Suite Don Obscur (5)

Il était une fois Blanche-rose et Rose-rouge...

Riders on the storm, riders on the storm
Into this house we're born, into this world we're thrown
Like a dog without a bone, an actor out on loan
Riders on the storm...
There's a killer on the road, his brain is squirming like a toad...

Ce cher Jim avait parfois des éclairs de génie.
Dans ses chansons, on retrouve bien le caractère absurde et inconstant de la condition humaine. Il s'applique tout aussi bien au monde vampirique.
Nous sommes tous des cavaliers de la tourmente, certains plus que d'autres.

En cette année 1774, avec ma Reine en exil à Choisy afin de les protéger _ quelle blague !_ de la petite vérole, elle et son royal époux, je me sentais moi aussi comme un chien sans son os. J'avais le sentiment d'avoir été jetée dans le monde de la nuit sans lumière pour me guider, seule à Versailles au milieu de ces tentures de velours noir feignant de plonger la Cour dans le deuil d'un roi éteint. Pourtant, chacun y allait de ses spéculations : qui serait ministre de la guerre, qui serait à la marine, qui le roi choisirait-t-il pour les finances ? Tous s'accordaient à dire que le bon Louis était un lourdaud qui ne comprendrait de toute façon jamais rien à la politique. Timide et d'une intelligence moyenne, il était à la merci des manipulations de son entourage. On craignait fort l'influence de l'impératrice d'Autriche Marie-Thérèse sur sa fille. Quel dégât cela pourrait-il faire si l'Impératrice s'en mêlait ?!
La politique tenait en ce temps bien moins du jeu d'échec que de celui d'un - deux - trois - soleil ! Il fallait agir vite lorsqu'un souverain tournait le dos pour se placer allégrement de façon à assouvir ses desseins. Qu'il m'était difficile de résister à l'envie de leur ouvrir la gorge, de saigner cette noblesse impudente en pleine galerie des glaces !
De toute façon Antonia aurait saigné sa propre mère si celle-ci avait tenté d'étendre son pouvoir sur la France. Ha les liens du sang....

Nous nous sommes passablement ennuyées, séparée l'une de l'autre durant l'exil à Choisy.
Notre amour restait mêlé de haine. Je sentais sa colère vibrer, malgré la distance, enragée qu'elle était de se retrouver coincée là-bas entre son époux et les tantes de ce dernier. Les goûts de luxe de ma Reine se trouvèrent mis à mal quand il n'y avait plus que des domestiques ou des paysans pour la sustenter.
Je lui rendis quelques petites visites et je ne vous cache pas la joie que j'en ai ressentie! Elle arborait sa moue d'enfant capricieuse. Elle tenta bien de s'envoler vers Paris ou Versailles discrètement, mais c'était sans compter sur les attentions du bon Louis. Malheureux comme les pierres, il cherchait partout le contact de son épouse. Il ne voulait plus chasser, passait ses journées enfermé dans ses appartements ou accroché aux jupons de Marie-Antoinette. On lisait tous les signes de la panique dans son cœur. Il ne voulait pas régner, mais il était désormais le Roi du peuple de France.
Dieu, qu'elle aurait voulu lui ouvrir la gorge pour avoir la paix!

« _ Je n'en peux plus, Oscar! Je vais mettre un terme à sa misérable vie! Il fabriquera ses serrures pour la grille de St Pierre au Paradis!
_ Et le Duc d'Orléans ne manquera pas de se faire sacrer Roi avant même qu'on ait transporté son corps hors de Choisy pour lui administrer les derniers sacrements...
_ Comment ça, Roi?! Oublierais-tu que je suis la Reine et que même si je suis veuve, il ne peut y avoir d'autre dirigeant que moi ?!
_ Sa mort paraitrait suspecte et on te renverrait en Autriche sans autre forme de procès. De plus, tu n'as toujours pas donné d'héritier au trône de France. Mais comment le pourrais-tu? Ha ha ha !Une Non-Morte donner la vie ! ha ha ha !»

