. Oscar, avait compatit à sa douleur...
Mais le temps pressait. Oscar voulait à tout prix s'évader, elle ne supportait plus cet endroit. Et elle savait que lui aussi, n'aimait pas son travail. Il détestait tout comme elle, ce bâtiment froid, triste, qui résonnait de milles souffrances... L'humidité, le froid, la pourriture, tout lui devenait insupportable...
Cette nuit là, elle lui exposa sa folle demande. Après qu'Oscar eut longuement parlé, il réfléchit un instant. Il acquiesça. Il l'aiderait. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais était sur d'une chose... Cette femme n'avait rien à faire ici...
Chapitre 42
Victor froissa de rage la lettre qu'il venait de recevoir. Oscar s'était échappée !!! Il soupira longuement. Il fallait qu'il la retrouve. Elle n'était pas saine d'esprit, qu'avait elle en tête ?! Il décida d'aller voir son beau père.
Arrivé chez les Jarjayes, le Général ne le reçu pas avec un grand enthousiasme. Depuis qu'il avait fait enfermé sa fille, il était mal à l'aise avec lui. Mais cela était aussi de sa propre faute. Le Général n'aurait jamais du donner son accord... Pourquoi, à chaque fois qu'il devait prendre une décision avec Oscar, se trompait-il ?
-Bonjour Général.
-Bonjour Victor.
-Nous avons un problème avec Oscar... Elle s'est échappée... dit Victor sur un ton hésitant.
-Comment ?!!! s’écria le Général. Comment cela est-ce possible ???
-Il paraîtrait qu'elle aurait agressé un gardien, cette nuit. C'était un jeune homme sans expérience, elle l'a convaincue de lui détacher une main, pour chasser une crampe qu'elle avait au bras. Naïf, il a accepté. Elle l'a frappé, il est tombé raide, et elle s'est enfuie...
-Je vois... Mais...
Le Général avait tiqué sur un détail.
-Mais qu'avait vous dit ? Qu'elle était attachée ??? Et pourquoi je vous prie ? Demanda t-il sévèrement.
-Oscar avait déjà blessé un gardien, plutôt sérieusement... Ils l'ont classée dans les cas les plus difficiles.
-Vous voulez dire qu'elle était attachée nuit et jours ?! S'indigna le Général.
-....Oui.....
-Jamais je n'aurais du vous écouter, j'aurais du prendre mon enfant, et tenter de guérir sa folie, dit le Général en colère.
-Il faut que nous la retrouvions...
-Pourquoi ??? Pour la remettre dans cet endroit infâme ??? s’écria le Général.
-Non... Mais nous ne pouvons la laisser errer dans la nature...
Le Général passa sa main sur son visage. Il n'en pouvait plus... Il fallait qu'il retrouve sa fille au plus vite. Elle ne devait pas être trouvée, si quelqu'un la reconnaissait ?! Bien sur, l'asile était à plus de trente lieux, mais on ne savait jamais... Pour son propre bien être, il devait retrouver Oscar. Et il s'occuperait lui même de sa santé. Son mari avait cru bien faire, mais il s'était trompé sur toute la ligne...
Le Général pris un morceau de papier, et griffonna le nom et l'adresse d'un homme qui avait toute sa confiance. Il travaillait pour lui depuis de nombreuses années, il ferait cela bien.
-Tenez, voici l'adresse d'un de mes hommes. Il est efficace, et discret. Il saura trouver des personnes qui pourront se lancer dans les recherches sans poser de questions...
-Vous êtes sur de cet homme ? Demanda Girodelle.
-Oui, il a toute ma confiance. Allez y, et dites lui qu'Oscar doit être trouvée au plus vite. Je paierait les hommes pour leurs recherches.
-Bien, je partirais alors avec eux. Je ne veux que le bien d'Oscar, Général. Je sais que je n'ai pas fait le bon choix... Mais que voulez vous, j’étais désespéré... Je ne savais plus quoi faire !
-Je sais. N'en parlons plus. Allez y, il ne faut pas perdre de temps. Oscar est maligne, et même dans son état, si elle ne veut pas être trouvée, elle ne le sera pas. Fouillez de fond en comble les maisons au pourtour de l'asile, les villages... Prétendez juste qu'une jeune fille s'est échappée de l'asile, les gens vous aiderons volontiers. Faite savoir une récompense, pour celui qui aurait des informations. Mais surtout, je veux qu'Oscar soit traitée le mieux du monde, et j'insiste. Si elle revient blessée, ou même malmenée, je vous en tiendrai pour responsable. Me suis je bien fait comprendre ?
Victor se sentit tout petit l'espace d'un instant. Mais il reprit vite contenance.
-Bien sur, cela va de soi, répondit il simplement.
Le Général lui fit signe de sortir. Il se dirigea vers la table basse pour se servir un verre d'alcool. Il sursauta, en entendant un bruit. Il se retourna, et vit sa femme qui s’avançait lentement vers lui.
-Monsieur, pouvez vous m'expliquer ce que je viens d'entendre ? Demanda t-elle doucement.
Le Général déglutit. Sa femme venait de surprendre leur conversation. Cela faisait des mois qu'elle s’inquiétait pour Oscar. Elle la pensait partie dans le sud, avec ses beaux parents, tout comme grand-mère... Mais elle n'avait jamais reçu de réponse aux lettres qu'elle lui avait envoyé, pour savoir comment elle se portait... Pendant un moment, elle avait même parlé de la rejoindre, mais son mari l'en avait dissuadé, prétextant qu'elle devait bientôt rentrer, aux dires de son mari.
Il ferma les yeux. Trop tard pour reculer.
-Oscar, n'est... jamais allée dans le sud, avec ses beaux parents, comme je vous l'ai dit.
-Alors où est dans ce cas ? Demanda la comtesse de plus en plus énervée.
-Dans … dans un asile.
-Un asile ?! Mais vous plaisantez !!! s'écria t-elle, verte de rage. Vous avez fait enfermé notre fille ???
-Cette idée ne venait pas de moi !!! dit il en balançant son verra à travers la pièce. C'est son mari, qui m'a demandé son soutient. Étant donné l'état d'Oscar, je me suis dit que peut être, cela pourrait lui faire du bien... Vous ne l'avez jamais su, mais Oscar, avant de se faire interner, n'avait pas surveillé correctement notre petit fille !!! Élise a chuté dans les escalier... Son mari a voulu l'éloigner... Pour Élise, pour elle, pour les autres... Mais, nous venons d'apprendre qu'elle s'est échappée... et nous mettons tout en œuvre pour la retrouver, et la ramener en parfaite santé...
Sa voix se brisa, et il se laissa tomber dans un fauteuil, exténué par la tournure qu'avait pris les choses. La comtesse s'était assise elle aussi, sentant que ses jambes, sous les terribles aveux de son mari, n'allaient plus la soutenir. Elle commença à sangloter. Sa fille, avait été enfermée, à son insu...
-Mais comment avez vous pu accepter une telle chose ?! Demanda t-elle, la voix entrecoupée par des sanglots.
-Son mari m'a confié qu'il le ferait, avec ou sans mon aide. Je n'avais qu'a me plier...
-Vous plier ? Mais depuis quand vous vous pliez aux ordres des autres ?! Demanda t-elle en riant presque, tellement la situation lui paraissait risible.
-J'ai eu tord... Je lui ai proposé, de prendre Oscar avec nous mais... Je sais que j'ai eu tord. Pardonnez moi...
La comtesse se leva et contempla son mari. Elle ne pouvait le nier, sa tristesse et sa honte étaient visible. Le Général, si fier, si droit, n'était plus qu'un homme, honteux de sa conduite.
-Je vous pardonnerez lorsque notre fille ne sera plus dans la nature, mais en bonne santé, près de ceux qui l'aiment... Je sais que vous l'aimez. Je l'ai toujours su. Mais vous vous êtes entêté à ne jamais m'écouter... Peut être que les choses seraient différentes aujourd'hui... Si elle revient, oui je vous pardonnerais. Mais je ne suis pas sure, qu'elle vous pardonne...
-Je sais. Je sais....
La comtesse, se détourna de son mari, et repartit dans ses appartements. Elle allait prier, pour que sa fille, soit retrouvée, saine, et sauve.
Chapitre 44
Oscar marcha résolument vers la maison. Elle voulait y faire une halte, pour récupérer de l'argent, ainsi que des vêtements... Elle voulait aussi voir grand-mère. Elle était certaine que son père lui avait caché son internement.
Oscar estima qu'il devait être environs minuit. Les gens devaient être endormis...
Elle intima à Mathieu de la suivre. Elle fit le tour de la maison, et s’arrêta. Elle voulait rentrer pas la porte de la cuisine, porte que grand-mère fermait rarement. Elle demanda à Mathieu de ne pas bouger jusqu'à son retour. Il obéît.
Oscar rentra doucement dans la maison silencieuse. Dans le noir, elle se déplaça prudemment, en prenant soin de ne faire aucun bruit. Elle se dirigea vers la chambre de grand-mère. Doucement, elle ouvrit la porte, et écouta. Une respiration régulière lui indiqua que grand-mère était plongée dans un sommeil profond. Elle ferma la porte le plus silencieusement possible, et ferma à clef. Il ne fallait pas qu'elle soit dérangée...
Elle s'approcha et tâtonna sur le chevet. Un chandelier s'y trouvait. Elle l'alluma, plongeant la pièce dans une douce lumière. Elle s'accroupit à côté du lit. Grand-mère ne s'était pas réveillée.
-Grand-mère, murmura Oscar, grand-mère, réveille toi...
Le vieille dame bougea. Mais n'ouvrit pas les yeux.
-Grand-mère, allez, réveille toi, murmura t-elle en caressant la joue de celle ci.
Grand-mère ouvrit les yeux, et sembla terrifiée... Elle voulu crier mais Oscar lui plaqua la main sur la bouche, pour l'en empêcher.
-C'est moi grand-mère, c'est moi, c'est Oscar.
Grand-mère ouvrit grand les yeux. Les yeux bleu qu'elle voyait, elle aurait pu les reconnaître entre milles. Elle enleva doucement la main qui lui barrait la bouche. Les larmes aux yeux, elle tendit les bras vers cette jeune fille, qu'elle avait élevé, et qu'elle aimait, comme sa propre fille...
-Oscar, oh ma petite viens là....murmura t-elle.
Oscar ne se fit pas prier et se blottit dans les bras de sa grand-mère... Elle la sera fort contre elle, cette étreinte était une des plus douce qu'elle eu jamais connu...
Grand-mère pleurait silencieusement... Elle avait apprit une semaine plus tôt l'enfermement d'Oscar, en entendant une conversation entre le Général et sa femme, tout comme celle-ci l'avait apprit en entendant celle du Général, et de son gendre...
Elle avait alors demandé des explications, et on lui avait répondu... Grand mère n'avait rien dit. Chose inquiétante... Mais elle avait pleuré, de déception, d’inquiétude, d'angoisse. Le Général avait consolé la vieille nourrice, et lui avait promis de ramener Oscar.
-Ma chérie... Ton père à tenu parole.... Oh, je suis si soulagée...murmura t-elle.
Oscar se releva et fronça les sourcils... Que venait faire son père dans l'histoire ?!
-Mais de quoi parles tu ?
-C'est ton père qui t'a retrouvée c'est bien cela ?
-Non grand-mère, je suis arrivée toute seule...
-Oh...Mais il va être heureux... Allons le prévenir de suite, tu ne peux pas savoir dans quel état il se trouve.... Depuis que tu t'es échappée, il n'a cessé de sombrer...
Oscar retint grand-mère par le poignet.
-Attends grand-mère, je ne veux pas qu'il sache que je suis ici...
-Mais, mais pourquoi ? Demanda-elle étonnée.
-Je ne veux plus le voir... Grand-mère, écoute moi attentivement... Je suis venue ici pour de demander de l'aide... Il me faut l'argent, des vêtements... Grand-mère, je vais récupérer Élise, et m'en aller. Chut, ne dit rien, je sais ce que tu penses... Mais à croire que mon séjours la bas, m'a vraiment guérie... Je vais bien. Je ne me sens, ni lasse, ni triste, ni coupable. Les choses sont ce qu'elles sont, et ce secret qui a démolit mon existence, je n'en ai cure maintenant... Je veux juste récupérer ma fille... Je ne vivrais plus avec Victor. Il m'a fait enfermé, jamais je ne lui pardonnerait... J'avais pensé à me venger, tout d'abord, mais ma colère c'est calmée... Je vais reprendre Élise, et vivre pendant quelques temps avec elle, cachée. Je vais bien m'en occuper, tu verras, tu n'a rien à craindre. De plus, je ne suis pas toute seule. Une jeune homme m'accompagne, c'est lui qui m'a fait évader. Il a 18 ans, et n'a plus aucune famille. Il va rester avec moi. Quand les choses se seront tassées, je reviendrais, mais pas avant. Je veux que Victor voit ce que cela fait d’être éloigné de son enfant... Je veux qu'il se sente aussi seul que je l'ai été. Et il pourra s'estimer heureux de ne pas être attaché nuits et jours.... Mais je dois agir sans que personne ne soit au courant, Victor, sera furieux et inquiet, vu que je suis "folle" que je prenne Élise sans qu'il le sache... Grand-mère, ces derniers mois, l'as-tu vue ? As tu vu Élise ?
-Oui Oscar, il l'a amenée ici quelques fois. Mais il y a un moment que je ne l'ai pas vue... Elle allait très bien...
-Je suis soulagée...
-Et André ? Risqua grand-mère.
-André... J'avais pensé lui avouer qu’Élise, était sa fille mais... Je ne sais plus, de ce côté là... Je n'en sais rien... Il va avoir un enfant... Je briserais sa famille...Je n'ai pas envie... Même si je donnerais tout pour qu'il élève Élise avec moi... Aie-je le droit grand-mère ? Faire une chose pareille....Lui demanda t-elle les larmes aux yeux.
Grand-mère la regarda douloureusement, tout en caressant ses boucles raccourcies. Elle venait de lui posait la question la plus difficile. Grand-mère, n'en savait tout simplement rien. Quoi qu'elle fasse, il y aurait toujours quelqu'un de malheureux. Mais devait-elle lui dire que Diane avait fait une fausse couche ? Cela influencerait son choix... André n'était toujours pas père, et ne le serait sans doutes jamais avec sa femme. Oscar, en lui révélant qu'il l'était, le rendrait fou de bonheur, mais s'ils fuyaient, que deviendrait Diane ? Grand-mère choisit de ne rien, dire et de laisser le soin à Oscar de décider de sa vie seule. Trop souvent dirigée de force, le résultat avait été déplorable. Elle voulait elle même reprendra sa vie en main, grand-mère la soutiendrait, quelque soit ses choix, mais ne la pousserait pas...
-Ma chérie, fais ce que bon te semble. Je suis sure que tu prendra les décisions qu'il faut... Prends le temps de réfléchir avant d'agir... dit elle simplement.
Oscar hocha la tête.
-Grand-mère, le temps presse. As tu de l'argent ? J'en ai besoin... Je sais que père t'en donne, pour les commissions...
-Bien sur, je vais te donner tout ce que j'ai... Il me fait confiance, tu en auras suffisamment, pour t'installer dans une auberge, et y vivre pendant au moins deux semaines...
Elle sortit de son lit, et fouilla dans un des tiroirs de la commode. Elle prit une bourse cachée entre du linge, et lui donna.
-Grand mère j'ai aussi besoin de vêtements. As tu des robes de servantes pour moi, ou quelque chose de simple du moins ? Et pour Mathieu, peut être a tu conservé des vieux vêtements d'André... Ils doivent faire la même taille au même age...
-Bien sur... Reste ici, je vais te chercher tout ça....
Grand-mère sortit de la chambre en silence. Elle revint quelques temps plus tard, avec un baluchon.
-Tiens, tu as tout ce qu'il te faut dedans... J'ai mis des capes en plus....
-Merci grand-mère... Que ferais-je sans toi... dit elle en la serrant dans ses bras.
-Écris moi Oscar, c'est tout ce que je te demande...
-Promis, je t'enverrais une lettre tout les deux jours. Nous allons nous installer, et ensuite j'aviserais pour Élise. Je veux récupérer aussi certaines choses, chez moi. Des bijoux, de l'argent, et aussi les lettres d'André...
-Va ma chérie, va... Mais...
Grand-mère marqua une pose, et hésita à finir sa phrase. Oscar la regarda, attendant la suite. Voyant qu'elle n'arrivait pas, elle l'encouragea à poursuivre.
-...Mais ? Et bien, finis ta phrase !
-Mais n'oublie pas ta famille. Ta mère se fait un sang d'encre. Ton père aussi, il est désespéré....
-Mon père... commença Oscar avec fureur
-Ton père a commit des erreur et le sait. Il regrette, coupa grand-mère.
Oscar baissa les yeux un instant, puis regarda grand-mère.
-Je donnerais des nouvelles, dès que tout sera fini. Je te le promets. Mais n’aies pas l'air trop joyeuse grand-mère, sinon père se douterait de quelque chose. Fait ton possible pour ne pas délier la langue. Même à ma mère, je sais qu'elle ne résisterait pas d'annoncer cette nouvelle à père.... Au revoir grand-mère...
Elle sortit de la chambre, et ferma doucement la porte. Elle se dirigea ensuite vers la sortie, mais s’arrêta. Elle venait d'entendre un bruit, dans le salon. Ne résistant pas à la curiosité, elle s'approcha sans bruit, et regarda discrètement qui se trouvait là.
Son père. Assit dans un fauteuil devant la cheminée, il tenait dans sa main un tableau. Oscar connaissait ce tableau. C'était l'un des sien. C'était un petit tableau, peint lorsqu'elle avait 8 ans. Elle se rappelait très bien des circonstances de ce tableau. Elle avait voulu être peinte avec André, mais son père avait refusé. Elle avait du se plier à poser pendant des heures, elle avait détesté cela, n'attendant que le moment ou elle pourrait retrouver son compagnon, qui l'attendait patiemment. Elle lui avait promit que quand ils seraient grands, ils se feraient peindre tout les deux en uniforme. Des rêves, d'enfant, qui n'avaient pas été réalisés...
Elle remarqua que son père avait l'air fort fatigué. Une barbe de plusieurs jours, la perruque en désordre...Les vêtements chiffonnés... Depuis combien de temps était il là devant la cheminée, prostré, à regarder ce tableau ?
Oscar avait penser se venger... Mais elle savait qu'en cet instant, elle ne le pourrait pas... Son père avait l'air profondément malheureux, cela se voyait... Elle le verrait, plus tard, et parlerait avec lui. Peut être le pardonnerait-elle. Quel parent ne commentait pas d'erreurs ? Elle même en avait fait...
Elle se retira en silence, et retrouva Mathieu qui commençait à s’inquiéter. Ils reprirent le chemin de Paris sous le clair de lune, étonnamment brillant. Oscar avait faillit prendre des chevaux, mais on remarquerait leur absence, ce qui éveillerait peut être des soupçons... Oscar savait qu'ils n'auraient de répit que lorsqu'ils la trouveraient. C'était donc dans l'ombre qu'elle devait agir...
Chapitre 45
Oscar, postée devant la fenêtre, bras croisés sur sa poitrine, regardait le soleil se coucher. Elle attendait la nuit. Mathieu et elle étaient arrivés trois jours avant et s'étaient installés dans une auberge, la plus proche de la maison des Girodelle. Oscar voulait aller chez elle ce soir. Elle voulait observer, si elle le pouvait, comment sa fille se portait, et comment elle pourrait éventuellement la reprendre sans que son mari s'en aperçoive... Prendre aussi les affaires auxquelles elle tenait... Mais elle n’était pas tranquille. Elle tenta de se détendre. Elle n'y arrivait pas. Elle était à la fois impatiente, et apeurée. Que se passerait-il si son mari la voyait ? Si il s'apercevait de sa présence ? Oscar préféra ne pas y penser. Elle devait se l'avouer, il lui faisait peur. Il avait été capable de l'envoyer dans un asile, il pourrait sûrement l'y renvoyer. Elle se tourna en entendant la porte s'ouvrir.
Mathieu revint. Il était partit faire un tour dehors, pour se repérer un peu et aussi poster la lettre pour Grand-mère, Oscar n'avait pas oublié de lui écrire. Il ne connaissait pas Paris, venant de son petit hameau, un véritable explorateur était né. Il n'avait cessé de poser des questions, sur tout, et n'importe quoi... Oscar lui répondait en souriant, sa curiosité était amusante. Sa présence l'apaisait.
Elle pris la cape posée sur le lit, et la mit sur ses épaules . Elle portait une robe, que grand-mère lui avait donné. Elle hésita à mettre un bonnet. Elle le laissa finalement, c'était la nuit, de plus, avec les cheveux courts, il fallait la regarder attentivement pour la reconnaître.
-Mathieu, je vais partir maintenant... Je veux aller en reconnaissance... Tu m'attends ici... dit elle en ajustant sa cape.
-Mais...mais... s'il vous arrive quelque chose ?! Demanda Mathieu.
-Mais que veux tu qu'il m'arrive ?! Dit elle en riant
-Rien, mais, je.. en fait... je...
-Tu veux vois l'endroit où j’habitais ? C'est ça ? Dit elle en souriant.
Mathieu haussa les épaules, penaud, avec un petit sourire.
-C'est d'accord, tu peux venir... Il suffisait de demander, dit-elle en riant.
Mathieu sourit, et mis sa cape.
Ils partirent en direction de la demeure... Oscar avait les mains moites, et le souffle court. Il ne fallait pas qu'elle soit vue... Par personne... Au bout de quinze minutes, il arrivèrent. Oscar déglutit en voyant son ancienne demeure. Il lui semblait que cela faisait des années qu'elle l'avait quitté. Mais ce n'était pas le cas, seulement quelques mois, avaient passés. Mais quelques mois qui avaient semblé interminables...
Oscar jeta un regard sombre sur la bâtisse. Elle fit signe à Mathieu de la suivre, et ils firent le tour de la maison. Une entrée dérobée était réservée aux domestiques. Ils entrèrent par le jardin, et d’instinct, Oscar se dirigea vers une pièce allumée au rez de chaussé. Elle se plaqua contre le mur, mit la capuche, et regarda discrètement par la fenêtre.
Son cœur fit un bond. Les larmes lui montèrent aux yeux. De sa cachette, elle voyait clairement son mari, jouer avec Élise. Elle avait encore grandit, et ses cheveux étaient devenus encore plus foncés. Elle riait à gorge déployée, contre son père, qui la lançait en l'air, et la rattrapait. Oscar serra les poings, s’enfonça les ongles dans la paume des mains... Il était là, l'air serein , avec sa fille, en train de partager un moment tendre. Cette scène était sans doute quotidienne...Et elle ?! Elle avait été cloîtrée attachée, traitée comme un animal, pendant que lui poursuivait tranquillement son existence, dans un foyer accueillant, avec une enfant, qui ne se doutait même pas quels tourments endurait celle qui lui avait donné la vie. Une enfant qui n'était même pas la sienne !
Ce tableau qu'elle regardait augmenta la fureur qu'elle ressentait. Son souffle s'était accéléré, ses yeux lançaient des éclairs. Elle refoulait les larmes de rage, de colère, de jalousie ... Un instant plus tard, sa fureur décompressa soudainement. Avec surprise, elle vit Rosalie rentrer dans la pièce, et prendre Élise par la main. Oscar l'avait complètement oubliée... La gentille Rosalie. Sans doute était elle sur le point d'aller coucher sa fille...
Elle regarda Victor embrasser Élise, et les suivre, sûrement pour aller se coucher lui aussi...
Oscar eut une soudaine inspiration. Elle fit signe à Mathieu de partir. Elle venait de trouver une solution... Elle ne savait pas si cela marcherait, mais elle devait essayer. Ils sortirent du jardin, et traversèrent la rue, pour aller se nicher dans l'ombre d'une entrée d'un immeuble.
-Oscar, que faisons nous?demanda Mathieu, étonné, ne vouliez vous pas reprendre votre fille ? Peut être que plus tard, quand les gens seront endormis, nous aurions pu la reprendre !
-Je suis sure que mon mari, depuis mon évasion, fait extrêmement attention. Il sait que j'aime Élise plus que tout au monde, et que je vais refaire surface uniquement pour elle. Nous ne pouvons pas nous permettre de rentrer dans la maison. Pour moi ça irait, mais pour toi... Je ne préfère pas tenter l'expérience... Il nous faut l'aide de quelqu'un de confiance, qui travaille dans la maison. Je vais voir si la domestique que nous avons vu sort. Je pense qu'elle a bientôt fini son service... Du moins, lorsque j'étais là, elle ne restait pas la nuit, juste pour quelques exceptions rares...
-Oui … Mais pourquoi elle ? Redemanda Mathieu qui ne comprenait toujours pas.
-Elle s’appelle Rosalie... Elle avait toute ma confiance... Elle ne m'a jamais jugée, et s'occupait de moi lorsque je n'allais pas bien... Un peu comme toi...Je vais lui demander de m'aider... J’espère qu'elle va accepter... C'est une jeune fille douce... Je suis sure que je peux la convaincre...Nous allons la suivre, discrètement... Je ne veux pas l'aborder ici, si elle crie, elle pourrait alerter des gens... Nous allons la suivre jusqu'à son domicile, je ne sais pas ou elle habite... Et alors, je lui demanderait son aide... Oh, j’espère qu'elle va accepter.... dit Oscar l'air soucieuse...
-D'accord... Si vous pensez qu'elle peut vous aider...
-Oui... oui je pense qu'elle ferait cela pour moi...
Oscar priait de toutes ses forces pour que son plan marche. Il le fallait. Rosalie, pourrait même lui rapporter ce qu'elle voulait directement, ainsi, elle n'aurait pas à rentrer dans la maison...
Ils attendirent une bonne demi-heure avant que Rosalie ne sorte. Oscar la vit refermer la porte du jardin, et s'en aller d'un pas vif. Ils commencèrent à la suivre de loin. Oscar ne voulait pas qu'elle s’aperçoive qu'elle était suivie... Elle n'avait pas envie de lui faire peur...
Ils marchèrent pendant une vingtaine de minutes. Rosalie s’arrêta, et rentra dans un bâtiment. L'instant d'après, une lumière s'allumait, au rez de chaussé. Oscar en déduisit qu'elle habitait là. Elle intima à Mathieu de rester là, elle voulait parler seule à Rosalie. Moins d'une minute après que Rosalie fut entrée chez elle, Oscar frappa à sa porte.
-Oui ? Dit Rosalie en ouvrant la porte.
Celle ci ouvrit grand les yeux lorsqu’elle aperçu son ancienne maîtresse.
-Rosalie, c'est moi... Je dois vous parler... Puis-je entrer ? Demanda doucement Oscar.
Rosalie ne répondit pas de suite. Elle semblait effrayée...
-Rosalie, n'ayez pas peur. Il faut que je vous parle... chuchota Oscar.
-Oui mais...mais...
-Oh s'il vous plait Rosalie.... supplia Oscar.
-Bien sur Madame, dit Rosalie qui semblait reprendre ses esprits.
-Je vous remercie, Rosalie...dit chaleureusement Oscar.
-De rien madame, dit elle la tête baissée.
-Rosalie, si je suis venue, c'est pour vous demander votre aide...
Rosalie l'invita à s’asseoir en lui désignant une chaise. Oscar s'assit, et continua son monologue, pendant que Rosalie préparait du thé, encore tremblante de revoir son ancienne maîtresse.
-..... il faut me comprendre, je ne peux pas vivre sans ma fille... Il faut que vous m'aidiez, c'est vital pour moi... Mon mari ne la mérite pas. Je vous ai toujours fait confiance Rosalie... Combien de fois vous vous êtes occupées de moi ?! Je sais que parfois, j'ai pu paraître étrange, voire... folle, mais je vous assure que vous n'avez rien à craindre. Oui car je vais mieux, beaucoup mieux, et je vais bien m'occuper de ma fille...
Oscar, qui avait parlé pendant longtemps, mais qui n'avait pas entendu Rosalie emmètre le moindre son, se retourna. Rosalie était juste derrière elle.
Bam !!!
Un craquement sinistre se fit entendre. Oscar s'écroula de sa chaise, inconsciente. Rosalie venait de la frapper à la tête avec une lourde poêle en fonte.
-Je sais, que vous allez mieux, dit elle d'un air mauvais. Mais de là à ce que je vous aide, vous rêvez !
Chapitre 46
Oscar se réveilla, ligotée, allongée sur un lit. Ses mains étaient jointes avec ce qui semblait être un morceau de tissu, et même chose pour les pieds. Elle tourna la tête, ne reconnaissant pas l’endroit où elle se trouvait. Elle avait du mal à rester consciente, la douleur qu'elle éprouvait à la tête était intolérable. Une faible lueur éclairait la pièce. Une seule bougie était allumée. Oscar, la vision floue, distingua une personne, assise sur un fauteuil, en face d'elle.
-Rosalie...mais que m'avez vous fait ? Demanda Oscar, qui éprouvait des difficultés à parler.
Rosalie la regardait, avec un sourire en coin … Elle avait patiemment attendu qu'Oscar se réveille. Elle ne répondit pas de suite. La seule vue d'Oscar ligotée comme une criminelle la rendait folle de joie.
-Je vous ai assommé, répondit elle simplement.
-Mais pourquoi ? Que... vous ai-je fait ? Détachez moi...
-C'était inespéré que je vous attrape, vous pensez bien que je ne vais pas vous obéir...
-Rosalie.... Mais que me voulez vous ? Je... ne comprends rien.
-Pour commencer, vous allez cessez de m’appeler Rosalie... Ce n'est pas tout à fait mon vrai prénom...
Oscar la regarda en fronçant les sourcils. Rosalie avait une expression de joie sauvage, sur le visage.
-Mais... Vous vous appelez bien Rosalie...
-Non, pas du tout. Je m'appelle Diane, Dit elle avec un sourire mauvais.
Oscar sentit son cœur tomber dans sa poitrine...
-Diane...murmura t-elle, non...
-Et si. Diane Grandier, ce nom vous dit quelque chose n'est ce pas ? Un jours vous m'avez dit, que vous vouliez voir ma chevelure dans son intégralité. Je vais donc vous faire plaisir...
Elle ôta son bonnet. Elle enleva ensuite la perruque miteuse qu'elle portait, dévoilant une cascade de cheveux bruns. Contente de son effet de surprise, elle affichait un air plutôt satisfait.
Oscar ne comprenait rien. Son esprit n'arrivait pas à assimilait ce qu'elle voyait. Tout ce qu'elle savait c'est que celle qu'elle avait prit pour une gentille domestique, n'était autre que sa rivale, la femme d'André.
-Ce n'est pas possible... mais... comment...
-Je vois que vous vous posez beaucoup de questions, Coupa Diane d'un ton sec. Je ne m'étonne pas... Vous allez comprendre, je vais tout vous expliquer... Par où commencer ? Par le début, cela me semble normal. Alors, tout à commencé le jours, ou mon fiancé, André, que nous connaissons toute deux, n'est pas rentré de la nuit... J’étais inquiète, si vous saviez... Je suis donc allée faire un tour dans les rues, pour voir si je le voyais... Mais rien... Je suis donc rentrée dans la taverne, là où il avait l'habitude d'aller... J'ai demandé au patron, savez vous ce qu'il m'a appris ? Qu'il était monté dans une chambre en compagnie d'un homme !!! Un militaire, d’après l'uniforme...J’étais surprise, je l'avoue, mais je suis partie, et j'ai vu par la fenêtre un curieux spectacle... Je vous ai vu vous embrasser... Quel choc ! Mon futur mari s'en donnait à ses plaisir charnel avec un homme... Mais voyez vous, si cela m'a secoué, j'ai vite pardonné... En me promettant de retrouver cet homme, et de lui faire passer l'envie de toucher mon mari.... Mais quelques jours après notre mariage, j'ai eu un déclic, lorsqu’il m'a appris que son colonel, celui qui commandait les gardes françaises, s'en allait, parce que c'était une femme... Je ne suis pas une idiote, bien au contraire... Ce n'était pas avec un homme, qu'il avait passé la nuit, mais avec une femme... Je voulais me venger.... Mais je ne savais rien sur vous... Alors, j'ai attendu... La patience est une de mes qualités... J'ai attendu et un beau jour ! Miracle... J'ai découvert quelque chose de très intéressant chez moi... Vos lettre, celles que vous envoyait à mon mari... Il a tenté de les cacher, et je ne les auraient jamais trouvé si je n'avais pas ce petit défaut qu'est la curiosité... ni ces soupçons....J'ai faillit les déchirer, tellement j’étais en colère... Mais, j'ai vu que vous étiez mariée, et il y avait l'adresse de votre maison... J'ai donc tenté ma chance, et me suis faite passer pour mon idiote de voisine, qui venait tout juste de s'installer à côté de chez moi... Et oui, Rosalie existe vraiment... Et je suis sure que si elle avait été vraiment votre domestique, elle vous aurait aidé !!! Mais ce n'est pas le cas, malheureusement pour vous. Je m'égare, où en étais-je ? Ah oui, à mon travail... Oui, donc, je ne savais pas si vous me connaissiez... Je me suis donc déguisée... et vous savez quoi ? Votre mari m'a engagé, et m'a affecté a votre service, une aubaine ! Je voulais vous approcher, vous voir, connaître celle qui envoyait des lettres d'amour enflammées a mon mari... Et je vous ai vu... J'ai vite comprit que vous ne connaissiez pas mon visage... Si cela avait été le cas, ça aurait été désastreux... Mais non...Quelle chance ! Et quelle gentillesse à mon égard ! Si vous saviez combien de fois j'ai ri dans votre dos... Je suis désolée de vous dire cela, mais vous êtes stupide. Mon mari ne se doutait de rien... Je lui ai raconté que je travaillais pour la comtesse Rose de Gerdcalloi... Vous ne comprenez pas ? C'est une anagramme... Rose de Gerdcalloi n'était autre qu'Oscar de Girodelle... C'est à dire vous... Mon mari aussi, n'y a vu que du feux ! Mais vous étiez enceinte... Je n'ai pas osé agir... Je ne suis pas un monstre non plus ! Seulement un peu jalouse... s'esclaffa t-elle .Peu avant que vous accouchiez, je suis rentrée dans votre chambre, pour changer les draps. Vous aviez laissé votre chevet ouvert...Complètement ouvert... Quelle inattention !!! Vous étiez déjà perturbée... J'ai donc glissé ma main, et j'ai fait des découvertes explosives !!! Carnet intimes, lettres... J'ai vite comprit comment fonctionnait ce tiroir, aussi, je n'ai pas lu sur le moment... J'ai attendu d’être seule, et j'ai commencé a vous voler quotidiennement vos lettres, et carnets... Vous ne vous en êtes jamais aperçu, je ne prenait que deux lettres, et les remettaient le lendemain, puis j'en reprenait deux, et ainsi de suite... J'ai lu les lettres que mon mari vous envoyait... Et j'ai aussi appris que l'enfant que vous attendiez était de lui par vos carnets intimes .... C'est à ce moment que j'ai décidé d'agir... Pour le bien de tous croyez moi... Vous êtes le genre de femme que l'on doit éliminer !!! Quelle bassesse ! Faire croire à votre mari que l'enfant que vous attendez est de lui !!! Je me suis donc servie de mes connaissances en botanique... Et oui, je vous ai empoisonnée... Connaissez vous cette fleur ?
Elle lui montra une fleur en forme de trompette, de couleur violette. Oscar ne répondit pas, trop occupée à la fixer avec un regard haineux.
-C'est un datura. Très belle plante, mais fort toxique.... Mon père avait été apothicaire, et à sa mort, j'ai gardé son stock. Il en avait, mais peu... J'ai donc commencé a vous droguer, la plante était séchée, émiettée, puis j'en mettait un peu dans votre thé. Très légèrement, il faut faire extrêmement attention avec cette plante... Connaissez vous ses effets ? Oui, vous les avez sentit... Mais je vous les rappelle au cas ou... amnésie, confusion mentale, fatigue... Et oui. Vous n'avez jamais été folle, c'est moi qui vous ai fait passé pour telle... Sans compter tout ce que j'ai fait à côté... L'histoire du tableau... Vous souvenez vous ? Vous ne le trouviez plus... Je l'avais enlevé la veille, et lorsque vous m'avez cherché pour m'accuser de vol, je l'ai remit, juste avant, tranquillement à sa place... Vous auriez du voir votre tête.. Ah, je ne m'en lassait pas... Je vous ai aussi parlé de ma voisine, Diane Grandier, et son mari... Je me suis amusée avec vous, vous ne pouvez pas savoir !!!! Votre expression de douleur, que vous tentiez vainement de cacher...Mais j'ai commit une erreur ce jour là et j'ai donc prétendu avoir déménagé lors de votre retour de Normandie ... Vous auriez pu me suivre par curiosité pour voir ou habitait André, et là vous auriez eu des soupçons... Mais peu importe... Mais le plus drôle dans cette histoire, c'est que c'est André lui même qui vous a empoisonné !!! Indirectement bien sur... J'arrivais à la fin de mon stock de datura.... Mais un jours, après être parti se balader, il m'en a ramené... Après, je lui ai demandé de m'en rapporter des quantités, pour ne pas en manquer... Et il l'a fait ! Trop heureux de me rendre le sourire, je faisais semblant d'être déprimée ... Ah.... J'ai donc pu continuer a vous droguer... Estimez vous heureuse, car si il ne m'en avait pas ramené, j'aurais opté pour le laurier rose.... Avec deux feuilles, vous mouriez !!! Le datura est plus, gentil, dirons nous ? De plus je ne le faisait pas tout les jours, vous auriez pu mourir... Non, je vous empoisonnais, puis je laissais un ou deux, ou même trois jours passer, puis je recommençais, quand les effets étaient partis... Ce qui explique votre état en dent de scie...Je cachais vos objets, vous regardait vous énerver en ne les trouvant, pas , puis je les remettait a leur places... Pareil pour la bassine, avec l'eau croupie.... C'était vraiment de l'eau croupie... Mais le temps que vous alliez chercher votre mari, j'ai remplacé la bassine, une bassine identique que j'avais préparé à l'avance, et qui attendait glissée sous le meuble... Plus vous décliniez, plus j'étais heureuse...
