Fic: Avez-vous vu le loup ?

Première Partie: Le retour de Fersen.


Ce soir-là, on vit arriver un carrosse chez les jarjayes, on signifia alors au colonel Oscar qu'elle était attendue de toute urgence chez la Reine. Elle se prépara et partit en compagnie d'André et de Rosalie. Bien qu'attentive, elle remarque trop tard que le carrosse n'empruntait pas le chemin de Versailles et les trois jeunes gens furent pris dans un guet-apens. Oscar sut alors qu'on cherchait vraiment à l'éliminer, ce n'était, en effet, pas la première tentative de meurtre dont elle était la cible cette semaine. La jeune femme et son ami sortirent du carrosse pour affronter ces brigands. La jeune Rosalie ne devait pas en sortir, et rester ainsi à l'abri. Les deux jeunes gens se battaient brillamment, avec plusieurs adversaires chacun, mais ils ne virent pas que l'un des bandits était parvenu jusqu'au carrosse et s'apprêter à tuer la jeune fille qui s'y trouvait. Au cri de panique de Rosalie, le colonel commit l'erreur de lancer son épée sur l'agresseur de la jeune fille, le touchant certes, mais se désarmant d'elle en tournant le dos à son propre adversaire. Celui-ci profita de l'aubaine pour frapper la jeune femme d'un coup d'épée dans le dos. Elle s'évanouit et n'échappa à une mort certaine, que par l'arrivée inattendue d'un jeune gentilhomme suédois. A la vue du Comte, les bandits prirent la fuite, emmenant leur blessé avec eux. Fersen accourut auprès d'Oscar qui n'ouvrit les yeux que pour l'apercevoir une fraction de seconde. Quand la jeune femme reprit connaissance, elle eut l'agréable surprise de voir qu'elle n'avait pas rêvé. En effet, la première chose qu'elle vit en ouvrant les yeux fut le si beau visage du Comte de Fersen qui avait pourtant quitté la France quatre ans auparavant. Non, elle ne rêvait pas Fersen était là à son chevet, inquiet pour elle et il venait de lui sauver la vie, une nouvelle fois. L'instant magique fut troublé par l'arrivée de Rosalie, qui venait apporter un énorme bouquet de roses blanches pour égailler un peu la chambre d'Oscar car celle-ci était condamnée à garder le lit une quinzaine de jours. Aussi le colonel fut étonnée de constater que Fersen et Rosalie se connaissaient. Elle se dit alors, que le trop beau suédois devait marquer toutes les femmes qu'il croisait. Cette pensée, lui rappela l'amour dont Fersen semblait faire preuve pour son Altesse Marie-Antoinette. Aussi se mit-elle à lui parlait de la Reine. Fersen avoua ne pas être aller à Versailles depuis son retour en France et dit à Oscar qu'il voudrait y aller avec elle. Oscar en fut très surprise. Cependant la suite lui fit un très grand choc:




-Oscar si je suis revenu en France, c'est bien sûr pour vous voir car vous m'êtes une amie très chère, mais aussi pour vous faire part, de vive voix, de mon bonheur. Ma chère Oscar je me suis marié cet hiver.

Le cœur de la jeune femme se glaça. Le choc fut si violent et si soudain qu'elle en eut un malaise.

- Oh! Chère Oscar je vous  prie de m'excuser! Je suis impardonnable ! Vous êtes là blessée et épuisée et je vous fatigue avec mes histoires. Je repasserai demain. Si vous le permettez, je tiens à vous présenter Carmilla avant de la conduire à Versailles. Je souhaiterai d'ailleurs que nous y allions tous les trois, j'attendrai votre rétablissement pour cela.

- Non, Fersen n'en faites rien. Je crains mon ami que retarder d'autant votre retour à la cour, puisse vous nuire. Vous n'avez sans doute pas oublié la mentalité de ces courtisans. De plus cela peut être mal perçu par sa Majesté. J'aurais le plaisir de rencontrer votre épouse à la cour car je ne serai pas en état, je pense, de recevoir de la visite ces jours-ci.

Fersen fut un peu déçu, mais quitta Oscar avec un beau sourire en lui souhaitant encore un prompt rétablissement. Une fois Fersen hors de sa chambre, Oscar s'effondra. Il était de retour après quatre longues années, mais il revenait marié. Ce qui devait être merveilleux ne l'était pas. La nouvelle du guet-apens dont fut victime Oscar mit toutes les dames de la cour en émoi, dés le lendemain. Quand la Reine apprit qu'Oscar venait d'être sauvée par Fersen, elle devint rayonnante. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et elle manqua de pleurer de joie, Monsieur de Fersen était revenu! Cependant la joie tourna en impatience car cela faisait une semaine qu'Oscar avait été attaquée, mais elle n'avait toujours pas vu Fersen à la cour. Cette gaieté dont elle avait fait preuve à l'évocation du nom de Fersen ce jour-là, la reprit quand on la vint la prévenir que Monsieur de Fersen lui demandait une audience. Bien qu'elle le trouva bien formel, elle ne s'en inquiéta pas, il était revenu pour elle, cela ne faisait aucun doute. Elle déchanta très vite, quand on lui annonça l'arrivée du Comte et de la Comtesse de Fersen. La Comtesse de Fersen!!!! Tout se figea. Plus rien ne lui parvenait. Elle était partie dans ses réflexions. Elle «était amoureuse de cet homme, elle le savait. Elle venait de passer la plus longue semaine de sa vie, attendant à chaque instant sa venue, se répétant sans cesse qu'il revenait en France par amour pour elle. Il était bien de retour en France, mais il revenait marié. Et il venait de lui demander une audience pour lui présentait cette femme qui la privait de son seul bonheur, lui. On eut dit qu'elle venait d'être foudroyée, la douleur était si grande que les larmes ne lui parvenaient pas. Elle fixa la jeune femme aux côtés du Comte et réagit soudain. Elle ne leur avait toujours pas permis de se relever et ils lui faisaient encore la révérence.


-Je vous en prie relevez-vous. Dit-elle avec beaucoup de difficultés.

Elle ne pouvait regarder la Comtesse. Ses yeux ne voyaient que Fersen.

-Je suis heureuse de vous savoir de retour prés de nous, Comte de Fersen. -Je vous en prie votre Majesté, c'est pour moi un honneur. Le gentilhomme que je suis, a un terrible aveu à vous faire: j'ai traversé bien des contrées, je suis retourné dans ma suède natale, mais je n'ai vu nulle part merveille comparable à Votre Majesté.
- Oh... Monsieur de Fersen...


Quel bonheur cela aurait été pour Marie-Antoinette, s'il n'avait pas dit ces mots, son épouse se tenant prés de lui. Aussi, de telles paroles, loin de la caresser, la blessèrent.

- je vous remercie Monsieur de Fersen, reprit-elle avec une pointe de sanglot dans la voix. Mais présentez-moi cette personne qui vous accompagne. -Pardonnez-moi Altesse. Je suis venu aujourd'hui, pour vous présenter mon épouse, Carmilla Von Fersen. Elle m'a fait la grâce de devenir ma femme cet hiver en Suède. Nous étions très proche étant enfants et je pensais l'avoir définitivement perdu le jour ou je suis parti pour mes études en Suisse mais j'eus le bonheur de la retrouver à mon retour et de constater qu'elle était bien la seule femme de ma vie.