Ma remarque avait fait mouche. Elle me valut de belles griffes sur les joues. Un aller retour sanglant, mais qui ne marqua ma chair que l'espace d'une minute.
Je l'abandonnai à ses tristes réflexions, persuadée qu'elle ne toucherait pas un cheveu de Louis XVI. Je restais une Jarjayes, je respectais mon Roi et me devais de le protéger, même contre ma Reine.
Elle aurait pu user de la même ruse que pour le grand-père, mais elle n'ignorait pas plus que moi que les ennemis de la couronne de France n'attendaient que cela! Elle se tint alors sagement dans sa retraite campagnarde où la mortalité paysanne augmenta relativement.
Il fallut attendre le retour du couple royal à Versailles. Le sacre n'eut lieu que l'année suivante, le 11 juin 1775, en la cathédrale de Reims. 1 an de perdu pour quelques simulacres de bienséances !
Quelle comédie nous a-t-elle joué, pleurant de joie et de bonheur des larmes factices, louant la beauté de son époux qu'elle prétendait digne des livres d'Histoire ! Elle l'aurait trouvé plus digne raide et froid dans son tombeau ! Elle était majestueusement répugnante dans son tourbillon de soie et de taffetas. Et le peuple l'encensait, gonflant encore plus son orgueil ! Oui, elle était la plus grande reine d'Europe, elle qui n'avait eu que peu d'ambition de son vivant. Sa gloire était plus grande encore que lors de sa visite à Paris lorsqu'elle n'était que Dauphine de France. Elle n'écouta pas un mot du discours de Maximilien de Robespierre, qui pourtant aurait pu la mettre en garde sur ce qu'était « une grande Reine » pour le peuple de France. Louis, moins bête qu'il n'y paraissait, s'intéressa au jeune homme. Je crois que le nom de ce jeune orateur resta à jamais gravé dans le cœur du Roi. Il n'en montra rien bien des années plus tard lorsque leurs chemins se croisèrent de nouveau, mais Louis ne l'avait pas oublié.
Je dois admettre que moi aussi j'avais été attirée par cette pâle figure, cette ferveur dans les mots, une sorte de rage contenue comme un cheval sauvage que l'on tenterait de maîtriser. De tous les clowns présents en ce jour de Sacrement, il était le seul à véritablement me mettre en appétit !
Ma reine ne manqua de me sermonner, me rappelant mes actions sanglantes de cette journée. En ce 11 juin, je n'avais pas le droit au moindre faux-pas ou il m'en cuirait ! Je laissais donc filer le jeune Maximilien de Robespierre.

Au milieu de ce petit monde, je ne faisais office que de figurant. Ma compagnie avait certes un titre honorifique, mais ne servait proprement à rien à Versailles durant cette période.
Les jours se suivaient au rythme des parades et des exercices, aussi insipides que mes nuits de chasse. Je ne m'éloignais pas de ces quartiers miséreux où le résultat de ma faim passait allégrement pour une maladie contagieuse.
J'attendais, comme chaque soir, qu'André se soit endormi sur ses tristes pensées et je me vêtais de noir pour prendre mon envol. Contraste ensorcelant entre le virginal capitaine de la Garde et le tueur solitaire. Je me déplaçai si vite que je passais inaperçue. Parfois, je taquinais mes victimes. Trainant du pied sur les pavés couverts d'immondices, j'insultai au passage quelques malandrins. J'allai jusqu'à provoquer des bagarres dans les tavernes et je profitai que le gérant nous jetait tous dehors pour dévorer mes victimes dans l'arrière-cour. Dans ces cas précis, je ne laissais pas les cadavres sur place. Si la terreur avait grandi dans ce quartier, j'aurais perdu un terrain de jeu fort plaisant. Il regorgeait de petites frappes, de voleurs à la petite semaine et d'hommes de mains. En clair, du sang chaud! Il ne fallait donc pas affoler les pauvres imbéciles.
Je convoitais deux sortes de gibiers, les criminels ou apparentés que je me faisais une joie d'envoyer en Enfer et les miséreux les plus démunis que je soulageais du fardeau d'une vie trop pénible.
Pour ces derniers, il arrivait qu'une larme de sang coule parfois sur mon visage.