Oscar sentait son cœur battre de plus en plus fort... La rage, la haine, la colère, montait en elle, comme jamais. Elle avait une envie folle d'étriper cette femme qui lui racontait avec un air réjouit tout ce qu'elle lui avait fait enduré... Ah ça oui, elle avait manœuvré avec une main de maître... Oscar félicita Diane intérieurement de l'avoir attachée. Si elle avait été libre, il ne resterait déjà plus rien de cette diablesse. Lui arracher les yeux, mais surtout, ce sourire exagéré.
-Vous êtes un monstre.... dit Oscar les dents serrées... Oui un monstre, il n'y a pas d'autre mots... A cause de vous, j'ai failli perdre ma fille !!! Vous dites que je suis une femme qu'il faut éliminer ?! Votre mère aurez du vous étouffer dans votre berceau...
-Vous me traitez de monstre ? ET VOUS QUI ETES VOUS ? Vous avez tenté de me volé mon mari, a travers ces lettres... Mais c'est moi qui ai gagné... Vous n’êtes plus rien... dit elle en riant... Quand à ma mère, non, elle m'aimait...
-Peut être.... Peut être, mais... sachez que le cœur d'André ma toujours appartenu... Il ne vous a épousé que parce qu'il l'avait promit... Et non parce qu'il en avait envie... André m'aime depuis des années... Demandez lui de choisir, vous verrez... Ce sera moi, sans la moindre hésitation...
Diane, sur ces mots se précipita sur elle et la gifla. Elle mit ses mains autour du cou d'Oscar et commença à les serrer... Oscar suffoquait, mais elle réussit à se dégager en envoyant ses jambes sur son ennemie, qui bascula.
Diane se releva, échevelée, et se rassit, en toisant Oscar d'un regard hautain. Elle se maîtrisait cela se voyait...
-Mais je n'ai pas finit... Il y a peu, j'ai découvert que vous projetiez de fuir... J'ai donc mit les bouchées doubles, et augmenté vos doses... Mais j'ai aussi fait croire a mon mari, pour le retenir, que j’étais enceinte... Il m'a évidemment crue... Et puis j'ai fait croire à une fausse couche. Il était si malheureux... C'est bien fait pour lui... Mais que voulez vous ? Il m'appartient... Je ne partage pas... Et puis finalement, votre mari a finit par se lasser de votre conduite, et vous êtes partie... J'ai réussit, à vous éloigner....
Oscar fronça les sourcils... Elle venait de comprendre... Il y avait bien une femme folle dans cette pièce... Mais ce n'était pas elle. Diane avait vraiment l'air d’être dangereuse...
Oscar comprit qu'il était dans son intérêt de ne pas l'énerver. Elle était attachée, et si Diane s'emportait, elle ne pourrait se défendre... Oui, elle allait feindre...
-Je suis désolée... Mais André ne vous a jamais trompé avec moi... Notre relation est restée platonique...
Diane haussa un sourcil.
-Mais vous me prenez pour une idiote ? Je le sais très bien, je sais qu'il ne m'a pas trompée, du moins, pas quand nous étions mariés...
-Qu'allez vous faire de moi ? Demanda Oscar. Je ne veux que ma fille... Je me fiche du reste. Je veux ma fille, rien d'autre.
-Votre fille ?! Vous voulez sans doute dire ma fille ! Élise est ma fille dorénavant. Je l'ai bercée autant que vous, et je m'en suis bien mieux occupée, ajouta t-elle en riant. Cette fillette a besoin de l'amour d'une mère équilibrée...
Oscar sentit la sueur perler à son front. Équilibrée ? Elle se disait équilibrée ?! Non, elle ne se laisserait pas faire. L’instinct maternel fragile était loin à présent. Consciente d'avoir été manipulée pendant des années, de s’être reprochée une multitude de chose pour rien, jamais elle ne laisserait sa fille à cette folle.
-Je suis sa mère... Je vais la récupérer... Je vais vous prendre André.... Il saura qu'il a une petite fille merveilleuse... Il vous laissera... Il ne vous regardera même pas... Vous finirez seule, toute seule... Vous m'avez peut être piégée pendant des années... Vous avez peut être réussit votre plan ignoble, mais c'est moi qui vais tout vous prendre à présent... Si vous pensez qu'André est resté avec vous par amour, vous vous trompez... Ce n'était que de la pitié... Je peux donner la vie, moi... et je suis sure que je comblerai son désir d'enfants bien vite...
Oscar avait parlé calmement, en la narguant... La dernière phrase eut l'effet escompté. Diane se précipita sur elle, en hurlant de rage. Oscar avait prévu cette réaction, et roula sur le côté. Diane s'effondra sur le lit, mais se releva bien vite. Une fois encore, elle enserra la gorge d'Oscar, pour le plus la lâcher. Oscar commençait à suffoquer, elle y voyait de plus en plus trouble. Au bord de l'évanouissement, elle sentit les mains de son ennemie se relâcher. Elle entendit dans le brouillard une voix...
-LAISSE LA !!! VA T'EN!!!
Oscar se tourna, et contempla son sauveur.
chapitre 48
-Je suis sa mère... Je vais la récupérer... Je vais vous prendre André.... Il saura qu'il a une petite fille merveilleuse... Il vous laissera... Il ne vous regardera même pas... Vous m'avez peut être piégée pendant des années... Mais c'est moi qui vais tout vous prendre à présent... Je peux donner la vie, moi...
Oscar avait parlé calmement, en la narguant... La dernière phrase eut l'effet escompté. Diane se précipita sur elle, en hurlant. Oscar avait prévu cette réaction, et roula sur le côté. Diane s'effondra sur le lit, mais se releva bien vite. Une fois encore, elle enserra la gorge d'Oscar, pour le plus la lâcher. Oscar commençait à suffoquer, elle y voyait de plus en plus trouble. Au bord de l'évanouissement, elle sentit les mains de son ennemie se relâcher. Elle entendit dans le brouillard une voix...
-LAISSE LA !!! va t'en !!!
Oscar se tourna, et contempla son sauveur. Ses yeux s'agrandirent de surprise. Cet homme... n'était pas son sauveur...
-Laisse moi, elle va me la payer !!!! Je vais l'étriper !!!! cria t-elle en se débattant.
-Va t'en laisse moi lui parler... Tu sais ce qu'on a dit... Allez, pars...
Diane quitta la pièce, en jetant à Oscar un regard de dégoût. Oscar avec une peur grandissante, regarda l'homme s’asseoir tranquillement dans le même fauteuil. Le choc passé de découvrir l'identité de cette personne, elle afficha un air hautain. Elle ne se laisserait pas faire...
-Mon cher mari... Vous ici.... Vous étiez donc au courant... dit elle avec un rire nerveux.
Victor la regarda avec un sourire en coin.
-Vous vous trompez... Je ne savais pas que Diane vous empoisonnait...
-Vous mentez...
-Je vous assure que non... Je vous ai toujours aimée Oscar, jamais je n'y aurait consentit...
-Que faites vous là alors ? Demanda t-elle d'un ton ironique.
-Et bien, je vais vous expliquer... Mais commençons par le début... Comme je l'ai dit, je vous ai toujours aimée... Vous étiez un rayon de soleil, dans ma vie. Tout les jours, nous nous côtoyions, à Versailles... Je vous aimait tant... jusqu'à ce jour... Où j'ai découvert, en rentrant dans le bureau, une montagne de roses, qui vous étaient destinées... Je me suis approché un petit mot était posé au dessus... Il était scellé, mais, diable de tentation, je n'ai pu résister... J'ai alors appris qu'un admirateur vous courtisait... Il vous fixait un rendez vous... J'ai eu alors une idée... De m'y présenter. Voir si mes sentiments, pouvaient être partagés... Mais je vous connaissait, et malgré votre éducation d'homme, j’étais sur que vous ne pourriez pas résister à la curiosité. J'ai donc réécrit le petit mot, j'imite très bien les écritures, et l'ai replacé , l'air de rien. A l'heure indiquée, je me suis rendu au rendez vous... Mais personne... Je me suis alors dit que vous vous cachiez, par peur de rencontrer cet homme mystérieux...Ou alors que vous n'étiez pas venue... Je ne savais pas, alors j'ai fait demi tour, et suis revenu par un autre chemin. Et je vous ai vu.... Dans les bras de Fersen. Si vous saviez quelle a été ma rage, à ce moment là... Vous vous laissiez faire... Il avait le droit de vous toucher.... Que la vie est injuste... Mais, sachant que vos avenirs étaient compromis, j'ai patiemment attendu... J'avais quand même un rival de moins... Votre valet... Je n'ai jamais su ce qu'il s'était vraiment passé, tout ce que je sais c'est qu'il était amoureux de vous, il n'a pas du supporter votre romance... Et j'ai aussi su, que votre Fersen se jouait de vous... J'aurais voulu vous le dire, mais c'était impossible... Lorsque vous l'avez quitté, j'ai repris espoir... Mais vous étiez si triste... Je vous ai consolé, invité à manger... J'ai passé de bon moments, mais rien... Pas un regard, pour le lieutenant... Puis vous avez quitté la Garde Royale... Vous me manquiez tant.... Et c'est à ce moment là, que j'ai commencé a vous suivre quotidiennement, dès que je le pouvais... Vous avez retrouvé Grandier.... J'étais fou..... Un rival évincé, un autre revenait... Et le coup de grâce... Je vous ai vu, entrer dans cette taverne....J'ai failli y rentrer moi même, après avoir longuement attendu... Mais une lumière, c'est allumé à l'étage, et je vous ai vu très distinctement attendre...Mais attendre qui ? Votre valet, bien sur... Je vous ai vu l'embrasser à pleine bouche, lui aussi avait le droit de vous toucher... Mais pas moi, toujours. C'est là ou, j'ai décidé de me mettre en travers de votre destin... C'est moi Oscar, qui vous ai trahi....
Oscar eut du mal à contenir toute les insultes qui lui venait à l'esprit... Elle était en plein cauchemar... Cet homme qu'elle avait estimé, se révélait être un véritable monstre....
-J'ai donc écrit, sous une écriture déguisée, votre véritable nature. Mais je ne savais pas comment tourneraient les choses... Et à mon grand bonheur, le roi a voulu vous marier.... J'ai donc attendu, pour ne pas précipiter les choses... Et je vous ai avoué mon amour... Cette déclaration était sincère Oscar... J'ai dit ce que vous vouliez entendre, un beau discours, a suffit à vous approcher de moi... Mais je savais que vous aimiez Grandier... Vous ne vous seriez pas donné à lui sinon... J'ai donc exigé la fidélité.... Et je l'ai eu... à moitié dirons nous... Mais cela pour plus tard... Nous nous sommes mariés, et vous m'avez donné une fille... Quel bonheur.... J’étais heureux.... Mais vous sombriez... Je ne savais pas quoi faire... J'ai donc espéré que cet état se tasse... Mais non... Diane vous empoisonnait à mon insu... Jusqu'au jour ou elle est venue me voir... Vous étiez partie... Elle m'a montré vos carnet, votre correspondance.... J'ai appris ce jours là, qu’Élise, n'était pas ma vrai fille... Et que vous aimiez Grandier, encore passionnément... J'avoue que naïf, je pensais cette époque révolue... J'ai su grâce à vos carnets ce qu'il s'était passé, avec Fersen, et Grandier... Diane m'a expliqué qui elle était, et ce qu'elle faisait... Je venais aussi de découvrir que vous projetiez de me quitter... Et peut être de prendre Élise avec vous.... J'étais fou... fou de rage... J'avais accepté beaucoup de choses, mais là, c'était le coup de grâce.... Oh Oscar.... J'ai donc pris la décision de vous enfermer... J'ai aussi convaincu votre père de m'aider... Il a finit par accepter, à contre cœur... Il voulait s'occuper de vous.... C'en était presque touchant.... Je voulais vous voir etre malheureuse, comme je l'ai été...J'ai aussi exigé de Diane qu'elle arrête de vous empoisonner... Cela, je ne le tolérais pas, mais, cela m'a servit d'excuse pour ma vengeance... Vous vous sentiez mieux n'est ce pas ? Vous alliez partir, prendre Élise.... Cela je ne l'acceptait pas... Bien qu'elle ne soit pas ma fille, je l'aime toujours autant.... Et vous êtes enfin partie... Petit à petit je me suis rapproché de Diane... Nous sommes devenus amants... Combien de fois ais-je fait l'amour à cette femme passionnée ... J'ai donc pu vivre pleinement ma romance avec Diane... Que voulez vous, j'ai toujours aimé les femmes de caractère... Et il faut reconnaître qu'elle en a.... J’étais aussi comblé, vous n'avez partagé mon lit qu'une seule fois, pour pouvoir me faire croire que l'enfant que vous attendiez était de moi... Diane contrairement à vous, en redemandait...
-Je ne comprends pas pourquoi, vous étiez un piètre amant..... cracha Oscar
-Oh ? Diane ne dit pas cela... Elle dit même que je suis supérieur à Grandier... dit il d'une voix tranquille.
-Vous parlez de celui que j'aime, le père d’Élise, et celui qui, lui, au moins m'a donné du plaisir au lit ? Et quel plaisir !!! Incomparable... Je ne suis pas de l'avis de Diane...riposta t-elle en riant.
Victor se leva, et s'allongea de tout son poids sur elle.
-Attention Oscar... Je pourrais peut être vous donner de quoi comparer, une seconde fois... Même si je fais l'amour à Diane, j'ai encore envie de vous...
Il respira longuement la chevelure. Il la regarda fixement. Oscar adopta une attitude neutre, ne laissant rien paraître.
-Et bien Victor... Allez-y.... Montrez moi que vous êtes un homme... dit elle sur un air narquois..
Il se releva lentement.
-Ne me poussez pas trop Oscar... Vous pourriez le regretter...
-Qu'allez vous faire de moi ???
-Je vais de nouveau vous faire enfermer. Dans un endroit isolé, connu de moi seul. Je vais quitter la garde, et partir avec Diane, et Élise. Nous allons être heureux, j'en suis sur. Diane !
Diane rentra dans la chambre, et ne manqua pas de regarder Oscar avec un sourire parfaitement insupportable lorsqu'elle passa son bras sur la hanche de son amant.
-Ma chérie, je viens d'exposer à Oscar nos projets. Elle consent.
-Fort bien...
-Vous pensez peut être me rendre jalouse ??? s’esclaffa Oscar.
-Non.... Oh, mais j'y pense... Il reste quelqu'un qui n'est pas au courant de nos projet... dit Diane en feignant un oubli
-C'est vrai...
-Mais de quoi parlez vous ??? s’inquiéta Oscar
-Et bien, disons, que... le temps, d'André Grandier... est révolu... dit lentement Victor.
-Non... Diane c'est votre mari !!! Vous voulez le tuer ??? s’écria Oscar
-Je regrette mais... je n'en ai plus besoin...maintenant que j'ai votre mari... de plus, il va souffrir... il souffre déjà... Depuis qu'il ne reçoit plus vos lettres... C'est donc un service que nous lui rendons.
-Je vous en empêcherait.... dit lentement Oscar.
-Et bien ! Soit ! Bonne nuit Oscar ou plutôt bonjour.... Il est presque midi déjà, le temps à passé bien vite...à plus tard ... dit Victor en riant. Ah ! Au fait, inutile que vous cherchiez Élise... Elle n'est pas ici. Je l'ai faite mettre dans un autre endroit. Vous vous doutez pourquoi....
-Attendez, Diane, ne faites pas cela... Diane, DIANE !!!! JE VOUS JURE QUE SI VOUS TOUCHEZ A ANDRE, JE VOUS METTRAI EN PIÈCES !!! DIANE !!!!
Il sortit de la pièce avec Diane, et souffla la bougie. Oscar se trouva une fois de plus, plongée dans les ténèbres.
Chapitre 49
André marchait d'un pas vif, Mathieu à ses côtés. Il n'avait pas prononcé un seul mot, depuis qu'ils étaient partis. Mathieu n'osait pas demander où ils allaient. Soudain, André bifurqua, et s’arrêta devant une porte. Il frappa un coup. Quelques instants plus tard, une jeune femme ouvrit.
-André ! Mais entre !
-Bonjour Laure, dit il en rentrant. Je te présente Mathieu.
-Bonjour, dit elle en souriant.
-Bonjour Madame...
Mathieu se demanda qui était cette femme.
-Alain est là ? Demanda André.
-Oui mais il dort, il n'était pas se garde avec toi cette nuit ?
-Si, mais il faut que je lui parle, réveille le, c'est urgent.
Laure s'exécuta devant la mine sombre d'André. Elle alla secouer Alain, qui dormait comme un bienheureux..
-Alain, réveille toi !!!
-Quoi ? Dit il encore endormit.
-André est là il veut te parler...
En pestant, Alain rabattit les couvertures, enfila un pantalon et une chemise. Il sortit de la chambre en se disant qu'André allait payer cher le fait de l'avoir réveillé.
-Hé André ! J'te préviens t'as intérêt d'avoir une bonne excu...
Il s’arrêta net devant l'air qu'affichait André.
-Qu'est ce qu'il y a ? Un problème André ? Ta vu ta tête ?
-J'ai des questions... Et il me faut des réponses... Jusqu'où Diane, est elle capable d'aller par soif de vengeance ??? dit il, la voix tremblante de colère.
Alain se rembrunit... On y était... André avec apparemment découvert le côté sombre de sa sœur...
-Ça dépend... Que lui as-tu fait ? Demanda t-il d'un air angoissé. Tu l'as trompée ? Je t'avais dit de faire attention !!!
André le prit par le col de la chemise, et le plaqua avec force contre le mur.
-Alors tu savais, que ta sœur était capable de tout ??? Tu le savais, et tu ne m'a rien dit !!! Je ne l'ai pas trompée !!! J'ai correspondu avec la femme que j'aimais pendant des années, c'est tout !!!! Oui, il y a un moment j'ai voulu la quitter... Oscar à sombré dans la folie, petit à petit, et je ne voulais pas la laisser dans cet état... Mais j'ai appris aussi, que Diane, avait servit Oscar pendant des années, sous une fausse identité !!! Je pense qu'elle a trouvé les lettres d'Oscar... Jusqu’où va elle aller ??? Alain réponds moi... Et je te conseille de me dire tout ce que tu sais, je ne suis pas d'humeur....
Alain déglutit, sans quitter André du regard. S'il voulait la vérité, il l'aurait...
-Jusqu'au meurtre... dit Alain en regardant André dans les yeux.
-Tu plaisantes ???
-Non, et cela ne sera pas la première fois... Dit Alain, souffle court.
André lâcha Alain, stupéfait.
-Explique toi.
-Quand notre père est mort, Diane avait 12 ans. Ils étaient très proches, elle est restée sans parler pendant un an. Je m'en suis occupé, ma mère ne pouvait pas, elle travaillait tout le temps, se tuait à la tache. J'avais 20 ans, je venais de rencontrer une fille, Caroline... J'étais amoureux, elle aussi. Je l'ai présenté à ma mère, et à Diane. Mais Diane ne l'aimait pas. Je n'ai compris que plus tard. Caroline venait très souvent à la maison. Mais elle est tombée malade. Très malade... La maladie l'a emporté en quelques jours. J'ai eu du mal à m'en remettre... Mais j'ai finit par retomber amoureux... D'une autre jeune fille, Lauriane. J'étais heureux, après avoir perdu mon premier amour, j'avais pensé ne jamais m'en remettre... Mais non, tout en gardant son souvenir, j'ai pu revivre... Mais elle est tombée malade, elle aussi. C'est alors que j'ai compris sa maladie. Diane. Elle l'empoisonnait, comme celle d'avant... Avec des plantes... Mon père lui avait tout appris, elle avait développé une véritable obsession, pour ces filles que j'avais aimées... Diane ne supporte pas qu'une autre fille lui fasse de l'ombre... Elle doit être l'unique... Nous avons donc pris la décision ma mère et moi, de la mettre au couvent, quelques temps... Elle y est restée 4 ans... Nous allions souvent la voir, elle avait l'air bien. Nous avons parlé, et elle semblait comprendre que ce qu'elle avait fait était mal. Quand ma mère est tombée malade, elle m'a demandé de la faire sortir. Diane avait changé, était devenue une jeune fille, saine... Ma mère est morte, rassurée sur Diane... Je l'était aussi... Mais je ne pouvais m’empêcher de rester sur mes gardes. Six mois après sa sortie, tu es arrivé... Et maintenant tu me dis ça... Quand je t'ai demandé de bien la traiter, c'était pour ta propre sécurité !!!
-Tu n'aurais pas pu me parler avant de son « petit problème » ??? Elle avait tué quelqu'un par jalousie, et toi, tu as « omit » ce petit détail ???
André tremblait de rage. Alain lui avait caché des choses, qu'il aurait du savoir dès le départ. Si André avait su qu'elle pouvait être dangereuse, jamais il n'aurait entamé cette correspondance. Jamais il ne l'aurait épousé d'ailleurs.
-Si elle tue Oscar, c'est moi qui vais t'étriper... Si tu avais parlé...
André regardait Alain d'un air dégoutté. Il ne comprenait pas comment Alain avait pu lui cacher de telles choses, si graves. Alain fixait le sol. Il leva néanmoins la tête.
-Je pensais qu'elle avait changé... Je suis désolé André. Je ne sais pas quoi te dire !!! Tu n'avais qu'a lui rester fidèle !!!! s'écria t-il.
Ce fut la phrase de trop. André brandit le poing, et cogna Alain aussi fort qu'il pouvait. Laure étouffa un cris, et se mit entre les deux hommes.
-RIEN, RIEN NE JUSTIFIE UNE TELLE CONDUITE !!! MAIS TE REND TU COMPTES ??? ELLE EST FOLLE A LIER !!! OSCAR PAYE DE MES PROPRES ERREURS !!! C'EST A MOI QU'ELLE AURAIT DU S'EN PRENDRE, PAS A ELLE !!!
-Je suis, je suis désolé... Je sais André, je sais... Mais...Je vais t'aider, nous allons retrouver le colonel, je vais parler à Diane, tu partiras, on va trouver une solution !!!! Je sais que j'aurais du t'en parler... Mais, je pensais qu'elle était guérie, et, j'ai agit égoïstement. Mais moi aussi j'ai droit au bonheur !!! En te la donnant, je pensais qu'elle serait heureuse, et que je pourrais à mon tour, enfin, fonder un foyer!!! Crois tu que je n'ai pas souffert de sa folie !!! Ma première fiancée est morte !!! Mais André, c'est ma sœur, c'est ma sœur !!!!
André regarda Alain un moment. Il n'avait jamais vu cette expression de panique et d'angoisse sur son visage. Il passa ses mains sur son visage, et souffla longuement. Il releva la tête, et parla calmement.
-Diane ne sait pas que je suis au courant de ce qu'elle est. Je vais la prendre par surprise. Alain, je n'ai pas le choix.
André s'était calmé. Alain avait parlé sur un ton désespéré. Il aimait sa sœur, malgré sa folie. André était perdu, ne sachant quoi faire.
-Je vais rentrer chez moi. L'attendre. Hier, elle a enlevé Oscar à l'aide d'un complice. Elle était venue lui demander de l'aide, pour récupérer sa fille. Oscar, je l'ignorais, a été enfermée dans un asile, ces derniers mois... Elle a plongé dans la folie... Mais je commence à en douter, maintenant que je sais pour ta sœur. Elle pourrait en être responsable n'est ce pas ? Tout comme sa prétendue grossesse... Elle est tombée pile au moment où je prévoyait de fuir... Elle a mentit....
-C'est fort possible... André je t'en pris, je t'en supplie....ne lui fait pas de mal. C'est ma sœur et malgré tout, je l'aime...
-Je ne vais pas lui faire de mal. Je veux juste qu'elle me dise ou est Oscar. Quand je l'aurait retrouvée, je m'en irai. Tu n'entendras plus parler de moi, et je laisserais ta sœur tranquille.
-Oui, oui...
-Mais elle continuera à faire du mal.
-Je sais. Je la remettrais au couvent, si je peux.
André le fixa pendant un moment. Jamais il ne s'était imaginé une Diane pareille. Il partit, sans un mot en compagnie de Mathieu, qui avait écouté sans parler. Il pensait à Oscar, et se demandait ou elle était. Lui, n'avait rien promis... Si elle lui avait fait du mal, il ne répondrait plus de rien.
-Où logiez vous avec Oscar ? Demanda André en marchant
-Dans une auberge... l'auberge, hum, je ne sais plus son nom... Il y a une église à côté, et ce n'est pas très loin de chez Oscar...
-Je vois ou elle est... Rentre, moi je vais aller chez moi, et attendre Diane.
-Mais ! Elle va peut être vous faire du mal !!! s'écria Mathieu.
-Ne t’inquiète pas, je n'ai pas peur d'elle... De plus, elle n'est pas au courant que je sais pour Oscar...Bien qu'elle soit dangereuse... En tout cas je ne mangerais pas sa cuisine...Je te contacterais, sois en sur. Elle sait qui tu es, et si elle te voit, elle se doutera de quelque chose...
-Mais...
-Fais moi confiance. Je vais tirer Oscar de là. Je l'aime, et je l'ai aimée toute ma vie...
-J'avais compris... Et elle aussi...
Mathieu regarda André. Celui ci lui fit un signe avec la tête, celui de ne pas s’inquiéter... Ils se séparèrent, chacun avec leurs doutes...
Chapitre 50
Il sortit de la pièce avec Diane, et souffla la bougie. Oscar se trouva une fois de plus, plongée dans les ténèbres.
Victor marcha doucement vers la chambre de sa fille. Avec Oscar dans la maison, il n'était pas vraiment tranquille. Mais il était pourtant sur qu'elle avait cru à son mensonge. Tant qu’Élise ne pleurait pas, Oscar ne se douterait pas qu'elles étaient dans la même maison...
Il jeta un coup d’œil, elle était toujours endormie. Il fit signe à Diane de la suivre. Ils s'installèrent dans le petit salon attenant à la chambre d’Élise. Il versa deux verres de vin, et en présenta une à Diane en souriant.
-... Je suis heureux que nous l'ayons retrouvée... Quelle chance qu'elle soit venue te trouver !!! dit il
-Je ne partage pas ton avis... dit Diane d'une voix grave en prenant son verre.
-Et pourquoi ? Tu la hais, la voir ligotée dans sa propre maison ne te fait pas plaisir ?
-Oh que si. Mais je ne suis pas d'accord sur le reste de l'opération...
-Que veux tu dire ?
-Tu veux la faire enfermer... Et si elle s'échappe ? Encore une fois ?
-Et bien que veux tu que je te dise ?
-Elle nous retrouvera, nous ne serons jamais en paix.... dit elle d'un air mauvais. Elle est pire que les mauvaises herbes...
-Mais non, nous serons loin... De plus je compte bien la mettre dans un endroit isolé... Cela ne lui sera pas facile, de revenir, si elle s'échappe du moins...
-Victor, tuons la... dit elle le souffle court. Enfermée ou morte, quelle différence ?
Victor se retourna lentement. Il regarda Diane et fit non de la tête.
-La différence est la conscience... Je ne suis pas un meurtrier.... Elle reste en vie. Nous ne pouvons pas faire n'importe quoi... De plus son père pourrait se douter de quelque chose... J'ai joué le mari inquiet, mais il n'est pas idiot...
-Tu l'aimes encore....Avoue !!! C'est pour cela que tu ne veux pas la tuer !!! cracha Diane
Il se retourna vivement, l'attrapa par la hanche, et la plaqua contre lui. Il passa sa main sur son cou, et y déposa un baiser. Diane, le souffle court, pencha la tête. Il glissa sa main sous la robe, et remonta jusqu'aux fesses...
-Tu veux que je te montre comment moi je t'aime ? Murmura t-il à deux centimètre de ses lèves d'un voix suave.
Diane ne répondit rien et sourit. Elle passa une main derrière son cou, et l'embrassa férocement. Un instant plus tard, elle se dégagea.
-Cela aurait été avec plaisir, mais je te signale, que je dois me débarrasser de mon mari... Dit elle en souriant.
Victor sourit à son tour. Il ne voulait pas tuer Oscar. Il n'aurait jamais pu, quoi qu'il est pu se passer, porter atteinte à sa vie. Mais Grandier, c'était différent. Diane voulait le tuer elle même. Elle voulait voir la vie quitter ses yeux, à l'instant ou elle le poignarderait. Il se moquait complètement qu'il meure. Mais Diane avait raison sur un point... Il aimait encore Oscar.... Cette femme était une véritable obsession... Mais c'était trop tard... Elle s'était joué de lui. Elle ne l'avait jamais aimé. Elle payerait pour cela. .. Il embrassa passionnément Diane , avant de s'installer dans un fauteuil pour prendre quelques heures de repos. Le jours était levé, midi approchait. Ils n'avaient pas dormit de la nuit... Victor sentit le sommeil le gagner, bien vite....
Oscar se tortillait dans son lit. Elle tentait de trouver une solution pour sortir de ce cauchemar. Elle n'en revenait pas de tout ce que ces deux monstres lui avaient fait subir. Et cette Diane.... Dire qu'elle avait demandé à André d'en prendre soin dans sa dernière lettre... Elle aurait mieux fait de s’abstenir... Quelques larmes de rage coulèrent. Elle se sentait sale, humiliée, déshonorée, ils avaient fait d'elle ce qu'ils voulaient... un véritable jouet … Elle était une fois de plus prisonnière ... Il fallait qu'elle s'échappe, encore une fois... La vie d'André était en jeu... Sa fille pouvait attendre, de toute façon elle ne savait pas ou elle était... Et ils ne lui feraient jamais de mal, elle en était certaine... Elle se souvint que des chaînes n'étaient que des bouts de tissus. Elle porta ses main à sa bouche, et tenta de déchirer l'étoffe avec ses dents. Au premier coup, elle faillit vomir. Le tissu était rêche, et la sensation sur les dents était atroce. Elle respira profondément, et recommença. Ces idiots l'avaient attachée les mains devant, c'était une bénédiction . Elle aurait été perdue, dans le cas contraire. Elle continua, lentement, à fragiliser le tissus. Tout en œuvrant, elle se posait milles questions. Ou était Mathieu ? Qu'était il devenu ? Il attendait, lorsqu'elle était allée chez Diane, l'avait-il vu être enlevée ? Qu'avait-il fait ? Était-il toujours en vie ? Et André ? Son André.... Sa femme, sa satanée femme, allait le tuer. Non... jamais.... il fallait qu'elle soit là avant elle... Et Élise ? Ou était sa fille chérie ???
Au bout d'un long moment, elle réussit enfin à arracher les fibres. Elle se releva et tortilla ses mains jusqu'à qu'elles soient libres. Elle chercha dans le noir le nœud qui maintenant ses chevilles. Elle passa un moment à le défaire, il était fort serré. Enfin, elle fut libre. Aussi silencieuse qu'un chat, elle essaya d’ouvrir la porte. Elle s'en doutait, elle était verrouillée. Elle ouvrit un rideau. La pièce fut illuminée d'un soleil radieux. Elle chercha à ouvrit la porte fenêtre. Verrouillée... Mais la clé était dessus. Ils n'avaient pas du penser qu'elle serait capable de se délivrer... Elle l'ouvrit prestement, et alla sur le balcon. Elle sentait la sueur perler à son front. S'ils s'apercevaient qu'elle était en train de s'échapper, ils la tueraient, sans la moindre hésitation... Elle regarda en bas. Personne. Elle écouta attentivement. Rien, elle n'entendait rien, seulement les bruits de la rue.... Cela était étrange... Il y avait toujours du bruit. Le bruit des domestiques qui allaient, venaient...Son mari les avait sans doute tous congédiés... Elle passa par dessus la rambarde. Lentement, elle se laissa glisser. Elle était à présent suspendue dans le vide, les mains accrochées sur le rebord du balcon. Elle jeta un coup d’œil en bas. Cela n'était pas très haut. Heureusement qu'il l'avait enfermée dans une chambre du premiers étage... Du second, elle aurait eut bien plus de difficultés...
Elle lâcha les mains et se sentit tomber. Elle atterrit lourdement sur les pieds. Elle retint un hurlement. Elle s'était mal réceptionnée, et s'était tordue une cheville. Elle resta un moment allongée, ses mains crispées sur sa cheville douloureuse, jusqu'à que le premier élancement soit moins vif. Cinq minutes plus tard, elle passa le portail des domestiques. Elle se dirigeait tant bien que mal vers chez André, priant le ciel, pour ne pas arriver trop tard... Il était deux heures de l'après midi, et elle ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis qu'ils étaient sortit de sa chambre...
André rentra chez lui sur les coups de midi. Il ouvrit doucement la porte, et jeta un regard sombre dans la pièce. Diane n'était toujours pas là. Il s'assit sur une chaise, en face de l'entrée. Il ne savait pas trop comment il allait s'y prendre. Il voulait seulement savoir ou était Oscar, et dans quel état. Il se tendit. La porte s'ouvrit lentement. Diane entra, avec un sourire radieux. Il en était sur. Elle ne se doutait pas qu'il savait. Elle l'embrassa, et lui demanda s'il avait mangé. Il répondit d'un ton banal que non. Elle commença alors à préparer le repas tout en lui racontant comment la Comtesse de Gerdcalloi allait. André écoutait, stupéfait qu'elle puisse mentir si aisément. Il n'en revenait pas. Les mains crispées sur la table, il restait là, bouche bée. Il avait passé des années aux côté d'une femme, en apparence candide, joyeuse, mais qui était malheureusement tout le contraire. Au bout d'un moment Diane se retourna, et fixa André. Il n'avait rien dit, depuis qu'elle était rentrée, ou presque.
-Mon chéri, il y a quelque chose qui ne va pas ? Demanda t-elle doucement.
André était époustouflé par son remarquable travail d'actrice. Mais lui, n'était pas capable d'en faire autant. Oui, quelque chose n'allait pas. Et il allait le faire savoir.
-Mais rien ma chérie. Ce matin, j'ai juste appris que tu avais empoisonné Oscar pendant des années, et que tu avais aussi commit un meurtre.
Diane pâlit brusquement. Elle lâcha la pomme de terre qu'elle tenait dans la main. Elle déglutit, et réfléchit à vive allure.
-Mais de quoi parle tu ??? demande t-elle en tremblant.
André, fou furieux qu'elle se fiche de lui se leva, et d'un cou de la main, envoya valser la petite table, qui atterrit avec fracas. Diane se colla au mur en voyant André approcher, avec un air patibulaire.
Arrivé à vingt centimètres d'elle, il posa doucement sa main à côté de sa tête. Elle avait l'air à la fois effrayée, mais déterminée.
-Mais qu'as tu fait Diane....
-.................................................
-C'était platonique.... Tu l'as empoisonnée, tu as mentit, tu es redoutable, mais c'est fini. Pourquoi t'es tu vengée sur elle ?
-Parce qu'elle le méritait...dit elle d'une voix dure.
-C'est tout ?! Et moi ? Je t'ai fait du mal, mais tu ne m'as rien fait... Il n'est pas juste qu'elle soit la seule à payer...Je sais que tu l'as enlevée à l'aide d'un complice hier. Ou est elle, qui est ce complice, répond moi. Si tu me dit ou elle est, je ne te ferais rien... Je le promets... Dis moi, Diane, où elle est...
-.................................................
-Réponds moi Diane, ma patience à des limites, dit patiemment André, les yeux fixés sur elle.
-................................................
-RÉPOND MOI !!!!! hurla t-il, en frappant le mur de son poing.
Pour toute réponse, elle lui planta le couteau qu'elle n'avait pas lâché dans l'abdomen. Elle sourit, en voyant son expression. Il baissa lentement la tête, et du bout des doigts,toucha le manche. Il releva les yeux vers Diane. Elle le poussa des deux mains de toutes ses forces. André bascula, et heurta le sol avec un bruit sourd. Le sang coulait, s'incrustant dans les sillons du plancher.
-Ton Oscar est sous bonne garde, nous allons lui trouver un établissement de premier choix, dans lequel elle passera le reste de sa misérable vie. Quand à sa fille, enfin, votre fille, nous en prendrons soin mon chéri...
André ouvrit grand les yeux... Élise, était sa fille, il ne s'en était jamais douté... Il tenta de résister, mais le froid s'emparait de lui... Il allait mourir, et n'avait même pas vu le visage de sa fille une seule fois...
D'un pas tranquille, elle se dirigea vers lui et le toisa de toute sa hauteur. Sans un mot, juste avec sourire machiavélique, elle le regarda, fermer doucement les yeux avec une expression de douleur... Elle était contente. Elle repris le couteau, et essuya lentement le sang, qui se trouvait sur la lame. Elle jeta un dernier regard au corps sans vie de son mari, et s'en alla, rejoindre son amant. Il fallait qu'il l'aide, ils ne pouvaient pas se permettre de laisser le corps ici...
Chapitre 51
Alain tapotait nerveusement la table depuis un quart d'heure. Il avait supplié Laure de sortir avec son fils Thibault, qui se montrait extrêmement bruyant aujourd'hui. Un autre jour, il aurait adoré jouer avec lui, mais à ce moment précis, il avait besoin de se retrouver seul. Laure avait accepté, encore choquée, de ce qu'elle avait entendu sur Diane. Il savait qu'il aurait droit à une foule de questions lorsqu'elle reviendrait.