Le coup de grâce pour Marie-Antoinette. Cette Carmilla avait toujours était le seul amour de Fersen. Elle n'avait jamais compté à ses yeux et il venait le lui dire. La Reine fut prise d'une migraine effroyable, s'en était trop, elle voulait fuir. Elle tourna enfin les yeux vers Carmilla et réalisa qu'elle ne l'avait même pas saluée. Elle le devait pourtant. Elle le fit alors tout en la détaillant pour la première fois. La comtesse était une belle brune, une beauté naturelle, sans artifice, ce qui la rendait fraîche comme la rosée. Sa robe d'un rose pâle, qui faisait ressortir la douceur de ses traits et de son regard, découvrait ses épaules blanches, sans pour autant être provocante. Elle avait l'air d'être la plus heureuse des femmes.

- Madame de Fersen, soyez la bienvenue au château de Versailles, j'espère sincèrement que vous vous plairez parmi nous. -Je remercie infiniment Votre Altesse. Et je tenais à faire savoir à Votre Majesté que c'est pour moi une très grande joie de me trouver devant une si grande Reine, la plus belle de toutes. Et je constate avec bonheur que les éloges dont mon mari couvrait son Altesse étaient en dessous de la vérité.


La Comtesse avait prononcé ces mots avec un sourire si sincère que la Reine en fut toute retournée et sut dés lors ce qui avait attiré Fersen.
Le couple suédois venant de la quitter, la Reine ajourna toutes les audiences prévues ce matin et s'enferma chez elle. La Comtesse de Polignac étant la seule personne autorisée à l'approcher, Marie-Antoinette expliqua alors à son amie sa rencontre avec Mme de Fersen, sans oublier de lui parler de son amour pour le comte. Julie de Polignac rit doucement et rassura la Reine, en lui disant de faire confiance à ses courtisans, dont le seul plaisir était de médire sans cesse. Ils sauraient se charger de faire une belle réputation à la Comtesse et peut-être même de briser ce ménage. Sinon elle s'en chargerait personnellement.
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Deuxième partie: L'homme du Gévaudan.

Cela faisait deux semaines que l'on n'avait pas vu Oscar à la cour, aussi son retour fut remarqué. L'écharpe qu'elle était obligée de porter pour maintenir son bras immobile, lui valait toute l'attention et le dévouement de ces dames ce qui l'énervait prodigieusement et faisait rire aux larmes son cher André. Dés son arrivée à Versailles, elle se mit à faire une chose qui ne lui ressemblait pas et que son ami désapprouvait, elle alla aux nouvelles! Elle voulait entendre parler de Carmilla von Fersen avant de la rencontrer. Ce qui était tout à fait à l'opposé du souhait de Fersen qui avait plusieurs fois, pendant la convalescence d'Oscar, tentait de lui présenter son épouse, mais à chaque fois, le colonel refusait les visites. André avait dit à Oscar que son attitude était ridicule et blessante, ce qui lui avait valu une belle surcharge de travail pour qu'il la laisse tranquille.
Elle alla trouver Mme de Noailles, car elle était toujours au courant de tout mais n'en rajouter pas.
 
-Oh! Colonel, vous êtes donc de retour parmi nous! Vous portez-vous bien?
-Oui, je vous remercie Madame. Hé bien dites moi, il semble y avoir de l'agitation à Versailles aujourd'hui. Ce passerait-il quelque chose?
-En fait colonel. Cela fait une semaine que les langues s'usent! Il faut dire que nous avons de nouveaux arrivants peu communs!
- Vous voulez parler du couple Fersen?
-Non et oui. Monsieur de Fersen est toujours aussi charmant, cependant je parlais de son épouse qui n'a pas les manières de la cour de Versailles. Mais je faisais surtout allusion à Monsieur Jean-François de Morangias. Cet homme étrange nous vient de cette région du Gévaudan.
-Du Gévaudan?!! Cette contrée où l'on dénombra bon nombre de morts tués par une bête il y a un plus de cinq ans?
-Oui c'est cela même, Oscar. Monsieur de Morangias a participé à la traque de la bête, à de nombreuses reprises, d'ailleurs il a très bien connu le chevalier Grégoire de Fronsac qui a naturalisé la Bête pour son Altesse Louis XV
-Vraiment?! Hé bien, je comprends mieux cette agitation. Voilà un personnage des plus intéressants!
- Intéressant?! Reprit, Mme de Noailles avec de grands yeux, je ne dirais pas cela. Cet homme-là me glace le sang! Et joignant le geste à la parole, elle se frictionna les épaules.
Cette remarque piqua la curiosité de la jeune colonel, qui oublia complètement Carmilla von Fersen. Elle attendait avec un certain intérêt que Mme de Noailles reprenne.

-Oui, Oscar, la simple vue de cet homme me fait peur. Ce n'est pas qu'il soit laid au contraire; C'est un homme d'une trentaine d'années, aux cheveux châtains qu'il porte attachés, mais il a un regard si froid! Un visage sévère et inquiétant. Et le fait qu'il soit infirme, vous impressionne davantage!
- Infirme? Demanda André aussi intrigué qu'Oscar par cet étrange personnage.
-Oui. Il lui manque son bras droit. Il se serait fait attaquer par un animal sauvage alors qu'il servait sur les côtes africaines et on le lui aurait amputé! Un lion je crois!
- le malheureux! Voilà un handicape important! Fit remarquer Oscar.
-Ne vous y fiez pas Oscar. Pas si handicapant que cela car il y a deux jours à peine, M. de Doullens le provoqua en duel et y laissa la vie!
- Un duel? Un infirme? Un duel à l'épée? Questionnait Oscar vraiment interpellée.
- Au pistolet! Monsieur de Morangias tire au pistolet de sa main gauche et il me semble même être un virtuose de cette arme!

Madame de Noailles serait bien restée discuter avec Oscar, mais la Reine venait de la faire appeler. Oscar et André restèrent là, un moment perdu dans leurs pensés quand une voix derrière eux la salua chaleureusement.

-Oscar ma très chère amie, vous voilà enfin!

s'était exclamé Fersen en apercevant les magnifiques cheveux blonds tombant sur l'uniforme rouge de son amie. Oscar se sentit prise au dépourvu et mit une bonne minute à se retourner pour faire face au jeune couple. André avait déjà accueillit avec joie les tourtereaux.
Fersen tenait amoureusement son épouse par la taille. Oscar regarda Carmilla avec étonnement. Elle se serait attendue à un sosie de la Reine, mais la comtesse était son opposé. Elle était aussi brune que la Reine était blonde, jolie et distinguée sans être coquette. Oscar admira la tenue de la jeune femme bien plus qu'elle ne l'aurait fait de n'importe qu'elle robe de son Altesse. Néanmoins, elle les salua sans effusion.


- Fersen, je suis heureuse de vous voir tous deux à Versailles. Madame de Fersen, je suis ravie de faire votre connaissance.

Oscar jeta un regard froid à la jeune femme, qu'André ne manqua pas de remarquer, mais que la Comtesse sembla ignorer parfaitement.