Un soir, je suivis une pauvre femme jusqu'à son logis dans les mansardes d'un taudis. Elle était souffreteuse, elle n'avait cessé de tousser à en cracher ses poumons alors qu'elle se trainait dans les rues de Paris, portant un panier de linge sale récupéré chez quelques bourgeois.
J'avais pitié de cette femme, elle faisait preuve d'un grand courage. La maladie ne l'arrêtait pas, elle trainait sa carcasse misérable et tentait encore avec beaucoup de dignité de travailler pour gagner sa pitance. Le temps de la laisser monter jusqu'à sa mansarde, je pris mon envol afin de jeter un coup d'œil chez elle. Le nez collé aux vitres rendues presque opaques par la saleté, j'aperçus une jeune fille affairée à faire bouillir du linge dans de grandes marmites. Il n'y avait partout que linge tendu, presque pas de mobilier, une table branlante était recouverte de vêtements richement brodés proprement pliés, prêts à retrouver leur propriétaire. Il ne trônait là qu'une chaise. Je vis les restes de ce qui devaient être les sœurs de celle-ci près du feu où reposaient les monstrueuses marmites.
L'argent pour le bois avait du cruellement manquer à ces deux femmes. Elles en avaient sacrifié leur mobilier pour travailler.
Dans un coin, j'aperçus une paillasse à peine assez large pour accueillir deux corps serrés l'un contre l'autre. Je compris qu'une mère et sa fille vivaient ici.
Je voulais tuer la pauvre femme pour la soulager, j'aurais bien tué la fille aussi pour lui éviter la misère. Mais la chaleur que je vis dans le sourire de l'enfant lorsque la porte s'ouvrit sur celle qu'elle appelait maman eut raison de moi. Cette dévotion et cette volonté de changer la vie de sa mère par la moindre petite action était presque écœurante.
Je restai là un moment à observer ces scènes de misère et d'amour, jusqu'à ce que la rosée me perle dans les cheveux. Dans mon petit théâtre, jouaient ce soir-là: Rosalie, Maman et les marmites ! On parla d'une Jeanne, ce qui amena beaucoup de douleur dans le cœur de cette mère, puis on fit une prière pleine d'espoir en ce qui concernait le couronnement de Louis XVI et de sa si belle épouse. Le matin n'était pas loin, il me fallait rentrer chez moi.
Je ne pus me résoudre à tuer ces femmes. La vie s'en chargerait bien assez tôt. Je n'avais pas d'espoir pour la mère dont la maladie rongeait déjà le corps. La fillette n'irait pas loin dans ce monde cruel, autre passagère de la tourmente. Je repartis en me disant que la soulagerais de cette vie impitoyable le temps venu. Je ne lui ravirais pas sa maman chérie, du moins pas en une fois, mais je profitais des malaises de la malheureuse pour l'aider à quitter ce monde petit à petit. Chaque soir, je retrouvais Nicole Lamorière dans ses moments d'inconscience.

Je ne tardais pas à revoir Rosalie, petite rose blanche de trottoir comme il en poussait tant à Paris.
Malheureusement pour moi, je n'étais pas seule ce soir-là et je n'étais pas non plus en chasse.
Le capitaine fantoche que j'étais rentrait en carrosse de Versailles à la demeure familiale. Quoi de plus naturel pour un noble que de ne pas salir ses souliers sur les pavés!
J'avais perçu les pensées de la jeune fille bien avant de l'apercevoir. Son esprit renvoyait l'image de cette Jeanne. Beauté vénéneuse, brune incendiaire!
La petite blonde craignant pour la vie de leur génitrice avait suivi sa sœur afin de mendier auprès de cette dernière quelques écus pour acheter un remède ou simplement de quoi redonner un peu de force à sa maman. Jeanne avait su obtenir la protection d'une noble femme. Elle avait tout ce dont elle avait toujours rêvé : de belles robes, une éducation, de l'argent, un prétendant plein d'avenir.
Pleine de bonté et de générosité, la brune reçut sa petite sœur en la faisant passer pour une domestique et lui fit donner le fouet avant de la faire jeter sur le pavé. Le contraste entre les deux sœurs était saisissant! Je mourrais d'envie de rencontrer cette Jeanne, rose rouge, presque noir de mon jardin! J'allais la faucher et laisser son parfum se consumer lentement, prendre son sang goutte à goutte. Oui, je voulais la brune, plus que la blonde afin de la savourer, lui faire comprendre que l'Enfer l'attendait.
Rosalie n'avait de cesse de se répéter cette scène, trouvant des excuses à sa grande sœur, lui pardonnant son geste presque barbare. Ses pensées emplissaient tellement l'air que je n'entendais même plus le babillage d'André assis en face de moi ou les soubresauts du carrosse sur les pavés.
Petite rose blanche de trottoir, son destin la frappa en pleine figure en la personne d'un fieffé coquin, le comte de Mirabeau. Que reste-t-il aux petites filles perdues en manque d'argent qui n'ont rien d'autre à offrir que leur corps? Quelques piécettes si elle se montrait gentille avec lui...
Gentille avec lui! Elle qui était l'innocence même! Que Dieu pouvait être cruel avec les meilleurs de ses enfants! Ha ha ha!
De la fierté sous les traces de boue! La même fierté que chez cette cruelle Jeanne.
Rosalie refusa l'offre pour se jeter quelques minutes plus tard sous les roues de mon carrosse en me proposant ses charmes. Quelle ironie!
Moi qui étais la meurtrière sur la route prête à tuer sa gentille famille.
Je sentis le sang d'André bouillonner à l'appel de la petite blonde. Il était tout prêt à lui demander son prix, mais le bleu de mes yeux rivés sur lui le pétrifia.
Ses fantasmes me concernaient tous, mais un homme reste un homme. Appelez cela l'instinct, l'appel de la nature...Son corps réagissait indépendamment de son esprit. De plus, c'est à moi qu'elle s'adressait! Au noble chevalier au blanc uniforme dans son carrosse et non à son valet, aussi séduisant fut-il.