Il s'étira. Il soupira longuement. Il n'avait pas vu la rechute de Diane. Il l'avait pourtant surveillé, pendant longtemps, mais elle était si habile pour cacher ses sentiments. Il prit la tête entre ses mains. Il ne savait pas quoi faire. Il ne savait même pas quoi penser. C'était de la faute de André de toute manière. S'il n'avait pas correspondu avec cette femme, rien ne serait arrivé. Tan pis pour lui. Il chassa cette idée de sa tête. Bien sur que non, ce n'était pas de sa faute. Diane aurait pu réagir pour moins. Elle avait tué son premier amour. Et il n'était que son frère... Elle avait détesté, cette jeune fille châtain, qui avait conquit le cœur de son frère. Elle avait été si choyée, si câlinée, après la mort de son père, que voir une fille dans les bras de son frère, l'avait fait disjoncter. Le jour ou ils avaient fêté l'anniversaire de Caroline, Diane lui avait offert un petit gâteau, fait par ses soins. Une petite sucrerie au baies de belladone. Quelques baies suffisaient à tuer un adulte. Alain avait sourit de cette attention. Il avait été agréablement surprit que sa sœur fasse un geste. Une semaine plus tard, Caroline n'était plus. Alain n'avait vu alors que de la malchance, le sort, le destin. Mais jamais un cou tordu de sa petite sœur. Un an plus tard, à peine remit de cette perte cruelle, il avait rencontré Lauriane. Même chose, mais il avait comprit juste à temps. Il l'avait alors quittée, la préférant loin de lui, plutôt qu'enterrée. Il en avait parlé à sa mère, une mère éplorée de voir sa fille, si douce jadis, se comporter en véritable meurtrière. Ils avaient pris la décision de l'enfermer au couvent, voir si la proximité des sœurs lui faisaient du bien... Ce fut la cas. Diane sortit à l'age de 18 ans, fraîche, et assurait à son frère la guérison de son problème. Elle était quelqu'un d'autre. Alain l'avait crue.
Mais ce n'était pas quelqu'un d'autre... Alain toujours la tête entre les mains ressassait le passé. Il avait faillit.... Faillit dire à André la vérité, le jour de son mariage... Mais il avait abandonné, de peur qu'il fuit, devant sa sœur... Il s'était tu, mais s'était sentit mal pendant quelques jours. Diane avait tout caché. Comment auraient-ils pu le deviner ?! André avait été pendant des années, un ami fidèle, dévoué. Il payait le fait d'avoir été amoureux d'une autre...
Sur un coup de tête, il se leva, et sortit de l'appartement. Il avait un mauvais pressentiment. Ce genre d'histoire se finirait mal, c'était sur... Mais lui ne voulais ni perdre sa sœur, ni perdre son ami... Il marcha d'un pas empressé, vers l'appartement de son beau frère.
Oscar se retournait presque toutes les secondes. Elle sentait le stress lui tordre le ventre... Il fallait qu'elle arrive à temps... André.... ses heures étaient comptées, et elle avait comprit que malheureusement, Diane, n'hésiterait pas une seconde...Complètement paniquée, elle marchait aussi vite que sa cheville lui permettait, mais son rythme lui paraissait lent, si lent...
Enfin, elle vit le bâtiment. En claudicant, elle rejoignit enfin la porte de l'appartement. Elle colla son oreille contre la porte. Aucun bruit. Un silence... de mort. Lentement, Oscar ouvrit la porte. Ce qu'elle vit la glaça au plus profond de son être. Elle avança péniblement au centre de la pièce. Elle tomba à genoux, prise de convulsions. Un sanglot remontait dans la gorge, mais refusait de s'exprimer. Elle plaqua la main sur sa bouche, et ferma les yeux. Diverses expressions étaient lisibles sur son visage. La douleur. La tristesse. La rage. L'impuissance. Le désespoir. Elle toucha du doigt le liquide rouge écarlate, qui formait un cercle... Le sang avait été versé... Ils l'avaient tué.... Et ils avaient pris son corps.... Oscar hurla sa rage. Elle maudit du plus profond de son être ces gens qui avaient fait de sa vie un véritable cauchemar ... Était- elle coupable à ce point là, pour qu'on lui prenne tout ? Elle avait fait de son mieux, pour ne pas rompre ses promesses, être une épouse convenable... Elle avait même sacrifié le plus beau cadeau qu'elle aurait pu faire à André... Et eux, s'étaient vengés, impitoyablement... Ils ne s'étaient pas gênés, pour lui faire endurer pire que l'enfer... Quoi qu'il en coûte, elle aussi, elle allait leur faire goûter cet enfer... Elle aussi allait être impitoyable... Elle sécha ses larmes. Le bleu de ses yeux, jusqu'ici tourmenté, avait prit une teinte d'acier. Elle se releva lentement, et détourna la tête de ce spectacle qui lui retournait le cœur...
Elle sortit de l'appartement d'un pas à la fois hésitant, mais décidé sur la direction à prendre. Son sang bouillonnait. Ils lui avaient pris André... Ils le paieraient... Elle rejoignit une rue fréquentée. Un homme se promenait sur un cheval. En passant à sa hauteur, Oscar l'empoigna brusquement par le col, le fit tomber de sa monture, et se hissa à son tour sur l'étalon. L'homme n'eut même pas le temps de crier qu'elle avait déjà talonné sa monture, et partait au triple galop. Oscar avait des choses à faire. Le sang serait versé... Mais elle n'avait rien pour le faire couler. Ni armes, ni sabres, ni rien du tout. Elle en trouverait à Jarjayes. Et si quelqu'un s'interposait, tan pis pour lui... Elle avait hésité en sortant de l'asile, de se venger... La question ne se posait plus désormais ...
Diane rentra dans le manoir. Calme, personne n'aurait pu penser qu'une jeune fille aussi jolie et fraiche, venait de commettre un meurtre de sang froid. Elle monta à l'étage, et vit que sa fille était réveillée... Son père jouait avec elle. Il la regarda. Elle lui fit un signe de tête. Il avait compris. André Grandier, avait rejoint le ciel. Victor se leva lentement, et pris Diane à part.
-C'est bon... Mais il faut que nous débarrassions du corps... Les voisins se douteront de quelque choses...
Victor était plutôt réticent à cette idée. Mais il du reconnaître qu'elle avait raison.
-Nous nous en occuperons la nuit tombée. Je te laisse annoncer cette nouvelle à notre invitée...
-Attends... Il était au courant... Il savait pour Oscar... Je crois que c'est à cause du jeune homme que nous avons vu hier soir... Ils ont du se parler...
Victor regarda Diane. Il se détourna et se frotta légèrement le menton de la main. Il réfléchit. André avait su... Pour Diane du moins... Seule Oscar savait qu'il était son complice... Mais le jeune homme n'avait pu le reconnaître... Le connaissait-il seulement ?
-Penses tu qu'il aurait pu en parler à quelqu'un ?
-Je ne sais pas... Peut être à mon frère, mais j'en doute...
-Justement, comment va tu expliquer sa disparition ? Ils sont proches n'est ce pas ?
-Je lui montrerai une des lettres qu'elle lui a envoyé, avant qu'elle ne parte pour l'asile... Tu sais, celle où elle lui demande d'attendre encore un peu, pour trouver une solution... Alain croira qu'il m'a quitté pour une autre femme ... Il ne se posera pas de questions... Si il m'en pose, je lui montrerai toute les lettres... Tu vas aussi m'imiter une lettre avec son écriture... Imagine un petit mot qu'il m'aurait écrit, pour m'expliquer en douceur qu'il me quitte... Je la montrerai à Alain, il y croira... Je jouerait la femme bafouée, il ne se doutera de rien... Cela fait des années qu'il ne se doute de rien d'ailleurs... Bien, allons annoncer à Oscar que son grand amour est mort...
Diane sourit. Elle se dirigea vers la chambre ou était enfermée Oscar. Tout en marchant, elle savait qu'elle allait se délecter de ce moment... Cette blonde... Elle avait eu un enfant avec André... Et elle ?! Il n'avait pas été capable de lui en donner... Mais peu importait, elle avait Élise, et Victor maintenant... Elle fit claquer la serrure. Elle s’imaginait Oscar, ligotée, en train de trembler, pour la vie de son cher André... Elle ouvrit la porte, et fut aveuglée par la lumière qui y régnait... Un coup d’œil sur le lit. Vide. Oscar s'était une nouvelle fois échappée...
Diane poussa un hurlement de rage. Victor accouru immédiatement, pensant que les deux femmes se battaient. Diane ravageait tout ce qu'elle pouvait, elle arrachait les rideaux, renversait les meubles, cassait les carreaux des fenêtres. Victor comprit en un instant ce qu'il se passait. Le verre qu'il tenait dans la main vola en éclat...
-Elle s'est échappée.... La salope !!!! Je vais la trucider.... dit Diane en serrant les dents.
Victor ne répondit rien, trop occupé à réfléchir. Ils s'étaient dévoilés à Oscar. Elle savait tout... Mais le plus important était le corps d'André. Oscar savait qu'ils projetaient de le tuer. S'il ne faisait pas disparaître le corps, ils auraient peut être de sérieux ennuis.
-Diane, il faut aller prendre le corps.... Viens.....
-Et elle !!! On la laisse dans la nature peut être ?! Dit elle ironiquement.
-Non, on s'en occupera dès que nous aurons caché le corps... C'est le plus important pour l'instant !!!
-Mais on ne peut pas partir tout les deux ! Et Élise ?! Il n'y aucun domestiques !!! Tu les a tous congédiés jusqu'à nouvel ordre !!! Il est quatre heures de l'après midi !!! En plein jour ! Tu as perdu l'esprit !!!
-Pour Élise nous allons l'enfermer dans sa chambre... Elle sera seule, mais il n'y a rien qui peut la blesser, ne t'en fais pas...
-Non, je ne la laisserait pas...
-Tu viens avec moi !!!! C'est toi qui voulais sa mort !!!! Alors maintenant tu viens !!!! s'écria Victor en la saisissant pas la main. Il faut nous en débarrasser au plus vite !!!
Diane obtempéra, et suivit son amant. Il boucla Élise dans sa chambre, et prirent la calèche, pour pouvoir transporter André...
Chapitre 52.
Mathieu était assit sur un des lit de la chambre qu'ils avaient prit à l'auberge. Il était nerveux. Il fit le point dans sa tête. André, le mari de Diane. Diane, ou Rosalie, domestique d'Oscar. Elle l'avait empoisonnée, car André et Oscar avait entretenu une correspondance amoureuse. Le mari d'Oscar, croyant à sa folie, l'avait alors enfermée à l'asile. Mais il restait une question à laquelle il n'avait pas de réponse, qui était le complice de Diane ? Et Oscar ? Était-elle toujours en vie ?
Il frotta ses mains l'une contre l'autre. Le jours déclinait. Il avait un poids sur l'estomac, qui n'avait rien avoir avec le casse croûte qu'il avait prit tout à l'heure. Et la fille d'Oscar ?! Il se leva, et fit les cents pas. André avait promis de venir le contacter. Ils s'étaient séparés vers midi, et il était bientôt huit heure du soir... Mathieu ne savait quoi faire...
Une idée lui vint à l'esprit. Il ne savait pas si elle était bonne. Et si... il en parlait au mari d'Oscar ? Peut être qu'en lui expliquant la situation, il pourrait l'aider. Il l'avait faite rechercher, il devait quand même tenir à elle... Mais Oscar ne portait pas son mari dans son cœur, il l'avait comprit... Elle lui en voudrait peut-être, d'être allée chercher son mari à la rescousse... Mais c'était pour son bien...Après de longues minutes d'hésitations, il prit sa cape, et partit vers la demeure d'Oscar.
Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire. Comme la veille, il entra par le petit portail. Arrivé devant l'entrée principale, il hésita. Tan pis, il ne savait pas trop dans quoi il mettait les pieds, mais il devait tenter quelque chose. Il frappa. Il attendit un long moment. Il ne semblait y avoir personne...
Il fit le tour de la maison. Aucunes lumières. Il tenta de passer par la porte principale, mais elle était verrouillée. Que cherchait-il au juste ? Il voulait voir le mari d'Oscar, mais personne n'était là... Appuyé contre le mur, Mathieu réfléchissait. Il ne servait à rien de rester là à attendre... Peut être que demain, il aurait plus de chances...
Mathieu commença à repartir. Il interrompit ses pas. Il entendait des cris. Il leva les yeux vers la demeure. C'était faible comme bruit, mais il y avait quelqu'un dans la maison, c'était sur... Emporté par la curiosité, il refit le tour. Les bruits se rapprochaient. Il entendait de plus en plus distinctement, même si les bruits étaient encore étouffés. Il leva la tête. Dans la pénombre, il ne distinguait rien... Les cris venaient de l'étage... Il regarda la masse de lierre qui ornait le mur. Il n'était vraiment pas sur que le lierre soutiendrait son poids... Mais il avait une terrible envie de voir qui était la... Précautionneusement, il saisit les fin branchages. Il réussit à grimper un peu, assez pour s'accrocher au balcon. Il se hissa tant bien que mal. Arrivé sur le balcon, il regarda par la vitre. Il ne voyait rien, un épais rideau cachait la vue. Il colla son oreille contre la fenêtre. Pas de doutes, quelqu'un s'égosillait. Mais ce n'était pas des cris d'adultes... Ne sachant que faire, il vérifia si une fenêtre n 'était pas restée ouverte... Malheureusement non, toutes étaient bien verrouillées. Il commençait à paniquer. C'était un enfant qui criait. Il fit vite le rapprochement. Il était chez Oscar, un enfant était présent... Sa fille. Soufflant un grand coup, il enroula un morceau de la cape autour de sa main, et frappa un des carreaux de la vitre. Il pu passer le bras, et actionner la poignée. Il ouvrit grand la fenêtre, et se faufila à l’intérieur. Les cris avaient brusquement cessés.
Il écarta doucement les rideaux. Le clair de lune illumina la pièce d'une lumière fantomatique. Ses yeux s'habituèrent petit à petit à l'obscurité. Une silhouette était assise au milieu de la pièce. Il chercha à tâtons un chandelier. Il en trouva un, près de la porte. Il craqua une allumette, et la pièce fut réchauffée par une lumière chaleureuse.
Avec un sourire, il contempla la petite fille. Élise le regardait en hoquetant . Elle avait les yeux rouges et gonflés, par les larmes qu'elle avait versé. Cela faisait un temps fou qu'elle était seule, et au bout d'un moment, quand la nuit était tombée, même la poupée de chiffons qu'elle tenait n'avait pas réussit à la rassurer. Elle avait alors commencé à gémir, à pleurer, à appeler sa maman, qui ne venait jamais... Les pleurs s'étaient transformés en cris de terreur, l'angoisse de se retrouver toute seule dans le noir, sans que personne ne vienne l'étreindre, pour chasser ses frayeurs... Mathieu s'approcha doucement. Elle n'avait pas l'air d'avoir peur, au contraire... Une présence, enfin, quelqu'un qui était là pour elle... Il s'agenouilla près d'elle, et lui sourit gentiment.
-Tu es Élise ? Lui demanda-t-il .
Élise acquiesça. Elle reniflait, et se frottait les yeux. Mathieu se demandait bien pourquoi une enfant de quatre ans était restée seule dans une maison. Il n'était pas sot, Oscar était de la noblesse, ils avaient sûrement l'argent pour engager une nourrice. Dans ce cas là, pourquoi était-elle seule ?! Il trouvait la situation de plus en plus étrange...
Il ne savait pas quoi faire. Devait-il attendre que quelqu'un rentre ? Il la pris dans ses bras, et tenta de pousser la porte. Elle était verrouillée. Il regarda autour de lui, et vit une autre porte qui donnait sur une pièce attenante. Il fit tranquillement le tour, Élise toujours dans ses bras. Elle s'était blottie, confiante, sur son épaule. Une autre porte... Verrouillée encore une fois. Il du se rendre à l'évidence, il était enfermé...
Mais il n'était pas tranquille. On n'avait pas abandonné cet enfant comme cela, quelqu'un reviendrait, il ne pouvait en être autrement... Il n'aimait pas l'idée qu'un puisse le surprendre... Il passerait peut être pour un voleur, et aurait de sérieux ennuis... Il était cependant sur d’être seul...
Il s'assit sur un fauteuil, et commença à questionner Élise.
-Tu es seule depuis longtemps Élise ?
-Oui... dit-elle d'une petite voix.
-Ou est ta maman ?
-Je sais pas... Maman est partie depuis longtemps...
-Très longtemps ?
-Oui.
-Tu voudrais la revoir ?
-Oui.
Mathieu soupira. Élise avait remit son pouce dans sa bouche, et s'endormait, petit à petit … S'il savait où était Oscar, il aurait avec plaisir exaucé le vœux d’Élise... Mais il l'ignorait totalement. Il porta Élise qui s'était complètement endormie dans son lit.
A peine eut il finit de la couvrit, qu'il entendit des voix au rez de chaussé. Il se figea. Les voix approchaient... Il souffla les bougies, et se cacha derrière un rideau, la peur au ventre. Il avait comprit qui étaient les personnes, et ce qu'il se passait... Si on le découvrait... Il ne donnait pas cher de sa peau.
-C'EST TOI QUI VOULAIS LE TUER !!!! ET REGARDE !!! SON CORPS A DISPARU !!!!
-TU N'AVAIS QU'A VENIR AVEC MOI !!!
-OSCAR A DISPARUE AUSSI !!! c'est un cauchemar. Tout notre plan tombe à l'eau...
-Partons de suite Victor ! Il ne faut pas attendre !!!
-Non... Je ne la crains pas...
-Mais elle pourrait demander de l'aide !!!
-A qui ? Son père ! Il ne la croirait pas...
-En es tu sur ?!
-Je ne peux pas quitter Paris comme cela !!!
-Tu peux la faire rechercher ?!
-Mais pourquoi ?!
-Par la Reine !!!
-Diane, pour qu'elle raison, la Reine voudrait faire rechercher Oscar ?! Elle l'adorait !!!
-Sauf si elle apprend que sa colonelle entretenait des rapports intimes avec son amant ! Nous avons ses écrits... Nous pouvons la dénoncer !!!
Victor mit la main sur la poignée de la chambre d’Élise. Il réfléchissait. Envoyer une lettre anonyme à la Reine... Elle serait furieuse... Cela pouvait marcher... La situation échappait à tout contrôle... Que devaient ils faire ?! Lorsqu'ils étaient arrivés chez André, son corps n'y était plus. Oscar l'avait elle prit ? Pourquoi faire ?! Ils avaient alors passé beaucoup de temps à nettoyer. Remettre tout en ordre, pour effacer d'éventuels soupçons...
Mathieu, replié dans sa cachette, avait tout compris. André était mort, sa femme l'avait tué. Son complice était son mari... Ils l'avaient enlevés, mais elle s'était échappée... Ou était elle ?! Ils voulaient la dénoncer pour une certaine raison... Il y avait des écrit compromettant... Mais ou étaient ces écrits ?! Il trembla lorsqu'il entendit le déclic de la serrure....
Alain, frappa à la porte de son beau frère. Aucune réponse. Il lui avait pourtant dit qu'il resterait là a attendre Diane. Il était environs une heure et demi de l'après midi... Cela faisait deux heures, qu'André était partit de chez lui ... Il poussa la porte. Son cœur fit un bond. André était étalé au milieu de la pièce, dans une mare de sang. Alain le contempla, sans bouger. Sa sœur avait frappé... Il restait là les bras ballant, estomaqué par ce spectacle ... Que devait il faire ?! Dénoncer sa propre sœur?! Il s'agenouilla auprès d'André, les larmes aux yeux. Il lui pris la main, elle était encore chaude. Il passa subitement sa main sur sa poitrine. Son cœur battait encore... Alain réagit au quart de tour. Il hissa André sur son épaule, et partit à la recherche d'un médecin. Il voulait éloigner André de chez lui au cas où Diane reviendrait.... Il ne la laisserait pas faire...
Arrivé chez un docteur, il tambourina à la porte. A peine le médecin eut ouvert, qu'il entra sans attendre d’être invité.
-Docteur, cet homme s'est pris un coup de poignard... Il faut le sauver, dit-il en allongeant doucement André dans un lit.
Le médecin se précipita sur le blessé. Il ouvrit la chemise, et examina la blessure.
-Apportez moi de l'eau, dit il à Alain en indiquant une bassine près de là.
Alain la prit prestement, et la posa sur le chevet. Le docteur entreprit de nettoyer la blessure.
-Docteur alors ? Il va s'en sortir ?! Demanda Alain après un long silence pesant.
-Je pense que oui. La blessure est profonde, mais aucun organes ne semble atteint. Il s'en est fallu de peu. Heureusement que votre ami est bien charpenté... S'il avait été d'une constitution plus frêle, il n'aurait pas survécu.... Mais il a quand même perdu beaucoup de sang. Il lui faut du repos. Il peut rester ici.
Alain poussa un soupir de soulagement... André allait survivre. Ce n'était pas sur, mais il y avait de l'espoir.
Il prit une chaise, et s'assit au côté de son ami. Il ne savait toujours pas quoi faire. Diane... Il repensa à sa sœur. Elle avait enlevé son ancien colonel. L'avait-elle tuée aussi ? Il espérait que non...
Oscar arriva sur le chemin de Jarjayes. Elle ne voulait pas y aller en plein jour, elle attendrait que la nuit soit tombée... Elle descendit de sa monture. Elle était désespérée. Elle avait perdu André... Son corps fut secoué de sanglots. Il était partit sans la revoir... Il ne savait même pas qu'il avait une fille... Oscar se laissa tomber sur les genoux. Elle ne savait pas si elle avait la force de continuer. Trop de choses s'étaient passé depuis quelques jours. Trop de choses depuis des années en fait. Et tout cela à cause de Girodelle, et de Diane... Oscar s'allongea. Elle se recroquevilla sur elle même. Elle se demanda si elle n'allait pas devenir folle pour de bon...
Au bout d'un moment, les larmes cessèrent de couler. Oscar ne pouvait plus en verser. La nuit était tombée... En reniflant, elle remonta sur son cheval... Au pas, elle songea à toutes ces années... Gâchées, perdues... Toutes ces années à aimer un homme, à se sacrifier pour un mari qui n'avait fait que la manipuler depuis le départ.... Mais ils en avait trop dit... Ils auraient mieux fait de se taire. Oscar releva la tête. Il y avait toujours Élise. Elle se battrait jusqu'à la mort s'il le fallait. Mais jamais ils ne la prendraient avec eux. Jamais.
Mathieu se cala un peu plus dans sa cachette. Il entendit des pas dans la chambre. Une personne était rentrée ... Il pria pour qu’Élise garde le silence sur leur rencontre.
-Ma chérie... Maman va te donner à manger tu as faim n'est ce pas ? Dit Diane d'une voix doucereuse en réveillant Élise.
Mathieu serra les poings. Cette femme monstrueuse se faisait passer pour la mère de le fille d'Oscar. Pauvre Oscar... Il sentait monter la fureur en lui. Elle avait tellement souffert... Et voilà qu'on tentait de lui voler sa fille, après avoir supprimé celui qu'elle aimait depuis toujours... Il ne les laisserait pas faire.
-Il est où le monsieur ? Demanda Élise en regardant autour d'elle.
Diane regarda la fillette.
-Quel monsieur ? Dit-elle d'une voix dure.
-Le monsieur de tout à l'heure...
Chapitre 53
-Il est où le monsieur ? Demanda Élise en regardant autour d'elle.
Diane regarda la fillette.
-Quel monsieur ? Dit-elle d'une voix dure.
-Le monsieur de tout à l'heure...
Diane resta un instant interdite. Mais elle se radoucit et caressa la joue d’Élise.
-Tu as du rêver mon ange... Il n'y a personne, ici, juste Papa et Maman. Allez, mange, sinon ça va refroidir.
Elise cessa de poser des questions, et mangea donc. Lorsqu'elle eut finit, elle poussa l'assiete devant elle, et murmura ;
-Merci Rosalie.
Diane lui prit la main si brusquement, qu'Elise étouffa un cris.
-Combien de fois t-aie-je dit de ne pas m'appeler Rosalie ?! C'est Maman, maintenant. Ton autre maman t'a laissée, elle ne t'aimait pas, je te l'ai déjà dit... Allez, au lit maintenant... Dit-elle d'une voix dure.
Élise, la gorge nouée, les larmes aux yeux, se laissa déshabiller, et grimpa dans son lit. Elle serrait de toute ses forces sa poupée de chiffon, dernier cadeau que sa maman lui avait fait...
Diane rabattit les couvertures brusquement, et lui donna un baiser sec sur le front. Lorsqu’Élise l’appelait « Rosalie », cela l'énervait au plus au point. Heureusement que Victor n'avait rien vu, sinon il lui aurait reproché son geste. Il n'aimait qu'elle soit dure avec elle. Oscar, malgré son état, s'était occupée avec amour de sa fille, et avait liée une complicité naturelle avec elle. Toujours douce, et calme, Élise étant une enfant sage, et obéissante, n'avait pas eu besoin d’être réprimandé souvent. Oscar avait voulu à tout prix éviter d’être sévère comme son père l'avait été avec elle. Si la rudesse de son père l'avait faite obéissante étant enfant, Oscar avait comprit que l'on pouvait obtenir les mêmes résultats avec de la douceur, et de la patience. Élise, après qu'Oscar fut partie, n'avait pas compris pourquoi la domestique qui s’appelait « Rosalie », voulait qu'elle l'appelle « Maman ». Victor avait demandé de la patience à Diane, Élise mettrait du temps à oublier sa vrai mère.
Mathieu écoutait toujours, scandalisé. Il tentait de rester immobile, se forçant à respirer le plus doucement possible... Si jamais les pans du rideau trahissait sa présence... Il avait déjà faillit défaillir lorsqu'il avait entendu Élise parler de lui... Heureusement, Diane avait pris cela pour un rêve... Il faillit bondir lorsqu'il avait entendu Diane dire à Élise que sa maman ne l'aimait plus... Mais il devait rester caché...
Victor, après s’être changé, revint dans la chambre.
-Victor ou sont les écrits ? Nous devrions envoyer la lettre et écrits de suite... Quand la Reine saura ça...
-... elle sera furieuse... Mais ce n'est pas sur qu'elle la fasse rechercher... La Reine ne peut faire n'importe quoi... Si elle la fait rechercher, ce sera dans le plus grand secret... Elle ne peut décemment dire au Roi qu'elle veut son ancien colonel car celle ci a approché son amant de trop près... Ce serait reconnaître publiquement qu'elle a un amant... Je ne sais pas si cela marchera... Il est sur en tout cas que la famille des Jarjayes sera déshonorée... Et moi aussi, par la même occasion....dit il d'une voix dure.
-Cela te donnera une occasion de démissionner... Nous recommenceront une nouvelle vie...
-Je ne sais pas si c'est la meilleure solution... Oscar est dans la nature... Mais je sais qu'elle va à tout prix vouloir retrouver sa fille...
-Tu veux parler de ma fille ? Et bien qu'elle vienne.... Je l'attends... Mais avant, il reste quelques petites choses... Ou est le corps d'André ?! Il savait... Je suis à peu près sure que c'est mon frère qui lui a parlé... Je vais vérifier cela d'ailleurs... De quoi se mêle t-il ?!
-Maintenant ?! Il est trop tard...
-Non, j'irais demain, à la première heure. Je ne comprends pas comment André savait, il faut que je tire cela au clair... Mais... oh.... je crois que j'ai compris...
-Quoi ?
-Le jeune homme... Celui qui a tenté de nous empêcher d'amener Oscar... Et si André l'avait rencontré ?!
-Mais comment ?! Oscar en allant chez toi, ne savait pas, qu'elle allait aussi chez André... Donc ce jeune homme non plus...
-Nous n'aurions pas du le laisser... Il a peut être rencontré André, il lui a peut être demandé de l'aide !?
-Mais...
-JE NE SAIS PAS !!! hurla Diane. Je n'en sais pas plus que toi... Mais toujours est il que André savait que j'avais enlevé Oscar. Mon frère non, donc, il n'a pas pu lui dire. Ce jeune homme est le seul témoin, donc s'est forcément lui, André ne s'était jamais douté de rien, il aurait réagit sinon... Mais qui est-il ? Peut être qu'il a mit son père au courant ?! Ce serait catastrophique...
-Si son père était au courant, il serait déjà venu me contacter. Depuis qu'Oscar s'est échappée, il est bourré de remords... Non, s'il soupçonnait quoi que ce soit, il serait venu...
-Nous ne savons rien sur ce jeune homme... Cela peut être n'importe qui ! Que sait-il au juste ???
Mathieu sourit en entendant cette conversation. Ils commençaient à relier les points entre eux, mais ne disposaient pas de toutes les informations... Mais lui, grâce à eux, il en avait désormais... Il savait qu'il pourrait peut être trouver de l'aide chez le père d'Oscar, ainsi que le frère de Diane... Elle semblait s'en méfier... Il n'avait pas su dire, en rencontrant Alain, s'il pourrait lui faire confiance. Mais vu la méfiance de Diane à son égard ..
-Bon, je vais cependant écrire la lettre... dit Diane en mettant fin à cette convertation houleuse. Je vais arracher les pages qui traitent de sa relation avec Fersen des carnets... J'enverrais le tout demain, en allant voir mon cher frère... Je vais dormir près d’Élise cette nuit ... Si elle revient...
-Bien... De toute façon, si elle essaie d'entrer, nous l'entendrons... J'ai fermé toutes les entrées possible, mais, on ne sait jamais....Les carnets sont dans mon bureau, dans le tiroir de droite. Quand à moi je vais dormir quelques heures... Je reviendrait près d’Élise après avoir récupéré un peu...
Diane revint dans la chambre après être allée chercher les carnets, et s'installa à sa tâche... Mathieu avait un peu repéré les lieux tout à l'heure... Il pensait qu'elle installée sur la petit table qui était de dos au lit d’Élise... Il entendait la plume gratter... Il risqua un coup d’œil. Il écarta les pans du rideau précautionneusement, et vit qu'elle était de dos, concentrée sur son travail. Mais il ne pouvait rien faire... Élise, pas très loin de lui, s'était endormie...
Diane acheva son travail, et repartit un instant chercher de la cire.
Elle revint vite, scella la lourde lettre. Mathieu s'était de nouveau immobilisé. Il se sentait de plus en plus mal. Comment allait-il se sortir de cette situation ?
Diane se dirigea vers le petit salon attenant. Elle s'allongea sur le canapé, souffla la bougie, et s'endormit.
Au bout d'une heure, Mathieu risqua un nouveau coup d’œil. Il était plongé dans le noir. Il entendait une respiration lente, profonde, signe que Diane était endormie.
Il risqua un pas. Après réflexion, il enleva ses chaussures. La semelle ferait du bruit sur le plancher. Il était toute ouïe, se concentrant sur le moindre changement de situation. Pas à pas il se dirigeait bredouille dans le noir, vers la table ou était la fameuse lettre. Il voulait la voler, au moins, il n'y aurait plus d'écrits compromettant...
Il sentit son pouls s’accélérer... Diane était dans la pièce d’à coté... S'il arrivait à fermer les portes sans qu'elle ne se réveille, il pourrait peut être alors amener Élise avec elle.
En retenant son souffle, il ferma en silence les doubles portes ouverte, isolant ainsi Diane d'eux. Il alluma le chandelier, et regarda sur le bureau. La lettre était posée dessus. Il la pris, et prit aussi les trois petits carnets. Des gestes lents, silencieux, minutieux, pour ne trahir en aucun cas sa présence.
Il se dirigea vers la porte principale, et appuya doucement sur la poignée. Elle céda sans difficultés, et il put ouvrit la porte. Il jeta un œil dans le couloir, vide. Personne...
Il tourna les yeux vers Élise. Il ne pourrait pas emprunter le chemin qu'il avait prit à l'aller. Il voulait prendre Élise avec lui, et serait donc forcé de prendre les escaliers, et une des entrées au rez de chaussé. Il mesurait les risques qu'il prenait... S'il se faisait attraper, ils le tueraient, c'était sur, mais il ne ferait pas de mal à Élise... Il devait essayer, peut être que cette chance ne se représenterait pas...
Il s'approcha du lit d’Élise, et la réveilla doucement. Celle ci émergea des couvertures en souriant, contente que le monsieur soit là. Il posa un doigt sur la bouche pour lui faire comprendre de ne pas faire de bruit.
-Tu veux qu'on joue Élise ? Chuchota t-il le plus doucement possible.
Élise hocha frénétiquement la tête de bas en haut avec un grand sourire.
-D'accord, mais tu ne dois pas faire de bruit d'accord ? On va sortir de la maison, et aller voir ta maman... Tu veux ?
Nouvel hochement de tête.
Il la sortit du lit, le doigt toujours posé sur les lèvres. Élise avait compris, elle ne devait pas parler. Elle souriait, amusée de ce jeu. Il mit les oreiller sous les couvertures, créant l'illusion d'une silhouette, blottie au creux de son lit.
Il la pris par la main, et l’emmena dans le couloir. Il lui murmura de rester là pendant quelques secondes... Il laissa le chandelier par terre, et retourna dans la chambre. Il ouvrit de nouveau les portes de la pièces attenantes. Diane semblait toujours profondément endormie...
Il sortit une bonne fois pour toute de la chambre, et reprit Élise dans ses bras, le chandelier à la main. Il gravit l'escalier, toujours à pas de loup, se reprochant de plus en plus vers la sortie...
Il arriva enfin devant l'entrée principale. Il regarda la porte avec horreur. Il avait pensé que la clé serait dessus. Mais ce n'était pas le cas.
Il se retourna, cherchant une autre issue... Arrivé à la cuisine, il vit avec soulagement que la clé de la porte donnant sur le jardin était sur la serrure... Il déverrouilla avec empressement, et sortit enfin. Il était soulagé au possible. Il prit le petit portail, et partit vers l'auberge, Élise toujours dans les bras. Elle s'était laissée faire, sage comme une image...
-Je vais te rendre à ta maman, Élise, murmura t-il. Ta vraie, maman...
Chapitre 54
Oscar rentra dans la demeure. Il était près de minuit. Elle se faufila dans la salle d'arme. Doucement, elle ferma la porte derrière elle.
Pale, les yeux fixes, les traits tirés, elle contempla les armes qui ornaient les murs. Épée, poignard, pistolet... Comment allait elle tuer ces deux créatures immondes ? Peu importe, elle allait prendre une arme de chaque. Elle souleva lentement un des pistolet. Il n'y avait pas de balles, ni de poudre.
Elle pris le matériel nécessaire pour préparer les armes. Elle en chargea quelques uns. Concentrée sur ce qu'elle faisait, elle n'entendit pas la porte s'ouvrir. Le Général avait entendu du bruit. Il se tenait dans l’embrasure.
La bouche ouverte, il ne savait pas si il rêvait. Sa fille chérie était là.
-Oscar...murmura t-il les yeux bordés de larmes.
Oscar leva les yeux. Elle réagit sur le champs, et pris une arme et visa son père. Il leva les mains pour montrer qu'il n'était pas armé.
-Père... fermez la porte, tout de suite, dit elle d'une voix dure.
Il s'exécuta lentement. Choqué d’être tenu en joue par sa propre fille, il ne trouvait pas les mots. Oscar s'approcha lentement. Aucune expression n'était lisible sur son visage.
-Asseyez vous...
-Oscar, ce pistolet n'est pas nécessaire...murmura t-il.
-Je le crois au contraire... Vous m'avez trahit... Je ne fais confiance qu'à moi même maintenant...
-Je suis désolé... Je sais, que je suis coupable.... Mais votre mari, m'a laissé entendre, qu'il le ferait sans mon aide... Et vu votre état, j'ai pensé... que peut être....
-Cela me ferait du bien ???? coupa Oscar
-Oui... confessa son père, en regardant par terre.
Oscar prit une chaise, et s'assit en face de lui... Elle se remémorait les paroles de Victor... Il lui avait dit que son père avait tenté de le dissuader sur son enfermement... Oscar éprouva alors de la pitié, et de la rage. Une pitié pour cette homme, qui n'en menait pas large... Et la rage pour Victor, qui l'avait aussi manipulé...
-Alors je vais vous rassurer... Je ne suis pas folle, et je ne l'ai jamais été... reprit-elle.
-Oscar... vous devez ne plus penser à cela... Restez ici, nous allons nous occuper de vous... dit-il d'une voix rassurante. Je ne veux que votre bien...
-Je sais. Mais moi je veux que vous m'écoutiez... Je n'ai jamais été folle... J'ai été empoisonnée... dit elle d'une voix nette.
-C-Comment ?!