-Mademoiselle Oscar, commença la Comtesse de Fersen avec ce sourire sincère qui ne devait jamais la quitter, je suis moi-même enchantée de vous rencontrer. Hans m'ayant si souvent parler de vous, vantant sans cesse vos mérites. J'avais hâte d'être présentée à ce mélange étonnant de force et beauté que vous êtes Mademoiselle Oscar.

Oscar se sentit rougir. Le regard de la Comtesse n'était que douceur et innocence, elle se sentit stupide. Carmilla était de ces personnes qui vous inspirent confiance tout de suite et dont on tient absolument à devenir l'ami. Oscar avait été surprise de la façon dont la Comtesse avait salué André, sans préjuger et sans différence de classe tout simplement comme on salue le meilleur ami de son mari. Cela lui plut beaucoup et elle eut envie de la connaître davantage. Aussi, les quatre jeunes gens firent ensemble quelques pas dans les jardins. Oscar nota au passage, que les courtisans ne semblaient pas aimer Carmilla et chaque mot de la jeune femme lui en donnait la raison. Elle est trop honnête pour Versailles, se dit alors Oscar. La Comtesse s'était inquiétée de la blessure de la jeune femme, très simplement, puis avait avoué ne pas aimer les grands bals, les toilettes trop coûteuses, préférant les livres et l'intimité d'un foyer. André lui, fut étonné d'apprendre que Fersen connaissait et aimait Carmilla depuis l'enfance, il les félicita de s'être retrouver. Fersen voyant que son épouse se plaisait beaucoup avec ses amis, leur proposa une promenade à cheval.

-Cela eut été avec joie Fersen malheureusement, je dois vous quitter pour prendre mon commandement. Mais sachez Madame que je suis sous le charme. Oui Fersen, je vous félicite également vous avez là une épouse adorable, tous mes vœux de bonheurs chers amis!

Oscar et André quittèrent donc un jeune couple ravi. Ils l'étaient eux-mêmes pour certaines raisons.
Au soir de cette drôle de reprise, Oscar, alors qu'elle déambulait dans les couloirs, perdue de nouveau dans ses pensées, heurta un homme. Elle commença à s'excuser mais ne termina pas sa phrase en découvrant cette personne. C'était Jean-François de Morangias. Elle se rendit compte que le portrait de l'homme fait par Mme de Noailles était on ne peut plus fidèle. Le regard de l'homme la figea sur place.

- Ce n'est pas grave colonel de Jarjayes, mais tâchez de regarder où vous allez.

Il avait parlé très lentement et sa voix était si profonde qu'Oscar sentit le rouge lui monter aux joues.
Il la contourna et une fois dans son dos ajouta:

- A demain Colonel. Puis disparut.

A demain?! Que voulait-il dire, elle n'était pas de garde demain et quand bien même elle l'eut été, il y avait une chance sur mille qu'ils se croisent. Oscar se sentit de nouveau stupide réalisant que ses joues étaient en feu, se rappelant qu'elle s'était cognée contre le torse de cet homme. Elle n'était pourtant du genre à être si vite intimidée mais là, elle n'avait pas eu le contrôle de ses émotions. C'est presque en courant qu'elle rejoignit André. Celui-ci remarqua tout de suite le trouble de la jeune femme et lui demanda ce qui se passait:

- je viens de croiser M. de Morangias..
-Je ne l'aime pas. Coupa André.
-Pourquoi? Tu l'as vu?
-Oui. Il a discuté longuement avec ton père et le Duc de Breuil cet après-midi et je peux déjà te dire que tu es conviée à chasser avec eux demain.
-Comment? Ah c'est donc pour cela qu'il m'a dit à demain. Père et M. de Breuil doivent l'apprécier pour organiser comme cela une journée de chasse.
-Oui, peut-être. Mais je lui trouve quelque chose de malsain. Son regard, sa façon de parler, toute son attitude dégage quelque chose de particulier. Je ne lui fais pas confiance.
-Ne jugeons pas sans connaître. Le fait de qu'il vienne de cette terre maudite du Gévaudan et qu'il ait côtoyé de prés tous ces évènement monstrueux doit être pour une bonne part dans cette étrange attitude, de plus il s'est fait amputer du bras droit ça doit vous changer un homme.
-Bah!! Si tu le dis Oscar. Nous en saurons plus demain.

 
Cette nuit, Oscar dormit très peu, troublée par ses nouvelles rencontres, tout d'abord l'adorable épouse de son ami, qui avait un caractère admirable. Oscar avait appris que les courtisans ne la ménageaient pas mais que toutes leurs médisances coulaient sur elle comme la pluie sans l'atteindre. Elle se sentit alors très proche de la jeune femme, et oublia qu'elle en avait été jalouse un instant car il formait un couple parfait.
Puis il y eut Jean-François de Morangias, cet homme plus âgé, qu'elle avait bousculé. Elle ne se remettait pas de ce regard froid, dur et si intense. Ce regard l'avait brûlé et la brûlait encore, elle sentait ses joues s'enflammer de nouveau. André avait raison il y avait quelque chose de malsain. Mais pour Oscar s'était le fait de se sentir ainsi à la fois pétrifiée et attirée par cet homme étrange qu'elle ne connaissait pas, par cet homme du Gévaudan.

 Troisième partie: Une étrange partie de chasse, chasseur et gibier

Au petit matin, on vint réveiller Oscar.
 Elle descendit peu de temps après. Elle portait un ensemble trois pièces de velours noir, qui la rendait incroyablement belle.
 De plus, pour la première fois elle avait attaché ses cheveux d'un ruban de la même couleur. André resta là, un moment, à la regarder, séduit par cette vision peu commune, avant de lui annoncer qu'il n'était pas autorisé à l'accompagner aujourd'hui. La jeune femme s'insurgea, mais le général la calma très rapidement, lui disant qu'il s'agissait là d'un souhait du Duc de Breuil, qui était leur Hôte pour cette journée et qui ne trouver pas du meilleur effet l'attachement du colonel pour son valet. Il dut néanmoins promettre que cela ne se reproduirait pas. Sur quoi, ils partirent tous les deux. Le rendez-vous était fixé pour les six heures du matin dans un petit bois sur les terres du Duc à la sortie de Paris. Le Duc fut très surpris de voir qu'Oscar était venue sans fusil.
 La jeune femme expliqua qu'elle n'avait sur elle qu'un pistolet car sa blessure, encore récente, ne lui permettait pas de se servir d'un fusil. Le pistolet n'étant là qu'en cas de défense contre d'éventuels brigands.
Elle apprit avec joie que le couple Fersen devait se joindre à eux pour cette partie de chasse, cependant on vint prévenir le petit groupe que le Comte et la Comtesse von Fersen arriveraient avec beaucoup de retard et qu'ils étaient priés de commencer sans eux. Aussi, le Duc de Breuil, le général de Jarjayes, Monsieur de Morangias et Oscar s'enfoncèrent dans les bois pour une chasse au sanglier.
Jean-François de Morangias, fixant le jeune colonel, se dit qu'il s'agissait là d'une bien étrange personne.
 Depuis son arrivée à Versailles, il en avait beaucoup entendu parler que ce soit par les femmes, qui louaient la beauté et la prestance du jeune homme ou par les hommes qui confirmaient sans retenue la réputation de bretteur et de tireur du colonel qui avait vaincu en duel le Duc de Germain, connu pour être le meilleur tireur du royaume.
 Il trouvait que les qualités masculines qu'on lui prêtait et la beauté si féminine dont il faisait preuve, surtout aujourd'hui, formaient un mélange presque paradoxal.
 De plus il avait remarqué le trouble qui marquait le visage de ce frêle jeune homme de dix huit ans quand il s'approchait un peu trop prés de lui. Un sourire malsain s'afficha sur ses lèvres à l'instant où il se prit à penser qu'il lui serait si facile de lui faire du mal et de le briser. Il devait vérifier quelque chose. Il s'avança vers lui.