« _ Monsieur, je veux bien venir avec vous, mais il faudra vous montrer très généreux... »

Dieu que j'aurais aimé me montrer généreuse avec elle, mais à ma manière. La faire mourir vite et me rassasier de son sang frais, de ses souvenirs juvéniles et naïfs. Qu'elle précède de peu sa mère au Paradis. Mais la présence tout aussi innocente d'André m'en empêchait. Le savoir derrière moi, me pétrifiait. Je n'aurais jamais admis que le moindre de mes actes puisse tâcher son âme ou assombrir son cœur.
Rosalie ne valait pas un tel sacrifice.

« _ Mais, ma pauvre petite, je suis une femme. Et je n'aime pas fréquenter les tavernes ! Comment t'appelles-tu ?
_ Ro ...Rosalie.
_ Rosalie, pourquoi fais-tu une chose pareille ?
_ Ma maman est très malade et personne ne veut me donner du travail... »

Après le désir que lui inspirait ce corps féminin offert, la pitié qu'elle inspirait à André me vrilla l'âme. Ses pensées étaient si tristes, j'ai cru qu'il allait pleurer quand la petite se mit à parler de sa mère très malade entre deux sanglots. Oui, cette femme n'en avait plus pour longtemps je le savais...Mais quel pathétisme !
Ils étaient si tristes, tous les deux, que cela me révoltait ! J'avais envie de hurler de rage et de fureur. Comment pouvait-on se complaire à se plaindre ainsi à longueur de journée. Oui sa mère allait mourir, et oui elle n'allait bientôt plus avoir ni sou ni toit, mais la mort est là pour aider chaque brebis à rejoindre son berger ! Et ici, la Mort c'était moi !
Cette pensée m'amusa et je me retrouvais à rire devant ces deux âmes abattues. Je vis la parade pour m'échapper :

« _ Rosalie, c'est peu mais prend ceci... »

Alors que je glissais un louis d'or dans la main blanche de l'enfant. Je sentis l'odeur de son sang qui battait sous ses veines. Elle avait du s'écorcher les genoux en se jetant sur les pavés pour arrêter mon carrosse. L'odeur était obsédante. J'aurais pu lui croquer le poignet !
Ha si André ne m'avait pas accompagné j'aurais joué la comédie, comme avec mes chambrières, j'aurais usé de mon charme pour séduire la jeune fille et je l'aurais mordu dans un baiser. Une douce mort pour une vie si dure. Mais il était trop tard.
Je remontai vite dans ma voiture et demandai à ce que l'on parte sur le champ.
J'avais prévu de rendre visite à la sœur cette nuit je passerai d'un agneau à l'autre comme dans la fable de Lafontaine « si ce n'est toi c'est donc ton frère » et cette nuit j'avais l'intention de faire payer ma largesse auprès de Rosalie par sa monstrueuse sœur.

Le destin se joua de moi ce soir-là !
Après avoir jeté Rosalie sous les roues de mon carrosse, il mit le feu à la maison de la Marquise de Boulainvilliers, la protectrice de Jeanne Lamorière. Ma rose rouge vénéneuse!!
Il n'était pas tard dans la nuit, je n'étais pas encore monté me coucher quand on annonça que la demeure parisienne de l'amie de ma mère brûlait.
J'enfourchais vite ma monture, espérant que cette nouvelle « Jeanne » n'avait pas péri dans le sinistre. Mon plaisir en serait fort gâché !
Quelle surprise m'y attendait !
Une criminelle hors paire mais une très mauvaise comédienne. Et mon jugement n'est en rien altéré par le fait que je lisais aisément dans ses pensées.