-Oui père, vous avez bien entendu... Il faut que j'explique cette histoire, de long en large, pour que vous compreniez... Alors, allons-y mais rapidement.... Je n'ai pas que cela à faire. Tout à commencé le jours ou j'ai retrouvé André, à caserne. Je me suis rendue compte que je l'aimais... Depuis toujours... Oui père, je suis désolée de vous décevoir, mais c'est comme cela. Vous n'avez jamais porté attention à mon cœur de femme... Mais peu importe. Il allait se marier, avec Diane. Il ne voulait pas rompre sa promesse, sachant que notre différence de conditions, allait rendre les choses difficiles... J'ai passé une nuit avec lui... Juste avant son mariage... Élise est le fruit de cette nuit... Mais on m'a trahie, et j'ai été forcée de me marier... Savez vous qui m'a trahie ? Girodelle... Il était amoureux de moi, et me suivait. Il m'a fait une déclaration enflammée, et dit ce que je voulais entendre. Il m'a manipulée, et cela à marché... Mais Je ne pouvais vivre sans André. Nous avons donc commencé une correspondance secrète. Rien que des mots. Mais si vous saviez comme cela me faisait du bien !!! Le lendemain de mon mariage, j'ai appris que j’étais enceinte. Je me suis donc forcée a passer la nuit avec mon mari, pour faire croire que l'enfant venait de lui... Et cela a marché... Mais j’étais loin de me douter ce qui allait découler... La femme d'André, avait appris notre amour, découvert les lettres que je lui envoyait... Elle s'est faite engagée au château, comme ma domestique personnelle. Après la naissance d’Élise, j'ai déprimé. Si vous saviez comme ce mensonge m'a pesé... Mais il le fallait... Pour l'honneur... Elle a profité de mes faiblesses, et a commencé à m'empoisonner. Avec une plante, de la datura. C'est une plante toxique. Hallucinations, confusion mentale, c'était mon lot quotidien... Elle m'a rendue la vie infernale... Mais un jours, André à voulu me voir. Il savait que je n'allais pas bien, et m'a proposé de s'enfuir... J'ai accepté ! J'ai accepté père, je ne supportait plus cette comédie... Mais c' est à ce moment là que Diane a tout avoué a mon mari... Elle lui a montré mes lettres, mes carnets intimes, que je tenais depuis des années... Il a apprit qu’Élise n'était pas sa fille... Et est venu vous trouver, pour m'enfermer... A l'asile, je vous passerait les détails de mon calvaire... Mais on m'a aidée à m'enfuir, un jeune homme Mathieu... Je voulais me venger... De vous, de lui... Mais il y a quelque jours, je suis venue et je vous ai vu devant la cheminée. J'ai vu que vous souffriez... J'ai décidé alors de simplement reprendre Élise... J'ai pensé que ma domestique, que je connaissais sous le prénom de Rosalie, pouvait m'aider.... Mais elle m'a assomée... Je me suis réveillée chez moi, et ils m'ont dit la vérité... Victor m'a dit qu'il allait me refaire enfermer. Diane et lui sont devenus amants... Diane est partie...tuer André... J'ai réussit à m'enfuir, mais quand... quand je suis arrivée... je n'ai... je n'ai vu que du sang... Ils l'ont tué... Ils me l'ont pris, et maintenant, veulent me prendre Élise... Alors je vais prendre les armes, et je vais venger la mort d'André... Si vous saviez comme je l'aimait... Si vous saviez...
Oscar pendant son monologue, avait peu à peu baissé son arme... Si elle avait commencé avec un ton dur, c'est avec des larmes qu'elle finit... Elle cacha son visage dans ses mains... Son père la regardait, horrifié. Jamais, jamais, il n'avait entendu pareille histoire. Sa fille avait enduré des choses horribles... Et personne, ne s'était rendu compte de rien... Il s'approcha d'elle, et la prit dans ses bras. Il tenta de lui communiquer tout son amour, a travers cette étreinte. Elle le lui rendit. Elle avait vu son expression, le long de son discours. Oscar savait encore faire la différence entre ceux qui lui voulaient du bien, et ceux qui lui voulait du mal. Son père, ne voulait que son bien... Il l'avait peut être éduquée en homme, mais avait fait du mieux qu'il pouvait... Sans doute avait-il été maladroit, mais il l'avait aimée...
-Père, je ne suis pas folle... Vous me croyez n'est ce pas … murmura Oscar
Son père se leva, et força sa fille à en faire de même. Il la regarda dans les yeux.
-Bien sur Oscar, je vous crois. J'avais commencé à me méfier de votre mari, le jours ou il m'a exposé son idée de vous faire enfermer. Quand j'ai appris que vous vous étiez échappée, j’étais fort inquiet. Oui, je l'avoue, je ne vous croyais pas saine d'esprit. Quand il est venu me dire qu'il allait vous rechercher, je l'ai fait accompagné par certains de mes hommes. Un était là pour... l'espionner dirons nous, je ne voulais pas qu'il vous y renferme, dans le cas ou vous seriez trouvée... Il m'a rapporté qu'il était fort préoccupé par votre disparition...Mais je n'ai pas cherché plus loin, j'aurais du, j'ai mis cela sur le compte de l'amour... J'ai été aveugle, toutes ces années.... Pardonnez moi Oscar... Si j'avais su ces choses là plus tôt...
-Je sais père... Mais personne ne s'en doutait, pas même moi...
-Ma fille, je suis... je suis sincèrement désolée pour André... Je l’appréciais... vous le savez...
-Mais vous n'auriez jamais accepté que je me marie avec lui... dit elle tristement.
-C'est vrai... Je... je regrette de vous avoir fait tant obéissante Oscar. Lorsque le roi a décidé de vous marier, vous vous êtes pliée... J'aurais préféré que non...
-Vous m'en auriez voulu, si j'étais partie...
-C'est vrai aussi, mais cela aurait été préférable... que ce que vous avez subit...
-Je vais me venger, et si vous vous opposez à moi, je n'aurais pas le choix père...
Oscar avait reculé. Non, personne ne se mettrait en travers de son chemin.
Son père avança, et lui prit doucement l'arme qu'elle tenait.
-Je comprends votre désir de vengeance... Je me suis promit de aussi de me venger de celui qui avait trahi ma fille... Oscar, vous n’êtes pas seule, je suis là, et je vais vous aider...
Chapitre 55
Victor se réveilla, au petit matin. Il se leva, s'étira, et ouvrit les rideau de sa chambre. Il regarda un instant, la rue calme, déserte. Ses pensées se bousculaient dans son esprit. Il ne savait plus vraiment ou il en était.
Il se remémora les derniers jours. Lorsqu'ils avaient retrouvé Oscar. Il avait souhaité cette vengeance... Mais était-elle nécessaire ? Oscar, la femme qu'il aimait, depuis toujours... Si elle l'avait aimé... Ils auraient pu être heureux... Mais ce n'avait jamais été le cas...
Diane voulait absolument la retrouver... Était-ce la bonne solution ? Tout cela allait trop loin... Il n'était pas certain de vouloir envoyer cette lettre. Oscar avait été suffisamment punie. L'enfermement, la mort d'André, privée de sa fille... Il se fichait qu'elle s'enfuie. Lui ce qu'il voulait, c'était juste Élise. Il aimait cet enfant, plus que tout. Pendant quelques années, il avait pensé que c'était la sienne.
Il se demandait comment tout cela avait commencé. Ce fameux jours, ou Diane s'était révélé, et ou elle lui avait montré les lettres d'amours enflammées qu'envoyait Oscar à André. Il avait été stupéfait. Jamais il n'aurait cru Oscar capable d'écrire des lettres aussi belles. Jamais il ne l'aurait cru capable d'aimer un homme d'un amour inébranlable, inconditionnel, inégalable... André Grandier, lui, y avait eu droit. S'il avait pu avoir une infime partie de cet amour... Il s'était sentit trahi... Il avait eu si mal... Mais, lui aussi l'avait trahi... Il avait écrit cette lettre, dénonçant sa véritable nature sur un coup de tête, le lendemain de la nuit de la taverne. Elle était restée sur son bureau quelques jours, il ne savait pas si il allait l'envoyer... Et il l'avait fait finalement... S'il ne l'avait pas fait, qu'en serait il aujourd'hui ?! Elle vivrait sa romance avec André, tranquillement ? Sans ce soucier de lui, toujours...
Ce n'était pas le moment de ressasser le passé. Cet acte, il ne le regrettait pas. Il regrettait simplement que les choses aient prit cette tournure. Si Diane n'avait pas empoisonné Oscar, peut être qu'aussi, ce mariage aurait donné quelque chose d'autre... Peut être aurait-elle voulu d'autres enfants...
Avec des ''si'', on refaisait le monde... Victor se dirigea vers la chambre d’Élise. Il ouvrit la porte, et regarda attendrie, la silhouette de sa fille. Il marcha vers la fenêtre, et ouvrit les rideaux. Ses yeux aperçurent tout de suite le carreau cassé. Il se retourna brusquement, et arracha les couvertures du lit . Il retint un cris de rage. Élise n'était plus dans cette maison...
-DIANE !!!!!
Diane se réveilla en sursaut, et rejoint Victor. Elle blêmit en voyant le lit vide.
-Je... Je... n'ai rien entendu... Je...
-On l'a enlevée sous ton nez !!!!!! Mais comment cela à pu arriver !!!!! cria t-il en la secouant .
-Je ne sais pas....dit elle en bafouillant.
Encore choquée d'avoir été secouée comme un prunier, elle se retourna sur la table. Plus de lettre, plus de carnets....
-Elle a prit aussi ses carnets, et ses lettres... AH LA GARCE !!!!! elle en serrant les dents
Victor se détourna d'elle, en proie à une colère extrême. Non, il ne lui laisserait pas sa fille. Il se fichait complètement qu'elle retrouve sa liberté, mais sa fille, jamais.
-Elle nous a suivit !!!!
-Ce n'est peut être pas elle...
-Qui d'autre ??? Oh...
-Quoi ?
-Hier, Élise, à parlé d'un monsieur... elle demandait ou il était...
-Mais qui ?!
-Je ne sais pas, j'ai pensé qu'elle avait rêvé... murmura t-elle.
- Elle te parle d'un « monsieur » présent dans la maison, et toi tu ne cherches pas plus loin ??? Mais tu es innocente bon dieu !!! Et c'était qui celui là ??? Peut être ton traître de frère !!! Il connaissait André, et Oscar. Tu as dit qu'André était au courant. Oscar était encore chez nous à ce moment là... Qui d'autre aurait pu parler ?!
-Mais comment à t-il pu savoir ? Le jeune homme, j'en suis de plus en plus sure... Nous l'avons laissé quand nous avons enlevé l'autre, André en revenant de sa garde l'aurait peut être trouvé... Le jeune homme lui aurait raconté et André aurait questionné mon frère... Peut être pas...Peut importe... Je vais lui rendre visite...de ce pas. Elle a forcément un complice... Si mon frère sait quelque chose, je le verrais... Il n'a jamais su mentir....
-Bon, moi je rends à Jarjayes. Elle y est peut être.
-Mais c'est un énorme risque !!!
-Je n'ai plus le choix... Va chercher des informations de ton côté, et revient ici. Je vais interroger le Général. Je ne sais pas, Oscar est peut etre revenue chez elle, pour chercher de l'aide... Elle a peut être tout raconté... Je sais que c'est risqué mais je vais tenter de faire passer Oscar pour folle encore une fois. Avec son père dans la poche, je suis sur de faire ce que je veux...
-En est tu sur ?!
-Oui. Allez, part, ne perd pas de temps.
Diane obtempéra en voyant la fureur de Victor, et partit chez Alain. Victor prit le chemin de Jarjayes. Si c'était Oscar qui avait enlevé Élise, il la reprendrait de force, à n'importe quel prix.
Chapitre 56
Le Général avait réveillé sa femme. Elle s'était précipitée voir sa fille. Elle l'avait serré longtemps dans ses bras, pleurant de joie, et de soulagement. Grand-mère était arrivée, contente de voir Oscar retrouver ses parents.
Mais sa joie avait été de courte durée. Elles s'étaient installées dans la chambre de la Comtesse. Oscar avait du une fois de plus raconter son récit. Il devenait de plus en plus dur de le raconter, chaque fois, l'horreur devenait encore plus grande, et la réalité devenait de plus en plus dure. Cela avait atteint des sommets, lorsqu'elle avait annoncé à grand-mère la mort d'André. Celle ci n'avait même pas pleuré, le cœur meurtrit. Oscar l'avait prise dans ses bras, et une fois le premier choc passé, elle avait finalement laissé libre cours à ses larmes, serrant Oscar de toutes ses forces. Oscar avait mêlé ses larmes aux siennes, plus promettant d'une voie nette qu'elle vengerait André. La comtesse s'était détournée, incapable de réagir à toutes ces révélations. Elle n'en croyais pas ses oreilles. Comment ce gendre qu'elle avait estimé, avait pu oser agir de la sorte ?
Le Général continuait de préparer les armes, tout en réfléchissant à cette histoire sordide.
L'aube se levait, doucement... Le soleil était absent, de lourds nuages s'amoncelaient, promettant une journée froide, triste, pluvieuse.
Girodelle, galopait. Il avait lancé son cheval au triple galop. Ou était sa fille ? A jarjayes ? Il en doutait. Ou était Oscar ? Ou étaient elle ???
Sa fureur n'avait plus de limites.
En arrivant à Jarjayes, il tenta de se calmer. Peut être qu'Oscar était allée trouvé refuge chez son père, avec Élise. Si c'était le cas, il ne concéderait rien. Mais il devait agir avec prudence. Il devait se méfier de son beau-père, celui-ci serait probablement du côté de sa fille...
Le cœur battant, il frappa.
Un domestique entra dans la salle d'armes, et annonça au Général, que Monsieur de Girodelle voulait le voir.
Diane se dirigeait d'un pas vif vers l'habitation de son frère. Elle serrait les poings, les dents. Ils finiraient bien par trouver cet enfant, même s'il devaient fouiller ciel et terre, tuer père et mère. Arrivée devant la porte, elle prit une expression sereine. Autant cacher ses véritables intentions.
Mathieu déposa Élise sur son lit. Il lui sourit, et lui demanda de rester tranquille. Elle cherchait sa maman en parcourant des yeux la petite pièce. Mathieu réfléchissait. Il ne savait pas quoi faire. Il voulait la rendre au plus vite à Oscar, mais il ne savait pas ou elle était. Pourquoi ne pas la ramener à ses grand-parents ? Par la conversation de Diane et Victor, il avait comprit que son père était du bon coté. Il prendraient soin d’Élise, en attendant de retrouver Oscar. Mais il ne voulait pas prendre le risque de voyager seul jusqu'à leur demeure.
Un grand gaillard pourrait peu être les aider. Alain. Il allait maintenant devoir vérifier une bonne fois pour toute si il était digne de confiance.
Mais rien ne pressait. Il était épuisé. Il s'allongea sur le lit après avoir recouché Élise, et verrouillé la porte. Cette petite aventure nocturne avait aussi eu raison d'elle. Il dormit, pendant quelques heures.
Le Général, à l’annonce de son gendre, se précipita pour le recevoir. Il descendit les marches rapidement. Il ne voulait pas qu'Oscar soit au courant de sa présence. Il salua son gendre, et l'attira dans le salon, et ferma précautionneusement les doubles portes.
-Girodelle, je dois vous prévenir, Oscar est de retour … dit le Général.
-Oh ! Je vois... bredouilla Victor.
Il ne s'était pas attendu à cela. Il scruta le Général. Celui ci semblait réfléchir. Il avait un air plutôt inquiet, et triste.
-Elle... m'a raconté des choses affreuses Girodelle. Des choses, que vous lui auriez fait, vous et Diane.
-Comment ?! Moi, je lui aurais fait quoi ?! Et une certaine Diane?! Mais qui est-ce ? Demanda d'un air outré Victor.
Il jouait comme il pouvait. Oscar avait donc raconté leurs petits secrets. Il allait tenter de se servir de la folie d'Oscar comme excuse. Le Général devait le croire. Il allait tout faire pour.
Le Général se tourna, et mit une main sur son visage. Ce geste démontrait sa honte, son déshonneur, par les dire de sa fille.
-Victor, je ne crains qu'il n'y ai plus rien à faire pour Oscar. Elle a complètement perdu la raison. Elle m'a dit que vous l'aviez séquestré... Qu'elle avait été empoisonnée par la femme d'André, Diane.
-La femme d'André?! Mais je n'ai pas revu André depuis des années !!! Je... ne … sais pas quoi vous dire. Elle délire... Je ne connais aucune Diane. La séquestrer??? Mais je n'ai pas vu Oscar depuis son internement!!!
-Je sais !!!! Je sais... Oscar a touché le fond. Je ne pense pas qu'elle puisse se relever... Je ne sais pas quoi faire... Lorsqu'elle m'a raconté cela, elle a dit qu'elle voulait se venger... J'ai prétendu être de son côté, pour la calmer, calmer ses ardeurs... Elle veux vous tuer !!!
Victor prit un air qui se voulait à la fois abasourdit, et et inquiet.
-Général... Je, je crois qu'elle en serait capable... Oscar, n'est plus la jeune fille que nous avons connu...
-Je sais. Elle fait une fixation sur Élise aussi. Elle veut la reprendre. Nous n'avons rien a craindre puisque Oscar est ici. Mais je ne sais quoi faire d'elle. Elle vous en veut, elle en veut au monde entier. Elle est dangereuse. Je n'étais pas d'accord, pour la faire enfermer. Mais je ne vois que cette solution désormais. Cependant, j'aimerais vous demander une faveur.
-Je vous écoute...
-Je voudrais que vous rameniez Élise pour qu'elle la voit. Une dernière fois. C'est sa fille, et j'estime qu'elle a le droit, de la voir. Vous me comprenez n'est ce pas ?
-Oui, bien sur... Mais il y a un soucis Général. Je crois qu'Oscar a enlevé Élise. C'est d'ailleurs la raison de ma venue...
-Que dites vous ???
-Élise n'était pas dans son lit ce matin. Un carreau de la fenêtre était cassé. Quand est ce qu'Oscar est arrivée chez vous cette nuit ?
-Je ne sais exactement... Je l'ai entendu dans la salle d'arme... Il était une heure du matin environs...
-Je suis rentré tard hier, vers 10h. Élise était couchée. Elle a donc pu l'enlever, et revenir ici...
-Oui, cela correspond... Mais, Élise n'est pas ici !!!
Le Général vivait dans un cauchemar. Oscar avait enlevé Élise, mais n'était pas rentrée avec elle. Victor était désormais sur que c'était elle qui avait reprit sa fille.
-Je suis sur qu'elle a un complice... souffla Victor. Général, il faut qu'Oscar nous dise où est Élise vous entendez ??? Je veux ma fille. Je veux ma fille !!! Je suis prêt à pardonner, mais je veux ma fille. Sinon...
-Nous allons parler à Oscar. Je vous promets que nous allons retrouver Élise, dit précipitamment le Général.
Le Général demanda à un domestique d'éloigner la comtesse et grand-mère de la chambre. Après qu'elles furent descendu sous un faux prétexte, le Général et Victor, montèrent retrouver Oscar.
Alain dormait. Laure vaquait à quelques occupations matinales, avant qu'il ne se réveille. Il était resté tard près d'André. Il ne s'était pas réveillé, mais le médecin ne s'affolait pas. Alain était donc rentré en pleine nuit. Il ne savait toujours pas quoi faire. Laure et lui avait parlé pendant longtemps. Elle était effarée par le passé de sa belle sœur. Elle lui avait fait gardé son fils tant de fois...
Quelqu'un frappa à la porte. Laure s'immobilisa. D'un pas mal assuré, elle se dirigea vers la porte. Elle ouvrit lentement. Diane pencha la tête et lui adressa un sourire radieux.
-Bonjour Laure ! Je viens vous rendre visite !
-Bien sur, entre... dit Laure en esquissant un faible sourire.
Elle tremblait de tout ses membres. Une meurtrière était de bon matin dans sa cuisine, et elle avait le visage d'un ange. Mais que pouvait elle faire, à par la laisser rentrer ?! Elle ne pouvait pas lui claquer la porte au nez...
-Alain n'est pas levé ? Demanda Diane en parcourant lentement la pièce des yeux.
-Non, non, mais il est l'heure... Je vais réveiller le dormeur de ce pas... dit Laure avec un rire qui sonnait faux.
Laure, blanche comme un linge, rentra dans une des chambres. Elle s'approcha doucement du lit, et secoua Alain.
-Alain, Alain, ta sœur est là.... Alain.... Diane est là....
Laure paniquait à présent. Elle avait peur. Alain ouvrit grand les yeux en entendant sa femme. Il se leva sur le champs, et s'habilla. Une fois qu'il eut finit, il prit le visage de Laure entre ses mains, et lui ordonna quelques petites choses.
-Laure, ne dit rien. Laisse moi faire. Ce n'est pas un hasard si elle est ici. Fait moi confiance. N'ai pas peur, je suis là... Il faut faire comme si de rien n'était...
Il l'embrassa légèrement, et passa sa main dans les cheveux. Laure hocha la tête sortit la première.
Elle s’arrêta en voyant que Thibault s'était levé, et que Diane le tenait à présent dans ses bras. Laure n'aimait vraiment pas que son fils soit tenu par une folle furieuse... Elle se contenta de sourire, et approcha.
-Oh, il s'est levé mon bonhomme... Donne le moi Diane, il faut que je le fasse manger...
-Non, il ne me dérange pas... Je vais le faire....
Laure se sentait comme si elle venait de rater une marche d'escalier. Alain lui avait dit d'agir naturellement, elle dit alors d'une voix tranquille :
-Bien, alors je vais te donner de quoi le faire manger...
-Merci...
Alain suivit des yeux sa femme. Laure semblait terrifiée à présent. Il fit comme si de rien n'était, et s'approcha de Diane. Il l'embrassa, et s'assit à coté d'elle.
-Diane, cela faisait longtemps... Comment vas-tu ? Lui demanda t-il en souriant.
-Mais très bien mon cher frère... Et toi ?
-Bien, même si je viens de me faire tirer du lit !!! Mais bon... Tu n'a pas amené André ?! Que fait-il ? Il dort je suppose ce fainéant !
-Oui... Tu ne crois pas si bien dire... Dit Diane en présentant un verre de lait à Thibault. Mais nous allons cesser cette comédie, maintenant, mon cher frère...
Elle regarda son frère en souriant, et serra Thibault fort dans ses bras. Alain la regarda faire. Il commençait à se sentir très mal, et sentait de fines gouttelettes perler, à son front. Il savait très bien que Diane, n'était pas venue leur faire une visite de courtoisie...
Chapitre 57
Oscar regardait d'un air absent par la fenêtre. Sa mère et Grand-mère étaient descendue pour une histoire de livraison... Elle entendit la porte s'ouvrit. Elle se retourna, son père était rentré dans la chambre... suivit par Girodelle.
Oscar blêmit, n'en croyant pas ses yeux. Comment son père pouvait l'avoir laissé rentré ?! Elle éprouva sur le champ un malaise profond. Cet homme lui faisait peur, et le dégoutait au plus profond de son âme. Elle savait qu'elle allait le revoir mais elle n'y pouvait rien, son estomac était bloqué par sa vision. Elle fut cependant légèrement rassurée en voyant son père. Sa proximité était essentielle.
-Père !!! Que fait, cet homme ici !!!! Vous le laissez m'approcher après ce qu'il m'a fait subir ?! Cria t-elle hors d'elle en pointant un doigt vers Girodelle.
-Oscar... Je sais que, vous n'avez pas aimée être enfermée, mais c'était pour votre bien, je vous l'assure...
Victor avait parlé doucement, calmement, avec un doux sourire aux lèvres.
-Taisez vous espèce de traître... Vous savez très bien que je ne parle pas de cela.... Et faites moi disparaître cette expression immonde de votre visage... Votre sourire mielleux m’écœure au plus au point... vous êtes un monstre de la pire espèce... s’essouffla t-elle, en tentant de contrôler le tremblement de ses mains.
-Mais de quoi parlez vous Oscar ?!
-Vous perdez votre salive.... J'ai tout dit, tout, tout, ce que vous m'avez fait, l'empoisonnement, ma trahison, tout... Si vous pensez avoir mon père de votre côté, vous vous leurrez... réussit-elle à dire triomphante.
-Mais je vous demande, encore une fois, de quoi parlez vous Oscar?!
Victor regarda le Général, qui hocha la tête d'un air entendu. Oscar surprit ce geste, et recula d'un pas. Pourquoi se sentait-elle aussi mal tout d'un coup ? Elle sentit un froid s’abattre sur elle...
-Père, je vous en pries, faites le parler, il a caché Élise... Je ne veux pas qu'elle reste plus longtemps à ses côtés. Ce n'est même pas sa vrai fille !!!! Il n'a aucun droit sur elle !!!!
-Oscar, cessez de mentir. Nous savons que c'est vous qui l'avez enlevée... dit patiemment le Général.
-Père, mais père, je vous l'ait dit, il m'a enlevée, je me suis échappée, cela s'est passé hier !!!
La voix d'Oscar trahissait son incompréhension... Elle regardait son père avec instance, le regard suppliant. Elle lisait dans celui de son père, la tristesse.
-Oscar, c'est votre vision de la réalité, mais, elle est fausse... Nous ne nous sommes pas revus depuis que vous êtes partie à l'asile... murmura Victor. Et Élise est ma vrai fille enfin, notre fille, je ne comprends pas ce que vous dites...
-Non... c'est faux...C'EST FAUX !!! Père, je vous le demande une dernière fois. M'avez vous cru, oui ou non ? Dit-elle en gardant son calme.
-Oscar, je suis désolé, mais cette histoire d'empoisonnement, de domestique qui se serait déguisée... Je suis désolé vraiment. Ce n'est pas de votre faute ce qui arrive, ce sont vos nerfs, simplement vos nerfs... Nous allons trouver une solution mais d'abord, il faut que vous nous disiez où est Élise...
Oscar, en entendant cette phrase, se mit à hurler. Son père avait fait semblant de vouloir l'aider... Se sentant un fois de plus trahie, et dans un geste de rage ultime, elle déchira les rideaux, et renversa la commode la plus proche. Elle tenta de s'échapper, mais ils furent plus rapide. Elle fut maîtrisée en un rien de temps. Son père déchira un des drap pour lui lier les poignets sur les bras du fauteuil dans lequel Victor l'avez fait asseoir de force. Elle avait beau de démener comme une diablesse, il restait le plus fort.
-LÂCHEZ MOI NE ME TOUCHEZ PAS !!! PÈRE, VOUS NE PERDEZ RIEN POUR ATTENDRE !!!
Elle lui cracha au visage tandis qu'il faisait un dernier nœud à ses chaînes de chiffons. Il accusa le coup, et ne dit rien.
-Oscar, dites moi ou vous avez caché Élise. Je ne vous en veux pas... Dites le moi. Qui est votre complice ? Oscar, soyez raisonnable... dit Victor
-Vous mentez, vous savez très bien où est Élise, c'est vous qui l'avez cachée !!!
-Oscar... Mais comment pouvez vous penser cela ? Élise était dans son lit encore hier soir. Ce matin, elle n'y était plus... Un carreau de sa fenêtre était cassé... Je vous demande de penser à elle... Ce n'est qu'une enfant...
Oscar tremblante de rage, s'enferma dans un mutisme absolu. Au bout d'une heure de questions, son père n'y tenant plus, s'approcha d'elle et la gifla. Oscar releva immédiatement la tête, le regard fixé sur un point imaginaire.
-PARLEZ OSCAR, JE VOUS L'ORDONNE !!!!
-..........................................................................
Il la re-giffla. Oscar se contenta de le regarder d'un air hautain. Il se détourna d'elle en serrant les poings. Il sembla réfléchir une minute. Il jeta un regard noir à sa fille, et fit signe à Girodelle de sortir. Il parlèrent dans le couloir à voix basse.
-Nous n'arriverons à rien... Elle est vraiment bornée... soupira le Général.
-Il faut que nous sachions où est Élise, je ne vais pas tolérer qu'elle soit dans la nature avec je ne sais qui !!! Vous rendez vous compte ?!
-Calmez vous... Je suis sur qu'a force de persuasion, nous allons arriver à savoir à qui et où elle à confié votre fille.
-Je l'espère Général, car ceci pourrait lui coûter très cher... Je ne plaisante plus maintenant... J'en ai assez...
-Calmez vous. Il ne sert à rien que vous restiez ici. Moi de même. Je vais demander à ma femme de s'occuper de cette tache. Sa confiance est acquise. Oscar se laissera aller à des confidences. J'en suis sur. Dès que je sais ou est Élise, je vous contacte.
-Je vous préviens Général, je vous avez plutôt intérêt...
-Mais ce sont des menaces ?! Je sais très bien que ma petite fille ne doit pas être aux côtés d'Oscar, elle est bien trop perturbée !!!
-Bien, nous sommes d'accord. Je rentre chez moi... Et faites attention à ce qu'elle ne s'échappe pas ! Et je vous pries d'avoir les réponses au plus vite. J'ai toujours été patient, mais je pense que si les aveux traînaient trop, il pourrait en cuire à Oscar...
Victor le fixa avec un regard chargé de sous-entendus. Le Général blêmit. Il le regarda franchir la porte, et retourna lentement dans la chambre. Oscar leva la tête à son arrivée. Elle le fixait avec un regard dédaigneux.
-Ma fille, vous êtes trop entêtée, cela pourrait vous jouer des tours...
-Mon cher mari est parti ? Demanda t-elle ironiquement.
-Il m'a bien fait comprendre que je ne devais pas vous laisser évader.
-Et vous aller l'écouter, comme toujours ???
-Bien sur...
Chapitre 58
-Oui... Tu ne crois pas si bien dire... Dit Diane en présentant un verre de lait à Thibault. Mais nous allons cesser cette comédie, maintenant, mon cher frère...
Elle regarda son frère en souriant, et serra Thibault fort dans ses bras. Alain la regarda faire. Il commençait à se sentir très mal, et sentait de fines gouttelettes perler, à son front. Il savait très bien que Diane, n'était pas venue leur faire une visite de courtoisie.
-Que veux-tu dire Diane ? Demanda Alain l'air sombre.
-Je ne vais pas y aller par quatre chemin Alain, répondit elle à voix basse. As tu vu André hier ?
-Oui.
-Et ?
-Et quoi ? Si tu as une question à poser, pose la, n'attends pas que je la devine...
Diane réfléchissait à toute allure. Elle ne savait pas exactement ce que son frère savait... Elle risquait de mettre les pieds dans le plat... Elle avait une arme mais, si elle l'utilisait, elle déclencherait pour sur la colère d'Alain. Son frère s'était toujours plié en quatre pour elle, mais si elle s'amusait avec son fils, il ne serait sans soute pas d'accord...
-Je veux savoir ce que tu sais exactement... Si tu as vu André hier, je doute que vous ayez conversé sur le temps qu'il faisait... Dis moi tout ce que tu sais ou sinon..
Diane s'était brusquement levé, Thibault toujours dans les bras, et avait reculé contre le mur, face à Alain. Son air serein s'était brusquement envolé, elle avait le visage légèrement penché, et regardait son frère dans les yeux.
Laure lâcha la tasse qu'elle tenait en voyant que les choses s'envenimaient. La tasse éclata en touchant le plancher. Alain regardait sa sœur, furieux qu'elle utilise son fils comme moyen de pression.
-Lâche Thibault Diane....
-Non. Répond moi d'abord.
-Lâche le ou..
-Tu n'est pas en position de négocier... dit elle en sortant un petit poignard de sa poche.
Laure étouffa un cris. Elle se tenait le ventre et regardait sa belle sœur l'air suppliant. Alain n'avait pas bougé. Il ne s'étonnait pas de ce qu'elle était en train de faire. Il la connaissait, et savait parfaitement de quoi elle était capable... Il allait dire la vérité, du moins partiellement...
-J'ai vu André hier, oui, accompagné d'un jeune homme... Il est venu me demander jusqu’où tu pouvais aller par vengeance.
-Et tu lui a répondu ??? demanda-t-elle offusquée
-Je lui ai raconté ton passé... Tout, ton passé. Tu as enlevé le colonel Oscar... Diane... Je suis allé chez vous hier, je savais que cette histoire finirait mal... J'ai trouvé André baignant dans son sang, et je sais que c'est toi...
-Je me suis défendue !!! Il menaçait de me tuer, il voulait que je lui dise ou se trouvait sa stupide colonelle, celle avec qui il m'a trompé pendant des années !!! Si je n'avais pas réagit, c'est moi que tu aurait trouvé dans mon sang !!!
-André ? Te tuer ? Il en aurait bien été incapable... dit il clairement.
-C'est toi qui a pris son corps ?
-Oui, je l'ai transporté dans une église, en attendant de préparer ses obsèques... Tu as tué la colonelle aussi ?
-Non, elle m'a échappée, et elle m'a volé ma fille... Je veux savoir ou elle est... Répond moi...
-Diane, tu n'as pas de fille... fit remarquer Alain non sans lever les yeux au ciel.
-SI !!! J'en ai une maintenant, et on me l'a volée.... répondit-elle avec ferveur.
-Je ne sais pas ou se trouve la colonelle... Pose Thibault maintenant.
-Je suis sure que tu mens...
-Non, pose Thibault.
-Alors dis moi ou est ce jeune homme.
-Je n'en sais rien. C'est la vérité...
-Je ne te crois pas. Dis le moi ou...
-Diane, si tu tentes de faire du mal à Thibault, je te jure, que c'est la dernière chose que tu feras dans ta vie. Touche à mon fils, et tu verras... J'ai eu de la patience avec toi, mais tu sais qu'elle a des limites...
Diane regarda attentivement son frère. Il ne mentait pas. Il ne lui pardonnerait pas de faire du mal à Thibault. L’œil étincelant, il la regardait en lui faisant comprendre qu'il ne plaisantait pas...Elle était au pied du mur. Son frère lui avait confié tout ce qu'il savait, il n'y avait pas de doutes...
-Donc tu ne sais pas où est ce jeune homme, ainsi que la colonelle.
-NON !!!
Sans prévenir, Alain se leva et arracha Thibault des bras de Diane. Laure se précipita et pris son petit garçon dans ses bras et s'éloigna le plus possible de Diane. Alain saisit le bras de Diane et le serra fortement. Celle ci avait lâché le poignard lorsqu'Alain l'avait empoignée.
-Diane, ça suffit, maintenant, CA SUFFIT !!!! J'en ai marre de tes conneries... Je suis excédé, je n'en peux plus... Tu as osé me faire parler avec Thibault dans les bras... Alors, ça.... Tu vas me dire ou est la colonelle... Pourquoi as tu fait ça, André ne t'as jamais trompé...
-Si, si, il lui a écrit, étant marié avec moi, il n'aurait même jamais du penser une seule fois à elle !!!!
-Tu as tué ma première fiancée, et pourtant je n'étais pas ton mari, tu es folle, et dangereuse, il faut que je t’empêche d'agir. !!! Tu ne me laisse pas le choix...
Il tentait de la maintenir collée contre le mur, mais c'était sans compter sur Diane, qui se défendait avec une forcée décuplée par la rage. Alain lui tordit le bras un peu plus, et Diane poussa alors un hurlement. Alain, craignant d'y être allée un peut fort, relâcha un instant la pression. Il n'en fallut pas plus à Diane pour profiter de la situation. Elle décrocha un coup de genou puissant à son frère, ainsi qu'un coup de coude en plein milieu du visage. Alain tomba, le souffle coupé sous la douleur. Elle ramassa le petit poignard, et s'enfuit de l'appartement. Laure se précipita sur Alain, qui était resté couché. La douleur était très forte, Diane avait appuyé la ou ça faisait mal.
-Elle s'est échappée... souffla Laure en regardant la porte que Diane venait de claquer un instant plus tôt.
-Je vais la retrouver...
-NON ! Tu n'es pas en état... Ton nez saigne...Attends un peu... De toute façon, elle n'a plus la colonelle en otage, et on lui a prit sa fille... Mais qui est cette enfant ?!
-Je suppose que c'est celle de la colonelle... André m'avait dit qu'elle avait eu un bébé. Elle a décidé de se venger en lui prenant ce qu'elle n'a jamais eu... André, un enfant... Aie... Elle m'a fait mal la garce...
-Va te reposer, de toute façon elle doit être loin maintenant...
-Si je savais où était ce jeune homme... C'est un cauchemars cette histoire... Bon, je vais aller me coucher un instant, et ensuite j'irais voir André... Peut être qu'il est réveillé. Dieu merci, le fait qu'il puisse être toujours en vie ne lui a même pas effleuré l'esprit...
Alain se dirigea alors tant bien que mal vers la chambre pour s'y reposer. Laure, après avoir fermé le logis à double tour, finit de s'occuper de Thibault. Les larmes lui montèrent aux yeux en repensant à sa belle sœur, ce monstre, qui avait faillit faire du mal à son enfant.
Mathieu se réveilla. Quelque chose avait agrippé sa chemise, et le secouait légèrement. Élise venait de se réveiller, et avait faim. Elle secouait donc sans ménagement Mathieu, seul adulte qui pourrait lui donner à manger.
Il ouvrit grand les yeux en voyant la petit frimousse qui venait de le réveiller. Il se redressa brusquement, et lui sourit.
-Oui Élise, qu'est ce qu'il y a ?
-J'ai faim. Je veux à manger.
-Moi aussi j'ai faim... Allez, zou !!! On va déjeuner.
Il prit Élise dans ses bras, et descendit dans la salle commune. Il jeta néanmoins un coup d’œil sur les rares personnes qui s'y trouvaient. Il fallait qu'il soit sur ses gardes.
Après que la jolie fille de la patronne leur ait apporté de quoi se restaurer, Élise, ravivée par le sucre de la confiture, commença un véritable interrogatoire, auquel Mathieu avait bien du mal à répondre..
-Elle est où Maman ?
-Je ne sais pas encore Élise. Mais elle va bientôt venir.
-Pourquoi tu sais pas ?
-Et bien parce que... ta maman... est partie chercher quelque chose, et... heu... ne sais pas quand elle va revenir.
-Elle est partit chercher quoi ?
-Heu... un … hum.... un cadeau ! Pour toi, je crois.
-Quoi comme cadeau ?
-Heu.... Si je te le dis, ce sera plus une surprise !!!
-Je veux que Maman revienne vite.
-Cela fait longtemps que tu ne l'as pas vue, hein Élise ?
-Rosalie m'a dit que Maman elle m'aimait pas, et c'est pour ça qu'elle est partie...
-Ta maman t'adore Élise...dit Mathieu en prenant le visage de la petite fille. Elle me l'a dit, elle t'aime, il ne faut pas croire Rosalie.
Élise garda les yeux baissés. Une petite moue triste flottait sur son visage. Rosalie n'avait cessé de lui répéter que sa Maman la détestait. C'est pour cela qu'elle était partie, elle ne voulait plus la voir.
Mathieu vit la tristesse, et tenta de lui redonner le sourire avec la poupée de chiffon qu'il avait pris soin d'emporter. Il ne fallut pas longtemps à Élise pour s'esclaffer.