-Vous ne participiez pas? Vous ne savez donc pas vous servir d'un pistolet colonel?
-Je vous demande pardon Monsieur? Fit Oscar légèrement piquée.
-Je vais vous monter.

Il prit en main son pistolet. Une arme remarquable, Oscar n'en avait jamais vu de semblable.
 Une arme faite sur mesure pour sa main gauche, avec le canon plus long que celui d'un pistolet ordinaire et une armature qui se fixait à son poignet. Il observait attentivement l'intérêt de la jeune personne pour l'arme et la surpris en tirant soudainement, abattant un faisan qui prenait tout juste son envol. Oscar était tout à fait éblouie, ce Jean-François de Morangias était vraiment un excellent tireur, malgré son handicape.

-Vous voyez! On peut aussi chasser au pistolet. Voulez essayer mon jouet?

Lorsqu'il lui tendit l'arme il ne manqua pas de la fixer dans les yeux, ce qui lui fit perdre tous ses moyens et elle bredouilla un ". Je. no..non merci..Je... enfin j'utiliserai le mien."
Ceci redonna à cet homme ce sourire qu'il avait déjà eu tout à l'heure, comme s'il venait de gagner un quelconque pari.
Les rabatteurs annoncèrent un sanglier. Tous se mirent alors à galoper mais la bête disparut. Seule Oscar bien meilleure cavalière, était parvenue à suivre l'animal jusqu'à une petite clairière où il lui échappa finalement. Se croyant seule, elle descendit de cheval un moment et s'adossa à un arbre. Mais apparut à sa suite Monsieur de Morangias.
 
-Vous l'avez perdu?
-Oui. Il doit être loin maintenant.
-Votre épaule vous fait souffrir?
-C'est supportable.

Oscar ne se rendit pas compte quand répondant cela elle fixait celle de Jean-François ou plutôt son bras manquant.
 Il descendit de cheval à son tour et s'appuya au même arbre et contre Oscar dont le cœur s'affolait. Il n'appuyait que son épaule droite gardant ainsi sa main gauche de libre. De celle-ci, il retira le chapeau de la jeune femme et le laissa tomber au sol, puis il passa sa main dans les boucles blondes qui couvrait son front, glissa sur sa tempe et sa joue pour finir sous le menton.
Collant davantage son corps à celui d'Oscar, il releva vers lui ce visage délicat, s'approcha des lèvres offertes et éclata de rire.
Il recula, ramassa le chapeau le rendit à une Oscar atterrée. Puis remontant sur son cheval, lui lança avec un sourire narquois :
 
-Je crois Monsieur de Jarjayes que les autres doivent à présent nous chercher. Ne pensez-vous pas?

Il n'attendit pas la réponse et partit en riant.
Oscar ne s'était encore jamais sentie si humiliée.
 Elle s'en voulait d'avoir eu peur et de s'être ainsi laissée faire, pour finir ridiculisée de la sorte.
Des larmes inondaient ses yeux. Elle resta là encore un bon moment.
Quand elle rejoignit le groupe, elle eut l'agréable surprise de voir que Fersen et son épouse étaient enfin arrivés. Carmilla portait une amazone, un gilet de velours cramoisi et une veste vieux rose. Comme ces messieurs elle portait la queue de cheval et un tricorne bordeaux. Elle semblait différente de leur première rencontre. Elle était aussi excitée qu'une enfant dans une boutique de bonbons. Elle expliqua alors la raison de son agitation:

-Je monte à cheval et je chasse depuis mon enfance, j'y ai toujours accompagnée mon père.

A cette phrase Jean-François qui ne quittait pas la Comtesse des yeux depuis l'arrivée du couple, blêmit. Il l'avait déjà fait lorsque la Comtesse l'avait salué d'un sourire aimable, sans prêter la moindre attention à son handicape. Et Là, cette phrase, cette allure, toute l'attitude de cette jeune femme...

-Madame de Fersen permettez-moi de vous dire que vous êtes une bien charmante personne. Si douce et innocente, vous me rappeler beaucoup ma jeune sœur, Marianne.
-Je vous remercie Monsieur de Morangias, vos paroles me touchent beaucoup.

Oscar ne manqua rien de la scène, l'affront que Monsieur de Morangias venait de lui faire, lui valait toute son attention, plus encore maintenant qu'elle le voyait convoiter Carmilla.
 Elle se surprit à penser qu'avec le regard qu'il posait sur la femme de son ami, il ressemblait à un loup devant un agneau.
 Pour elle, il devait avoir en lui une partie de cette bête du gévaudan. Elle posa sans même sans rendre compte un regard noir sur Carmilla, la jeune femme la fixa, alors en retour, mais toujours de façon aimable. Se tournant vers le groupe la comtesse de Fersen proposa un duel.
En effet, elle proposa deux équipes dont une composée d'elle et Oscar d'un côté, ces messieurs de l'autre et c'était à ceux qui rapporteraient le sanglier. Cette proposition ne manqua pas d'être accueillie par des rires gentiment moqueurs mais fut acceptée.
Une fois entre femmes, Carmilla von Fersen, entama la discussion:

-Vous ne m'aimez pas beaucoup, dirait-on, Est-ce parce que vous étiez amoureuse de Hans?
-Je l'ai cru un instant, je dois bien l'avouer. Mais j'ai appris à vous connaître et croyez-moi, je vous apprécie. De plus je ne pense pas avoir été véritablement amoureuse de Fersen.
-Cela je veux bien le croire. Vous venez pourtant de me jeter un regard menaçant Pourquoi?
-Je sais, je vous prie de m'excuser, mais il ne vous était pas destiné...
-Jean-François de Morangias? Un homme étrange n'est-ce pas?
-Pire que cela, malsain. Je ne voulais pas y croire mais je viens juste d'en avoir la preuve.
-Vraiment?! Hé bien, sachez que j'ai en vous toute confiance. J'éviterai donc ce Monsieur.
-Et vous ferez bien. Oscar soupira et reprit pour changer de sujet, puis-je connaître la raison de votre retard ce matin?

Carmilla se mit à rire et à rougir en même temps et expliqua à Oscar qu'elle et son époux avaient des nuits très agitées et des matins des plus câlins. C'est alors que le sanglier surgit devant elles, la Comtesse fila comme le vent derrière la bête laissant là une Oscar un peu gênée, mais fort amusée, qui ne tarda pas à la rejoindre pour achever cet animal qui avait la peau dure.
Les hommes avaient donc perdu, mais ils étaient ravis et peu avares en compliments.
Le Duc de Breuil organisa un dîner de chasseurs.
Mais l'idée de passer une soirée en face de Jean-François de Morangias ne charmait pas du tout Oscar qui déclina l'invitation. Elle s'excusa prétextant une affreuse douleur à l'épaule et rentra chez elle.
Carmilla fut fort attristée de voir qu'Oscar l'a laissée ainsi seule en compagnie de ces hommes, mais surtout seule à la même table que ce Jean-François contre lequel elle venait de la mettre en garde quelques heures plus tôt. Elle s'accrocha au bras de Hans et ne le quitta plus de la soirée.