La jeune femme pleurait dans les bras de son fiancé un sieur de La Motte, la mort de celle qu'elle appelait « sa tante » et qu'elle venait de faire tuer. Ce qu'elle garda bien de dire.
Si je pleure parfois des larmes de sang, cette demoiselle pleurait elle des larmes invisibles et sèches ! Mais elle y mettait de la voix...
On a retrouva la marquise au pied de l'escalier, le cou brisé. La maréchaussée ne doutait pas qu'il s'agissait là des conséquences d'une chute. La vielle femme avait du se prendre les pieds dans son châle. La panique, indéniablement.

Du bétail, une bête de somme ni plus ni moins, voilà l'effet que me faisait ce fiancé de petite noblesse sans le sou. Ni beau, ni intelligent et même assez limité sur le plan du jugement personnel, il faisait pour cette ambitieuse un esclave des plus parfaits. Ajoutez à cela un amour inconditionnel et vous aviez-là un animal ferré. Il avait exécuté cette brave femme sans le moindre regret. Il n'avait plus besoin de sauver son âme, il l'avait vendu au diable pour les beaux yeux de Jeanne.
Une telle bêtise prêtait à sourire. Il me rappela André le cerveau en moins, d'une certaine façon.
L'incendie avait été vite maîtrisé et les dégâts étaient minimes. L'héritage serait donc conséquent ! La belle avait des relations fortes utiles, dont un faussaire assez habile pour avoir falsifié le testament de la Marquise.
Evidemment, le Cardinal de Rohan, exécuteur testamentaire de la brave marquise n'y verrait que du feu. Le décolleté et la gorge de l'éplorée orpheline étaient par trop appétissants pour qu'il s'autorise à lire une seule ligne hormis celle qui la faisait légataire universelle. Ce défroqué salivait déjà alors qu'elle n'avait pas encore passé la porte de son cabinet.
Ce porc m'aurait bien coupé l'appétit !

Mademoiselle Jeanne se faisait alors appelé Jeanne de Valois, rien que cela ! Elle se prétendait héritière désargentée de la branche disparue des Valois qui régnaient sur la France avant les Bourbon.
Je pensais avoir tout vu en matière d'intrigante avec Jeanne du Barry, je me trompais !
Faites place à Jeanne de Valois ! Mauvaise actrice mais idées de génie.
Versailles allait encore trembler si l'ambition de la demoiselle lui donnait les ailes suffisantes pour y accéder. Après quoi je lui promettais les feux de l'Enfer.
Soudain je ne voulus plus la tuer. J'aurais pu mener mon enquête et faire s'écrouler les châteaux de cartes qu'elle avait construits autour d'elle. Mais je ne fis rien. Il serait plus amusant de l'observer. Jeanne du Barry me manquait, il me fallait lui trouver une remplaçante.

Nous échangeâmes un regard. Ses yeux étaient de braises. Sa rage et son désir de vengeance sur la vie frisaient la folie. Une adversaire. Oui elle serait une adversaire et non une victime. Son titre : de Valois, me laissait présager quelques soucis pour ma Reine tant aimée. Une source de petites complications, quelques crises de nerfs peut-être.
Un frisson d'excitation me parcourut l'échine.
André ne manqua de remarquer l'intérêt que je portais à Jeanne, il a déduit naïvement que je me méfiais de la belle. Lui aussi la surveillerait.

Je repartis en me nourrissant furtivement de quelques badauds venus observer la demeure en feu. Je ne pus m'empêcher de sourire en me couchant.
Je sentais que les jours à venir seraient piquants !

Il y avait bien un tueur sur la route, mais je commençais à douter de son identité.

 

Riders on the storm, riders on the storm
Into this house we're born, into this world we're thrown
Like a dog without a bone, an actor out on loan
Riders on the storm...
There's a killer on the road, his brain is squirming like a toad...
_________________

 

Sous-pages
Noter cette page

8/10 sur 1 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (1)

1. shina Le 27/02/2010 à 10:15

Smiley je ne suis pas fan de ce chapitre-ci.
Mais il était nécessaire pour avancer dans l'histoire. Une sorte de présentation des personnages importants pour la suite ^____^

je m'arrange pour te livrer le reste assez rapidement Lona !
Ajouter un commentaire

Vous devez être connecté pour poster un message.