Mais Mathieu avait une chose en tête. Il voulais aller voir Alain. Il se rappelait de l'endroit ou il habitait, mais ne voulais pas amener Élise. En restant ici, elle serait plus en sécurité. Il se demandait encore de quel côté était vraiment Alain... Il demanda une feuille et une plume. Si les choses se passaient mal, personne ne saurait où était Élise. Il marqua donc sur la feuille chez qui il se rendait. Il laissa Élise un instant pour aller parler à la jeune fille qui les avait servit. Elle était fort jolie, et Mathieu avait remarqué qu'elle lui lançait des coups d’œils appuyés. Après avoir discuté un moment, il lui demanda si elle ne pouvait pas surveiller sa petite sœur.
La jeune fille sourit, et accepta sans hésiter. Il lui remit la lettre, et demanda de l'envoyer à la famille Jaryayes si il n'était pas revenu le lendemain. La jeune fille le regarda en fronçant les sourcils, étonnée d'une telle mission. Il sourit, et posa quelques écus sur le comptoir. Elle les pris en hésitant, ne sachant quoi penser,et se dirigea vers Élise qui commença à parler de sa merveilleuse poupée. Mathieu vint l'embrasser sur le front, en lui promettant de revenir très vite. Il sortit de l'auberge, et se dirigea vers chez Alain.
Diane courait presque, de peur que son frère ne la suive... Il s'en était fallu de peu. Elle se retourna pour voir s'il l'avait poursuivie... Non, elle fut soulagée. Elle se doutait qu'en allant chercher les réponses, ce ne serait pas simple... Mais elle avait désormais quelques réponses... Le jeune homme avait accompagné André, il savait … Elle releva la tête un instant. Une jeune homme arrivait dans sa direction. Elle n'en cru pas ses yeux, c'était celui qu'elle cherchait... Il passa à côté sans faire attention à elle. Elle réfléchit quelques secondes, et fit mine de tomber. Mathieu, alerté par un cris perçant, se retourna. Une jeune femme venait de tomber.
Il se précipita sur elle pour l'aider à se relever.
-Vous allez bien ?
-Aie... Non... Je crois que je me suis foulée la cheville...dit elle en grimaçant. Oh non, je doit être rentrée vite en plus.
Mathieu ne savait quoi faire. Il voulait aller au plus vite chez Alain, mais il ne pouvait pas envoyer paître cette femme comme cela...
-Je vais vous raccompagner... dit-il en souriant.
-Oh, merci... vraiment, c'est très gentil...
-De rien, ma mère m'a appris a faire attention à autrui...
-Et vous faites cela à la perfection!
Lorsqu'il arrivèrent dans la rue du manoir de Girodelle, Mathieu fronça les sourcils, troublé par cette étrange coïncidence... Il se raidit en sentant un lame appuyée dans son dos... Diane avait ressortit le petit poignard et le maintenait contre sa colonne vertébrale.
-Votre mère aurait du aussi vous apprendre à vous méfier des inconnus... Vous criez, j'enfonce le poignard sans hésitation. Est ce clair ? Demanda-t-elle en souriant
-Vous devez faire erreur sur la personne..
-Non non non, vous et moi savons parfaitement qui vous êtes... Vous êtes le jeune homme qui accompagnait Oscar... N'est ce pas ? Inutile de mentir, je vous ai reconnu...
-............................................
-Alors maintenant, on va passer aux questions... Je suis sure, que vous avez des tas de choses intéressantes à dire...
Sur ce, elle l'empoigna, et franchit l'entrée du jardin. Mathieu savait, qu'il allait passer un mauvais quart d'heure. Il ne l'avait pas reconnu, la dernière fois, elle portait un bonnet... Il serra les dents sur une telle malchance... Mais il ne dirait rien. Rien du tout...
Chapitre 60
Oscar resta bouche bée. Élise était là, et jouait, avec une jeune fille. Elle riait, amusée par la jeune serveuse. Oscar se déplaça lentement en contournant les tables. En arrivant à côté de sa fille, elle sentit son cœur exploser...
-Élise, murmura t-elle en tremblant de joie.
Élise, en entendant son prénom, leva la tête. Un sourire se dessina lorsqu'elle reconnu sa maman. Les yeux brillants, elle tendit les bras, demandant silencieusement à être portée. Oscar n'hésita pas une seule seconde. Elle la souleva et la serra fort dans ses bras, ivre de bonheur. Elle embrassait chaque centimètre carré du visage de sa fille, les larmes de joies coulant sur son visage.
Élise avait agrippé le cou de sa mère, contente de recevoir cette affection qui lui avait cruellement manqué...
-Oh, ma chérie, ma chérie, je suis là, maman est là, pardon de t'avoir laissé, pardon mon cœur... murmura Oscar
Le Général s'était assis sur la première chaise qu'il avait trouvé, et contemplait la scène, ému, et soulagé. Il était si heureux, qu'il aurait bien versé quelques larmes lui aussi. Il regardait sa fille tourner lentement sur elle même en tenant sa fille. Il voyait à quel point elles étaient heureuses, l'une comme l'autre, de se retrouver.
Au bout d'un moment, Oscar se retourna, et regarda son père. Avec un sourire radieux, elle vint s’asseoir à ses côtés, Élise sur ses genoux. Le Général embrassa sa fille, ainsi que sa petite fille. Il ne trouvait pas les mots, et Oscar non plus. Elle s'abreuvait du visage de fille, passait ses mains dans ses boucles brunes, et admirait la couleur des ses yeux qui ne manquait pas de lui rappeler quelqu'un. Mille cajoleries, pour sa fille. Elle brisa le silence, heureuse de pouvoir enfin parler librement.
-Regardez père, elle a les yeux d'André, ainsi que ces cheveux... Elle lui ressemble tant ! Grand mère, l'avait deviné...
-Oui, c'est vrai, maintenant que vous le dites, c'est on ne peut plus juste... Mais elle a vos traits... Elle est très belle...
-Oui, elle est belle ma fille... Oh ma chérie, tu m'as tant manqué...
-T'était où maman ? T'es partie longtemps... dit Élise sur un ton de reproche.
-Je suis partie, pour... pour... parce que j'étais malade.... maman a été malade, et je ne voulais pas que tu sois malade à ton tour, alors, je suis partie guérir un peu loin...
-Rosalie elle m'a dit que tu m'aimais plus...
Oscar serra les dents en entendant cette phrase, et regarda son père d'un air entendu . Diane, avait tout fait pour l'éloigner d'elle, même une fois partie. Cette femme n'avait aucunes limites.
-C'est faux ma chérie, Rosalie a mentit, je le jure, je t'aime mon cœur, je t'aimerais toute ma vie... Et toi tu m'aimes ? Demanda-t-elle après avoir hésité un instant.
Élise hocha la tête en souriant. Oscar la berça contre son cœur. Depuis longtemps elle n'avait éprouvé pareille sérénité. Elle avait enfin la sensation d'avoir retrouvé, la part d'elle même qu'on lui avait arraché de force.
-Père, c'est Mathieu, j'en suis sure a présent, il l'a récupérée !!! Je lui dois tout, sans lui... Mais.... où est-il ? Demanda-t-elle à voix haute.
-Heu pardon ? Mais vous connaissez cette enfant ???
La jeune fille s'était levé, étonnée de ce spectacle. Une femme avait pris l'enfant qu'elle devait garder dans ses bras, sans rien demander à personne. Elle ne voulait pas d'ennuis !
-C'est ma fille ! Dit Oscar d'un air de reproche.
-Oh... Alors le jeune homme, c'est votre fils aussi ? Il m'a dit que c'était sa petite sœur ! Dit elle en fronçant les sourcil.
-Heu.. oui, enfin, non ce n'est pas mon fils, mais c'est tout comme. Vous parlez de Mathieu, un jeune homme brun, avec des yeux bleus foncés ? Savez vous où il est ?
-Non, il est partit, et m'a demandé de la surveiller... Mais, il m'a laissé une lettre, à envoyer, au cas où il ne serait pas revenu d'ici demain, dit elle en haussant les épaules.
-Donnez moi cette lettre !!! exigea Oscar.
-Je ne sais pas, elle est pour la famille Jarjayes, dit elle en hésitant.
-Je suis le Général de Jarjayes, dit il en se levant.
-Oh, heu... tenez...
La jeune fille obtempéra et donna la lettre au Général . Il la décacheta, la lu rapidement, et la passa à Oscar. Oscar comprit où était Mathieu.
-Il est chez Alain... Alain est le frère de Diane, et c'était aussi un ami d'André... Mais je ne lui fait pas confiance !!!! Oh non, j'ai peur qu'Alain lui fasse du mal... Mais comment … se connaissent-ils ?
Murmura Oscar.
Le Général haussa les épaules en signe d'impuissance. Il n'y comprenait plus rien. Il ne connaissait même pas cet Alain. Oscar réfléchissait, le regard rivé sur la lettre.
-Père, je ne suis pas tranquille... Alain, était, un ami d'André. J'ai bien peur qu'il ne se range du côté de sa sœur... Si il fait le moindre mal à Mathieu... Mademoiselle depuis combien de temps est-il partit ?
-Heu..je dirais, une heure, tout au plus...
-Il faut aller chez Alain père, retrouver Mathieu au plus vite. Mais le problème, c'est que je ne sais pas où il habite...
-Ma fille vous allez rester ici. Il est bien dans les gardes françaises n'est ce pas ?
-Oui mais...
-Je vais de ce pas à la caserne. Je connais le colonel en charge. Il me fournira son adresse. J'en ai pour une demi heure. Vous restez ici, et ensuite, nous partirons à la recherche de Mathieu, puisque Mathieu il y a .
-Bien, c'est une bonne idée. Je vais monter dans la chambre que j'ai louée avec Elise, rejoignez moi quand vous aurez finit. Nous redemanderons à cette jeune fille de la garder lorsque nous partirons chez Alain.
-Bien, à toute à l'heure...
Le Général embrassa sa fille ainsi que sa petite fille et partit. Oscar se leva et monta dans la chambre après avoir récupéré la clé. Il lui semblait que des semaines s'était passées depuis qu'elle était partie voir Diane, pour lui demander de l'aide. Et pourtant non, cela ne faisait que deux jours...
Elle s'assit sur le lit, et commença à jouer avec Élise. Elle la regardait attentivement. Élise avait grandit... Élise riait, heureuse, tout simplement. Oscar avait commencé à la chatouiller, connaissant les petits points faible de sa fille. La chambre fut remplie de cris joyeux et de rires. Oscar cessa, à bout de souffle d'avoir autant ri. Quelle sensation ! Elle se sentait légère comme un plume. Un poids énorme s'était envolé. Elle réalisa que c'était la première fois qu'elle jouait avec sa fille sans éprouver de la peur. En la droguant, Diane l'avait rendue fébrile, et même parfois, non maître de ses gestes. C'était pour cela qu'elle avait installé parfois une distance avec Élise, la peur de la blesser, ou de réagir violemment l'avait éloigné de sa fille... Mais aujourd'hui, c' était différent...
Elle savait au plus profond d'elle que jamais, elle ne pourrait de mal à sa fille.... Elle l'aimait tant !
Mais Élise se demandait bien pourquoi, elle étaient dans cet endroit...
-Maman, c'est quand qu'on rentre ?
-Je.. ne sais pas, ma puce...
-Papa il me manque...
Oscar se raidit. Comment expliquer à sa fille qu'elle ne reverrait jamais son père ? Lui dira la vérité ? Mentir ? Oscar se sentait prise au piège... Elle ferait du mal à sa fille en lui disant qu'elle ne le reverrait plus. En toute objectivité, Victor s'en était toujours bien occupé. Mais il était hors de question qu'elle la lui rende. Ce n'était pas concevable, même si Victor s'excusait pendant des siècles. Oscar se gratta la tête, tentant de trouver la réponse adéquate. Elise attendait la réponse, le visage légerement penché. Oscar opta pour un mensonge. Élise ne pouvait comprendre la vérité. Pas à son âge en tout cas. Plus tard, elle lui dirait la vérité. Mais pas maintenant.
-Mon ange, ton père, est partit, en voyage. Il ne reviendra pas tout de suite.
-Pourquoi ??? demanda Élise d'une voix larmoyante .
-Mais, ma puce, tu sais que ton père travaille pour la Reine... et que parfois... elle voyage, alors, il voyage avec elle ! Mais je suis là ma chérie. Nous allons retourner chez Grand-mère et Grand-père. Tu veux ?
-Oui. Maintenant.
-Heu... non, pas tout de suite, ma chérie, maman à des choses à faire. Tu sais qui est Mathieu ?
-Oui, hier on a joué, il m'a amené ici, il m'a dit que j’allais te voir maman. On est sortit de la maison.
-Et bien je doit aller le chercher.
-Il est partit avec la Reine aussi ?
-Non, non, il n'est pas loin, répondit Oscar en riant.
Après un énième bisou, Oscar la berça dans ses bras. Élise se laissait faire, ravie des ces étreintes qui lui avait tant manqué. On toqua à la porte, et le Général entra.
-Ma fille, j'ai son adresse. Il serait judicieux d'y aller sur le champs. Je viens de demander à la jeune serveuse de garder Elise, elle a accepté. J'ai aussi envoyé un plis à grand-mère et votre mère pour les rassurer. J'ai pensé à renvoyer Élise a Jarjayes, mais j'ai peur que Girodelle revienne pour voir si il y avait du nouveau. Il vaut mieux qu'elle reste ici.
-Vous avez bien fait père. Élise ?
-Oui.
-Tu vas retourner jouer avec la jeune fille. Nous allons chercher Mathieu.
-Tu reviens quand ?
-Vite, très vite, promis mon ange.
Oscar la prit dans ses bras et descendit. Elle remit Élise dans les bras de la serveuse, qui commençait à se demander sérieusement ce qu'il se passait avec cet enfant. Oscar embrassa une dizaine de fois le petit coup blanc de sa fille, et partit, accompagnée de son père. Elle jeta un dernier regard, puis ferma la porte.
Chapitre 61
Sur ce, elle l'empoigna, et franchit l'entrée du jardin. Mathieu savait, qu'il allait passer un mauvais quart d'heure. Il ne l'avait pas reconnu, la dernière fois, elle portait un bonnet... Il serra les dents sur une telle malchance... Mais il ne dirait rien. Rien du tout...
-Victor !!!! VICTOOOOOORRRRR !!!! hurla Diane euphorique.
Elle regarda Mathieu d'un air triomphant. Le rouge avait empourpré ses joues, et son souffle court trahissait son excitation. Elle avait attrapé une proie de choix. Mathieu la maudit. Il se serrait déjà débarrassé d'elle si elle n’enfonçait pas ce couteau dans son dos. Cette femme était complètement folle, il n'y avait pas le moindre doute là dessus.
Victor apparu en haut des escaliers. Il descendit lentement, en fixant Mathieu. Celui ci n'arrivait pas à interpréter son air. Un air, neutre... Il ne dévoilait rien. Si l’attitude de Diane ne laissait aucun doutes, il peinait à mettre un adjectif sur celle de Girodelle. Mathieu décida de laisser son humour prendre le dessus. Après tout, il n'était pas sur d'en sortir indemne, alors autant en profiter...
-Jeune homme bonjours...
-Bonjour, répondit Mathieu d'un air courtois légèrement ironique.
-Tu le reconnais ??? C'est lui, que nous avons vu l'autre soir... C'est lui, qui était avec Oscar...
-Il semblerait en effet... dit lentement Victor. Vous ne niez pas ?
-A quoi ça servirait, vous ne me croiriez pas... dit-il de même en esquissant même un petit sourire.
-C'est vrai...
Diane se dirigea vers le salon, et le força à s’asseoir. Victor prit une arme. Il n'avait pas envie de devoir le retenir pour l’empercher de s'enfuir. Cela le dissuaderait.
Il s'assit dans un siège en face de lui. Diane était restée debout, tournant autour de sa proie, avec un air réjouit.
-Bien, je vais vous poser des questions. Je vous serait grès de répondre... dit Victor calmement.
-Posez toujours... répondit Mathieu d'un air narquois.
-Vous êtes donc bien ce jeune homme, celui qui a tenté de … nous dissuader de reprendre mon épouse l'autre soir ?
-Hummmm, oui, c'est moi. Drôle de façon de la reprendre... Il aurait été plus courtois de lu demander son avis...
-D’où connaissez vous Oscar ?
-Et vous ?
-Je ne vois pas en quoi cela vous intéresse ! Répondit Victor, étonné qu'il lui retourne la question.
-Et bien vous l'avez votre réponse. Je ne vois pas en quoi cela vous intéresse, dit il d'une petit voix en imitant le ton de Victor.
BAM ! Cette petite moquerie lui valu un coup de poing de la part de Diane. Il sentit le sang goutter de son nez.
-Ne-fait-surtout-pas-le-malin... lui dit-elle en le regardant de près.
-Whou, mais c'est que vous me feriez presque peur vous !!! Vous frappez comme une femme. Vous ne faites pas le poids contre Oscar. Elle frappe plus fort !!!
-Espèce de ...
-Diane, calme tes ardeurs... Reprenons. Et passons votre rencontre avec Oscar... Je ne vais pas vous demander ou elle est, car je le sais. Ah ! Je vois que cela vous ne le savez pas !!!
-Tu l'as retrouvée !!! s'écria Diane ravie.
Mathieu avait ouvert grand les yeux. Il savait ou était Oscar ! Il ne se laissa cependant pas démonter.
-Vous mentez, j'en suis sur, vous ne faites pas partit des gens que l'on peut croire sur paroles.
-Désolé de vous contredire, mais je ne mens pas. Oscar est chez elle. Son père la veille. Quel brave homme !!! Il la croit folle, et me croit moi.
-Oscar n'est pas folle !!! Il faudrait peut être vous regarder dans un miroir !
-Non, c'est vrai. Mais que voulez vous, cela m'arrange. Est ce vous qui cachez Élise ? Je suis sur que oui...
- Élise ???Qui est-ce ? Demanda Mathieu d'un ton détaché, et ouvertement moqueur.
BAM ! Un nouveau coup de poing de la douce Diane. Elle commençait à s'énerver sérieusement. Il ne ferait pas le fier longtemps.
Mathieu accusa le coup encore une fois.
-Ou est Élise ? Redemanda Victor.
-Elle est cachée. Par mes soins, c'est moi qui l'ai enlevée. Mais continuez à me frapper. Vous pouvez même me tuer si ça vous chante...
-Ne m'en donnez pas trop l'envie, coupa Victor d'un air menaçant.
-....mais sachez que moi seul, et j'insiste, moi seul, connais l'endroit ou est Élise, cette charmante enfant. Vous pouvez me croire, ou non. Mais sachez cela, si vous me tuez, jamais, vous ne la retrouverez. Personne.
-Je mettrais Paris à feu et à cendre s'il le faut...
-Et bien faites !!! Mais hâtez vous.. Il se pourrait que le jour ou vous la retrouviez, elle soit déjà en age de se marier !!! Paris c'est grand quand-même !
-Vous mentez mal jeune homme, je ne crois pas ce que vous dites.
-Grand bien vous fasse. Maintenant faites ce que vous avez à faire... Allez y...
Victor prit le pistolet, et visa Mathieu. Celui ci le regardait, sans expression particulière. Il attendait. Mais en réalité, Mathieu priait le ciel de lui venir en aide. Il avait bluffé, et avait presque dit la vérité. La lettre... elle partirait, et ils la retrouverait... Cela n'aurait servit à rien... Il se sentait dépassé... Ne savait pas quoi faire, tout les espoirs qu'il avait glissaient entre ses doigts. Le père d'Oscar n'était pas de son côté finalement, il l'avait cru pourtant...
Victor se savait quoi faire. Et s'il disait la vérité ? Et si Élise était cachée ? Et s'il était vraiment le seul à savoir où elle était ??? Mathieu avait réussit à semer le doute. Il baissa son arme. Le tuer ne rimerait à rien. Mais une question lui vint à l'esprit.
-Oscar sait n'est ce pas ? Elle sait où est sa fille. Peut être pourrait-je me servir de vous pour les aveux qu'elle refuse de donner ?
-Êtes- vous- sourd ??? demanda Mathieu à Victor comme s'il parlait à un arriéré. Je suis le seul, je l'ai déjà dit. Je n'ai pas revu Oscar depuis que vous l'avez, lâchement, enlevée... Et sachez que si Oscar savait ou était sa fille, elle l'aurait déjà prise et emmené loin... Loin de vous... Vous comprenais vite, mais il faut vous expliquer longtemps !!!
Victor reconsidéra le jeune homme, et du admettre qu'il venait de marquer un point. Il décida d'attendre.
-J'ai beaucoup de patience, je vais attendre que votre langue se délie... J'ai tout mon temps...
-Moi aussi, j'ai de la patience... mais j'ai soif, vous n'auriez pas.....répondit-il en souriant.
-En revanche, moi je n'en ai pas, rétorqua t-elle.
Elle venait de finir de lui attacher les mains aux accoudoirs. Elle prit le poignard qu'elle avait posé, et enfonça légèrement la pointe sous un de ses ongles. Mathieu se crispa et hurla de douleur.
-Et bien voilà !!! dit elle enchantée. Allez, je te préviens, je vais recommencer jusqu'à que tu nous dise ou est Ma fille.
-Ce n'est pas votre fille AAAAAIIIIIIIIIEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!!!!
-Si c'est ma fille, alors ? Non ? Toujours rien ?
-AAAAAAAAAARRRRRGGGGGGGGGGGHHHHHH, non, j'ai... du oublier...l'endroit, répondit Mathieu à bout de souffle.
Diane recommença sa torture sur chaque doigts. Mathieu hurlait à chaque fois, ne parvenant pas à se retenir. Il aurait voulu ne pas montrer sa douleur, mais cela était impossible. Elle faisait durer le supplice... Il avait tout les ongles de la main droite en sang à présent... Il avait une envie folle de hurler le nom de l'auberge, pour que cela finisse. Mais non il mettrait un point à ne rien divulguer...
Victor fronça les sourcils. Il était coriace. Mais il n'aimait pas, cette méthode. En dépit de tout ce qu'il avait pu faire, jamais, il n'aurait pu torturer quelqu'un de la sorte. Faire aller son épée, ses poings, oui, mais pas cela. La douleur avait l'air d’être vive. Mathieu était blanc comme un linge, et transpirait abondamment. Victor le regarda attentivement. Il ne lâcherait rien.
-Allez, on a finit la première main... Voyons si l'autre te délie la langue.
-Diane, arrête, il ne parleras pas.
-Mais...
-Ça suffit. J'ai une autre idée... Nous allons voir si vous tenez à Oscar autant qu'il le semble...
Victor se leva et sourit. Si le jeune homme ne parlait pas sous la torture, peut être qu'il parlerait si on menaçait quelqu'un d'autre...
Chapitre 63
A Jarjayes, la comtesse décacheta précipitamment la lettre qu'elle venait de recevoir. Elle parcouru rapidement les quelques lignes, et poussa un soupir de soulagement. Elle la relu. Plus de doutes.
Elle descendit l'escalier rapidement, pour annoncer la bonne nouvelle à grand-mère. Depuis que son mari était partit avec Oscar, celle ci n'avait cessé de s'occuper de tout et n'importe quoi pour essayer de se libérer de son angoisse. Quelques domestiques avaient perdu d'ailleurs un tympan, après qu'elle leur ait hurlé dessus....
-Grand-mère ! Grand-mère, tiens, regarde... dit Mme de Jarjayes en tendant le papier.
Grand-mère lu à son tour la missive. Comme la Comtesse, un immense soupir de soulagement. Une main sur son cœur, elle fermait les yeux, se laissant bercer par la bonne nouvelle.
La comtesse repris la missive en souriant, et repartit dans sa chambre après avoir enlacé grand-mère. En traversant l'entrée, elle s’arrêta net. Girodelle s'y tenait. Elle blanchit en le voyant, mais tenta de reprendre contenance.
-Victor, vous ici ? Que voulez vous ? Dit la Comtesse en souriant.
-Je suis venu, voir Oscar. Je dois parler avec elle. Puis la rejoindre ?
-Elle... dort. Mon mari... est partit, j'étais sur le point d'aller la surveiller...
Le cœur de la Comtesse battait à se rompre. Oscar et son mari était partis, si Girodelle s'en rendait compte, l'habile subterfuge tomberait à l'eau. Girodelle démasquerait son mari...
-Je me vois dans l'obligation d'insister... dit lentement Victor en la regardant attentivement.
La comtesse avait l'impression qu'il arrivait à lire dans ses pensées. Ses yeux verts la sondaient, elle sentait couler un regard de glace sur elle. Un regard de glace qui la tétanisait.
-Je refuse. Comprenez moi, Oscar est peut être dérangée, mais il n'en reste pas moins que c'est ma fille. Je ne veux pas que vous veniez la tourmenter encore aujourd'hui. La scène de tout à l'heure, suffit. Laissez la se reposer, elle est perdue, vous n'obtiendrez rien d'elle. J'ai tenté de la faire parler, mais elle refuse. Il faut du temps...
-Je vous demande pardon... Mais il faut que je lui parle, maintenant, dit il en se dirigeant vers l'escalier.
La comtesse se mit en travers de l'escalier.
-Je vous serais grès de ne pas monter, s'il vous plaît. Vous ne feriez qu'attiser sa colère.
Girodelle posa son regard sur le papier qu'elle tenait. Elle sentit son regard changer, et devenir de plus en plus méfiant.
-Où est Le Général ? Il faut que je lui parle...
-Il est partit, je viens de vous le dire...
-Je crois que vous mentez Madame... Pourquoi tremblez vous de la sorte ?
-Je ne vous permet pas. Pourquoi mentirais-je ?
-Pour cacher des choses... Vous n’êtes pas une bonne actrice... Que contient ce papier que vous tenez étroitement dans votre main ?
-Une lettre de ma fille aînée...
Sans prévenir, il lui arracha la lettre des mains. La comtesse recula...
-Et bien, je comprends à présent, pourquoi vous ne vouliez pas que je vois Oscar, elle n'est tout simplement pas là... Ils ont retrouvé Élise ? Et bien c'est une bonne nouvelle... Ils l'ont laissé dans une auberge... Et ils recherchent un certain Mathieu... Très, très intéressant... Vous allez maintenant me dire le nom de cette auberge...
-Je l'ignore. Et même si je le savais, je ne vous le dirais pas...
-Fort bien. Mais je connais quelqu'un qui le sait. Malheureusement pour moi cette personne refuse de parler... Pourriez vous me suivre ?
-Vous plaisantez sans doute ? Murmura la Comtesse.
-Non, absolument pas !
Il lui empoigna le bras, et la tira vers la sortie en lui demandant patiemment de n'ameuter personne, sans quoi, il serait obligé d'utiliser la violence. La comtesse se tu, en proie à une angoisse grandissante. Il la força à monter dans l'attelage, qui partit sur le champs.
Victor serrait les dents. Il venait de comprendre que le Général s'était joué de lui, et cela commençait à lui déplaire fortement. La comtesse avait repris sa dignité, et ne le quittait pas des yeux. Il soutenait son regard, indifférent à la haine qu'il y lisait.
Il voulait à la base récupérer Oscar pour faire pression sur Mathieu. Elle n'était pas là, donc il avait pris la comtesse. Il voulait récupérer Élise à tout prix. Dès qu'il l'aurait, il partirait sur le champs. Il ne s'était pas encore décidé pour Diane. Elle était un atout précieux dans sa recherche, prête à tout, exécutant les taches les plus sordides avec plaisir. Trop de plaisir. Il ne voulait pas d'une femme comme cela à côté d’Élise... Il partirait sans elle. Trop dangereuse.
-Je ne pensais pas que mon gendre, autrefois si attentif à ma fille, était en fait un monstre sans cœur... murmura la comtesse.
-Vous n'avez pas idée de ce que l'on peut devenir par désir de vengeance... Oscar m'a fait souffrir... Mais vous allez prendre sa défense, donc je ne vois pas l'utilité d'en discuter...
-C'est vous qui l'avez trahie le premier...
-Cela n'a plus aucune importance... Seule Élise compte, Oscar, une fois que je serait partit, pourra reprendre sa vie, comme elle le souhaite...
-Vous avez l'air bien sur de vous... Mais sachez que moi aussi, j'aime mes enfants plus que tout au monde. Et je serait capable de tout, pour la protéger de vous...
-Et bien nous verrons... Le jeune homme n'a rien dit sous la torture, peut être que quand il entendra vos cris, il parlera...
-Vous êtes d'une rare perversité...
Victor ne répondit pas, et continua de la fixer. La comtesse détourna le regard, mais garda une expression digne, et déterminée. Elle ne pouvait cependant s’empêcher de redouter, ce qui l'attendait...
Chapitre 64
Oscar marchait derrière Alain. Elle lui avait bien fait comprendre que s'il tentait quoi que ce soit, elle le tuerait. Alain n'avait pas répondu. Il avait la conscience tranquille. En marchant, il se rendit compte de la profondeur des sentiments qui liait Oscar et André. Alain soupira. Il était triste, que les choses aient pris cette tournure. Oscar tentait de ne pas montrer tous les doutes qui l’assaillaient. Elle se sentait fébrile, nerveuse. Alain était censé l'amener voir André, encore en vie, mais s'il mentait ? S'il mentait, et lui avait tendu un piège ? Mais un infime espoir faisait trembler son cœur, celui de voir qu'Alain disait la vérité. Pour stopper ses pensée, elle se concentra sur un sujet qui lui tenait très à cœur...
-Où est votre sœur ? Demanda Oscar en continuant de marcher.
-Je ne sais pas. Elle est venue me voir tout à l'heure pour me soutirer des informations... Elle a même menacé mon fils. Pensez bien que je ne vais pas la protéger. Cependant, je ne veux pas non plus qu'elle perde la vie.
-Il n'y a pas de mots, pour la qualifier. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi dangereux. Et j'en ai vu, des gens sans scrupules. Mais comme elle jamais !!!
-Je sais. Je l'ai expliqué à André. Diane a eu des problèmes après la mort de notre père... Je pense que c'est à cause de cela, qu'elle est devenue comme ça. Elle avait une relation très forte...
-Comment avez vous pu laisser André se marier avec une telle femme ! Il méritait mieux.
-Je pensais que Diane avait changé. Personne n'a vu ce qu'elle faisait Colonel, ni vous, ni André, ni moi.
-On peut dire qu'elle est habile, intervint le Général.
-Malheureusement...murmura Oscar.
-Nous y sommes. Je ne vous ai pas mentit Colonel, André vit. C'est mon ami. Croyez le ou non...
Alain frappa à la porte. Le docteur vint ouvrir.
-Ah, c'est vous, entrez, dit il en voyant Alain.
-Comment va t-il docteur ?
-Il va bien, sa respiration est régulière, il n'a pas de fièvre...
Oscar, le cœur battant, les suivit. Le médecin écarta le rideau. Oscar lâcha son arme. André, était bel et bien là. Vivant. Elle pouvait voir son torse se soulever doucement, au rythme de la respiration. Lentement, elle s'approcha, une main plaquée sur sa bouche. Elle s’assit doucement sur le lit, et posa la tête sur son cœur. Ba-boum. Ba-boum. Son cœur battait. Oscar versa une larme. D'un coup, l'avenir, qui promettait d’être sombre, devenait radieux. Il lui semblait que les années de malheurs était déjà si loin derrière elle... André vivant, Élise retrouvée, elle pouvait enfin rêver de réunir une famille, et vivre des jours couleur d'été... Elle touchait doucement ses cheveux, les faisant couler dans ses doigts. Ses sanglots envahirent la pièces. Son rire aussi. Elle ne se lassait pas de le regarder, ne pouvait détacher ses yeux de cet homme qu'elle avait cru mort. Une parcelle de vie renaissait dans son cœur à son tour, celle qui l'avait déserté, lorsque elle avait pensé que tout était perdu...
Le Général contemplait avec émotion ce couple réunit. Heureux, que cet homme, qu'il n'avait pourtant pas vu des années, soit en vie. Il l'avait toujours estimé, malgré son rang, voyant à quel point il était proche d'Oscar, et en prenait soin. Il regardait sa fille, prendre la main de celui qu'elle aimait, et la caresser. Il tenta de se souvenir la dernière fois qu'il avait vu cette expression sur son visage. Il ne trouva pas. Jamais il ne l'avait vu en fait. Cette constatation le frappa. Jamais il n'avait vu une expression de bonheur intense sur le visage de sa fille. Il baissa les yeux, honteux. S'il avait ouvert les yeux plus tôt...
Alain souriait, content de pouvoir assister à une scène qui n'était pas un drame. Il tentait de résister à l'envie de dire à son ancien Colonel "je vous l'avais bien dit!!!".
Le Général s'approcha d'Oscar, et posa la main sur son épaule. Oscar tourna la tête, les yeux brillants de larmes, mais un sourire radieux aux lèvres.
-Père si vous saviez comme je suis heureuse...
-Je sais ma fille. Je suis aussi très content. Cependant, je ne suis pas tranquille, Élise est seule à l'auberge, et votre ami a disparu...
-Oh, c'est vrai... J'ai tout oublié, pendant un instant...murmura Oscar.
-Quand est ce que Mathieu est partit de l'auberge ? Demanda Alain
-Et bien, je dirais, deux heures environs, répondit Oscar
-Diane est partie ou plutôt s'est enfuie il y a environs deux heures aussi... Il est possible, qu'ils se soient rencontrés en chemin... Diane connaissait le visage de Mathieu il me semble...
-Alors, vous pensez qu'elle aurait pu l’amener avec elle ? C'est possible car Mathieu, en revanche, ne la connaît que sous les traits de Rosalie...
-Elle n'aurait pas hésité à employer la force, ou la menace pour le forcer à la suivre … ajouta Alain.
-Mais où l'aurait-elle amené ? Interrogea le Général
-Chez Victor... répondit Oscar. C'est le seul endroit que je vois.... S'ils ne sont pas là bas... je ne sais pas où ils pourraient être …
-Alors allons-y, il ne faut pas attendre...
-Je viens avec vous, dit Alain.
-Non ! Alain, s'il vous plaît, je préférerait que vous restiez près d'André... J'aurais voulu être la lors de son réveil, mais, Mathieu est en danger.
Alain réfléchit un instant...
-Non, désolé, mais je veux venir avec vous. Je ne veux pas qu'il arrive quoi que ce soit à Diane. Je sais votre colère, je sais que vous rêvez de vous venger, si vous la retrouvez, je ne donne pas cher de sa peau. En dépit de tout ce qu'elle a fait, et je ne cherche pas à l'excuser, mais je refuse, que vous lui fassiez du mal. Nous en avons parlé avec André, je veux la remettre au couvent.
-Au couvent?! S'emporta Oscar. Mais ce n'est pas sa place, au milieu des bonnes sœurs, elle serait capable de faire un carnage, rien que pour s'enfuir ! Sa place est à l'asile !!!
-Non, pas d'asile...
-Je ne laisserais pas cette folle dans un établissement d'où elle pourra s'échapper !!! C'est hors de questions !!!
-Colonel, malgré tout le respect que je vous dois, ce n'est pas à vous d'en décider !!!
-Je...
-Suffit !!! Tonna le Général. La priorité est de retrouver Mathieu, ensuite, nous mettrons Girodelle et votre sœur hors d'état de nuire. Nous trouverons la solution une fois le moment venu. Il n'est pas l'heure de discuter !
Oscar et Alain se regardaient à présent en chien de faïence. L'un et l'autre se défiait du regard. Le Général tentait de calmer les ardeurs des deux jeunes gens...
-Bien. Pardonnez moi Alain, mais je ne peux avoir pitié de votre sœur... c'est... c'est impossible...
-Je comprends Colonel, mais le Général a raison. Nous verrons plus tard, allons déjà retrouver Mathieu... Dieu seul sait comment va finir cette histoire...murmura t-il
-Oui, retrouvons Mathieu, c'est la priorité, mais avant....
Elle demanda un papier au docteur et écrivit un message rapide. Elle lui demanda de le donner à André dans le cas où il se réveillerait avant qu'elle ne revienne. Sur ce elle revint une dernière fois auprès de lui, et lui murmura quelque chose à l’oreille, chose que le Général et Alain ne purent entendre. Elle déposa un léger baiser sur ses lèvres, aussi doux qu'une pétale de rose. Un dernier regard, et elle fit signe à son père qu'elle était prête. Ils sortirent du cabinet, et décidèrent d'aller visiter le manoir de Girodelle...
Quelques minutes plus tard, des yeux clos s'ouvrirent. Des yeux verts, qui contemplèrent le plafond plusieurs minutes... André après avoir repris conscience, se demanda où il se trouvait...
Chapitre 65
Mathieu, la tête baissée, chantonnait faiblement. Des gouttes de sang tombaient sur ses genoux. Il avait certainement le nez cassé. Diane avait tellement tapé dessus qu'il ne pouvait en être autrement.
Celle-ci lassée de faire jouer son poing pour rien, vu que Mathieu s'évertuait à garder le silence, s'était assise dans le fauteuil qu'avait occupé Victor pendant l'interrogatoire. Il était partit depuis un petit moment, chercher Oscar. Diane attendait avec une impatience visible son retour. Elle allait se faire une joie de la torturer pour que Mathieu parle. Et ensuite elle le tuerait. Devant ses yeux. Victor ne serait pas d'accord pour la tuer elle, mais, peut être que quand ils auraient retrouvé Élise et qu'il aurait le dos tourné... Elle n'était même pas sure de vouloir la présence de Victor à ses côtés... Il ne ferait peut être pas longtemps partit de sa famille... Quand ils seraient installés ailleurs avec Élise, elle s'en occuperait...
Elle se leva en entendant la porte s'ouvrir. Folle de joie, elle accourut au devant des visiteurs. Quelle fut sa déception en voyant que Victor ne revenait pas avec Oscar...