Quatrième partie: Avez-vous déjà vu le loup, Mademoiselle?

Dés le lendemain André la questionna au sujet de ce Monsieur de Morangias.
Il s'aperçut rapidement qu'Oscar ne tenait pas à en parler. Elle dit  seulement qu'il avait raison. Monsieur de Morangias avait quelque chose de vénéneux. Par contre, elle ne cessait de parler de la Comtesse von Fersen, lui trouvant chaque fois de nouvelles qualités.
Pour André, l'amitié d'Oscar pour cette Comtesse tournait à l'obsession, quant à Rosalie, elle en était très jalouse et en pleurait toutes les nuits.
Les jours qui suivirent, on vit beaucoup les amoureux suédois chez les Jarjayes.
 Les deux jeunes femmes étant devenues fort intimes.
Hans-Axel confia à André que son épouse n'avait aucune amie à la cour et qu'il était heureux de voir qu'Oscar l'appréciait. André regarda le groupe qu'ils formaient tous les quatre à cette table. Il avait remarqué que depuis l'arrivée de la Comtesse, l'attitude d'Oscar en vers lui avait changé. Avant elle l'aurait chargé de faire le service.
Maintenant, elle ne lui permettait presque pas de quitter la table, enjoignant Rosalie de servir le chocolat aux invités. Même quand leurs amis n'étaient pas là, Oscar semblait différente, plus attentionnée envers lui.
Il sourit alors, en se disant qu'il y avait deux couples d'amoureux autour de cette table. Il sursauta, croisant les yeux doux et le sourire de Carmilla, croyant un instant qu'elle pouvait lire dans ses pensées.
Les deux amies se levèrent pour prendre l'air. C'était devenu pour elles une habitude, le moment des confidences féminines. Oscar avait raconté à son amie l'épisode de la clairière et les sentiments que lui inspirait à présent Jean-François de Morangias.
 Carmilla  avait expliqué que le dîner de chasseur, où Oscar l'avait abandonnée, ne ressemblait en rien à ceux auxquels elle assistait en Suède et que ce Monsieur était encore plus effrayant saoul. Mais qu'à aucun moment il ne perdait cette étrange lueur qu'il avait au fond des yeux.

-Peut-être que je ressemble beaucoup trop à Marianne de Morangias.
-Sa sœur?! Je ne trouve pas qu'il porte sur vous un regard fraternel! Il est tout sauf bienveillant! rit doucement Oscar. Et comment se passent vos visites à Versailles?
-Hum... Cette Comtesse de Polignac ne perd jamais une occasion de me ridiculiser. Etant suédoise, je ne connais pas toute la subtilité de la noblesse française! Ironisa t'elle.
 

 Oscar prit la main de son amie en la mettant en garde contre cette femme diabolique.

-Je sais Oscar de quoi elle est peut être capable. Mais Hans ne me quitte jamais. Il est très inquiet pour moi. C'est d'ailleurs la raison laquelle je ne lui parle pas de M. De Morangias. Chaque fois que je me retourne, c'est pour voir cet homme. Depuis votre confidence et vos mises en garde, je dois bien avouer que je ne suis pas rassurée quand je suis seule dans les couloirs de Versailles.

-Je vous comprends, il se passe la même chose pour moi. Quel que soit l'endroit où je pose les yeux, j'y aperçois M. de Morangias. De plus, connaissant mon père et M. de Girodel, il s'invite à nos discutions, posant sur moi ce regard vert-poison qui me transperce comme une morsure de serpent, et le malaise que m'inspire la proximité de cet homme est un venin qui s'insinue dans mes veines.

-Oui il a une façon de vous de fixer, on dirait qu'il guette, comme un animal féroce tapi dans l'ombre attendant l'instant crucial pour bondir sur sa proie.

Les deux jeunes se regardèrent et se mirent à rire de bon cœur.

-Décidément, je crois que nous avons trop d'imagination, cela en est effrayant!! Rentrons voulez-vous.
-Dites-moi Oscar? Quels sont vos sentiments pour André?
-Pardon?..Mais pourquoi me posez-vous cette question? André est mon ami d'enfance, nous sommes comme deux frères!
 

Oscar s'était arrêtée de marcher cherchant quoi répondre à son amie, qui elle, continuant son chemin, lui lança:

-Lui non plus, n'a pas pour vous, un regard fraternel. Bien qu'il soit plus que bienveillant à votre égard! Et en guise de frère, je vous trouve bien femme, Oscar.
 

 La Comtesse von Fersen s'était arrêtée à son tour pour se retourner et sourire à une Oscar interdite. Quand elles rejoignirent ces messieurs, qu'elle que chose avait changé.

Ce matin là, le colonel de la garde Royal était d'excellente humeur. Elle avait passé la soirée avec André. Ils avaient eu une longue discussion se dévoilant leur amour sans s'être avoués vraiment leurs sentiments.
 Aussi pour le colonel, ce devait être un grand jour, il se passerait un événement important dans sa vie. De plus et pour son plus grand plaisir, elle n'avait pas aperçu M. de Morangias.
 Elle déchanta très vite pourtant. Saisissant au détour d'un couloir quelques bribes de conversation, elle apprit que la Comtesse von Fersen n'était pas rentrée chez elle la nuit dernière et qu'elle semblait avoir disparue.
Oscar était blafarde.
Elle connaissait la rancœur qu'avait la Reine pour cette jeune mariée, elle savait surtout de quelles bassesses Mme de Polignac était capable. Elle restait là à chercher ce qui avait pu arriver à son amie quand l'image de Jean-François de Morangias s'imposa à son esprit.
 Il n'était pas à Versailles ce matin.
Oscar quitta le château en courant sans donner à personne la raison de son départ, ni sa destination. Elle fut vite de retour aux écuries où elle appela André, qui n'était visiblement plus là. Aussi prit-elle son cheval et partit seule.

Carmilla entrouvrit les yeux, essayant vainement de reconnaître les objets qui l'entouraient, quand elle réalisa qu'elle n'était pas chez elle.
 Elle tenta de rassembler ses souvenirs.
Elle avait accompagné Hans à contre cœur à un bal de la cour. La Reine les y avait conviés, elle ne pouvait refuser. Elle se rappela la grande tristesse qui s'était emparée d'elle quand elle avait vu son époux s'isoler dans les jardins avec son Altesse.
Puis plus rien.
Tout était noir.
Plus rien sauf ce regard glacial.
Morangias!!
Elle se releva et poussa un cri en apercevant cet homme assis là, torse nu, la regardant dormir, sa tête reposant dans sa main droite.
SA MAIN DROITE!!
 Elle observa effarée ce bras fantôme, visiblement bien présent. La peau en était d'une étrange couleur, couverte de cicatrices et ses ongles étaient jaunes. Elle eut une moue dégoûtée.

-La gangrène, ma douce. Rassurez-vous, je l'ai vaincue mais comme vous pouvez le constater, elle ne m'a pas épargné.

Carmilla était terrifiée. Que faisait-elle ici, avec cet homme? Où était Hans?
Courageusement, elle tentait de maîtriser ses émotions, bien qu'elle se sentait comme l'agneau devant le loup aux crocs acérés.

-Oh M. de Morangias, vous m'en voyez fort désolée pour vous. Mais veuillez me pardonner, il faut que je rentre chez moi, mon mari ne manquera pas de s'inquiéter ne me trouvant pas à son réveil.
-Votre époux Madame, a passé la nuit avec la Reine, vous les avez vous-même vus s'éloignant tous les deux dans le parc, avant que ne m'occupe de vous...

"Que je ne m'occupe de vous". Non content de la blesser en lui rappelant que celui qu'elle aimait plus que tout, la délaissait, il venait de laisser planer un doute affreux. De quel esprit malade était-elle la prisonnière?

-De vous occuper de moi, Monsieur?
-Oui, vous ne pouviez pas retourner chez vous. Il ne vous mérite, pas vous qui êtes si attentionnée. Je vous ai enlevée et j'attendais avec une terrible impatience que vous repreniez connaissance
 

 Il s'était levé en disant cela, la rejoignant sur le lit. Elle s'éloignait le plus possible de lui, tentant de le raisonner.
D'un mouvement vif, il se pencha vers le chevet. L'espace d'un instant, sa main droite avait disparut. Mais lorsque la Comtesse la revit, elle y découvrit un poignard. Saisie d'effroi, elle se mit à hurler le prénom de son époux, en voulant quitter le lit. Mais cette bête l'avait déjà saisie par les poignets, l'immobilisant de tout le poids de son corps.

-Oh Marianne, ma douce, tu es à moi maintenant! Cria Morangias du fond de son délire

-Ah!! Non, je vous en prie!!Je ne suis pas votre sœur!! Je suis Carmilla von Fersen!! Carmilla Von. Mais lâchez-moi!! Je vous en supplie.. Je suis suédoise!!!Je suis mariée!! Oh Hans!!! Hans sauve moi je t'en prie!!!...Mon Dieu non!!

Il parcourait frénétiquement le corps de la Comtesse, relevant ses jupons, et s'insinuant partout. Il déchira au couteau ses corsages qui faisaient barrage entre ses mains et la blanche poitrine. La malheureuse crut s'évanouir de terreur quand il arracha ses culottes de dentelles. Il l'embrassa fougueusement, puis après lui avoir mordu le lobe de l'oreille, il l'embrassa et la lécha dans le cou, descendit sur sa gorge pour arriver à sa poitrine qu'il malmenait déjà fortement, pressant très brutalement les seins de la jeune femme, qui se retenait de ne pas vomir.
Elle faisait tout son possible pour s'en sortir. Elle griffait, mordait, frappait, rien n'y faisait. Cet homme était déjà sur elle. Jean-François s'énerva subitement et lui mordit violemment un sein. Le cri de douleur que cela arracha à la Comtesse se fit entendre dans toute la bâtisse.
Oscar qui venait d'arriver dans la cour. Laissa là, son cheval pour se précipitait, épée au poing, dans la demeure de Jean-François de Morangias.
C'est folle de rage et de terreur qu'elle y trouva son chemin, suivant les cris de son amie. Elle enfonça la porte de la chambre, rouvrant ainsi sa blessure à l'épaule.
Carmilla se mit à pleurer en voyant que son amie était venue pour la sauver. Jean-François, furieux d'être dérangé en pareil moment, donna un violent coup de poing à la Comtesse, qui l'assomma sérieusement, et bondit hors du lit.
Oscar bouillonnant de colère devant le spectacle de son amie ainsi malmenée, s'élança sur lui l'épée en avant. Jean-François l'évita mais heurta la table de chevet. Il repoussa, la jeune femme hors de la chambre, viellant à la toucher le plus possible à l'épaule. Puis pris le temps de verrouiller la porte.
Oscar qui tenait encore son épée à la main, se releva douloureusement et le provoqua en duel, ne s'apercevant qu'à cet instant qu'il avait ses deux bras.

-Vous n'êtes donc pas infirme, Monsieur! Je ne retiendrai pas mes coups. Aux vues de ce que vous venez de faire à Mme de Fersen, sachez que je n'ai plus qu'une envie, celle de vous tuer.

Devant une telle menace, Jean-François de Morangias ne put s'empêcher d'éclater de rire en plongeant son regard de dément dans celui du trop beau colonel.

-Holà!! Vous êtes venue pour la sauver? Toute seule! Quelle grande fille!On veut jouer les héros?
-Il suffit, Monsieur! Venez vous battre!
-Mais avec plaisir ma petite Oscar, j'attends de vous revoir depuis ce moment dans la clairière!! Dit-il avant de rire de plus belle.
-Taisez-vous! Hurla Oscar, vous êtes un être abject! Cessez de rire ou je vous tue sur place pour ce que vous venez de faire!
-Que de grands mots!Et bien faisons les choses dans les règles et suivez-moi à la salle d'armes, pour un duel à l'épée. Il parait que vous y excellez et je tiens à en juger
.
-Passez devant et levez les bras! Cette fois je veux voir les deux! Hurla-t'elle en le poussant.
 

 Il ne put s'empêchait de lui sourire.

Oscar enrageait de plus belle. Tout son corps était pris de tremblements, jamais elle ne s'était trouvée devant pareil monstre. L'image de Carmilla, ainsi défaite et pleurant en l'apercevant, ne la quittait pas. Elle avait beaucoup de mal à contenir cette folie meurtrière qui s'emparait d'elle.
Jean-François lui fit traverser toute sa demeure. La salle d'armes se trouvant à l'opposé de la chambre où ils avaient laissé Carmilla. Trop loin sans doute car aucun d'eux ne s'était aperçu que sur la table de chevet, il y avait un chandelier où brûlaient encore quelques bougies allumées par le monstre pour sa nuit de veillée, et que celles-ci avaient roulé au sol.
Une fois à destination, il se saisit d'une épée d'ivoire qui l'attendait sur un présentoir. Une arme magnifique aux yeux d'Oscar. Mais la jeune femme revint vite à cet adversaire affreusement peu commun. Et sans plus attendre, elle chargea sur cet homme, attaquant encore et encore, sa fureur grandissant de seconde en seconde. Morangias s'amusait beaucoup, il parait les coups avec une facilité insultante pour l'héritière des Jarjayes, qui constatait amèrement la solidité de cette arme. Il se mit à rire, considérant que cette jeune femme blessée faisait exactement ce qu'il attendait d'elle. Elle se fatiguait toute seule dans des assauts irréfléchis. Lorsqu 'Oscar lui demanda ce qui avait motivé un tel geste, il lui répondit simplement: Que la Comtesse Von Fersen ressemblait trop à sa sœur.

-Est-ce là une raison pour la violer?
 

Hurla la jeune fille à bout de force, fondant sur cet être profondément dérangé, sans réfléchir au fait qu'elle baissait totalement sa garde.

-Bien sur, dit-il calmement, tout comme j'ai violé Marianne.

Souriant à Oscar, il lui asséna un terrible coup à la hanche. Il releva l'épée d'ivoire teinté de rouge, tandis qu'elle tombait à genoux devant lui regardant son sang couler.