-Mais qui est ce ? Demanda t-elle. Ou est l'autre ?
-Elle est partit avec son père... qui m'a mentit... Mais j'ai cependant une bonne nouvelle, je sais, grâce à Mme de Jarjayes ici présente, qu'il ont retrouvé Élise. Elle est dans une auberge, mais malheureusement, je ne sais pas laquelle. Et Mme ne veut pas divulguer, ou elle ne le sait pas, c'est aussi possible, le nom de cette auberge. Cependant, je sais que le jeune homme le sais lui. Donc, nous allons le faire parler.
Tout en expliquant ce qu'il venait d'apprendre, Victor avait amené la Comtesse dans la même pièce que Mathieu, et avait l'avait attachée de la même manière, face à lui. Mathieu et La comtesse étaient face à face à présent.
-Alors vous êtes la mère de cette traînée ? Demanda Diane en regardant la Comtesse.
Celle ci ne répondit rien, se contentant de fixer Mathieu.
-Tu l'as frappé ? Je t'avais demandé de le laisser tranquille! reprocha Victor en voyant dans quel état se trouvait Mathieu.
-Il m'a énervé. Il chantait, se moquait de moi...
-Évidemment qu'il a voulu t'énerver... Il n'est même pas en mesure de parler...
-Mais si...
Diane empoigna les cheveux de Mathieu et lui releva la tête. Celui ci avait les yeux ouverts et regardait la comtesse.
-Mathieu, je vous présente la mère d'Oscar. Si vous ne m'indiquez pas l'adresse de l'auberge, il se pourrait qu'il lui arrive, certaines... bricoles... dit lentement Girodelle.
-Ne parlez pas jeune homme. Je vous en supplie...dit la comtesse à haute voix. Je suis prête à me sacrifier... Ce que vous avez fait pour Oscar est merveilleux, il ne faut rien divulguer.
-Mme la Comtesse, intervint Girodelle en la regardant en face, je ne suis pas adepte de la torture. Je ne veux pas vous voir souffrir. Vous pouvez penser ce que vous voulez de moi... Je veux Élise, je vous l'ai déjà dit. Faites parler ce garçon, et tout sera terminé. Il n'est pas nécessaire d'employer la violence...
-Pour cela mon cher ex-gendre, il n'aurait pas fallu envoyer ma fille à l'asile. Il n'aurait pas fallu la trahir. Il n'aurait pas fallu la faire passer pour folle. Vous vous étés bien débrouillé. Vous avez montré votre coté sombre... Vous avez voulu jouer ? Tout aurait pu se finir lorsqu'elle est revenue de l'asile. Vous auriez pu peut être reprendre une vie à peu prés normale... Ce que vous aviez fait aurait pu être passé sous silence, personne n'aurait jamais rien deviné. Oscar n'aurait pas voulu revivre avec vous, mais elle aurait consentit a partager Élise, elle se serait laissé convaincre, j'en suis sure. Elle m'a confié que quand elle à su que son bébé était d'André, elle s'est juré de ne jamais lui dire la vérité, par respect pour vous. Elle a décidé qu’Élise serait votre fille. Elle a fait un sacrifice immense, dieu sait qu'elle aurait aimé que cette enfant soit élevée auprès d'André. Mais non. Et maintenant, après tout ce que vous lui avez fait, vous voulez que je vous donne tranquillement cette adresse ? Je préfère mourir que vous aider. Moi aussi, j'ai mon côté sombre. Jeune homme, je vous demande, de taire cette adresse. Je vous le demande, ne cédez pas, dit elle en regardant Mathieu.
Mathieu la regarda en fronçant les sourcils. Savait-elle à quel point ce serait dur de la voir crier ? Savait-elle combien il prendrait sur lui pour ne pas ouvrir la bouche ? Il acquiesça néanmoins. Il essayerait de garder le silence.
-Tu tiendras pas longtemps, nargua Diane à l'intention de Mathieu. Tu sais ce qu'elle va ressentir, je vais lui faire la même chose... Tu sais à quel point c'est douloureux... Alors, c'est partit.
Diane reprit son couteau, en entreprit de dénouer les doigts que comtesse avait replié fermement. Au bout d'un moment, elle réussit enfin à passer la pointe du couteau sous un des ongles. La Comtesse, serra les dents de toutes ses forces, mais abdiqua, comme Mathieu, et poussa un hurlement.
Mathieu blanchit. Diane avait raison, il ne tiendrait pas longtemps... Il ne supportait pas de voir cette femme crier...
Dix minutes plus tard, la comtesse avait presque perdu connaissance sous la douleur. Mathieu regarda Diane prendre une autre phalange...
-Arrêtez !!! Arrêtez, le vais vous dire le nom de l'auberge...
-Non...murmura la comtesse, le visage baissé, les yeux clos.
-Ah !!! Et bien vous êtes raisonnable... dit Victor.
-Alors ? Intervint Diane, le nom ?
-A une condition, je veux que vous relâchiez la comtesse...
-Non, pas tout de suite du moins...dit Victor. Vous allez me donner le nom de cette auberge, je vais récupérer Élise, et ensuite je vous relâcherais...
-Non, vous ne nous relâcherez pas, je ne vous crois pas...
-Très bien, alors je vais continuer à la torturer... menaça Diane.
Sans attendre la moindre réponse, elle enfonça sur le champs la pointe du couteau sans retenue sous un ongle. La comtesse poussa un hurlement strident, la douleur devenant intolérable. Victor ne pu s’empêcher de lui faire arrêter son geste, horrifié de voir à quel point Diane était devenue incontrôlable. Elle le repoussa, et recommença...
Lorsqu'elle eut finit, Mathieu abdiqua. Il ne pouvait plus entendre ces cris, il n'en pouvait plus de voir cette femme souffrir, si digne pourtant..
-D'accord, d'accord, je vais vous dire le nom de cette auberge. Mais promettez moi de la relâcher après. Juste elle, donnez moi votre parole d'honneur, exigea Mathieu. Et je veux que vous laissiez Oscar tranquille.
-Vous avez ma parole, je le jure... dit Victor en regardant Mathieu fixement.
-Bien. Alors c'est l'auberge …
-MATHIEU TAIS TOI !!!!!!!!! cria une voix.
Chapitre 66
Oscar marchait rapidement, suivie d'Alain et du Général. Le cœur léger d'avoir vu André en vie, elle redoutait cependant de se retrouver face à face avec ses bourreaux. Ils lui avaient tellement fait de mal... Mais le pire serait sûrement Diane. Cette femme était folle, il fallait agir avec prudence.
Elle pensait à Mathieu, et espérait vivement qu'il aille bien... En arrivant devant la demeure, elle sentit son estomac faire un tour. Elle s’arrêta et contempla la bâtisse. Elle sentit une main se poser sur son épaule. Elle tourna la tête, et vit son père lui faire un signe de la tête. Elle répondit de la même manière, et avança prudemment vers l'entrée. Les volets étaient tous fermés, rendant l'atmosphère encore plus lourde...
Elle s’arrêta brusquement en entendant un hurlement. Un hurlement de femme. Qui criait ? Diane ?
Ils s'approchèrent de l'entrée, et sortirent leurs armes. Alain prit doucement l'arme des mains d’Oscar. Il avait peur qu'elle agisse sur une impulsion. Oscar s’apprêta à répliquer, mais se contint, devinant la raison de ce geste. Elle reconnu cependant en pensées qu'avec une arme à la main, la balle pourrait partir sans qu'elle s'en rende compte...
Elle sortit son épée, et entra silencieusement dans la demeure où un autre hurlement retentit. Elle se plaqua contre le mur, et avança prudemment. Elle se rapprochait doucement de l'arcade qui donnait sur le salon.
Cachée dans la pénombre, elle regarda qui se trouvaient là. Elle faillit en lâcher son épée. Elle voyait sa mère, la tête baissée, Diane penchée sur elle. Elle fit signe à son père d'approcher. Quand celui ci vit sa femme ligotée, il devint blanc de rage. Il retint cependant Oscar qui était sur le point d'entrer dans la pièce... Silencieusement, il lui fit comprendre de se tenir tranquille. Elle était bouche bée devant ce qu'elle voyait. Girodelle ne reculerait devant rien pour lui faire du mal.
-Oscar, attendez, écoutez... dit il en chuchotant
-Mais père, mère est...
-Chut, écoutez vous dis-je....
Oscar, les larmes aux yeux en voyant sa mère dans un tel état, écouta quand même. Une voix qu'elle connaissait s'éleva...
-Arrêtez !!! Arrêtez, le vais vous dire le nom de l'auberge...
-Non...murmura la comtesse, le visage baissé, les yeux clos.
-Ah !!! Et bien vous êtes raisonnable... dit Victor.
-Alors ? Intervint Diane, le nom ?
-A une condition, je veux que vous relâchiez la comtesse...
-Non, pas tout de suite du moins...dit Victor. Vous allez me donner le nom de cette auberge, je vais récupérer Élise, et ensuite je vous relâcherais...
-Non, vous ne nous relâcherez pas, je ne vous crois pas...
-Très bien, alors je vais continuer à la torturer... menaça Diane.
En entendant le hurlement que sa mère poussa, Oscar bondit mais s’arrêta net. Alain avait comprit, et l'avait retenue par les hanches.
-Si vous y allez maintenant, Diane ne fera pas de sentiments avec votre mère... Je sais que vous souffrez de l'entendre crier, mais ce n'est pas le bon moment, votre mère y passera... Elle souffre, mais n'est pas en danger de mort... lui chuchota t-il à l'oreille.
-Mais...
-Colonel...
Oscar regarda Alain, et choisit de lui faire confiance. Son père avait hoché la tête, mais il comptait bien faire payer cher à Girodelle et à Diane ce qu’ils avaient fait subir à sa femme...
Il serait les dents tellement fort, qu'il en avait mal. La main qui empoignait son épée était devenue blanche, tellement elle était crispée.
Alain était révulsé par ce que sa sœur était en train de faire. Il fallait qu'il l’arrête, à tout prix ...
Oscar écouta avec attention le reste de la discussion ...
-D'accord, d'accord, je vais vous dire le nom de cette auberge. Mais promettez moi de la relâcher après. Juste elle, donnez moi votre parole d'honneur, exigea Mathieu. Et je veux que vous laissiez Oscar tranquille.
-Vous avez ma parole, je le jure... dit Victor en regardant Mathieu fixement.
-Bien. Alors c'est l'auberge …
-MATHIEU TAIS TOI !!!!!!!!! cria Oscar en faisant irruption dans le salon.
Sa voix, son corps, avaient réagit sans qu'elle le veuille. Protéger Élise, à tout prix. Telle une automate, elle s'engouffra dans le salon, suivit de près par son père et Alain. L'épée à la main, elle fixait Diane et Girodelle d'un air indescriptible.
Mais si Oscar avait l'air furieux, le Général quand à lui avait un air plus que féroce. Alain, lui, regardait Diane d'un air désolé...
Girodelle, fit un pas imperceptible en arrière. La vue de tout ce monde dans son salon le perturbait. Ils étaient découverts. Girodelle savait qu'il avait atteint un point de non retour.
Diane aussi. Elle réagit sur le champs en plaçant la lame sous la gorge de la comtesse. Elle avait comprit que la partie serait serrée. En voyant son frère faire partie de cette équipe, elle tressaillit. Elle n'avait pas pensé qu'il puisse se joindre à eux...
-Un pas, un seul, et elle meut, articula lentement Diane.
-Lâchez ma mère, fit Oscar de même.
-Non...
-Comment avez vous osé... murmura le Général en regardant Girodelle.
-Dites moi le nom de cette foutue auberge Général, et votre femme sera relâchée !!! tonna Girodelle vert de rage
-Oh, vous …. murmura Oscar.
-Vous êtes coincée Oscar, c'est Élise, ou votre Mère. Et ne vous amusez pas à me donner une fausse adresse. Vous allez me donner la bonne. Je vais récupérer Élise, ensuite je reviendrais. Pendant ce temps là, Diane restera avec vous, et au moindre geste, ce sera la comtesse qui paiera...
Oscar et le Général cherchaient une alternative. Ils avaient mal manœuvrés. Même en supériorité numérique, ils ne faisaient pas le poids... Oscar, cherchait vainement une solution, une aide, mais rien ne vint. Elle regarda son père, qui tout comme elle, ne trouvait rien. Pas de choix, et Oscar ne supportait pas l'idée de perdre sa mère pour Élise... Mais ne supportait pas non plus de voir Girodelle prendre Élise, encore une fois...Avant de répondre, elle se jura de ne lui laisser aucun répit...
-Bien, dit Oscar en serrant les dents. Mais soyez sur que je passerais le reste de ma vie à vous rechercher dès que vous aurez récupéré Élise...
-Je n'en doute pas. Cela vous fera passer le temps. Mais ne vous inquiétez pas pour Élise, chère Oscar, je vais en prendre soin.
-Je garderait un œil sur Diane si j'étais vous...
-Le nom de l'auberge, Oscar. Maintenant, la coupa t-il
-C'est l'auberge du Comte.
-Non !!! Oscar, mais pourquoi.... non.... dit Mathieu, désespéré.
-Je n'ai pas le choix Mathieu... répondit Oscar les larmes aux yeux.
-Bien, dit Girodelle en reculant. Je vais aller la chercher, la mettre en lieu sur, et revenir. Après cela, vous n'entendrez jamais plus parler de moi. Diane, je te confie Mme de Jarjayes....
Il s'en alla rapidement, laissa ce petit monde. Diane avait un sourire triomphant, le couteau toujours collé à la gorge de la comtesse. Oscar se mit à sourire. Intérieurement, elle hurlait de colère, mais elle allait tenter le tout pour le tout...
-Il ne reviendra pas...
-Comment cela ? Demanda Diane en levant un sourcil.
-N'avez vous point entendu ? Il a dit « je vais en prendre soin » en parlant d’Élise, il ne vous compte pas... il n'a pas dit, « nous »...
-Vous tentez de me déstabiliser, mais cela ne marche pas.... bafouilla Diane
-Par contre !!! intervint Alain, en reculant et en braquant l'arme sur Oscar, moi je vous crois, et je ne laisserait personne trahir ma petite sœur...
-Alain, qu'est ce qu'il vous prend ??? cria Oscar.
Le Général se mit devant Oscar et regarda Alain furieux.
-Vous vous êtes joués de nous... Décidément...
-Pas vraiment Général, mais je ne puis supporter que Diane soit malheureuse... André n'avait qu'a être un bon mari, et ne pas envoyer des lettres d'amour à une autre... Je l'avais prévenu...
Diane, relâcha légèrement le couteau, et regarda son frère en souriant.
-Si tu crois que je n'ai compris ton stratagème mon cher frère tu te mets le doigt dans l’œil...
-Ce n'est pas un stratagème Diane. Mais elle a raison, jamais il ne reviendra, il partira directement. Je ne veux plus te voir, moi je m'en fiche de cet enfant, en revanche, je ne me fiche pas de toi, et tu sais que j'ai toujours voulu ton bonheur. Lâche la comtesse, et va t'en, c'est tout ce que je te demande Diane. Tu vas partir, refaire ta vie avec cet enfant, et ne jamais revenir. Je vais les retenir, tandis que tu partira. Désolé colonel, mais je n'ai pas le choix. Je sais que vous ne résisterez pas. Laissez la partir...
-Mais il n'en est pas question !!! Alain, comment pouvez vous faire une chose pareille ??? s'indigna Oscar.
-Nous n'étions pas d'accord tout à l'heure, je vous avez dit que je ne voulais pas qu'on lui fasse du mal !!! Je suis prêt à tout pour la protéger...
Diane regardait alternativement son frère et Oscar. Ce qu'elle avait dit à propos de Girodelle faisait son chemin dans sa tête... Oscar avait réussit à semer le doute. Girodelle prendrait il le risque de revenir ? Et il était vrai qu'Alain avait toujours prit soin d'elle.... Elle chercha une autre solution, mais n'en trouva pas. Le temps pressait, s'il elle ne se décidait pas tout de suite, Girodelle partirait sans tarder...
-D'accord, dit elle. Je vais partir, mais tu as plutôt intérêt à me couvrir... Tu vas les retenir, tu me le promets ? Demanda t-elle à Alain.
-Oui, dit en en regardant fixement le Général et Oscar, qui était de plus en plus furieuse. Quand je vais te le dire, tu vas t'en aller... Général, Oscar, un seul pas pour l'attraper, et je tire... sur le comtesse. Je suis désolé mais c'est seulement comme cela que je pourrais vous contrôler... Je baisserais mon arme quand j'aurais estimé que Diane aura suffisamment d'avance pour ne pas être rattrapée... Vous avez compris ? Demanda t-il l'air menaçant
-Oui, répondit Oscar sans cacher son dégoût.
-Bien... Alors maintenant Diane, enlève ce couteau...
Diane s'exécuta et dégagea le poignard de la gorge de Mme de Jarjayes...
-Tu recules, et tu prend le même chemin que lui.... allez, va-y !!!
Diane fit quelque pas en arrière, sourit à Oscar d’un air triomphant, et partit retrouver Girodelle...
Chapitre 67
André ouvrit les yeux. Sonné et désorienté, il regarda le plafond, les sourcils froncés. Ou était il ?
-Ah ! Enfin vous vous réveillez, dit le docteur en arrivant.
-Mais qui êtes vous ? Demanda André
-Je suis le docteur Bartolomé. Vous êtes dans mon cabinet...
André tenta de se redresser, mais une douleur cuisante le força à rester en place. Il passa sa main sur son ventre, et sentit des bandages. Tout lui revint alors en mémoire. Diane, Oscar, Alain, Mathieu...
-Docteur, depuis quand suis-je ici ? Demanda t-il précipitamment.
-Depuis hier. Un homme vous a amené. Alain, de son prénom.
-Je vois...
Alain l'avait donc sauvé... Il avait pensé mourir... André était confus, que s'était-il passé depuis ces dernières vingt quatre heures ?
-Ne bougez pas trop, intervint le Docteur, votre blessure est assez sérieuse.
-Je...je dois y aller... Je n'ai pas de quoi vous régler docteur, je... je vais revenir...
Le docteur fronça les sourcils et tenta de le raisonner.
-Mais, vous ne pouvez pas vous en aller comme cela, il faut que vous restiez encore ici, votre blessure est trop récente...quand aux honoraires, elles sont déjà réglées... De plus, quelqu'un a laissé un mot pour vous... Tenez...
André, intrigué, pris la lettre et l'ouvrit. Au fur et à mesure qu'il avançait dans sa lecture, son visage se détendait peu à peu, et il finit avec un véritable sourire... Un sourire qui finit toutefois par faner. Oscar lui avait expliqué la situation...
Mon amour, excuse moi pour cette lettre expéditive, mais je n'ai point de temps. Ce que tu vas lire par la suite va peut être te surprendre, mais je t'expliquerais tout lorsque nous serons enfin réunis. Je pars en compagnie de mon père et d'Alain retrouver Diane et Girodelle, qui veulent récupérer notre fille. Oui, Élise est ta fille André, pardonne moi de te l'avoir caché... Elle est à l'auberge du Comte, en compagnie d'une jeune fille. C'est Mathieu, qui l'a récupéré, mais je ne l'ai pas vu depuis, nous pensons que Diane l'a rencontré et attiré dans un piège pour le faire parler. Il faut que nous le sortions de ses griffes. Je ne sais pas comment vont se passer les choses, alors si ton état te le permet, rend toi à cette auberge, et veille notre fille.
Il me tarde de te retrouver, et d’être enfin dans tes bras. Une fois que nous aurons mit Girodelle et Diane hors d'état de nuire, nous aurons la vie devant nous, nous serons libre de nous aimer au grand jour. Je t'aime.
Ton Oscar.
André poussa un immense soupir de soulagement. Oscar s'était apparemment enfuie de ses bourreaux, et Alain, ainsi que son père l'accompagnaient. Il était rassuré de voir qu'ils l'accompagnaient.
Il devait aller à cette auberge et veillait sur sa fille. Il avait ressentit une émotion très forte, lorsqu'Oscar avait employé « notre fille ». Il pinça les lèvres, ne sachant que faire. Il avait envie d'aller à cette auberge, et voir enfin cette petite fille, sa fille, qu'il n'avait jamais vu. La serrer dans ses bras, l'embrasser...
Mais il avait aussi envie de rejoindre Oscar, malgré qu'elle soit accompagnée, il n'était pas tranquille. Il ne savait pas ce qu'oserait faire Girodelle, mais était sur en revanche que Diane n'hésiterait pas à employer la force. Elle l'avait poignardé, sans la moindre hésitation. Il se souvenait parfaitement de son expression à ce moment précis, son petit sourire, la lueur malveillante qui brillait dans ses yeux... Diane était capable de tout, il le savait.
Partagé entre ces deux sentiments, il ne savait que faire. Après une longue hésitation, il décida de faire les deux. Il passerait rapidement à l'auberge, pour voir si tout allait bien avec Élise, et ensuite, reviendrait à Girodelle, pour aller voir ce qu'il si passait, s'il s'y passait quelque chose, car Oscar n'avait pas précisé où ils se trouvaient, sûrement pour le décourager de chercher cet endroit. Il voulu se lever, mais se recroquevilla sur lui même, lorsqu'il sentit sa blessure le tirailler.
-Restez tranquille, ordonna le docteur, vous n’êtes pas en état...
-Docteur, il faut absolument que je m'en aille... Il faut que je parte... C'est une nécessité...
Le docteur le regarda en hochant la tête... Il n'arriverait pas à le faire changer d'avis...
-Bien mais avant, laissez moi vous changer de pansements. Il ne faut pas que votre blessure s'infecte, allongez vous, je n'en ai pas pour longtemps...
André soupira et obéit. Tandis que le docteur s'affairait sur la blessure, André se laissait aller dans des rêves... Il s'imaginait avec Oscar, et sa fille, qu'il n'avait jamais vu. Elle lui avait dit qu'ils pourraient s'aimer au grand jours, une fois débarrassés de Girodelle et Diane. Il donnerait tout pour que ce rêve fou se réalise... Mais il fallait d'abord s'en débarrasser... André sentit une colère sourde gronder en lui... Girodelle... C'était donc lui, le complice de Diane... Il ne l'avait jamais beaucoup aimé... Mais à ce moment précis, il le haïssait de tout son être...
Compte tenu des informations qu'il avait, Oscar, Alain et son père allaient s'en occuper... Mais il n'était pas tranquille, Diane et Girodelle ensemble... Il tenta de se rassurer en se disant qu'Oscar était bien entourée, mais le doute, la peur que Girodelle lui fasse du mal ne le quitta pas. Il se jura de le tuer de ses propres mains, s'il le voyait en vie. Jamais il n'aurait cru qu'il puisse être capable de choses pareilles...
Il se releva, le docteur en avait finit avec lui. Il lui recommanda de se ménager, et de ne pas faire de mouvements brusques. André le remercia, et partit pour l'auberge. Il se sentait nerveux, et terriblement excité. La rencontre avec sa fille approchait, cependant, il doutait qu'elle sache qui il était vraiment. Il fit un rapide calcul mental, elle avait environs 4 ans. Il avait raté les quatre premières années, mais ce n'était pas grave. Il avait renoncé à la paternité depuis la prétendue fausse couche de Diane, et malgré cela, un enfant inespéré tombait du ciel. Une enfant de lui, et d'Oscar. Un rêve qui devenait réalité.
Lorsqu'il arriva devant l'auberge, il s’arrêta une seconde. Depuis deux jours, sa vie avait complètement basculé. Il était fou de joie pourtant, Oscar allait bien, il avait une fille. Mais il savait cependant qu’Élise ignorait qui il était vraiment.
Avec un petit pincement au cœur et une certaine appréhension, il appuya sur la poignée de la porte de l'auberge. Il franchit la porte qui le séparait de sa fille... Il jeta un coup d’œil dans la salle, et son sang ne fit qu'un tour...
Chapitre 68
Diane fit quelques pas en arrière, sourit à Oscar d’un air triomphant, et partit retrouver Girodelle...
A peine eut-elle fait un pas, qu'Alain se jeta sur elle de tout son poids, entraînant dans sa chute un petit guéridon.
Elle se défendit comme une diablesse en hurlant, et chercha à attraper le poignard tombé un peu plus loin devant elle. Alain lui attrapa la main qui s’apprêtait a reprendre le poignard, mais fut arrêté un instant par le coup de pieds qu'elle avait lâché au hasard.
Diane put enfin poser la main sur le poignard, mais n'eut pas le temps de le saisir, car un pied surgit de nulle part, et lui écrasa les phalanges volontairement.
Diane poussa un cris, et leva la tète.
Oscar la surplombait de toute sa hauteur, et la regardait avec un air terrifiant. Pendant un instant, elle se regardèrent, immobiles.
-C'est terminé Diane... murmura Oscar
Alain profita de ce calme qui ne durerait pas pour la relever, tout en bloquant des poignets fermement.
Diane fut, enfin, complètement maîtrisée.
Pendant ce temps là, le Général avait bondit sur les prisonniers, et les avait libérés. Après avoir étreint sa femme passionnément, et donné à Mathieu un tape dans le dos qui démontrait toute sa reconnaissance, il se tenait en avant, un bras en protecteur placé devant sa femme, et se délectait de voir la furie prisonnière à son tour.
-Tu, tu m'as trahie.... balbutia Diane en pleurant lorsque son frère l'eut assise sur le fauteuil occupé un peu plus tôt par la comtesse et ligoté de la même manière. C-Comment à tu pu me faire une chose pareille !!! Je suis ta sœur !!! Tu m'avais promis !!!
Alain, sur ces mots, s’arrêta un instant, et la regarda droit dans les yeux.
-Mais oui, comment ai-je osé ??? Mais toi, ce matin, n'a tu pas menacé mon fils ? N'as tu pas tenté de tuer mon meilleur ami ??? N'as tu pas empoisonné ma première fiancée, celle que j'aimais tant ??? Alors, pour une fois, tu me pardonneras... Pour une fois que c'est moi qui te trahi, je pense que tu peux passer l'éponge... Estime toi heureuse d’être encore en vie, dit il en montrant d'un coup de tête Oscar, qui se tenait tout près, vérifiant bien qu'Alain serrait assez les liens.
-Tu es un monstre, le pire frère qui soit !!! cracha t-elle.
-Mais oui, c'est c'la.... dit en se relevant sans lui jeter un regard.
Diane fulminait. Elle pleurait de rage, tout ses espoirs tombaient à l'eau... Mais elle releva la tête subitement.
-Qu'as tu dit ??? Que j'avais tenté de tuer André ??? Comment ça « tenté » ???
Alain regarda Oscar en souriant et lui laissa le plaisir de répondre. Oscar n'avait eu aucun geste de violence envers elle, il pouvait au moins lui laisser se faire plaisir en rabaissant sa sœur.
Oscar s'approcha, avec un grand sourire. Elle remit d'un geste de la main une longue mèche des cheveux de Diane derrière son oreille, et lui souffla...
-André n'est pas mort, votre frère l'a sauvé... Il vit Diane, il vit.... Il vit, et je vais pouvoir enfin réunir ma famille...
-Vous mentez... souffla Diane le souffle court.
-Croyez vous que je mens ??? Croyez vous que si André était mort, je pourrais afficher un tel sourire ??? dit elle en riant. Je l'ai vu avant de venir ici...il vit, il vit....
Diane hurla. Elle avait complètement échoué. Elle se trémoussa dans son fauteuil, se raclant les poignets au lanières de tissus, sans pouvoir s'en défaire.
-Vous n'avez pas le droit, NON, André est mon mari, c'est le mien, nous sommes toujours mariés, je vous l’interdis !!!
-Vous QUOI ??? Vous me l'interdisez ??? Je vais me gêner... Après tout ce que vous m'avez fait, c'est de bonne guerre !!! Dit Oscar allègrement en se détournant d'elle.
Oscar venait de comprendre le point faible de Diane. Montrer sa colère la satisferait. Montrer sa joie la ferait hurler. C'était certes bas, et petit, mais Oscar, après tout ce qu'elle avait subit à cause d'elle, et à défaut de pouvoir lui faire du mal, ne pouvait qu'agir comme cela.
Elle était reconnaissante envers Alain de l'avoir arrêté. Pendant un instant, elle avait réellement pensé qu'il la laisserait fuir. Il avait tenu ses engagements, elle tiendrait les siens, et ne lui ferait aucun mal. L'idée de lui faire endurer ce qu'elle avait fait à Mathieu et à sa mère lui était insupportable. Elle ne voulais en aucun cas, lui ressembler...
Alain la regardait, à la fois peiné de la voir dans cet état, mais content, qu'elle soit maîtrisée...
Oscar, en voyant l'air affligé d'Alain, se dit qu'il ne valait mieux pas en rajouter. Il devait être dur pour lui de voir sa sœur dans un tel état. Elle se retourna, et pris sa mère dans ses bras. La comtesse avait l'air fatigué, mais avait repris des couleurs.
Elle regarda ensuite Mathieu, qui entre-temps s'était lavé un peu le visage, pour essuyer le sang, et le prit dans ses bras, une étreinte douce, chaleureuse...
Elle n'arrivait pas à le remercier de ce qu'il avait fait, il lui semblait que tout les merci du monde ne suffiraient pas à montrer sa reconnaissance.
-Merci Mathieu... Pour tout, dit elle finalement, toujours enlacée. Si tu n'avais pas été là... Merci pour tout, pour Élise...
-Mais de rien Oscar... dit il en souriant. Mais Oscar ! Votre mari ! Vous lui avez donné la bonne adresse !!! Élise !
-Je pars tout de suite la rejoindre, répondit elle en sursautant.
Avec tout cela, elle avait complètement oublié que Girodelle devait presque être arrivé... Il ne s'était pas passé un laps de temps très long depuis son départ, mais il fallait absolument qu'elle se dépêche...
-Ma fille, je viens avec vous, dit le Général.
-Père, peut être devriez vous rester ici, et veiller sur....dit Oscar en faisant un signe de la tête en désignant Diane. Par contre Alain, je souhaiterais que vous veniez avec moi...
Alain la regarda, surprit. Il acquiesça. Oscar préférait qu'il vienne avec elle de un, parce qu'il était plus vif que son père, et de deux, peut être qu'en restant avec Diane, il serait tenté de la laissé s'enfuir. Mathieu avait suffisamment donné de sa personne, de plus, était épuisé. Quand à son père, elle le préférait au coté de sa mère, au cas ou Girodelle reviendrait. Elle pensait que non, mais elle préférait envisager le pire.
Elle repris son épée et son pistolet, et quitta la demeure des Girodelle après avoir rassuré ses parents. Elle s’arrêta d'un coup, et regarda Alain.
-Qu'avez vous ? Lui demanda t-il étonné qu'elle s’arrête.
-Nous sommes stupide... Girodelle n'est sûrement pas partit à pied !!! Il a du prendre un cheval !!! Vite, Alain, aux écuries, et j’espère que vous savez monter à crue...
Ils se précipitèrent aux écuries, et enfourchèrent chacun un cheval pris au hasard, sans prendre la peine de les seller.
Ils partirent au triple galop, et après un petit moment, arrivèrent enfin, à l'auberge du Comte...
Chapitre 69
Girodelle, après avoir quitté la pièce, partit aux écuries, et prit son cheval. Après l'avoir sellé rapidement, il partit vers l'Auberge Du Comte. Il était nerveux, si Oscar ne lui avait pas donné la bonne adresse... Il reviendrait...
Il ressentit un petit pincement au cœur cependant. Comment en était-il arrivé là ? Après avoir récupéré Élise, il serait un fugitif... Oscar avait juré de le pourchasser... Elle en était capable... Tan pis, il irait dans un pays étranger... Il changerait de nom s'il le fallait, mais jamais, il ne lui laisserait reprendre Élise. Cette enfant de seulement quatre ans déchaînait bien des passions...
Il eut une pensée pour Mme De Jarjayes, toujours dans les griffes de Diane... Il ne souhaitait la mort de personne, mais il ne reviendrait pas à Girodelle comme il l'avait dit... Diane était absolument prête à tout, et il n'avait pas confiance en elle... Si il ne revenait pas... Il chassa cette idée de sa tête, il écouterait sa conscience plus tard, il n'avait pas le temps...
Une fois arrivé, il rentra d'un pas vif dans l'auberge, et regarda autour de lui. Personne, a part la patronne qui essuyait des verres derrière le comptoir.
Il s'approcha d'elle, avec un grand sourire. Si Élise était bel et bien ici, on avait peut être laissé des consignes pour qu'elle reste cachée...
-Bonjour, dit il aimablement.
-'Jour, répondit la patronne, vous désirez ?
-Et bien, ma fille de quatre ans se trouve ici, je voudrait que vous me meniez à elle, dit il en priant pour qu'elle ne lui fasse aucunes difficultés.
-Ah oui, la p'tite... C'est ma fille qui la garde, elle est dans la chambre .
-Pourriez vous m'y conduire s'il vous plaît ?
-Sur...
La patronne se dirigea vers l'escalier, Girodelle sur ses talons. Il semblait rassuré mais se disait qu'il n'avait peut être pas encore tout vu. Elle l'invita à entrer dans la chambre d'un geste de la main. En expirant profondément, il poussa la poussa la porte.
Il sourit en voyant Élise assise sur le sol. La jeune fille était à ses côtés, assise en tailleurs. Élise, reconnaissant son père, se précipita sur lui. Il la souleva dans ses bras et l'embrassa.
La jeune fille, se leva à son tour, et observa Girodelle. Encore une personne différente ? Décidément...
Mais on lui avait confié la garde de cette enfant... Elle commençait à se poser de nombreuses questions... Tout d'abord le jeune homme, ensuite la femme et son père, et maintenant, encore un autre homme.
Il fallait qu'elle ait des réponses, aussi, elle décida de poser, l'air de rien, quelques questions.
-Bonjour Monsieur... Puis-je savoir qui vous êtes ?
-Je suis son père, répondit Girodelle en souriant.
-Je m'excuse, mais plusieurs personnes sont déjà venues avant vous, et je commence à ne plus rien comprendre...
-Oh mais vous devez parler de mon épouse ? Une femme blonde ? Et il me semble son père l’accompagnait non ?
-Heu, oui...c'est exact... Donc, ils étaient au courant que... vous deviez venir la chercher ?
Girodelle réfléchit vite. La jeune fille ne semblait pas à l'aise et méfiante. Il n'avait pas envie de devoir encore s'enfuir. Il voulait faire cela tranquillement. Mais le temps lui était tout de même compté, il n'était pas question de s'attarder ici.
-Oh, je ne viens pas la chercher. En fait, nous devions nous retrouver ici avec mon épouse, puisque je retrouve ma fille avec vous, j'en déduis donc qu'elle est partie... Mais je vais l'attendre.
Il s'assit sur une chaise, toujours Élise dans ses bras. Il regarda la serveuse en souriant, en lui faisant comprendre qu'il voulait qu'elle les laisse seule. Rassurée, la jeune fille sortit de la pièce et ferma doucement la porte.
-Élise, ma chérie, nous allons partir...
-Où ?
-Je ne sais pas... Mais nous devons vite partir... dit-il d'un air absent en parcourant la pièce des yeux.
-Maman et Grand-Père ils sont pas encore revenus, maman elle m'a dit qu'elle revenait vite, babilla Élise en continuant de jouer avec sa poupée.
-Heu... oui... chérie, descend... dit Girodelle, l'écoutant à moitié.
Il posa sa fille, et se dirigea vers un sac posé à terre. Il avait glissé, et quelque chose était caché par le tissu. Il souleva le sac, et découvrit les carnets, et la lettre qui leur avait été volés, en même temps qu’Élise. Il les pris, et les fourra dans sa poche. Il pourrait s'en servir comme moyen de pression, si un jour on le retrouvait...
Il fureta un moment, mais ne trouva rien d'autre. Il reconsidéra la pièce une dernière fois, pris Élise dans ses bras. Il était temps de partir.
En le voyant descendre les escaliers, la jeune fille vint à leur rencontre.
-Vous partez ? Demanda-t-elle poliment.
-Non, non. Mais ma fille veut se promener. Nous allons donc faire un petit tour dehors avant que ma femme ne rentre.
-Oh, fort bien...
-Dites lui, si elle rentre avant moi, que... nous l'embrassons, et que nous revenons... vite... dit Girodelle avec un sourire mielleux.
-Ce sera fait, assura la jeune fille.
-Alors c'est parfait...
Girodelle lui sourit, et se retourna. Il vérifia une dernière fois les carnets, et regarda Élise.
-Ma chérie, nous allons faire une promenade...
Élise hocha la tête, en souriant.
-Non, vous n'allez nulle part Girodelle... dit une voix sourde.
Girodelle leva la tête, et blêmit... André se tenait devant la porte. Il crispait les points, et n'avait pas vraiment l'air content. Il avait même l'air plus que furieux...
-Vous n’êtes pas mort... souffla Girodelle, livide de voir André en vie.
-Désolé de vous décevoir.... grogna André... Lâchez ma fille, tout de suite...
-Ce-n'est- pas-votre-fille... dit Girodelle en serrant les dents...
-Oh que si … Et je compte bien l'élever dorénavant.... Lâchez la Girodelle, je crois que vous et moi avons des comptes a régler... Vous êtes une pourriture...
-Non, je ne la lâcherais pas...
-Je m'en doutait à vrai dire... Pourquoi avez vous infligé ça à Oscar ??? Pourquoi... vous l'aimiez pourtant, et ce, depuis des années... comment avez vous pu vous lier à Diane ?
-Elle m'a montré votre correspondance, et vous projetiez de fuir avec Oscar... Elle voulait me séparer d’Élise, et cela, je ne l'acceptais pas... J'ai du réagir...
-Réagir, en l'enfermant dans un asile d'aliéné, alors que c'est Diane qui la droguait depuis des années ???
Tout en parlant André s'était approché... A chaque pas qu'il faisait en avant, Girodelle en faisait un en arrière. L'air qu'affichait André était plus que clair quand à ses intentions.. Il voulait lui faire payer... En gardant Élise dans ses bras, il était au moins sur qu'il ne tenterait rien...
-Vous n’êtes qu'un lâche... reprit André. Pas étonnant qu'Oscar ne vous ai jamais aimé.
-Fermez la Grandier !!! Diane n' a peut être pas réussit a se débarrasser de vous, mais moi, c'est une autre histoire...
-Oh, que vous me faites peur!!! Mais approchez donc, ne restez pas la, venez.... dit André ironiquement. De toute façon vous n'avez que cela à faire, le cheval que j'ai vu dehors vous appartient ? J'ai pris la liberté de le détacher, et de lui donner une bonne claque... Il est partit au galop, vous étés coincé... A moins que vous ne préfériez marcher...
Girodelle déposa Élise doucement sur le sol, tout en fixant André d'un œil noir... La lèvre frémissante de rage, celui qui avait tout reçu de celle qu'il avait toujours aimé le narguait, le jugeait, il n'appréciait absolument pas...
-Mademoiselle, ayez l'obligeance de mettre Élise dans une autre pièce... murmura André à la serveuse qui était restée en retrait, écoutant l'échange avec une peur grandissante...
En respirant bruyamment et sentant que la situation était bien plus grave qu'une simple petite querelle, elle saisit Élise et recula, l'air effrayée, avant de partir dans une pièce à côté.
-Nous voilà seul maintenant... Alors, vous voulez toujours que nous réglions nos comptes Grandier ??? Tonna Girodelle
-Je n'attendais que ça, murmura André.
Girodelle tira son épée, et se rua vers André, désarmé. Celui attrapa une chaise, pour se protéger de la lame que Girodelle avait brandit de toute sa hauteur.
Au moment ou la lame rencontra la chaise, André repoussa de toutes ses forces Girodelle.
Celui ci perdit l'équilibre, et chuta, laissant son épée tomber. André balança la chaise, et d'un coup de pieds, éloigna l'épée à l'autre bout de la pièce. André saisit Girodelle par le col de sa veste, le releva, et l'envoya le plus loin qu'il le pu...
Girodelle atterrit sur une table qui se fracassa sous son poids, faisant voler des éclats de bois. Il resta un petit moment à tenter de se relever sous le choc. André avançait vers lui, lentement, lui laissant le temps de se remettre sur pieds...
-J'ai toujours pensé qu'Oscar avait eu de la chance de vous battre pour le poste de la garde Royale. Il n'en est rien... Vous êtes simplement nul...
Girodelle poussa un cris de rage et se jeta sur André de tout son poids. Une autre table fut fracassée quand ils tombèrent à la renverse ensemble.
Girodelle leva le poing, mais André fut plus rapide ; toujours allongé, il lui asséna un coup de pieds dans l'estomac... Girodelle tomba sur le dos, et se cogna la tête dans sa chute.
André toujours allongé, retint un gémissement. Il avait sentit les chairs de sa blessure se déchirer, quand Girodelle l'avait plaqué de toutes ses forces sur la table. Il passa une main sur son ventre, et devina que la blessure s'était ouverte, en sentant le sang couler le long du pansement.
Ils restèrent là, allongés, pendant quelques secondes, bougeant faiblement à cause des coups et chocs reçu.
La haine qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre eut cependant raison d'eux, et ils finirent par se relever lentement.
Un corps à corps commença. Girodelle abattit son poing sur le visage d'André, qui resta debout malgré le choc. Il lui retourna la pareille, faisant vaciller son ennemi qui se retenu au mur pour ne pas tomber.
Essoufflés, ensanglantés, courbés, ils se regardaient, cherchant la moindre petite faiblesse à exploiter.
Girodelle baissa les yeux, et aperçu une tache écarlate sur la chemise d'André. Il prit appui sur le mur, et se jeta une nouvelle fois sur André. Ils tombèrent de nouveau à la renverse et Girodelle, après s’être relevé,, abattit son poing de toute la force qu'il lui restait sur l'estomac d'André.
Celui poussa un hurlement, puis resta immobile, une main crispée sur son ventre, agonisant de douleur.
Girodelle se leva péniblement, puis se dirigea vers l'épée, qui gisait un peut plus loin. En franchissant cette distance qui le séparait de celle qui l'aiderait à assouvir cette vengeance pleinement, il la décision d’ôter définitivement la vie de son rival. Hors de question de le laisser en vie. En traînant les pieds, il arriva enfin auprès de son amie. Lentement, il la ramassa et se retourna.
André était toujours à terre, cherchant à se relever, sans jamais y parvenir. Il voyait Girodelle approcher, l'épée à la main... André n'avait plus de ressources... Il avait donné tout ce qu'il pouvait. Déjà grandement affaiblit par sa blessure, la douleur ravivée par le coup brutal de Girodelle, il n'en pouvait plus. Il risqua un coup d’œil vers la porte ou la jeune fille avait amené Élise. Il l'avait seulement aperçue ! Il n'avait pas eu le temps de la détailler... Il aurait tant aimé la porter, et l'embrasser, au moins une fois dans sa vie... Mais Girodelle préférerait mourir, plutôt que de lui accorder cet ultime plaisir.
-Oscar ne m'a jamais peut être aimé, mais j’ai au moins passé du temps avec elle... Vous avez eu un enfant ensemble, et c'est moi qui vais avoir le plaisir de l'élever, et de la choyer. Vous pouvez faire vos prières... Pour vous, la partie est finie...
Girodelle leva son épée, et tint à regarder son ennemi mourir. Il n'avait jamais tué personne. Pourtant, sa main ne tremblait pas.
André savait que c'était la fin. Aucune échappatoire.
-Adieu Grandier, dit Girodelle, sans aucune expression sur le visage...
Chapitre 70
-Adieu Grandier, dit Girodelle, sans aucun expressions sur le visage.
Il entendit une détonation, un sifflement, et sentit une douleur cuisante à l'épaule. Cling ! L'épée retentit en touchant le sol. Girodelle, la main crispée sur son épaule, tourna lentement la tête.
Oscar était dans l'entrée, accompagnée d'Alain. Le pistolet qu'elle tenait à la main fumait encore.
Il serra les dents, en tomba sur les genoux, vaincu.
Alain se précipita sur lui, et pris l'épée tombée, qu'il jeta à travers la pièce. Girodelle respirait bruyamment, sachant pertinemant que tout était finit pour lui...
Oscar essoufflée, et pale comme la mort, se laissa glisser contre le mur, toujours le pistolet dans la main. Ils étaient arrivés au bon moment. Au très bon moment... Une fraction de seconde, et il aurait été trop tard...
Alain jeta un coup d’œil sur André qui avait perdu connaissance, dont la chemise était à présent écarlate. Il se baissa précipitamment, et ouvrit la chemise. La blessure saignait abondamment... Alain, paniqué, regarda Oscar, toujours affalée contre le mur, le visage caché par ses mains, et Girodelle, qui bougeait faiblement, toujours allongé.
-Colonel !!! La blessure d'André s'est mise a saigner, il faut que nous arretions l'hémorragie !!!
-Quoi ???
Oscar se leva et s'agenouilla auprès d'André. Avec horreur, elle constata qu'Alain disait malheureusement la vérité... Elle réfléchit rapidement.
-Alain,allez attacher Girodelle, tout de suite. Les mains, les pieds, tout, il ne faut pas qu'il nous échappe... dit elle en se relevant.
Elle tourna la tête. Bon sang, il n'y avait personne ici ??? Elle parcourut la pièce du regard pour trouver des linges, ainsi que de l'eau... Son regard fut attiré sur la pièce de l’arrière boutique. Elle se précipita pour l'ouvrir, et tomba nez à nez avec la servante, et Élise, blottie dans ses bras.
La jeune fille avait entendu les hommes se battre mais, étant seule, n'avait pas osé intervenir. Sa mère et son père étaient partis au marché, elle avait eu peur. Élise avait commencé à gémir, sentant la tension qui régnait. Elle l'avait calmée à grand renfort de câlins, mais le coup de feu l'avait rendu quasiment hystérique...
-Il me faut des linges et de l'eau, vite !!! s'écria Oscar en la voyant
La serveuse, chamboulée, posa Élise et entreprit de donner à Oscar ce qu'elle lui demandait. Oscar embrassa rapidement Élise en la rassurant, puis revint près d'André.
Elle nettoya la blessure, et posa un linge propre, en pressant fermement pour stopper le sang...
-Ah... je ...doit être au paradis... murmura André qui s'était réveillé en sentant couler l'eau.
-Tu n'es pas au paradis André Grandier, mais bel et bien sur terre !!!! Et je t'interdis d'y partir, sinon je te poursuivrais jusqu'en enfer pour te donner la correction que tu mérites pour m'avoir laissé seule ici bas !!!!! s'écria Oscar.
André en souriant faiblement, leva la main pour lui caresser la joue. Oscar l'attrapa, et embrassa longuement la paume de cette main, en fermant les yeux, soulagée.
-Heuuuuu Colonel ? Demanda timidement Alain.
-Oui ? Répondit Oscar d'une petite voix, gênée d'avoir été prise en flagrant délit de tendresse.
-Bè on fait quoi de lui ? Dit il en montrant négligemment Girodelle de le main.
-Je vais le surveiller. André ne tient pas debout, il faut que vous le rameniez chez le docteur pour qu'il le voit. Ça ira, je le sais... André, dit elle en s'approchant de son visage, Alain va t'amener chez le docteur... On se voit plus tard, je te le promet...
-D'accord... répondit André qui n'était pas assez en forme pour suivre avec attention la conversation.
-Toi, tu me dois une fière chandelle, ça fait deux fois que je te sauve la vie en deux jours... dit Alain en passant la porte de l'auberge, soutenant un André complètement sonné.
Oscar sourit en entendant cette phrase, mais se retourna pour affronter son mari. Celui ci la regardait, furieux. Il ne supportait pas ce regard qu'elle avait. Ce regard... méprisant...
Oscar prit une chaise et s'assit en face de lui.
-Vous ne me tuez pas Oscar ? Demanda Girodelle
-.......................................................
-Je l'ai pourtant mérité ! Aller, faites vous plaisir, je le sais vous en mourrez d'envie, dit il sarcastique.
-.......................................................
-Oscar...
-Taisez vous Girodelle. Non, je ne vais pas vous tuer, j'ai des projets bien plus intéressants pour vous...
-Ah bon, lesquels ? Demanda Girodelle
-Vous verrez en temps voulus...
-Vous allez me dénoncer ? M'envoyer en prison ? Allez, dites, je suis curieux...
-Oh, je préfère vous faire une surprise... Elle ne sera peut être pas aussi grandiose que celles que vous m'avez faite vous et Diane, mais j'essaierais d’être à la hauteur...
-Je ne voulais pas en arriver là Oscar...dit Girodelle après un moment de silence. Je vous aimais... Si vous m'aviez aimé, nous n'en serions pas là...
-Je vous avais prévenu qu'il ne s'agirait que d'un mariage d'amitié...
-J'ai espéré que cela change...
-Mais ça va changer ! A présent que vous êtes maîtrisé, et que Diane est sous surveillance, tout va changer... Je vais enfin pouvoir être heureuse... Avec Élise et André. Quand à vous...
Elle laissa sa phrase en suspens. Elle se leva, et se dirigea vers la cuisine. Elle comptait sur la jeune fille pour l'aider, encore une fois. Elle tourna la tête en entendant la porte s'ouvrir.
-Père ! Dit elle étonnée.
-Oscar ! Vous allez bien... je suis soulagé, dit il en la prenant dans ses bras.
-Mais vous deviez rester près de Diane et de mère !!! Si elle s'échappe.... s’inquiéta Oscar.
-Ne vous en faites pas. Diane est toujours attachée. Je me faisait trop de soucis. Mais que s'est-il passé au juste ??? demanda t-il en regardant la pièce sans dessous dessus.
-Nous sommes arrivés juste au bon moment... J'avais laissé une lettre pour André chez le docteur... Il s'est réveillé, et est venu ici, pour retrouver Élise. Il a du rencontrer Girodelle et je pense qu'ils se sont battus... Alain est partit le ramener chez le docteur, sa blessure s'était ré-ouverte....
-Mais ou sont Élise ??? Et Girodelle ???
-Et bien, Élise est à côté, et Girodelle, là... dit elle en montrant du doigt l'accusé.
Le Général s’avança vers lui, avec une expression terrifiante. Girodelle, toujours par terre soutint son regard. Il le regarda longuement, sans dire un mot. Au bout d'un moment, il se retourna, et regarda Oscar.
-Ma fille, il ne sert à rien que vous restiez ici, prenez Élise, amenez la auprès de votre mère et de Mathieu, et retournez ensuite près d'André. Je vais m'occuper de mon gendre...
-Père, dit Oscar en posant la main sur son bras, je vais faire ce que vous dites, mais promettez moi de ne pas faire de mal à Girodelle... Il est déjà blessé, je lui ai tiré une balle dans l'épaule.
-Mais Oscar, pourquoi...le protégez vous ???
-Je le veux en vie, faites moi confiance... Vous me le promettez ? Faites le rentrer chez lui, ramenez le aussi à Girodelle...
-Bien, comme vous le voulez...Après tout, c'est vous qui êtes juges de son sort ma fille....
-Bon, je vais prendre Élise et la ramener... A tout à l'heure père.
Oscar se dirigea vers la pièce, et récupéra Élise. Après avoir parlé avec la serveuse quelques temps, elle sortit par une porte qui donnait sur une ruelle, elle ne voulait pas qu’Élise revoit son père. Oscar savait tout au fond d'elle que sa fille souffrirait de ne plus le voir, mais elle ferait le maximum pour l'entourer de toute la tendresse nécessaire. André reprendrait, petit à petit, la place qu'il aurait toujours du avoir...
Le Général, une fois qu'Oscar fut partie, contempla Girodelle. Il prit la même chaise qu'Oscar, et s'assit en face de lui.
-Je sais que vous n'allez pas résister à la tentation, dit Girodelle pour le provoquer.
-Il est clair, qu'après avoir manipulé ma fille, torturé ma femme, brutalisé le jeune ami d'Oscar, et tenté de tuer André, jeune homme auquel j'ai toujours été attaché, j'ai vraiment envie de vous tuer... répondit le Général. Mais Oscar vous veux en vie, je ne sais pour quelle raison...Alors je vais me... maîtriser...
-Que va t-elle faire de moi ??? demanda Girodelle agressivement.
-Ça, elle seule le sait... Mais je lui fait confiance... Je ne pense pas qu'elle va vous laisser mener une existence tranquille... répondit le Général allègrement.
Victor se renfrogna, et baissa la tête. Il aurait préféré mourir... Mais Oscar semblait en avoir décidé autrement... Que lui réservait elle ?
Chapitre 71
-Je vais me venger, mais que croyez vous !!! Que je vais me laisser faire !!! Vous vous leurrez !!! cracha Diane. Votre traînée de fille n'a pas le droit de prendre André, ni Élise, elle N'A PAS LE DROIT !!!! DÉTACHEZ MOI !!!! JE VOUS JURE QUE JE VAIS ME VENGER DE VOUS TOUS !!! VOUS, LUI, EUX , TOUT LE MONDE Y PASSERA !!!
Clac !
Mathieu ouvrit grand les yeux, éberlué. La Comtesse venait de gifler Diane, qui s'était arrêtée de hurler d'un coup, sous la surprise.
-Vous pensez être la seule à pouvoir faire du mal aux gens ? Dites encore une fois que ma fille est une traînée, et je sens que moi aussi je vais essayer la torture sur vos ongles ! Déclara la Comtesse en regardant Diane droit dans les yeux.
Elle se redressa, le menton bien haut, et regarda Diane avec tout le dédain qu'elle pouvait. Celle ci la regardait, estomaquée. Jamais elle n'aurait pu penser qu'elle se ferait gifler de la sorte. La Comtesse détourna les yeux, et regarda Mathieu en souriant.
-Venez mon cher, je vais vous soigner ailleurs, cette femme m'indispose. Elle n'est même pas digne d’être écoutée.
Mathieu sourit et se leva. Il jeta un regard moqueur à Diane, et suivit la comtesse dans le hall. Il s’arrêtèrent tout deux en voyant la porte s'ouvrir. Oscar rentra, avec Élise dans les bras. La comtesse porta la main à son cœur soulagée.
-Oh, Oscar, Élise, dit elle en se dirigeant vers elles.
Oscar posa Élise et prit sa mère dans ses bras. Elle expliqua ensuite la situation à sa mère, et repartit sur le champs rejoindre André.
La comtesse prit sa petite fille dans ses bras, et se dirigea vers la cuisine. Là elle installa Élise, et continua de s’affairer sur Mathieu.
Une heure plus tard, le Général revint, accompagné, ou plutôt accompagnant Girodelle, toujours attaché. Il avait loué les services d'un fiacre, et était revenu, comme Oscar le souhaitait, à Girodelle. Il l'amena dans le salon ou se trouvait Diane, et l'attacha comme elle.
-Bien ! Dit-il lorsqu'il eut finit. Je vous laisse. Je suis sur que vous avez de grandes choses à vous dire...
Sur ce, il partit vers la cuisine, rejoindre les autres.
-Tu as échoué...Tu es lamentable !!!! cria Diane. Est-ce si dur de prendre une petite fille dans ses bras ??? J'aurais du le faire moi même....
-J'ai eu un petit contre temps. Ton... mari, est arrivé.... Et toi ? Tu n'as pas su le tuer, que devrais-je dire ??? Peu importe de toute manière... C'est terminé...
-Il ne t'as pas tué ?
-Non... Oscar me réserve...autre chose...dit Victor le regard sombre.
-Et quoi ?...
Ils furent interrompus par le bruit de la porte d'entrée. Oscar et Alain revenaient, soutenant André. Celui ci était conscient, mais affaibli. En passant devant le salon, Oscar rencontra le regard de Diane. Un regard plutôt inquiétant.... Diane, même enfermée, ne les laisserait jamais tranquille. A présent humiliée, sa rage était d'autant plus forte.
Oscar continua malgré tout à avancer. Ils montèrent dans son ancienne chambre, et allongèrent André sur le lit. Alain les laissa seul.
Oscar se pencha sur André, et l'embrassa. Le cauchemar était presque finit. Une fois Diane et Girodelle loin, ils pourraient être heureux.
-Comment te sens tu ? Demanda t-elle doucement.
-Je vais bien, je vais m'en remettre... répondit il.
Doigt entrelacés, ils ne se quittaient pas du regard. Pas vraiment besoin de mots, ils savaient tout deux qu'ils étaient superflus. Le bonheur de se retrouver, les cauchemars derrière, et la perspective d'une avenir heureux suffisait. Oscar s'était blottie contre lui, prenant soin de ne pas appuyer sur sa blessure. André passait inlassablement la main dans ses cheveux, et parsemant son front de petit baisers. Les paupières commençaient à se baisser lentement... quand une question fut posée.
-Oscar, demanda André en hésitant.
-Hum ?
-Je... je voudrais... voir... ma fille...Je ne l'ai presque pas vu dans la taverne...
Oscar se redressa. Il fallait mettre les choses au clair de suite, elle ne voulait pas brusquer Élise, en lui imposant un nouveau père. De un, elle ne comprendrait pas, et de deux, il valait mieux que les choses viennent naturellement. Oscar n'en doutait pas, elle savait qu'André s'en occuperait parfaitement, mais elle ne pouvait s’empêcher de penser qu'il serait peut être déçu, par cette relation trop lointaine, du moins au début.
-André... Je vais te présenter Élise... tu es son père, c'est certain et je veux que tu l’élève avec moi. Mais... ne t'attends pas à une tendresse innée pour toi. Élise voit en Girodelle un père, et, en restant objective, il s'en est toujours bien occupé. Lorsque Diane me droguait, et que je me sentais mal, je l'éloignais de moi. Ainsi, il l'a beaucoup gardée près de lui. Je veux simplement dire que cela prendra du temps... et elle réclamera son père au début...
-Tu crois que jamais elle ne me considérera comme son père?demanda t-il tristement.
-Mais si bien sur !!! Mais, pas tout de suite. Si je lui dit que tu es son père, elle ne comprendra pas. Elle n'a que quatre ans. Elle l'oubliera petit a petit , tu tu prendras sa place, je le sais. Il faut juste que tu sois patient...
-Je le serais...Nous avons toute la vie devant nous non ?
Oscar sourit et l'embrassa. Elle se leva lentement, et quitta la pièce en promettant de revenir vite. En descendant, sa mère lui indiqua qu’Élise était endormie. Oscar la prit doucement dans ses bras, et monta l'escalier.
Elle passa la porte, Élise toujours endormie. André piaffait d'impatience.
-Voila la princesse, murmura Oscar en s'asseyant doucement sur le lit. Je ne veux pas la réveiller, elle est épuisée...
André ne l'écoutait plus vraiment, il regardait les moindre détails du visage de sa fille, caressant timidement les boucles brunes, passant un doigt sur une petite joue rosée... Le bonheur, tout simplement. Lui qui n'avait jamais pensé avoir d'enfants...
Sans prévenir, Oscar la déposa dans ses bras. Elle sourit et sans rien dire, sortit de la chambre. Elle voulait laisser à André ce moment magique, celui de découvrir sa fille.
André resta sans bouger, paniqué à l'idée de la réveiller. Il resta donc éveillé, le regard fixé sur sa petite poupée....
Oscar descendit les escaliers. Elle commençait à être vraiment épuisée. Mais il y avait des choses à faire...
-Père, dit elle en rentrant dans la cuisine, il faut séparer Diane et Girodelle, et les faire dormir dans une chambre séparée. Nous allons devoir en prendre soin pendant quelques jours... le temps de voir ce que nous allons faire.
-En prendre soin ? Demanda-t-il étonné.
-C'est une façon de parler, répondit-elle ironiquement. Et il faut soigner Girodelle aussi. Je ne veux pas qu'il meure. Voilà ce que nous allons faire : il faut préparer deux chambres, tout boucler, et surtout, tout enlever. Ne laisser que les matelas. Je ne veux pas que par crainte, pour leur avenir, nos prisonniers veuillent en finir avec la vie ! Enlevez tout. Pouvez vous vous charger de cela père ? Avec l'aide de Mathieu et Alain. Mais après réflexion, nous ne pouvons pas les laisser dans des chambres, nous ne pouvons bloquer les fenêtres. Donc il faut les enfermer dans des pièces qui en sont dépourvues. Il y en a en haut. Pendant que vous faites cela, je vais le soigner...
-Vous Oscar ? Interrompit la Comtesse. Je vais m'en occuper, partez vous reposer...
-Non mère, j'insiste...
Oscar se dirigea vers le salon. En avançant vers Girodelle, elle afficha un sourire tranquille, comme si de rien n'était.
-Je viens voir votre blessure … Hum... La balle n'a pas fait de dégâts, c'est heureux. Cependant, j'ai bien peur que cela s'infecte... Je sais !
Elle se dirigea vers la cuisine, et revint avec une bouteille d'eau de vie. Sans prévenir, elle versa une bonne dose sur l'épaule de Victor, qui hurla en sentant le liquide sur ses plaies.
-Retenez vous voyons ! Reprocha Oscar.
Diane n'avait dit mot sur cet échange. Elle était occupée à trouver une solution pour s'échapper, mais n'en voyait aucunes. Même son frère l'avait laissée... Elle n'avait plus aucune chance d'échapper de cette maison.
Une heure après, Girodelle et Diane furent libérés et enfermé chacun dans une pièce différente, sans aucunes autre sortie que la porte qu'ils avaient empruntés pour y rentrer. Si Victor se laissait faire, ce n'était pas le cas de Diane. Elle se débatait tant qu'elle pouvait. La patience du Général et d'Alain fut mise à rude épreuve, surtout pour ce dernier. Ils finirent par arriver à la boucler dans la pièce. Les pièces avaient été débarrassées, il n'y avait qu'un matelas sur le sol, avec une couverture.
-Que réservez vous à Girodelle Oscar ? Demanda le Général après avoir vérifié la solidité de la porte.
-Oh, vous verrez. Mais nous devrons les nourrir et surveiller pendant quelques jours...
-Oscar, son absence à Versailles ne va pas passer inaperçue...
-Et bien, je dirais qu'il m'a quitté. Et que je ne sais pas ou il est. Que voulez vous que je dise d'autre, je ne peux pas leur avouer ce qu'il s'est vraiment passé ! Allez vous reposer père. Ils pourraient tenter de défoncer ces portes qu'elle ne bougeraient pas d'un pouce. Et dites aussi à Mathieu d'aller dormir, le pauvre, il ne tient plus debout.
Le Général acquiesça, et partit rejoindre sa femme. Oscar se dirigea vers Alain, qui s'était assis devant la porte de la pièce qu'occupait Diane.
-Avez vous décidé pour votre sœur Alain ? Demanda doucement Oscar.
-Non... je ne sais pas quoi faire.
Oscar lisait la détresse sur le visage d'Alain, et en fut touchée. Elle s'imagina à sa place un instant, et comprit ce qu'il devait ressentir. Mais Diane était dangereuse, et heureusement, il en avait parfaitement conscience.
-Allez vous coucher. Vous avez besoin de sommeil. Nous en avons tous besoin. Vous aurez les idées plus claires demain.
-Vous avez raison, mais je rentre chez moi. Il est tard, ma femme doit être folle d’inquiétude. Je voudrais revenir demain mais, la caserne...
-Ne vous inquiétez pas pour cela. Mon père parleras à votre colonel.
-Je vous remercie. Je vais y aller. Je reviendrais demain matin.
Oscar le regarda s'éloigner, avec un pincement au cœur. Il avait l'air réellement malheureux.
Après avoir posé l'oreille contre les portes des prisonniers, qui semblaient calmes, elle se rendit dans sa chambre. Elle constata avec un sourire qu'André s'était endormit dans la même position qu'elle l'avait laissé, Élise toujours dans ses bras. Ne voulant pas déranger, elle pris une couverture, et l'allongea sur le divan en face du lit. Elle contempla un instant le père et sa fille. Son cœur débordait de joie. Elle allait enfin être heureuse. Elle aurait André et Élise auprès d'elle, et personne ne viendrait les séparer. Mais il fallait aussi s'occuper de Girodelle et Diane. Ce serait réglé dans quelques jours... Après....viendrait le beau temps... Sans s'en apercevoir, le sommeil la gagna. C'était sans doute la première fois qu'elle s'endormait aussi paisiblement dans cette maison.
Chapitre 72
Pendant qu'Oscar faisait de beaux rêves, quelqu'un d'autre vivait dans un cauchemar. Victor, a présent libre de ses mouvements mais sans pour autant être libre tout court, réfléchissait. La main crispée sur sa blessure, il respirait difficilement.
Sa respiration saccadée n'avait rien à voir avec la douleur de son épaule. C'était la rage, qui s'exprimait, tout simplement. Voilà qu'il était prisonnier de sa propre maison, et au bon vouloir de personnes qui ne lui feraient aucuns cadeaux.
Il se leva, et fit les cents pas. Il se souvint de ce qu'il avait trouvé dans la chambre de l'auberge. Il retira les carnets de sa poche. Il se rassit lentement, et en ouvrit un. Les écritures intimes d'Oscar. Grâce à eux, il avait découvert une partie d'Oscar qu'il n'aurait jamais soupçonné.
Il lu un passage prit au hasard. Un passage qui racontait les retrouvailles avec André, à la caserne. Un passage où quelques larmes avaient détrempé l'écriture. Un passage émouvant, ou Oscar avait atteint une joie qui semblait sans limites.
Il n'y avait pas beaucoup de passages aussi heureux... Seule à la naissance d’Élise, l'écriture avait été enjouée. Enjouée, légère, ponctuée de point d'exclamations. Mais cela avait vite dérivé, Diane avait commencé à prendre le contrôle...
Il chercha le passage de leur mariage. Ce n'était pas de la joie qu'il y lisait, mais mais de la peur, de la tristesse, du ressentiment, et cette impression d’être pris au piège. Voilà comment Oscar avait vécu ce jour là.
Pourtant, lorsqu'elle parlait de lui, jamais elle n'avait employé d'expressions cruelles. Non, il était qualifié de « bon », de « dévoué », « prévenant », et de « mari idéal ». Rien de vulgaire, d'agressif, de malveillant. Mais la phrase qui comportait ces mots, pourtant élogieux, comportait un « mais » dans la seconde partie. Un « mais » qui lui avait transpercé le cœur.
« Je pense avoir trouvé le mari idéal . Victor de Girodelle est bon, dévoué, prévenant, je ne peux me plaindre de cet homme mais, je le sais, je ne l'aime pas, et jamais ne l'aimerait. Seul André compte, et je sais qu'il en sera ainsi pour le reste de ma vie. »
Son univers, déjà précaire, s'était écroulé, à cause de deux phrases. Il le savait pourtant. Il le savait, en l'épousant, qu'elle n'était pas amoureuse de lui. Il savait aussi que cela ne changerait pas. Mais à la lecture de cette phrase, la vie au côté d'Oscar avait pris un sens différent. Quelques minutes plus tard, Diane lui montrait la lettre où elle demandait à André d'attendre un peu, avant quitter leurs conjoints. Sans parler du fait qu'il venait d'apprendre que sa fille n'était pas vraiment la sienne...
Victor, en repensant à tout cela, jeta le carnet contre le mur. Depuis combien d'heures était-il enfermé, à ressasser ? Une ? Deux ? Cinq ? Il n'en savait rien, et cela n'avait aucune importance.
Qu'allait faire Oscar de lui ? Elle ne l'avait pas tué, pourtant, ce n'était pas l'envie qui devait lui manquer... Qu'est ce qui était pire que la mort ? La prison ? La ruine, la honte, le déshonneur ? Rien de tout cela. La seule chose affreuse qu'elle pouvait lui faire, elle l'avait déjà faite. Elle lui avait enlevé Elise. Elle serait élevée avec Grandier. A cette pensée, il s'enfonça les ongles dans la paumes des mains. Jamais, jamais, jamais. Plutôt mourir. Mais justement, il n'allait pas mourir, et c'était bien cela le problème.
Mais pour qui était-ce le problème ? Pour lui, ou elle ? Girodelle décida alors qu'elle avait fait une terrible erreur de le laisser en vie. Un erreur, fatale. Mais il se garderait bien de le lui dire. Non, il la laisserait faire, ce qu'elle voudrait, et adopterait le visage de l'homme qui avait perdu. Mais seulement en apparence. Car il ne comptait pas en rester la. Tant qu'il respirait, ce ne serait jamais finit...
Avec un petit rire, il rassembla les carnets, et se dit qu'Oscar aurait vraiment du faire attention à l'endroit où elle l'avait enfermé...
Diane pleurait. D'impuissance. Pour la première fois de sa vie, elle se sentait coincée. Elle avait pourtant toujours gardé le contrôle, mais là, elle ne voyait aucunes issues. Qu'allait-on faire d'elle ? Elle était à peu près sure cependant qu'elle n'était pas destinée à un sort trop malheureux. Alain.
Elle sourit en pensant à son frère. Même s'il se méfiait à présent, et semblait moins disposé à lui pardonner, il l'aimait. Savait-il à quel point elle s'en fichait ? Son frère. Ce mot ne signifiait plus rien pour elle. Elle avait cessé de le considérer comme un frère le jours ou il avait présenté cette fiancée.
Pourquoi l'avait-il abandonnée ? D'abord son père, et puis lui ensuite... Non, elle n'avait pas accepté que cette fille prenne la place. Elle était la seule, et voulait le rester. Elle l'avait donc tuée. C'était parfaitement légitime. Ce n'était que de la défense, devant cette occupante.
Et c'était exactement la même chose pour Oscar. De quel droit avait elle passé la nuit avec son fiancé ? Parce qu'elle était noble ? Parce qu'elle le connaissait depuis toujours ? Non, elle n'avait aucune excuse. Diane avait alors prit la décision de rayer Oscar de Girodelle de la vie d'André. Mais le plan, si brillamment pensé, si soigneusement préparé, si méticuleusement exécuté avait, au final échoué. Échoué parce qu'elle avait, et cela, elle avait du mal à le reconnaître, elle avait sous-estimé sa rivale. Si Oscar se s'était pas échappée, la nuit ou ils l'avaient enlevée, jamais les choses ne se seraient passées ainsi. De la prudence, voilà ce qui avait fait défaut à cette vengeance qu'elle élaborait depuis des années. Tout comme André. Il n'aurait pas du survivre...
Diane donna un coup de poing rageur dans le matelas. Que pouvait elle faire pour s'en sortir maintenant ? Une seule solution venait à son esprit. La prudence. Ce qui avait fait échoué son plan, serait sa sortie de secours. Il fallait qu'elle soit prudente, surtout avec son frère. Elle n'arriverait pas à convaincre Oscar, mais son frère, oui.
Il l'aimait. Alors elle allait en profiter. La première fois qu'il l'avait enfermé au couvent, elle avait protesté, s'était montré agressive. Ce ne serait pas le cas aujourd'hui. Elle ferait amende honorable. Elle ferait comme si elle abandonnait. Et il n'aurait pas le courage de lui faire du mal, et la protégerait, comme il l'avait toujours fait.
Diane s'allongea sur le matelas, un sourire aux lèvres. Sa vengeance n'était pas terminée. Elle était seulement retardée. Elle souhaita à Oscar et André de prendre le bonheur qui arrivait. Car tant qu'elle serait en vie, elle n'aurait de cesse se débattre pour les pourchasser. Se venger, était devenu une obsession...
Chapitre 73
Oscar était attablée, dans la cuisine, au côté de Mathieu, son père, et sa mère. Le sourire aux lèvres d'avoir si bien dormit, elle nourrissait Élise, qui l'avait réveillée. La demeure, se trouvant sans domestiques, et le ventre des occupants criant famine, Le Général s'était dévoué pour aller chercher la meilleure cuisinière qu'il connaissait.
Grand-mère, occupée aux fourneaux, était à présent souriante. Elle avait passé des heures à s'inquiéter depuis que le comtesse avait disparut. Le Général lui avait raconté toute l'histoire pendant le trajet, et Grand-mère avait pleuré de joie, s’agrippant même au Général à cause de l'émotion en apprenant que tout le monde allait bien, surtout son bien aimé de petit fils.
C'est d'ailleurs pourquoi elle mettait tout son cœur dans sa cuisine. Chaque personne autour de cette table méritait un petit déjeuner royal. Elle cria cependant haut et fort son désaccord lorsque Oscar lui demanda de préparer aussi un petit déjeuner pour Diane et Girodelle. Après un long débat, Grand-mère accepta de poser sur deux plateaux un café (non sucré, et puis quoi encore!) et deux tartines de pain beurré ( pas de confiture, il ne méritent même pas le beurre!!!).
Le plateau d'André, quand à lui, débordait de nourriture. Grand-mère avait même mit une rose fraîchement cueillie dans un minuscule vase pour son petit fils adoré. Elle se chargea de monter le plateau, suivie d'Oscar, qui avait, bien évidemment fait suivre Élise.
-Oh mon chériiiiiii !!!! S'exclama Grand mère en passant la porte. Mon petit adoré...
-Grand mère....
Grand mère déposa le plateau et déposa un long baiser sur la joue d'André qui le lui rendit. Oscar s'installa à coté de lui, assise sur le lit, Élise sur les genoux.
Grand-mère contempla la famille au complet, et sortit un mouchoir. Un instant après, une larmes (provoquée par une poussière, aux dire de grand-mère ) roulait sur la joue de la vieille dame. Elle prétexta devoir continuer de préparer le petit déjeuner, et s'en alla.
André attaqua son petit déjeuner, sans cesser de jeter des coup d’œils furtifs sur sa fille. Élise ne disait rien, elle arrangeait les pans de la robe de sa poupée. Oscar sourit en s'apercevant du manège. Elle s'aperçut qu'elle n'avait pas encore présenté André à Élise. Comment s'y prendre ? Oscar n'avait pas de réponse. Il fallait pourtant s'y mettre...
-Mon cœur, dit Oscar en retirant doucement la poupée des mains d’Élise pour être sure d’être écoutée, il faut qu'on parle. Je t'ai dit hier, que nous allions retourner chez Grand-mère et Grand-père. Ton père n'est plus là...
-Mais si, papa je l'ai vu hier, il m'a dit qu'on allait partir faire une promenade ! S'exclama Élise, étonnée.
Oscar baissa les yeux, et André fixa sa tasse, mal à l'aise.
-Oui, mais, tu sais, il a du partir, et... et il ne reviendra pas, finit-elle par dire.
-Pourquoi ? Demanda Élise d'une voix larmoyante.
-Je, je te l'ai déjà dit, il doit aller avec la Reine. Mais ne t’inquiète pas, je suis là, et je ne vais pas partir. Tu vas voir, ça ira. Et puis nous serons avec Grand-mère et Grand-père, et Mathieu aussi, et André. André c'est ce monsieur. Tu vas voir, il est très gentil, c'est mon ami. Je suis sure que vous allez beaucoup vous amuser tout les deux.
-Bonjour Élise, risqua André.
Élise, le visage boudeur, leva les yeux un instant, mais ne répondit pas. André regarda ailleurs. Oscar murmura à l'oreille d’Élise de répondre.
-Bonjour.
-André est un peu malade ma chérie. Moi, je dois m'en aller aujourd'hui, et j'aimerais, que tu lui tienne compagnie. Tu pourrais faire cela ? Tu pourrais peut être lui montrer ton livres d'images ? Je suis sure que cela lui plairait. Et je suis sure qu'André te lirais avec plaisir les comtes que tu aimes tant. Tu es d'accord ?
-Oui, dit vivement Élise, qui adorait qu'on lui lise des histoires.
-Alors va chercher tes livres, et reviens ma puce.