-J'ai violé ma sœur il y a cinq. Je viens de violer Carmilla. C'est donc à votre tour...

Il se pencha sur elle, lui tirant les cheveux en arrière pour la forcer à le regarder. La jeune femme grimaça de douleur. Il éclata de nouveau d'un rire maléfique et s'approchant de son oreille lui murmura en souriant:

-Avez-vous déjà vu le loup, Mademoiselle?

Cinquième chapitre: La femme de sa vie...

Fersen avait l'impression de devenir fou.
Il courait partout depuis l'aube.
 Pourquoi avait-elle disparut? Où était-elle?
Il avait commis la faute impardonnable de la laisser seule quelques heures au bal et à présent il était au désespoir.
 La Reine se faisant très pressante, il avait accepté un "entretien" avec elle. Il voulait qu'elle comprenne que Carmilla était le seul amour de sa vie et que les brimades dont elle était victime devaient cesser.
 Ce n'était que pour cette raison qu'il l'avait perdue de vue. Mais il ne la retrouva pas à son retour des jardins. La femme de sa vie s'était évanouie dans les airs. Il avait retourné Versailles de fond en comble, mais ne trouva aucune trace, aucun indice.
Il s'était dit qu'elle en avait eu assez, et ne le trouvant nulle part, elle était rentrée seule. Mais lorsqu'il rentra chez lui et qu'il questionna ses gens, personne n'avait revu Madame la Comtesse.
Ces vipères de la cour.
 Oui, bien sur, toutes ces mauvaises langues si mal intentionnées avaient du finir par avoir raison de la patience d'ange de son épouse en inventant une liaison entre lui et Sa Majesté. Si Carmilla l'avait vu partir vers les jardins avec la Reine, elle avait du se sentir trahie et elle se sera sans doute réfugiée chez sa seule amie: Oscar.
Oui, elle ne pouvait qu'être là-bas.
Elle devait être là-bas... Sinon...
Il se sentait sur le point de craquer aussi s'accrocha t'il de toutes ses forces à cet espoir. Il reçut un terrible coup au cœur quand Rosalie lui annonça que Madame de Fersen n'avait pas été vue au château depuis leur dernière visite et qu'Oscar était déjà partie pour Versailles où elle devait prendre son poste tôt ce matin.
Il espérait tant la retrouver auprès d'Oscar. Il faisait un effort démesuré pour ne pas céder au désespoir. Après tout, la relation particulière entre les deux femmes restait un espoir.
Oscar, même si elle ne l'avait pas vu hier soir, savait peut être quelque chose que lui ignorait.
Il s'en était déjà pris à Madame de Polignac tôt ce matin l'accusant à tord d'avoir monté un complot contre son épouse. Mais la Reine lui avait juré que son amie n'était pas responsable et lui avait fourni un alibi imparable.
Aussi s'était-il mis à craindre le pire. Depuis un peu plus d'une heure, son cœur se serrait un peu plus à chaque minute qui s'écoulait, l'étouffant presque. Il avait un mauvais pressentiment. Oscar était sa dernière chance. Il faisait tournait son alliance en fermant les yeux pour mieux comprimer ses sentiments.
Il serra les poings, il ne pouvait pas la perdre.
Dés son arrivée aux écuries de Versailles, il fut accueilli par un André rayonnant.
 Les mines des deux hommes étaient aussi dissemblables que le jour et la nuit.
L'un venait de passer une nuit en Enfer, l'autre avait touché des doigts le Paradis.
Cependant, le visage d'André s'assombrit à la vue de cet ami qui n'avait visiblement pas dormi de la nuit et qui semblait au plus mal.
Fersen se confia un peu, il en avait tant besoin. Il n'avait plus de piste, plus de repère, il était sur le point de craquer. Il avoua son rendez-vous nocturne avec la Reine et la disparition qui s'en suivit. Mais sa douleur n'était pas celle d'un mari adultère qui pleure après ce qu'il a lui-même abandonné. Non, cette douleur là, c'était l'amour, le vrai, le seul. Fersen était l'homme d'une seule femme, la sienne. Il agonisait à présent, on venait de lui arracher une partie de lui, aussi, André ne douta pas une seule seconde de la fidélité de Fersen quand celui-ci avait évoqué la Reine.
Mais il pensa que Fersen s'inquiétait trop, et trop vite. Mais ne céderait-il pas lui-même, si son soleil venait à disparaître?
Il énonça à Fersen un millier de raisons à l'absence de Carmilla, mais Fersen avait déjà fait le tour de la question. La seule personne en mesure d'y répondre était Oscar.
 
-Oh André! J'ai un affreux pressentiment. Je ne peux l'expliquer, depuis sa disparition, j'essaie en vain de me rassurer, me disant qu'elle avait peut-être besoin d'un peu de recul, qu'elle va bien, que je m'en fais trop. Mais c'est comme si j'avais le froid en moi. Mon cœur s'est glacé... Seigneur, s'il devait lui arriver malheur je ne lui survivrai pas. Je préférerai mettre moi-même fin à mes jours, que d'en vivre un seul sans elle!! Elle est toute ma vie.

Il retenait ses larmes, mais on percevait les sanglots dans sa voix, cet homme était à bout.
Son monde s'écroula soudain. Le cheval d'Oscar n'était plus dans son box. Il porta ses mains à son visage, et s'effondra sur le sol. Ne se retenant plus, pleurant comme un enfant que l'on priverait de sa mère.
André fut atterré de constater qu'Oscar n'était plus là. Elle qui lui avait juré cette nuit, de ne plus jamais agir sans lui. Carmilla von Fersen devait courir un réel danger. Il se reprocha alors d'avoir quitté l'écurie, s'il ne l'avait pas fait, il serait parti avec elle, sauver la femme de son ami.
La sauver? Oui mais de qui ou de quoi? Il commençait à s'inquiéter.
Fersen était venu demander l'aide d'Oscar. Cette dernière avait disparu si vite. Elle avait du apprendre la disparition de Carmilla. Mais pour partir si vite.. Elle devait savoir... Elle savait, elle le lui avait dit cette nuit. Oui, elle avait du le lui dire. Cette nuit, Oscar avait ressenti le besoin de lui parler, de tout partager avec lui. Elle lui avait dévoilé son âme, ce qu'elle cachait, ce qu'il avait toujours su lire en elle, ses rêves, ses pensées, ses désirs et ses angoisses... leurs angoisses! Oui dans ce flot de révélations intimes, Oscar lui donnait un nom.
Le cœur d'André fit un bon dans sa poitrine.

-Morangias!! S'écria t'il en donnant un coup de poing dans la poutre devant lui. Cet aristocrate vénéneux, cet homme du Gévaudan qui leur faisait peur à toutes les deux. Jean-François de Morangias. Fersen. Cet homme les suivait depuis la journée de chasse à laquelle vous et Carmilla avez assisté. Oscar me l'a avoué cette nuit. Je crois qu'elles sont chez lui.

En prononçant ces mots André était devenu plus pâle que la mort.
 Il avait atteint le même niveau de terreur que Fersen mais gardait le contrôle de lui-même.
 Il le fallait.
Il connaissait l'épisode de la clairière et s'attendait à tout de la part de Morangias mais il ne voulait pas affoler davantage Fersen.
Une heure avait suffi pour que sa vie bascule.
 Une heure où il n'avait pas était prés d'elle et voilà que la femme de sa vie devait se trouver dans l'antre d'une bête malfaisante toute prête à la dévorer.
Elle, blessée.
Partie sans lui.
 Oui il était dans le même état que Fersen.
Oscar, sa raison d'être, celle qui avait comblé le vide dans son cœur quand il avait perdu ses parents et qui était, depuis, devenue toute sa vie. La femme de sa vie.
Ils devaient faire vite, leurs cœurs le leur disaient. Ils devaient se calmer, se raisonner. Ils savaient où elles se trouvaient à présent.
Oui, ils savaient, mais arriveraient-ils à temps?

 Moins de 18 ans passez votre chemin... Auteur à l'esprit atteint... 

Sixième chapitre: La bête du Gévaudan.

Ses lèvres quittèrent les siennes. Jean -François rejeta Oscar vers arrière en riant. Elle tomba sur sa hanche blessée en poussant un terrible cri. Elle sentait son sang coulé entre ses doigts gelés, il était chaud et le sol si froid sous sa joue... 
Une douleur assourdissante résonnait dans tout son corps, ses oreilles bourdonnaient, elle ne voyait plus rien. Tout était noir... plus rien n'existait... rien sauf cette atroce souffrance. L'entaille qu'il lui avait faite la conduisait au bord de l'inconscience.
Il fit quelques pas vers le petit buffet, sortit une bouteille et se servit un verre, attendant tranquillement la moindre réaction de combativité du si talentueux petit colonel. Mais elle semblait avoir abandonné la lutte. Il la caressait du regard, la dévorait presque. Les pensées qui lui vinrent, l'excitèrent. Il reposa très vite son verre, prit un couteau et son pistolet, et se remit à rire comme un dément.
Revenant alors prés d'elle, il lui porta un coup de pied pour la mettre sur le dos et un autre directement sur la plaie pour la réveiller un peu. Il avait besoin de la savoir présente. Il fallait qu'elle se concentre sur lui.
Oscar ouvrit très faiblement les yeux.
 Elle avait du mal à saisir ce qui se passait, mais tout lui revint trop vite pour son plus grand malheur. Elle vit qu'il se tenait debout au-dessus d'elle. Quand il croisa enfin le regard effrayé de la belle, il se laissa tomber sur elle de façon à la chevaucher. Il lui souriait, visiblement très fier de la dominer ainsi.
Elle ne pouvait plus supporter ce regard, il la brûlait comme de la chaux. C'est à peine si elle parvenait à rester consciente...

Mon Dieu André... Pourquoi suis-je partie sans toi?...Viens je t'en prie... André j'ai peur... Je ne t'ai même pas dit que je t....

Comme pour Carmilla, il attaqua l'uniforme imbibé de sang du colonel au couteau. Il était tout aussi excité et impatient, toujours aussi brutal. Elle n'était pas en mesure de se défendre, elle ne pouvait même pas lever une main. Une fois la chemise d'Oscar déchirée, il se calma de lui-même devant sa découverte. Trop heureux qu'il était de voir que ces vêtements masculins cachaient les plus beaux attributs de la féminité.
Gisant impuissante sur ce sol gelé, sous cet homme à l'esprit malade, elle pleurait sans bruit. Elle voulait mourir, sa souffrance n'avait d'égale que la terreur qui s'était emparée d'elle.


Et maintenant? ...Seigneur, je vous implore, tuez-moi maintenant! Je ne peux vivre ça! Comment me défendre? Comment me battre?...Pourtant il le faut...
 
Jean-François se releva pour lui retirer ses bottes. Il se saisit de la jambe droite de sa jolie victime et la leva si haut que la douleur atteint son paroxysme, arrachant à Oscar un hurlement sauvage avant de la faire sombrer dans l'inconscience. Il termina de la déshabiller plus calmement. Il prit la ceinture d'Oscar pour lui attacher les bras dans le dos. Non pas, par mesure de nécessité, elle perdait beaucoup de sang et la fièvre c'était emparée d'elle. Il l'avait brisée physiquement, il se mettait au défi de la briser moralement. L'attacher de cette façon, relevait pour lui du désir profond d'humilier sa victime. Comme un chat qui porte une multitude de coups à la souris qu'il tient entre ses pattes, jouant avec elle avant de la dévorer. Elle était entièrement à sa merci et il voulait qu'elle le sache. Il se releva pour aller finir son verre, observant toujours ce petit animal agonisant. Il se mit à croire qu'elle n'en reviendrait pas et cette pensée, lui gâcha tout son plaisir.
Oscar était très forte, elle se réveilla de nouveau. Elle se sentit perdue lorsqu'elle comprit qu'elle était entièrement nue et ligotée. Elle se mit à pleurer et à se débattre dans tous les sens malgré ses blessures espérant vainement desserrer le lien qui l'entravait.

-Morangias! Je vous tuerai...

Elle articulait parfaitement chaque mot, et sa voix semblait venir de très loin.
 
-Vous n'êtes pas digne du nom d'être humain, vous n'êtes qu'une bête!
-Non fillette! Je ne suis pas une bête, je suis la "Bête" du Gévaudan!

Il se rapprocha de ce corps qui se débattait dans son propre sang, se réjouissant de voir qu'elle n'avait pas abandonné et que le duel continuait.

-Quelle force! Quel courage! Mourir serait si simple, si doux. Vous n'espérez quand même pas en réchapper? Ni de sauver votre amie? Ce serait vraiment trop drôle! Non! Apprenez Oscar-François de Jarjayes, que vous êtes la seule responsable de votre état. Oui, vous vous êtes jetée dans la gueule du loup de vous-même. Quelle erreur!! Pêché d'orgueil? Vous estimez-vous plus habile et plus intelligente que le commun des mortels, pour venir chez moi seule et blessée? Pauvre petit animal!
 
Il remit de nouveau un coup de pied dans la hanche d'Oscar, mais cette fois c'est un cri de rage qu'elle poussa. Elle ne se laisserait plus aller. Son orgueil? Il venait de le réveiller. Elle était une combattante, comme les amazones de l'antiquité. Elle n'avait jamais cédé, elle ne le ferait pas devant ce fou. Elle fit un effort démesuré par rapport à son état, mais elle le regardait en face et ne le quitterait pas des yeux. Elle adoptait cette attitude de défi qui était la sienne. Oh non! Il pouvait lui prendre son corps, il ne parviendrait pas à détruire en elle, ce courage, ce caractère à part, qui faisait d'elle cet être exceptionnel.
C'était la deuxième fois qu'il parvenait à avoir d'elle l'attitude qu'il attendait. Encore une fois elle entrait dans son jeu en parfaite victime. Il aimait ce duel, jamais il n'avait rencontré quelqu'un comme elle. Même Fronsac, chevalier du Roi n'avait pas la trempe de cette gamine de dix-huit ans.
Il sépara les jambes d'Oscar d'un coup de botte et se laissa tomber entre elles .Il les caressa en les remontant et lui écarta les cuisses, avant de se pencher sur elle. Oscar le fixait toujours silencieusement, mais son regard traduisait sa rage et son visage toute la so

Commentaires (1)

1. 01/08/2009

ma fiction favorit bravo Shina

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