Élise sauta par terre et trottina vers sa chambre. Des qu'elle fut sortie, Oscar se retourna vers André.
-André, je...
-Ca prendra du temps, je le sais, dit-il en souriant. Mais, je suis heureux de l'avoir près de moi, même si elle ne me considère pas comme son père.
-Pour l'instant, cela changera. Elle l'oubliera, au bout d'un moment. Ne t'en fait pas, dit elle doucement en lui caressant la joue.
-Au fait, où vas-tu ?
-Je dois régler quelques affaires. Je vais partir pour la journée. Je suis sure qu'en compagnie d’Élise, tu ne remarqueras pas mon absence !
-Possible, répondit il en souriant tandis qu’Élise resurgissait avec un gros livre.
Oscar l'installa sur le lit, à côté d'André, et l'embrassa.
-Je reviens avant ce soir. Tu seras sage avec André d'accord ?
-Je promets, assura Élise.
-A la bonne heure ! Alors à tout à l'heure, dit Oscar en envoyant quelques baisers à l'un et à l'autre.
Elle fit un dernier signe de la main, et sortit de la chambre. Elle aurait voulu voir comment cela se passait entre les deux, mais elle n'avait pas de temps à perdre.
-Père, je dois aller faire quelque chose. Je voudrais que vous m'accompagniez. C'est important. Demanda Oscar en regardant son père.
-Bien sur... Ou allons nous ?
-Vous verrez... Nous allons galoper, si vous n'y voyez pas d'inconvénients.
-Ma foi, non. Alors nous y allons.
-Heu... Les prisonniers ont-ils eut leur petit déjeuner ? Demanda Oscar.
-Mfff ! Oui, ils l'ont eu. J'ai même rajouté un fruit, à la demande de Madame, bougonna Grand mère en regardant la comtesse.
-Bien. Élise est avec... son père. Il n'est pas facile pour André d'entendre Élise pour parler de Girodelle, je veux qu'ils se rapprochent le plus vite possible.
-Ne vous inquiétez pas ma fille, je suis sure qu'André reprendra vite la place qui lui est du, rassura la Comtesse.
-Je l’espère... dit Oscar soucieuse. Allons, partons, dit elle à l'attention de son père.
Une fois les chevaux sellés, il partirent. Oscar, le regard fixé dans la même direction, espérait que tout se passerait bien.
-Nous y sommes... murmura Oscar en contemplant l’immense bâtisse.
-Oscar... c'est...
-Oui. C'est dans cet endroit que Girodelle m'a fait enfermer. Je veux lui rendre la pareille. Je veux qu'il sache ce que cela fait, d’être éloigné, coupé de son monde quotidien. Je veux qu'il sente la peur qui règne ici. Je veux qu'il soit attaché nuit et jours, tout comme je l'ai été. Je veux... je veux lui faire le plus de mal possible. Il sera traité comme un animal. Sans aucune pitié. Je veux qu'il s'entaille la peau lui aussi. Ce séjours, qu'il m'a fait faire, sera à jamais gravé en moi....
Elle regarda les cicatrices qui ornaient ses poignets. Elle ne s'en iraient jamais complètement... Elle étaient les preuves de toute sa souffrance. La souffrance, ce mot qu'elle allait aussi graver en Girodelle.
-Est ce pour cela que vous ne vouliez pas le tuer ? Vous voulez qu'il reste ici ?
-Oui, je veux qu'il y passe le reste de sa vie...répondit Oscar avec ferveur. Il comprendra alors...
-C'est vous qui décidez...
-Vous pensez que j'exagère ? Vous pensez que ce n'est pas justifié ? Demanda Oscar en ouvrant grand les yeux.
-Non. Je pense...que... c'est... un juste retour des choses, répondit le Général en la regardant dans les yeux.
-Je compte sur vous pour finaliser un arrangement avec le directeur. Je … ne veux pas rentrer dans ce bâtiment. Je suppose que Girodelle avait payé, pour que j'y soit admise sans ordre du Roi ? Je veux faire ma même chose.
-Je comprends. Alors restez ici, je vais...
-Exigez les gardiens les plus impitoyables...
-Je...
-Et aussi qu'il soit nourrit correctement, je ne voudrais pas qu'il tombe malade, cela écourterait sa triste vie.
-Bien sur, alors...
-Et aussi qu'on l'enferme dans les cas des plus dangereux !!!
-Je vais...
-Et aussi qu'il...
-Mais calmez vous Oscar !!! s'écria le Général en saisissant sa fille par les épaules.
Elle baissa la tête. Son buste se soulevait de plus en plus fort à cause des sanglots qu'elle tentait d'étouffer. Son père, comprenant l'horreur que lui inspirait ce bâtiment, la prit contre lui. C'est à ce moment la qu'elle pleura.
-Faites... ce … qu'il faut... Je veux... qu'il souffre.... autant que moi.... Il m'a trahie...ils ont... voulu... tuer André, prendre...Élise... Non, qu'il souffre pour....le reste de sa vie... je lui... ai donné... Élise... ce... que ...j'avais de plus cher.... ce qu'il me restait d'André.... Qu'il aille en enfer, jamais...je ne pardonnerais... jamais.... réussit à dire Oscar, la voix entrecoupée de sanglots.
-Je vais veiller à ce que vos souhaits soit respectés. Calmez vous... Prenez votre cheval, et allez vous promener, pendant que j'organise tout cela. Faites moi confiance. Revenez dans une heure, ma fille, allez...
Oscar acquiesça, et remonta sur son cheval, qu'elle talonna avec force. Le Général la regarda s'éloigner avec un pincement au cœur. Elle n'avait pas encore assimilé toute cette histoire. Il espérait qu'il n'y aurait pas de séquelles...
Il se retourna, et entra dans le bâtiment, bien décidé à faire subir à Girodelle, le même traitement que sa fille, voire même pire...
Pendant ce temps là, Alain revint dans la demeure des Girodelle. Il salua la Comtesse, prit des nouvelles d'André. Il vint ensuite trouver Mathieu, qui s'était auto-proclamé gardien attitré des prisonniers.
-Bonjour Mathieu, comment vas-tu ? Demanda Alain en lui serrant la main.
-Très bien ! Et vous ?
-J'ai connu des jours meilleurs...
-Je comprends....
-Je veux parler à ma sœur... tu me laisse rentrer ?
-Hum hum...
Mathieu ouvrit la porte prudemment. Diane était assise sur le matelas, recroquevillée.
-Faites glisser le plateau, ordonna Mathieu.
Diane s'exécuta et d'un léger coup de pieds, fit glisser le plateau vers la porte. Mathieu vérifia qu'il contenait tout ce que Grand mère avait posé dessus. Le couteau à beurre, la tasse, l’assiette, tout y était. Il laissa rentrer Alain, et referma la porte derrière lui.
Alain les bras croisés, adossé au mur, la fixait, se demandant bien ce qu'il allait pouvoir en faire.
-Alors ? Demanda t-il au bout d'un long moment de silence, tu n'as... rien à dire ? Rien à formuler ?
-Mais que veux tu que je te dise... murmura t-elle.
-Je ne sais pas, que tu regrettes, par exemple !!!! s'écria Alain, en s'énervant.
Diane cacha le visage dans ses main, et simula des larmes.
-Je...sais... que ce que j'ai fait.... est mal... je.... suis... désolée....
-C'est tout ???
Diane ( qui avait vraiment réussit à pleurer) à genoux, contempla Alain avec un air désolé, et désespéré .
-Si tu savais ce que j'ai ressentit, lorsque j'ai compris qu'André était amoureux d'une autre... Je... J’étais au plus mal... J'ai voulu savoir qui était cette femme, celle qui l'éloignait de moi... Je ne pensais pas que cela irait aussi loin... Mais, mais quand j'ai appris qu'elle était enceinte de lui... quelque chose c'est brisé en moi... Mais te rends-tu compte ? Jamais je n'ai réussit à tomber enceinte !!! Cela aurait tout changé, j'aurai arrêté de jouer cette comédie, si Dieu m'avait donné cet enfant. Mais cela n'a pas été le cas... J'ai voulu cet enfant, pour recommencer à zéro...
-Bien, je comprends. Je comprends, cette douleur. Je comprends, ta colère. Mais pourquoi avoir fait ces choses horrible ? Menacer ton propre neveu ? Torturer un gamin, une comtesse ????
-J'ai perdu pieds...
-Tu peux le dire.
-Alain, pardonne moi... Jamais je n'aurai fait de mal à Thibault. Jamais !!!
-Je ne sais pas si je peux te croire.
Diane baissa la tête.
-Je comprends. Mais cela n'a plus d'importance. Ma vie, est finie...
Alain regarda sa sœur tristement. Il s'assit à côté d'elle, et la prit dans ses bras.
-Mais non... Cependant, je ne peux te laisser la liberté. Tu vas rentrer au couvent Diane. Et cela ce n'est pas négociable. Un couvent cloîtré.
-Alors... tu … tu ne vas pas la laisser me tuer ??? demanda-t-elle en le regardant les yeux pleins d'espoir.
-Qui ? Oscar ?! Non, bien sur que non, personne ne te toucheras. Mais tu as perdu ta liberté.
-Oh Alain, j'ai vraiment cru que tu m'avais abandonnée... Oh... J'ai cru que...
-Que j'allais te laisser exécuter?!
-Oui...
-Et bien non... Tu sais l'affection que j'ai pour toi.
-Tu connais la mienne aussi... pleura Diane toujours dans ses bras.
-Bien sur. Je dois y aller. Je reviendrais.
Il se leva, et toqua à la porte. Mathieu ouvrit, le laissa passer, et referma à clé. Une fois seule, Diane releva la tête, un sourire illuminait son visage. Elle avait parfaitement manœuvré....Un couvent cloitre? Elle plaignit alors les nonnes de ce qui les attendait....
Chapitre 74
Alain rentra chez lui plutôt désemparé. La conversation qu'il avait eut plus tôt avec sa sœur tournait en boucle dans sa tête...
En passant le pas de sa porte, il se demandait encore une fois s'il avait prit la bonne décision... Laure l'accueillit avec une douce étreinte. Il resta un moment, dans ses bras, rassuré par cette chaleur. Laure lui prit les mains et le regarda attentivement.
-Alors, comment... ? Demanda t-elle sachant qu'il était inutile de continuer sa phrase.
-Bien, très bien... répondit Alain en se détournant d'elle. Elle pense... m'avoir eu. Elle regrette, sait que ce qu'elle a fait n'est pas bien, e cetera, e cetera...
Il finit par s’asseoir sur une chaise, et croisa les bras sur sa poitrine. Laure le rejoignit timidement, le comportement désespéré de son mari l'effrayait presque.
-Et, que lui as tu dit ?
-Que... j'allais la mettre au couvent... Elle le savait...Elle savait parfaitement que je n'allais ni la dénoncer, ni lâcher le colonel sur elle... Elle sait tout. Elle sait comment me manipuler, enfin, elle savait, comment faire... Mais ce temps là est terminé.
-Donc, tu vas faire quoi ?
-La mettre au couvent.
-Mais... mais tu as dit que... dit Diane désorientée.
-Je sais parfaitement ce que j'ai dit !!!! cria Alain en se relevant brusquement. Mais je ne peux me résoudre à l'envoyer en prison, ou dans un asile ! C'est un couvent. Je ne peux pas...
-Et bien moi je ne peux pas vivre ici en sachant que ta sœur peux s’échapper à tout moment !!!! s'emporta Diane. Elle a menacé notre fils, tenté de tué ton meilleur ami, empoisonné une pauvre femme pendant des années, sans compter son meurtre, bon sang, N'EST CE PAS SUFFISANT !!!! QUE TE FAUT IL DE PLUS, UN AUTRE MEURTRE ??? JAMAIS ELLE NE RESTERAS ENFERMÉE DANS UN COUVENT !!!!
Diane, la respiration saccadée, regardait Alain, hors d'elle. Celui-ci fixait le plancher, l'air plus perdu que jamais.
-Pardon, reprit-elle calmement. Pardon, mais, il faut te rendre à l'évidence.... Alain... Nous ne vivrons jamais tranquillement...
-Je ferais...ce qu'il faut, pour cela. Je ne vais pas me contenter de l'enfermer dans le couvent du coin. Tu peux me croire, je ferais ce qu'il faut.
Alain croisa le regard de son épouse. Celle ci fut rassurée en voyant cette lueur de hargne, qui venait d'illuminer ses prunelles...
Oscar et son père rentrèrent de l'asile dans la soirée. Ils n'avaient quasiment pas échangés un seul mot depuis que le Général avait terminé son entretien. Il avait simplement dit que tout était arrangé, et que Girodelle ne pourrait s'enfuir de cet asile. Oscar avait hoché la tête, mais n'avait pas commenté. Elle faisait confiance à son père. S'il lui assurait qu'il ne pourrait sortir de là, elle le croyait. Elle n'aspirait qu'a une vie sans Diane, et sans Girodelle.
Sans attendre, elle voulut annoncer cette bonne nouvelle... au principal intéressé. Mathieu insista vivement pour rentrer avec elle dans la chambre. Oscar sourit, et accepta.
Girodelle, un demi sourire flottant sur son visage, ne la quittait pas des yeux.
-Oscar, que me vaut l'honneur de votre visite ? Demanda-t-il posément.
-Je viens vous annoncer.... votre punition. Une punition... le mot est un peu faible à mon goût... Mais...
-Ha, ha, ha... Une punition... on dirait que vous parlez à un enfant. Je n'en suis plus un depuis bien longtemps, alors dites moi quel va être mon châtiment.
Oscar, adossée contre le mur, prit le temps de répondre. Elle voulait voir son visage se décomposer lorsqu’elle lui annoncerait qu'il serait enfermé... tout comme elle l'avait été...
-Savez vous... ce que... j'ai enduré...là où vous m'avez enfermée ? Demanda t-elle doucement en retroussant ses manches.
-A vrai dire non. Mais je sais que vous n'avez pas apprécié ce séjours, et ma foi...
-Non, mon cher, le mot est faible. La souffrance, c'est ce que j'ai vécu. C'est cela, la souffrance, dit elle en montrant les cicatrices à ses poignets. J'ai comprit, que je n'avais rien à faire là bas. J'avais passé des années à penser que j'étais folle, et c'est aux milieux des fous, que j'ai découvert que je ne l'étais pas. Sans ce jeune homme, fort courageux, je serais en train de moisir la bas. Mais je dois dire que tout le monde n'aura pas cette chance... Oui, vous, vous n'aurez pas la chance de rencontrer un jeune homme qui vous fera évader...
Victor sentit la sueur perler à son front...
-.... vous allez rester, jusqu'à la fin de vos jours... Vous allez être enfermé, et ce, dans le plus grand secret... Je vais vous rayer de la surface de la terre.
-Élise va souffrir de mon absence... Vous feriez cela à votre propre fille ?
-Oui. Sans hésitation. Ne me faites pas croire que vous pensez à elle, car si c'était vraiment le cas, vous ne m'auriez pas éloigné d'elle. De plus, je ne vois pas ou est le problème, elle a un père, qui va l'aimer, et la choyer... Elle vous oubliera... et moi aussi, dans les bras d'André, je vous oublierais... Profitez encore du temps où vous avez les mains libres car... cela ne va pas durer.
Sur ce, elle dit signe à Mathieu de sortir. Girodelle la regarda tranquillement s'en aller. Oscar allait donc le faire enfermer... Il frissonna. Mais un petit espoir était ancré en lui. Il irait dans cet asile, il le savait. Cependant, il n'était pas vraiment sur d'y rester. Pas toute sa vie du moins...
Le lendemain, Alain vint s'entretenir avec Oscar et André. Ils parlèrent longuement, et à la fin, Alain rentra chez lui.
L'atmosphère était lourde. Chacun désirait voir cette histoire finir au plus vite. Mais dans cet attente, celle d’être débarrassé de ses deux personnes, il y avait quand même de la lumière... André et Élise se rapprochaient de jours en jours, grâce à l'aide, de... tout le monde. Élise avait trouvé un agréable compagnon de promenade, un bon liseur d'histoires, et un protecteur qui lui trouvait toujours un alibi lorsque qu'elle effectuait quelques petites bêtises.
Oscar observait de loin ce rapprochement, rassurée. André, finirait par prendre la place qu'il aurait toujours du avoir dans le cœur d’Élise.
Une semaine après être allés à l'asile, le temps d'y amener Girodelle était venu. Oscar insista pour l'accompagner jusqu'au bout. Ils partirent en voiture, Girodelle solidement ficelé, Alain et le Général faisant partit du voyage...
-Oh, nous ne vous avons pas expliqué, la marche de votre internement, dit le Général d'une voix narquoise. Nous arrivons bientôt, je pense qu'il vaudrait mieux pour vous que vous sachiez certaines choses. Tout d'abord, vous ne serez pas maltraité, enfin, si on ne compte pas le fait que vous serez presque tout le temps attaché. De plus, j'ai fait engagé des gardiens en plus, spécialement pour vous. Il n'est pas utile que vous tentiez de les soudoyer, ce sont mes soldats, leur... dévouement, envers les Jarjayes est total. Vous n'aurez pas droit à quelques activités. Vous resterez... allongé, le jour, la nuit, et votre chambre sera surveillée en permanence. Mais vous aurez quand même une nourriture convenable, Oscar ne veut pas que vous tombiez malade...
Girodelle ne dit rien, mais serra fortement les dents. Oscar le regardait, et savait parfaitement qu'il enrageait intérieurement. Elle savourait le moindre de ses tressaillements.
La voiture s’arrêta enfin. Alain et le Général firent descendre Girodelle. Celui contempla la bâtisse et frissonna.
-Père, veuillez nous laisser un petit moment s'il vous plaît, je voudrais dire adieu, correctement à mon … mari, dit Oscar alors qu'ils se dirigeaient vers l'entrée.
Le Général acquiesça d'un signe de tête, et lui et Alain se dirigèrent un peu plus loin.
-J’espère que vous vous rendez compte ou votre minable entreprise vous a mené. Vous avez tout perdu...
-Et bien... oui... que voulez vous que je vous dise ? Demanda calmement Girodelle.
-Rien, il n'y a rien a dire. Vous méritez d’être ici. Dire que je vous considérais comme un ami... Mais peut être que je dois vous remercier après tout. Si vous n'aviez pas fait tout ceci, je serais sûrement encore en train d’être empoisonnée en ce moment. Encore penser que je suis folle.
-Et bien ravi de vous avoir été utile, répondit-il froidement.
Oscar n'avait plus rien à dire. Elle voulais le voir entrer définitivement dans cet endroit, et ne jamais l'en voir sortir. Elle fit signe à son père et Alain de l'amener.
-Adieu Girodelle, dit elle, glaciale.
-Non Oscar... à bientôt... répondit Girodelle avec un sourire.
Sur ce, le Général et Alain le saisirent, et entrèrent dans le bâtiment. Oscar resserra la cape qu'elle portait, ce « à bientôt » ne l'avait pas rassurée. Elle se répéta mentalement que tout avait été pensé pour empêcher Girodelle de s'enfuir. Les gardiens en plus, le directeur devait les tenir informés chaque semaine, et elle avait déjà envoyé une lettre à la Reine pour lui signifier que son mari l'avait quitté, pour fuir avec une autre femme, dans un pays étranger. La Reine lui assurait ses bons sentiments dans une lettre touchante, en priant Oscar de ne pas céder au désespoir, mais en lui informant aussi que Girodelle, puisque partit à l'étranger, ne pourrait être recherché. Oscar avait sourit en voyant cela, car c'est exactement ce qu'elle voulait. Girodelle, était à présent, seul.
Une brise souleva ses cheveux, et elle respira profondément. Dans quelques semaines, le printemps viendrait. Elle se sentit soulagée, et définitivement comblée. Il ne restait plus que Diane, et ensuite, à elle la belle vie,au côté de tout ceux qu'elle aimait...
-Il devait penser qu'il serait confortablement logé... dit Le Général, un fois qu'il furent repartis pour le retour.
-Le hurlement de rage que nous avons entendu, après que nous soyons partis, résumait à peu près la haine qu'il doit vous vouer, Colonel, ajouta Alain en riant.
-Oh... déjà …. je pensais qu'il attendrait un peu avant de crier...
-Vous allez pourvoir être tranquille maintenant Colonel... dit Alain en souriant. Vous le méritez, et André aussi.
Oscar sourit légèrement, mais une expression douloureuse passa sur son visage.
-Et vous Alain ? Comment vous sentirez vous, après...que votre sœur...
-Je continuerai ma vie, avec cette culpabilité, mais, j'ai une femme, et un fils. Ils seront là pour moi.
-Vous ne devez en aucun cas vous sentir coupable pour les actes de votre sœur, jeune homme, intervint le Général. Ce n'est pas votre faute.
-Je le sais mais... je ne peux m’empêcher de me dire que si j'avais fait attention... peut être que...
-C'est terminé Alain, l’interrompit Oscar en posa sa main sur le bras d'Alain. J’espère aussi que vous serez heureux, avec votre famille. Et j’espère que vous nous rendrez visite. Vous êtes l'ami le plus cher d'André.
-Bien sur Colonel, répondit Alain en souriant.
Le lendemain, ce fut Diane qui fut conduite au couvent. Le Général était présent, mais pas Oscar, elle n'avait pas souhaité revoir Diane. Cette femme lui donnait la nausée, et elle avait préféré ramener André, Élise, et Mathieu à Jarjayes.
Lorsque Diane descendit de la voiture, elle regarda attentivement le bâtiment. Elle se retourna vers son frère, qui affichait une mine décidée.
-Ce n'est pas le couvent ou je suis allée la première fois ! Pourquoi as t changé de lieu ??? lui reprocha t-elle.
Alain mit quelques secondes à répondre.
-Ce n'est pas un couvent. C'est un asile.
-COMMENT ????
-Nous ne vivrons pas en paix tant que nous ne sommes pas sur que tu resteras enfermée. Tu pensais peut être m'avoir dupé ? Encore une fois ? Et bien non...
-Alain, je t'en supplie, non, pas l'asile... je te promets de rester dans un couvent, je te le jure, mais pas d'asile !!! s'écria Diane affolée.
-Ta parole, n'a aucune valeur. Je suis désolé murmura Alain, les yeux brillants de larmes.
Le Général fit signe aux hommes qui se tenaient en retrait pour leur faire comprendre de prendre Diane. Alain céderait peut être aux suppliques de Diane.
-Alain, ne fait pas ça, je vais me racheter, je ferais ce que tu voudras, mais pas d'asile ! NON, LÂCHEZ MOI, ENLEVEZ VOS SALES PATTES !!!! ALAIN, ALAIN, TU ME LE PAIERAS !!!!!! hurla t-elle tandis qu'ils l'amenaient de force dans le bâtiment.
Alain avait pris cette décision, contre toute attente, après la longue conversation avec Oscar et André. Il savait, au fond de lui, que sa sœur referait surface un jours, et qu'elle chercherait à se venger. Oscar, l'avait persuadé, et promit de l'aider financièrement. Alain avait accepté de l'enfermer, à condition qu'elle soit traitée humainement. Oscar avait accepté, le fait qu'Alain prenne cette décision était déjà inespéré.
Alain sursauta lorsque le Général posa une main sur son épaule.
-Nous devrions rentrer. Nos familles nous attendent. Vous lui rendrez visite dans quelques temps, quand elle aura accepté son sort...
-Vous avez raison, allons-y.
Ils montèrent en voiture, et repartirent. Alain resta silencieux. Cette journée, était triste, mais Alain espérait qu'elle marquait le début d'une époque heureuse...
Chapitre 75
Deux semaines plus tard...
Girodelle était allongé sur son lit, attaché. Le visage légèrement tourné vers le côté, un sourire se dessina sur son visage... Un sourire inquiétant, mais sincère. Un sourire qui s'éteignit aussitôt...
Voilà deux semaines qu'il était enfermé. Il n'en pouvait déjà plus. Il ne supportait pas de rester allongé quasiment tout le temps... Oscar le punissait, d'une façon horrible... Mais c'était ce qu'il lui avait infligé le premier... Il n'avait pas pensé qu'elle serait traitée ainsi. Il comprit l'ampleur de sa colère, une colère justifiée, s'il regardait la vérité en face.
Mais une question le taraudait. L'aimait-il ou la haïssait-il ? Il ne savait pas. Les deux, sûrement. Il l'aimait, depuis toujours. Mais il la détestait, pour ce qu'elle lui avait prit, et ce qu'elle ne lui avait jamais donné. Il se surprit à penser à Diane, il la détestait elle aussi. Toutes ses heures à penser, il avait comprit qu'il n'aurait jamais voulut savoir ce que contenait ces carnets intimes. Oscar aurait peut être fuit avec André, mais elle lui aurait laissé Élise...
Il secoua la tête. Cela ne servait à rien d’émettre des hypothèses vaseuses, il était enfermé, et il risquait fort d'y rester...A moins que... Non, c'était impossible. Pourtant, cet espoir était ancré en lui, et en réfléchissant bien, c'était possible...
S'il sortait, il se vengerait. Il n'épargnerait personne. Et il évincerait Oscar, puis André. André était en ce moment même sûrement en train de jouer avec sa fille, et cela, il ne le supportait pas...
Quand à Oscar, elle subirait les foudres de la Reine, lorsqu'il enverrait la lettre. La lettre...et les carnets qu'il avait soigneusement caché...dans cette pièce vide...
Il avait béni la personne qui avait garnit le plateau. Sans le couteau qui se trouvait dessus, jamais il n'aurait pu cacher ces écrits... Il se revoyait, en train de tenter de passer la lame du couteau entre deux planches. Cela avait été ardu, lent, mais il avait finit par réussir... Il avait fait levier avec le couteau, la planche courbée menaçant de se remettre en place sans qu'il eut le temps de cacher les carnets. Mais il avait réussit. Il avait pu les dissimuler, et avait remis la lame lentement, pour ne pas que le bois claque. La dessus, il avait fait une rayure visible, pour ne pas oublier l'endroit.
Un jour, il reviendrait à Girodelle, et reprendrait ses preuves. Un jour, ce serait la fin, d'Oscar François de Jarjayes, sa tendre épouse...
Un mois plus tard...
Des plumes gisaient, par çi, par là... Un oreiller crevé par des excès de joie avait été négligemment abandonné.
Oscar était étendue sur le lit, la main nichée dans des cheveux bruns, et l'autre sur un dos musclé, qui se soulevait doucement, signe d'une respiration lente et sereine. André, le visage collé contre la poitrine d'Oscar, les deux bras repliés, chacun de part et d'autre du corps qui lui servait de lit ... jambes emmêlées, le drap froissés, les deux amants venaient de s'endormir.
Les deux visages affichaient une sérénité parfaite. Le léger sourire qui flottait sur les deux bouches présentait un bien être partagé, et inégalable.
L'aube pointait pourtant, bientôt, la chambre serait illuminée d'un soleil radieux.
Un mois que cette histoire sordide avait pris fin. Oscar avait fermé le manoir des Girodelle avec la ferme intention de ne jamais y revenir. Tout le monde était alors rentré à Jarjayes. André avait continué à se remettre doucement de sa blessure.
Oscar avait attendu, patiemment, qu'il soit complément guérit, pour se retrouver. La veille, n'y tenant plus, André avait enlevée Oscar par la force de son piano, et l'avait déposée sur le lit, la fièvre d'un homme amoureux pour la femme de sa vie. Ils s'étaient alors regardés, longuement, chacun se remémorant une longue nuit dans une auberge...
Des souvenirs brûlants...
Les mains avaient commencé à toucher, caresser, dévêtir l'autre, avec une impatience grandissante. Ils avaient fait l'amour avec passion, sensualité, se donnant l'un à l'autre comme jamais. Ils s'étaient écroulés, essoufflés, mais détendus à souhait.
Oscar avait fait mine de vouloir partir, drapée d'un drap blanc, mais elle fut vite rattrapée par un amant qui n'allait point laisser s'échapper telle créature. La créature en question, taquine, s'était alors défendue avec un oreiller, donnant quelques coups à celui qui voulais l'emprisonner dans ses bras. L'oreiller avait alors été déchiré, et une pluie de plumes blanches avait inondé la pièce, une curieuse neige caressant les deux amants qui s'étaient de nouveaux allongés dans leur lit, en riant, et s'embrassant en même temps. La passion les avaient repris, et ils n'avaient cessé de faire l'amour qu'une fois vidés de toute énergie.
André fut le premier à se réveiller. Les souvenirs confus, il releva lentement la tête. La vue d'un sein blanc et le contact de deux mains doucement posées sur lui le rassura, non, il n'avait pas rêvé cette nuit. Il se mit sur le côté, rompant ainsi le contact. La demoiselle, bien qu'endormie, se tourna, et se lova automatiquement dans les bras qui lui manquaient déjà. André la serra fort contre lui, oh que non, il n'allait pas la lâcher.
Sa compagne toujours dans les bras, il se remémora le mois qui venait de passer. Il aurait tellement voulu l'épouser... Mais c'était impossible... Ils étaient toujours mariés... Mais ce n'était pas grave. Le Général lui avait parlé, après avoir longuement réfléchit. Il avait donné son accord, ainsi que sa bénédiction pour Oscar et André et le considérait comme son gendre désormais, même s'il n'y avait pas eu de mariage. Il était le père d’Élise, et le mari de sa fille bien aimée.
Dans cinq ans*, ils pourraient prétendre l'abandon du domicile par le conjoint, et donc, pourraient se marier. André avait cependant du donner sa parole d'honneur d'épouser Oscar, chose qui n'avait pas été bien difficile...
André, toujours en train de caresser les cheveux de sa dulcinée pensait à tout cela, mais il fut tiré de sa rêverie par un bruit qu'il connaissait bien. Tap tap tap tap tap tap tap tap tap....
Il sursauta, et repoussa Oscar sans ménagement. Il entreprit de trouver alors ses vêtements tout en réveillant sa dulcinée...
-Oscar réveille toi ! Oscar!!!Réveilles-toi !!! la pressa t-il alors qu'il finissait de boutonner sa chemise.
-Huuuummmm quoi ? Demanda t-elle d'une voix ensommeillée.
-Élise, qui d'autre ??? dit il en riant
Oscar sursauta à son tour, et fit voler le drap. Elle enfila prestement les vêtements qu'André lui tendait, et finit de s'habiller à l'instant où la porte s'ouvrait.
-Annndréééé !!!! Andréééé tu m'avais promis le cheval !!!! s'écria Élise en se précipitant vers lui.
André la prit dans ses bras, et lui colla un gros bisou sur la joue. Élise avait prit l'habitude d'entrer tout les matins dans la chambre de ses parents, sans que personne n'arrive à l'attraper avant qu'elle atteigne son but. Grand mère entra dans la chambre essoufflée, et grommelant des phrases indistinctes.
-Diablesse... mon pauvre dos... rapide pour de si petits pieds... dit elle en s’appuyant contre le mur.
-Élise, tu dois obéir à grand mère ! Reprocha Oscar en regardant sa fille.
-Mais André m'avait promit le cheval et il est tard.... dit Élise d'une petite voix tremblotante.
Elle s'agrippa un peu plus au cou d'André, la mine triste à souhait. Élise avait vite comprit qu'André était son bienfaiteur. Avec lui, elle faisait tout ce qu'elle voulait, et sa maman semblait aussi aux anges par sa présence. Sans cesse câlinée, gâtée, satisfaite, Élise était de plus en plus en confiance avec André. Oscar avait eut peur de rendre Élise exigeante, mais elle restait douce, et obéissante. Parfois boudeuse, mais il ne lui fallait pas longtemps pour retrouver la gaîté.
André se retourna et regarda Oscar, qui leva les yeux au ciel. Bon dieu, Élise menait André par le bout du nez, et le pire c'est qu'il le savait très bien. Mais il ne pouvait rien lui refuser, lorsqu’elle l’appelait « Andrééééé ».
Oscar esquissa un sourire, et haussa les épaules, vaincue par les yeux volontairement larmoyants de sa fille.
-Bien, le cheval, très bien, mais avant... petit déjeuner ! S'exclama t-elle.
Élise sourit, satisfaite. André sortit de la chambre, après avoir déposé un baiser rapide sur la joue rouge de grand mère, qui reprenait son souffle, et Oscar fit de même, en souriant de toute ses dents. Grand mère ouvrit les yeux sur le désordre qui régnait dans la chambre, et comprit pourquoi tout le monde était partit précipitamment...
Après le petit déjeuné engloutit, tous sortirent pour aller aux écuries. Depuis qu’Élise avait goûté aux promenades à cheval dans les bras d'André, elle ne réclamait que cela, et celui ci ne demandait pas mieux que de la satisfaire.
Le Général, attablé à son bureaux, se leva, et regarda par la fenêtre, lorsqu'il entendit des éclats de rires. Avec un sourire, il regarda André, et Oscar, tenir Élise chacun par une main. Le pas léger, ils se rendaient à l'écurie.
Il n'avait pas été facile de prendre cette décision. Homme attaché aux valeurs qu'on lui avait transmise, l'idée de voir Oscar et André tel un véritable couple, mais sans être mariés, lui était difficile. Son épouse et lui en avait longuement parlé. Elle savait qu'il attachait de l'importance à ce qui se disait. La Comtesse avait alors suggéré qu'ils vivent leur amour en se protégeant. Les domestiques de Jarjayes avaient alors été congédiés, et de nouveaux avaient été engagés. Personne ne connaissait d’André domestique, donc personne ne pourrait jaser. Oscar et André devaient faire attention aux visiteurs, et André ne pourrait, jusqu'à qu'ils soient mariés, accompagner Oscar pour les rares obligations officielles. Mais ce cas là serait rare, Oscar ne voulait plus revoir Versailles.
Le Général avait alors accepté qu'ils soient ensemble. Mais la raison de cet accord était aussi, que sa fille avait souffert, et qu'elle méritait, tout simplement son bonheur. Le Général avait toujours apprécié André, et il lui faisait confiance. Il avait remarqué comment le visage de sa fille s'illuminait, des qu'il entrait dans une pièce. Cet amour réciproque avait eut raison de la bienséance, des rangs, ainsi que des traditions.
André avec un sourire vit que son cheval était déjà sellé. Mathieu s'en était occupé. Revenue à Jarjayes, Oscar avait supplié André de démissionner de la caserne, le voulant pour elle seule à temps plein. Il avait accepté, sous condition de continuer à travailler à Jarjayes. Il avait donc reprit, sans pour autant être un domestique, le travail de palefrenier, ce travail qui n'en était pas un pour lui. Il avait initié peu à peu Mathieu, qui s'ennuyait, au dressage de chevaux, et celui ci s'était découvert un passe temps bien agréable.
Oscar avait sourit en en trouvant encore une similitude sur les deux hommes. Ils s'entendaient si bien qu'on aurait pu les prendre pour deux frères. C'est d'ailleurs plus ou moins la relations qu'ils entretenaient...
-Tu vois Élise, le cheval est prêt, allez, hop !
Il hissa Élise sur le cheval, et monta à son tour. Il partit au pas, rejoindre un près dans lequel il faisait de nombreux tours, jusqu'à qu’Élise décide d’arrêter.
Oscar et Mathieu suivirent à pieds, et s'assirent sur la clôture.
-En voilà un joli tableau... dit Mathieu en souriant.
-C'est vrai... je crois que je commence à être jalouse d'André, Élise ne réclame que lui ! Fit-elle en faisant semblant de s'énerver.
-Pffff à d'autres, vous faites tout pour qu'ils se rapprochent !
Oscar sourit d'un air innocent...
-Et cela marche ! Rajouta Mathieu, Élise n'a pas parlé une seule fois de son père depuis une semaine ! Vous voyez, elle reçoit tellement d'affection qu'elle est en train de l'oublier !
-Peut être... répondit Oscar sceptique. Mais, il est encore dans sa tête, je le sais. Des fois, elle a l'air absent, je sais qu'elle pense à lui...
-A ce train là, plus pour longtemps... dit tranquillement Mathieu.
Oscar soupira, et posa ta tête contre l'épaule de Mathieu. Le souvenir de ce qu'ils avaient vécu s'estompait, petit à petit, revenus à présent dans une vie saine, et sereine. Oscar ne voyait pas ce qu'elle pourrait avoir pour être plus heureuse...
En rentrant, le Général vint à la rencontre d'Oscar et lui tendit une lettre. Celle ci la prit, la lu, et la brûla sur le champs, avec une expression de satisfaction.
André la regarda et hocha la tête. Cette lettre était leur sécurité. C'était le directeur, qui tenait ses engagements, et qui leur donnait des nouvelles de Girodelle une fois par semaine. Il semblait aller bien. Mais Oscar savait que c'était seulement physiquement... Dans sa tête, cela devait être autre chose...
Alain était aussi venu les voir. Ils avaient parlés de Diane, à qui l'internement ne plaisait pas du tout. Mais elle n'avait pas le choix, et semblait s’être résignée une fois pour toute à son sort. Alain ne savait pas si c'était de la comédie, ou un réel abandon, de toute façon, il l'avait prévenu qu'elle ne sortirait sous aucun prétexte...Alain semblait s’être défait, de la culpabilité qui le rongeait, et profitait désormais pleinement de sa vie, avec sa famille, et ses amis.
Oscar, André, Mathieu, et tout le reste de la famille Jarjayes étaient partis pour vivre sereinement...
FIN ?
Merci à ceux qui ont suivit cette fic, en espérant qu'elle vous ait plu!
* Le divorce apparaît le 20 septembre 1792. Je ne retrouve pas l'article que j'avais lu, mais on pouvait divorcer par accord mutuel, pour « incompatibilité d'humeur », et il me semble aussi qu'on pouvait prétendre ne plus être mariés, si un des conjoints quittait le domicile pendant cinq ans, sans donner de nouvelles. Bien sur, la fic n'est pas en 1792, on dira qu'ils sont un peu en avance...
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